Guarani à la Baie des Sirènes - Page 1 - Alda MORRA Guarani à la baie des Sirènes Éditions EDILIVRE APARIS 75008 Paris – 2010 5 www.edilivre.com Edilivre Éditions APARIS 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-2496-9 Dépôt légal : Février 2010 © Edilivre Éditions APARIS, 2010 6 Sommaire Remerciement........................................................ 11 Chapitre I Le soleil est roi ...................................................... 15 Chapitre II Ernestina et Gualfredo .......................................... 19 Chapitre III La peau d’ébène .................................................... 21 Chapitre IV L’amitié de toute une vie ....................................... 25 Chapitre V Daniela et Guiseppe Giancarlo 1er ....................... 29 Chapitre VI Guarani et Giancarlo ............................................ 33 Chapitre VII Iréna: l’immigrée tchèque ..................................... 37 Chapitre VIII Les personnages du patelin « Il Cantonne » ......... 39 9 Chapitre IX Les neveux de Nene................................................ 43 Chapitre X Menu Sorrentina .................................................... 45 Chapitre XI La maison de Nene : Étrange promesse de vente .................................... 47 Chapitre XII La famille Ernestina .............................................. 50 Chapitre XIII L’histoire des Sirènes ............................................ 53 Chapitre XIV Pepe : le vieux pêcheur.......................................... 55 Chapitre XV Nando: le loup de mer ........................................... 57 Chapitre XVI Guarani au monastère ........................................... 61 Chapitre XVII Patricia et Rossana................................................ 65 Chapitre XVIII Une scène attendrissante ....................................... 67 Chapitre XIX Deux jours avant le départ .................................... 69 Chapitre XX La veille du départ ................................................. 71 Épilogue................................................................. 75 10 Remerciement Je remercie M. Kraffa, qui m’a encouragée à faire connaître au plus grand nombre mon séjour à La Baie des Sirènes, pour que cette idylle ne soit pas qu’une chimère. 11 Chapitre I Le soleil est roi Prologue Juillet 2000 Guarani aurait voulu pouvoir magnifier ces moments présents que seule elle ressentait. Elle voyait hommes, jeunes et enfants défiler devant elle. Elle aurait aimé être à leur place, mais adorait être elle-même. Avec ce laxisme dans lequel le soleil l’avait bloquée, elle buvait un café au lait chaud qui ne refroidissait jamais, tant le soleil était roi. D’ailleurs, elle avait choisi l’endroit exprès pour pouvoir observer la nature, les passants, la mer, le soleil, la plage et les bateaux ! S’asseoir à cet endroit était un défi que Guarani entretenait avec ce soleil implacable. Elle venait du soleil et avait une couleur naturellement cuivrée et olivâtre. Et comme si cela ne lui suffisait pas, elle avait décidé de faire honneur à ce soleil en restant pendant des heures assise à une terrasse du bar. Elle allait devenir d’un noir d’ébène (au lieu de bronzer) et adorait cela. 15 Les gens qui passaient la regardaient déjà avec étonnement, l’air de dire : ne me dites pas que cette Noire cherche à bronzer ! Elle est déjà si foncée… Cette moitié africaine de Guarani était fière de son identité culturelle ! Elle était fière de la couleur de sa peau, qu’elle cultivait en la mettant en valeur avec un bronzage étudié ! Elle était venue dans cet endroit paradisiaque qui se nomme « Costiera sorrentina » sans une lire, invitée par une amie de longue date italienne qui lui était très chère. Elles se connaissaient depuis déjà une vingtaine d’années et donc leur amitié avait connu des moments extraordinaires et des moments terribles. Et malgré la distance géographique qui les séparait, les deux amies complices s’étaient donné de leurs nouvelles. Le soleil était toujours roi. Les plagistes n’en pouvaient plus et tout le monde était dominé par cette chaleur. La mer était une gigantesque nappe d’huile, sur laquelle glissaient les bateaux à moteur, les voiliers, les canots… On entendait des bruits de moteurs au loin, mais ils n’étaient jamais proches car la mer était plus forte avec ses vagues qui claquaient sur le rocher et qui ondulaient sur la plage. Guarani ne supportait plus ce soleil. Elle aurait bien voulu qu’un beau jeune homme vienne l’enlever de cette torture mais le soleil était roi… Et partout elle remarquait bien le désir sur le visage de certains d’entre eux… quand ils passaient devant elle. Elle aurait bien voulu leur sourire, pour les rassurer en les voyant si timides, mais elle ne faisait pas. Dans sa culture, cela était mal interprété. Tout cela est bien dommage car chacun veut adresser la 16 parole à l’autre mais n’y parvient pas. Elle venait de voir passer une espèce d’Apollon qui parlait trop fort afin de se faire remarquer. Elle avait levé la tête et s’était rendu compte qu’il était accompagné de sa femme et de ses deux enfants. Évidemment un Apollon ne reste pas longtemps célibataire, s’étaitelle dit en détournant le regard. Bon passons à autre chose ! Ah ! Tous ces touristes qui passaient et repassaient : la plage était bondée de monde… Hou la la !… Les hommes étaient en émoi : une bombe (une fille bien sur toutes les coutures) venait d’arriver. Tous les regards se tournaient sur elle. Elle marchait lentement en se déhanchant comme si elle dansait un slow langoureux. Elle était habillée d’un paréo turquoise avec un maillot de bain doré dont on voyait le soutien-gorge. Cette belle sirène avait une chevelure dorée qui tombait en cascade bouclée jusqu’au bas de ses reins. Consciente de l’effet qu’elle suscitait sur toute la baie, elle s’en donnait à cœur joie. On aurait dit que tous ses gestes étaient chronométrés. Pour étendre sa serviette sur le sable chaud et s’allonger dessus, il lui avait fallu au moins trois longues minutes. Cela faisait penser à un film publicitaire de maillot de bain ! Nul ne peut prétendre soutenir un regard plus de dix minutes… C’est ainsi qu’après ce laps de temps suspendu, chacun avait repris son occupation là où il l’avait interrompue. Notre belle héroïne avait été bien vite oubliée ! Ah ! Le désert, la sensation de soif… La soif d’eau, la soif de l’autre aussi… Son deuxième capuccino était terminé. Elle allait prendre quelque 17
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