MILAH - Page 1 - 3 MILAH 5 Chris MICALEFF MILAH Éditions APARIS – Edifree 75008 Paris – 2010 6 www.edifree.com Editions APARIS – Edifree 56, rue de Londres – 75008 Paris Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50 – mail : infos@edifree.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-3130-1 Dépôt légal : Mai 2010 © Chris MICALEFF L’auteur de l’ouvrage est seul propriétaire des droits et responsable de l’ensemble du contenu dudit ouvrage. 9 Chapitres 1. La sortie ....................................................p.13 2. Intrigue......................................................p.25 3. Le saut.......................................................p.30 4. Obsession..................................................p.38 5. La plage ....................................................p.41 6. Les révélations..........................................p.51 7. Camping sauvage......................................p.56 8. Le passage.................................................p.67 9. Ayad..........................................................p.72 10. Le nouvel an .............................................p.85 11. Introspection .............................................p.95 12. Les Hilates ................................................p.99 13. Ilaas.........................................................p.103 14. Projection................................................p.115 15. Meurtres..................................................p.126 16. Deuil et détresse......................................p.134 17. Aveux et confidences..............................p.147 18. La salve...................................................p.152 19. La sphère.................................................p.159 20. Yssiah .....................................................p.175 21. L’union fait la force................................p.180 22. Pour une goutte de sang..........................p.185 23. Dure réalité .............................................p.196 11 Prologue J’ai toujours été sûr de moi. A l’aube de mes vingt- cinq ans, j’ai su me démener afin d’atteindre mes objectifs. Convaincu d’avoir trouvé ma voie, j’ai construit un équilibre quotidien qui me satisfait pleinement. Je ne pouvais cependant pas prévoir que ces derniers mois bousculeraient toutes mes convictions et ébranleraient mes certitudes de manière irréversible. 13 LA SORTIE Tout a commencé un jour de printemps. Je m’affairais à mes tâches journalières ; le remplissage des rayons, lorsqu’un visage familier interrompait ma cadence et me dit d’une voix enjouée : – Bonjour Mike, comment vas-tu ? – Bien et toi ? répondis-je aussitôt à Carly. – Ça va, retourna-t-elle avec une légère moue qui traduisait un oui incertain. Il faut que je te vois après. Préviens-moi quant tu prends ta pause. J’acquiesçais d’un signe de la tête et elle s’éloigna tranquillement tout en saluant chaque personne qu’elle croisa. J’avais apprécié Carly dès notre première rencontre. Son caractère généreux et son sourire lui ont toujours apporté la sympathie des autres. Plus encore, c’est une amie sincère et fidèle. Toutefois, ses doutes et ses complexes lui donnaient ce côté parfois fragile et infantile. La matinée passa sans anicroches et, l’heure du repas approchant, je m’organisais avec mon responsable qui m’envoya aussitôt déjeuner. Me dirigeant vers la sortie du magasin, j’abordais quelques collègues avec les habituelles tirades un peu cyniques qui nous faisaient toujours autant rire. Je distinguais au loin Carly en plein labeur et guettais le moindre de ses mouvements de tête. Dès que l’occasion se présenta, j’en profitais pour lui faire signe que j’allais manger en lui montrant discrètement mon poignet. Quelques 14 minutes après, je me retrouvais attablé, déjeunant face à Carly et Tina. A peine assises, elles me scrutèrent du regard avec un air malicieux. Afin d’abréger le silence qu’elles s’amusèrent à faire durer, je leur décrochais un : – Alors ? – Alors ?… Alors tu fais quoi demain à 17 heures ? me lança Tina, amusée. – Pourquoi ? rétorquais-je, intrigué. – On a des places en plus pour le match. Tu veux venir avec nous ? répondit Carly. Notre équipe régionale jouerait ce jour-là un des matchs les plus attendus de la saison et, surtout, le dernier. Refuser n’était pas de mise, pourtant j’hésitais car cela dépendrait de ce qu’incluait le « nous ». – Y à qui ? demandais-je, le regard plongé dans mon assiette. Mon comportement, parfois trop solitaire, m’avait été reproché à plus d’une reprise et sur le moment j’avais craint qu’elles se vexent. – Hé bien, reprit Carly, Tina et Paul, Charly et So, ma sœur avec son mari et son fils, et moi. – Ok mais je te paierai ma place. On fait comment ? On se rejoint où ? Elles s’esclaffèrent toutes deux comme des adolescentes et Tina s’en alla, sourire aux lèvres, me laissant avec les explications de Carly. – C’est sympa, comme ça je pourrais enfin te présenter ma petite sœur. La sœur de Carly semblait jouer un rôle important dans sa vie car elle en parlait souvent comme un solide appui, une aide à tous ses problèmes. Après 15 nos nombreuses discussions, j’avouais être curieux de la rencontrer. – Oui, ce sera sympa, lui dis-je poliment en souriant. Le lendemain je me rendis à l’appartement de Carly pour rejoindre le petit groupe et comme d’habitude je sonnais à l’interphone avec l’impatience du retard que j’avais pris. Je montais donc en hâte les escaliers qui menaient au lieu de rendez-vous. Lorsque je frappais, j’entendis au travers une agitation soudaine. La porte s’ouvrit sur des gens sacs et clés en mains ; prêts à partir. On me présenta rapidement Héry, le beau-frère de Carly et son fils Josh, âgé d’à peine 5 ans. A ma grande surprise la sœur de Carly n’était pas là et, aux vues des tiraillements qui durcissaient le visage de cette dernière, je n’osais pas demander les raisons de son absence. – Nous on monte avec Tina, cria So tout en s’avançant dans le parking. – Ok, répondit Carly. Tu montes avec nous ? demanda-t-elle en se retournant vers moi. J’acquiesçais de la tête sans mot dire. A peine arrivé dans la voiture je demandais malgré moi : – Et il n’y a pas ta sœur ? – Elle… a eu un empêchement mais elle nous rejoindra peut-être, à la mi-temps, lança Héry de la banquette arrière. Ces mots furent suivis de banalités de complaisance comme nous faisons tous quand nous rencontrons quelqu’un pour la première fois. A ce moment-là je ne me doutais pas que deux heures 16 après, ma perception de la vie ne serait plus jamais la même. Le match fut un franc succès que nous appréciâmes et applaudîmes vivement. Le petit Josh, qui affichait les couleurs de son équipe triomphante, jubila de cette victoire qu’il avait tant espérée. L’atmosphère était chaleureuse et propice aux plaisanteries vaseuses alors que nous descendions des tribunes. Carly ne put s’empêcher d’être aigrie par l’absence de sa sœur, qui ne répondait guère à ses appels téléphoniques. Nous étions garés au fond d’un obscur parking et, ayant pris le temps de savourer la victoire d’une dernière pression, il n’y avait que très peu de monde encore présent. Je m’engageais sur le parking, longeant l’épaisse barrière de bois. J’avais repéré qu’à cette extrémité se trouvait la voiture de Carly, avec laquelle nous étions venus. La voiture était en vue quand tout a basculé. Alors que nous étions encore dans l’euphorie de la victoire de nos champions, un homme se dévoila dans les ombres des réverbères et s’approcha dans notre direction. Ses genoux s’affaissaient à chacun de ses pas, comme s’il voulait amplifier la souplesse de sa démarche en des gestes mollement finis. Toutefois, sa façon de tituber était significative d’un comportement malsain. Ses vêtements sales étaient sombres, jusqu’à la large capuche qui nous cachait son visage. Il s’arrêta net à une dizaine de mètres devant nous et sortit un couteau de sa poche. Nous menaçant de la pointe de sa lame, il s’adressa à Carly et vociféra : – File ton sac la vilaine ! Presque immédiatement une seconde voix retentit dans la nuit et dit : – Si il y en a un qui bouge, je le crève. C’est clair ? 17 Un deuxième homme était arrivé derrière nous, sournoisement, nous forçant à nous aligner contre la barrière en brandissant lui aussi un couteau si épais qu’il était comparable à une machette. Nous étions piégés. Le premier homme s’avança vers Carly en criant car elle ne réagissait pas, sûrement tétanisée de peur à ma droite. Pourtant ses yeux ne me semblèrent pas effrayés quand je la lorgnais du coin de l’œil. Il s’approcha d’elle, l’agrippa par la bandoulière de son sac à main et, en tirant brutalement dessus, projeta la jeune femme à terre tout en me menaçant de son arme, sans pour autant me regarder. Soudain, à ma gauche, je distinguais un bruit léger, pareil à une feuille morte qui frôle le sol, et me retournais brusquement quand je me faisais surprendre. Une jeune femme arriva de je ne sais où. Elle apparut en un éclair, accroupie sur la barrière. Son long manteau noir n’eut pas le temps de retomber sur ses talons que déjà il m’échappa tel l’air qu’on aspire et expire, avec une détente légère et maîtrisée. D’un seul élan, la femme se lança sur le premier homme. Ce dernier se retrouva pris de vitesse. Elle en profita pour lui assener un coup de pied en pleine tête et le sonna presque. Le second se précipita sur elle, lame en avant, mais une voiture surgit tout à coup à côté de lui. Un troisième complice ! Le premier monta, non sans mal, dans le véhicule tandis que le second s’empara de Josh et l’engouffra à l’arrière avec lui, sous l’impuissance d’Héry. – Nooooonn… cria ce dernier désespérément. Tout s’était passé si vite. Je n’arrivais plus à bouger, mais yeux étaient rivés sur cette femme mystérieuse sans me rendre compte de ce qui se déroulait. Puis, elle se raidit, comme alerte, à la
MILAH - Page 1
MILAH - Page 2
wobook