Mauvaises nouvelles - Page 1 - test Mauvaises nouvelles 3 Jean-Luc Louis Mauvaises nouvelles Éditions EDILIVRE APARIS 75008 Paris – 2009 5 www.edilivre.com Edilivre Éditions APARIS 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-0665-1 Dépôt légal : Février 2009 © Edilivre Éditions APARIS, 2009 6 Sommaire L’île des Fumeurs ............................................. 11 Crime parfait ? .................................................. 75 Les insectes....................................................... 105 19 heures 28...................................................... 117 12 heures 46...................................................... 139 9 L’île des Fumeurs 11 A David, prisonnier de sa Liberté 13 Prologue Pitt retira ses chaussures pour profiter de la douceur du sable fin. Il fit bouger ses orteils pour que ses pieds pénètrent lentement dans le sable comme pour s’en servir d’antistress. Il resta ainsi pendant quelques minutes, juste le temps qu’il fallait pour se détendre et oublier la contrainte de ses souliers. Il les prit dans sa main droite, les fit virevolter au dessus de sa tête pour les lancer de toutes ses forces dans la végétation qui marquait la limite de la plage. Il se libéra définitivement en poussant un cri qui le vida complètement de cette sensation d’emprisonnement qui avait fini par l’amener sur cette plage déserte. Il allait enfin mieux. Il se mit à marcher sans but le long de la plage. Il avait tout son temps. Plus rien à faire, plus rien à penser, il n’avait qu’à marcher, tranquillement, à son rythme, en regardant le sable défiler sous ses pieds, sentant par moment les vagues mourantes venir lui lécher les pieds. Il marcha ainsi pendant longtemps, profitant du mariage des couleurs de cet environnement qui lui convenait, le bleu turquoise 15 de la mer, le blanc du sable de corail et le vert de la forêt tropicale qui recouvrait l’intérieur de l’île. Il avait bien fait deux kilomètres lorsqu’il aperçut au loin un énorme monticule qui ressemblait à une dune. Il continua son chemin en se disant que s’il montait dessus, il pourrait peut-être avoir un panorama de cette terre perdue au milieu de l’océan. Au fur et à mesure qu’il s’approchait, le monticule lui semblait démesuré et il dû marcher encore longtemps avant d’y arriver. Ce n’était pas une dune. Il en fit le tour et finit par s’asseoir au pied de la butte. Il posa la tête entre ses mains et se demanda qui avait bien pu mettre « ça » sur une aussi belle plage. – Etonnant non ? Pitt sursauta et se retourna. Un homme bronzé, vêtu d’un bermuda et d’un tee-shirt à l’effigie d’un chameau le regardait en riant, les mains posées sur les hanches. – Etonnant non ? Répéta-t-il. – Oui en effet, qu’est-ce que ça fait là ? – Bonjour, je m’appelle Pol. Vous venez d’arriver, je peux vous servir de guide si vous le souhaitez. – Vous n’avez pas répondu à ma question. – Et vous c’est quoi votre nom ? – Je m’appelle Pitt. C’est quoi ce truc ? – Il n’y a pas longtemps que vous êtes arrivé, reprit Pol. C’est joli par ici, vous ne trouvez pas ? – Oui c’est joli, mais qu’est-ce que ça fait là ce tas ? – Je reconnais que ça fait un peu désordre, mais s’il vous plaît, n’appelez pas ça un « tas », un peu de respect tout de même. 16 – Je ne vois pas le respect qu’on pourrait avoir d’un tas de mégots de quarante mètres de haut ! – Allons, allons, soyez plus ouvert, ce tas comme vous l’appelez, est très important pour nous. – Vous ? qui vous ? Je croyais que cette île était déserte. – Elle ne peut pas être déserte puisque j’y suis, que vous y êtes et que nous y habitons. En toute liberté. Ici, personne ne vous y ennuiera. Bienvenue sur l’île des Fumeurs. Cigarette ? 17 Chapitre 1 – C’est quoi ça, l’île des Fumeurs ? – C’est notre île. Répondit Pol, nous y habitons depuis quelques années maintenant et nous y sommes très bien. Tellement bien que vous êtes nombreux à venir nous y rejoindre. Nous sommes complètement autonomes, nous disposons d’un système qui nous permet d’être en autarcie complète. Nos cultures nous permettent de subvenir totalement à nos besoins et, énorme avantage, elles sont totalement renouvelables. Venez, je vais vous montrer. Ils quittèrent la plage en direction de la forêt. Pitt jeta un dernier coup d’œil à la colline de mégots, sceptique. – C’est beau non ? demanda Pol. C’est moi qui en suis responsable, c’est mon œuvre. Nous avons chacun la nôtre sur l’île. C’est d’ailleurs une règle : chacun d’entre nous doit entretenir sa colline. C’est le Maître qui a édicté cette règle. Il dit que nous devons tous avoir notre œuvre. – Le Maître ? demanda Pitt. 19
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