L'oeil en clin - Page 1 - Denis JAILLON L’œil en clin Recueil de poésie Éditions EDILIVRE APARIS Collection Coup de cœur 75008 Paris – 2008 5 www.edilivre.com Édilivre Éditions APARIS Collection Coup de cœur 56, rue de Londres, 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 - Fax : 01 53 04 90 76 - mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-35335-171-8 Dépôt légal : Janvier 2008 Copyright © Edilivre Éditions APARIS, 2009 6 PREFACE C’est au salon du livre de Paris en 2006 que j’ai rencontré Denis JAILLON. J’ai découvert ses poèmes. Denis cueille des mots et les offre en bouquets comme il nous l’écrit dans Recette, un de ses poèmes. Denis peint avec des mots : son village Fontenoy-surMoselle, la nature, ses enfants, les filles, la vie. De ses vers sort une profonde émotion. La douceur et la sensualité sont au cœur de ses sonnets, de ses quatrains, mais aussi de cette prose poétique. Il nous interpelle par la philosophie de certaines lignes ; il est en communion avec l’espace, le présent, le demain, l’ailleurs, l’absolu. Pour ceux qui connaissent son premier ouvrage « Les sens ciel », vous retrouverez beaucoup de son âme dans « L’œil en clin ». Je suis heureux de signer cette préface et de vous inviter ainsi à suivre un poète de grand talent que vous aimerez comme moi. Joseph JOFFO 9 A FONTENOY Il était au bord de la route Une cabane faite en bois Quelque trois planches en déroute Tenant là en dehors des lois. Il était près de mon enfance Ni palais ni château de roi Quelques poutres en transhumance Couvrant un lit de bonne foi. Il était sur une prairie Contre un vieux mur bien fatigué Un reste d’hier sans patrie S’offrant au passant intrigué. Il était au seuil du village Un nid d’imagination Olivier, Christophe, au bel âge Ont forcé l’admiration. Il sera toujours dans l’histoire Quelques enfants bien purs de cœur Pour démontrer sans écritoire Que dans le pré est le bonheur. 13 POSE Aurais-je été ce fils que vous êtes ce jour, Quand vous croquez la vie, enivrés de jeunesse, Assoiffés de pourquoi, de comment, de toujours, Affamés de vouloir, étourdis d’allégresse. Aurais-je été l’enfant d’un hier bien vivant Qui marauda le fruit pour goûter l’amertume Qui s’acheta la fleur au parfum décevant Et chercha malgré tout si bonheur est fortune. Serais-je allé si loin sur la sente aux demains Que se perd dans la brume une enfance au lointain Mais je retrouve en vous beaucoup de cette histoire. Serais-je un jour si loin que tout sera perdu Alors sous les brillants du velours bleu tendu Je laisserai mon rêve embrasser ma mémoire. Pour Olivier et Sébastien 15 PRENDRE LA CLEF DES CHAMPS Prendre la clef des champs et souffrir en prison C’est vivre en liberté au pays solitude C’est vouloir être fort mais perdre la raison Prendre la clef des champs pour fuir l’incertitude. Jouer sur clef des champs un air désabusé C’est vivre d’amertume au pays de cocagne C’est courir sa jeunesse avec un cœur usé Jouer sur clef des champs et se trouver au bagne. Trouver la clef des champs pour ne pas s’en servir C’est apprendre à nager pour rester sur la plage C’est apprendre à voler pour demeurer en cage. Trouver la clef des champs et toujours desservir C’est être prisonnier de la grande aventure. Troquez la clef des champs pour un bonheur qui dure ! 17 UNE NUIT J’ai vu passer un rêve. J’ai voulu l’attraper Je l’ai tenu par le bout de la queue Et j’ai tiré tant et tant Qu’il m’est resté un morceau Un tout petit bout de la queue Et j’étais triste, D’avoir cassé un rêve. Un rêve qui n’était peut-être Pas mien ! 19 CHEMIN Route du destin Avance incertaine Ecueil dans la nuit Eveil du matin Silence oppressant Calme reposant Suite et fin d’un rêve Eternel réveil Angoisse d’un jour Vie d’un simple instant Caresse attendue Sourire forcé Larme inattendue Douceur d’un matin Escale d’un soir Et s’éteindre au jour Pour vivre demain Mais en attendant VIVRE VIVRE VIVRE !!! 21 LONGWY La rue est déserte Le silence est lourd. Sur le ruban bleu La rouille s’installe, Et saignent les cœurs. Seuls les flocons blancs Posent doucement Leur indifférence. Mais vivre l’instant Sans rouge fumée C’est survivre un peu Dans l’hiver sans feu ! 22 LORRAINE Bleue est la région Blanc pâle notre espoir Rouge religion Ton drapeau désespoir ! Notre pays haut Ta sidérurgie Nous fait grand défaut Vois l’hémorragie. Chardon d’orgueil Fleur de mon père Vois le cercueil De notre mère. Fleur d’espoir Mal éclose Un beau soir D’un mai rose. Au vent Promesse Pressens Tristesse Et Pleure C’est L’heure ! 23
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