Les Treize Contes Noirs de la Souris Verte - Page 1 - DadineAngel Les treize contes noirs De la Souris Verte Éditions APARIS – Edifree 75008 Paris – 2010 www.edifree.com Editions APARIS – Edifree 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 81 42 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : infos@edifree.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-2988-9 Dépôt légal : Janvier 2010 © DadineAngel L’auteur de l’ouvrage est seul propriétaire des droits et responsable de l’ensemble du contenu dudit ouvrage. Préface : «Qui ne me connait pas? Pas grand monde à dire vrai! Quoi? Vraiment? Vous ne vous rappelez pas? Allons! Faites un effort! Souvenez-vous! Allez, un indice! Tout petit vous chantiez déjà ma chanson... Toujours pas? Bon! Un autre indice! Je suis verte, je cours dans l'herbe et vous m'attrapez par la queue! Vraiment? Vous ne m'aidez pas beaucoup! Bon, encore un indice, le dernier alors! À la fin, vous me changez en escargot! Eh bien voilà! Et oui! C'est bien moi! Je suis La Souris Verte! La seule et l'unique Souris Verte! Vous souriez? Vous moqueriez-vous? Vous ne me croyez pas? C'est vrai, maintenant je suis de nouveau souris. Bon, dans ce cas, suivez-moi! Je vais vous raconter mon histoire. Je vis dans un grenier. Un grenier qui appartient à une maison bien évidemment! Dans cette maison vivent six enfants : Julie, Isabelle, Marie, Alexis, Jeanne, Géraldine et Jézébel. Alexis ne croit pas à la Souris Verte. Isabelle et Julie, elles, chantaient souvent la Souris Verte. Enfin bon. Tout ça pour vous dire que le soir, quand ils dorment, moi, je raconte des histoires à mes souriceaux. Ah! Vous vous intéressez! Mes histoires vous plairaient-elles? Peut-être... Ou peut-être pas! Vous savez, elles finissent souvent mal. Ce n'est jamais une chouette fin. Je n’aime pas trop les contes qui se finissent bien. Tout finit trop bien de nos jours. Alors qu'en vrai, ça va fréquemment très mal! Enfin. Vous voulez quand même les savoir? Vous voulez quand 7 même les écouter? Bon, bon. Très bien! Je vais vous raconter mes contes. C'est très bien alors! Je vais vous raconter le premier des treize contes noirs de la Souris Verte. Il s'appelle « Kagome ou une petite histoire comme ça ». Celui-là, c'est un des rares qui finit bien. C'est peut-être un des seuls ou personne ne meurt à la fin. Enfin, bon! Je vais vous raconter cette histoire. » ***************************** 8 Conte premier: Kagome ou une petite histoire comme ça. Il y avait une petite fille assise sur un banc sous un réverbère. Un très bel homme vêtu de noir s'approcha d'elle. Elle ne le vit pas, elle dormait. Des larmes avaient séché sur son visage. On vit luire les trop longues canines de l'homme. Brusquement, elle ouvrit les yeux et demanda : _ Tu veux me tuer? Devant le regard innocent de l'enfant, l'homme fut déstabilisé. Enfin, l'innocente enfant le fit fuir. C'est vrai que l'innocence... L'innocence est une arme non négligeable. Il disparut dans la nuit. Sans se troubler le moins du monde, l'enfant se leva et se mit à danser en chantant : _ Kagome, Kagome, petit oiseau dans ta cage, qui est derrière toi? Dans la journée qui suivit, le temps fut couvert et sans soleil. Le vampire était de sortie. Aussi, lorsqu'il entendit une voix enfantine chanter « Kagome, Kagome, petit oiseau dans ta cage, qui est derrière toi? » s'approcha-t-il et reconnut-il la chanteuse. Aussitôt, il disparut. L'enfant ne l'avait pas vu et ses camarades de jeu non plus. Quand il rejoignit sa demeure, sa compagne l'y attendait. Il y avait là une statue de femme. C'était une goule qui, après avoir renoncé au sang, s'était endormie depuis longtemps déjà. Tous deux retournèrent à leurs cercueils. 9 L'enfant en se promenant vit une vieille maison. Intéressée, elle entra. Après tout, la porte était ouverte! Elle vit la statue de la goule, alla vers elle puis s'assit à ses pieds et se mit à chanter : _ Jolie statue, jolie statue, mon père est mort, ma mère m'accusa de son sort. Hier ma mère s'est tuée et j'en étais la cause, à n'en pas douter. Mon père j'ai tué, ma mère j'ai tué. Tout deux en voulant me protéger la mort ont trouvé. Jolie statue, toi qui ne peut mourir de me sauver, ton visage à celui d'une mère et j'ai vu l'enfer. Enveloppe-moi de tes grands bras de marbre froid. Et bien sur, la statue ne bougea pas. Tous les jours l'enfant revint mais la statue jamais ne bougea. Un jour qu'elle dormait d'un sommeil agité, la compagne du vampire entendit l'éternelle comptine que l'enfant chantait à la statue. Elle s'approcha puis observa un instant le spectacle. Elle découvrit enfin les crocs. L'enfant la vit et la chanson changea : _ Jolie statue, jolie statue, père et mère j'ai tué qui voulaient me protéger. Jolie statue, jolie statue, toi qui à force de trop aimer en pierre t'es changée, tu ne peux mourir de me sauver, enveloppe moi de tes bras blancs et froids pour me protéger de cette Marie ensanglantée qui tant de gens à déjà tué. La dernière phrase fut criée. Le son réveilla le vampire qui, trouvant vide le cercueil de sa compagne se dirigea vers la grande salle, d'où était parti le cri. Dix ans déjà étaient passés depuis qu'il avait tenté de mordre cette enfant de huit ans. Toutefois l'un et l'autre se reconnurent sans peine en un regard. 10 La goule devenait trop proche, si bien que seule la statue la séparait de l'adolescente. Entendant son compagnon, elle s'éloigna momentanément de la statue et de sa proie pour aller le saluer. Alors la jeune fille se mit à danser autour de la statue en chantant : _ Kagome, Kagome, petit oiseau dans ta cage, qui est derrière toi? _ Moi! Dit le vampire qui s'était approché par derrière. Sa compagne gisait, morte, au pied de l'escalier. Morte d'avoir voulu tuer la jeune orpheline que son amant continuait à aimer. Alors, la jeune fille répliqua sa chansonnette au nez et à la barbe du vampire : _ Kagome, Kagome, petit oiseau dans ta cage... _ Qui est derrière toi? Souffla le vampire à son oreille. _ Celui qui de la cage dorée ouvrit la porte afin de laisser l'oiseau s'envoler... Chantonna-t-elle, mutine. Le vampire posa un doigt sur les lèvres rouges, interrompant la chanson. Il lui murmura au creux de l'oreille : _ Kagome, Kagome petit oiseau dans ta cage... Vaisje te tuer? _ Non tu n'oseras pas, puisque par amour pour moi, tu as ouvert la cage. Lui répondit la fine jeune fille. Et elle embrassa la main qui, de nouveau, l'interrompit. Le vampire retint le joli visage entre ses longues mains osseuses et l'embrassa en chuchotant tout contre ses lèvres : 11 _ Kagome, Kagome, petit oiseau d'éternité, qui aimeras-tu? _ Toi. Répondit la jeune fille en lui rendant son baiser. Alors il la mordit violemment au cou et lui fit boire son sang aux bords d'une plaie qu'il s'était ouverte au poignet. Et depuis, on entend souvent le soir, quand tous les enfants sont couchés, des rires et cette drôle de comptine qui sera désormais fredonnée éternellement, dans le grand manoir abandonné que les gens du village disent hanté par deux vampires. Mais qui peut dire ce qu'on y verra puisque jamais personne n'entra et n'entrera? ********************* 12 « Une souris verte qui courait dans l'herbe, je l'attrape par la queue, je la montre à ces messieurs. Ces messieurs me disent, trempez-la dans l'eau, trempezla dans l'huile et ça fera un escargot tout chaud! Je la mets dans mon chapeau, elle me dit qu'il fait trop chaud, je la mets dans mon placard, elle me dit qu'il fait trop noir, je la mets dans ma culotte, elle me fait trois petites crottes! » « Quoi? Qu'entends-je? Ma chanson? Qui chante ma chanson? On dirait...Mais oui! C'est Julie! Julie chante ma chanson dans ma maison! Oh! Peut-être veut-elle une histoire elle aussi...Bon! Faisons-lui plaisir! Voilà le deuxième des contes noirs de la Souris Verte, intitulé « Princesse Neige Rouge »... Celui-là finit plus ou moins bien. Cela dépend. Mais bon. J'vais pas vous dire! Je crois que les deux meurent à la fin! Oh! Je l'ai dit! Enfin, c'est vrai que maintenant vous allez vouloir écouter l'histoire jusqu'au bout pour savoir! Alalalala! Que je suis donc mauvaise! Bon! Alors je vais vous la raconter. » ********************* 13 Conte second: Princesse Neige Rouge. Il était une fois, toutes les histoires commencent comme ça n'est-ce pas? Je disais donc, il était une fois un pays tout petit avec des airs de paradis. Il y vivait un roi, une reine et un petit prince. Puis naquit une princesse. Et là, mazette! Commencèrent les problèmes... Les deux enfants royaux grandirent et la princesse devint de plus en plus belle. Seulement, à seize ans passés, l'adolescente n'avait toujours pas de nom. Ses parents ne lui en avaient pas donné à la naissance car, à cette époque, les enfants mourraient jeunes. Et, l'habitude aidant, tout le monde l'appelant « Princesse », ils avaient fini par oublier de la nommer. Le prince, lui, s'appelait Perceval. En référence au valeureux chevalier qui partit à la conquête du Graal. C'était un jeune homme beau comme le jour, gentil, juste, généreux, doué aux armes et courtois. Bref, c'était un prince parfait. Seulement le prince et la princesse avaient été séparés deux ans après la naissance de Princesse. Par souci d'éducation dit-on. Ils ne s'étaient donc croisés qu'une ou deux fois en quatorze ans. Le jour anniversaire des dix-sept ans de la princesse était également celui des dix-huit ans de Perceval et de son accession à la majorité, celui du baptême de son entrée dans le monde adulte. Le roi et la reine, considérant leurs enfants comme étant en âge de se marier, décidèrent que l'année suivante, jour pour jour, aurait lieu la cérémonie 14
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