De la cravache des talibans au fragile printemps de Kaboul - Page 1 - test Martine Barbier Boyer De la cravache des talibans au fragile printemps de Kaboul Des femmes dans la « Résistance Afghane » Edilivre – Éditions APARIS 3 Tous nos livres sont imprimés dans les règles environnementales les plus strictes Il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement la présente publication sans autorisation du Centre Français d’exploitation du droit de Copie (CFC) – 20, rue des Grands-Augustins – 75006 PARIS – Tél. : 01 44 07 47 70/Fax : 01 46 34 67 19. © Edilivre, Éditions APARIS – 2009 ISBN : 978-2-8121-0159-5 Dépôt légal : Mai 2009 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. 4 Sommaire Préface ................................................................... 9 Introduction ........................................................... 15 Chapitre 1 – L’ambivalence de la retraite ............. 19 Chapitre 2 – Le premier voyage : l’aventure commence ! .......................................... 29 Chapitre 3 – L’obsession de la masculinité chez les talibans..................................................... 43 Chapitre 4 – La sensibilité du terreau alsacien...... 69 Chapitre 5 – Mon prix régional Fémina Hebdo devient le premier prix national............................. 83 Chapitre 6 – Un peu d’histoire .............................. 95 Chapitre 7 – Massoud l’Afghan au Parlement européen ................................................................ 109 Chapitre 8 – Aider la résistance des femmes afghanes................................................................. 115 Chapitre 9 – Mon deuxième départ avec Aide psychologique sans frontières et NEGAR .............. 125 7 Chapitre 10 – L’aide concrète distribuée directement sur place ............................................ 139 Chapitre 11 – La rencontre avec le commandant Massoud : le rêve devient une réalité .................... 155 Chapitre 12 – La création de l’association AMPSA.................................................................. 203 Chapitre 13 – Le troisième voyage et l’accréditation du dispensaire à Kaboul............. 209 Chapitre 14 – Comme il est long le chemin, que se passe-t-il maintenant là-bas ? ..................... 243 Épilogue................................................................. 259 8 Préface Quiconque se lance dans une approche du « royaume de l'insolence » subit un double traumatisme : celui de vivre la tragédie d'un peuple victime d'incessantes oppressions politiques, religieuses et sociales. Mais aussi celui de subir une paix annoncée et sans cesse repoussée. Avec Martine Barbier-Boyer, nous avons pris conscience de cette dualité dramatique lors de notre participation à la première rencontre internationale organisée par NEGAR à Duchambé (Tadjikistan) en juin 2000 pour définir les droits des femmes afghanes. Après cette perception physique de l'asservissement d'un peuple et tout particulièrement de ses femmes, nous avons, chacun de son côté, consacré nos efforts et notre temps à la réalisation de projets au profit du peuple afghan. D'emblée, cela signifiait clairement que nous avons cru à la chute du régime des taleban et que le futur était devant nous avec ses besoins énormes tous les domaines. Nos sensibilités et nos capacités différentes, mais complémentaires, nous ont entraînés vers ce renouveau pacifique que nous appelions de nos vœux. 9 Sous le régime taïeban, l'Afghanistan était Al-Qaeda un pays d'accueil, un sanctuaire et un centre d'entraînement C'est là qu'ont été organisés les attentats terroristes de grande envergure perpétrés en Afrique et aux Etats-Unis. Aujourd'hui nous ne pouvons nous permettre de laisser l'Afghanistan faire peser sur nous ce type de menace directe. Ne pas oublier qu'avant la chute du régime taliban en 2001, l'Afghanistan était aucun doute le pire endroit de la terre. Les taleban traitaient les femmes comme de la marchandise, procédaient régulièrement à des exécutions publiques, condamnaient la musique, interdisaient tes cerfs-volants, détruisaient les richesses historiques et religieuses du pays et imposaient un régime privant la population des droits de l'homme les plus fondamentaux. Pourtant, la chute des après l'attentat du 11 septembre 2001, précédé par l'assassinat du Commandant Massoud quelques jours auparavant ont bouleversé le paysage de l'Afghanistan. Aujourd'hui ce pays vit en « survie » économique, sécuritaire et au niveau des droits élémentaires de son peuple. Les Afghanes sont toujours en manque de services basiques et, surtout, subissent de plus en plus les attaques menées par les taleban et autres milices régionales qui exercent leur pouvoir de nuisance pour leur interdire d'exercer leurs droits si chèrement acquis. C'est ainsi que les attaques et les menaces contre les écoles de s'accroissent : chaque jour une école de filles est incendiée ou un professeur est assassiné. Plus de 100 000 enfants des provinces du Sud sont privés de scolarité du fait de ces attaques. II faut rendre un hommage aux Afghanes qui oeuvrent en dépit de beaucoup de difficultés comme actrices à part entière dans ce 10 combat pour mettre en exergue leur participation dans la société civile afghane, Toutefois, il faut souligner le manque cruel de ressources pour poursuivre cette lutte sociale. Aussi il est essentiel, voire vital, de les soutenir par des actions qui leur apportent l’nstruction, des activités et par voie de conséquence des formations professionnelles ainsi qu'un soutien sanitaire indispensable après les années d'interdiction en la matière Comme je l’ai dit plus haut, tous les amis de l'Afghanistan se sont engagés dans des actions humanitaires diverses du fait des besoins criants dans tous les domaines Pour ma part, après la promesse que j'avais faite au Commandant Massoud, j'ai construit une première école dans la vallée du Panjshir. Une deuxième est en cours dans province de Bamiyan, là où les taleban crurent abattre la culture de l'Afghanistan en détruisant les Bouddhas. Dans le même esprit de promotion de la culture, j’ai créé une salle d'art à la Nationale Gallery de Kaboul, prouvant ainsi que la culture peut être une passerelle de paix entre les peuples. Quant à Martine Barbier-Boyer, et cet ouvrage en témoigne avec beaucoup de sensibilité et d’acuité, elle s'est engagée délibérément et avec une grande conviction dans un domaine qui lui était familier et dans lequel elle pouvait apporter le bénéfice de ses compétences : le soutien en psychologie. Attentive aux suites tragiques de plus de vingt ans de conflit et d'oppression, elle a compris qu'elle pouvait apporter une assistance essentielle pour aider les Afghanes et leurs enfants dans ia refondation de la société afghane. Elle a raison mais 1'essentiel est de perdurer. En effet, il faut redoubler d'efforts pour que les institutions afghanes fonctionnent, pour remettre 11 l'économie sur pied et pour accélérer la reconstruction. A quoi bon apporter des ressources militaires à l'Afghanistan - sous la forme de troupes et de crédits pour jeter les bases de la paix si l'on ne procède pas aux investissements nécessaires pour que cette paix soit durable. Un objectif est clair : empêcher le retour d'un régime antidémocratique et fanatique répandant la terreur. Une stratégie est aussi claire : soutenir la jeune démocratie afghane, dont ses forces de sécurité, afin de créer renvironnement nécessaire au développement du secteur civil. IL faudra que le gouvernement afghan et la communauté internationale travaillent en étroite coopération. Le problème doit être traité à sa source pour bien appuyer la reconstruction de l'Afghanistan et le développement à long terme du pays. A elles seules, les forces armées ne sont pas en mesure d’apporter la réponse. Mettre en place une stratégie efficace de lutte contre le trafic de stupéfiants, cela signifie offrir de nouveaux moyens de subsistance aux agriculteurs pauvres, construire des prisons, former des juges et des juristes, construire des routes pour que les agriculteurs puissent apporter aux marchés les produits de culture licites, construire des écoles et des cliniques. L'ouvrage de Martine Barbier-Boyer relate ces efforts et le chemin à parcourir. À deux reprises, le pays a tenu des élections, qui se sont déroulées, de façon pacifique et démocratique, et bon nombre d'enfants sont retournés dans les écoles. Mais tout indique que la route est encore longue et sinueuse. Il faut absolument tenir le cap et ne pas s'arrêter à mi-chemin. Il nous faut nous appuyer sur les succès déjà obtenus et 12 mener la tâche à bien, Pour toutes ces raisons - le peuple afghan et notre propre sécurité – l’Otan et la communauté internationale doivent intensifier leurs efforts. Le choix est simple mais très clair : rester en Afghanistan coûtera cher, ne pas agir coûtera encore plus cher. Gérard Cardonne Auteur de La nuit afghane, préfacé par le Commandant Massoud. 13 Introduction « Ce n’est pas pour devenir écrivain qu’on écrit. C’est pour rejoindre en silence cet amour qui manque à tout amour ». Christian BOBIN, La Part Manquante, Gallimard. J’ai écrit ces pages, avec votre aide précieuse Anne-Marie, pour transmettre non seulement une expérience vécue extrêmement poignante afin qu’elle ne tombe pas dans l’oubli, qu’elle apporte une modeste contribution aux liens amicaux et à l’histoire qui se sont tissés entre la France et l’Afghanistan depuis plus de deux siècles. Pourquoi ce coup de foudre avec l’Afghanistan ? Anne-Marie Sabatier (AMS), Martine BarbierBoyer (MBB) AMS : Vous êtes psychologue, et j’ai fait votre connaissance dans le cadre d’une association régionale de femmes luttant pour l’obtention de la parité en 1998. Un idéal commun qui nous a, certes, 15
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