Petit manuel des Mamans - Page 1 - test DU MÊME AUTEUR Car la nuit sera blanche et noire, roman, Picollec, 2009. Fragments désordonnés, chroniques, Éditions de l’Hèbe, Lausanne, 2009. Les fleurs du mal, le procès de Baudelaire, Librio, 2009. Madame Bovary, le procès de Flaubert, Librio, 2009. En absence, théâtre, L’Archange minotaure, 2005. Le Souffre-plaisir, roman, Picollec, 1998. ANTHOLOGIES Friandises littéraires, Écriture, 2008. À en perdre la tête, L’Archipel, 2007. Pensées inspirantes des femmes célèbres, L’Archipel, 2006. L’amour, c’est bête, L’Archipel, 2006. L’Amour de l’écriture, L’Archange minotaure, 2006. Noir comme l’humour, L’Archipel, 2004. Les Perles de la République, L’Archipel, 2004. À la maman d’Apolline. www.vebret.com www.ecriture.com Si vous souhaitez recevoir notre catalogue et être tenu au courant de nos publications, envoyez vos nom et adresse, en citant ce livre, aux Éditions de l’Archipel, 34, rue des Bourdonnais 75001 Paris. Et, pour le Canada, à Édipresse Inc., 945, avenue Beaumont, Montréal, Québec, H3N 1W3. ISBN 978-2-8098-0151-4 Copyright © Éditions de l’Archipel, 2009. Que peut l’avenir, ou l’oubli final, contre celui qui porte en son cœur ce double amour de sa mère pour lui, de lui pour elle ? Yann QUEFFÉLEC, Ma première femme. Avant-propos Est-ce un hasard si le mot qui signifie « mère » est le plus répandu au monde, dans toutes les langues ? Pas de hasard non plus si « maman », formule infantile, tire son origine du latin et du grec, de mamma qui veut dire « sein ». Voilà qui montre bien le rapport très intime de l’enfant à sa génitrice. Ce lien indéfectible, quelles que soient les circonstances, la distance, les séparations ou les querelles, est fusionnel au-delà même du cordon qui, neuf mois durant, relie le fœtus à sa mère afin de ne former qu’un. La mère restera toujours la maman, celle qui donne le jour et qui accompagne son enfant sur le chemin de la vie. On ne connaît pas de pays, de tribu, de groupe dont les mères se désintéresseraient de leurs enfants, et des enfants en général, ou dont les enfants abandonneraient leur mère. De tout temps, dans tout pays, toute religion, les mères ont été et sont aimées, respectées, écoutées et protégées. Pas seulement parce qu’elles donnent la vie, mais parce qu’elles sont la vie, le souffle, la douceur, la tendresse, le geste qui apaise, le mot qui rassure. Celles par qui tout commence. Celles vers lesquelles tout converge. C’est Toulouse-Lautrec qui, sur son lit de mort, finit par articuler « Maman… rien que toi ! » avant de pousser son dernier soupir. Proust encore, dans un souci de concision qu’on ne lui connaissait pas, s’exclamera plus simplement : « Maman ! » 9 Les mères ont été honorées par les plus grands. Pas un auteur, un artiste qui n’ait célébré l’amour maternel, ce lien invisible mais palpable qui unit éternellement une mère à son enfant. Et réciproquement : « On aime sa mère presque sans le savoir », écrit Guy de Maupassant, mais : « Les fils ne savent pas que leurs mères sont mortelles », ajoute Albert Cohen. Et lorsqu’il est trop tard, les souvenirs affluent, souvent heureux, parfois nostalgiques ; le temps fait son œuvre, efface les scories pour exalter les bons moments, un mot, un regard, un détail insignifiant, la promenade du dimanche, ou une saveur, celle d’une mousse au chocolat blanc amoureusement préparée un samedi après-midi… Ce devrait être tous les jours la fête des mamans, mais aussi de la femme qu’elles ne cessent jamais d’être. Car elles furent enfants, jeunes filles, puis épouses ou compagnes, avant de mettre au monde l’objet de toutes leurs attentions. Et que de combats, de luttes acharnées pour n’être plus confinées au rôle parfois ingrat de simple maîtresse de maison ! C’est la raison pour laquelle ce Petit manuel des mamans exalte d’une même voix la maternité, le bébé, l’enfant, le fils ou la fille. C’est un bric-à-brac, une chambre en désordre comme les détestent les mamans, mais dont chaque objet est là pour leur dire : « Je t’aime. » Joseph VEBRET Mamans du monde ALBANAIS ALLEMAND ANGLAIS ARABE ARMÉNIEN CHINOIS CORÉEN ESPAGNOL ESPÉRANTO FINNOIS GÉORGIEN GREC HÉBREU HONGROIS ITALIEN JAPONAIS KENYAN LETTON LITUANIEN LUXEMBOURGEOIS NÉERLANDAIS PERSAN POLONAIS PORTUGAIS RUSSE SLOVAQUE SLOVÈNE SUÉDOIS UKRAINIEN VIETNAMIEN nënë mutti mummy (Grande-Bretagne), mommy (États-Unis) - ( امma ma ) mayrik (mama) (eomma) mamá panjo mami mumia μαμά (mamá) ( אמאama) anyuka mamma ママ (mama) amilyë mamina · mamyte. mama mammie - ( مامانmaman) mama mamãe мамочка (mamotchka) mamica mamka mamma мама (mama) me . 11 Le baiser du soir « Quel serait votre plus grand malheur ? » À cette question, Proust répond sans hésitation : « Être séparé de maman », lui qui ne pouvait s’endormir avant le rituel du baiser délicatement déposé par cette femme dont il n’admit jamais la disparition. « Ma seule consolation, quand je montais me coucher, était que maman viendrait m’embrasser quand je serais dans mon lit. Mais ce bonsoir durait si peu de temps, elle redescendait si vite, que le moment où je l’entendais monter, puis où passait dans le couloir à double porte le bruit léger de sa robe de jardin en mousseline bleue, à laquelle pendaient de petits cordons de paille tressée, était pour moi un moment douloureux. Il annonçait celui qui allait le suivre, où elle m’aurait quitté, où elle serait redescendue. De sorte que ce bonsoir que j’aimais tant, j’en arrivais à souhaiter qu’il vînt le plus tard possible, à ce que se prolongeât le temps de répit où maman n’était pas encore venue. Quelquefois quand, après m’avoir embrassé, elle ouvrait la porte pour partir, je voulais la rappeler, lui dire “embrasse-moi une fois encore”, mais je savais qu’aussitôt elle aurait son visage fâché, car la concession qu’elle faisait à ma tristesse et à mon agitation en montant m’embrasser, en m’apportant ce baiser de paix, agaçait mon père qui trouvait ces rites absurdes, et elle eût voulu tâcher de m’en faire perdre le besoin, l’habitude, bien loin de me laisser prendre celle de lui demander, quand elle était déjà sur le pas de la porte, un baiser de plus. Or la voir fâchée détruisait tout le calme qu’elle m’avait apporté un instant avant, quand elle avait penché vers mon lit sa figure aimante, et me l’avait tendue comme une hostie pour une communion de paix où mes lèvres puiseraient sa présence réelle et le pouvoir de m’endormir. Mais ces soirs-là, où maman en somme restait si peu de temps dans ma chambre, étaient doux encore 12 en comparaison de ceux où il y avait du monde à dîner et où, à cause de cela, elle ne montait pas me dire bonsoir. l Je ne quittais pas ma mère des yeux, je savais que quand on serait à table, on ne me permettrait pas de rester pendant toute la durée du dîner et que, pour ne pas contrarier mon père, maman ne me laisserait pas l’embrasser à plusieurs reprises devant le monde, comme si ç’avait été dans ma chambre. Aussi, je me promettais, dans la salle à manger, pendant qu’on commencerait à dîner et que je sentirais approcher l’heure, de faire d’avance de ce baiser qui serait si court et furtif, tout ce que j’en pouvais faire seul, de choisir avec mon regard la place de la joue que j’embrasserais, de préparer ma pensée pour pouvoir grâce à ce commencement mental de baiser consacrer toute la minute que m’accorderait maman à sentir sa joue contre mes lèvres, comme un peintre qui ne peut obtenir que de courtes séances de pose, prépare sa palette et a fait d’avance de souvenir, d’après ses notes, tout ce pour quoi il pouvait à la rigueur se passer de la présence du modèle. Marcel Proust, Du côté de chez Swann, 1913 ............................................................................................................. « J’entends au-dessus de moi dans les cieux Les anges qui chantent entre eux. Ils ne peuvent trouver de mot d’amour plus grand Que celui-ci : Maman. » Edgar Allan POE 13 Proverbes du monde c c c c c c c c AFRICAINS La pitié pour un enfant vient de sa mère.” Une mère qui n’est pas la tienne ne connaît pas ta faim.” Aucune mère n’égale ta mère.” Toute mère est un fleuve.” La mère est celle qui prend le couteau par la lame.” Un bébé sur le dos de sa mère ne s’aperçoit pas de la longueur du chemin.” Colère de mère ne passe pas la nuit.” ALSACIEN Qui n’a pas d’enfant ne sait pas pourquoi il vit.” c AMÉRICAIN La main qui fait osciller le berceau gouverne le monde.” c c c c c ARABES Qui a enfanté n’est pas mort.” Sur l’ordre d’une mère, le paradis s’ouvrira.” La mère de l’enfant muet parle son langage.” CHINOIS Un fils qui fait verser des larmes à sa mère peut seul les essuyer.” Un jour, on l’appelle Maman. Elle le reste toute la vie.” 14 c c La bonté d’un père est plus haute que la montagne, la bonté d’une mère est plus profonde que l’océan.” L’argent est une richesse morte ; les enfants sont une richesse vivante.” CORÉEN Une mère vaut plus que dix pères.” CRÉOLES Une mère est quelqu’un d’irremplaçable.” Toute mère sait cacher les défauts de ses enfants.” Rien n’est meilleur que ce qui provient d’une mère.” CUBAIN Les cafards parlent de leurs enfants comme de soleils.” DANOIS En prenant l’enfant par la main, on prend la mère par le cœur.” ESPAGNOLS Dieu, voyant qu’il ne pourrait suffire à la tâche, décida de créer la mère.” Qui a une mère ne devrait pas pleurer.” FINNOIS Mieux vaut le coup de bâton d’une mère que le pain et le beurre d’une belle-mère.” GÉORGIEN Une mère comprend la langue de son fils muet.” 15 c c c c c c c c c c
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