L\'A de l\'Amour - Page 1 - test GILOU L’A de l’Amour Edilivre – Éditions APARIS 3 Tous nos livres sont imprimés dans les règles environnementales les plus strictes Il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement la présente publication sans autorisation du Centre Français d’exploitation du droit de Copie (CFC) – 20, rue des Grands-Augustins – 75006 PARIS – Tél. : 01 44 07 47 70 / Fax : 01 46 34 67 19. © Edilivre, Éditions APARIS – 2008 ISBN : 978-2-35607-541-3 Dépôt légal : Juin 2008 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays 4 L’A de l’Amour Papa… j’voudrais te dire Une chose qui m’ennuie J’étais d’accord de l’écrire Et puis de le défendre aussi Mais le maître m’a dit et redit… Les lettres capitales… petit C’est juste… au début du récit Pas… pas, au milieu… c’est ainsi Cette petite faute… répétée Sur ma dernière dictée M’a coûté quelques points Et c’est ta faute… mine de rien Tu m’as dit que le mot Amour Se commençait d’une majuscule De l’aube jusqu’au crépuscule Et même dans les nuits… enfin toujours Pourtant l’idée était belle Mais pas… pas assez éternelle Au moins à l’école du savoir Mon Papa… que faut il croire ? Je sens bien que tu as raison Quand on est seul à la maison Mais quand je vois ce qu’est la vie J’ai peur que tu n’aies pas tout compris 7 Voilà pourquoi je te dis Avec de la peine aujourd’hui Continue tes p’tites poésies Avec ton grand A-mour de la vie Je vais grandir de cette façon Je vais écrire toutes mes leçons En recopiant… les grands maîtres De la littérature concrète Papa, tu sais devant le monde C’est dur à chaque seconde De faire… même de petites choses De re… peindre la vie en rose Mais je ne comprends pas pourquoi J’ai quand même dans mon cœur Ta voix qui me dit, crois… À l’avenir d’un monde meilleur Est ce la grâce de cette lettre l’A Qui nous attache si fort toi et moi Et fait de notre vie un poème Et puis nous fait dire… je t’aime Je vais grandir près de toi, mon papa Et peut-être… qu’un jour… J’aurai ta force… en moi De défendre partout l’A de… l’Amour 8 Nos anciens Ils ont la même heure pourtant Aiment partager des bouts de temps De leur passé riche plus souvent Que leur présent doucement Ils cherchent de l’espoir Repliés sur le départ N’espèrent que de nous voir Encore un peu… plus tard Les mains ridées sans nos mains Ils voudraient parler d’leur chemin Mais nous n’prenons le temps de rien Même pas celui de leur chagrin Qu’ils nous cachent bien souvent Pour éviter de voir notre peine Qui eux les touche et les gêne Et nous en sommes souvent absents Certains ne veulent plus être notre croix Par pudeur ou bien par gentillesse Ou n’être plus pour nous un poids Et nous proposent l’absence de leur vieillesse Alors nous acceptons qu’ils baissent la tête Avec d’autres isolés dans leur retraite Dans des maisons comme des bêtes Où l’on ne fait parfois que de la traite 9 Ils ont cette tendre paresse De loin de ne plus rien nous demander De se suffire de notre médiocrité Jusqu’avoir oublié le mot bassesse Le temps se coupe de leurs yeux De leurs pas petit à petit Les oblige à survivre en creux Sur une chaise ou dans leur lit D’heures en heures et de plus en plus rien Ils perdent le souvenir de nos visages De leur et de notre naufrage Qui ne parlent plus temps de l’humain Ils perdent aussi l’audition Parfois du vide de l’attention Qu’on ne leur porte presque plus Alors s’approchent d’un espace inconnu… Ils savent en silence encore pleurer Puisque leur cœur bat encore Qu’ils voudraient bien arrêter Pour peut-être s’en aller… ailleurs N’est que le temps de demain Pour ignorer leur futur destin Un jour tous s’oublient d’un bonjour… Ne peuvent plus porter leur Amour N’est que le temps de demain Pour ignorer leur proche fin Un jour tous ne disent plus bonsoir Parce que cette fois c’est trop tard 10 Longtemps avec nos certitudes Nous les avions déjà enterrés Dans un coin de solitude Pour ne plus être gênés En-fin nous tricherons en mimiques En les accompagnant dans les cimes-terre Et déchargerons nos belles fleurs en plastique Soulagés et pressés d’oublier cet hiver 11 Amour corsé Ici, l’eau coule en fierté Sur le ventre des montagnes Couplant la vie à la beauté Et le silence est compagne La pierre est brûlante Et la myrte sauvage Les vallées un rivage Où le soleil s’aimante L’âme est sur tous les chemins Ridée par les sangs d’hier Jusqu’en terre prisonnière Et fleurie du sens commun Les villages s’ouvrent le soir Et les corps se voilent de noir Laissant au jour couleur de fleurs L’inspiration dans la lueur Tendu par des chœurs éclairés Partout s’épanouit en sons nattes Ce chant de force engorgé Dans des vallées étroites Le feu est sous la peau Le vent pénètre la roche Chacun dans l’autre se vaut Et se connaît comme sa poche 12 La tendresse a pris le maquis Le respect conjugue le présent Jusqu’à envahir l’interdit De sa caresse pleine de piquants La mer berce de solitude L’ocre salé des racines De cette île toujours prude Et pour autant féminine Le galet se fait sable ou blanc Suivant le temps de l’Amour Ombré de pins s’étendant Sur cette île pour toujours L’amitié croise les fontaines Où les pas s’entremêlent Dans la sueur humaine Des fronts plissés de perles L’autre s’appelle l’étranger S’il n’est pas tête courbée Sur la tradition attachée Dans ce paradis enraciné La main s’offre de foi sincère Ouverte et ferme en face Sure d’elle mais armée de prières Et de souvenirs de chasses Le vert partout vit en confiance Protège ce qui reste en méfiance Un territoire riche d’une nature Où chaque instant est aventure 13 Toi mon enfant J’ai tiré les rideaux Enfermé le soleil dehors Et posé ma main sur ton dos Comme pour voir… si tu dors Tes yeux étaient couleur d’étoiles Profonds, pourtant si loin de moi J’ai soufflé sur ta peau un voile Comme pour te parler… tout bas Et j’ai attendu un moment Un geste machinal de toi Dans ton sommeil, cet instant Qui ne serait… que pour moi Dans ton sommeil cet instant Qui me parlerait de toi… Mes yeux respiraient sur ta peau Au rythme d’un tendre silence Si doux et coloré d’enfance Que j’ t’ai posé un baiser chaud J’ai cru être un peu esseulé Mais auprès de toi, mon enfant Quelques peluches dans ton lit couchées Me souriaient… tendrement 14
L\'A de l\'Amour - Page 1
L\'A de l\'Amour - Page 2
wobook
edilivre.com