La tatouée de l'île d'émeraude - Page 1 - test Violette W-RUER La tatouée De l’île d’émeraude Roman Edilivre, Éditions APARIS 75008 Paris – 2007 Il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement la présente publication sans autorisation du Centre Français d'exploitation du droit de Copie (CFC) 20 rue des Grands-Augustins - 75006 PARIS – Tél. : 01 44 07 47 70 /Fax : 01 46 34 67 19. © Edilivre, Éditions APARIS – 2007 ISBN 13 : 978-2-917135-16-7 Dépôt légal : Juin 2007 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. Les échecs d’une vie doivent être profitables et constituer des expériences bénéfiques, même si la frustration, la douleur, la colère, la honte et l’angoisse sont difficiles à surmonter. La vie mérite d’être vécue. Violette W-RUER Livre dédié à mes enfants : Marc, Christine, Christelle et Pascal. Préface « La tatouée » de l’île d’émeraude Comté de Clare de la verte Irlande, Tes paysages enchanteurs Tout comme tes recettes gourmandes, Impriment mon âme et mon cœur, D’une douceur de vivre et d’aimer. La sérénité apaisante de ton prieuré, La nonchalance de ta rivière, A Ennis, tes boutiques colorées, Sa place aux réverbères, Tout m’attirait d’un regard curieux. A Dysert O’Dea, la sobre croix En plein champ dressée, Christ au visage circulaire, Vêtu d’une longue tunique plissée, Invitait au calme et à la prière. A Bunratty sur les bords de l’estuaire de la Shannon rivière, Les médiévaux banquets Avec les dames et majordomes stylés Accueillaient les convives ravis Je n’ai guère pu éviter, encore moins oublié, A Burren, les falaises de Moher Se dressant majestueuses et fières, Sauvages et brutes au dessus de la baie, Et surplombant les Iles d’Aran. Dans les pubs traditionnels irlandais, La convivialité et l’amabilité légendaires, Dans une ambiance festive et gaie, Au milieu des rires et des chants, Ravissaient la romantique étrangère. Comment ne pas aimer ce pays, Qui malgré tant de conflits traversés Gardait un visage d’apparente sérénité ? Le sourire d’un grand gaillard enjôleur, Au regard bleu profondeur d’océan, Restera très cher à mon cœur. Violette W-RUER PREMIERE PARTIE 13 Chapitre 1 Les quatre compères Dimanche 3 juillet 2005. Sur la route du château de Bunratty, le cabriolet rouge file à vive allure. Le conducteur et les trois passagers chantent à tue-tête un air à la mode. Le joyeux groupe est en vacances. Ils n’ont pas d’itinéraire précis, juste deux mois pour vivre libres de tout souci. Thomas Moreau, le conducteur, fils d’un riche industriel dont la société se trouve à Paris, loge chez son père depuis ses dix -huit ans afin de poursuivre ses études à l’université. Il revient chaque année, pendant les congés d’été, dans le Comté de Clare où vit sa mère depuis son divorce. Valérie Salmon, fille de l’associé de monsieur Moreau, est une gamine assez frivole et inconstante. Thomas et elle se sont fiancés l’automne dernier au cours de la fête de leurs vingt ans. L’autre couple est de condition plus modeste. Marion Tromel, orpheline depuis la disparition de ses parents dans un crash aérien en 1990, a été élevée par sa grand-mère. 15 Nicolas Merckling vit, la plupart du temps, seul avec sa mère. Son père, représentant en vins, bourlingue sur les routes tout au long de l’année. Il part le lundi matin et revient le samedi soir. Nicolas souffre beaucoup de cette absence. Les quatre jeunes gens fréquentent la même université à Paris. Leur diplôme de journaliste en poche ils ont décidé de décompresser un peu avant de se lancer à la recherche d’un emploi. Si les premiers sont nantis d’un solide argent de poche, les seconds ont économisé toute l’année pour se payer ce long séjour. Quand Marion a parlé de ce voyage à sa mamy, celle-ci n’a pas tout de suite approuvé le projet. Elle a même tenté de l’en dissuader. Elle semblait inquiète. — Pourquoi ce pays Marion ? — A cause des légendes, des histoires mystérieuses…Tu sais bien que j’adore çà ! Et puis la maman de Thomas vit là-bas et va nous héberger, nous n’allons pas complètement vers l’inconnu ! De guerre lasse, la mamy s’est laissée convaincre. Elle n’a jamais rien pu refuser à cette enfant. Elle a passé des nuits entières à coudre des vêtements pour les autres afin d’offrir le meilleur à sa petite-fille. Elle l’a vue grandir avec fierté et embellir d’année en année. Quand elle contemple sa longue chevelure flamboyante, ses yeux en amandes d’un vert très clair, les larmes lui montent aux yeux. Comme elle ressemble à… A quoi bon remuer le passé… 16 Chapitre 2 Arrivée en Irlande Arrivés la veille à Shannon Airport, les jeunes gens ont été accueillis chaleureusement dans la maison familiale à Ennis par Louise CarreyMoreau, heureuse de retrouver son fils et d’avoir de la compagnie. Valérie est mécontente de devoir partager sa chambre avec Marion. Elle trouve la famille trop puritaine. Elle vit avec Thomas depuis trois mois alors cette séparation lui parait ridicule. Thomas et Nicolas n’ont pas de problème de cohabitation, ils sont, au contraire, satisfaits de se retrouver tous les deux. Louise a expliqué le pourquoi de la situation : c’est pour ne pas choquer ses parents très traditionalistes. Tandis que Marion dépose ses vêtements dans une commode rustique normande, elle se remémore les paroles de sa grand-mère « Emporte plusieurs pulls car le temps est vraiment lunatique dans ce pays ! Quand tu iras te promener emmène toujours 17
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