Mes Textes - Page 1 - Mes Textes 3 Jean Kerbra Mes Textes Éditions EDILIVRE APARIS 75008 Paris Ŕ 2010 5 www.edilivre.com Edilivre Éditions APARIS 56, rue de Londres Ŕ 75008 Paris Tél. : 01 41 62 14 40 Ŕ Fax : 01 41 62 14 50 Ŕ mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-3533-5439-9 Dépôt légal : Juillet 2010 © Edilivre Éditions APARIS, 2010 6 Sommaire Le huitième jour .................................................... 12 La loi sur les décès ................................................ 15 DES SOUVENIRS ................................................ 29 Texte 1 Ŕ BONJOUR POUR MOI ................... 29 Texte 2 Ŕ LES BELLES DAMES .................... 34 Texte 3 Ŕ UN AMOUR DE JEUNESSE .......... 35 DEUX ÉTUDES.................................................... 55 Texte 4 Ŕ Nouvel amant .................................... 55 Texte 5 Ŕ LA GRAMMAIRE ET LES FEMMES ........................................... 55 Texte 6 Ŕ DES EXISTENCES.......................... 58 SUR LA MORT .................................................... 63 Texte 7 Ŕ COULEURS ..................................... 63 Texte 8 Ŕ LA MORT D’UN BŒUF ................. 63 9 Texte 9 Ŕ Le cimetière des chiens ..................... 70 LES CIVILISATIONS .......................................... 73 Texte 10 Ŕ CHANSON NOIRE ........................ 73 Texte 11 Ŕ DES CULTURES ........................... 74 Texte 12 Ŕ OCCIDENT Ŕ MUSIQUE Ŕ LETTRES ...................................................... 76 SUR LE CHRISTIANISME .................................. 81 Texte 13 Ŕ MAÎTRESSES ................................ 81 Texte 14 Ŕ LA FOI : HISTOIRE D’UN VICOMTE ............................................. 84 Texte 15 Ŕ La Charité ....................................... 93 Texte 16 Ŕ Les mythes chrétiens ....................... 94 Texte 17 Ŕ L’histoire. ........................................ 98 SUR LA POLITIQUE ........................................... 101 Texte 18 Ŕ UNE VALSE TRISTE .................... 101 Texte 19 Ŕ LA GUERRE ET L’ARGENT ....... 101 Texte 20 Ŕ DÉMOCRATIE ET DICTATURE .............................................. 103 Texte 21 Ŕ LA DIGNITÉ HUMAINE .............. 105 Texte 22 Ŕ LA DÉCADENCE .......................... 106 10 Le huitième jour Une nuit j’ai rêvé. J’étais sur un chemin aride et sablonneux. J’ai marché devant moi. Après un temps assez long j’ai cru apercevoir deux grands oiseaux blancs. En avançant j’ai vu que c’étaient des hommes avec des ailes au lieu de bras, ce que certains appellent des anges, et comme ils étaient très grands, j’ai pensé que c’étaient des archanges parce qu’il y a des hiérarchies même chez ces gens. Entre les deux archanges, il y avait un grand fauteuil et dans ce fauteuil un vieillard aimable avec une grande barbe, j’ai su que c’était Dieu. L’un des deux archanges disait au Dieu : Ŕ Avec le respect que je te dois, je suis obligé de te dire que ton univers présente des imperfections. Dieu répondit : Ŕ Je sais, j’en suis fâché. Il était contrarié. Ensuite il se tourna vers l’autre archange qui lui dit : Ŕ Mais tu as inventé la mort. 12 Alors son visage fut de nouveau paisible. Puis il revint au premier archange qui lui dit : Ŕ En fait, ton univers est mauvais, penche-toi et regarde. Les animaux les plus forts tuent les plus faibles. Ne parlons pas des humains, menteurs, hypocrites, voleurs et j’en passe, certains vont jusqu’à assassiner leurs semblables. Le vieux se courba et vit que c’était vrai. Ses yeux se remplirent de larmes qui coulaient dans sa barbe. Puis il se tourna vers l’autre archange qui lui dit : Ŕ Mais tu as inventé la mort. Et il fut à nouveau calme et tranquille et il revint vers le premier archange. J’ai trouvé qu’il répétait toujours les mêmes choses que c’était ennuyeux. Je me suis tourné, j’ai marché dans l’autre direction sur le chemin. Après un certain temps j’ai entendu des cris. En m’approchant j’ai vu que c’étaient des humains. Quelques-uns étaient sur des estrades et faisaient des discours applaudis par tous. Une disait : Ŕ Nous sommes intelligents, nous sommes beaux. Un autre disait : Ŕ Nous ne voulons plus de maître, nous avons bâti des mosquées et des cathédrales pour enfermer Dieu et qu’il nous laisse en paix. Je les ai jugés prétentieux, idiots et fous. J’aimais mieux ceux que j’avais vus d’abord. Je me suis tourné à nouveau et j’ai marché pour aller les revoir. Il n’y avait plus qu’un archange. L’archange qui restait disait à Dieu : 13 Ŕ Il est certain que ta création des sept premiers jours est mauvaise, elle est remplie de douleurs et de peines. Mais quelle importance ? le huitième jour tu as créé la mort. 14 La loi sur les décès Cours de Madame Margaret Men Li Tseu diplômée des universités, du 15 mars 1425. La loi sur les décès a été décidée par les présidents et approuvée par le sénat le 15 mars 825 avant nous. Je remercie les auditeurs qui me sont fidèles ainsi que les nouveaux inscrits. Sur l’excellence de la langue française J’ai l’habitude de préparer et de lire mes cours en langue française à cause de sa rigueur et de sa précision qui s’impose, comme vous pouvez le constater par traduction sur toutes autres langues anciennes et bien sûr sur notre langue commune. Elle n’a été véritablement pratiquée que pendant peu de temps, deux à trois siècles, et par un petit nombre de personnes, mais elle a entraîné à partir d’un usage unique de chaque mot, une méthode intéressante d’expression et de réflexion. Certains disent que c’est la culture qui précède l’existence d’une langue. Je crois au contraire que c’est le langage qui permet la mise en place d’une culture. Un trait intéressant du caractère de ces gens était leur méfiance de la beauté 15 parce qu’ils considéraient qu’elle est toujours source de confusion comme une musique qui comprend plusieurs sons. Ils ne l’utilisaient que pour en extraire une seule sonorité, un seul terme qui leur paraissait exploitable. Aussi écrivaient-ils en prose plutôt qu’en poésie. C’est pourquoi j’utilise cette langue dont la laideur est plus satisfaisante que de la beauté et propose de meilleures possibilités d’étude. La fin des sociétés libérales Comme la plupart des sociétés anciennes que nous connaissons, la société libérale a été détruite par son succès. Son but était de créer de la richesse et d’en créer de plus en plus, elle était fondée sur un système d’échange entre pays et à l’intérieur de ces pays entre classes sociales. Elle a bien fonctionné tant que les productions de bien ont été inférieures aux besoins, puis elle s’est progressivement détruite à la suite des progrès importants des techniques de production. Les biens produits sont devenus plus importants que les besoins et leur demande à partir du commencement du IIe siècle avant nous jusqu’à notre premier siècle a diminué. Auparavant, des accidents successifs et de plus en plus importants étaient survenus. Les possibilités de produire avaient été chaque fois surestimées par des manipulations monétaires en forme de crédit. D’où des déséquilibres et des troubles qui n’auraient pu être traités que sur un plan mondial. Mais chaque nation investissait séparément pour y remédier plus d’argent qu’il n’y avait eu de crédit. Ces faux remèdes provoquaient de nouvelles accélérations de plus en plus proches d’un cycle définitif entre productions et besoins. Au moment de la dernière de ces crises, la situation était 16
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