feuilletoire commentaires - Page 1 - Racontez votre 10 novembre 1989 C’est dans la nuit du 9 au 10 novembre 1989 que les Allemands abattent le Mur de Berlin , devant les médias internationaux qui répercutent l’événement immédiatement. Symbole du « rideau de fer » qui sépare l’Europe de l’Ouest de l’Europe sous couverture soviétique, le Mur de Berlin marque une étape essentielle dans la construction de l’Europe : liberté de circulation (des idées, des hommes), ouverture des marchés. Mais vous, que faisiez-vous ce jour-là ? Jeune, actif, en voyage, ou en retraite, à peine né(e), rappelez-vous où vous étiez, en quoi cet événement vous a marqué (ou pas), en quoi votre quotidien a été traversé par un des évènements historiques les plus importants du XX° siècle. Racontez-nous votre 10 novembre 1989. La Bibliothèque de Toulouse vous propose une sélection d'ouvrages sur la Chute du Mur de Berlin ,ses conséquences géopolitiques, une sélection de Une des journaux parus en novembre 1989 , une bibliographie , un choix des musiques qui ont accompagné la chute du Mur . 1 Souvenez-vous 22/03/2010 - 20:59 - coconut j'étais à la maison, mon fils avait quelques mois à peine, je ne sais plus comment j'ai appris l'incroyable nouvelle après tant d'années passées de ce côté du mur : la télé ? un journal ? bref en tout cas j'ai allumé la télé. J'ai vu Rostropovitch jouer au dessus des décombres. C'était inimaginable : tout pouvait donc arriver ? Mon fils est donc né sous deux auspices : le bicentenaire de la révolution française (hé oui !) et la chute du mur... Après, les James Bond n'ont plus été pareils... et depuis, d'autres murs ont pris la place... 2 Souvenez-vous 16/01/2010 - 16:56 - Christine Le 10 novembre 2010 J'était en voyage en Inde. Ce matin-là avant de prendre le train pour Agra à la gare de New Delhi, j'ai acheté l'Indian Times. En dernière page j'ai découvert cette nouvelle incroyable de la chute du mur. Juste un entrefilet.... et pas un européen en vue avec qui partager cette incroyable nouvelle ! 3 Souvenez-vous 09/12/2009 - 22:29 - fab (page 1 sur 2) Le 9 novembre au matin je quitte Paris en 4L direction Berlin. Depuis quelques jours j'attendais un plan bagnole pour aller tourner un documentaire sur la culture en Allemagne de l'Est. J'avais vécu en 1988 à Berlin-Ouest et avais eu plusieurs fois l'occasion d'aller pour une après-midi de l'autre côté (drüben) mais sans jamais connaître cet autre pays et ces autres Allemands. Donc ce matin là je partais,excédé que l'on puisse parler de la RDA comme d'un pays du tiers monde, car depuis juillet de nombreux Allemands de l'Est quittaient le pays via la Hongrie, qui avait ouvert ses frontières avec l'Autriche. Le soir, arrivé chez un pote qui m'héberge à Berlin-Ouest, j'écoute France-Inter (radio française présente à Berlin comme l'armée française). J'apprends que le mur vient de s'entrouvrir. Les batteries de ma caméra n'étant pas chargées, je filmerai le lendemain les images de ces Allemands qui se retrouvent. En définitive je filmerai essentiellement des groupes de rock de Berlin-Est, et rentrerai à Paris à la mi-décembre. Le lendemain de "la chute du mur", le journal populiste de Berlin (die B-Z) titrait quelque chose comme "le capitalisme a gagné, le socialisme a perdu", on ne pouvait être plus sincère. Quelques jours après que le mur ait ouvert ses cuisses, les Berlinois de l'Ouest se plaignaient de ces Allemands de l'Est qui surchargeaient les rames de métro. J'ai entendu des choses proches du racisme. Comprenez, ils venaient manger les impôts des bons Allemands de l'Ouest. Eh oui, chaque Allemand de l'Est recevait 100 Marks de l'Ouest à dépenser librement (à l'Ouest). Les Allemands de l'Est étaient reconnaissables à leurs vêtements et à leur coupe de cheveux. Très vite il y aura les surnoms de Wessis (ceux de l'ouest) et de Ossis (ceux de l'Est). Mon film une fois monté, un court-métrage de 20 mn, sera le "portrait" d'un groupe de rock de Berlin, Die Firma, farouchement opposé à l'idée de réunification. Ce sera le seul qui aura un point de vue contraire à cette "évidence" qu'était la réunification. Souvenez-vous 09/12/2009 - 22:29 - fab (page 2 sur 2) 4 Par la suite, je suis revenu vivre à Berlin, cette fois-ci à l'Est, de 1991 à 1994. J'ai vécu avec des Allemands de l'Est, et c'est certain ils n'ont pas grandi avec les mêmes valeurs que ceux de l'Ouest. Je reste persuadé que la plupart qui étaient adultes en 1989 ont beaucoup perdu. Le système politique de la RDA était celui d'une dictature. Mais ce n'était pas le Chili, et beaucoup qui ont voulu voir tomber ce mur voulaient une autre politique en RDA. Mais pas la réunification des 2 Allemagnes. Je ne suis pas le seul à penser qu'il n'y a pas eu réunification mais annexion. Fabrice (Tarn) J'avais 21 ans en 1989 5 Souvenez-vous 27/11/2009 - 18:49 - Isabeille 10 novembre au matin : j'écoute les news à la télé depuis la salle de bains. Et là : le choc. J'y crois même pas ! Je me rue devant l'écran, je regarde les gens fous de joie qui dansent, qui démolissent le mur, je me dis : ils vont leur tirer dessus ! Et puis je réalise : non, c'est bien vrai, c'est fou mais c'est vrai. Je pleure comme une Madeleine... 6 Souvenez-vous 27/11/2009 - 10:27 - Jean Kaczmarek Ma modeste contribution à la chute du Mur de Berlin : http://www.blurb.com/books/878662 Un ouvrage de photos et de textes prises entre le 25 Octobre 1989 et Décembre 1990. Un an de Révolution Tranquille avec tous les clichés de la lente décomposition du Mur de la Honte. 7 Souvenez-vous 14/11/2009 - 16:15 - Jacques Soulé Ce 10 Novembre 1989 j'avais presque 47 ans et je travaillais dans une Organisation Internationale aux Pays-Bas. Inutile de préciser que la chute du mur de Berlin avait une importance fondamentale pour nous car cela allait bouleverser nos relations avec l'Allemagne, mais aussi avec les pays de l' Est. Ceci fut largement commenté et débattu au sein de notre Organisation et, bien avant l'entrée dans l'Europe de la plupart de ces pays de l' Est et de la réunification de l'Allemagne, nous avons ouvert les portes et fait en sorte que ces pays puissent adhérer à notre Organisation Internationale. Mais personnellement j'ai aussitôt pensé à tous ces gens de la révolte Hongroise ou du Printemps de Prague morts pour s'être opposé au régime communiste et à la dictature. J'ai revu depuis les stigmates des tirs militaires Russes encore visibles sur les murs de Budapest. Je me rends encore souvent à Prague et mon premier geste a été de déposer une rose à l'endroit où Jan Palach s'est fait brûler vif en 1969; j'étais encore étudiant et cela est toujours resté gravé dans ma mémoire comme le symbole tragique d'une soif de liberté qui ne pouvait trouver une issue que dans la mort. Coïncidence, je devais me rendre à Berlin Ouest pour une réunion dans les jours qui ont suivi la chute du mur. J'ai donc vécu presque en temps réel cette chute, j'y ai même participé en cassant au marteau, prêté par l'un des protagonistes Allemand, des bouts de mur remplis de graffitis. Quelle émotion et quel souvenir d'avoir été un modeste acteur de l'histoire en marche, et de pouvoir offrir à mes deux enfants, alors âgés de 12 et 15 ans, un symbole matériel de cette liberté si chèrement revendiquée au travers d'éclats de pierre colorées. Mais que ce mur était solide et dur à casser!!!! A l'image de tant d'années qui ont précédé sa chute. J'ai aussi pu mesurer la joie de familles reconstruites ou d'amants retrouvés. Mais aussi la détresse des militaires Russes, qui ne percevaient plus leur solde et qui vendaient leur uniforme militaire pour un peu d'argent, ou encore ces immeubles délabrés, aux murs sales où les ascenseurs ne fonctionnaient plus et le souhait de sociétés de l'Allemagne de l'est de pouvoir enfin faire négoce avec leur ancien compatriotes et pays de l'' Ouest . Que d'épreuves inutiles dictées par des hommes politiques au service de leur propre cause ou d'idéologie. Y en a-t-il d'autres? Un mur peut en cacher un autre........ 8 Souvenez-vous 13/11/2009 - 12:06 - Isabelle Rien de précis ne me revient sur cette nuit si datée , et sur ses lendemains. Pas d'événement précis du quotidien m'aidant à ancrer ce moment d'Histoire dans mon histoire. Des sentiments, des sensations évidemment. Et pourtant. J'étais alors étudiante en histoire contemporaine à Paris X Nanterre. Et mes pas me dirigeaient chaque matin ou presque vers les Archives nationales, à proximité du quartier du Marais. Je n'étais pas à Berlin pour tendre la main aux Berlinois de l'Est. Je suis passée d'une évidence inscrite dans les manuels - un mur séparant des familles, des amis, une ville, un pays, un continent, à une autre révélée par les médias : le mur tombait. J'ai continué de me rendre aux Archives mais sachant que la force de milliers d'individus réunis et animés d'une même envie de liberté avait pris le pas sur celle de l'Histoire. De cela , je sais encore aujourd'hui que je me réjouissais. 9 Souvenez-vous 09/11/2009 - 16:22 - Marc Petitprez J'avais 33 ans. Le 9 au soir, je suis en train d'acheter du café chez un torrefacteur - c'est dans cette boutique, à travers le flash spécial de France Inter que j'apprends que le mur est ouvert. Avec le sentiment profond de l'Histoire en marche. Pas de surprise, car depuis des mois déjà, tout bouge à l'est; et l'été avait vu des milliers d'allemands passer à l'ouest via la frontière hongroise désormais ouverte. Pas de joie non plus, car la fin du mur dans le contexte du néolibéralisme de Reagan, Bush et Thatcher signifie immédiatement pour moi que ce système là va balayer tout sur son passage - et que plusieurs décennies de capitalisme sans frein sont devant nous. Nous y sommes... 10
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