Poursuite n°40 - Page 1 - Poursuite n°40 de l'Atelier à spectacle, la scène conventionnée de Dreux agglomération janvier 2012N°40 CharlElie, Fort rêveur édito Je disais : amplifions et… Depuis plusieurs années, nous sentons un profond changement dans l’évolution des pratiques cultu- relles et notamment celle des musiques. Malgré la loi n° 92-1444 du 31 décembre 1992 relative à la lutte contre le bruit et le décret n° 98-1143 du 15 décembre 1998 relatif aux prescriptions appli- cables aux établissements ou locaux recevant du public et diffusant à titre habituel de la musique amplifiée, il y a encore une différence d’apprécia- tion de la diffusion sonore. Entre une amplification jugée forte et un dépas- sement de la législation, il y a de nombreuses sources de dissension entre les publics. Entre des artistes qui privilégient une amplifica- tion élevée et un public soucieux d’un réel confort d’écoute, il y a parfois des conflits d’intérêts. L’Atelier à spectacle n’échappe pas à ces difficultés et les concerts de Bashung ou de David Krakauer sont restés dans la mémoire des habitués comme celui des Têtes Raides du 9 décembre dernier qui a été différemment perçu par notre public. Un concert très attendu, pas plus de neuf cent spectateurs, mais qui a produit des réactions très diverses qu’il est difficile d’ignorer ou de repousser, mais sans pouvoir tout justifier. Effectivement, nous avons tous constaté que le niveau sonore était anormalement élevé durant les deux heures de concert et certains spectateurs se sont retrouvés piégés par une sonorisation ina- déquate pour ce type de spectacle, dans ce genre de lieu et surtout devant notre public. La réglementation a bien été respectée, le seuil des 105db n’a pas été atteint et même si nous avons alerté assez rapidement la production du spectacle, la gestion du son et le mixage étaient entre les mains de l’équipe des Têtes Raides et de son ingénieur du son. Notre responsabilité est importante mais nos moyens sont assez limités, le travail est aussi à faire sur le plan de la profession en accompa- gnant mieux les formations des artistes et tech- niciens et en les sensibilisant sur les problèmes de santé publique. L’Atelier à spectacle participe au côté de AGI- SON* à la mobilisation de la profession et met à disposition du public des bouchons, comme protections auditives en mousse qui sont en libre distribution et ainsi… …réduisons les nuisances sonores. Les actualités de l’Atelier Les brèves Coup de projecteur Hala Ghosn et Apprivoiser la Panthère Dossier CharlElie Fort Rêveur Coup de jeune Ocean Wild, les gagnants 2011 des Deuxièmes Pressions Les Becs Bien Zen, parole de chanteurs MagaZIN Les invitations sommaire * Association dont le but est d’AGIr pour une bonne gestion SONnor. Les actualités de la saison Premières lignes, l’échangeur artistique est un projet initié par l’Atelier à spectacle. C’est un espace de rencontres et d’échanges entre les équipes artistiques et les partenaires culturels qui a pour but le décloisonnement des réseaux et l’accom- pagnement de la production artistique. Premières Lignes se déroule les 24 et 25 janvier. Cette troisième édition accueille 18 projets artistiques pluridisciplinaires en chantier. Le mercredi matin sera consacré au débat : « Quel avenir pour la ressource et l’accompagnement ? ». Après un appel à projet, quarante-huit dossiers venant de quinze régions françaises sont passés entre les mains des onze membres des comités de sélection. Dix- huit compagnies et artistes ont reçu le sésame pour présenter leur projet de création sur la scène de l’Atelier à spectacle devant un parterre de professionnels issus de la région Centre mais aussi de ses régions voisines : l’Île-de-France et la Haute-Normandie. De ces journées, l’Atelier à spectacle choisira un ou deux projets à coproduire. Ainsi, les équipes artistiques nommées feront partie de la programmation 2012-2013 ! Il est possible d’assister librement aux Premières Lignes, mais aussi de voir les pré- sentations des chantiers sur Internet (toutes les informations sur : www.latelier-a-spectacle.com) troisième édition Les actualités de la saison Qui veut un MagaZIN dans sa commune ?! L’expérience de la Tournée commune(s) (projet commun aux équipe- ments culturels de Dreux agglomération) en programmant des actions culturelles dans des communes de Dreux agglomération a donné envie à l’Atelier à spectacle de délocaliser le MagaZIN. Ce rendez-vous très par- ticulier est un moment où le public rencontre des artistes en résidence, une œuvre… et discute autour d’un verre. Sous forme d’une émission de radio, le micro du MagaZIN laisse la parole aux comédiens de la troupe, à la Chorale et aux musiciens du MagaZin… et au public. Ainsi, après le Boullay-Thierry, Sainte-Gemme-Moronval et Vert-en- Drouais, quelle sera la prochaine commune de Dreux agglomération à accueillir le MagaZIN, le lundi 12 mars, à 20h30 ? Avis aux intéressés : contactez l’Atelier à spectacle au 02 37 42 60 18 Premières Pressions, la scène aux amateurs repart sur les chapeaux de roues ! Deux dates de ce premier trimestre 2012 ont trouvé preneurs. Les premiers, à se lancer sur la scène du Séchoir, sont The Outsiders le mercredi 11 janvier à 16h. Ce duo ins- trumental (guitare et batterie) composé de Fathi Saadi et de Stéphane Loiselle, deux étudiants drouais, propose des composi- tions et des reprises au son puissant tout droit sorti des univers heavy métal et trash métal. Le mercredi 21 mars, à 16h, les Premières Pressions accueillent une classe inscrite à Premières Places, la classe culturelle. Iffra Dia (danseur, chorégraphe) et la classe de troisième -option théâtre animée par Florence Barikovsky- du Collège Taugourdeau investiront la scène pour restituer une pièce dansée, créée autour des textes de Samuel Benchetrit. Iffra Dia s’est greffé à cette option théâtre pour 20h d’atelier danse. En première partie, Florence Barikovsky (comédienne et metteure en scène) présentera un moment de théâtre avec cette même classe. L’entrée est libre. N’hésitez à le dire à vos voisins, amis… ! De plus, les artistes amateurs de 15 à 25 ans sont les bienvenues à l’Atelier à spec- tacle pour réaliser leur Premières Pressions ! (Renseignement et inscription auprès de Catherine : 02 37 42 64 78 – catherine.robinet@latelier-a-spectacle.com) PremièresPressions2012, c’est reparti ! Un restaurant à l’Atelier à spectacle L’Atelier à spectacle étudie la possibilité d’ac- cueillir un restaurateur tout les midis et soirs. Quelques travaux et réglages seront réalisés courant 2012. Affaire à suivre ! Un nouveau Séchoir pour 2012 Le gradin grinçant et les sièges en plastique froid vont disparaître pour laisser la place à un gradin amovible avec des sièges moelleux, de couleur noire comme ceux de l’Atelier. Pour plus de confort, moins de bruit en cas de déplacements et surtout, la possibilité de moduler la salle, voilà les avantages du nouveau Séchoir ! Stéphane Maillot en résidence à l’Atelier Stéphane Maillot est venu une première fois en juin dernier pour fêter la fin de saison. Accompagné de ses musiciens, il avait entonné ses chansons décalées sur l’actualité. C’est dans le cadre d’une résidence pour finaliser son spectacle, qu’il vient du 6 au 8 février 2012. Une restitution publique est programmée le mercredi 8 février 2012 à 15h. L’entrée libre et gratuite. brèves ? Coup de projecteur Neuf acteurs sur scène, oscillant entre l’absurde et le tragique, nous ra- content une histoire vraie, et abordent franchement la notion d’identité, sur les passions qu’elle suscite, sur ses dé- rives meurtrières. Apprivoiser la pan- thère est une inspiration « large de la réalité » et librement adapté de l’essai d’Amin Maalouf, Les identités meur- trières. La question de l’identité est récurrente chez Hala Ghosn, auteure et metteure en scène du Collectif La Poursuite – Makizart. Elle interroge la genèse des replis communautaires et des guerres identitaires. Une perfor- mance d’acteurs, un rythme très en- levé, un texte percutant et beaucoup d’humour ! Comment apprivoiser En tant que franco-libanais, Amin Maa- louf, ce passionné d’Histoire, s’interroge sur la notion d’identité en partant d’une donnée apparemment simple : « Nous sommes tous composés de multiples iden- tités, mais dès que l’une d’entre elles est menacée, nous pouvons, pour la défendre, aller jusqu’à la guerre. » Il tente d’analyser les mécanismes qui conduisent à la haine. Il dresse un panel des conflits contempo- rains, en décrypte les origines à travers l’Histoire, et ouvre des pistes pour tenter de les désamorcer. « Chacun d’entre nous devrait être encouragé à assumer sa propre diversité » écrit-il, « à concevoir son iden- tité comme étant la somme de ses diverses appartenances, au lieu de la confondre avec une seule, érigée en appartenance suprême et en instrument d’exclusion, par- fois en instrument de guerre ». Cette création déploie sur scène des sujets polémiques, voir tabous. On traverse le pas- sé nazi de l’Allemagne à travers une jeune berlinoise à la généalogie chargée ; le sujet brûlant de l’islam en France et de l’intégra- tion des immigrés musulmans, sans épar- gner la question israélo-arabe… Aux scènes difficiles succèdent des moments légers et comiques. Des portraits individuels al- ternent avec des tableaux symboliques, évocations des troubles et conséquences des conflits identitaires contemporains. L’objectif est de guetter la « panthère » que nous abritons pour l’empêcher de nous submerger afin de « l’apprivoiser ». notre Panthère Coup de projecteur «« Il ne s’agit pas d’écrire du théâtre « en- gagé » mais de porter sur scène des pro- blématiques contemporaines » telle est sa définition de son métier. Hala Ghosn explique que : « mon souci est de le faire avec assez de légèreté et de détachement pour créer des situations absurdes et drôles. À travers l’humour, il s’agit d’interroger ce qui nous bouscule profondément. Avec Apprivoiser la Pan- thère, nous cherchons à décortiquer et à faire vivre les mécanismes qui conduisent à de telles guerres. Nous le faisons en écri- vant sur le fil tendu qui sépare la dérision du tragique. Je veux toucher au plus près les contradictions humaines. Que le public, mis en face de paradoxes éclatants, s’ap- proche de sa part d’ombre. Qu’il s’interroge sur les limites de sa propre tolérance ». Hala Ghosnportrait d’une jeune auteure et metteure en scène Hala Ghosn poursuit, dans cette cinquième mise en scène, son engagement dans un théâtre social et culturel. Elle est très jeune quand ses parents quittent le Liban déchiré par la guerre civile. Elle grandit entre les Antilles et Ménilmontant (Paris). Sa for- mation, elle l’a faite à l’Atelier Internatio- nal de Théâtre à Paris puis à l’Académie du théâtre de l’Union (CDN du Limousin). En 2000, elle fonde avec Jean-François Siré- rol, Hélène Bosch, Maréva Carassou, Hé- lène Arnault et Jalie Barcilon, le collectif La Poursuite, compagnie théâtrale de Haute- Normandie. Et en 2008, elle fonde la com- pagnie Makizart, basée dans le Limousin. Sur les plateaux de Hala Ghosn, l’équipe est internationale. La compagnie traite de thèmes actuels et si l’on est invité à réflé- chir, c’est toujours avec humour et vitalité. La compagnie La compagnie La Poursuite - Makizart est un collectif d’artistes qui regroupe des auteurs, metteurs en scène, comé- diens, marionnettistes et musiciens. Ce collectif est pour un théâtre populaire et exigeant, dans lequel chaque acteur du projet est réellement créateur, afin que chacun puisse témoigner de la fabrique créative. Leur écriture se veut vivante, écho du travail de plateau et en réaction à l’actualité. Apprivoiser la panthère a été le coup de cœur des Nuits Carrées au Off d’Avignon 2010. Spectacles de la compagnie Apprivoiser La Panthère, Just Like a Woman, À la Folie (création 2012), Bey- routh Adrénaline, Festival Moulins à Paroles, Viens voir dans ma tête c’est pas rangé (création 2012), Les Primitifs (création 2013). Dossier CharlElieartiste emblématique du courant multiste CharlElie sera sur la scène de l’Atelier à spectacle le vendredi 30 mars. Ce rendez-vous repré- sente l’opportunité d’entrer dans l’univers d’un personnage qui ne se contente pas de mar- quer la chanson rock française de sa griffe mais cultive éga- lement avec un esprit toujours novateur l’expression artistique au sens du large du terme. Naissance à Nancy Le nom même de Charlélie Couture représente toute la diversité d’un homme hors du commun. Son nom d’artiste, CharlElie, est tout simple- ment issu de l’état civil de ce dernier, à savoir Bertrand Charles Elie Couture. Son père Jean-Pierre Couture, initia- lement professeur des Beaux Arts, a exercé ensuite les fonctions d’anti- quaire et de décorateur à Nancy ; il se marie à Odette Michel, professeur de français aux États-Unis. Et le 26 février 1956 à Nancy, naissait CharlElie. La famille s’agrandit avec les naissances de Jean-Thomas, plus connu sous le pseudonyme de Tom Novembre, et de Sophie. CharlElie acquiert ses bases théoriques à l’école Nationale Supé- rieure des Beaux Arts. Cette forma- tion et peut-être plus encore, son environnement familial, l’amènent tout naturellement à se diriger vers une forme d’expression aux multiples facettes. CharlElie s’engage dans une démarche qu’il qualifie lui-même d’art total. L’artiste emprunte des Dossier terrains d’investigation en apparence différents. CharlElie artiste emblématique L’écriture, l’image et le son consti- tuent autant de formes d’expression propices à traduire toute la richesse de… Ce courant est qualifié de mul- tiste… Cette démarche se concré- tise dès 1978, où, la soutenance de sa fin d’études aux Beaux Arts, lui donne l’opportunité de présenter des textes, des photos et des pein- tures. Ces trois volets de l’expression étaient ainsi ouverts et représentent aujourd’hui encore l’identité d’un artiste emblématique de l’expres- sion multiste. Dossier Cette même année 1978, CharlElie écrit le Manifeste de l’art Rock, où il déclare notamment : « l’Art doit faire la jonction entre le fonction- nalisme de la société industrielle et les aspirations de la culture pop ». En 1981, CharlElie connait la reconnais- sance du grand public avec son pre- mier disque Poèmes Rock, enregistré à New York. Mais c’est dans sa ville natale de Nancy, qu’il crée le groupe « Local à louer ». Celui-ci associe peintres, poètes et photographes. De Nancy à New YorkSon premier disque Poèmes Rock, enregistré en 1981 à New York, concrétise la démarche de CharlElie et le fait connaître du grand public. La carrière de l’artiste est lancée et celui-ci n’aura de cesse de rester fi- dèle à sa personnalité qui le conduit spontanément et avec brio au travers de la musique, l’écriture et les arts plastiques. CharlElie s’approprie les nouvelles technologies liées au déve- loppement d’Internet. Dès 1996, son site Les champs paraboliques consti- tue pour lui un champ d’investigation idéal pour exprimer toute sa verve créatrice. Artiste de scène et compo- siteur, CharlElie compte 23 albums à son actif. Celui-ci signe également quelques dix-sept bandes originales des films, dont celle de Tchao Pantin. En 2004, CharlElie part pour New- York où il trouve les conditions idéales pour s’exprimer en toute liberté au travers de la peinture, du dessin et de la photographie. Retour à l’expression musicale L’année 2011, marque le retour sur scène de CharlElie avec son album intitulé Fort Rêveur. Ce titre est ré- solument marqué par un retour à la musique rock. Le trio guitare, basse et clavier est propice à traduire le tumulte de la mégapole New-Yor- kaise. C’est une véritable immersion dans des quartiers aussi différents que sont le Bronx, Harlem ou encore Greenwich Village que nous convie l’artiste. A propos de cette dernière produc- tion musicale, CharlElie déclare :
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