cat09 - Page 1 - Catalogue de la 48e Semaine de la Critique - Cannes 2009 48 Semaine de la Critique e LE NOUVEAU SOUFFLE DU CINÉMA A BREATH OF FRESH AIR Cannes du 14 au 22 mai 2009 à Paris 17, rue des Jeûneurs 75002 Paris, France Tél. 33 (0)1 45 08 14 54 Fax 33 (0)1 45 08 14 55 contact@semainedelacritique.com www.semainedelacritique.com à Cannes Palais des Festivals 5e étage – côté port Tél. 33 (0)4 92 99 83 94 Fax 33 (0)4 92 99 83 93 Syndicat Français de la Critique de Cinéma et des films de télévision Le SFCC est une association qui compte aujourd’hui 250 membres, écrivains et journalistes. Le Syndicat se donne pour mission de garantir la liberté d’expression et de défendre la création cinématographique à travers différents événements tout au long de l’année. Le SFCC organise depuis 1962 la Semaine de la Critique et remet chaque année à Paris les Prix de la Critique aux meilleurs films de cinéma et de télévision, DVDs ainsi qu’aux meilleurs ouvrages sur le cinéma de l’année. The French Union of Film Critics is an association composed of 250 members, including writers and journalists. Its mission is to guarantee freedom of speech and defend film creativity in all its forms, through various events all year round. The French Union of Film Critics has been organizing la Semaine de la Critique ever since 1962. Every year in Paris, the French Union of Film Critics also attributes the Film Critics’Awards to the best films, DVDs and best books about film of the year. Le Conseil Syndical PRÉSIDENT Jean-Jacques Bernard à Cannes SECRÉTAIRE GÉNÉRALE ADJOINTE Isabelle Danel PRÉSIDENTS D’HONNEUR Jean-Claude Romer et Jacques Zimmer TRÉSORIER Jean-Paul Combe Palais des Festivals 5e étage - côté port tél. 33 (0)4 92 99 83 94 fax 33 (0)4 92 99 83 93 VICE-PRÉSIDENTS Danièle Heymann et Pierre Murat MEMBRES DU CONSEIL Yves Alion, Jean-Christophe Berjon, Christian Bosséno, Michel Ciment, Claire Clouzot, Matthieu Darras, Bernard Hunin, Gérard Lenne et Philippe Rouyer. à Paris 17, rue des Jeûneurs 75002 Paris - France tél. 33 (0)1 45 08 14 54 fax 33 (0)1 45 08 14 55 m.dubois@semainedelacritique.com www.syndicatdelacritique.com SECRÉTAIRE GÉNÉRAL Patrice Carré Prix de la Critique 2008 Chaque année, le Syndicat décerne, à Paris, des prix de la Critique. Le 16 février 2009, en plus des quatre prix cinématographiques, des deux prix de télévision, des trois prix DVD ainsi que des trois prix littéraires distinguant des ouvrages sur le cinéma, le Syndicat a décidé d’attribuer un nouveau prix – « Un prix que seule la critique pouvait décerner* » - celui du Prix du film singulier francophone. Every year, the French Union of Film Critics attributes in Paris the Film Critics’Awards. On February 16th 2009, besides the four awards for best films, the two awards for best television films, the three awards for best DVD and the three awards honoring best books about cinema, the Union has decided to create a new award for the best “Peculiar Film” - "An Award that only Film Critics could attribute*". MEILLEUR FILM FRANÇAIS Les Plages d’Agnès d’Agnès Varda MEILLEURE FICTION DE TÉLÉVISION Maman est folle de Jean-Pierre Améris (diffusion France 3) MEILLEUR LIVRE FRANÇAIS SUR LE CINÉMA Amis américains de Bertrand Tavernier Éditions Institut Lumière/Actes SUD MEILLEUR FILM ÉTRANGER There Will Be Blood de Paul Thomas Anderson MEILLEUR DOCUMENTAIRE DE TÉLÉVISION Elle s’appelle Sabine de Sandrine Bonnaire (diffusion France 3) MEILLEUR LIVRE ÉTRANGER SUR LE CINÉMA AL PACINO de Lawrence Grobel traduit de l’anglais par Nicolas Richard Éditions Sonatine MEILLEUR PREMIER FILM FRANÇAIS Elle s’appelle Sabine de Sandrine Bonnaire MEILLEUR DVD Cinéastes à tout prix de Frédéric Sojcher Éditions Imagine MEILLEUR ALBUM SUR LE CINÉMA Jean Pierre et Luc Dardenne sous la direction de Jacqueline Aubenas Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel de la Communauté française de Belgique, Le Centre Wallonie Bruxelles International et les Editions Luc Pire MEILLEUR COURT MÉTRAGE FRANÇAIS Les Miettes de Pierre Pinaud MEILLEUR COFFRET DVD Michel Deville Éditions Gaumont Vidéo « FILM SINGULIER FRANCOPHONE » Je veux voir de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige MEILLEUR DVD PATRIMOINE Les Révoltes de l’an 2000 de Narciso Ibáñez Serrador Éditions Wild Side Vidéo 2 * Jean-Jacques Bernard Éditorial Nouveau logo, nouveau souffle Deux, un, zéro… Ca y est, l'ultime décompte des trois derniers chiffres est lancé avant le Cinquantenaire de notre Semaine en 2011. Déjà, sur notre affiche, nous avons la tête en plein vent. A moins qu'en y regardant mieux, ce soit le monde qui aille à l'envers… De fait, une révolution copernicienne semble bien être en marche. Reste à savoir laquelle. Pour l'heure et pour rassembler nos énergies dans un univers communiquant de plus en plus virtuel et instable, nous cédons à l'empire du logo… La chose est à contempler dans notre salle du Miramar avant chaque film de la Semaine. Du fond d'une galaxie étoilée apparaissent deux "C", comme Critique de Cinéma, qui s'ouvrent bientôt en iris. Dans la profusion, ils tentent de discerner les œuvres nouvelles. Ce qui est rien moins que notre métier. Ainsi frappée d'un bel écusson, la critique voudrait-elle marcher au pas, tel un petit soldat contre toutes les autres marques ?... A coup sûr, non. Résistante par nature aux pensées uniformes, elle restera multiple, variée, ouverte et faite d'électrons libres. En cela, mieux vaut voir ce nouvel emblème comme Chaplin voyait l'oriflamme de son Dictateur : avec une ironie sereine. Mais néanmoins rassembleuse. Lorsque tous les médias traditionnels s'effritent. Lorsqu'un juste regard sur le cinéma se voit toujours plus fractionné par la cohue promotionnelle, le babillage anecdotique, voire par une totale indifférence, il n'est pas inutile qu'un petit chiffon marqué "critique" s'agite dans la mêlée. Un petit chiffon rouge, bleu ou de tout autre couleur. Mais qui évite le blanc de la reddition. Nous avons en effet à manifester l'acte de critiquer comme un droit, comme un devoir et comme une profession. Et cela, quels ques soient les supports de l'exercice... Nouveau logo, nouveau site, nouveau souffle, le Syndicat Français de la Critique organise et promeut cette 48e édition avec d'autant plus de cœur à l'ouvrage que l'ultime compte à rebours a démarré d'un demi-siècle de Semaine. La découverte et le soutien au jeune cinéma de partout n'ont jamais été plus adultes et convaincus d'être utiles. Bienvenue à tous pour la Semaine. A new logo, a breath of fresh air Two, one, zero…This is it, the final countdown of the last three numbers has started before the 50th edition of our Semaine de la Critique in 2011. On our poster, we already are taking a big breath of fresh air . But if we look more carefully, it might just be that the world is turning upside down. As a matter of fact, a Copernican revolution seems to be getting started. We just need to find out which one. For now and in order to bring our energies together in a more and more virtual and unstable communicating environment, we are giving in to the “logo empire”…You can admire it at the Miramar, before each screening of la Semaine. Deep in the heart of a galaxy, two “C” appear – for Critics and Cinema – that soon open up like an iris. In the profusion, they are trying to distinguish new films; which is nothing else than our job. Arrayed with its new emblem, do Critics want to troop, like toy soldiers, against the other brands? Certainly not. Resilient by nature to all kind of uniform thoughts, they will remain multiple, various, open and made of free electrons. So, we better see this new emblem the way Chaplin saw the banner of his Dictator : with a serene irony; but nonetheless rallying. When all the traditional medias crumble, when a fair look on films becomes more and more corrupted by an effervescent marketing, an anecdotal babbling, or even by a total indifference, it is not useless that one would wave, in the middle of the scrum, a little rag with the word “Critics” on it. A little rag, red, blue or any other color; as long as we avoid the white of surrender. We indeed have to promote the act of criticize like a right, a duty, a profession. Whatever supports we are using. New logo, new website, new breath, the French Union of Film Critics organizes and promotes this 48th edition with even bigger will considering that the countdown to a 50th Semaine de la Critique has started. The discovery and support of young cinema from all around the world have never been so mature and convinced of their own utility. Welcome everyone to this Semaine de la Critique. Jean-Jacques Bernard Président du Syndicat Français de la Critique de Cinéma President of the French Union of Film Critics 3 L’équipe de la Semaine de la Critique The team of La Semaine de la Critique Délégué général | Artistic Director Jean-Christophe Berjon Coordination générale | Program Manager Rémi Bonhomme assisté de Coordination de la (Toute) Jeune Critique | Coordination of (Very) Young Critic Julia Lowy Henri Lajous Frederic Jaeger Sandie Ruchon Comité de sélection | Selection Committee Matthieu Darras Pierre-Simon Gutman Alex Masson Léo Soesanto Avec la collaboration de Sophie Grassin Administration générale | Administration Marion Dubois-Daras assistée de Photographe | Photographer Chloé Nicosia Laurent Fontaine-Czaczkes Commission court métrage | Short films commission Bernard Payen - Coordinateur Francis Gavelle Joséphine Lebard Communication Anaïs Couette assistée de Archives audiovisuelles | Audiovisual archives Cédric Bourgeois Floriane L'Heureux Site Internet | Website Click Busters Valérian Loheac Alyette de Sainte Marie Correspondants à l’étranger | Foreign Advisor AFRIQUE Bureau et régie des films | Films department and print traffic Hélène Auclaire assistée de Olivier Barlet ALLEMAGNE Sandie Fabre Juliette Rime Graphiste | Graphic Designer Caroline Rimbault Rüdiger Suchsland BRÉSIL Beth Sa Freire EUROPE INDE DE L’EST Attachée de presse | Press Agent Dany de Seille assistée de Cristina Hoffman Premendra Mazumder ITALIE Affiche | Poster Les Bons Faiseurs Photo Matthieu Deluc Modèle | Model Chloé François Retouches La Souris sur le Gâteau Julie Marnay Vittoria Matarrese JAPON Régie à Cannes | Production in Cannes George Ikdais Valérie Dhiver TURQUIE Kerem Ayan Accueil Miramar | Reception Desk Hannah Atchinston Christine Dello Buono Molly Devane Madeline Giles Film annonce | Trailer Les Bons Faiseurs Réalisation | Directed by Jérémy Clapin Animation 3D Jean-François Sarazin (Vanilla Seed) Musique | Music Loïc Benart (Press Play on Tape) 4 Éditorial Confirmations La mission de la Semaine de la Critique est très précise : faire découvrir des cinéastes débutants et soutenir des œuvres exigeantes et fragiles. Et ce n’est pas simple de faire exister de tels films dans le tohu-bohu cannois !... Alors pour se faire entendre, la Semaine a pris l’habitude de concentrer ses efforts sur peu de films. Pour pouvoir offrir à nos films une visibilité encore accrue, nous avons décidé, cette année, de réduire à dix le nombre de longs métrages sélectionnés, limitant ainsi à trois les films présentés en dehors de notre sacrosainte compétition de 7 jours / 7 films. Nous pensons pouvoir mieux les protéger ainsi, mieux les accompagner. Effet corollaire : avec un nombre de films aussi restreint, la Semaine confirme plus que jamais qu’elle est la section cannoise la plus sélective. Pour constituer cette sélection de 10 films, près de 900 longs métrages ont été vus durant l’année ! Chiffres comparables pour les courts métrages... Il nous a donc fallu devenir plus draconiens que jamais. Vous noterez dans cette édition 2009 un très fort pourcentage de premiers longs métrages. Il ne s’agit que d’un concours de circonstances et la Semaine ne renonce aucunement à soutenir les jeunes cinéastes dans leur deuxième film. Vous constaterez également, en marge de notre compétition de sept courts métrages, une présence renforcée des courts et des moyens métrages, notamment mis à l’honneur lors de la soirée de clôture. Et puis, merci à Juan Carlos Fresnadillo et Juan Antonio Bayona pour leur chaleureuse présence. Magnifiques ambassadeurs du si talentueux cinéma de genre espagnol (et cinéastes révélés à la Semaine, le premier avec Intacto et le second avec L’Orphelinat), ils sont les tout jeunes Parrains de cette Semaine 2009. En leur honneur, nous présenterons le premier long métrage du petit dernier de la “famille”, Gabe Ibáñez (déjà auteur d’un court métrage très remarqué, Máquina). Une nouvelle façon d’affirmer l’attachement de la Semaine aux films de genre. Tout comme la projection de Lascars, 37 ans après celle de Fritz the Cat, confirmera notre passion pour l’animation pour adultes et pour l’humour provocateur. Bonne Semaine 2009 ! Confirmations The mission of La Semaine de la Critique is very specific: to help discovering novice directors and support works both demanding and fragile. And it is not simple to promote such films during the crazy confusion of Cannes! ... In order to stand out from the crowd, La Semaine has been used to focus its efforts onto a few films. To give our films more visibility, we have decided this year to limit to 10 the number of selected feature films, reducing the films presented outside our sacrosanct 7 days / 7 films competition. We think that we can protect and support them better this way. Collateral effect: with such a tightened selection, La Semaine asserts itself as the most selective section of the Cannes Film Festival. Out of the 900 feature films we watched during the year, only 10 features have been selected! And it is about the same for short films…. We therefore had to become more drastic than ever. The 2009 edition marks a high percentage of first feature films. This is only a combination of circumstances and La Semaine does not give up on supporting young directors in their second feature film. You will also note that, beside our competition of seven short films, there is a large and reinforced presence of short and medium length films, honored especially during the closing night. Finally, we would like to thank Juan Carlos Fresnadillo and Juan Antonio Bayona for their warming presence. Wonderful ambassadors of the gifted Spanish genre cinema (and directors revealed by La Semaine, the first one with Intacto and the second one with The Orphanage), they are the young godfathers of La Semaine 2009. In their honor, we will present the first feature film of the youngest member of this « family », Gabe Ibáñez (author of the noticed short film Máquina). A new way to confirm La Semaine’s attraction for genre films. Just like the special screening of Round da Way, 37 years after Fritz the Cat, will confirm our passion for “adults” animation and provocative humor. Have a good 2009 Semaine! Jean-Christophe Berjon Délégué Général Artistic Director 5 Éditorial Une nécessité intérieure On parle rarement de ce sentiment étrange, proche du sentiment amical ou amoureux, qui nous saisit lorsqu’on choisit avec conviction un film, quand on s’engage, quand on parie sur un(e) cinéaste dont l’œuvre est à construire. Cela doit être une évidence. « Parce que c’était lui (elle, eux) et parce que c’était moi (nous) », pour paraphraser l’écrasante citation de Montaigne. C’est ce que nous nous sommes dit par exemple en découvrant les films légers et mélancoliques (Elo et Espalhadas pelo Ar) de la jeune cinéaste brésilienne Vera Egito, dont nous présenterons les deux premières œuvres en tout début et en toute fin de cette Semaine. Lorsqu’arrive l’heure des choix, toujours difficiles, chacun affirme sa volonté de « porter » tel ou tel film, chacun se sent empli d’une nécessité intérieure que j’espère proche de celle qui a prévalu à la réalisation de l’œuvre. Cet élan partagé me semble être une fois encore le premier point commun des films sélectionnés cette année, qu’ils soient ou non en compétition. Des films de nature et de style toujours différents, des cinéastes affirmant avec singularité leur manière de voir un monde en pleine effervescence. Cordell Barker transpose une lutte des classes intemporelle dans un train fou (Runaway) et le collectif H5 invente un monde virtuel entièrement composé de marques publicitaires que guette un tremblement de terre (Logorama) : la crise économique est passée par là ! Raconter le monde, c’est aussi éprouver les plaies intimes d’un conflit serbo-croate toujours présent en mémoire (Tulum de Dalibor Matanic), relater avec justesse les angoisses de jeunes filles en plein apprentissage (C’est gratuit pour les filles de Claire Burger et Marie Amachoukeli) ou les rêves aventuriers d’un jeune adolescent (La Baie du renard de Grégoire Colin). Mais c’est aussi narrer avec âpreté la complexité des relations entre un père et son fils (Together d’Eike Bettinga), évoquer les fluctuations du désir amoureux et sexuel sur un mode burlesque (Seeds of the Fall de Patrik Eklund) ou sensitif (Faiblesses de Nicolas Giraud, 6 Hours de MOON Seong-hyeok), tenter de percer le mystère des âmes humaines au cœur de nuits sanglantes (Noche adentro de Pablo Lamar, 1989 de Camilo Matíz). An inner duty We rarely speak about this odd feeling, close to friendship or love, that captures us when we choose a film with conviction, when we commit ourselves, when we bet on a director whose work is yet to be built. It has to be an evidence. “Because it was him (her, them), because it was me (us)” to paraphrase Montaigne’s eloquent quotation. This is what we thought while discovering for example the light and melancholic films Elo and Espalhadas pelo ar by the young Bresilian director Vera Egito. Her films will be opening and closing (Awards Ceremony) this Semaine de la Critique. When comes the time of difficult choices, everyone one affirms his will to “support” a film in particular, every one feels like he has an inner duty, similar I hope to the one that initiates directing films in the first place. This shared enthusiasm seems to be for me, the first common point of the films selected this year, whether they are in competition or not. Films of different nature and form, directors asserting with singularity the way they see a world in effervescence. Cordell Baker transposes a timeless class struggle in a crazy train (Runaway) and the group H5 invents a virtual world built only with logotypes and threatened by an earthquake (Logorama): the recession has been there! To tell how the world is, is also to feel the secret wound of a Serbo-Croatian conflict still fresh in memory (Tulum by Dalibor Matanic), to fairly recount the fears of young girls learning about life (C’est gratuit pour les filles by Marie Amachoukeli & Claire Burger) or the adventurous dreams of a teenager (La Baie du renard by Grégoire Colin). To tell how the world is, is also to narrate with harshness the complexity of a father-son relationship (Together by Eike Bettinga), to mention the variations of love and sexual desire in a burlesque way (Seeds of the Fall by Patrik Eklund) or in a sensitive way (Faiblesses by Nicolas Giraud, 6 Hours by MOON Seong-hyeok), to try to uncover the mystery of human souls in the middle of bloody nights (Noche adentro by Pablo Lamar and 1989 by Camilo Matíz). Bernard Payen Coordinateur Commission Court Métrage Coordinator Short Films Commission 7 Éditorial L'Europe aime les festivals européens Lieux privilégiés de rencontres, d’échanges et de découverte, les festivals rendent vivante et accessible au plus grand nombre la formidable diversité de talents, d’histoires et d’émotion que constituent les cinématographies européennes. Le programme MEDIA de l’Union européenne vise à promouvoir le patrimoine cinématographique européen, à encourager les films à traverser les frontières et à renforcer la compétitivité du secteur audiovisuel. Le programme MEDIA a reconnu l’importance culturelle, éducative, sociale et économique des festivals en cofinançant 85 d'entre eux dans toute l’Europe en 2008. Ces manifestations se démarquent par une programmation européenne riche et diverse, par les opportunités de rencontres qu'elles offrent au public et aux cinéastes, par leurs actions de soutien aux jeunes auteurs, par leurs initiatives pédagogiques ou encore par l'importance donnée au dialogue interculturel. En 2008, l'ensemble de ces festivals soutenus par le programme MEDIA a programmé plus de 18.700 œuvres européennes pour le grand plaisir de près de 2,9 millions cinéphiles. MEDIA a le plaisir de soutenir la 48e édition de la Semaine de la Critique et souhaite aux festivaliers de grands moments de plaisir. Europe loves European Festivals A privileged place for meetings, exchanges and discovery, festivals provide a vibrant and accessible environment for the widest variety of talent, stories and emotions that constitute Europe’s cinematography. The MEDIA Programme of the European Union aims to promote European audiovisual heritage, to encourage the transnational circulation of films and to foster audiovisual industry competitiveness. The MEDIA Programme acknowledged the cultural, educational, social and economic role of festivals by co-financing 85 of them across Europe in 2008. These festivals stand out with their rich and diverse European programming, networking and meeting opportunities for professionals and the public alike, their activities in support of young professionals, their educational initiatives and the importance they give to strengthening inter-cultural dialogue. In 2008, the festivals supported by the MEDIA Programme have screened more than 18 700 European works to more than 2.9 million cinema-lovers. MEDIA is pleased to support the 48th edition of la Semaine de la Critique and we extend our best wishes to all of the festival goers for an enjoyable and stimulating event. Union Européenne - European Union MEDIA PROGRAMME http://www.europa.eu.int/comm/avpolicy/media/index_en.html 8 Éditorial En offrant une sélection éclectique de premières et de secondes œuvres, la Semaine de la Critique s’est imposée, en section parallèle du Festival de Cannes, comme un temps fort pour le 7e art donnant à découvrir la jeune production cinématographique. Attentive aux nouvelles formes de cinéma, la Semaine met à l’honneur une nouvelle fois la vitalité de la création contemporaine et s’engage résolument à défendre et à promouvoir la diversité culturelle en soutenant les films parfois difficiles à faire naître et connaître. Encourager les jeunes auteurs à s’investir dans l’écriture, la réalisation, la production du 7e art, accompagner les films du monde entier et promouvoir leur diversité est aussi l’un des axes majeurs de la politique du Centre national de la cinématographie, qui, grâce à un dispositif très complet d’aides à la production et à la diffusion, soutient et développe la diversité culturelle, porteuse d’avenir pour le cinéma. Je tiens à remercier chaleureusement Jean-Christophe Berjon et toute l’équipe organisatrice de la SIC qui contribue, en privilégiant l’accès à des œuvres venant des quatre coins du monde, à diffuser et défendre la diversité culturelle au niveau international. Je souhaite une pleine réussite à cette 48e édition, et je suis convaincue qu’elle sera un lieu propice aux moments d’étonnements et d’émotions, pour le plus grand bonheur du public. By offering an eclectic selection of first and second feature films, la Semaine de la Critique has established itself, running parallel to the Cannes Film Festival, as a highlight of cinema aiming to discover the young film production. Always on the lookout for new forms of cinema, la Semaine de la Critique honors once again the vitality of contemporary creation and gets firmly involved to promote cultural diversity by supporting films that sometimes have difficulty to take shape and to get known. Encouraging young talents to put themselves into writing, directing, producing cinema, supporting films from all over the world and promoting their diversity is also a major action of the CNC who, thanks to a network specialized in production and broadcast, supports and develops cultural diversity, source of future for the cinema. I would like to warmly congratulate Jean-Christophe Berjon and the whole organizational team of la Semaine de la Critique who, by giving priority access to works from all around the world, contributes to support cultural diversity on an international stage. I hope the 48th edition meets a great success and I am convinced that it will be full of surprises and emotions, for the greater happiness of the audience. Véronique Cayla Directrice générale du CNC General Manager, CNC 9 Éditorial La cinéphilie fout le camp ! Avec le développement du DVD, la multiplication des chaînes de télévision et l’arrivée d’Internet, y compris à travers le piratage des œuvres, on aurait pu croire le contraire… Et bien non, tout prouve qu’aujourd’hui la cinéphilie est une maladie en voie de disparition. Et pourtant, que c’est une bonne maladie ! On dit même que les acheteurs de DVD, les gros acheteurs, ceux qui consomment du DVD jusqu’à plus soif, regardent avant tout les « bonus » et que parfois même ils ne regardent plus le film. Ce qui les intéresse, c’est ce qu’il y a autour de l’œuvre, la façon dont elle a été faite, les petits secrets de fabrication, les racontars sur le tournage, les aventures des acteurs et des actrices, etc. Bref, les à-côtés d’un film, le petit bout de la lorgnette, l’accessoire… Mais plus du tout le film. L’œuvre. En fait ce n’est pas que la cinéphilie disparaisse qui est inquiétant, c’est que c’est la curiosité qui fout le camp, la vraie curiosité, celle qui nous fait aimer un auteur, sa trajectoire, ses interrogations, son cheminement, ses enthousiasmes et ses douleurs. Celle qui nous fait partager non pas l’écume mais le cœur même de la création… Celle qui nous entraîne sur les rivages inconnus d’une sensibilité nouvelle, celle qui ouvre notre âme et dilate nos pensées… Aujourd’hui en France, en dehors du cinéma américain et du cinéma français, les films étrangers sont réduits à la portion congrue de la fréquentation, à peine 2%. Triste constat pour un pays qui a toujours été à l’avant-garde de la découverte des cinématographies étrangères ! Alors, plus que jamais, il faut défendre le travail exemplaire de la Semaine de la Critique, qui va, chaque année, découvrir des auteurs nouveaux, nous les présenter et nous apprendre à les aimer… Découvrir un film inconnu, c’est aussi aimer l’histoire du cinéma. Etre ému par l’œuvre d’un nouvel auteur, c’est aussi participer à l’émotion du cinéma. Voilà le pari tenu et gagné chaque année par la Semaine de la Critique. Et voilà pourquoi les auteurs de la SACD, à travers le prix de la SACD, soutiennent le formidable travail de découverte effectué par toute l’équipe de la Semaine de la Critique. Passion for cinema is fading away ! With the development of DVD, the expansion of TV channels, the coming of Internet, and with piracy, we could have thought otherwise…Well no, everything proves that today the passion for cinema is an endangered illness. Yet it is a good illness! It is even said that DVD buyers, the DVD addicts, those who stuff themselves with DVDs, first watch the « bonuses » and sometimes, don’t even watch the film. What they are interested in are the secrets of the makingof, the gossip during the shooting, actors and actresses’ affairs etc. In short, extras, small pieces, props…but not the film itself anymore. The work. Actually, what is the most frightening is not that passion for cinema is disappearing; it is that the curiosity is fading away. The real curiosity that makes you love the authors, their progression, their wonderings, their enthusiasms and their pains. The curiosity that makes you share not the foam but the heart of creation…the one that pushes us towards the new sensitivity of unknown shores, the one that opens our soul and enlarges our thoughts. Today in France, apart from American and French cinema, foreign films are reduced to the smaller portion of activity, not even 2%. Sad result for a country that has always been on the avant-garde for discovering foreign films. So now more than ever, we have to stand up for la Semaine de la Critique’s exemplary work, which discovers and presents new authors each year and makes us love them. To discover an unknown film, is to love Film History. Being moved by the work of a new author is like sharing the emotion of cinema. Here is the bet la Semaine de la Critique makes and win each year. And that is why the authors of SACD, through the SACD Prize, support the fantastic work of discovery accomplished by the entire team of La Semaine de la Critique. Bertrand Van Effenterre Président de la Commission Cinéma de la SACD President of the SACD Cinema Commission 11 Juan Antonio Bayona | Juan Carlos Fresnadillo Les surdoués du nouveau cinéma de genre espagnol, Parrains de la 48e Semaine de la Critique Gifted directors of the new Spanish Genre cinema, Godfathers of the 48th Semaine de la Critique Précurseur, la Semaine de la Critique affirme son engouement pour le film de genre (Cronos, Mute Witness, Junk Mail, Torrente, C’est arrivé près de chez vous, Calvaire, À l’intérieur) en mettant à l’honneur deux cinéastes espagnols qui mènent la danse du cinéma fantastique mondial. Juan Antonio Bayona compte une trentaine de réalisations à son actif (clips vidéo, publicités et courts métrages dont Mis vacaciones en 1999 et El Hombre esponja en 2002) pour lesquels il a été récompensé à plusieurs reprises. El Orfanato, son premier long métrage présenté à la Semaine en 2007, marque le plus gros record d’entrées salles lors de sa sortie en Espagne et reçoit 14 nominations aux Goya. Le public découvre Juan Carlos Fresnadillo en 1997 lors de sa nomination à l'Oscar pour son court métrage en noir et blanc, Esposados, lauréat de quarante prix nationaux et internationaux. Son premier long métrage, Intacto, adaptation d’un roman de Primo Levi, fait l’ouverture de la Semaine de la Critique 2002 et remporte cette même année le Goya du meilleur jeune réalisateur espagnol. En 2007, son second film 28 semaines plus tard (avec Catherine Mc Cormack et Robert Carlyle) est la suite de 28 jours plus tard réalisé par Danny Boyle. A l’occasion de la journée des Parrains lundi 18 mai, le film Hierro de Gabe Ibáñez (Espagne, 2009) sera projeté à 20h à l’Espace Miramar. El Orfanato Always on the avant-garde, la Semaine de la Critique, confirms its keen interest for the Genre cinema (Cronos, Mute Witness, Junk Mail, Torrente, Man Bites Dog: It Happened in Your Neighborhood, The Ordeal, Inside) by honoring two Spanish directors who lead the way of Fantastic films on the international stage. Juan Antonio Bayona directed about thirty productions: videos, advertisements and short films (including Mis vacaciones, 1999 and El Hombre esponja, 2002) for which he was awarded several times. El Orfanato (The Orphanage) his first feature film, presented at la Semaine in 2007, was the biggest box office success in Spain and has been nominated 14 times at the 2008 Goya Awards. Intacto The audience first heard of Juan Carlos Fresnadillo in 1997 when his Black and White short film, Esposados, winner of 40 national and international prizes, was nominated for an Oscar. His first feature film, Intacto, an adaptation of Primo Levi’s novel, was the opening film of the 2002 Semaine de la Critique. The same year, he won the Goya of Best newcoming Spanish director. In 2007, he directed his second feature film: 28 Weeks Later (with Catherine Mc Cormack and Robert Carlyle) the sequel of Danny Boyle’s 28 Days Later. On the occasion of the Godfathers’ Special day on Monday, May 18th, Hierro by Gabe Ibáñez (Spain, 2009) will be screened at 8pm at the Espace Miramar. Avec le soutien de | With the support of 13
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