La piste des tsaatanes - Page 1 - Ouvrez les pages de ce livre : il vous mènera, en Mongolie, de la steppe à la taïga à la rencontre des Tsaatanes, peuple nomade éleveur de rennes. Par Olivier Marchesi. Ces photos doivent leur existence à la défaillance de la technologie numérique en milieu naturel. Elles constituent le point de départ de mon travail en argentique. Je remercie en particulier Bernard, pour m’avoir formé au noir et blanc, et Ida pour tout le reste. 1 Khatgal Après une nuit de train depuis Ulaanbaatar et 20 heures de piste, l’aventure commence vraiment. A Khatgal, petite bourgade au bord de l’immense lac Khövsgöl. Nous rencontrons de manière presque providentielle Jal Tumursukh, qui coordonne un projet pour les Na- tions Unies et nous ouvre la piste des Tsaatanes. Il nous donne ren- dez-vous dans trois jours sur les rives du Lac Blanc, Tsagaannuur. Reste à trouver la diligence qui nous y conduira. 3 Sur les pistes Nous avons quelques 300 km à parcourir. A 20 km/h en moyenne, il nous faudra deux jours. Quelques haltes rythment le trajet : pour réparer une avarie mécanique, pour livrer une télévision, pour dépo- ser du thé, et bivouaquer au coucher du soleil. 5 De la steppe à la taïga En Mongolie, l’espace et le temps se vivent différemment. Il n’y a que deux horaires dans une journée : le matin et l’après-midi. 7 Tsagaannuur C’est ici que nous retrouvons Jal Tumursukh. Il nous obtient auprès des militaires locaux le permis qui nous autorise à circuler dans la taïga. La piste et les voitures s’arrêtent ici. 9 Far East Le lendemain matin, le voyage continue à dos de cheval. Nous devons arriver au camp tsaatane, de l’autre côté du col, avant la nuit. Une journée pour jouer les cavaliers, une journée pour rêver dans un décor à la beauté brute. 11 Tchouk ! Les chevaux mongols se jouent des obstacles : ni les sentiers escarpés à travers la forêt, ni la grêle au sommet du col, ni les sols maréca- geux du permafrost ne les arrêtent. Nous sommes les seuls à ne pas être tout terrain : nos deux guides nous attendrons souvent. 13 La rivière Derrière une ultime colline nous distinguons la toile blanche de quel- ques urts (tipis) qui s’égrènent le long d’une rivière. 15 Rennes et tipis I Les Tsaatanes, peuple éleveur de rennes, nomadisent toute l’année selon les besoins des animaux. Ils sont aujourd’hui 200 pour un cheptel de 800 têtes. Leur vie s’adapte à des conditions climatiques extrêmes ( - 30° en hiver) et c’est la nature qui pourvoit à l’essentiel de leurs besoins. 17 Rennes et tipis II Au-delà de la dépendance mutuelle (le renne fournit notamment lait, fourrure, viande…) le lien qui les unit aux rennes est fort et complexe et inclut une dimension spirituelle. Les Tsaatanes sont chamanistes. 19
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