extrait traque sauvage wodbook - Page 1 - Cheveux-de-Feu … (Timée-Edition/2008) a ouvert la voie à Jewell O’Connor. L’Epopée de la conquête de l’Ouest est un théâtre inépuisable ! Une saga est née. Traque Sauvage est le premier épisode d’une série western (Cheveux-de-Feu ou la légende de la Femme Aut s o n d l ue r r rma s e’ t : e a u « Lœid L u n i» ’ l u o p or Roman jeunesse illustré / Laguasso / 2005 P u d cu r l na c e l d l cne e e lO C n o : o r éo vi ’ fne t’ oe e c d Jwe ’o n r re a s l « Cheveux-de-Feu » Roman historique / Timée-Editions / 2008 St d l ue r i e’ tu : e a http://www.sylvie-wolfs-auteur.com 6 A Kimi-Mila* Wolfs Né décédé le 25 août 2008 « Ô âme, mon petit enfant, tu es la racine du grand rite. De toi émaneront beaucoup de choses saintes : par ce rite tes parents apprendront à être forts et généreux, à aider ceux qui sont aussi dans la peine et à suivre en tout les enseignements du Grand-Esprit. Ô âme, ce jour est ton jour. Le temps est venu. Grand-Père, Grand-Esprit, abaisse ton regard sur nous, c sljour sacré de cette âme. ’ te e Puisse-t-elle nous aider à marcher conformément au Mystère. N u tdm n os ’dr e e m ,e pr tel ose e adn d i c tâ es ae ste ae t s n peuple entier. D c tt r nu tn oos n pi eSi e e ee e os’ vyn u e r r o t r, e è. s miséricordieux et libère cette âme ». Prière Lakota d l l éaind sâ sdt p u l med e a i rt b o e me i o r ’ e â e Kimimila. Dennis Yellow Thunder (homme médecine lakota). * Papillon en langue Lakota 7 « Où le choix commence, finissent le paradis et l'innocence » Arthur Miller « Toutes les choses vraiment atroces démarrent dans l'innocence » Ernest Hemingway « J i e i d rcne d blsh t r qi i tu e ’ bs n e aot e ee io e u a n n a o r l s is e f c h m iee lnm l j eu rl i pr n.l u e o e u a t ’ i a y o n ô m ot tI a n r n a u e a spontanéité et une honnêteté que les humains ont parfois bien du mal à vivre... » Derib, mai 2006 « Nous avons tous la curiosité ou la nostalgie de l'Ouest. Nous le savons bien : l'aventure et la liberté sont les autres noms de l'Ouest. Au bon goût américain, les romans de Sylvie Wolfs font vivre le meilleur de l'épopée western. C'est bien simple, lorsque vous ouvrez un livre de Sylvie Wolfs, vous vous dites : "En route !". Ou "Go West !" plus exactement... » Greg Newman, mars 2009 9 Pahá Sápa† , Hiver 1869 L e tn be… sé èrs La chouette rayée les scrutait de ses grands yeux aux iris sombres. Son plumage crème était strié dans un panel délicatement panaché ; sa tête ressemblait à un masque inexpressif et hautain. Le seigneur contemplait son vaste domaine nocturne. Tous les bruits, les frémissements, les variations des ondes sonores lui parvenaient avec †Les collines noires (Black Hills), en langue Lakota 13 u e n t t d cnetne e i na a n l me t n et é éo cr t t l ’ i ul n e a vt e b si dy v i c i p u êr u rd ua l eon ’ or l r o r t a e n e o tbe prédateur. Il poussa une suite de hululements perçants. Sa b l nétait pas loin… El lié o dt a u « hooee ’ l l u rp n ip r n e hoo, hoo-waaahh » sonore. Les yeux du mâle clignèrent d st fc o ,da u p u-être ? Ils resteraient e ai at n ’ s i mo r e t unis toute leur vie. I tun sn fc sa s r v r l b td sn l o ra o ai ut e es ’ j e o è è oe attention. « Hoo-hoo, hoo-waaahh » réitéra la femelle et, ny tn n pu,l mo ru é tu r a e n ’ e a t ls ’ ue x mi n i n me t a c cacophonique. Le dialogue passionné continua ainsi, en une succession de chuintements diaboliques. Le grand oiseau fixa dédaigneusement la quinzaine de tipis blottis dans une clairière, un peu à l cr d s abe.I l ç u d ri a oe n ’ at e rrs l a a n ene b i é n r me t funeste à leur intention et s n oap u rj n r ’ v l o r e ide e o son aimée. Le vieil homme, assis près du foyer crépitant, écoutait les vociférations qui poignardaient la nuit. A tu d li ’ a rcoquevillée une poignée de uo r e u s ti er é t gamins aux joues empourprées. Au crépuscule de sa vie, ils étaient son soleil et il appréciait leur chaleur. Il avait une patience infinie à l r g r, l deie c e dafc o . e é ad mê e ’ g ne t ’ et n u é x f i 14 Autrefois, lui aussi craignait le chant clairvoyant de la chouette rayée. Avec le temps, il avait appris à acpe l s n sd d s n C p n a tsnc r ce tr e i e u et . e e d n, o œu s g i était chargé de tristesse : ces enfants étaient en grand danger. Les hululements lui semblaient plus que jamais porteurs de sombres présages… Ss is n e ma e n tremblèrent, mais il les cacha. Il avait encore tant à dire pour leur inculquer les valeurs morales et spirituelles, comme autant de graines porteuses da e i Q e que si te sni s ui a ri t ’ nr u l v . s oe l e t r q ’s ua n n s e l e à parcourir, ils en tireraient la force et le courage. Le tmp néa p s enu de les abandonner à la peur, e s’ i av tt mais de les y préparer. — Mes enfants, ne craignez rien ! Le chant de la co et et e ld mytr… C p n a telle ne h u t s rmpi e s e e è e e d n, nous veut pas de mal. Les garçons considèrent le vieillar du a d ’n i r c cnp c I sv i t q e l i a d n i i o set l a a n u ’ s u e ut r . s e oe précédait toujours la mort. — Elle nous prévient de la fragilité de notre existence, ajouta-t-il, afin que nous restions humbles e àl cue Si nous nous endormons sur nos deux t ’ o t! é oreilles, si nous manquons de prudence, alors nos e n mive n n p u n u te. e ’ t a l u e n e s i e t o r o su rC ne p sà n n s grande gloire, ne croyez-vous pas ? La chouette est sage et vient de temps à autre nous rappeler que 15 nous sommes mortels. En cela ne se comporte-t-elle pas comme notre plus fidèle alliée ? Vu sous cet angle, la situation parut moins dramatique aux jeunes garçons. La gaieté enfantine reprit bientôt ses droits, avec ses rires et ses questions. — Grand-père, quelle histoire vas-tu nous raconter ? Le garçonnet qui avait posé la question avec aplomb se nommait Mocassins-Brûlés. — Q e g ne dhs i v u -tu entendre ? lui u l e r ’ior e x t e rp n il ï l ’ntnb dn é o dt’ e du o a i. au Chacun y alla de ses commentaires et de ses suggestions, mê sl sv i t me ’s a a n que le vieil homme i e avait toujours le dernier mot. Ce dernier se racla la gorge et les enfants se turent. — Je vais vous raconter la légende de la FemmeLouve. Tout ce que je vais vous dire ne date pas des temps anciens, beaucoup ici ont connu cette femme, dont moi-même ! Les gamins ne purent retenir une exclamation de surprise quand le conteur ajouta de but en blanc : — Et c’ t n Wacicu‡! e ue s P t datrs, s l a é il n e fr ul ér ’ hoei e e p nbe t taf ia i r l v me o l un moment dans un coin sombre du tipi. Il revint s se i pè d fu a e d n l ma u t sr. ’ sor rs u e , v c a s a i n r o a n é ‡ Femme Blanche 16 Les flammes se reflétaient sur son visage parcheminé d r e poo d srnoçn l set uiéd ss e i s rfn e,e fra t’ p c b r d a n ee traits. Mais ses yeux étaient intacts et brillaient du même enthousiasme que ceux des enfants. A ce momentpéi i na a pu dâ eet le rc , l ’ i ls ’ s vt g temps était suspendu au bord de ses lèvres. Il manipulait avec respect une grande peau de loup, la tt d l nma f a l b mbn d ss y u êe e ’ i l i i e a is e e e x a xt s étrangement habités. — Ce loup est é-nor-me suf u d sp ts … o fa n e ei l t garçons. Les autres approuvèrent de la tête, bouche-bée da mi t n ’ d ri . ao — Oui, et sacré ! U lu cmme o ne n op o n ’ n rno t q ’n fi d n s ve s l epi l e cnr uu e os a s a i i e srs e e , s t veulent bien. Il a fait don de son pouvoir à cette femme blanche. Le vieillard posa sur les enfants un regard iepes , o n x rsi cmmesl f ’ regardait à travers eux pour i mieux rassembler ses pensées. — L g red ct p a scé m’ éécni a ad e et eu are a t o f e, e é un jour elle lui reviendra. Vous combattrez à ses côtés ! — Qui est-elle grand-père ? Où est-elle ? Il leva une main noueuse. — Elle est partie au loin, pour nous protéger, pour trouver son sentier de vie et de mort. Pour acquérir 17 pu d fre J v i v u rcne,éo tz ls e oc… e a o s ao tr cue ! s Sentez-vous la respiration du grand loup noir ? Les esprits nous parlent à travers lui. Oui, i l sna n… E p u s donner du l a e ti t s e t or e courage, ils se serrèrent les uns contre les autres. — Rien ne laissait présager ce qui est arrivé. Cette femme est née au-d l d l ga d ée d edeu e e a rn e tn u ’ , à a dans un pays lointain. Une contrée qui est comme une noix sur un lac immense. Quelque soit la drc o q ’spe n n,e g n nar e ta i i t n ui rn e tl e s ’ i n j s ei l s rv ma nulle part et leur course est toujours stoppée par les flots. Ils ne peuvent pas faire comme nous : galoper librement, des lunes entières, pour conquérir de nouveaux territoires. Ils se trouvent à l t isr n ’ r tu u e éo terre avare et rabougrie. Le Grand Esprit ne leur a p sd n éd n g ors n da e. l uisn d a o n e a ei , i ’ l I ti t e e i s s le ga d s prg e a és p u fi l r î … D s rn e i u s i e o r ur e l o l u e e monstres mi-poissons, mi-oiseaux, sur lesquelles ils s nasn,o j r pu in mbrables. Ils arrivent ’ tse ttuo s ls n o e u ainsi chez nous, poussés par le vent et la convoitise. Ils sont cupides p req ’sn cn a sn p sl ac ui e o n i e t a a l s l et e l r œu et e da or rppe r.ln i r te c r s sc ’ it b é u v o l éI e u s savent pas aimer et voir les choses, ils veulent juste se les approprie… Cet np u l t s éo cr n r ’ u e pe r d cnet t s è a auquel appartenait cette femme. Mocassins-Brûlés regarda instinctivement ses pe s té a r q e’ e lo t u isnrc . i mui s l s u l ï cni a o éi d l o au n t t 18 — L rq ’ l et rié p r n u,en m d osue e s ar e ami o s l o e l v Cheveux-de-Feu lui a été donné. Sa vie dans le monde des Wacicus n bia da c n lmi e S e rl t ’ u e u è . a li u r fmie l v i a a d n é, e e na a r n à a l ’a l a t bn o ne l l ’ i i vt e manger, les hommes lui manquaient de respect. Le malheur était à ses trousses ! Elle ne savait ni qui elle était, ni où elle devait aller. Le grand chef Loup-QuiVoit-Loin a su lire dans son âme et la sauver. Il a vu en elle tout ce que les autres ignoraient e l g ié t’ ud e a sur la voie de la guérison. Elle a un fils, qui doit avoir dx hv r ma tn n, li a si et p r… I i ies i e a t u us s at n i l s p ee an ’ p l F o -Bondissant et a les mêmes cheveux de a l feu que sa mère. Le grand-père se tut un instant pour reprendre son souffle. — Un jour, les sages de notre peuple ont compris que cett fmmenet a odn i , ue en u a ee ’ p s ria e q ’ l o s s r l éé n o é p u d s a o s u na p re n n pas t e v y e o r e ri n q i ’ at n e t s p i au hasard. Elle connaissait notre peuple, depuis toujours, car les esprits étaient sur elle. Elle avait le don mais lg oa . o p ’ n ri L u -qui-Voit-Loin a vu cela. Sa i t magie était grande ! Cette femme a compris beaucoup de choses à travers lui. Elle a cherché sa vision. No s’ o s eru é icnc ne u cts u l v n rt v eno si t a x ôé a o e du ga d lu n i U lu mytr u … No ’n rn o p or n o p . s ix ée s chasseurs ont pris sa piste e l n té S nâ et t’ t u . o me s o immortelle, cette peau est sacrée ! J ns il g ri ’ use ade e n 19
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