EMMURÉE - dossier presse - Page 1 - Dossier presse de mon premier roman publié en février. Vous y trouver une photo de la couverture, les liens d'achat, une courte biographie de l'auteure, la naissance du livre et les huit premiers chapitres. EMMURÉE V r o n i q u e A U D L O N 2 Premier roman... Après la publication de dix recueils de poésie, d’un livre témoignage sur la correspondance d’un poilu qui ne revint jamais parmi les siens, d’un recueil de nouvelles sur les enfants dans la tourmente, et de deux autres recueils de chroniques et pensées, Véronique vous livre son premier roman... Genre : fantastique-mystère 310 pages ISBN : 978-2-918794-01-1 Prix : 17,88 € TTC Disponible sur TheBookEdition : http://www.thebookedition.com/emmuree-veronique-audelon-p-54322.html Et sur Rezobook (sans frais de port) : http://www.rezobook.com/rezolib-livre.php?c=0&o=0&p=0&b=1052&id=255 Les 8 premiers chapitres sont disponibles à la lecture et au téléchargement sur : Calaméo : http://www.calameo.com/books/000357572db00577a1390 Pour une dédicace, commander le livre auprès de l’auteur : poesime@orange.fr 3 ET LA PREMIÈRE PAGE FUT ÉCRITE... Les hasards de la vie m’ont éloignée de la maison pendant quelques mois. Ayant plus de temps de libre, cette idée qui trottait dans ma tête depuis longtemps, que je n’osais pas poser... est revenue m’obséder... et la disponibilité aidant, je me suis dit : Pourquoi pas, après tout ? Écris et tu verras après ce que tu en feras... Si tu ne vas pas au-delà de cinquante pages, tu en feras une nouvelle. J’ai acheté un grand cahier, posé le décor, l’ossature de l’histoire et les personnages principaux et je me suis jetée à l’eau. Quand je suis arrivée aux cinquante pages « fatidiques », l’histoire était à peine commencée, alors j’ai continué et je n’ai plus compté les pages jusqu’au mot final... Je ne saurais exprimer réellement ce que j’ai ressenti alors, lorsque sur mon écran le dernier mot a été tapé. Comme une joie indicible que des mots ne sauraient retrans- crire. Et une petite voix en moi a murmuré : Tu l’as fait. Quel que soit le devenir de ce livre, le plaisir de l’écriture et la fierté d’être allée au bout de ton histoire... reste- ront sans aucun doute tes plus grands bonheurs. L’AUTEURE, EN QUELQUES LIGNES... Après une enfance passée à Forcalquier dans les Alpes de Haute-Provence et un bref arrêt à Marseille, Véronique s’installe à Salon-de-Provence où elle vit depuis 18 ans. Elle dessine et écrit de la poésie depuis l’adolescence, des nouvelles depuis une quinzaine d’années et s’intéresse depuis peu à la gravure sur verre. Par manque de temps, elle a délaissé le dessin et la gravure pour se consacrer plus pleinement à l’écriture... Aujourd’hui, après une formation de maquettiste PAO, elle travaille sur la mise en page et conception de couverture de livres pour les auteurs auto-édités et de la pe- tite édition. Elle partage son temps entre son activité, l’écriture et la gérance d’un site de publication poèmes et nouvelles et un site de cartes virtuelles. Son deuxième roman, dans un style plus intimiste, est en cours d’écriture... 4 Prologue Le visage collé contre la vitre, elle fixait la pièce de son regard embué, attendant qu’ils reviennent. L’obscurité, doucement, remplissait la chambre. Elle la regardait prendre posses- sion de la pièce par la grande fenêtre qui plongeait sur le lac. Ils ne tarderaient plus maintenant. Une fois encore, elle essaierait de les amener vers elle, espérant qu’ils s’ap- procheraient, intrigués... remarqueraient − comme elle, jadis − le « défaut » en transparence... marcheraient dans ses pas, sur le chemin du mystère... « Le » trou- veraient... Lui, qui détenait la clé. Une fois encore, elle crierait, de toutes ses forces, de toute son âme. Mais em- murée dans ce silence terrifiant qui l’étouffait depuis tant d’années, criait-elle en- core, seulement ? ou ce cri hurlant en elle avec la force du désespoir, depuis si longtemps, ne franchissait-il plus ses lèvres ? N’y avait-il plus que son esprit qui refusait le renoncement, seul encore capable de crier silencieusement ? (et quatrième de couverture.) 5 Première partie Émilie 1 — Le lac Majeur, s’extasia Émilie, une larme de bonheur perlant à ses cils. — Oui, mon ange. Tu y es. Ton rêve se réalise. — Et il se réalise à tes côtés. C’est le plus merveilleux jour de ma vie... après le jour de notre mariage. Dans un rire mélodieux, elle caressa tendrement la joue de son mari. Pierre se gara sur le parking longeant un petit promontoire ombragé qui domi- nait le lac. Des bancs de pierre blancs étaient disposés au bord d’une allée caillou- teuse bordée de buissons, arbustes et plantes qu’un printemps naissant parsemait de fleurs aux senteurs divines. Protégeant le surplomb, une petite rambarde de pro- tection ensevelie sous les tiges fleuries qui s’enroulaient autour d’elle avec l’exubé- rance de leurs jeunes pousses avait bien du mal à laisser entrevoir aux promeneurs les jolies nervures de son bois clair patiné par les ans. Séduits par le charme de l’endroit, les jeunes mariés − d’une semaine tout juste − décidèrent de s’asseoir un moment à l’ombre, avant de descendre sur Stresa où ils avaient réservé depuis un mois la chambre nuptiale de L’Inglese. Le lac Majeur... Émilie était tombée dedans en classe de quatrième. Monsieur Pialla, Francesco de son prénom, était à l’époque son professeur d’italien. Bien qu’Italien par son père, il était très loin de l’archétype du bel italia- no au corps divinement musclé et sensuel que les collégiennes se dessinaient dans leurs rêves les plus secrets. D’une taille moyenne, les cheveux frôlant ses épaules, clairsemés par un début de calvitie, il paraissait vieux aux jeunesses de treize à quinze ans qui partageaient ses classes, bien qu’il n’ait pas encore quarante ans. Une bedaine naissante, un sou- rire jovial, un regard plein d’humanité en faisaient cependant un personnage aimé de ses élèves et qui enseignait avec passion. Il avait, dès le début de sa carrière, fait la décevante constatation que la plupart des gamins étaient démotivés et boudaient les langues... en priorité parce qu’ils trou- vaient les cours rasoir. Vocabulaire, prononciation, interrogations écrites, gram- maire, listes interminables de mots, verbes, adjectifs, etc. à apprendre par cœur et à répéter jusqu’à avoir l’accent adéquat... Ils faisaient vite une overdose linguistique. Bref, selon l’expression favorite d’Émilie, c’était gavant. Dès son entrée en sixième, elle avait pris en grippe les cours d’anglais, leur pré- férant le dessin et surtout l’histoire dispensée par madame Baurel qui ne vous ap- prenait pas l’histoire... elle vous la racontait. Vous n’appreniez pas Marignan, Wa- 6 terloo ou le débarquement de Normandie... vous le viviez, au travers de ses phrases imagées, de ses gestes, de ses onomatopées, de ses mimiques. Elle vous catapultait dans l’Histoire comme si vous tombiez dans une machine à remonter le temps et entriez au cœur de l’événement, le temps d’un cours. Autant dire que lorsque Émilie avait dû choisir une deuxième langue à son en- trée en quatrième, son choix s’était porté sur l’italien comme il aurait pu tomber sur l’inuit ou le zoulou... Les langues, « ça la gavait... un point, c’est tout. » Au fil des années, Francesco avait essayé, testé et peaufiné « la méthode Pialla », controversée par les professeurs classiques qui enseignaient les langues comme ils les avaient apprises et ne voyaient aucune raison particulière de changer, et super- visée par une directrice quelque peu sceptique, mais qui attendait de voir les résul- tats − ouverte à tout ce qui pourrait motiver les petits monstres −, lorsqu’elle l’avait engagé quinze ans plus tôt. Monsieur Pialla avait un mot favori qui revenait régulièrement dans ses dis- cours : ludique. Il pensait − à juste titre, l’avenir lui donna raison − que le meilleur moyen d’intéresser les chères petites têtes blondes tout comme celles qui ne l’étaient pas, était de rendre les cours... ludiques. Et sur les deux ans qui devaient les mener au brevet des collèges, Émilie et ses copains et copines de classe avaient eu droit à la période « Chansons » que Francesco leur apprenait en les accompagnant à la guitare, les propulsant au rang de connaisseurs de la canzone romantica italiana, « Photos » commentées avec l’interdiction d’utiliser un mot français, « Théâtre » avec des petites scènes décriées dans la langue de Puccini, pour finir par la période « Visites touristiques » où chacun à son tour devenait guide pour présenter Rome, Florence, Venise et tous les lieux et villes chéris des touristes. C’est ainsi qu’un jour Émilie s’était retrouvée à devoir présenter le lac Majeur et les îles Borromées... Son travail de recherches était vite devenu un plaisir qui s’était transformé en passion pour le lieu et son histoire. Comme la plupart des choses nouvelles et différentes, « la méthode Pialla » avait eu ses détracteurs parmi les vieux croûtons de l’enseignement, ce qui avait valu à Francesco le sobriquet de Farfelu − dont il se fichait royalement −, mais mé- thode qui avait totalement conquis la directrice au vu des moyennes des classes du- dit Farfelu qui s’étaient, en quelques mois, littéralement envolées, les notes les plus basses avoisinant les quinze sur vingt avec un absentéisme à zéro pour cent. À tel point qu’elle avait incité − à grand renfort de réunions − les professeurs de langues à assimiler et adopter la fameuse méthode pour leurs classes, ce qu’avaient fait la plupart au fil des années, convaincus par les résultats, notamment madame Biddle, professeur d’anglais d’Émilie qui avait fait d’elle une fan inconditionnelle de Joan Baez. Francesco Pialla avait été un révélateur pour le collège où il avait enseigné jusqu’à son décès, mais également pour Émilie qui en l’espace de deux ans était devenue une amoureuse des langues − l’italien particulièrement − et avait choisi cette filière au lycée, pour finir par une formation de traductrice-interprète, métier qu’elle exerçait maintenant depuis quelques années. Et ce premier regard qu’elle porta sur le lac brillant de mille reflets dorés et 7 sur les îles Borromées à l’horizon, elle l’offrit aussi, dans un sourire mélancolique, à monsieur Francesco Pialla, professeur d’italien, le Farfelu... décédé l’année où elle passait son bac. — On y va ? Il ne faudrait pas arriver trop tard si nous voulons avoir le temps de nous installer et faire un petit tour avant le repas. — OK, mon cœur. Je te suis, lança-t-elle joyeusement, s’accrochant à son bras en refermant le volet de ses souvenirs. La route menant à Stresa était un ravissement pour les yeux. Émilie, au comble du bonheur, vivait son rêve le plus merveilleux auprès de l’homme de sa vie, par un temps superbe, un ciel limpide, un vent léger et chaud portant sur ses ailes toutes les fragrances du paradis. Comment imaginer... que l’enfer entrouvrait la porte... 8 2 Depuis longtemps déjà la nuit avait assombri le ciel, et les étoiles qu’elle aperce- vait à travers les rideaux de dentelle illuminaient le firmament. Ce petit rectangle de ciel limpide ou pluvieux, diurne ou nocturne, elle s’y ac- crochait désespérément comme une naufragée à une bouée de sauvetage... Du fond de sa prison, il était sa seule liberté. Elle ferma les yeux... Tout en elle hurlait et se débattait. Elle savait qu’il fallait qu’elle se calme, qu’elle rentre à l’intérieur d’elle-même pour arrêter ce déferlement houleux qui menaçait de l’ensevelir chaque fois qu’elle paniquait. Vidant son esprit de toute pensée, respirant d’un rythme régulier et profond, elle sentit lentement ses muscles se détendre, les vagues furieuses se calmer, maî- trisées, redevenant vaguelettes fragiles et dociles. Au moment où elle rouvrait les yeux, reprenant sa position d’attente... la porte s’entrebâilla et ils pénétrèrent dans la chambre. 9 3 Stresa, petite commune d’un peu plus de cinq mille âmes sous la protection de Sant’Ambrogio, est située dans la province du Verbano-Cusio-Ossola dans le Pié- mont, magnifique région de la plaine du Pô en Italie du Nord. On peut découvrir dans le superbe parc de la Villa Pallavicino, les vestiges du mur d’enceinte d’une forteresse construite entre les XIIIe et XIVe siècles, alors sous la domination des seigneurs d’Intra-Pallanza. Après avoir été pendant des décennies sous la coupe autrichienne, la ville et les rives ouest du Verbano deviennent propriétés de la Maison de Savoie par le Congrès d’Aix-la-Chapelle. Stresa, habitée par des paysans et des pêcheurs, devient vers la fin du XIXe siècle un lieu de villégiature prisé des aristocrates et des nantis, et voit s’ériger des hôtels de luxe, palaces majestueux dont le plus ancien − Le Grand Hôtel des Îles Borromées − fondé en 1861, a hébergé Ernest Hemingway et a, depuis, attiré en ses lieux magiques les personnalités de toutes les sphères. La route napoléonienne construite au début du XIXe siècle, le tunnel du Sim- plon et la voie ferrée du même nom, en augmentant l’accessibilité de la ville ont participé à l’invasion touristique. Tout comme les écrivains célèbres − Stendhal, Chateaubriand, Dumas, Dickens, Lord Byron... − qui en ont vanté le charme dans leurs œuvres. Elle est certainement la ville la plus connue de la rive ouest du lac Majeur par sa situation en face des îles Borromées, accessibles en quelques minutes par les ba- teaux-navettes qui sillonnent le lac Majeur du printemps à l’automne. Bénéficiant d’un climat doux à deux cents mètres d’altitude, Stresa est très connue également pour ses villas somptueuses et les immenses parcs s’étendant des rives du lac aux versants du Mottarone. La plus impressionnante est probablement la Villa Pallavicino. Un sentier amène de la rive à son parc de plus de seize hectares surplombant le lac, offrant la beauté de ses milliers de fleurs aux fragrances divines, dans une harmonie parfaite, au milieu d’un bois aux arbres centenaires. Ses serres et son jardin zoologique contribuent au charme du lieu. Stresa, la perle du Verbano, offre à ses visiteurs la Piazza Cadorna avec ses bou- tiques, cafés et restaurants... mais surtout, pour l’émerveillement des yeux, la pro- menade au bord du lac, avec une vue extraordinaire sur le golfe Borromée d’un côté et le spectacle enchanteur des villas grandioses et hôtels de prestige de l’autre côté. L’arrivée à Stresa fut plus longue que prévu. Un accident immobilisa Émilie et Pierre à l’entrée de la ville pendant plus d’une 10 heure, puis ils se perdirent, cherchant l’hôtel sur les rives du lac alors qu’il se trou- vait dans une impasse de la vieille ville... Petite précision qu’avait omise Christian, dans son récit. Cinq ans plus tôt... Christian, ami d’enfance de Pierre, s’était arrêté par hasard à Stresa, vaincu par la fatigue malgré le confort de sa voiture de location. Halte non prévue et plutôt mal venue en l’occurrence − une manifestation annuelle importante ayant jeté une déferlante de participants dans tous les hôtels de la ville qui pour la plus grande majorité affichaient : Complet. Après avoir été le plus aimablement du monde renvoyé des hôtels accessibles à sa bourse, les établissements de luxe ne rentrant ni dans ses moyens ni dans la marge de ses frais de déplacement... il s’était adressé aux petits commerçants des bords du lac, dans un italien qu’il maîtrisait, et s’était retrouvé au bout de la troi- sième boutique avec le plan et l’adresse de L’Inglese dans la main, qui, selon la fleuriste plantureuse qui l’avait renseigné − l’œil aguicheur et le sourire ravageur − devait avoir encore des chambres de libre, étant dans une gamme de prix tout de même un rayon au-dessus des hôtels premier choix. Il lui était bien venu, l’espace d’un instant, l’idée coquine de faire plus ample connaissance avec la fleur qui lui souriait divinement... et qui sait... goûter aux charmes de l’Italie, mais le regard possessif du maître des lieux qui était arrivé, po- sant jalousement sa main sur l’épaule de la belle d’un air de dire « Chasse gardée. Danger de mort ! » et surtout les biceps proéminents et les tablettes de chocolat moulés dans le tee-shirt du monsieur, l’avaient fait redescendre sur terre à la vitesse grand V, pour se recentrer sur l’essentiel : un bain... un repas... un lit. Il avait été immédiatement séduit par le charme vieillot et romantique de l’hô- tel et surtout de l’immense chambre entièrement vêtue de blanc... des murs au par- quet, de l’ameublement aux voilages. En admiration devant le grand lit à baldaquin, il avait mentalement dessiné les contours voluptueux de la belle fleuriste − qu’avait laissé deviner la robe moulante qui les enveloppait − alanguis dans les draps de soie, avant de sombrer dans les bras de Morphée... nettement moins séduisant, mais beaucoup plus reposant. Aussi, lorsque Émilie et Pierre avaient parlé du lac Majeur et des îles Borro- mées pour leur voyage de noces, Christian ayant gardé un très agréable souvenir de son passage l’avait chaudement recommandé à ses amis, le hasard l’ayant fait dormir dans la chambre nuptiale − la seule encore libre lorsqu’il était arrivé, l’hôtel ayant été également très sollicité. Un sourire rêveur aux lèvres, dont il était difficile de deviner − vraiment ? − s’il revoyait la chambre ou la fleuriste, il leur avait vanté le charme de L’Inglese pour leur séjour, comme le lieu idéal pour les jeunes mariés romantiques qu’ils étaient. Christian n’ayant à aucun moment mentionné les épisodes « adresse du lieu » et « hôtels complets sur le port » dans l’histoire qu’il leur avait narrée à son retour, se focalisant uniquement sur l’épisode « fleuriste sensuelle »... et le dépliant publi- citaire reçu et oublié sur la table de la cuisine montrant une vue du lac de la terrasse d’une des chambres, ils en avaient naturellement déduit − à tort − que l’hôtel se trouvait sur une rive et non à l’intérieur de la ville.
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