AQUATIC 7 - Page 2 - A chaque numéro d'AQUATIC, découvrez l'info aquariophile, partez en voyage grâce aux récits de nos auteurs, et apprenez-en toujours plus sur les poissons, les plantes, les invertébrés, et l'aquarium, biens sûr. L’Aquariophilie durable Eau Douce, Eau de Mer DICROSSUS FILAMENTOSUS • Le danio céleste • Les plantes aquatiques, 2e partie • Voyage en Inde • Un nano-récifal N°7 Avril 2010 / Mai 2010 Sommaire Avril / Mai 2010 élas bien trop rare dans le commerce, Dicrossus filamentosus est un magnifique Cichlidé nain qui mériterait bien plus d’attention. Comme c’est le cas pour certaines autres petites espèces amazonienne, il nécessite toutefois des soins particuliers, aussi bien sur les paramètres physico-chimiques de l’eau que sur l’hygiène. Êtes-vous prêts à vous lancer ? L’aventure en vaut la peine... H 5 : Editorial 6 : Infos Aquario 10 : Questions et réponses 12 : Focus sur un poisson - eau douce : Dicrossus filamentosus 20 : Focus sur un poisson - eau douce : Danio margaritatus 26 : Plantes : La fascination pour les plantes aquatiques (2e partie) 32 : En pratique : Tout sur la filtration 40 : Dans la nature : La Cauvery, une beauté indienne 48 : Entretien : Philippe Chevoleau et Marc Maurin 52 : Pour tous - eau douce : Les algues (1e partie) 54 : Pour tous - eau de mer : Nano récif, le voyage fantastique 58 : Récifal durable : Coraux d’élevage, quelle tendance pour demain ? 66 : Votre actualité Filleul est un ami de longue date, avec qui c’est toujours un grand plaisir de traA rnaudCet ichtyo-paléontologue, doublé d’un vailler. pêcheur hors pair, est également un voyageur infatigable qui parcourt le globe à la rencontre des poissons du monde entier. Il nous offre aujourd’hui un récit sur l’un de ses voyages en Inde, qu’il nous raconte comme personne. Éditorial Consommable... ou durable ? ous le savez, dès le départ Aquatic s’est engagé en faveur d’une aquariophilie « durable », c’està-dire concernée par les problèmes environnementaux. Bien sûr, au jour d’aujourd’hui, cette notion de durabilité est encore mise à rude épreuve, et il faut avoir une volonté de fer pour réaliser un aquarium plus ou moins écologique, tant il est vrai qu’il est difficile de trouver des matériaux recyclables ou des animaux et végétaux issus d’une aquaculture responsable. Heureusement, on constate que de nombreux Notre couverture : Dicrossus filamentosus, un Cichlidé nain assez exigent, mais qui en vaut la peine. professionnels s’engagent de plus en Photo de Philippe Chevoleau plus vers une nouvelle aquariophilie, qui tient compte des enjeux actuels.Et il vaut mieux s’en préoccuper, car notre hobby a toujours autant mauvaise presse auprès des médias traditionnels. Il ne serait pas étonnant qu’un jour ou l’autre, certains voudront légiférer face à une activité qui ne tient pas assez compte du vivant. C’est hélas toujours vrai dans certains domaines… Combien de loches-clowns encore en vente (l’espèce voit son aire de répartition en milieu naturel se réduire comme peau de chagrin), de pangasius ou autres balantios trop grands qui finissent la plupart du temps dans des bacs de quelques dizaines de litres ? Il y a bien trop d’exemples. La pire chose, je crois, est lorsque vous discutez avec quelques visiteurs dans un commerce aquariophile, et que certains vous disent sans ménagement que, de toute manière, le poisson, « c’est simplement du consommable pour l’aquarium ». Constat cynique, mais pas tout à fait faux ! Il faudrait que cette vision change… et vite. L’aquariophilie durable (ou responsable, comme vous préférez) n’est donc pas un combat en vain. Philippe Chevoleau V Directeur de la publication : Franck Delanoy Rédacteur en chef : Philippe Chevoleau - redaction@aquatic-lemag.fr Rédacteur adjoint : Marc Maurin - marcmaurin@aquatic-lemag.fr Comité de rédaction : Bernard Barrascud ; Philippe Chevoleau ; Sylvain Mathieu ; Marc Maurin. Ont contribué à ce numéro : Sébastien Bernis ; Marc Bocobza ; Philippe Chevoleau ; Franck Delanoy ; Jean-Jacques Eckert ; Arnaud Filleul ; Sylvain Mathieu ; Marc Maurin ; Loïc Vaillant. Crédits photos : Sébastien Bernis ; Marc Bocobza ; Christophe Chapron ; Philippe Chevoleau ; Franck Delanoy ; Marc Maurin ; Roland Morte ; Jérôme Picard. Relecture : Christine Yung Régie publicitaire et Secrétariat commercial : FD régie - 03 44 26 11 45 - fd.regie@aquatic-lemag.fr Remerciements à Amblard S.A. ; Animalis Eragny, Eheim, Rena, Tetra. Aquatic n° 7 Avril / Mai La rédaction n’est pas responsable des textes et photographies publiés qui n’engagent que la seule responsabilité de leurs auteurs. Toute reproduction, même partielle, des articles et des photographies publiés dans ce numéro, sans accord de la société éditrice, est interdite conformément à la Loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique. L’envoi de documents implique l’accord tacite de leur auteur et de ses modèles pour la libre publication. Les documents ne sont pas renvoyés. La rédaction se réserve tous droits de reproduction et de traduction. Aquatic Éditions Sarl ISSN 2105-0376 Siège social : 9 rue Robert Desnos - 60530 Le Mesnil en Thelle Tél. 09 52 66 11 45 - e-mail : boutique@aquatic-editions.fr I NFOS AQUARIO Échos du monde aquatique par Sylvain Mathieu L’impact des barrages sur l’ichtyofaune Deux barrages bien connus sont présents sur le plateau des Guyanes : celui de Petit-Saut en Guyane française et celui de Brokopondo au Suriname, construits respectivement il y a 14 et 44 ans. 14 espèces ont été analysées dans ces régions (tailles, longueur à la première maturation, taux d’ovocytes dans les gonades, fécondité…). Les résultats révèlent une augmentation de l’effort de reproduction (augmentation des ovocytes, fécondité accrue) et une réduction de la taille maximale par rapport aux valeurs relevées sur le Sinnamary avant l’achèvement du barrage de Petit Saut. Ces changements indiquent que les poissons sont dans une stratégie dite de pionniers, ce qui suggère que les populations piscicoles sont dans un état d’immaturité et d’instabilité, même après une longue période. Les mâles guppy (Poecilia reticulata) les plus orangés seraient les plus fertiles. Photo : Philippe Chevoleau interpréter dans nos aquariums, exception faite lors du frai. Un millier d’observations d’Apistogramma hippolytae ont été faites dans la rivière Cuieiras, un affluent du rio Negro. Six patrons de coloration du corps reliés à sept types d’activités ont été relevés (se nourrir, se reposer, reproduction et parade, agression – attaque ou fuite –) et soins parentaux. Les auteurs suggèrent que ces modifications de coloration dans les eaux claires et peu profondes où vit cet Apistogramma sont un système efficace de communication permettant d’éviter les interactions inutiles. L’étude révèle également que les poissons étaient en agrégations le long de zones peu profondes, celles-ci composées de petits sous-groupes de 4 à 5 individus sans comportement de cohésion, mais répondant uniquement au même stimulus de nourriture. L’influence des femelles guppy La production de semance est coûteuse en énergie, une étude sur les guppys (Poecilia reticulata) a montré que les spermatozoïdes produits par les mâles mis en présence de femelles étaient plus rapides que ceux produits par des mâles sans femelles. C’est la première fois que l’on démontre chez un poisson que la production de sperme est ajustée en fonction des possibilités de reproduction. Les chercheurs ont également comparé la vélocité du sperme en fonction de la coloration des mâles et découvert que les plus orangés produisent du sperme de meilleure qualité et en plus grande quantité. La coloration pour communiquer Les cichlidophiles ont tous remarqué la rapidité des changements de coloration de leurs pensionnaires permise par la présence des chromatophores superficiels et sous contrôle neuronal. Les variations de patrons de coloration ne sont pas toujours simples à Des points blancs plus résistants Une équipe chinoise a découvert qu’Ichthyophthirius multifiliis, le parasite cilié bien connu des aquariophiles pour être responsable de la « maladie des points blancs », contenait une bactérie symbiotique. Des souches de plus en plus résistan- 6 AQUATIC Avril / Mai 2010 INFOS AQUARI tes aux traitements usuels se sont développées ces dernières années. Cette découverte laisse entrevoir une nouvelle possibilité de traitement. O Du nouveau chez les killies À nouveau, l’actualité est riche pour les killiphiles avec pas moins de 7 nouvelles espèces décrites et la création d’un nouveau genre dans 5 publications. Papiliolebias hatinne, du rio Bermejo (Argentine), Rivulus megaroni du Xingu, Nothobranchius kadleci, N. mankondorum et N. lucius des plaines côtières de Tanzanie et du Mozambique. Du genre Archiaphyosemion sont extraites plusieurs espèces avec la création du nouveau genre Nimbapanchax au travers de différences morphologiques et d’ADN. Ce genre est par ailleurs complété par deux nouvelles espèces, N. melanopterygius et N. leucopterygius. Cette dernière espèce a été identifiée à tort comme A. maenseni. Danio tinwini provient du nord de la Birmanie et vit notamment en compagnie de Danionella dracula. Photo : Jérôme Picard Des nouvelles de l’Île Rouge Les Cichlidés malgaches ont obtenu ces dernières années un regain d’intérêt, grâce notamment à l’excellent travail de communication et de diffusion des passionnés du Madagroup (AFC). Les scientifiques ne sont pas en reste et décrivent un nouveau Ptycochromis, P. ernestmagnusi, du nord-est de l’île. Les Ptycochromis semblent mieux supporter que d’autres Cichlidés de l’île une dégradation modérée de leur habitat. Ils sont toutefois menacés à plus ou moins court terme par les fortes pressions anthropiques que subit Madagascar. mapoutre (Inde) • 5 nouvelles espèces d’Hemibrycon dans le rio Magadalena, Colombie. • Otopharynx spelaeotes et O. antron, deux Cichlidés troglodytes du Malawi. Références de Mérona B. et al., Neotropical Ichthyology, 7(4):683-692, 2009. Phenotypic plasticity in fish life-history traits in two neotropical reservoirs: Petit-Saut Reservoir in French Guiana and Brokopondo Reservoir in Suriname. Gasparini, C, AV Peretti and A Pilastro (2009) Female presence influences sperm velocity in the guppy. Biology Letters 5, pp. 792–794. Rodrigues R. et al., Neotropical Ichthyology, 7(4):641-646, 2009, Color changing and behavioral context in the Amazonian Dwarf Cichlid Apistogramma hippolytae (Perciformes). R. C. Findly et al., Endosymbiotic bacteria in the parasitic ciliate Ichthyophthirius multifiliis. Applied and Environmental Microbiology 75, pp. 7445–7452, 2009. Sparks, S.J. A new species of Ptychochromis from northeastern Madagascar (Teleostei: Cichlidae), with an updated phylogeny and revised diagnosis for the genus. Zootaxa 2341: 33–51 (2010). Descriptions en bref • Deux Danio en Birmanie : Danio tinwini et D. quagga, respectivement proches de D. kyathit et de D. rerio. • Badis dibruensis, originaire de l’état de l’Assam, Inde. • Andinocara stalsbergi, originaire du Pérou et proche d’A. rivulatus. • Danionella priapus, petit Cyprinidé translucide de 16 mm de long, originaire du Brah- AQUATIC Avril / Mai 2010 7 I NFOS AQUARIO Texte de Loïc Vaillant - Photos de Jérôme Picard Spécial crustacés Avec une taille maximale d’environ 12 centimètres, Cherax boesemani est une écrevisse de taille moyenne qui peut convenir à bien des bacs spécifiques. Préférant une eau légèrement acide, sa maintenance n’est pas compliquée. Toutefois, il faudra prévoir des refuges suffisants pour les juvéniles, le cannibalisme étant chose courante. récédemment, nous évoquions Cherax holthuisi, décrite en 2006 par Lukhaup et Pekny. En 2008, ils ont publié la description d’une nouvelle espèce, provenant elle aussi de Nouvelle-Guinée Occidentale (Indonésie) : Cherax (Astaconephrops) boesemani. On en connaît la présence uniquement dans la zone de drai8 AQUATIC Avril / Mai 2010 P nage de la rivière Kais et dans la région des lacs Ajamaru qui sert de bassin de réception. Elle mesure de 10 à 12 centimètres adulte. Maintenue à un pH légèrement acide (aux alentours de 6,5), son régime alimentaire est omnivore. Il faut prévoir un bac spécifique, du fait de son comportement prédateur. C’est aussi une espèce qui terrasse beau- coup, pour chercher sa nourriture et manger les plantes. La reproduction est possible en aquarium (entre 70 et 80 œufs par portée), mais il faut veiller à protéger les juvéniles avec de nombreuses cachettes, le cannibalisme étant courant pendant la mue. La coloration peut varier de façon conséquente, allant d’un marron simple à un rouge brique, voire INFOS AQUARI Pour en savoir plus sur le monde des crustacés, n’hésitez pas à consulter crusta-fauna.org O Références Lukhaup, C. & Pekny, R., 2008. Cherax (Astaconephrops) boesemani, a new species of crayfish (Crustacea: Decapoda: Parastacidae) from the centre of the Vogelkop Peninsula in Irian Jaya (West New Guinea), Indonesia. Zoologische Mededelingen, 82(33), 331-340. Records of the Indian Museum Vol. V, Part III, No. 17. Notes on Decapoda in the Indian Museum By Stanley Kemp, B.A. Malgré un rostre plus court, Caridina hodgarti est proche de la célèbre crevette Pinocchio (C. gracilirostris). Elle se satisfait d’une eau mi-dure et proche de la neutralité. Sa reproduction, qui exige un passage des larves (zoés) en eau saumâtre, n’est pas des plus faciles. un patron plus bleuté sur le céphalothorax, les pinces et le bas des segments. Caridina hodgarti Kemp, 1913 est méconnue des amateurs, mais pourtant, elle est proche de Caridina gracilirostris de Man, 1892. Cette espèce est gracile, avec un rostre long, et la reproduction est à développement indirect (stades larvaires en eau saumâtre). Par contre, le corps est totalement coloré, avec un patron variant du rouge au vert en passant par l’orangé. Elle est présente en Inde, dans les mêmes zones géographiques que Caridina cf. babaulti, sans pour autant se mélanger. Ne dépassant pas les 3,5 centimètres, cette espèce privilégie une eau quasi neutre, et moyennement dure. Grégaire et discrète, elle se satisfait aussi bien des nourritures du commerce que des animalcules présents dans les plantes qui ornent le bac. Pour finir ce petit tour d’horizon, l’espèce suivante est un grand classique des aquariums, mais ses caractéristiques en font une curiosité : Clithon corona ou Clithon sp. « Diadema ». Cet escargot proche du genre Neritina possède des excroissances qui suivent l’enroulement de sa coquille striée d’une bande noire sur un fond variant du jaune au rouge. De petite taille (rarement plus de 2 centimètres), il reste néanmoins très efficace dans la lutte contre les algues encroûtantes. Cette espèce est plutôt euryhaline, à savoir qu’elle supporte de grandes variations de salinité, vivant dans les estuaires. Sa reproduction n’est pas possible en eau douce, les larves dérivant en eau salée pour leur grossissement. ▲ Avec son aspect curieux, Clithon corona a de quoi séduire plus d’un amateur, d’autant qu’il décime avec grande efficacité les algues qu’il consomme. Il ne faut cependant pas oublier qu’un stade en eau salée est obligatoire pour qui veut reproduire cette espèce. AQUATIC Avril / Mai 2010 9 Q UESTIONS & RÉPONSES avec Marc Maurin Une question ? Marc Maurin a certainement la réponse ! N’hésitez pas à nous contacter, et si votre courrier est sélectionné, votre curiosité sera récompensée par un téléchargement offert ! Écrivez-nous à : courrier.lecteurs@aquatic-lemag.fr Calmir, par Internet Bonjour, Je compte acheter un aquarium de 300 litres (100*50*60). Un ami aquariophile m’a indiqué que compte tenu de sa hauteur de 60 cm, il serait préférable de mettre des tubes T5 et non des T8. Pourriez-vous me donner des indications sur le choix des tubes? Merci d’avance. Le problème des aquariums hauts (plus de 50 cm) est que la lumière est fortement « difractée ». Si vous n’êtes pas limité par la place, il serait préférable que vous optiez pour un aquarium moins haut mais légèrement plus long, mais il faudrait dans ce cas plutôt vous orienter vers une cuve fabriquée sur mesure. Autrement, votre ami a raison : les tubes fluorescents de type T5 sont plus performants que ceux plus classiques de technologie T8, ce qui, avec une hauteur de 60 cm, n’est pas négligeable. Le prix d’une installation en T5 est cependant plus élevé, mais ce désagrément se trouve compensé par la qualité et la puissance d’éclairage délivrées par ces tubes. Il faut aussi prendre en compte l’économie d’énergie liée à l’utilisation de ballasts électroniques. De plus, le diamètre plus petit de ces tubes (16 mm contre 26 mm) permet d’en placer d’avantage dans le même espace, ce qui est particulièrement intéressant dans votre cas. Notez enfin que ces tubes fluorescents donnent le meilleur de leur performance à 35 °C, ce qui est un avantage certain dans l’espace confiné d’une galerie d’aquarium. À moins que vous n’optiez pour une installation HQI… mais dans ce cas il faut prévoir un bac ouvert, et la consommation d’électricité est nettement supérieure. Vous ne donnez par d’information sur le type d’aquarium que vous voulez installer et c’est bien dommage. Sera-t-il planté ou bien souhaitez-vous maintenir quelques Cichlidés des grands lacs africains ou encore vous orienter vers de l’eau de mer ? Si la plupart des poissons se moquent de la qualité de la lumière, les plantes et les coraux sont plus exigeants : il faudra donc faire votre choix en fonction. Sachez par exemple, que pour un aquarium de ce volume normalement planté, trois tubes de 39 W devraient être largement suffisants. Pour un bac de type Tanganyika, deux tubes conviennent ; tandis que pour un aquarium très planté, vous pourriez avoir besoin de quatre ou cinq néons, selon les végétaux hébergés. Les différentes sociétés qui proposent des tubes fluorescents offrent une large gamme de produits avec des spectres adaptés à chaque besoin. Notons au passage que la technologie T5 possède un meilleur indice de rendu des couleurs (IRC élevé), ce qui rend l’éclairage de l’aquarium beaucoup plus agréable. Ce planaire broute les algues sur une vitre de l’aquarium. Il ne nuit qu’esthétiquement et est sans danger envers les poissons. Il pourrait éventuellement parasiter les crustacés. photo de M. Maurin long. Parfois la vitre est envahie, puis d’un coup plus rien ! Les poissons ne les regardent même pas, c’est dommage car je pensais qu’ils pourraient servir de nourriture vivante ! On m’a parlé d’hydres mais je pense que ce sont plutôt des planaires. Pouvez-vous m’en dire plus au sujet de ces « bestioles », et notamment si elles sont nocives pour mon aquarium. Elles n’ont pas l’air de s’intéresser aux poissons. Sinon, comment faire pour m’en débarrasser ? À la description que vous faites de vos « envahisseurs », il semblerait effectivement que vous soyez en présence de planaires. Ces vers plats rampants d’une longueur d’un centimètre environ sont inoffensifs pour les poissons habitants de l’aquarium ; il semblerait en revanche que les crevettes puissent se faire para- Mimi, par Internet Bonjour, J’ai des « petits trucs » qui se baladent sur les vitres de mon aquarium. Cela ressemble à des vers blancs d’environ 5-8 mm de 10 AQUATIC Avril / Mai 2010 QUESTIONS & RÉPONSE siter, mais je n’ai personnellement jamais eu de cas semblable. Les planaires apparaissent généralement dans les aquariums assez anciens et peuvent disparaître d’eux-mêmes comme ils sont apparus. Ils se déplacent dans l’aquarium à la recherche de nourriture qu’ils broutent sur les vitres, comme en témoigne la photo que nous publions ici. Pour lutter efficacement contre les planaires, plusieurs possibilités s’offrent à vous : la première étant bien entendu de ne rien faire et de patienter le temps que leur population diminue d’ellemême. Évitez de trop nourrir et faites des changements d’eau réguliers. L’introduction de certains poissons permet aussi de lutter efficacement contre la prolifération de ces vers. C’est notamment le cas des macropodes (Macropodus opercularis) et des gouramis bleus (Trichogaster trichopterus) ou encore des pelmatos (Pelvicachromis pulcher). Mais, pour que les poissons s’intéressent à ces petits vers, il est préférable de les sous-alimenter pendant quelques jours : ils s’intéresseront alors d’avantage aux planaires. Parmi les méthodes écologiques, certains mentionnent l’utilisation de gastéropodes tueurs d’escargots du genre Anentome, comme A. helena par exemple (source : Crusta-fauna. org). Ces escargots s’intéresseraient aussi aux planaires. Attention, retirez les autres gastéropodes de l’aquarium ; autrement, les anentomes en feront immanquablement leur repas. La lutte chimique est de loin la dernière à utiliser, puisque les planaires ne sont pas nocifs pour les poissons. Ce n’est qu’une histoire de convenance personnelle. Les produits destinés à lutter contre les escargots donnent aussi de bons résultats contre ces vers blancs. Pensez à retirer les poissons qui ne supportent pas bien les traitement à base de cuivre, les escargots et les crevettes. Après le traitement, faites un changement d’eau conséquent (filtration sur charbon également) pour éliminer le produit avant de réintroduire les animaux fragiles. Les hydres ressemblent à des répliques miniatures de petites anémones, constituées d’un pied fixé au substrat, aux plantes ou encore aux vitres. Elles laissent dériver leurs six à dix tentacules urticants placés en cercle autour de leur bouche et capturent ainsi leurs proies. Elles peuvent être introduites en aquarium avec les plantes, les roches ou racines (qu’il est préférable de faire bouillir préalablement) ou plus simplement par de la nourriture vivante capturée dans la nature. Sans réel problème pour les poissons et les crevettes adultes, ces hydres sont de redoutables prédateurs en aquarium d’élevage. Elles capturent dans leurs tentacules aussi bien les petits alevins (moins de 5 mm) que les petites crevettes ou les zoés. Comble du désespoir, l’éleveur qui distribue des nauplies d’artémia contribue également à leur croissance... Vous l’aurez compris : il est impératif de s’en débarrasser, à moins que vous ne souhaitiez en faire un élevage pour observer leur capacité régénératrice ! Encore une fois, il est préférable d’utiliser les méthodes douces pour venir à bout de ces envahisseurs. Là aussi, on trouve certains poissons qui les mangent (T. trichopterus ou M. opercularis). Vous pouvez aussi augmenter la température de votre aquarium jusqu’à 32 °C, si vos plantes le supportent, mais retirez préalablement les poissons qui risquent de ne pas apprécier ce traitement. L’adjonction de sel à raison de 4 g par litre est aussi un moyen de lutter efficacement contre les hydres, mais là encore, surveillez vos poissons et vos plantes. Comme pour les planaires, les produits à base de sulfate de cuivre viennent facilement à bout de ces Cnidaires, mais aussi des escargots et des crevettes, alors pensez à les retirer avant le traitement. Faites ensuite un changement d’eau conséquent tout en surveillant les paramètres de votre eau. ▲ S Sans danger pour les poissons adultes, les hydres sont de vraies nuisances pour les alevins. En bac d’élevage, elles peuvent occasionnellement capturer les plus petits et les plus lents d’entre eux. De surcroît, elles entrent en compétition en attrapant elles aussi les nauplies d’artémia. Leur nombre explose alors. Mieux vaut donc s’en débarrasser. photo de M. Maurin AQUATIC Avril / Mai 2010 11 F OCUS SUR un POISSON Dicrossus filamentosus epuis de longues années, un grand intérêt est porté aux Cichlidés de petite taille, communément dénommés cichlidés nains. Nombreux sont les amateurs EAU DOUCE (Ladiges, 1958) Texte : Sylvain Mathieu Photos : Philippe Chevoleau (sauf mention) D élevant avec succès les diverses espèces du genre Apistogramma ou encore Pelvicachromis. Le genre Dicrossus comprend quant à lui seulement 3 espèces (cf. p. 17) qui rivalisent facilement par leur beauté avec les Apistogramma spp., tout particulièrement Dicrossus filamentosus, mais sont trop peu présentes sur le marché aquariophile. Avec sa queue de lyre et ses ornementations rouges sur les jugulaires et sur la bande médiane, impossible de ne pas reconnaître un mâle Dicrossus filamentosus. On notera que la livrée à damier varie grandement, pouvant même être remplacée par une bande, selon l’état d’excitation du poisson. 12 AQUATIC Avril / Mai 2010
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