Les Feuillets de Cybèle n° 17 - Page 1 - Magazine d'information semestrielle de l'enseigne Les Jardins de Cybèle. N° 17 - JANVIER 2010 MAGAZINE D’INFORMATION ✑ PROFIL Des infirmiers managers, animateurs du pôle soins ✑ DÉVELOPPEMENT Anticiper pour mieux accompagner le Résident ✑ BIEN-VIVRE Le projet d’accompagnement personnalisé www.jardinsdecybele.com ÉDITORIAL « Les Jardins de Cybèle » : construisons ensemble l’avenir 2010 ouvre ses portes et rend bien plus présent ce XXIe siècle que le simple passage à l’an 2000. Déjà la physionomie et les préoccupations humaines de ce siècle sont dessinées. Il sera véritablement tourné vers l’humain et son environnement. Étrange et évidente, cette affirmation résonne pourtant comme une nouveauté. De nombreuses incertitudes, un flottement presque abstrait font apparaître avec vigueur une formidable prise de conscience. Les limites de la technologie, de l’économie, ses conséquences pour notre avenir, nous invitent à bâtir des convictions fondamentalement tournées vers plus d’humanisme. Le contexte actuel donne une résonance particulière aux trois valeurs clefs qui ont marqué mon action depuis plus de vingt ans : sérénité, innovation et solidarité. Les enjeux majeurs de notre mission nous obligent chaque jour à être plus inventifs. Au-delà du rôle qui est assigné à chacun de nos collaborateurs dans notre organisation, plus que jamais je souhaite que sa faculté d’innovation trouve sa place dans cet objectif commun : accompagner la personne âgée. Par ailleurs, les équipes de Cybèle Concept, en concertation avec celles de Cybèle Santé, imaginent de nouveaux espaces de vie adaptés à nos Résidents de demain. La démarche engagée à travers nos ouvertures en 2009 à Courcelles-lès-Lens (62), Jonzac (17) et Vendeuvre-sur-Barse (10) prouve notre haute implication dans l’amélioration de nos services. Autant sur le versant de la conception que sur celui de la gestion, étroitement liés, nous devons sans cesse repousser nos limites et nous réinventer. Comprendre et anticiper les besoins de nos Résidents afin de les inciter, au plus fort de la dépendance, à rester acteurs de leur vie est une tâche ambitieuse à laquelle s’attelle quotidiennement l’ensemble du personnel des « Jardins de Cybèle ». La loi Hôpital, patients, santé et territoires intègre désormais le volet médico-social aux politiques de santé et reconfigure le secteur gérontologique. Notre ouverture de plus en plus prégnante aux professionnels externes nous permettra de construire ensemble l’avenir. PRÉSIDENT Patrick TEYCHENEY 2 --------- - - - - - - - - - - - - - - - - SOMMAIRE --------------- -------- 4 Visite guidée PRIGONRIEUX : Un vrai lieu de vie PLes Agences Régionales de Santé PDélégation chinoise à St-Maurice PSéminaire des exploitations 8 Bien-vivre LE PAP Rester acteur de sa vie 30 Profil IDEC et IDER : des infirmiers managers 34 La Gazette La vie des EHPAD : PBourron-Marlotte PBraine PFort-Mahon PLizy-sur-Ourcq PMargny-lès-Compiègne PMonségur Zoom sur l’actualité : Montélier 10 Développement Les ouvertures : Jonzac / Courcelles-lès-Lens / Vendeuvre-sur-Barse Les travaux : Saint-Étienne-du-Grès / Courtenay Bouffémont / Poitiers / Monségur 16 Les temps forts PToulouse PLe handicap PLes Trophées de Cybèle 2009 P6e congrès des Jardins de Cybèle PParay-le-Monial gagne le Trophée 38 Perspective La méthode humanitude Généralisation aux Jardins de Cybèle Directeur de publication : Patrick TEYCHENEY Sous la direction du comité rédactionnel composé de Pascal BRUNELET, Catherine GRISEL, Kamale ISSA, Bruno PEREZ, Claude de SAINT CERAN et Pierre TESTAS Rédactrice en chef : Laure VILLACRECES Rédaction : Monique CAMPILLO, Chantal DUMONT, Pascale ESPAILLARD et Laure ORENGA Avec l’aimable participation de : Clémence BELLEARD et de nombreux directeurs d'établissement Association avec La Lettre santé éditée par Landwell & Associés Maquette : Alain FOURCHERAUD - 06 20 63 23 92 Correction : Monique CAMPILLO et Marie MOTSCH Impression : BLF Impression Les Feuillets de Cybèle n° 17 Janvier 2010 ISSN 1777 - 036 X Magazine d’information semestriel - Colisée Patrimoine Group. 54, cours du Médoc - 33300 Bordeaux - Tél. 05 56 112 112 3 VISITE GUIDÉE Prigonrieux La résidence, un vrai lieu de vie Entretien avec Clémence Belleard, directrice de la résidence de Cavalerie à Prigonrieux (24) Que s’est-il alors passé ? Pour transformer le Château de la Cavalerie en EHPAD, il a fallu se conformer au cadre législatif. L’important, c’était de pouvoir, enfin, se donner les moyens d’améliorer le quotidien des Résidents. Ne serait-ce que ne plus leur faire la toilette à 6 heures du matin, prendre le temps voulu pour ça, mettre en place des animations, bref faire les choses comme il faut, et non plus, par contrainte, « au mieux ». Suivant la loi modificative de 2002 rénovant l’action sociale et médico-sociale, nous avons dû effectuer un gros travail de réorganisation, avec audit, pour remplir les critères nécessaires à une demande de passage en EHPAD et signer la convention tripartite avec les autorités de tutelle – ce qui a été fait il y a cinq ans. Cette « mise aux normes » a réclamé beaucoup d’efforts, mais quelle bouffée d’oxygène pour tous ! Quel est votre parcours professionnel ? J’ai obtenu mon diplôme d’infirmière, promotion 83-86, à Périgueux, et débuté comme assistante de bloc. Mais j’éprouvais une certaine insatisfaction, car je n’avais aucun contact direct avec les patients : ils arrivaient endormis et repartaient endormis. Je me suis donc installée comme infirmière libérale à Bergerac. Mon père, kinésithérapeute, avait acheté le château de Cavalerie en 1974 pour en faire une maison de retraite. Deux ans de travaux furent nécessaires pour mener cette opération : moquettes partout, chambres avec salles de bains complètes, téléphone. Le concept d’EHPAD n’existant pas encore, il ne pouvait salarier une infirmière. C’est la raison pour laquelle il a fait appel à moi. À sa retraite, je lui ai succédé. Voilà comment j’ai commencé de mener une double carrière d’infirmière libérale et de directrice Bref, tout cet exposé sur l’engagement social, la progression de maison de retraite. mesurée et réfléchie du développement du groupe, dégageait une telle impression de solidité et de sécurité que j’ai Parlez-nous de vos débuts en tant que directrice. En ce temps-là, la réalité était la suivante : on installait les été emballée. Je suis également restée confondue devant Résidents devant la télévision entre les soins et les repas. l’ampleur des investissements réalisés dans le domaine de Le moins qu’on puisse dire, c’est que cela ne correspondait l’environnement du Résident. Là, vraiment, nous étions pas à ma conception de la prise en charge de la personne dans une autre dimension. En résumé, nos valeurs étaient âgée. La conjonction du départ de mon père et du vote identiques, et l’expertise du groupe permettait de les faire de la loi sur la création de l’EHPAD, en 1997, a servi de vivre dans l’établissement, comme nous le souhaitions. déclic : j’ai foncé. Pourquoi ? parce que je n’avais pas été formée en gestion financière ou de personnel, et que cette Parlez-nous de leur application à Cavalerie… offre de structure répondait à mes besoins. Une aubaine Tout est fondé sur le respect. C’est l’Esprit C.O.R. Je suis convaincue qu’on peut l’étendre à toute l’organisation pour moi, exactement ce dont je rêvais. Comment s’est déroulée la reprise par « Les Jardins de Cybèle » ? Très bien ! La rencontre avec M. Teycheney a été déterminante. Voyez-vous, il a très clairement et simplement décrit les valeurs qu’il s’emploie à faire vivre dans le groupe tout entier : la solidarité, la sérénité et l’innovation. Mon père avait certes défriché le terrain, en son temps, en créant le Château de la Cavalerie, mais M. Teycheney, lui, a tout de suite vu plus large et plus loin dans ce domaine, et il s’est tracé un axe dont il n’a jamais dévié. J’ai bien compris, d’ailleurs, que c’était la force même des « Jardins de Cybèle» : on ne se disperse pas. Et à ces valeurs d’entreprise s’ajoutaient celles de l’Esprit C.O.R. (Cohésion d’équipe, Ouverture d’esprit et Respect de l’autre), qui sont, elles, collectives et doivent être développées dans tous les secteurs. 4 d’une résidence. Et la résidence, c’est le respect du Rési- à 14 heures, auxquelles j’assiste tous les jours. La transdent, avec un grand R. Et 365 jours par an et vingt-quatre mission est un moment essentiel, car elle réunit tout le personnel. L’infirmier coordonnateur, les aides-soignantes, heures sur vingt-quatre. les aides médico-psychologiques, l’agent de service, la Il se traduit par l’adaptation la plus large aux habitudes secrétaire, voire la pharmacienne, le kinésithérapeute, et aux souhaits des personnes âgées et s’applique à tous la psychologue : toute l’équipe est présente pour croiser les détails de la vie quotidienne. Prenons l’exemple du les informations sur chaque Résident. Et c’est bien lors petit déjeuner : eh bien, il est servi à l’heure choisie par de ce point de professionnels de la santé que ma « fibre » le Résident. Que voulez-vous ! nous n’allons tout de vibre le plus fort. même pas le réveiller à 7 heures s’il a envie de le prendre à 10 heures ! Il s’est plié à suffisamment de contraintes Justement, les directeurs ont en général des parcours dans sa vie active pour espérer en profiter un peu lors de singuliers… sa retraite. Les gens sont fatigués, c’est tout. À nous de Oui, je sais. Et c’est bien là toute la richesse qu’ils apportent, nous organiser. On n’entre pas dans une chambre si la en puisant dans leur expérience professionnelle ou, tout simplement, humaine, très dense et diversifiée. Pour ce personne dort encore, on reviendra plus tard. qui me concerne, je pense avoir toujours eu le sens de la De même, si le Résident s’y trouve alors qu’elle doit relation humaine. Et savoir prendre soin d’une personne être faite, on s’occupe des chambres libres en attendant. est absolument fondamental. Je parlerais même de valeur, Le personnel ne gaspille pas son énergie ni son temps. en l’espèce. L’après-midi, sieste ou pas sieste, animations ou pas animations. Toujours au choix. Et le soir, pas de couvre-feu Quelle est votre définition du « prendre soin » ? à 8 heures. S’il a envie de regarder la télévision jusqu’à Mais l’exprimer, c’est le définir ! Le soin, c’est une chose 22 heures en sirotant sa tisane, libre à lui. Et même de se entendue, mais prendre soin est une tout autre affaire. C’est concevoir une personne dans son entier : sa vie d’avant retirer à 23 heures. comme sa vie d’aujourd’hui. Bien sûr, il s’agit de traiter ses problèmes physiques comme psychologiques, mais Un vrai lieu de vie… Absolument. C’est d’ailleurs la première chose que je dis à elle n’est pas un « objet de travail » ! Les relations qui se une personne que je recrute : « Ici, ce n’est pas un hôpital tissent entre le Résident et tous les membres du personnel mais un lieu de vie. Les Résidents souffrent de petites participent du soin. Une agente de services hôteliers (ASH), misères dues à leur âge, c’est tout. » Tout est fondé sur par exemple, s’occupera certes de la chambre, mais aussi ce principe : les visites des familles à toute heure de la de son occupant ; ses remarques lors des transmissions journée, la compagnie des animaux de la résidence… Les ont leur importance. personnes âgées ne sont pas des êtres à part ; elles doivent être reconnues et respectées pour ce qu’elles ont été et On ne peut rester ni neutre ni indifférent. Voyez l’agent technique de la résidence : la première chose qu’il vous ce qu’elles sont maintenant. dira, c’est qu’il faut aimer les vieilles gens pour bien s’en Et vous, vous sentez-vous autant infirmière que direc- occuper – cela paraît élémentaire. Savez-vous ce qu’il trice ? fait ? Eh bien, l’été, il invite trois ou quatre Résidents Je suis directrice, mais la fibre d’infirmière vibre tou- à jouer avec lui à la pétanque pendant une heure, à la jours. En particulier lors des transmissions, de 13 h 30 fraîche. Ou il en emmène se détendre au bistrot du coin. > 5 VISITE GUIDÉE > Voilà comment on peut nourrir de bonnes relations, avec des petites choses qui maintiennent une vie sociale. Les ASH ne sont pas en reste, qui proposent des massages des mains, une manucure… Vous parliez de vie sociale… Oui, d’autant plus que l’ouverture, le 15 janvier 2008, de la nouvelle résidence, toute neuve et de plain-pied, dans le bourg, la facilite. Vous pouvez vous rendre partout à pied : à la salle des fêtes, à l’école, au petit bar. Si besoin, une ASH installe le Résident dans son fauteuil roulant, et hop ! à nous une bien agréable sortie ! Des bénévoles accompagnent, le dimanche matin, des Résidents à la messe. En guise de remerciement, nous leur offrons au retour un apéritif tout ce qu’il y a de plus amical. Pouvez-vous expliquer ce choix de transfert dans le bourg ? Nous voulions donc passer en EHPAD pour les raisons que j’ai exposées, mais nous avons aussi jugé cohérent de nous fixer en centre-bourg. Pourquoi ? Parce que le château n’était pas adapté à la conception d’un EHPAD que s’en font « Les Jardins de Cybèle » et qu’il était situé à 4 kilomètres. Trop loin. Pour la moindre chose, il fallait prendre le bus. Alors, tant pis pour le parc magnifique dont nous disposions. Tandis qu’ici, je le répète, nous avons tout à portée de la main. Nous fréquentons le club de rugby, visitons le petit zoo, flânons au marché de Noël… Promenades également sur la grand-place, le soir, pour profiter de son animation… Voyez si nous sommes occupés ! Au fait, êtes-vous originaire de la région ? Certainement. Je suis née à Bergerac, en Périgord pourpre, tout comme mes parents et grands-parents. Pur jus ! J’aime beaucoup ma ville, où se déroulent de nombreuses manifestations, dont les Tables de Cyrano, autour du 14 juillet. Revenons à la structure de la résidence… Nous proposons 60 lits. En général, toutes les chambres sont occupées. Nous sommes en contact avec France Alzheimer et le bouche-à-oreille fonctionne très bien : être en centre-bourg est considéré comme un atout. Deux chambres d’hôtes sont réservées aux familles qui peuvent venir de loin et avoir besoin d’être hébergées. Le forfait comprend la nuit, le petit déjeuner et le déjeuner. Nous tenons à marquer ce petit côté familial. Nous avons également une unité Alzheimer de 14 lits, rebaptisée Monbazillac : cela sonne mieux. Chaque unité s’est vue gratifiée d’un nom de vin. N’oublions pas que nous sommes en pleine région viticole ! D’ailleurs, toute la décoration est axée sur ce thème : bouteilles factices dans l’entrée, vases remplis de bouchons, vignes dans les patios et le jardin… Comme nous avons décidé d’être une résidence écoresponsable, l’agent technique n’utilise que de la bouillie bordelaise pour traiter la vigne ; un récupérateur d’eau de pluie ainsi qu’un composteur ont été placés dans le jardin, un désherbant thermique acheté. Nous avons aussi décidé, en partenariat avec Apetito, de manger bio ! Reconnaissons que ce n’est pas très facile, mais les jardins suspendus fournissent déjà des herbes aromatiques aux cuisiniers. Plus largement a été mis en place le tri sélectif dans les chambres et les couloirs. Comme cette démarche n’est pas vraiment de la génération des Résidents, une information leur a été délivrée. Un contrat avec notre fournisseur en papeterie a été renégocié dans le même esprit. Vous paraissez très soucieuse d’offrir des animations… C’est très important. La kermesse, au mois de juin, qui attire beaucoup de monde. Nous faisons de la publicité à travers des affichages, des insertions dans le journal local, des invitations à la mairie ou à d’autres associations. Il y a des jeux pour les enfants comme pour les adultes, mais reconnaissons que c’est la tombola qui intéresse le plus. On propose également le « panier de la directrice », que je garnis tous les ans selon le thème choisi : le Périgord, la mer, les fleurs… Cette année, il s’agissait des fruits et légumes – d’ailleurs, nous encourageons les gens à se composer un déguisement à partir de ce thème, et on élit le meilleur. Donc, il s’agit de deviner le poids du panier, gagné par la personne qui a fourni l’estimation la plus proche de la réalité. 6 Toute la journée je tiens le micro, aidée par un bénévole qui s’occupe de la sonorisation. Les jeux, gratuits pour les Résidents, sont accessibles grâce à des EuroCybèle achetés à l’arrivée. Des stands sont tenus par des membres du personnel, avec crêpes maison, boissons, séances de maquillage pour les enfants… Nos partenaires sont sollicités pour des lots qui font la réputation de la kermesse ; l’association en achète également pour étoffer le choix. Croyez bien que nos invités ne sont pas mécontents de repartir avec quelque chose ! Ce qui flatte beaucoup les Résidents, aussi, c’est de recevoir l’adjoint au maire, le maire, des responsables locaux, qui nous rendent visite à cette occasion. En somme, tout le monde est content ! de plants pour le jardin, de boules aux habitués du boulodrome, la venue de nouveaux animateurs : une chanteuse, un magicien, lequel a donné des représentations pour les enfants de l’école. C’est simple, comme ils sont juste à côté, il leur suffit de pousser le portillon de la résidence. Ils nous rejoignent en toute circonstance : Halloween, Noël, Téléthon… Comment fonctionne l’association ? Les familles sont informées de son existence ; ainsi, elles peuvent prendre une carte de membre et cotiser selon leur appréciation. Une présidente et une secrétaire sont élues, en général il s’agit d’enfants de Résidents. Naturellement, nous joignons une documentation au dossier de bienvenue d’un nouveau Résident, qui y adhère ou pas, et tenons informée sa famille des activités à travers la feuille mensuelle qui Que préparez-vous d’autre ? La Semaine bleue, consacrée aux personnes âgées, qui lui est envoyée. Il faut bien admettre aussi que, sur le plan exposent leurs ouvrages ; le marché de Noël – l’année administratif, il est plus facile d’agir en tant qu’association, dernière, les Résidents avaient préparé des pruneaux au ne serait-ce que pour la location d’un bus. monbazillac, grâce à un récoltant local – ; le vide-greniers que nous allons mettre en place avec la mairie. L’an der- Voulez-vous conclure vous-même ? nier, tous ces petits gains nous ont permis d’emmener Je vous en remercie, car je tiens absolument à répéter 40 Résidents à la mer, à Arcachon (33), pour une journée. qu’ici, c’est un lieu de vie. L’autre jour, j’ai trouvé en Formidable ! Nous avions tout organisé : l’accueil dans un arrivant une quinzaine de nos Résidents bien installés autre EHPAD, la mise à disposition de fauteuils roulants, devant leur programme favori, portes et fenêtres grandes le pique-nique… Ah ! vous auriez vu un de nos Résidents, ouvertes, tranquilles, sereins. Si vous saviez le plaisir assis au bord de l’eau avec son chien, qui n’aurait jamais que ça m’a fait ! Il y a la verdure, les oiseaux, le chat à cru revoir la mer… Vraiment, une belle journée. D’accord, l’unité Monbazillac, des fleurs partout, des tableaux aux nous étions morts de fatigue au retour, mais vraiment, murs… Nous dynamisons les échanges avec l’extérieur, c’était fa-bu-leux ! faisons appel à des bénévoles, même si c’est difficile d’en trouver. La feuille d’information interne sert aussi de lien Quoi d’autre ? Le zoo ; là encore, l’association prend les en détaillant toutes les animations et les projets (plan frais en charge. Également, la venue de deux esthéticiennes, bleu, grippe, Trophée de Cybèle…). Tout continue d’être une pour les soins de beauté, l’autre pour la manucure. Un fait pour que nos aînés se trouvent bien à Cavalerie. C’est beau cadeau pour tout le monde à Noël, l’achat de jeux, vivant et le restera, voilà. 7 BIEN-VIVRE Le Projet d’Accompagnement Personnalisé Rester acteur de sa vie « Quitter son chez-soi est une épreuve suffisamment douloureuse pour la personne du grand âge pour que chacun s’emploie avec lucidité, générosité et compétence à lui redonner des raisons de vivre et d’espérer » Marie-Jo Guisset, responsable des actions personnes âgées à la Fondation de France e quoi s’agit-il ? D’initier un projet spécifique afin de répondre aux attentes et aux besoins de la personne âgée entrant en résidence. La reconnaissance d’un mode d’accompagnement qui lui soit propre revêt une importance fondamentale. En effet, elle permet de mieux appréhender ce qui constitue sa singularité et d’éviter une fracture traumatisante entre ancienne et nouvelle vie. D Aider la personne accueillie à surmonter la douleur qu’elle ressent à l’idée de le quitter pour une vie en collectivité redoutée est, au-delà de notre mission, notre devoir pour la concrétisation des valeurs humaines qui symbolisent la philosophie de notre groupe : assurer le bien-être et créer le bien-vivre. C’est par la mise en place dans tous nos établissements du projet d’accompagnement personnalisé (PAP) que nous Cette démarche vise en priorité à concevoir les solutions entendons atteindre cet objectif. Par la reconnaissance les plus adaptées à ses besoins et à l’associer, avec sa famille et le personnel spécialisé, à l’élaboration de ce projet individuel. Pour autant, l’essentiel réside dans le plaisir de la rencontre entre la personne accueillie et le professionnel de santé, l’encouragement et le développement des relations humaines, la promotion de la communication dans le respect mutuel des engagements. À domicile, peu à peu, la personne âgée perçoit les prémices de la fragilité, la baisse de vitalité, l’apparition de la fatigue, parfois même de la maladie… autant d’étapes angoissantes auxquelles elle doit faire face. Et puis, un jour, tout bascule. La dépendance grandit, la vulnérabilité apparaît. C’est l’heure d’oublier le domicile, « le cher domicile ». Il faut désormais songer à rejoindre une institution. Mais que signifie pour elle le mot « domicile » ? Pourquoi lui confère-t-elle une valeur inestimable ? Ne serait-il pas tout simplement synonyme d’autonomie, de liberté d’aller et venir, de choix, d’organisation et de qualité de vie, d’intimité, de liberté d’expression, en résumé d’évolution au sein de son environnement de toujours – meubles, objets, souvenirs, bibelots, autant de témoins et de liens avec le passé – pour « rester actrice de sa vie » ? 8 L’ESPRIT D’UNE LOI DEVANCÉ « Les Jardins de Cybèle », dans le droit-fil de leur conception de la mission et des devoirs à remplir au bénéfice du Résident, avaient d’emblée mis en place des services et procédures organisationnelles innovantes. Le groupe s’est ainsi trouvé de fait en adéquation avec les préconisations du législateur à travers la loi n° 2002 - 02. Cette dernière avait pour tâche de rénover la loi du 30 juin 1975 qui régissait le fonctionnement des établissements et services sociaux. Le nouveau texte a été construit autour de quatre axes fondamentaux : l’affirmation et la promotion des droits des bénéficiaires ; l’élargissement des missions de l’action sociale et la diversification de la nomenclature des établissements et services ; l’amélioration des procédures techniques de pilotage du dispositif ; et l’instauration d’une réelle coordination entre les acteurs (décideurs et établissements). Le PAP repose donc sur la participation active de la personne, le travail d’adaptation des prestations de l’établissement et le caractère contractuel du document d’établissement. Sont ainsi assurés au Résident « le respect de sa dignité, de son intégrité, de sa vie privée, de son intimité et de sa sécurité ; le libre choix des prestations adaptées au sein de l’établissement spécialisé ; une prise en charge et un accompagnement individualisé de qualité favorisant son développement, son autonomie et son insertion, adaptés à son âge et à ses besoins, respectant son consentement éclairé qui doit systématiquement être recherché lorsqu’(il) est apte à exprimer sa volonté et à participer à la décision ; (…) sa participation directe ou avec l’aide de son représentant légal à la conception et à la mise en œuvre du projet d’accueil et d’accompagnement qui (le) concerne ». La preuve que des initiatives prises par tous les professionnels sur le terrain peuvent enfin trouver leur reconnaissance et leur justification dans une loi encadrant les bonnes pratiques. de tout ce qui symbolise l’être humain unique et singulier – respect de ses aspirations, rythmes de vie, goûts, choix, envies, refus, habitudes, besoins –, le PAP permet la rencontre et la communication, facilite les relations avec les professionnels de santé. L’adulte âgé vivant en établissement est en droit de rester lui-même. « Les Jardins de Cybèle » œuvrent depuis 2008 à la mise en place du PAP. Les 1 700 collaborateurs que comptent les 31 établissements du groupe sont amenés à se l’approprier à travers un plan de formation d’envergure, au bénéfice des 2 400 personnes âgées hébergées. Mi-2009, Pascale Jean-Baptiste et Chantal Dumont, soignantes de formation, ont relevé ce défi et accepté de se lancer dans cette entreprise ambitieuse. Conjuguant leur expérience et leurs talents, elles ont, dans un premier temps, construit la méthode et le programme de formation, puis les modules pédagogiques, pour commencer en octobre un tour de France et de Catalogne. Leur but principal étant de transmettre leur passion et l’amour de leur spécialité : la personnalisation de l’accompagnement des Résidents. Ce plan se déroulera jusqu’à mi-2010. Les deux formatrices dispenseront plus de 5 000 heures de cours et parcourront plus de 13 000 kilomètres à la rencontre des équipes des « Jardins de Cybèle ». Les premières formations ont remporté un vif succès auprès des professionnels qui ont eu plaisir à s’engager dans ce programme où l’essentiel de leur mission prend toute sa valeur. Nous les remercions tous de leur implication et de leur sérieux. 9 DÉVELOPPEMENT Les ouvertures « Les Jardins de Cybèle », dès leur conception, ont placé le Résident au centre de leur réflexion sur les structures et les organisations à mettre en place pour lui offrir une qualité de service à la hauteur de ses besoins et de ses attentes. Les personnes qui s’installent dans nos établissements sont le plus souvent touchées d’une fragilité, voire d’une vulnérabilité certaine. Le cadre où elles évoluent dorénavant doit réunir fonctionnalité et sécurité optimales, afin qu’elles puissent construire de nouveaux repères. Anticiper pour mieux accompagner Le Résident au cœur des services Par voie de conséquence, Cybèle Concept, en perpétuelle remise en question de ses acquis, n’a pas hésité à engager une concertation avec les exploitations et à remettre à plat son concept global. Cette réflexion a porté sur deux objectifs principaux : anticiper les besoins fonctionnels de nos établissements et augmenter la qualité et la polyvalence des espaces de vie. Les premiers résultats de cette démarche engagée ont eu des incidences directes sur les résidences récemment ouvertes de Courcelleslès-Lens (Pas-de-Calais), Jonzac (Charente-Maritime) et Vendeuvre-sur-Barse (Aube) par la requalification des espaces communs et devraient donner leur pleine mesure à compter des ouvertures 2010. Dans cet esprit, chacune a ouvert un réseau qui permet la diffusion des chaînes de la TNT et d’une chaîne d’informations interne. Les événements de la vie de la résidence sont ainsi portés à la connaissance de tous. Il est également possible d’enregistrer des reportages, documentaires ou films visionnés par les Résidents l’après-midi. Un projet sur des livres audio est en voie de finalisation. Un exemple d’initiative qui met une technologie pointue au service des relations humaines, dans un cadre ouvert et convivial. Ancrés profondément dans leurs valeurs, « Les Jardins de Cybèle » consentent un investissement lourd dans l’environnement du Résident : l’architecture intérieure et la qualité des espaces revêtent une importance considérable dans l’objectif qualitatif de l’accompagnement du Résident. Outre des architectes, des décorateurs dessinent volumes et agencements selon les besoins évolutifs de la personne âgée, choisissent avec précision mobilier, tissus et objets de décoration, élaborent une véritable géographie de la couleur pour qu’il n’y ait aucune distorsion avec la palette régionale, bref, livrent un travail fécond pour tous. 10
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