EscaladeMag n°33 - Page 1 - la grimpe ? Vous avez attrapé le virus de grement transPas étonnant : la passion, c’est bou ibilisation démissible ! Notre campagne de sens z-nous une enveloppe marre tout juste. Envoye aladeMag, ZA timbrée à vos nom et adresse (Esc vez le sticker du clavon, 26230 Valaurie) et rece eux ! Ça n’es t EscaladeMag, Attention contagi vous aurez prépas obligatoire, mais au moins, venu vos proches… L. Guyon Exquise maladie : Romain débloque sur le ©Fred Rouhling calcaire de Castle Hill ! 4 6 8 9 10 11 12 13 14 16 18 EXPRESSO Actu en bref ABÉCÉDAIRE Les mots de l’escalade FOCUS ÉVÉNEMENT EB on ze roc FOCUS LIVRE Bleau FOCUS DVD Bloc ou big wall ? TÉLESCOPAGE Urban climbing PAR-DESSUS LE MARCHÉ Recyclage des cordes CRASHTEST Spider et Goliath Simond INTELLIGENCE ARTIFICIELLE Tous dehors PORTRAIT Yuji Hirayama ENTRÉE LIBRE Buoux www.escalademag.com ommaire 33 dito 26 D’ANTAN Buoux 27 GRANDE ENQUÊTE Des lots à gagner ! 30 CARNET DE VOYAGE Nouvelle Zélande 34 FASHION CLIMBING Guide cordes et harnais 40 VOS SHOPS SPÉCIALISÉS Annuaire des magasins 42 ANNUAIRE DES GÎTES aztèque, des poiempaillé. Un atlas, une anthologie nse Une cornemuse, un herbier, un tatou llaire, divers objets de culte. Une défe sphère armi gnards de Turquie. Un toucan, une mate, un portrait de St calumet de la paix. Un auto de narval, une rose de Jéricho, un tité de fossiles, un canoë, un sablier… fétiche brésilien. Une grande quan Jérôme, un sités à la Renaispu trouver dans un cabinet de curio Voici peu ou prou ce qu’on aurait , ancêtres de nos musées, ces chambres de merveilles sance ou à l’Age classique. Dans ent en roclite. Princes ou érudits s’affirmai le goût du rare, de l’inédit et de l’hété s’exhibait aissance universelle. ique d’accéder à la conn s’isolant du monde, avec le rêve utop quelques étranue, sans doute aurait-on déniché Si l’escalade avait existé à cette époq directe ; un par Wolfgang Güllich dans Action r porté getés sur les étagères : le débardeu croix du jeune Adam Ondra ; la oyante ; le carnet de volume en résine de couleur chat magnésie ; Chris Sharma prélevé sur son sac à de Dreamtime ; du sang séché de prise clé en Dyneema... une dégaine légère, légère, montée es parchemialadeMag, feuilles jaunies, couvertur Y aurait-on découver t une pile d’Esc t peu probable. Il et les lectures successives ? C’es nées, papier gondolé par l’humidité lu pour conserver soigneusectionneur à l’esprit quelque peu farfe faudrait être un colle une valeur sentin gratuite… À moins d’y accorder ment les 33 numéros d’une publicatio mentale ! Que recèle-t-il ? mains est théoriquement en bon état. L’exemplaire que vous tenez entre les précieuse, un spéci, une panthère rose ? Une pierre Un astrolabe, un fragment de lauze quelques articles pour nourrir carapace de tortue ? Rien de tel ! Juste men d’anguille, une portrait de Yuji x, un saut en Nouvelle Zélande, un du votre imaginaire : une escale à Buou la salle pour explorer le grand livre rassurant de Hirayama… Bref, on quitte le contexte er ! monde ! Vous venez ? C’est sans dang Laurence Guyon a bcedaire Culture ou compression ? Non, on ne va pas parler ici des célèbres compressions de César, encore moins d’art contemporain. On reste dans le champ de l’escalade et dans l’exploration lexicale de son jargon. Place à la lettre C ! profonds de la sangle abdominale mais la compression c’est un « gainage » de tout le corps. Culture G travers rimper est une activité partagée à par un grand nombre d’indile monde temps et à vidus. Au fil des voyages dans le homogénéité travers la planète, j’ai perçu une rs et parfois dans les modes de vie des grimpeu place qu’ils occupent dans la soaussi dans la l’escalade ciété. La variante occidentale de s développés s’est imposée dans tous les pay économiquement. L S i on remplace le mot « compression » par « étreinte », on dispose d’un vocable beaucoup plus expressif. Etreindre c’est entourer, prendre dans ses bras, augmenter le contact. Quel être n’a pas en mémoire l’étreinte de la mère, la douce compression contre le sein maternel ? De ce premier contact naît le désir de rondeurs et comment oublier que Bleau est le paradis du plat, du rond, du lisse ? classes ’escalade est un loisir typique des l’apparition des moyennes surtout avec à l’escasalles. Les activités culturelles liées mement faibles. Peu ou pas de lade sont extrê ou pas de festivals (à part les roc trip), peu t être la danse créations artistiques (sauf peu s’empare escalade). La création littéraire, qui humaines pour en extraire une des activités avoir inspiré vérité fictionnelle ne semble pas . Pas de film qui beaucoup d’auteurs reconnus grimpeur prendrait pour prétexte la vie d’un célèbre. E S i on veut injecter un peu de poésie dans nos activités sportives, il faut donc trouver des ruses sémantiques. Entre euphémisme et hyperbole, le grimpeur doit choisir, par pudeur il choisit souvent l’euphémisme. Il préfère dire peu et penser beaucoup. Pourtant l’hyperbole, par son caractère outrancier peut aussi servir le propos. Une voie peut devenir « démente » ou « géniale ». Les américains parlent de « badass », mot intraduisible pour nous. vec le mot « compression », c’est la logique mécanique qui est à l’œuvre. On comprime de l’air, on presse, on compresse, on contraint, on réprime ! Avec le mot « étreinte », on est dans le registre du sentimental. On ouvre ses bras puis étreint ceux que l’on aime, parents, enfants, amants, amantes. On comprime ses sentiments pour les masquer et les cacher. On compresse une proue de rocher, on étreint un autre corps minéral. de l’esn fait le rendez vous de la culture et pas avoir eu lieu. Sans calade ne semble s’est pardoute car l’escalade est un spor t qui plus ou ment intégré dans une normalité faite . Quand on peut moins recherchée et assumée du bureau, pratiquer son spor t favori à la sortie s’étonner que le rêve soit absent. il ne faut pas mune est Quand la seule représentation com me araignée, l’homme à mains nues ou l’hom un grimalors le rêve est absent aussi et auc ît comme un créateur. peur n’appara L A la seule a photo d’escalade semble être tique offerte au public, manifestation artis le restreint mais elle peine à dépasser le cerc n est aficionados. Même si la productio des dissout dans ce énorme sur Internet, elle se calade se média de l’éphémère. Le DVD d’es s une suite de jetés, de réglettes cantonne dan balayés crispées, de paysages rapidement étique clip des sans histoire et avec une esth plus pauvres. Compression (étreinte) D L a typologie des mouvements en escalade ne comporte pas beaucoup d’items. Le mot compression est particulièrement usité par les Bleausards et depuis par les autres bloqueurs. On connaît le mouvement de « gainage » qui sollicite particulièrement les muscles ra ans Grimpeur étoile, Laurent Chevallie re et escalade. Il tenté de conjuguer cultu l’homme de a fait le récit de l’escalade, depuis jusqu’au Rocker très actuel et cela Neandertal C’est le seul sur toutes les surfaces grimpables. faudra donc attenexemple que je connais. Il que l’escadre d’autres auteurs inspirés pour re soient à nouveau réunies. lade et la cultu 6 F ocus evenement Texte et photos Stéphane Silvestri EB on ze roc Sous le noble prétexte de son soixantième anniversaire, EB a organisé le rassemblement annuel de son team falaise. Pour un tel événement, il ne s’agissait plus de souffler les bougies en famille. Du coup, la liste des invités s’est sacrément rallongée. Chacun pouvait, si une envie de soleil printanier le démangeait, débarquer en pays toulonnais afin de participer à l’événement programmé sur le dernier week-end de mars. P ar contre, pour le côté ambiance et qualité des enchaînements, peu de falaises peuvent se vanter d’avoir un tel potentiel. Et c’est là que ce rassemblement a fait mouche. Il faut bien remarquer que l’organisation avait plus d’un argument dans sa musette. Si normalement à un anniversaire, on offre un cadeau à celui qui prend des rides, et bien ce weekend-ci, la tendance s’est tout simplement inversée. Les organisateurs, Fred Tuscan et Fred Bourgeois pour ne citer qu’eux, n’y sont pas allés de main morte. L es quelques deux cents voies historiques du site, enrichies d’une bonne quarantaine de nouveautés toutes spécialement équipées pour l’occasion, ont ravi la bonne centaine de participants. Il aurait vraiment fallu être de mauvaise volonté pour ne pas reconnaître la qualité des nouvelles lignes proposées. Un rocher tout en couleur, dans une tendance plus ou moins déversante, pour des enchaînements allant d’un niveau des plus raisonnables aux pires horreurs. Au-delà de l’exercice d’ouverture, les responsables ont même poussé le vice jusqu’à ratisser l’ensemble des secteurs, histoire de rendre le produit fini irréprochable. C C Olivier Fourbet, 8a+ omme à toute fête, si inviter est une chose, il faut aussi savoir rassasier les convives. L’originalité et la qualité des voies du lieu proposé deviennent alors un enjeu majeur. Le choix s’est naturellement tourné vers le site du Cimaï. D’un point de vue symbolique, on ne pouvait pas mieux tomber : une falaise directement issue de l’âge de pierre de la grimpe comme lieu de festivité de la marque qui a inventé le chausson d’escalade. Qui dit mieux ? L a falaise du Cimaï, avec sa fâcheuse réputation de ne pas être des plus abordables, aurait pu faire fuir les participants potentiels aux antipodes afin d’y trouver des cotations plus douces et surtout plus valorisantes. Il faut bien avouer que l’on ne vient pas sur le site pour y randonner dans son degré favori. Les voies sont d’une telle exigence et d’une telle technicité, que l’on a plutôt intérêt à dépoussiérer son humilité. ’est dire l’attention minutieuse qui a été porté à la préparation. Dans ce contexte, que ce soient amateurs ou habitués des podiums, chacun a pu ainsi essayer les différents ravissements proposés. Mais étant donné la quantité et la complexité des projets, heureusement que le programme s’étalait sur deux jours tout en offrant une pose à la salle Culture Roc de Toulon. Cette soirée récupératrice n’avait alors vraiment rien de superflu. Toujours dans une ambiance des plus conviviales, les hôtes se sont confrontés au difficile choix entre le simple fait de se laisser tenter par quelques chopines histoire de diluer l’acide accumulé pendant la journée, ou plus simplement de se terminer dans des exercices beaucoup plus résineux. Charlotte Durif dans un nouveau 7b+ U ne fois le repos effectué, le retour s’en est retrouvé des plus fructueux. Des plombs à en faire pâlir plus d’un, des combats qui feraient frémir les guerriers les plus téméraires, des croix dignes de faire la une du 20 heures. Un sacré bon week-end. Pour réconforter celles et ceux qui ont manqué le rendez-vous : les voies ne bougeront pas et attendent de vous faire passer quelques agréables moments. 8 F ocus livre Texte : L. Guyon Bleau : Mes escalades dans le Massif des Gaux de Michais Après Noces de cendres, Le Mont Artamare, Pourquoi j’aurais dû mourir en montagne ? et L’Aiguille de l’M, Emmanuel Ratouis nous revient avec un nouveau livre, Bleau, Mes escalades dans le Massif des Gaux de Michais. Mais quelles surprises nous réserve ce titre un tantinet provocant ? M erlu, Jean-Brut, Bob Maximilien Love, Jackychan, Jean-Bernard, Raymond Cadillac, la Madame à la position du missionnaire… Il y en a des personnages, étranges et drolatiques, dans ce nouveau récit d’Emmanuel Ratouis. Les voilà qui se croisent et s’entrecroisent dans le Massif des Gaux de Michais ! À travers une série de saynètes bien construites, nous sommes transportés à Bleau, mais un Bleau à part, un Bleau à la limite du rêve, où l’extraordinaire s’épanche sans cesse dans la vie des grimpeurs. D ans une ambiance souvent surréaliste, ces bloqueurs (ou pseudo-bloqueurs) donnent un aperçu pittoresque des archétypes que l’on peut croiser en forêt : l’un fait des « mooves » (ou commente confortablement installé dans un transat, sirotant une 33 export), l’autre est un fervent adepte de la mythomanie, un troisième enfin préfère se concentrer sur la parade (des jolies grimpeuses, ça va de soi…). M ais au-delà des figures caricaturales mises en scène, le texte explore aussi l’inconscient. Réalisme et fond autobiographique d’une part, burlesque et métamorphose symbolique de l’autre, tels sont les éléments de ce petit livre désopilant qui, au fond, montre le chemin d’une libération. Car en arrière-plan, on retrouve toutes les thématiques chères à Emmanuel Ratouis, la psycho-généalogie notamment, ou comment échapper à un ego forcément marqué par son histoire familiale ! Disponible à partir de mai dans toutes les bonnes crèmeries et sur www.tupilak.com (18 ) 9 F ocus dvd Bloc ou big wall ? Difficile d’imaginer pratiques plus radicalement qualité dans la réalisation. Bref, de quoi satisfaire opposées ! Les deux DVD que nous vous présen- les amoureux de l’infiniment grand sans frustrer les tons ce mois-ci, Between the trees et The Asgard fanatiques de l’infiniment petit ! Project, les abordent avec une vraie exigence de Between the trees Véritable concentré de culture bloc, ce DVD relate le voyage de deux jeunes grimpeurs fins énervés : Ty Landman et Keith Bradbury. Le récit s’étire sur deux mois et se veut le reflet le plus exact possible de leur aventure. De fait, le film montre les hauts et les bas, les essais infructueux, les croix presque inattendues et toujours le plaisir à être dehors. On sera parfois surpris par l’effet « treuil » : ils sont tellement puissants qu’on a du mal à voir où réside la difficulté dans des blocs pourtant réputés retors ! Malgré tout, le parti pris du DVD est intéressant dans le choix des séquences. On y trouve une sélection assez large des plus beaux blocs de la forêt de Fontainebleau : classiques extrêmes, passages abordables, joyaux cachés, tous passent à la casserole, de Kheops à Gecko en passant par Karma. Et ça n’est pas pour nous déplaire ! L’idée de filmer à distance, entre les arbres comme l’indique le titre, est originale et judicieuse. La forêt devient un personnage à part entière et ce cadre implicite met en valeur les performances des grimpeurs. Assez spontané dans sa forme, le film n’évite pas un certain nombre de maladresses (comme les interviews un peu longuettes qui entrelardent le récit) mais le tout reste quand même bien plaisant à regarder ! The Asgard project sai. Il Lee n’en est pas à son coup d’es Le réalisateur britannique Alastair grimpe : Psyche et très beaux DVD de nous avait déjà épaté avec deux axé montagne, The s revient avec un documentaire plus On sight. Il nou n, le fillm, d’une beauté à couper Baffi Asgard project. Tourné en Terre de Leur de Leo Houlding et de son équipe. le souffle, nous entraîne sur les pas la face nord du première fois en libre projet, ambitieux : parcourir pour la met. et sauter en windsuit depuis le som Mont Asgard preérité à tous les étages. Après une Ambiance big wall donc et aust toute l’aventure, impossible, on suit mière séquence digne de Mission u’à sa réalisation. Dans ode de préparation du projet jusq depuis la péri ario ne nous épargne aucune des scén la pure tradition du film d’expé, le l’équipe : pépins logistiques, fatigue, difficultés auxquelles est confrontée rocher péteux… conditions météos changeantes, é, D’un bout à l’autre, le film reste rythm Mais la réussite est au rendez-vous. musique sert montage est nerveux, la captivant : jamais une longueur, le me cette parlques trouvailles scénaristiques com bien le récit et il y a que séquences d’escalade. À avec les tie d’échecs improvisée qui dialogue pe au taquet, agrémentée tarder, surtout si vous aimez la grim voir sans ! d’une bonne bouffée de grand air Between the trees Keith Bradbury Uncle Somebody productions 94 min Disponible en téléchargement HD ou en DVD sur www.unclesomebody.com The Asgard project Alastair Lee Posing productions ons.com/ Disponible sur www.posingproducti 10 t elescopage « Je me livre en aveugle au destin qui m’entraîne » Andromaque, Racine, Acte I, Scène 1 Séance de street climbing à Copenhague © Martin Paldan 11 par!dessus le marche Quand le polyamide devient Vert Une grande opération de recyclage des cordes d'escalade vient d’être lancée avec, au bout de la chaîne, transformation en boucles pour sacs à dos. De la collecte à votre dos, nous avons voulu en savoir plus sur la seconde vie de vos vieilles cordes. Rencontre avec Richard Bourdon, Responsable des Développements du Recyclage du polyamide chez Rhodia. a une vraie politique de développement de technologie propre pour apporter des solutions à nos clients. forme de granulés. C'est ce procédé qui avait été utilisé en 2008 par Millet pour la fabrication des cintres. Cette fois le choix a été d'utiliser le recyclage chimique. Après recyclage de ces cordes on obtient un nouveau polyamide qui se présente sous forme de granulés pouvant être utilisés pour la fabrication de boucles de sac à dos dans un premier temps ; mais nous pourrons voir d'autres pistes au sein du groupe Lafuma qui sont en cours de discussion. Quels sont les polyamides utilisés pour fabriquer les cordes d'escalade ? Il y a deux grandes familles de polyamide, liées à la structure de la molécule, le polyamide 6 et le polyamide 6.6, qui présentent chacune des caractéristiques spécifiques. Par exemple le polyamide 6.6 se différencie par des performances supérieures en termes de résistances chimiques et thermiques. En l'occurrence, pour Où les cordes sont-elles recyclées ? Qui s'occupe de rapatrier les cordes ? Le bilan carbone est-il positif si l'on tient compte des coûts de transport ? Cette opération est menée en partenariat avec Millet. Ils organisent et assurent la collecte des cordes. Ensuite, les cordes sont confiées à Rhodia qui les recycle dans l'une de ses usines en Pologne. Malgré l'acheminement jusqu'à l'usine de recyclage et le rapatriement des produits finis, le bilan carbone reste positif. En effet, le premier poste de dépense carbone dans un plastique est le polymère. Donc remplacer un polymère vierge par un polymère recyclé permet de supprimer le premier poste de production de carbone. De plus, la matière recyclée se substitue à la matière première qu'ainsi nous économisons. Par contre, les économies en termes financiers sont encore à démontrer, l'objectif qui a été fixé avec Millet est que cela ne coûte pas plus cher que la filière classique. La philosophie de Rhodia est de remplacer une matière fossile par une matière recyclée sans générer de surcoût. Nous remercions Richard Bourdon pour sa disponibilité et pour ses éclairages sur les procédés de recyclage des cordes d'escalade. Pouvez-vous nous présenter l'entreprise Rhodia ? Rhodia est un groupe de chimie présent mondialement. Nous avons réalisé un chiffre d'affaire de 4 milliards d'euros en 2009, dont environ 40% par notre activité Polyamide. Le polyamide est une résine synthétique, inventée historiquement pour le textile, puis pour produire des plastiques utilisés majoritairement dans l'automobile, mais aussi dans le bâtiment et le sport-loisirs. les cordes d'escalade c'est le polyamide 6 qui est utilisé. Pourquoi utiliser celui-ci ? Le polyamide 6 a été choisi car il propose un meilleur compromis technico économique pour cette application. Il est un peu moins cher que le polyamide 6.6, mais au delà ce sont ses capacités de dissipation progressive de l’énergie développée lors d’une chute qui sont importantes pour répondre aux fonctionnalités d'une corde d'escalade. Quels sont vos fonctions et votre rôle chez Rhodia ? Je m'occupe de développer des activités de recyclage des applications du polyamide. Nous nous préoccupons de la fin de vie de nos produits, en apportant notre savoir-faire de chimiste, c'est-à-dire, proposer des technologies pour revaloriser au mieux ces déchets. Il y a une demande de nos clients qui se diffuse très rapidement à tous les secteurs d'activités : les grands acteurs en fin de chaîne se sont fixés des objectifs de réincorporation de manière recyclée dans leurs produits. Chez Rhodia, il y Est-il recyclable ? Sous quelle forme ? Quelles sont les propriétés du polyamide recyclé ? Tout dépend du procédé de recyclage. Il y a deux solutions : la première consiste à dissoudre le polyamide et à le dépolymériser pour obtenir le monomère (caprolactame), puis nous le repolymérisons pour obtenir un nouveau polyamide 6, après l'avoir filtré et nettoyé. La seconde solution est plus un recyclage mécanique, qui consiste à broyer et refondre la matière. On obtient ainsi un polymère sous 12 c rashtest Spider et Goliath Vive le BLC ! Ce mois-ci, EscaladeMag a testé deux mousquetons à vis Simond, le Spider et le Goliath. Leur caractéristique principale : le système BLC, un doigt fil inox qui positionne le mousqueton dans le bon sens et évite tout risque de basculement. Pour un test grandeur nature, nous les avons confiés à l’équipe de grimpeurs et guides du Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne (PGHM) chargée des secours en montagne en Corse. Et bien sûr, à l’indémodable Nain Pact ! Voici leurs retours : L’analyse du Nain Pact En direct du portaledge l pour mes Le Spider, hyper compact, est idéa de bonne capacité et petites mains. Il est cueillir fasa forme en poire lui permet d’ac Son ent cabestan ou demi-cabestan. cilem De conception ouverture est très bien pensée. ne présenmonobloc, le nez du mousqueton rité qui pourrait s’accrocher te aucune aspé malencontreusement. capacité. Le Goliath est également de grande e grâce à sa forme évasée, il D’ouverture larg corps de facilite les manœuvres au relais. Son rnement du demisection ronde permet le retou tif. Seul petit cabestan, ce qui est un point posi s, qui sans être excessif, ne le bémol, son poid marché. place pas parmi les plus légers du surage au Utilisés pour relier un appareil d’as deux mousquetons offrent une harnais, ces empêche sécurité maximale : le système BLC et donc de trale mousqueton de se retourner toutefois à vailler dans le petit axe. Attention ur de votre pontet : il doit être revérifier la large en place lativement fin pour permettre la mise optimale du mousqueton. PGHM Corte « Ces mousquetons présentent un intérêt réel du point de vue de la sécurité. Nous les avons utilisés principalement en école d’escalade et en cascade de glace. Pour ceux qui pratiquent aussi la montagne, ils peuvent être très pratiques en évolution sur glacier. Pour le Goliath, sa forme en poire et sa grande ouverture facilitent les manipulations. Pour le Spider, la compacité et la légèreté sont vraiment appréciables. Sur les deux modèles, le système BLC permet un positionnement permanent du mousqueton dans son grand axe, augmentant la sécurité d’utilisation. Sur les deux modèles testés, la vis résiste bien dans le temps. Ce type de fermeture est le plus classique et le plus facile à manipuler, surtout si vous utilisez des gants pour assurer. Ceux qui préfèrent les mousquetons automatiques pourront toutefois s’orienter vers le Spider HMS Auto3 ou le Goliath HMS Auto3 de la même marque. » Points forts pacité, ferSpider : Système BLC, légèreté, com monobloc meture , grande Goliath : Système BLC, forme en poire ouverture 13 0110101010 111100010110100010000 001001111 1110001011010001000010001 0010011110110101010011001 001001111011010101001100101011011 0010110100010000 0 011110110101010011001010110111110 0101101111100010110100010000 0010 01101010100110010101101 100010110100010000 001001111 0100111101101010100110010101101111 0010110100010000111100 011110110101010011001010110111110 111100010110100010000 0010 I ntelligence artificielle Texte et photos : Olivier Broussouloux Tous dehors ! Le printemps est de retour ! Et avec lui les occasions d’aller en falaise pour concrétiser l’entraînement auquel vous avez consenti cet hiver sur les parcours artificiels de votre salle préférée. EscaladeMag vous propose de passer en revue quelques points importants afin que ce retour à la nature soit marqué par la réussite. zones d’adhérence (voir EM n°31). Et puis, il se trouve que ces prises sont parfois bien plus petites qu’au mur : plus difficiles à pointer, plus difficiles à charger… P S ans nul doute, le pan ou le mur vous aura permis de progresser. Mais attention : la varappe sur le vrai rocher présente des caractéristiques pour le moins différentes de l’escalade pratiquée sur le plastique. our remédier à cela, un bon exercice consiste, sur le mur où vous avez acquis des automatismes, à dé-stéréotyper temporairement la pose des pieds. Plutôt que des les placer comme d’habitude (de manière machinale), faites comme si vous découvriez les prises pour la première fois ; fixez visuellement sur chacune le point (et non plus la prise globalement) où viendra se poser le pied et pointez précisément, en faisant coïncider votre gros orteil avec la cible. Plus celle-ci est petite, plus le jeu est intéressant ! Adaptez-vous au style Trouvez les prises E V ous l’avez sans doute observé : sur le rocher les prises sont moins colorées ! Certes, la présence de magnésie indique bien les préhensions ; les traces de gomme sont de bons marqueurs des prises de pied. Mais si vous n’avez pas grimpé dehors depuis longtemps, la recherche de tous ces indices va requérir plus de temps que sur le mur et votre vitesse d’ascension va s’en ressentir. En bref, vous allez devoir rester plus longtemps sur les prises… n retournant dehors, il faut aussi s’attendre à ce que le type d’effort change : la gestuelle est souvent plus complexe que sur mur et implique plus de réajustements et de mouvements de rééquilibration. Surtout, il y a peu de chance que les voies soient aussi homogènes qu’à l’intérieur. Par conséquent, vous devez être prêt à vous adapter à des changements de rythme parfois brutaux. S conceri le premier cas de figure vous de tel que d’aller vous frotter au ne, rien ucoup à y jeu de la compétition ; il y a bea apprendre. S s une i la peur du vol vous tétanise, faite révisez l’asécole de chute à la salle et enaire : surage dynamique avec votre part votre confiance mutuelle et cela renforcera grimperez vous libèrera l’esprit quand vous en tête. L Pensez à la sécurité ! A fin de rendre cette étape moins pénible, simulez donc la situation sur le mur, en vous obligeant à tenir chaque prise plus longtemps que de coutume (3 à 5 secondes par exemple) : cela vous octroiera un peu plus de marge pour lire le rocher. a meilleure solution pour se préparer à cet aspect consisterait à grimper dans plusieurs salles et donc sur des styles variés. Comme souvent cela n’est guère envisageable, confiez à votre partenaire-assureur la tâche de vous dicter un cheminement de son choix, aussi saugrenu que possible, sans vous indiquer les prises trop à l’avance. Et tentez de réagir au mieux ! E man falaise, vous ne trouverez pas systé un mousqueton au sommet tiquement au pied qui des voies et surtout plus de tapis ur… amoindrirait le coût d’une erre R les prineprenez donc avec un moniteur les manœuvres de corde dont vous cipa manœuvre aurez besoin en falaise spor tive : linette ; installation d’un de maillon pour la mou rappel et descente auto-assurée. Préparez-vous mentalement [ Utilisez-les A 14 utre problème quand on revient en falaise : les pieds. Cela nécessite de retrouver les sensations de « grip » pour bien utiliser les E n falaise, la charge psychologique est souvent plus forte qu’au mur : elle peut concerner le versant motivationnel (vous souhaitez concrétiser et vous vous mettez la pression) ou affectif (vous avez peur dès que vous êtes au-dessus des points). (roSelon la falaise où vous grimpez uentation, cher moyen, grande fréq ), équipement plus ou moins engagé rajouter dans prévoyez un casque à la liste du matériel. [ p ortrait Yuji Hirayama Le jour où le soleil se leva enfin à l’est Yuji Hirayama est un des meilleurs grimpeurs au monde, une vraie légende. À quarante ans passés, le japonais étonne toujours par la force de sa motivation et par sa grande polyvalence : à vue, après-travail, escalade sportive, escalade traditionnelle, bloc, compétition, record de vitesse au Yosemite, rien ne lui échappe ! U ne fois n’est pas coutume, je commencerai cette évocation par un petit souvenir personnel. Je me trouvais en 1987 au Japon avec Marc Le Menestrel afin d’être parmi les premiers grimpeurs « occidentaux » à découvrir la naissance de l’escalade sportive en Asie. Invités par les journaux locaux à parrainer la première compétition officielle d’escalade de l’archipel, nous avions été fortement impressionnés par le talent du vainqueur, un jeune grimpeur d’à peine dix-huit ans, forcément totalement inconnu : Yuji Hirayama. « free-climbers » au Japon et de la visite de stars telles que Jerry Moffat et Stefan Glowacz. Cela va tout de suite donner à celui qui avait débuté par le judo le goût des voyages. Il a compris que son avenir passe d’abord par la découverte des endroits où l’escalade est en train d’exploser, les States et l’Europe, et plus précisément le Sud de la France. en pan d’entraînement, éventuellement destiné à une utilisation normale… M N I ous ne nous étions pas trompés, car depuis, Yuji est devenu une véritable légende. C’est probablement le grimpeur performant le plus polyvalent de ces vingt dernières années : voies dures, performances à vue, bloc, compétition, big walls, speed climbing, au fil des saisons, rien ne lui a échappé. l faut dire qu’avant lui, les japonais brillaient surtout en Himalaya et éventuellement dans les Alpes, mais la plupart du temps soit lors d’assaut de groupes assez laborieux, soit pour des solos kamikaze ! Yuji va bénéficier de la dynamique de la première génération de Escale en Europe ais cet entraînement intensif paie vite et bien. Une première victoire en Coupe du Monde à Nuremberg assoit définitivement sa notoriété grandissante. Son style félin et technique associé à une excellente intuition font merveille en à vue. Mais bien qu’il remporte le Master le plus prestigieux, celui d’Arco, il restera dans l’ombre du Big durant les premières années 90 au niveau des résultats en compétition. A près des premiers séjours assez convaincants au Yosemite puis autour de Buoux, son niveau explose rapidement pour atteindre le 8b. Il n’est pas encore au top-niveau des meilleurs mais ça fait déjà de lui le meilleur grimpeur d’Asie. L’épisode suivant est bien connu des grimpeurs français puisque c’est à partir d’Aix-en-Provence qu’il va sillonner les falaises européennes. En 1989, il s’installe en cohabitation avec François Legrand « The Big » dans un appartement totalement transformé A 16 près une période espagnole moins ascétique et quelques blessures, suivies d’une sévère reprise en main physique et mentale associée à une pratique intensive du yoga, son heure vient finalement au tournant du millénaire. Il gagne la Coupe du Monde en 98 et récidive en 2000. Cette double consécration mondiale va transformer son statut dans son pays. Transcendant le milieu fermé de l’escalade, il devient une véritable star du sport japonais avec tous les avantages mais aussi les pressions et obligations médiatiques que cela impose.
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