Hospitalia_14 - Page 1 - PAR JOËLLE HAYEK Rédactrice en Chef hères lectrices, chers lecteurs, Vous tenez entre vos mains le quatorzième numéro dʼHospitalia, LE magazine de news hospitalière dont la présente édition vous ravira à coup sûr ! Au menu ce mois-ci, la seconde partie du dossier « Stratégie des CHR et CHU » en écho aux demandes répétées des amis dʼHospitalia, dans laquelle quelques représentants du secteur privé, également conviés, sont venus nous entretenir de leurs perspectives dʼévolution. Et un dossier spécial « Sûreté à lʼhôpital », une problématique sur laquelle nous ne pouvions faire lʼimpasse – nombreux que vous êtes à y être confrontés, de près ou de loin, tous les jours ! En traçabilité nous sommes allés voir du côté du GS1 pour un tour dʼhorizon de ses derniers travaux destinés à faciliter la mise en œuvre de tels systèmes à lʼhôpital ; en pharmacie nous avons rencontré la présidente du syndicat repré- sentatif des PUI qui a très justement pointé du doigt certaines incohérences qui vous feront bondir ! Quant à la biologie, au vu des derniers cafouillages gouvernementaux autour de la réforme des laboratoires de biologie médicale, un point sʼest naturellement imposé avec le représentant des biologistes des hôpitaux. Mais, comme vous en avez désormais lʼhabitude, ce numéro dʼHospitalia aborde également dʼautres thèmes au cœur de votre exercice quotidien (hygiène, imagerie médicale, développement durable, blanchisserie, restauration, etc.) et, pour ne pas faire durer lʼattente trop longtemps, je vous invite à tourner cette page ! Bonne lecture, bonnes vacances et bel été, amis lectrices et lecteurs, et rendez-vous en octobre pour le quinzième Hospitalia ! C DIRECTEUR DE LA PUBLICATION Nelson Da Costa nelson.dacosta@hospitalia.fr RÉDACTRICE EN CHEF Joëlle Hayek joelle.hayek@hospitalia.fr ONT COLLABORÉ À CE NUMÉRO Vincent Diaz, Khadija Bendadda, Joyce Raymond, Mathieu Alfonsi, Daniel Bertrand, Pamela Claude, Hadrien Donnard, Michel Morkos, Tania Boccari, Christophe Lebreton, Isabelle Tini CRÉATION Nelson Da Costa ÉDITION Anthrax Sarl - 23/25 rue Jean-Jacques Rousseau 75001 Paris Sarl au capital de 8 000 € Siret : 493 731 772 DÉPARTEMENT DÉVELOPPEMENT & ARTISTIQUE Roc Riant, 5 Promenade du Clair de Lune 35800 Dinard IMPRESSION Print Courtage, 13003 Marseille printcourtage@orange.fr SERVICE PUBLICITÉ tél : 02 99 16 04 79 commercial@hospitalia.fr ISSN : 1960-1298 Dépôt légal : à parution SOMMAIRE Hospitalia HOSPITALIA #14 / JUILLET 2011 PROCHAIN NUMÉRO - OCTOBRE 2011 34 ONVH : ZOOM SUR LE RAPPORT 2010 36 ACSES, ACTEUR DE LA SÉCURITÉ ET SÛRETÉ À LʼHÔPITAL 38 QUELLES RÉPONSES TECHNIQUES POUR LA SÛRETÉ À LʼHÔPITAL ? 40 SÛRETÉ : LʼEXEMPLE DU CH DE GONESSE EN COUVERTURE P. 68 P. 78 P. 28 ACTUS DÉPENDANCE 08 Coup de projecteur : les aidants familiaux 09 Quelle place pour les aidants familiaux ? IHF 10 Retour sur les Rencontres de l’Ingénierie Hospitalière EHPAD 12 La réforme tarifaire des EHPAD vue par le SYNERPA BIOMÉDICAL 14 Actualité chargée pour l’AFIB CONFORT 15 Le CH Émile-Roux a choisi Sulpice TV CONSTRUCTION 16 Construction et développement durable 18 LeCHdeDieppefaitpeauneuve SIH 20 Agenda : lesAssises de la Sécurité 2011 22 ATHOS prépare ses 20èmes Journées Nationales 23 Medasys : des solutions qui font du bruit ! HYGIÈNE 24 Prévention nationale des IAS : état des lieux 25 Tork, acteur de la sécurité des soins IMAGERIE 26 Zoom sur l’exposition médicale aux rayons X RESTAURATION 28 Les spécificités de la restauration collective 30 Les combats de l’ACEHF 32 Qualité des repas : quelques mesures de bon sens 33 Tecnorest, partenaire efficace des équipes de restauration PROFESSION DG 42 Gérard Vincent : FHF 44 Jean-Loup Durousset : FHP 46 PatriceBarberousse:CHRUBesançon 47 Bernard Dupont : CHRU Brest 48 Gérard Besanger : Groupe HPM 50 Michel Calmon : CHR La Réunion 51 Philippe Domy : CHRU Montpellier 52 Philippe Vigouroux : CHU Nancy 53 Bernard Roehrich : CHRU Tours PHARMACIE 54 Le SNPGH sur plusieurs fronts 60 Pharmacovigilance : le rapport de l’IGAS 61 Robotik Technology apporte la solution qualité du circuit sécurisé du médicament en milieu hospitalier 62 Agenda : les 6èmes Rencontres CSH 63 VIDAL, pour l’élaboration d’une juste stratégie thérapeutique 64 La démographie pharmaceutique sous la loupe 65 BCB Dexther pour des prescriptions sécurisées 66 Quel rôle pour le pharmacien en EHPAD ? 67 Le pilulier OREUS a convaincu l’EHPAD Saint-Rémy-de-Provence TRAÇABILITÉ 68 La traçabilité à l’hôpital vue par GS1 France 70 Zoom sur le Guide des données de traçabilité à l’hôpital BIOLOGIE 72 Réforme de la biologie médicale : le SNBH prend position 77 Transport des matières biologique : l’innovation EBTS BLANCHISSERIE 78 Une actualité chargée pour l’URBH 81 Rhônes-Alpes : la BIHLSUD, projet avant-gardiste P. 54 BRÈVES 06 Hospitalia #14 LES PRIX HIT 2011 Remis lors de HIT 2011 (organisé du 17 au 19 mai derniers à Paris), ces Prix ont récompensé les équipes ayant contribué à la moderni- sation de leur organisation ou à la modernisation du système de santé et de l’offre de soins grâce aux SI de santé. - Prix Télémédecine : Réseau des Urgences Neurologiques de la région Franche-Comté (1er Prix) ; Mutualisation de la permanence des soins en imagerie médicale par télé-radiologie en Lorraine et, de manière plus globale, efforts déployés par la région en matière de télémédecine (2ème Prix) ; Terminal pour la e-remédiation assistée par ordinateur (Projet eTheR) déployé au Centre Émotion, Remédia- tion et Réalité Virtuelle de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris (3ème Prix). - Prix Communication Ville-Hôpital : Mise en œuvre d’une solution d’automatisation et de sécurisation des échanges dématérialisés ville-hôpital au CHU de Rennes (1er Prix) ; Espace Numérique Régional de Santé de la région Aquitaine (2ème Prix) ; E-HAD (projet Medigate) de la Clinique Pasteur à Toulouse, ex-aequo avec le Dossier Médical Partagé de l’HAD au CH de Chambéry (3ème Prix). - Prix SI décisionnel : SI décisionnel du CHU de Montpellier (1er Prix) ; Conception d’une aide au diagnostic de pathologies cérébrales graves par le Pr François Nicoli, chef de l’Unité Neuro-vasculaire de l’hôpital de la Timone à Marseille (2ème Prix) ; Système « Trajec- toires » d’aide à l’orientation et au transfert des patients requérant une prise en charge au sortir des soins aigus, porté par l’ARS de la région Rhône-Alpes (3ème Prix). - Grand Prix HIT Paris 2011 : Pr Louis Lareng, Président du GIP Réseau Télémédecine et eS@anté Midi-Pyrénées, Administrateur du GCS Télésanté Midi-Pyrénées, « inventeur » du SAMU et pionnier de la télémédecine en France. AGENDA : INTERNATIONAL RFID CONGRESS Les 4 et 5 octobre 2011 se tiendra, à Lille, la 2nde édition de l’International RFID Congress, une manifestation organisée par le Centre National de Référence RFID en partenariat avec le Pôle de Compétitivité des Industries du Commerce, GS1 et CITC-EuraRFID. Au programme : conférences internationales de leaders mondiaux impliqués dans le déploiement de la RFID, démonstrations grandeur nature d’applications RFID/NFC et rencontres business ! Inscriptions et Informations sur : www.rfid-congress.com CRÉATION DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE DÉPISTAGE NÉONATAL (SFDN) Ayant pour vocation de rassembler l’ensemble des professionnels impliqués dans la mise en œuvre du dépistage néonatal sur le territoire, cette nouvelle société savante favorisera les rencontres et échanges entre les professionnels concernés (pédiatres, biologistes, gynécologues-obstétriciens, sages-femmes, médecins de Santé Publique, ORL, généticiens, etc.). Son bureau provisoire comprend 3 membres : un Président (Pr Michel Roussey, pédiatre – CHU de Rennes), un Secrétaire Général (Pr Jean-Louis Dhondt, GHICL – Faculté Libre de Médecine de Lille), et un Trésorier (Pr Jacques Sarles, pédiatre – hôpital d’enfants de la Timone, CHU de Marseille). PARTENARIAT INÉDIT ENTRE LA FONDATION HOSPITALIÈRE SAINTE- MARIE ET L’ATELIER DOISNEAU Impliquée dans le renforcement de sa politique culturelle, la Fondation Hospitalière Sainte-Marie a signé, en juin 2011, un partenariat avec l’Atelier Doisneau dans le cadre de la construction d’un nouveau bâtiment, baptisé «pôle médico-social » et situé dans le 18ème arrondissement de Paris. C’est le deuxième partenariat que la Fondation signe avec un grand nom de la photographie, après celui mis en place pour le Centre Paris Sud avec la donation Jacques-Henri Lartigue en 2009. Opérationnel en 2013, son nouveau « pôle mé- dico-social » prendra en charge et accompagnera la dépendance physique et psychique des adultes handicapés vieillissants, des personnes âgées dépendantes, des patients souffrant d’Alzheimer et des jeunes autistes ; l’accord avec l’Atelier Doisneau permettra d’y créer un espace de vie et de soins dédié à l’imaginaire et à la découverte des œuvres du célèbre photographe. SIRIC : DEUX CLCC LABELLISÉS L’Institut national du cancer (INCa) a annoncé, le 20 juin 2011, la labellisation de deux premiers sites de recherche intégrée sur le cancer (SIRIC) sur les 5 prévus d’ici 2013, qui bénéficieront de 1,8 M€ par an sur 5 ans : l’Institut Curie (CLCC de Paris) et le Groupement de Coopération Sanitaire (GCS) constitué par le Centre Léon Bérard (CLCC de Lyon) et les Hospices civils de Lyon. Le SIRIC Institut Curie, qui concentre sur un site principal les caractéristiques essentielles des SIRIC en termes de masse critique médicale et scientifique de haut niveau et de ressources humaines, biolo- giques et technologiques pour le développement de programmes de recherche pluridisciplinaires, associe plusieurs institutions partenaires ainsi que les Universités Paris V, VI et XI ; il compte 83 équipes de recherche et propose 8 programmes de recherche intégrée. Quant au SIRIC de Lyon (LYRIC), il propose 3 programmes de recherche dont le fil conducteur est la progression dans le développement de thérapies ciblées. Plus d’infor- mations sur www.e-cancer.fr AGENDA : L’UNIVERSITÉ D’ÉTÉ DE LA E-SANTÉ Organisée à Castres (Midi-Pyré- nées) du 6 au 8 juillet 2011, l’Université d’Été de la e-santé s’adresse aussi bien aux indus- triels du secteur des technologies et de la santé et aux profession- nels de santé qu’aux associations de patients, décideurs, élus, repré- sentants de collectivités, chercheurs, enseignants, étudiants, et acteurs de la protection sociale. Visant à mieux répondre aux enjeux d’un secteur innovant en plein développement, cette manifestation de portée nationale s’ouvre cette année plus large- ment sur l’Europe et se positionne autour d’une double approche, des journées d’expertise et de veille économique et technolo- gique et des rencontres d’affaires. Ses cinq conférences et débats et ses quinze ateliers, tous validés par un comité scientifique composé d’experts de la santé et de grands industriels, sont bâtis autour de 3 axes thématiques (« dépendance des personnes âgées : les enjeux, les investissements, les nouveaux métiers », « comment lever les freins au développement de la e-santé : les contraintes juridiques, économiques, techniques, normatives, etc. », et « les réalisations et projets e-santé remarquables en 2011 : en Midi- Pyrénées, en France, en Europe ») afin de répondre aux attentes de tous. Les quelques 650 visiteurs attendus, professionnels de la santé et des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) pourront en outre découvrir les dernières innovations présentées dans le cadre d’une exposition technique (présentation de solutions appuyées sur des démons- trations), elle-même complétée par un espace pour les rendez-vous d’affaires. Les Tro- phées de la e-santé 2011 y seront enfin remis dans trois catégories (usages, technologies et services, enseignement supérieur). À savoir, l'association FORMATICSanté, partenaire de l'organisation du programme de ces Journées, animera des ateliers et une table ronde au cours de la journée du 8 juillet dédiée à la formation des personnels de santé, en collaboration avec l'École d'Ingénieurs ISIS. Renseignements et inscriptions (gratuites, mais obligatoires !) : www.universite-esante.com Juillet 2011 07 08 Hospitalia #14 DÉPENDANCEACTU La réforme de la dépendance, grand chantier de l’année 2011, ne peut faire l’impasse sur le rôle essentiel joué par les aidants familiaux dans le maintien à domicile des personnes âgées et/ou dépendantes. Une première piste serait de s’en référer aux documents officiels qui explici- tent leur place, besoins et attentes. COUP DE PROJECTEUR : LES AIDANTS FAMILIAUX DES ACTEURS ESSENTIELS MAIS MÉCONNUS PAR TANIA BOCCARI L e « Guide de l’Aidant Familial », publié en avril 2007 par le Ministère de la Famille et de l’Enfance afin de mieux soutenir ces acteurs de la prise en charge dont le nombre croissant est à corréler avec le vieillissement global de la population et l’impact des progrès de la médecine sur l’allongement de la durée de vie, liste ainsi, après un bref rappel de l’aspect multiforme de leur activité (« nursing, soins, accompagnement à l’éducation et à la vie sociale, démarches administratives, coordination, vigilance, soutien psychologique, activités domestiques, … »), les interlo‐ cuteurs institutionnels et les droits du proche et de l’aidant, et propose toute une série de pistes pour les aider à mieux vivre au quotidien (organisation, environnement, répartition des rôles et des tâches entre professionnels de santé et aidants, solutions de répit, formations spécialisées, etc.). La même année, Coface Handicap a édité une « Charte Européenne de l’Aidant Familial », conçue comme un outil de référence à destination des organisations représentatives de personnes en situation de handicap et/ou de dépendance ainsi que de leurs familles au sein de l’Union Européenne, et des instances officielles de l’Union. Plus d’informations auprès de l’Association Française des Aidants, www.aidants.fr LES AIDANTS FAMILIAUX EN FRANCE (ÉTUDE RÉALISÉE EN 2008 PAR LE PANEL NATIONAL DES AIDANTS FAMILIAUX BVA ET LA FONDATION NOVARTIS) - L’aide de proximité implique entre 3,3 et 3,7 millions de personnes. Elle en concerne, de près ou de loin, environ 10 millions. - 46% des aidants exercent une activité professionnelle (soit 1 actif sur 12). 51% des aidants en ont eu une dans le passé. - Les aidants sont majoritairement fémi- nins (60%). Mais la masculinisation est engagée (notamment auprès d’aidants âgés) et les aidants jeunes apparais- sent (5%). - Les aidants sont plus âgés que le reste de la population : 57% ont plus de 50 ans, l’âge moyen s’établissant à 64 ans. - 17 à 18% des aidants évoluent dans le cercle amical ou le voisinage. - Il n’y a pas de disparité entre régions (Nord/Sud) ni entre nature de foyers (Rural/Urbain). - 76% des aidants le sont depuis au moins 4 ans, et 34% depuis au moins 10 ans. - Interrogé sur ses motivations pour aider ou accompagner un proche, le panel sélectionné dans le cadre de cette étude a cité, dans l’ordre, les liens familiaux (75%), les valeurs de vie (55%), le devoir (48%). Une majorité d’aidants (54%) a par ailleurs affirmé préférer s’occuper eux-mêmes de la coordination et de l’organisation des soins et de la vie de leur proche, plutôt que les confier à un professionnel. Qui sont les aidants ? Dr Bruno Gaudeau : Ce sont 4 millions de personnes qui accompagnent quotidiennement un malade en situation de dépendance, souvent un proche auprès duquel ils interviennent bénévolement. Au vu de leur nombre en constante augmenta‐ tion et de l’apport incontestable‐ ment bénéfique de leur action pour le système de santé ‐ puisqu’ils contribuent au maintien à domicile et donc à la limitation des coûts d’hospitali‐ sation ‐, il apparaît nécessaire de mieux définir leur place, leurs missions et leurs responsabilités afin de leur permettre de pour‐ suivre leurs actions dans un cadre plus structuré. Il conviendrait, par exemple, d’établir s’il s’agit d’un nouveau métier impliquant une formation spécifique, ou de délimiter les champs couverts par des éventuelles délégations de tâches. D’autant qu’aujourd’hui les professionnels de santé intervenant à domicile ont tendance à oublier d’inclure les aidants dans l’organisation des soins alors que ceux‐ ci sont essentiels à la prise en charge des personnes dépendantes. Que préconisez-vous ? Il faudrait, par exemple, désigner un coordinateur du maintien à domicile, en créant un emploi dédié d’infir‐ mier‐coordinateur qui régirait les rapports entre les différents intervenants, professionnels de santé comme aidants familiaux, et qui établirait leurs responsabilités respectives. On pourrait également s’appuyer sur les pôles et maisons pluridisciplinaires de santé qui se constituent actuellement pour y intégrer ces nouveaux acteurs de la prise en charge que sont les aidants. Le rôle des médecins de proximité devrait par ailleurs être valorisé afin de soutenir la gestion quotidienne d’un malade à domicile et éviter, autant que possible, les hospitalisations non justifiées – bien que les probléma‐ tiques de démographie médicale pourraient, à l’avenir, limiter les interventions de ces médecins généralistes. Ces recommandations visent à établir des synergies entre les différents acteurs pour mieux reconnaître le rôle de chacun dans une volonté d’amélioration de l’organisation des soins à domicile. Bien qu’il existe aujourd’hui un certain nombre d’initiatives locales, dont certaines fonctionnent bien, l’absence d’une structura‐ tion nationale pénalise et continuera de pénaliser les aidants familiaux. Le Groupe Pasteur Mutualité organise, le 4 novem- bre prochain, un colloque autour de ces questions. Celui‐ci se tiendra à la Maison de la Chimie à Paris. Il permettra, d’une part, de dresser un état des lieux à travers des témoignages d’infirmiers, d’aides‐soignants et d’aidants et, d’autre part, de proposer des pistes en vue d’une meilleure structuration du maintien à domi‐ cile des personnes dépendantes. Pour plus d’informa‐ tions, je vous invite à consulter prochainement le site Internet de Groupe Pasteur Mutualité, www.gpm.fr. Rencontre avec le Docteur Bruno Gaudeau, Président de Groupe Pasteur Mutualité, qui revient sur la place des aidants (notamment familiaux) dans le système de santé, et en appelle à une meilleure structuration de leur rôle. QUELLE PLACE POUR LES AIDANTS FAMILIAUX ? UNE RÉFLEXION DE GROUPE PASTEUR MUTUALITÉ PAR JOËLLE HAYEK Dr Bruno Gaudeau Juillet 2011 09 10 Hospitalia #14 IHFACTU Le Palais des Congrès de Paris a accueilli, du 30 mai au 1er juin dernier, la quatrième Conférence Européenne de l’Ingénierie hospitalière, organisée par l’association des Ingénieurs Hospitaliers de France (IHF) en conjonction avec ses 51èmes Journées d’Étude et de Formation. RETOUR SUR LES RENCONTRES DE L’INGÉNIERIE HOSPITALIÈRE UN CONGRÈS PARTICULIÈREMENT RICHE PAR MICHEL MORKOS M anifestation biennale du Groupe Régional Euro‐ péen (IFHE Europe) de la Fédération Internationale de l’Ingénierie Hospita‐ lière (International Fede‐ ration of Hospital Engineering, ou IFHE), cette Conférence européenne, organisée cette année parallèlement aux Journées de l’IHF, a accueilli 257 congressistes, 55 speakers et 90 visi‐ teurs. Composée d’une séance plénière (« Vers une ingénierie hospitalière eu‐ ropéenne ») , d’un symposium (« Conta‐ mination bactérienne des réseaux d’eau sanitaire, problématiques et solutions »), de douze ateliers (abordant notam‐ ment les questions liées au développe‐ ment durable et à l’énergie, à la planification, à la conception architec‐ turale, aux équipements techniques, aux technologies de l’information et de Juillet 2011 11 LES ORGANISATEURS - IFHE : créée en 1970, cette organisation non gouvernementale à but non lucratif est composée de près d’une trentaine d’asso- ciations de l’ingénierie hospitalière représentant tous les conti- nents : Afrique (Afrique du Sud, Ouganda), Amérique (Argentine, Brésil, Canada, États-Unis, Uruguay), Asie (Corée, Inde, Japon, Malaisie) Europe (Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Es- pagne, Finlande, France, Italie, Norvège, Pays-Bas, Royaume- Uni, Suisse), Océanie (Australie, Nouvelle- Zélande). - IFHE Europe : créée en septembre 2005 à Strasbourg, elle re- groupe les associations de l’ingénierie hospitalière de douze pays : Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France, Italie, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni, Suisse. - IHF : Fondée en 1956 et ouverte à l’ensemble des acteurs de l’ingénierie hospitalière (plus de 400 adhérents, issus des sec- teurs public et privé), elle vise à promouvoir les technologies de l’ingénierie hospitalière et de la fonction technique à l’hôpital au travers d’échanges d’informations et de retours d’expériences. la communication, à l’hygiène hospitalière, à la mainte‐ nance et au management de l’exploitation, aux équipe‐ ments biomédicaux, à la gestion des risques et de la qualité) et d’une dizaine de forum permettant aux in‐ dustriels de présenter leurs dernières solutions, la ren‐ contre a également accueilli une riche exposition technique (84 stands exposants et 434 industriels, fournisseurs, prestataires et consultants présents) afin « de promouvoir un partage d’expérience devant favori- ser l’innovation, le benchmarking et la mise en place de référentiels européens communs », selon le souhait de Jacques Roos, Président d’IHF. Jacques Roos, Président d’IHF : « Promouvoir un partage d’expérience devant favoriser l’innovation » Commençons par une présentation du SYNERPA. Florence Arnaiz Maumé : Premier syndi‐ cat des EHPAD privés, il regroupe 1750 établissements – dont 80% à statut com‐ mercial et 20% à statut associatif – pour un total de 115 000 lits répartis sur toute la France. C’est le pendant médico‐social de la Fédération de l’Hospitalisation Privée avec laquelle il partage une Convention Collective Unique. Quels sont vos axes de travail actuels ? D’une part la réforme de la dépendance et les différents groupes de travail nationaux y afférents auxquels nous sommes asso‐ ciés, et d’autre part, la campagne budgé‐ taire 2011 qui s’avère calamiteuse : très faible taux de revalorisation des dotations soins, non renouvellement des conven‐ tions tripartites arrivant à échéance (ce qui aboutit à figer les recrutements dans plus de 2000 EHPAD pour 2011), retour en arrière sur le tarif global de soins… Nous sommes dans une période incertaine et mouvante… Qu’en est-il de la réforme tarifaire des EHPAD (loi de 2008) ? Elle vise à réduire les écarts, à niveau de dépendance et capacité identiques, entre établissements privés et publics, aujourd’hui inégalement dotés par l’Assu‐ rance Maladie pour assurer les soins aux personnes âgées hébergées. Cette réforme implique donc à la fois la mise en œuvre d’une convergence tarifaire et celle d’un nouveau mode de tarification à la res‐ source. La loi est votée depuis 2008 mais son décret d’application n’est toujours pas paru – un retard du à l’opposition du secteur public, historiquement mieux doté que le privé. Le SYNERPA ne soutient d’ailleurs pas non plus la convergence tarifaire telle qu’elle a été mise en place par l’État, à savoir essentiellement à la baisse. Par souci d’équité, nous sommes toutefois très attachés à la tarification à la ressource (qui porte sur 2 points, la tarifi‐ cation « dépendance » et la tarification « soins »). Pour le volet tarification « soins », un résident devrait pouvoir bénéficier des mêmes crédits d’Assurance Maladie, qu’il soit hébergé dans le secteur public ou dans le secteur privé. Le volet tarification « dépendance » sera plus complexe à mettre en œuvre puisqu’il est de l’autorité des conseils généraux, donc très décentra‐ lisé et hétérogène. La réforme comportait enfin un dernier point, qui devait être appliqué dès le 1er janvier 2011, la réintroduction des médicaments dans le budget « soins » des EHPAD. Les expéri‐ mentations menées sur le terrain en 2010, qui ont fait l’objet d’un rapport de l’IGAS, n’ont pas été concluantes en terme d’im‐ pact de cette réintroduction sur le budget de l’Assurance Maladie, ce qui repousse le chantier au 1er janvier 2013. Nous espé‐ rons cependant que le décret d’application sur le volet tarification à la ressource paraîtra sous peu, par exemple dans le cadre de la réforme de la dépendance. 12 Hospitalia #14 SYNERPAACTU Déléguée Générale du SYNERPA (Syndicat National des Établisse- ments et Résidences Privées pour Personnes Âgées), Florence Arnaiz Maumé revient sur la réforme tarifaire des EHPAD. LA RÉFORME TARIFAIRE DES EHPAD VUE PAR LE SYNERPA UNE LOI DONT LE DÉCRET D’APPLICATION SE FAIT ATTENDRE « Nous sommes dans une période incertaine et mouvante…» PAR JOËLLE HAYEK Florence Arnaiz Maumé 14 Hospitalia #14 AFIBACTU Rencontre avec Martine Decouvelaere à l’issue de son 2nd et dernier mandat à la tête de l’Association Française des Ingénieurs Biomédicaux (AFIB). ACTUALITÉ CHARGÉE POUR L’AFIB AXES DE RÉFLEXION FUTURS ET CONGRÈS NATIONAL PAR JOËLLE HAYEK L’année 2011 est marquée par l’aboutissement d’une réflexion autour du métier d’ingénieur biomédical, entamée au printemps 2010. Martine Decouvelaere : L’AFIB a en effet initié, au 2nd semestre 2010, une analyse stratégique de notre métier en partenariat avec un consultant extérieur, ce qui a permis d’identifier dans un 1er temps les principales tendances actuelles du métier d’ingénieur biomédical et les tendances envi‐ ronnementales qui l’impactent. Et, dans un 2nd temps, d’élaborer un compte‐rendu dont les conclusions ont été publiée lors des dernières Journées Internationales de l’Ingé‐ nierie Hospitalière à Paris. Quelles ont été vos principales conclusions quant à l’évolution de votre métier ? La place des ingénieurs biomédi‐ caux dans l’environnement hospi‐ talier devra être renforcée, de même que la communication de l’AFIB à destination des décideurs hospitaliers afin qu’ils utilisent mieux les compétences biomédicales dont ils disposent. Les ingénieurs biomédicaux devront par ailleurs élargir leur expertise afin de gérer aussi bien l’environnement technique que humain du matériel biomé‐ dical. Ils devront en outre mieux tenir compte de l’impact financier des technologies médicales, et réfléchir en termes de retour sur investissement. Enfin, l’AFIB devra dévelop‐ per les partages d’expériences et les travaux en réseau afin d’accompagner ces nouvelles tendances et de proposer aux ingénieurs biomédicaux de nouvelles perspectives d’évolu‐ tion professionnelle. Quels seront donc les futurs axes de travail de l’AFIB ? Les pistes d’action à l’étude sont les suivantes : l’Association devra, d’abord, développer sa commu‐ nication interne en faisant évoluer ses outils d’échanges avec ses adhérents, et sa communication externe (institutions, grand public) afin de consoli‐ der le positionnement des ingénieurs biomédicaux dans leur environnement. L’AFIB s’engagera ensuite dans la définition d’indicateurs et le développement du benchmarking. Et enfin dans la production de documents explicatifs à destination du grand public comme des professionnels. Ces axes seront portés par mon successeur à la tête de l’AFIB, lequel sera élu durant nos Journées nationales du 19 au 21 septembre prochains à Saint‐Malo. Justement, quels thèmes seront au cœur de ces Journées ? Développés par l’équipe de l’AFIB pour la région Bretagne, ils s’appuient sur les points forts régio‐ naux, en l’occurrence la cardiologie, thème central des séances plénières. Les séances techniques abor‐ deront quant à elle aussi bien l’informatique que les nouvelles technologies, la télésanté, la radiothérapie, la chirurgie mini‐invasive, etc. tandis que le forum technologique fera la point sur l’actualité profession‐ nelle. Pour le programme détaillé et les modalités d’inscription, je vous invite à consulter notre site Internet, www.afib.asso.fr. Retrouvez l’intégralité de l’entretien sur www.hospitalia.fr Martine Decouvelaere
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