Hospitalia_16 - Page 1 - Hospitalia 16 - Janvier 2012 ////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////// mies lectrices, amis lecteurs, Tout d’abord, je m’associe à toute l’équipe d’Hospitalia pour vous faire part de nos meilleurs vœux pour cette nouvelle année 2012 ! Avec une grande inconnue : celle-ci, placée sous le signe des prochaines élec- tions présidentielles et après une année 2011 marquée par de sordides scandales sanitaires, offrira-t-elle un moment de répit aux hôpitaux, submergés par une pléthore de réformes depuis 2007 ? Ne pouvant anticiper l’avenir et souhaitant commencer l’année en beauté, Hospitalia a choisi la voie de l’optimisme en allant voir, du côté des CHR et CHU - mais aussi de représentants du secteur privé et ESPIC - quels étaient les événements qui ont marqué leur actualité en 2011 et quelle promesse porte en elle l’année qui com- mence. Un bilan d’étape, en quelque sorte, qui fait écho à un premier dossier publié l’an dernier (en janvier et en juillet 2011, pour ceux qui l’auraient raté !) et qui était consacré aux stratégies d’établissement de ces acteurs majeurs de l’organisation des soins. Ce que nous en concluons ? Bien que soumis à d’importantes pressions financières - et la crise économique mondiale n’arrange rien -, les établissements hospitalo-universitaires s’investissent plus que jamais dans la restructuration de leurs activités et la modernisation de leur modèle organisationnel afin de répondre toujours mieux aux besoins sanitaires de leurs populations. Ce renforcement du triptyque soins-enseignement-recherche, conjugué à une ouverture accentuée vers les établis- sements de santé voisins et la médecine de ville, s’inscrit dans la volonté sans cesse réaffirmée d’adapter le système de santé public aux défis du XXIème siècle. Et donc de pérenniser un modèle dont la disparition serait tragique – le mot est faible ! Outre ce dossier dont la lecture, nous osons le croire, vous passionnera, Hospitalia vous a concocté, fidèle à son habitude, un numéro aux petits oignons : nouvelles dispositions relatives à l’hygiène hospitalière et entretiens décoiffants avec des experts en la matière, mise en œuvre d’une politique d’identito-vigilance, application de la méthode RABC dans les blanchisseries hospitalières, augmentation du numerus clausus, prise en charge des escarres, détection et traitement du cancer du sein, traçabilité et codification, sécurisation de la pharmacie, etc. pour ne citer que quelques uns des articles au sommaire de ce 16ème numéro ! Mais nous vous laissons le plaisir de la découverte, chères lectrices et chers lecteurs, et vous donnons rendez-vous dans trois petits mois ! A DIRECTEUR DE LA PUBLICATION Nelson Da Costa nelson.dacosta@hospitalia.fr RÉDACTRICE EN CHEF Joëlle Hayek joelle.hayek@hospitalia.fr ONT COLLABORÉ À CE NUMÉRO Vincent Diaz, Joyce Raymond, Mathieu Alfonsi, Daniel Bertrand, Pamela Claude, Michel Morkos, Tania Boccari, Farah Khalil, Christophe Lebreton, Gérard Allal, Hadrien Donnard CRÉATION Nelson Da Costa ÉDITION Anthrax Sarl - 23/25 rue Jean-Jacques Rousseau 75001 Paris Sarl au capital de 8 000 € Siret : 493 731 772 DÉPARTEMENT DÉVELOPPEMENT & ARTISTIQUE Roc Riant, 5 Promenade du Clair de Lune 35800 Dinard IMPRESSION Print Courtage, 13003 Marseille printcourtage@orange.fr SERVICE PUBLICITÉ tél : 02 99 16 04 79 commercial@hospitalia.fr RÉDACTION redaction@hospitalia.fr ISSN : 1960-1298 Dépôt légal : à parution www.hospitalia.fr ÉDITOHospitalia Janvier 2012 03 /////////////////////////////////////////// PAR JOËLLE HAYEK, Rédactrice en Chef HOSPITALIA #16 / JANVIER 2012 SOMMAIRE PROCHAIN NUMÉRO - AVRIL 2012 CONFÉRENCE DES DG : 30 ALAIN HÉRIAUD CHR / CHU : 31 AP-HM : JEAN-PAUL SÉGADE 32 AP-HP : MIREILLE FAUGÈRE 34 ANGERS : YANN BUBIEN 35 BORDEAUX : ALAIN HÉRIAUD 36 BREST : BERNARD DUPONT 38 CAEN : ANGEL PIQUEMAL 40 CLERMONT-FERRAND : ALAIN MEUNIER 41 DIJON : PIERRE-CHARLES PONS 42 LA RÉUNION : MICHEL CALMON 43 LILLE : YVONNICK MORICE 44 LIMOGES : HAMID SIAHMED 45 LYON : DANIEL MOINARD 46 METZ-THIONVILLE : VÉRONIQUE ANATOLE-TOUZET 47 MONTPELLIER : PHILIPPE DOMY 48 NANTES : CHRISTIANE COUDRIER 49 NICE : EMMANUEL BOUVIER- MULLER 50 NÎMES : NICOLAS BEST 52 ORLÉANS : OLIVIER BOYER 54 GH PARIS SAINT-JOSEPH : JEAN-PATRICK LAJONCHÈRE 55 POITIERS : JEAN-PIERRE DEWITTE 56 SAINT-ÉTIENNE : FRÉDÉRIC BOIRON 57 STRASBOURG : PATRICK GUILLOT 58 TOULOUSE : JEAN-JACQUES ROMATET 59 VITALIA : CHRISTIAN LE DORZE EN COUVERTURE P. 76P. 60 ACTUS TECHNOLOGIE 07 Coup de projecteur : l’innovation Venoscope 08 L’engagement de E-Santé Technology DÉMOGRAPHIE 10 La valse du Numerus Clausus 11 L’avis du Dr Bruno Gaudeau (Groupe Pasteur Mutualité) CONSTRUCTION 12 L’hôpital, un environnement en mutation 13 Ingerop, partenaire de vos projets immobiliers SÉCURITÉ 14 Patients fragiles : comment prévenir les sorties de lits ? 15 Innovation : EMFIT, by Abilanx 16 Coup de projecteur : les éthylotests 17 Seton et Securimed, quand la qualité est au rendez-vous CONFORT DU PATIENT 18 Sulpice TV, un acteur engagé pour le confort patient ESCARRES 20 Quelle prévention pour les escarres ? 24 Traitement des escarres, les bons gestes 24 Escarres : l’engagement d’Arjohuntleigh CANCER 26 Dépistage et diagnostic du cancer du sein 29 La mammographie par tomosynthèse sous les projecteurs SIH 60 Programme Hôpital Numérique 2012 / 2016 : la stratégie 62 DPI : un outil incontournable 64 Zoom : la gestion des identités au CHRU de Montpellier 66 Les bonnes pratiques d’identito- vigilance 69 L’identito-vigilance à l’IMM 70 Agenda : le colloque Formatic Santé 71 Nouvelle stratégie pour Nexus Optim PHARMACIE 72 Reportage au CHI Robert-Ballanger 75 Promesses tenues pour Oreus Multi TRAÇABILITÉ 76 Zoom : traçabilité et certification HAS 77 ZebraTechnologies, acteur majeur de la traçabilité à l’hôpital 78 Quelle codification pour l’hôpital ? 82 Archivage des DM : le pari réussi du CH du Mans 83 Groupe PRISME, le partenaire de vos projets ambitieux HYGIÈNE 84 Questions d’actus avec la SF2H 86 Zoom : quel coût pour les infections du site opératoire ? 88 La DSVAsous la loupe de l’Afssaps 90 Agenda : rendez-vous àASF 2012 92 Du nouveau pour la lutte contre les événements indésirables BLANCHISSERIE 94 Comment mettre en oeuvre la méthode RABC 95 NouvellestratégiepourEberhartFrères 97 Primus au CHU deToulouse : satisfaction sur toute la ligne ! COUP DE COEUR 98 Hospitalia a visité le musée de l’AP-HP ////////////////////////////////////////////////////////////// P. 84 BRÈVES PUBLICATION DES ATLAS RÉGIONAUX DE LA DÉMOGRAPHIE MÉDICALE 2011 Réalisés par le Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM) à partir des chiffres issus des tableaux des Ordres départementaux au 1er juin 2011, ces Atlas présentent, pour la 1ère fois, une analyse fine des données démogra- phiques à l’échelle des bassins de vie. L’objectif ? Permettre aux ARS, dans le cadre de la redéfinition des territoires de santé initiée par la loi HPST, de travail- ler en étroite collaboration avec les Ordres départementaux et régionaux afin de délimiter de véritables territoires de soins de premier recours correspondant à la réalité du terrain de la démographie médicale. Parmi les principales conclusions de cette publication annuelle du CNOM, citons notamment la mise en relief de disparités importantes, au sein d’une même région, en matière d’attractivité et d’accès aux soins entre départements ; l’identification des zones géogra- phiques les plus attractives à travers l’analyse des flux migratoires : ainsi la Franche-Comté occupe la 1ère place en étant la région qui forme et conserve la majorité de ses médecins, à l’opposé de la Bourgogne, qui n’en conserve que 47% ; l’analyse de la densité médicale (généralistes et spécialistes libéraux) et de l’âge des praticiens par territoire, afin d’identifier les bassins de vie en danger ; et enfin la distinction, pour chaque spécialité, des modes d’exercice des médecins en exercice régulier et des médecins nouvellement inscrits, des données qui, si elles semblent annoncer dans un 1er temps une relève modé- rée de médecins adoptant le mode d’exercice libéral, permettent d’identifier certains signaux très positifs en faveur de l’évolution de celui-ci, comme la sa- tisfaction des jeunes médecins nouvellement installés et ayant fait ce choix. À consulter sur : www.conseil-national.medecin.fr PARTENARIAT FRUCTUEUX ENTRE LE CHU DE CAEN ET L’ÉDITEUR McKESSON Ensemble de 1660 lits et 130 places, le CHU de Caen a réussi avec brio la migration de ses applicatifs adminis- tratifs et médicaux sur la plateforme SIH McKesson V7, dans une volonté d’améliorer à la fois la prise en charge des patients et l’efficacité économique de l’établissement. La mise en œuvre de cette nouvelle plateforme, couplée au déploiement d’une infrastructure technique plus performante et mieux sécurisée, per- met aujourd’hui aux professionnels de santé et aux patients du CHU de bénéficier de dizaines de points d’amélioration : transferts fluidifiés entre types de séjour complexes, gestion des prescriptions optimisée, investissements techniques rationna- lisés, etc. – une bascule qui a néces- sité un pilotage et une planification exceptionnels, et qui a été menée parallèlement au déploiement de la gestion des SIIPS via CrossWay Hô- pital, à la mise en œuvre d’un nouvel infocentre Rubricologie, et à la géné- ralisation des prescriptions connec- tées dans les unités de soins. Au niveau du PMSI, le déploiement de CORA PMSI, initié en 2010 sur les activités MCO, HAD et SSR, se pour- suit désormais sur la partie externe et PSY. Le déploiement du PACS HMI de McKesson a lui aussi été lancé pour une mise en service pré- vue en février, de même que celui du module Horizon Study Share permet- tant une meilleure préparation des réunions de concertation pluridiscipli- naires (notamment en oncologie) et la constitution d’une bibliothèque de cas clinico-radiologiques en soutien aux missions de recherche et d’en- seignement du CHU. PRIX ANFH 2012 : APPEL À CANDIDATURES Créé en 2008 par l’Association Na- tionale pour la Formation perma- nente du personnel Hospitalier (ANFH), le Prix ANFH vise à promou- voir les projets RH/formation inno- vants et exemplaires de ses adhérents (établissements sanitaires, médico-sociaux et sociaux) et des agents impliqués dans leur mise en œuvre. Les dossiers de candida- tures, pour participer à la 5ème édi- tion du Prix ANFH, sont à télécharger sur www.anfh.fr et à ren- voyer avant le 16 avril 2012 ; ils doi- vent présenter le contexte, les objectifs, le déroulement et les résul- tats de l’action de formation. La cé- rémonie de remise des Prix se tiendra quant à elle à Paris les 19 et 20 juin 2012, lors de l’Assemblée Générale de l’ANFH. Les 4 lauréats (1 Grand Prix et 3 Prix) se partage- ront 14 000 euros de dotation en achat de documentation. UN GUIDE DES BONNES PRATIQUES DE L’INGÉNIE- RIE BIOMÉDICALE Validée après 2 ans de travail colla- boratif international mené sous la di- rection du Dr. Ing. Gilbert Farges (Université Technologique de Com- piègne), l’édition 2011 du Guide des Bonnes Pratiques de l’Ingénierie Biomédicale en Établissement de Santé (96 pages, 26 euros TTC) est un outil exploitable par tous les ser- vices biomédicaux et adaptable à de nombreuses cultures ou contextes nationaux. Son objectif : permettre aux ingénieurs biomédicaux hospita- liers de renforcer la transparence et la traçabilité de soins toujours plus hi-tech, en réfléchissant à l’améliora- tion continue de leurs pratiques. Les droits d’auteurs de ce référentiel professionnel multi-national franco- phone seront intégralement versés à la Fondation UTC pour l’Innovation au bénéfice d’actions qualité dans le secteur des services. I ngénieux, ergonomique, non invasif, très simple d’utilisation, coût raisonnable… Les qualificatifs ne manquent pas pour désigner cette solution dont l’arrivée était plus qu’attendue sur le mar‐ ché français ! Les raisons d’un tel engouement ? Jean‐Patrick Pillet, représentant NC Médical, s’en explique : « Les professionnels de santé sont formels : bien que la réalisation d’une intravei- neuse (IV) soit un acte fréquent en milieu hospitalier, près d’un quart des IV poseraient problème – en fonction de l’âge du patient, de son état de santé (obésité, hypoten- sion), de sa couleur de peau, etc. Or une mauvaise visibilité des veines est génératrice de stress pour le praticien qui doit alors s’y prendre à plusieurs reprises pour réaliser l’in- traveineuse, et de douleur pour le patient qui n’a d’autres choix que de subir cette situation inconforta- ble. Par ailleurs, ces pro- blèmes d’accessibilité, s’ils se posent en situation d’urgence, impactent la qualité des soins et peuvent avoir des conséquences po- tentiellement dramatiques non négligeables… ». C’est là tout l’intérêt du Veno‐ scope : placé à la surface de la peau, il projette vers les tissus sous‐cutanés une lumière froide à haute intensité, produite par 2 modules LED de fréquence différente ; en le faisant glisser, la veine ciblée apparaît alors clairement par diffé‐ rence de densité, facilitant grandement et en toute circons‐ tance la réalisation de l’intraveineuse. Un « strap » permet par ailleurs de l’attacher, le cas échéant, au bras du patient afin de libérer les deux mains de l’intervenant. La sécurité de l’acte, et en conséquence la qualité de la prise en charge, y gagnent incontestablement. Un outil précieux pour tout type de patient Outre sa technique non invasive et son utilisation particu‐ lièrement simple (puisqu’il fonctionne avec des piles clas‐ siques AA, rechargeables ou non), le Venoscope se caractérise par une absence de chaleur au toucher. Une spécificité qui le rend compatible avec une utilisation en puériculture. « Un appareil dédié à la prise en charge en néonatal existe par ail- leurs, ajoute Jean‐Patrick Pillet. Le module LED est, dans ce cas, relié au corps du Venoscope par un cordon afin d’accéder au cuir chevelu, pied ou pneumothorax du nouveau-né placé en couveuse, sans avoir à le déplacer ». Enfin, en adéquation avec les contraintes d’hygiène inhé‐ rentes aux établissements de santé, l’appareil est fourni avec des enve‐ loppes de protection sanitaire jeta‐ bles pour une utilisation, en toute sécurité, quelque soit l'environne‐ ment. Pour plus d’informations : 02 22 06 89 15 – 06 69 30 28 89 ou info@ncmedical.fr ou ncmedical@gmx.com Janvier 2012 07 /////////////////////////////////////////// TECHNOLOGIE ACTU ////// Basé sur un concept innovant, à savoir la détection des veines par transluminescence en vue de réaliser des intraveineuses en toute sécurité, le Venoscope, commercialisé en France par NC Médical, a conquis de nombreux pays en 20 ans d’existence. Démonstration. COUP DE PROJECTEUR : L’INNOVATION VENOSCOPE RÉALISER DES INTRAVEINEUSES EN TOUTE SÉCURITÉ ! PAR PAMELA CLAUDE Ingénieux, ergonomique, non invasif, très simple d’utilisation, coût raisonnable… Les qualificatifs ne manquent pas 08 Hospitalia #16 TÉLÉMÉDECINEACTU////// Directeur Opérationnel d’E-SANTÉ Technology (filiale du Groupe MLS), Driss Ait Mani détaille les applications potentielles de la télémédecine pour une plus grande synergie entre les mondes hospitaliers et libéraux. Explications. L’ENGAGEMENT DE E-SANTÉ TECHNOLOGY POUR UNE MEILLEURE SYNERGIE VILLE/HÔPITAL PAR TANIA BOCCARI Les projets français de télémédecine impliquent en très grande majorité le monde hospitalier. Driss Ait Mani : Ces expérimentations, majoritairement hospitalières, répondent d’abord à un besoin d’optimisation des ressources humaines et techniques. Cette mutualisation de moyens s’inscrit dans une exigence de rationalisation budgé‐ taire, tout en constituant une réponse pratique à la raréfaction de certains profils spécialisés ‐ là où l’hôpital est contraint de maintenir un niveau de qualité des soins élevé. La participation des professionnels de santé libéraux dans les projets de télémédecine ne permet-elle pas, justement, de contribuer à l’amélioration globale des soins ? Cette participation est à considérer dans le cadre plus vaste de la récente loi HPST et des coopérations entre professionnels hos‐ pitaliers et libéraux. Considérons le cas des pharmaciens : forts d’une répartition géographique homogène, ils constituent la catégorie de professionnels de santé la plus fréquentée par les patients ‐ et for‐ ment donc un maillon important des coo‐ pérations interprofessionnelles en faisant le lien entre le patient et le médecin (géné‐ raliste ou spécialiste, libéral ou hospita‐ lier). Cet exemple est valable pour tout professionnel de santé en contact régulier avec le patient en dehors de la sphère hospitalière. C’est pourquoi E-SANTÉ Technology, concepteur et intégrateur de solutions de télémédecine complètes, met ses so- lutions au service des coopérations entre professionnels de santé libéraux et hospitaliers. Les outils de télémédecine proposés par E‐SANTÉ Technology ont en effet pour objectif d’apporter du temps médical en milieu hospitalier, en permettant aux patients de consulter le professionnel de santé libéral le plus proche sans impliquer systématiquement la structure complète de l’hôpital – en vue justement d’une meilleure rationalisation des ressources hospitalières. Ces téléconsultations entre un patient assisté par un professionnel de santé médical ou non, et un professionnel de santé médical hospitalier, concernent tous les métiers de la santé : là où le médecin généraliste peut consulter ses collègues hospitaliers par télé‐expertise, pourquoi ne pas imaginer que le kinésithé‐ rapeute puisse faire de même avec l’ortho‐ pédiste hospitalier ? D’autant que le processus de virtualisation de la carte Vitale développé par E‐SANTE Technology, permet aujourd’hui à l’hôpital de facturer sa prestation. La télémédecine, et les outils développés par E‐SANTÉ Technology, permettent donc de concrétiser les coopé‐ rations interprofessionnelles en créant des synergies Ville/Hôpital au sens de la loi HPST, de l’amendement Lasbordes permettant la télé‐facturation (loi 2011 des Finances de la Sécurité Sociale), et du décret du 19 octobre 2010 qui définit clairement le périmètre d’une téléconsul‐ tation. « Les outils de télémédecine proposés par E-SANTÉ Technology ont pour objectif d’apporter du temps médical en milieu hospitalier » C réé pour, à la fois, régle‐ menter le nombre de pro‐ fessionnels diplômés et donc celui des profession‐ nels en activité (relative‐ ment élevé au début des années 70 au vu des besoins de santé nationaux), diminuer le nombre des prescripteurs afin d’alléger les dépenses de la Sécurité Sociale (un objectif à met‐ tre en regard avec le déficit 2010, soit 23,9 milliards d’euros…), garantir la qua‐ lité de la formation dispensée en limitant le nombre d’étudiants en stage (l’exter‐ nat étant en effet obligatoire pour les étudiants en médecine) et assurer une sélection drastique des étudiants les plus aptes à suivre des études longues et dif‐ ficiles, le numerus clausus est d’abord revu à la baisse quasi annuellement : éta‐ bli à 8588 étudiants pour la rentrée uni‐ versitaire 1971/1972, il n’était plus que de 6409 étudiants une décennie plus tard (1981/1982) et atteint ses niveaux les plus bas dans les années 1990 (3500 pour 1992/1993, 3570 l’année suivante, puis 3576 jusqu’en 1996/1997). Face à l’ampleur du désastre qui se profile, et malgré la publication, en 1999, d’un rap‐ port de la Cour des Comptes estimant qu’il y avait 15 000 médecins de trop, il est de nouveau progressivement aug‐ menté, passant de 4100 places en 2000/2001 à 6850 en 2005/2006 et 7400 en 2008/2009. Ce rétropédalage Instauré en France par Simone Veil en 1971, le numérus clausus dans l’admission aux études médicales, qui désigne un nombre fixe d’étu- diants admis en 2ème année, vient d’être augmenté pour la rentrée 2011/2012, portant le nombre de médecins formés à 8000 – soit un niveau proche que celui qui prévalait à la fin des années 1970. Petit rappel historique. LA VALSE DU NUMERUS CLAUSUS QUATRE DÉCENNIES D’ATERMOIEMENTS 10 Hospitalia #16 DÉMOGRAPHIEACTU////// LA RENTRÉE 2011/2012 La récente hausse du numerus clausus a été annoncée le 08 décembre dernier par le Ministre de la Santé, Xavier Bertrand, et le Ministre de l’Enseigne- ment Supérieur, Laurent Wauquiez, à l’occasion du congrès du Syndicat des Médecins Libéraux (SML) : - Le nombre de places offertes en 2ème année de médecine passe de 7400 à 7500. - Les places réservées aux passerelles, qui permettent à des étudiants issus d’autres horizons (Grandes Écoles, Masters,…) d’entrer directement en 2ème ou 3ème année, passe de 300 à 500. PAR JOËLLE HAYEK en force n’est pas la seule illustration de la gestion catastrophique des problématiques de démographie médicale par les différents gouvernements – on est d’ailleurs en droit de se demander sur quels critères cette ges‐ tion plus qu’hasardeuse s’appuie. Rappe‐ lons‐nous aussi le fameux MICA (Mesures Incitatives à la Cessation d’Activité), créé en 1996 et supprimé en 2000, soit au terme d’à peine 4 ans d’existence. Et voilà que, moins d’une décennie plus tard, les pouvoirs publics, pris à la gorge parce que près de 3 millions de Français avaient difficilement accès à un médecin généraliste, recomman‐ daient de prendre des dispositions à l’exacte opposé de la fâcheuse aventure MICA, en encourageant les médecins retraités à reprendre ou à poursuivre leur activité. Gestion hasardeuse, aviez‐vous dit ? On est en droit de se demander sur quels critères cette gestion plus qu’hasardeuse s’appuie CE RÉCENT RELÈVEMENT DU NUMÉRUS CLAUSUS EST LOIN D’OBTENIR L’ADHÉSION DE LA COMMUNAUTÉ MÉDICALE. POURQUOI DONC ? DR BRUNO GAUDEAU : D’une part, parce que les contraintes logistiques relatives à la formation des futurs médecins ne semblent pas avoir été prises en compte. Le nombre d’enseignants et de chefs de cliniques (pour les internats/externats) est actuellement insuffisant pour assurer la qualité de la formation dispensée ‐ ce qui implique qu’il faudrait, par exemple, augmenter le nombre d’étudiants suivis par un même maître de stage ; la formation en pâtira incontestable‐ ment. D’autre part, nous constatons que les jeunes médecins s’installent désormais à 39 ans en moyenne, au lieu de 30 ans pour la génération précédente, et qu’ils privilégient fortement les villes au détriment des cam‐ pagnes. Il conviendrait plutôt de s’interro‐ ger sur les raisons de cette évolution afin d’y apporter des réponses adaptées. Justement, pourquoi cette évolution des mœurs ? La désertification médicale des campagnes est, à mon sens, plus liée à la disparition des commerces de proximité et des services publics dans ces territoires qu’à une pénurie de médecins ; l’installation tardive des jeunes médecins est, quant à elle, à corréler aux très nombreuses tâches administratives induites par cette installation, ainsi qu’à des horaires de travail laissant peu de temps à la vie familiale et aux loisirs. D’autres actions, au final plus pragmatiques que le seul relèvement du numerus clausus, sont donc à privilégier ! Lesquelles ? Il faudrait, par exemple, outre le renouvelle‐ ment du tissu social des campagnes et l’amélioration des conditions de travail des médecins, soutenir la création de maisons médicales qui permettent, en regroupant les compétences et en mutualisant des équipe‐ ments de pointe, de diviser le temps de tra‐ vail individuel tout en garantissant un accès équitable aux soins pour la population. L’adhésion des médecins étant toutefois essentielle à la viabilité de ces structures, il conviendrait de mettre en place des mesures incitatives en ce sens. Par ailleurs, l’évolution des techniques permet d’envisa‐ ger une évolution des modes de prise en charge, à travers par exemple des déléga‐ tions de tâches permettant de mieux exploi‐ ter les compétences paramédicales, ou le déploiement des technologies de l’informa‐ tion et de la communication – je pense notamment aux téléconsultations – pour assurer une meilleure couverture sanitaire des territoires. La solution la plus perti‐ nente à long terme pour résoudre les pro‐ blématiques de démographie médicale se situerait donc plus dans la prise en compte des évolutions sociales et sociétales, et des progrès techniques et technologiques que dans la réévaluation du numerus clausus… Janvier 2012 11 ////////////////////////////////////////// Bloqué depuis 3 ans, le numerus clausus a été relevé pour la rentrée 2011/2012, faisant passer le nombre de médecins formés à 8000. Mais est-ce pour autant la meilleure solution pour résoudre les problèmes de démogra- phie médicale ? La réaction du Docteur Bruno Gaudeau, Président de Groupe Pasteur Mutualité. L’AVIS DU DR BRUNO GAUDEAU (GROUPE PASTEUR MUTUALITÉ) LE RELÈVEMENT DU NUMERUS CLAUSUS EST-IL LA SOLUTION ? PAR JOËLLE HAYEK Dr Bruno Gaudeau M ajoritairement construit entre les années 1975 et 1982 avec le développement des procédures de construction industrialisées, le parc hospitalier exis‐ tant se caractérise par un cloisonne‐ ment des activités aujourd’hui peu adapté à la nouvelle organisation des soins par filières et par pôles, et aux nouvelles modalités de prise en charge (diminution de la durée d’hospitalisa‐ tion, développement du secteur ambu‐ latoire, HAD, travail en réseau…). Par ailleurs, la nouvelle gouvernance sani‐ taire instituée par la loi HPST boule‐ verse le paysage hospitalier, qui doit désormais s’intégrer dans une réflexion territoriale s’appuyant elle‐même sur la mutualisation de plateaux médico‐tech‐ niques renforcés et la réaffirmation des missions de proximité des hôpitaux locaux. Des évolutions fonctionnelles incontournables, qui doivent toutefois être réalisées dans un contexte écono‐ mique tendu, marqué autant par la mise en œuvre de la T2A que par la baisse des crédits alloués par l’État. Et c’est là que la bât blesse : comment, dans ce cadre‐ là, construire l’hôpital de demain en y intégrant autant les refontes organisa‐ tionnelles et règlementaires, que les évolutions techniques et technologiques présentes et à venir – hôpital numé‐ rique, télémédecine, chirurgie assistée par ordinateurs, équipements de plus en plus hi‐tech ? D’autant que les Plans Hôpital 2007 et 2012 ont certes pris en compte la nécessaire modernisation des structures hospitalières, mais ne déblo‐ quent les aides au financement qu’au compte‐goutte. Les établissements hos‐ pitaliers, s’ils veulent assurer la péren‐ nité de leurs activités et de leurs missions de service public, doivent faire preuve d’imagination. Les établissements publics de santé sont confrontés à une gageure de taille, liée autant au nouveau modèle économique de la T2A et à la refonte de leur environnement règlementaire qu’à la recomposition du paysage hospitalier dans le cadre notamment de la loi HPST, ou encore à la montée en puissance des Nouvelles Technolo- gies de l’Information et la Communication. Autant de paramètres au cœur de l’hôpital de demain, mais dont l’intégration est contrariée par des structures vieillissantes. L’HÔPITAL, UN ENVIRONNEMENT EN MUTATION BIEN PRÉPARER L’HÔPITAL DE DEMAIN 12 Hospitalia #16 CONSTRUCTIONSACTU////// CERNER LES CHANTIERS À MENER - Publiée en décembre 2011 par Eurostaf, le pôle d’expertise sectorielle et d’étude du Groupe Les Échos, l’étude « Les Mutations et l’Avenir de l’Hôpital Public » dresse le bilan des nouvelles règles du jeu des établisse- ments publics de santé (révolution des tarifs, refonte de la gouvernance, gestion des effectifs, défi de la qualité, compétition avec le privé, etc.). http://www.eurostaf.fr/fr/catalogue/etud es/sectorielles/sanitaire-medico- social/hopital-public.html - L’ANAP a quant à elle publié en juillet dernier le rapport 2011 de l’Observa- toire des Coûts de la Construction Hospitalière afin de permettre aux décideurs hospitaliers de mieux évaluer leurs projets immobiliers. http://www.anap.fr/uploads/tx_sabase- docu/ANAP_Observatoire_des_couts_ construction_2011.pdf PAR JOYCE RAYMOND Le parc hospitalier existant se caractérise par un cloisonnement des activités aujourd’hui peu adapté à la nouvelle organisation ZOOM À quels défis est aujourd’hui confronté le secteur de la construction hospita- lière ? Joseph de Saint-Exupéry : Il s’agit essentiellement de s’adapter aux évolu‐ tions sanitaires (regroupement des activités par pôles, développement de l’ambulatoire, renforcement des plateaux médico‐techniques, refonte de la carte sanitaire par territoire, etc.), tandis que les crédits financiers en forte baisse limitent la construction de nouvelles structures malgré un parc vieillissant. La tendance est plutôt à la restructuration de ce parc. Cette opération de restructu‐ ration/extension est, en général, plus modeste en taille mais souvent plus complexe à mener puisqu’elle touche des bâtiments en activité. Justement, comment s’organise le cabi- net Ingérop Conseil et Ingénierie pour intégrer ces nouveaux paramètres ? Nous avons fortement développé la qualifi‐ cation de nos équipes régionales qui seront amenées, en tant qu’équipes de proximité, à s’impliquer sur le terrain. Les chantiers de restructuration, nécessitant de nombreux phasages, requièrent en effet une plus forte présence des équipes sur site. Celles‐ci travailleront sous l’étroite supervision du Pôle d’Expertise Hospitalière et bénéfi‐ cieront de sa grande connaissance des spécificités de la construction hospitalière (bâtiments évolutifs, exigences sécuritaires, multiplicité des flux, etc.). Bien entendu, ce Pôle de Compétences et d’Expertise reste mobilisé pour les opérations majeures, mêmes si elles se font plus rares. INGEROP, PARTENAIRE DE VOS PROJETS IMMOBILIERS Joseph de Saint-Exupéry Janvier 2012 13 /////////////////////////////////////////// Ingénieur de formation, Joseph de Saint-Exupéry exerce, depuis près de 40 ans, au sein du groupe Ingérop dont il est le référent hospitalier. ©Ingerop U ne étude de l’Institut Na‐ tional de la Statistique et des Études Écono‐ miques (Insee), publiée en 2009, l’a souligné : il faudrait créer, d’ici 2020, au moins 37 000 emplois supplémentaires pour répondre aux besoins des personnes âgées dépendantes. Par exemple, en Île‐de‐France, le nombre d’emplois en personnel soignant pour 100 rési‐ dents devrait augmenter de 5,2% par an pendant 15 ans pour pouvoir maintenir la qualité et la sécurité de la prise en charge. Des prévisions qui n’ont, à ce jour, pas été suivies d’effets : la proportion de personnel soignant dans les établissements continue de stagner voire de diminuer, là où le pourcentage de patients âgés dépen‐ dants et/ou souffrant de maladies neuro‐dégénératives est en croissance constante – avec, pour la tranche d’âge des 85 ans, un taux de prévalence de la dépendance lourde estimé à 25%. Comment, dans ce cas, assurer la sécurité de ces patients fragilisés à toute heure de la journée et surtout de la nuit ? La technologie, un auxiliaire précieux Principale préoccupation des équipes de nuit trop souvent en sous‐effectif, prévenir et détecter en temps réel les sorties de lits des patients pour éviter, d’une part, les chutes et leurs consé‐ quences potentiellement dramatiques pour les patients âgés (fractures, immobilisation prolongée, perte d’au‐ tonomie) et, d’autre part, la déambu‐ lation des patients désorientés, en particulier ceux souffrant de maladies neuro‐dégénératives comme la mala‐ die d’Alzheimer. Plusieurs systèmes existent actuellement sur le marché. L’on peut, par exemple, disposer au pied du lit ou devant la porte de la chambre des tapis de détection réa‐ gissant aux modifications de pression. Une technologie similaire, également basée sur la détection de pression, peut être déployée sous le matelas ; une modification de la pression exer‐ cée sur le matelas est ici synonyme d’une sortie du lit, et donc d’une éven‐ tuelle situation à risque. Certains systèmes vont plus loin ; citons notamment des détecteurs de pré‐ sence au lit basés sur la perception des signes vitaux (rythme cardiaque, respiration) via des capteurs placés sous le matelas, ou encore des solu‐ tions s’apparentant à la vidéo‐protec‐ tion et s‘appuyant sur le principe de la reconnaissance automatique des images et leur interprétation par un logiciel dédié. Autant d’outils conçus pour permettre aux soignants de mener à bien leur mission en toute sérénité. Les établissements de santé, et plus parti- culièrement ceux hébergeant les patients sensibles (Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes, Instituts Médico-Éducatifs), doivent être en mesure d’assurer la sécurité de leurs résidents malgré des ressources soignantes en baisse. Fort heureusement, il existe des outils pour relever ce double défi. PATIENTS FRAGILES : COMMENT PRÉVENIR LES SORTIES DE LITS ? ÉVITER LA DÉAMBULATION ET LES CHUTES 14 Hospitalia #16 SÉCURITÉACTU////// PAR MATHIEU ALFONSI
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