Hospitalia 12 Janvier 2011 - Page 1 - Hospitalia Janvier 2011, l'hôpital de demain vu par 25 directeurs généraux. ÉDITO PAR JOËLLE HAYEK Rédactrice en Chef out dʼabord, je mʼassocie à toute lʼéquipe dʼHospitalia pour vous présenter nos meilleurs vœux de bonheur et de santé pour cette année qui commence, et vous remercie, encore et toujours, pour votre confiance et fidélité – grâce auxquelles nous pouvons aujourdʼhui vous offrir avec plaisir ce douzième numéro qui met les CHR et CHU à lʼhonneur, au travers dʼinterview exclusives ! De très nombreux Directrices et Directeurs Généraux, particulière- ment impliqués dans le devenir de leur établissement, ont en effet accepté de revenir sur leur stratégie pour les années à venir (et ma foi, les projets ambitieux sont légions !). Dʼautres sont excusés par des cas de force majeure (je pense notamment au CHRU de Montpellier, qui a attendu la nomina- tion de son nouveau DG pendant de longs mois. Cʼest chose faite depuis la mi-janvier, et nous lui souhaitons un avenir radieux). Et voilà quʼaujourdʼhui, après trois mois intensifs et une mobilisation de toutes nos forces vives et énergies, vous avez entre vos mains ce dossier dont la finalité est de valoriser ces institutions réputées que sont les établissements hospitalo-universitaires… Mais outre cette série dʼinterviews qui vous passionnera à coup sûr, nous vous proposons, fidèles à notre habitude, de nombreuses rubriques autour de questions dʼactualité majeures, comme lʼhygiène de lʼair et des surfaces, la méthode HACCP en restauration, le dossier pharmaceutique, le codage du PMSI, la qualité du linge, lʼavenir de la logistique hospitalière, la domotique et dʼautres du même acabit ! Avec une surprise pour commencer lʼannée en beauté, lʼinterview « people » dʼAnne Costa, directrice de lʼhôpital Beaujon, qui sʼest prêtée au jeu avec le sourire ! Bonne lecture, bonne année, et à très vite dans Hospitalia ! T DIRECTEUR DE LA PUBLICATION Nelson Da Costa nelson.dacosta@hospitalia.fr RÉDACTRICE EN CHEF Joëlle Hayek joelle.hayek@hospitalia.fr ONT COLLABORÉ À CE NUMÉRO Anne-Marie Bessa, Vincent Diaz, Khadija Bendadda, Joyce Raymond, Mathieu Alfonsi, Daniel Bertrand, Pamela Claude, Michel Morkos, Tania Boccari,Christophe Lebreton, Isabelle Tini, Didier Rivière CRÉATION Nelson Da Costa ÉDITION Anthrax Sarl - 23/25 rue Jean-Jacques Rousseau 75001 Paris Sarl au capital de 8 000 € Siret : 493 731 772 DÉPARTEMENT DÉVELOPPEMENT & ARTISTIQUE Roc Riant, 5 Promenade du Clair de Lune 35800 Dinard IMPRESSION Print Courtage, 13003 Marseille printcourtage@orange.fr SERVICE PUBLICITÉ tél : 02 99 16 04 79 commercial@hospitalia.fr ISSN : 1960-1298 ACTUS 06 Coup de projecteur : la cicatrisation 08 Un indicateur du développement durable en santé 10 Télé à l’hôpital : un critère de confort 11 Sulpice TV, pour une prestation télévision de qualité 12 Comment prévenir les escarres ? 16 Comment financer la dépendance ? 17 Retraite et dépendance : comment s’assurer un avenir serein 18 Quand domotique rime avec autonomie 20 Insécurité:laréponseH.CallSystems 22 Ma dernière visite chez le docteur était sur Google SIH 24 Quelle sécurité pour les échanges ? 25 Quelles solutions pour l’archivage de la messagerie ? 26 DMP : cette fois-ci, c’est la bonne 28 Codage du PMSI : les précisions 29 Mission accomplie pour le CHR de Metz-Thionville IMAGERIE 76 Radioprotection : les principes de bases 77 Alara Solutions s’engage pour la radioprotection TRAÇABILITÉ 78 La traçabilité à la loupe 80 Identitovigilance : le CHU de Saint-Étienne montre la voie 82 Élimination des DASRI : que dit la réglementation ? PHARMACIE 84 Le dossier pharmaceutique, projet phare du CNOP 87 Contrôle qualité en pharmacie : retour sur une réussite RESTAURATION 88 Cuisine hospitalière : prévenir le risque infectieux BLANCHISSERIE 90 Comment maîtriser la qualité du linge ? 91 L’innovation, une vocation chez Electrolux HYGIÈNE 92 Les états généraux des infections nosocomiales et de la sécurité du patient 93 Claviers Tactys, pour une hygiène irréprochable 94 Les paramètres à prendre en compte 95 Des laveuses écologiques ? Nilfisk a relevé le défi ! 96 Les praticiens et paramédicaux hygiènistes unissent leurs forces 100 Zoom sur les particules de l’air 101 Désinfection aérienne : la solution radicale existe ! 102 Bio-contamination et contrôle qualité 104 Un peu d’histoire, les salles propres LOGISTIQUE 106 Responsable logistique, un rôle transversal 107 Trois années d’existence pour DS Automotion France 108 Quid des flux pharmaceutiques ? 109 DESADV : une première au CHU de Rennes 110 Quel avenir pour la fonction logistique ? 111 Des logiciels adaptés à la logistique hospitalière 112 La logistique investit massivement dans l’informatique 113 KLS, des solutions de gestion logistique globale HOSPITALIA #12 / JANVIER 2011 SOMMAIRE PROCHAIN NUMÉRO - AVRIL 2011 CONFÉRENCE DES DG : 30 PAUL CASTEL 31 ALAIN HÉRIAUD CHR / CHU : 33 AP-HM : JEAN-PAUL SÉGADE 35 AP-HP : MIREILLE FAUGÈRE 37 AMIENS : PHILIPPE DOMY 39 ANGERS : YVONNICK MORICE 41 BORDEAUX : ALAIN HÉRIAUD 42 CAEN : ANGEL PIQUEMAL 43 CLERMONT-FERRAND : ALAIN MEUNIER 45 DIJON : PIERRE-CHARLES PONS 47 GRENOBLE : JEAN DEBEAUPUIS 49 LILLE : BRUNO DONIUS 51 LIMOGES : HAMID SIAHMED 53 LYON : PAUL CASTEL 55 METZ-THIONVILLE : VÉRONIQUE ANATOLE-TOUZET 57 NANTES : CHRISTIANE COUDRIER 58 NICE : EMMANUEL BOUVIER MULLER 59 NÎMES : JEAN-OLIVIER ARNAUD 60 POINTE-À-PITRE : PATRICK HOUSSEL 61 POITIERS : JEAN-PIERRE DEWITTE 63 RENNES : ANDRÉ FRITZ 65 ROUEN : BERNARD DAUMUR 67 SAINT-ÉTIENNE : ROBERT REICHERT 69 STRASBOURG : PATRICK GUILLOT 71 TOULOUSE : JEAN-JACQUES ROMATET PRIVÉ : 73 FEHAP : ANTOINE DUBOUT ET YVES-JEAN DUPUIS MAROC : 74 RABAT : AL-MOUNTACER CHARIF CHEFCHAOUNI LʼINTERVIEW PEOPLE : 75 BEAUJON (AP-HP) ANNE COSTA EN COUVERTURE P. 96 P. 106P. 26 06 Hospitalia #12 CICATRISATIONACTU COUP DE PROJECTEUR : LA CICATRISATIONPropriété physiologique fondamentale de la peau, la cicatrisation des plaies cutanées implique aussi bien un phénomène de régénération que de consolidation. Aboutissement d’un processus de coalition sanguine, elle se déroule en trois phases, chacune caractérisée par des activités cellulaires spécifiques. UN PHÉNOMÈNE BIOLOGIQUE NATUREL EN 3 PHASES L a capacité de réparation et de régénération des tissus reste toutefois soumise à de nombreuses variations (état général du patient, étiologie de la lésion, survenue ou absence d’une infection, etc.) qui conditionnent la rapidité et la qualité de la cicatrisation. Cette dernière se déroulera donc de manière différente selon les personnes, bien qu’elle puisse être schématisée en trois phases majeures. Il va de soit que, pour que l’activité cellulaire propre à chaque séquence se déroule sans encombre et n’entrave pas la séquence suivante, elle doit avoir lieu dans un milieu physiologique pourvu d’une micro‐circulation fonctionnelle et de sécrétions adéquates. Le choix des pansements adaptés à chacune de ces phases est donc essentiel puisqu’ils contribueront à créer une ambiance favorable pour l’activité cellulaire qui s’y déroulera. LES DIFFÉRENTES PHASES Des phénomènes inflammatoires précoces apparaissent immédiatement après le traumatisme, rapidement suivis par une exsudation qui va permettre d’éliminer les corps étran‐ gers et les tissus morts. Cette première phase, dite exsudative ou de détersion, est accompagnée d’une augmentation des mitoses (divisions cellulaires) au niveau de la plaie, afin de préparer le travail de reconstitution. Débute alors la phase de bourgeonnement, également dite phase proliférative : l’orga‐ nisme commence à combler la perte de substance par un nouveau tissu en préparant l’élaboration des fibres collagènes du tissu conjonctif. Ces fibres, au départ isolées, se renforcent progressivement et s’assemblent en faisceaux qui pourront par la suite répondre aux contraintes de traction. Des néo cappillaires vont parallèlement assurer la nutrition du tissu nouvellement formé. Ce dernier verra sa surface couverte d’une couche de sécrétions fibrineuses dans laquelle vont pénétrer des bourgeons vasculaires et des cellules du tissu conjonctif, ce qui produira une nouvelle couche de sécrétions. L’épithélialisation marque la fin du processus de cicatrisation PAR JOYCE RAYMOND Et ainsi de suite jusqu’au comblement progressif de la plaie. La troisième et dernière phase, appelée phase d’épithélialisation (ou phase de différentiation) se fait, elle aussi, en plusieurs étapes. D’abord une maturation cellulaire : la plaie se rétracte et le tissu de granulation, contenant de moins en moins d’eau et de vaisseaux, devient plus ferme. Il se transforme alors en tissu cicatriciel. L’épithélialisation marque enfin la fin du processus de cicatrisation ; elle résulte de la formation par mitose de cellules épidermiques des bords de la plaie et de leur migration sur sa surface. CICATRISATION PRIMAIRE ET SECONDAIRE Une distinction est généralement établie entre une cicatrisation primaire ou secondaire, en fonction d’une appréciation quantitative des processus de réparation – lesquels, rappelons‐le, se déroulent tou‐ jours de façon analogue. La cicatrisation par première intention concerne les plaies situées dans une région corporelle bien vascularisée, sans perte de substance significative ni interposition de corps étranger ni, bien évidemment, infection. La cicatrisation par seconde intention désigne quant à elle les plaies où une perte de substance ou une infection purulente empêchent la réunion directe de leurs bords. L’effort fourni par l’organisme sera donc plus important. Notons enfin que parmi les divers facteurs généraux (carence en fer, vitamine C, zinc ou albumine, inter‐ actions médicamenteuses, etc.) et locaux (corps étrangers, œdèmes, hématomes, etc.) pouvant entraver le processus de cicatrisation, c’est indiscutablement l’infection de la plaie qui entraînera les pertur‐ bations les plus graves (dégé‐ nérescence musculaire pouvant aller jusqu’à la nécrose). Le choix des pansements est essentiel puisqu’ils contribueront à créer une ambiance favorable pour l’activité cellulaire Janvier 2011 07 08 Hospitalia #12 CONSTRUCTIONACTU UN INDICATEUR DU DÉVELOPPEMENT DURABLE EN SANTÉPrésident Fondateur du Comité pour le Développement Durable en Santé (C2DS), Olivier Toma présente la quatrième édition (2011) de l’Indicateur du Développement Durable en Santé (IDD). L’OUTIL DU C2DS Cet outil est mis à disposition des établissements de santé, sur le site Internet du C2DS. Olivier Toma : Il leur permet en effet, grâce à un questionnaire transversal abordant plus de 350 thématiques, de s’auto‐évaluer et d’identifier les actions correctives à mettre en place. D’autant qu’ils sont désormais tenus, depuis la mise en place de la certification V2010, à cette auto‐évaluation en termes de développement durable ; l’IDD est le seul outil, à ce jour, leur permettant de répondre à cette exigence. Il tourne autour de 8 axes principaux. C’est cela. Ainsi les questions liées à l’impact environnemental nous ont permis de réunir des données chiffrées concernant près de 500 établissements ‐ une mine d’informations bien utile à l’heure du Grenelle de l’Environnement. Celles attachées à la politique des achats nous ont, quant à elles, apportées des données chiffrées sur plus de 30 déchets hospitaliers et nous permettront d’œu‐ vrer en faveur d’une gestion plus raison‐ née de ces derniers. Un autre axe fort de l’IDD concerne le bâtiment et l’éco‐ construction – cette dernière, théorique‐ ment intégrée dans les subventions d’Hôpital 2012 nécessite, pour être suivie d’effets concrets, d’être soutenue par une politique managériale et par la formation continue des acteurs. Citons également l’axe Eau et Énergie, pour lequel nous disposons également de nombreuses données chiffrées ; des statistiques seront d’ailleurs publiées, au 1er semestre 2011, afin que les établissements prennent plei‐ nement conscience de leur consommation énergétique. Comme vous le savez, suite au Grenelle de l’Environnement, les bâtiments construits entre 2012 et 2020 devront consommer moins de 50 KWHep/m²/an. Or la moyenne des établissements de santé se situe au‐ jourd’hui autour de 400 KWHep/m²/an. Il leur sera difficile de répondre aux objectifs du Grenelle si leurs tarifs ne tiennent pas compte de ces nouvelles obligations et des investissements consé‐ quents. L’axe social et sociétal est égale‐ ment important, le secteur hospitalier étant caractérisé par des taux d’absen‐ téisme et de suicide importants, en com‐ paraison des moyennes européennes ; il nous a donc semblé essentiel de mesurer le bien‐être au travail. L’axe de la nutrition ne doit pas non plus être négligé afin de disposer d’informations concernant les émissions de gaz à effet de serre liées à cette activité, mais également pour pou‐ voir, par exemple, réduire l’utilisation du sel et par conséquent le taux de maladies cardio‐vasculaires. Deux derniers axes pour finir : le management, dont l’impli‐ cation dans toutes ces questions est primordiale ; et les actions de prévention et d’éducation thérapeutiques mises en place dans les établissements. Toutes les données recueillies par l’IDD permettront donc non seulement d’améliorer l’impact des hôpitaux sur l’environnement, mais également sur la santé publique. «Améliorer l’impact des hôpitaux sur l’environnement, mais également sur la santé publique» Olivier Toma PAR JOËLLE HAYEK P remier loisir des Français, la télévision fait désormais partie des critères de confort pouvant peser dans le choix d’un établissement de santé lors d’une hospi‐ talisation. Une étude menée en 2008 à l’Assistance Publique – Hôpitaux de Mar‐ seille (AP‐HM) autour des attentes des téléspectateurs à l’hôpital a d’ailleurs fait ressortir quelques chiffres parlants : 67% des personnes hospitalisées louent une télévision (soit plus de 2 sur 3), et ce pourcentage augmente avec la durée du séjour. C’est que la télévision est avant tout un moyen de tromper l’ennui de journées uniquement rythmées par l’administration des traite‐ ments et la distribution des repas… La même étude sou‐ ligne par ailleurs que la télévision est aussi bien un moyen de se divertir (pour 38% des malades), que de s’informer (36%) et de se cultiver (26%). Les établisse‐ ments, conscients que ce passe‐temps participe à la prise en charge en canalisant l’ennui et l’angoisse liés à un séjour en milieu de soins, sont ainsi de plus en plus nombreux à déployer des téléviseurs dans les chambres et même, pour quelques‐uns d’entre eux, à posséder leur propre chaîne de télévision. QUELLE GESTION POUR UN SERVICE OPTIMAL ? Le tout étant de disposer de ressources en interne pour gérer un service qui implique non seulement l’achat et l’installation d’infrastructures dans les chambres, mais également la gestion de la location et de la maintenance, et le choix de bouquets de chaînes adaptées au profil des patients (ainsi, toujours d’après l’étude menée à l’AP‐HM, les 12‐19 ans regardent essentiellement des émissions musicales, des séries ou des films tandis que les plus de 75 ans suivent avant tout des feuilletons télévisés). Cette prestation ne doit en outre pas être trop onéreuse afin que les malades puissent en profiter quels que soient leurs revenus. Pour toutes ces raisons, les CHU semblent favoriser la sous‐traitance du service à un prestataire ex‐ terne. Une étude menée en 2008 par Réseau CHU auprès des CHR et CHU a d’ailleurs souligné cette tendance : les gestionnaires du service sont, bien souvent, des conces‐ sionnaires privés qui assurent aussi bien la fourniture, l’entretien et le service de location des téléviseurs que le règlement des redevances. Pour le plus grand confort des malades mais aussi des hospitaliers qui peuvent ainsi se consacrer exclusivement à leur mission de soins. 10 Hospitalia #12 CONFORT DU PATIENTACTU TÉLÉ À L’HÔPITAL : UN CRITÈRE DE CONFORTDistraire l’ennui des heures, faire taire les angoisses nocturnes ou, tout simplement, retrouver les émissions qui rythment le quotidien à la maison. Ouverture salutaire sur le monde, la présence d’une offre de divertissement télévisuel dans les chambres de malades est plébiscitée par les patients hospitalisés et, par conséquent, de plus en plus soutenue par les décideurs hospitaliers.PAR PAMELA CLAUDE DES CHAMBRES DE MIEUX EN MIEUX ÉQUIPÉES Ce passe-temps participe à la prise en charge en canalisant l’ennui et l’angoisse liés à un séjour en milieu de soins Janvier 2011 11 SULPICE TV, POUR UNE PRESTATION TÉLÉVISION DE QUALITÉAttaché d’administration aux services économiques du Centre Hospitalier Public du Cotentin (1100 lits et places recouvrant les besoins sanitaires des habitants de Cherbourg et de Valognes), Jean-Claude Le Guen revient sur le partenariat mis en place entre cet établissement et la société Sulpice TV autour d’une prestation télévision pour les patients hospitalisés. UN SERVICE COMPLET QUI FAIT LE BONHEUR DU CH DU COTENTIN Jean-Claude Le Guen Dans quel contexte ce partenariat a-t-il vu le jour ? Jean-Claude Le Guen : Nous souhaitions moderniser les équipements de télévision en chambre d’hospitalisation, soit pour plus de 65% des lits de l’établissement. Et avions lancé, à ce titre, une procédure de consultation en vue d’une déléga‐ tion de service public – puisque la mise en place et la gestion d’un tel équipement n’est pas le cœur de métier du personnel du CH, bien qu’elles participent indéniablement aux soins en améliorant le confort de nos patients. Nous avions plusieurs pré‐requis : le fournisseur devait non seulement proposer des solutions d’écoute individuelle, mais également rempla‐ cer les anciens téléviseurs cathodiques par des moniteurs plats LCD de 22 pouces, en pre‐ nant en charge l’ensemble des travaux liés à cette modernisa‐ tion (câblage, fixation aux murs, etc.). Tout en proposant, à un prix moindre que celui pratiqué jusque‐là dans l’éta‐ blissement, un accès étendu aux 18 chaînes de la TNT. L’offre de Sulpice TV était celle qui répondait le mieux à nos exigences, et allait même au‐delà. Par exemple sa solution d’écoute individuelle, dite « bas‐parleur » (qui déporte le son dans la télécommande) s’est avérée nettement plus pratique et moderne que des écouteurs classiques, tout en étant moins coûteuse pour les patients. Elle est en outre parfaitement conforme aux normes d’hygiène en vigueur en milieu de soins puisque, plastifiée, elle garantit un nettoyage rapide et effi‐ cace. Les travaux de câblage et les fixations murales des nouveaux téléviseurs ont démarré courant 2010 et, depuis le mois de juin, ce sont 615 postes installés en tout. Nous pouvons désormais proposer une pres‐ tation complète, à un prix très raisonnable, à l’ensem‐ ble de nos patients – les chambres doubles sont d’ailleurs équipées de deux postes, et chaque patient peut regarder le programme qu’il a choisi sans gêner son voisin. Comment s’effectue la gestion de ce service ? C’est également Sulpice TV qui la prend en charge : les hôtesses de la société sont présentes dans l’éta‐ blissement aux heures ouvrables ; les appels sont ensuite transférés à un centre d’appel, ce qui permet une gestion des téléviseurs 7 jours/7, de 8h à 22h, à la grande satisfaction de nos patients qui peuvent ainsi bénéficier d’une prestation de qualité. Sulpice TV met de plus à disposition de l’hôpital une chaîne gratuite, sur laquelle sont diffusées des informations institutionnelles, ainsi que des émissions locales ou régionales. Nous avons enfin récemment reconduit Sulpice TV dans le cadre d’un autre partenariat, por‐ tant cette fois sur la gestion de la cafétéria ; la consul‐ tation lancée autour de ce chantier a démontré, une fois encore, que son offre était la plus intéressante. «Nous pouvons désormais proposer une prestation complète, à un prix très raisonnable, à l’ensemble de nos patients» PAR PAMELA CLAUDE 12 Hospitalia #12 ESCARRESACTU COMMENT PRÉVENIR LES ESCARRES ?Plaie consécutive à une hypoxie (carence d’apport d’oxygène) tissulaire et provoquée notamment par une pression excessive et prolongée, l’escarre touche près de 5% des patients hospitalisés. La diminution de ses risques d’apparition ou d’aggravation est essentiellement liée à des mesures préventives. ELLES SONT LOIN D’ÊTRE UNE FATALITÉ ! C ette lésion de la peau, également appe‐ lée « plaie de pression », est une plaie profonde de l’intérieur (une partie des lésions n’est en effet pas visible). Elle est donc à différencier des abrasions cuta‐ nées puisqu’elle peut aller jusqu’à une atteinte des tissus musculaires. Sa réversibilité est assujettie à une prise en charge rapide et efficace dès son apparition ; non détectée, elle évolue souvent et rapidement vers des lésions irréversibles au traitement long, et aux risques de mortalité et de mor‐ bidité élevés. L’escarre est décrite selon quatre stades : (1) Apparition, après 2 à 3 heures de position assisse ou alitée identique, de rougeurs avec œdème et ne blanchis‐ sant pas sous la pression du doigt. Il n’y a pas encore de plaie mais une décoloration de la peau peut être présente. Les dommages sont encore réversibles. (2) Ap‐ parition de cloques, ouvertes ou fermées, sur la zone rouge, accompagnées d’une altération des cellules de l’épiderme, voire du derme. La peau devient bleu viola‐ cée, mais les dommages ne sont toujours pas définitifs. (3) Apparition d’un ulcère ou de nécrose recouvrant les tissus sous‐jacents dévitalisés. La peau est sévèrement touchée, elle se noircit et se dessèche. Ce stade se mani‐ feste cliniquement par un cratère, et il est impossible de revenir en arrière. (4) Extension de l’ulcère, les dom‐ mages subis par la peau s’étendent sur une zone plus large. LES PRINCIPALES MESURES PRÉVENTIVES Principalement liée à une compression excessive des tissus associée à une perte de mobilité, à une mauvaise position assise ou couchée ou à un support inadapté, l’apparition d’une escarre peut donc être prévenue par l’identification des points du corps où s’exercent les pressions les plus fortes, afin de déterminer les zones à risques nécessitant une surveillance accrue. Cette iden‐ tification des points de pression permet en outre d’éviter l’aggravation d’une plaie profonde dont les signes cliniques ne se sont pas encore manifestés. La méthode est simple : il s’agit d’établir, à l’aide d’un système élec‐ tronique adéquat, une cartographie des pressions afin de relever leur répartition sur une zone donnée. Cette solution, qui prend en compte la morphologie et la pathologie du patient, permet en outre de valider le support le mieux adapté en termes de sécurité et de confort pour le patient – un élément primordial car synonyme d’autonomie et donc de qualité de vie. La réalisation régulière de cette évaluation, associée à une bonne nutrition et hygiène de la peau et à des massages doux, sont des mesures relativement simples de préven‐ tion et de traitement des escarres ‐ lesquelles sont d’ailleurs souvent associées à un échec thérapeutique. Identifier les points du corps où s’exercent les pressions les plus fortes, afin de déterminer les zones à risques nécessitant une surveillance accrue PAR DANIEL BERTRAND Janvier 2011 13 Cadre ergothérapeute au Centre de Rééducation et de Réadaptation Fonctionnelle (C3RF) d’Angers, Anne Bouchez rappelle l’intérêt de la cartographie de pression dans la prévention et le traitement des escarres et la détection des défauts posturaux. CARTOGRAPHIE DE PRESSION : LA SOLUTION JB CONTROLS Pourquoi établir des mesures de pression ? Anne Bouchez : Pour valider avec précision l’adéquation entre le support proposé (matelas, coussin, fauteuil roulant) et le patient, afin de garantir à ce dernier un confort optimal et prévenir le risque d’escarres. Nous utilisons pour cela XSensor, une nappe distribuée par la société JB Controls dont les capteurs, reliés à un logiciel, permettent d’établir une cartographie objective de plus de 1600 points d’appui et de repérer les zones à risques avec une pression moyenne à respecter (équivalente à 70 mm de mercure). Elles apparaissent en rouge pour un ciblage précis par le corps médical et soignant. Ces réglages en temps réel contribuent donc à l’étude clinique, qu’elle soit à visée préventive ou thérapeutique. XSensor constitue en effet une aide technique précieuse, pour des problématiques de polyhandi‐ cap avec des perturbations de tonus musculaire, de morphologie et de schéma orthopédique ; les déformations posturales pouvant entraver l’autonomie du patient – tout en augmentant considérablement le risque d’escarres. Les médecins MPR, ergothérapeutes et orthoprothésistes du C3RF l’ont aujourd’hui intégré aux consultations pluridisciplinaires spécialisées en assise et positionnement destinées à personnaliser la prise en charge des personnes hospitalisées. 14 Hospitalia #12 ESCARRESACTU PRÉVENTION RÉUSSIE À L’HÔPITAL VAUGIRARDInfirmier spécialisé en plaies et cicatrisations, Pierre Frontino exerce à l’hôpital Vaugirard – Gabriel Pallez, un établissement gériatrique de l’AP-HP (315 lits). Il revient sur les protocoles mis en place dans le cadre de la prévention des escarres – protocoles basés, notamment, sur l’utilisation de Sanyrène® (Urgo Medical). L’EFFICACITÉ DE SANYRÈNE® (URGO MEDICAL) PROUVÉE L’escarre est une pathologie fréquente chez la personne âgée. Pierre Frontino : Elle a en effet une prévalence moyenne de 8,9% en court séjour et soins de suite et de réadaptation (SSR). Ses probabilités de formation augmentent toutefois avec l’âge, la dégradation de l’état de santé ou encore la malnutri‐ tion, et sa cicatrisation en est d’autant plus compromise. Le risque d’escarres est donc particulièrement important en établissement de soins gériatriques – l’âge moyen de nos patients est de 88 ans, et 90% d’entre eux sont dénutris – et met en péril non seulement le retour du patient à domicile ou en structure d’hébergement, mais peut également engager le pronostic vital. La prévention de ces plaies est impérative, tout comme leur prise en charge dès les premiers stades de formation. Comment s’organise la prévention des escarres à l’hôpital Vaugirard ? P.F : Nous utilisons, depuis plus de 5 ans maintenant, une solution développée par le laboratoire Urgo. Sanyrène® , huile hyperoxygénée à pulvériser sur les zones à risque, a été choisie par l’AP‐HP afin de réduire le nombre d’escarres acquises dans les unités de soins de l’institution – c’est d’ailleurs l’un des critères qualité de la prise en charge. Nous avons donc mis en place un protocole intégrant l’application de Sanyrène® au moins 3 fois par jour sur les points d’appui pour l’ensemble de nos patients. La prévalence des escarres acquises dans notre établissement est ainsi aujourd’hui de 3%, et ce pour‐ centage continue de diminuer. Il faut savoir que Sanyrène® a été spécifiquement conçue pour la prévention des escarres (amélioration de l’oxygénation et de la vascularisation tissu‐ laire), et que son efficacité physiologique a été validée par de nombreux tests cliniques. Ce qui est loin d’être le cas des huiles conventionnelles (comme l’huile de maïs) ! Parmi nos autres actions de prévention – puisque c’est une démarche globale ‐ citons l’adjonction de suppléments alimentaires hyper‐protéinés et l’intervention des ergothérapeutes autour des problématiques d’assise et de positionnement. Vous êtes vous-même impliqué dans une étude autour de la performance de Sanyrène® dans le traitement des escarres talonnières. P.F : Ces dernières sont, avec les escarres du sacrum, les plus fréquentes. J’ai donc réalisé une pré‐étude l’an dernier portant sur deux catégories de patients à risque, diabétiques et artéritiques ; les premiers cicatri‐ sent en effet mal, et les seconds rarement. La prévention est donc capitale ! Nous avons conjugué, dans ce cadre‐là, l’utilisation de Sanyrène® avec celle de Cellosorb® , un pansement hydrocellulaire également conçu par Urgo Medical. Les conclusions ont été parfaite‐ ment positives : les patients en stade 0 n’ont jamais développé d’escarre, et ceux en stade 1 ont été complètement guéris. Nous poursuivons l’étude cette année en intégrant la mesure de l’IPS (Indice de Pression Systolique) pour mieux cibler la prévention de l’escarre chez les patients artéritiques. «Sanyrène® a été spécifiquement conçue pour la prévention des escarres et son efficacité physiologique a été validée par de nombreux tests cliniques» PAR JOËLLE HAYEK
Hospitalia 12 Janvier 2011 - Page 1
Hospitalia 12 Janvier 2011 - Page 2
wobook
www.hospitalia.fr