revue 2 avril clic maman - Page 1 - Le Webzine des mamans d’enfants de 0 à 6 ans – GRATUIT - www.clicmaman.com NCADREMENT OTES DE PROFESSIONNELS ICHES PRATIQUES CTUALITE OUVEAUTES HEME DU MOIS OCIETE " Mon ange", "mon trésor", "mon bébé chéri", "mon amour"... autant de noms affectueux qui montrent qu'un bébé est le centre d'intérêt du couple, un cadeau de la vie, qu'il transforme tout autour de lui. L'éducation de ses enfants, le plus beau métier du monde mais certainement le plus difficile ! Votre revue Clicmaman.com est justement là pour vous apporter, chaque fois que vous en aurez besoin, aide et soutien à travers ses articles, ses dossiers auprès de spécialistes de la petite enfance avec des domaines variés comme l'éveil, la psychologie, la psychomotricité, la santé, des articles société... Vous pouvez conserver ces articles précieusement, cette revue est la vôtre, n'hésitez pas à nous faire part de vos préoccupations afin d'en tenir compte dans le choix de nos thématiques. Une nouvelle approche de l'éducation des enfants s'impose comme un défi dans notre nouvelle société complexe et en perpétuelle mutation, c'est pourquoi le métier de parents est une tâche difficile mais qui vous apportera certainement les plus belles satisfactions. J.F. FOREST Directeur de la publication 2 N°2 mai 2010 EDITO EDUCATION/ ENCADREMENT Un bébé si attachant P2 NOUVEAUTES P 32 P6 P 11 CONSEILS PRO Le Printemps est là, faites des bébés ! Disney baby Tefal baby home s’occupe du reste… Nature Algues innove avec le lancement de recharges en sachets pour les compléments alimentaires lorsque pratique rime avec écologie et économie L’intérêt des acides gras poly-insaturés dans le développement visuel Méningite C : la vaccination C une priorité ! Diarrhée : éviter la déshydratation chez les jeunes enfants De nouvelles découvertes sur l’allaitement des nourrissons THEME DU MOIS P 34 Jouer…, quoi de plus naturel.., quoi de plus essentiel ? SOCIETE/ PSYCHOLOGIE P 38 ACTUALITE P 27 La fête Mondiale du Jeu Le comportement alimentaire de l’enfant Carré Nature l’espace Bio au cœur du salon Baby Cahier de doléances, fruit du Forum des États généREUX pour l'enfance. Conférence nationale sur les rythmes scolaires : Information des avantages et de la supériorité de l’alimentation au sein La commission des affaires sociales demande la suspension de la commercialisation des biberons fabriqués à base de Bisphénol A La Semaine européenne de la vaccination Du 23 au 30 avril 2010 LITTERATURE / LIENS P 45 COUP DE COEUR Balade en roulette Créa –Flo Boutique P 46 Directeur de la publication : Jean-François FOREST Edité par la SARL FORCOM – 33 av du Bois d’Amour 44500 LA BAULE – Tél : 02.40.01 41 33 RC St Nazaire n° 518 673 488 E-mail : contact@maman.com Site : www.maman.com – Les articles sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs. Programmé pour s’attacher Après neuf mois passés dans l’utérus – cet endroit sombre, chaud et sécurisant – le nouveau-né se trouve projeté brutalement à sa naissance dans un nouveau monde plein de nouveaux stimuli. De plus, on lui coupe le cordon ombilical qui lui a assuré une alimentation quasi en « libre-service » et qui le reliait à sa mère. Le voilà séparé de sa maman. Il pleure, car cette nouvelle situation l’angoisse. Mais très vite, quand on le pose sur le ventre maternel, il se calme et il va essayer de retrouver la proximité maternelle perdue. D’abord pour satisfaire ses besoins vitaux. Âgé seulement de quelques minutes, le nouveau-né est capable de ramper du ventre maternel vers le sein pour téter. Le contact avec la peau de sa mère lui assure la chaleur qui le rassure et le calme. Quand le bébé est placé pendant les quatre-vingt-dix premières minutes après sa naissance sur le corps de sa mère, il ne va pratiquement pas crier, par rapport aux bébés que l’on a placés, après les avoir lavés, dans un petit lit séparé de leurs mères. Téter dans les premières heures semble agir directement sur la relation mère-enfant. D’après des chercheurs suédois, une mère garde chaque jour son bébé cent minutes de plus avec elle s’il a touché, dans les premières heures, le mamelon. L’hormone ocytocine (aussi appelée oxytocine) pourrait jouer un rôle dans ce phénomène. La tétée stimule la production hormonale chez la mère. Cela va augmenter le niveau d’ocytocine dans son cerveau, mais aussi dans celui de son enfant. Les résultats montrent que cette hormone semble préparer les mères à s’engager dans des comportements d’attachement. On pourrait traduire ce sentiment intense On pourrait traduire ce sentiment intense et subjectif ainsi, « mon bébé fait partie de moi, et je l’aime plus que tout ». Cela explique-t-il l’observation des infirmières françaises du xixe siècle ? Elles avaient remarqué que des femmes qui allaitaient leur bébé pendant au moins huit jours ne l’abandonnaient que rarement. Serionsnous donc programmés pour aimer ? Estce que le nourrisson aime instinctivement sa mère pour qu’elle s’attache à lui, ce qui lui assure sa survie ? Après tout, un bébé, qui se love contre la poitrine de sa mère de façon réflexe, va déclencher chez elle de façon programmée une montée de lait. En fait, il serait faux de croire que l’attachement se base uniquement sur le besoin de satisfaire ses besoins nutritionnels. L’enfant cherche aussi la proximité maternelle quand c’est quelqu’un d’autre qui le nourrit. Dès l’instant où le bébé est capable de reconnaître sa mère, il la cherche pour elle-même. S’attacher répond à un besoin biologique fondamental. Extrait du livre Quand Mon Bébé me parle " Copyright Éditions Jouvence, 2009" 6 Un bébé si attachant Qu’est-ce que l’attachement ? Le psychanalyste britannique John Bowlby a introduit la théorie de l’attachement après la seconde guerre mondiale. Selon cette théorie, le bébé est un « être de relation ». Il s’attache à la personne qui s’occupe de lui car elle est source, pour lui, d’un sentiment de protection et de réconfort. Ce lien affectif appelé attachement constitue la base du développement social, affectif et même cognitif ultérieur. Il représente l’un des besoins primaires du jeune enfant. Il est vital et nécessaire à sa survie. Attaché à une base solide et de sécurité qui est sa mère, il pourra croître et s’autonomiser. S’attacher signifie donc établir des liens affectifs étroits avec l’autre. Selon la théorie de Bowlby, l’attachement concerne tout comportement du nouveau-né qui a pour fonction de maintenir et d’induire la proximité ou le contact avec la mère ou son substitut : cris, recherche de contacts peau à peau, recherche de la chaleur, suivi des yeux et surtout le sourire. On date l’apparition du sourire vers la 6e semaine, mais il semble qu’il soit beaucoup plus précoce. Dès l’âge de 3 à 4 semaines, le sourire pourrait déjà établir une communication entre la mère et son enfant. Tous les comportements d’attachement sont indispensables au bébé qui ne peut pas se déplacer, ils lui servent de signalisation et d’appel. Vous l’avez certainement remarqué vousmême, à maintes reprises. Vous dormez si bien et, tout à coup, vous entendez les cris de votre bébé. Il vous appelle. Autre exemple : vous êtes avec votre enfant au square et il joue tranquillement. Soudain, il n’arrive plus à vous voir. Peut-être parce qu’une personne se tient devant vous. Votre enfant va peut-être commencer à crier ou pleurer. Il s’inquiète dès que le contact avec sa mère est interrompu. Ses cris vont signaler son désarroi, mais aussi la peur d’être seul. Il a besoin de vous et de votre proximité. Même visuelle. Votre enfant joue éloigné de vous, dans la rue ou dans un parc et, tout à coup, une personne inconnue tout à coup, une personne inconnue s’approche, il se sent inquiet ; il va courir vers vous pour restaurer le sentiment de sécurité. Pour votre bébé, vous êtes comme une « station d’essence », mais une « station d’essence émotionnelle ». Auprès de vous, de votre corps, le bébé arrive à se calmer, à réduire ses angoisses pour faire à nouveau face à l’environnement. Il est important de laisser l’enfant explorer l’entourage, tout en le surveillant. Une mère, qui empêche massivement le désir de son enfant de s’éloigner d’elle, va communiquer des sentiments de culpabilité et d’agressivité à son enfant quand il tente de se séparer d’elle. La relation d’attachement peut être difficile à se mettre en place si la mère n’a pas désiré l’enfant, si elle n’a pas vécu l’attachement dans sa propre enfance, si elle est dépressive ou si elle prend des drogues. On peut aider ces parents en leur indiquant comment répondre aux appels et aux signaux de leur enfant. Les relations d’attachement ne se limitent pas à la petite enfance. Elles continuent à influencer les pensées, les sentiments, les intentions et les relations intimes tout au long de la vie. Pour beaucoup de spécialistes, la qualité de l’attachement entre mère et enfant est responsable de la qualité des relations avec autrui. Si nous avons eu dans notre enfance une bonne relation avec la personne qui s’occupait de nous, nous aurons très probablement des relations saines et équilibrées plus tard dans notre vie. Bowlby s’est d’ailleurs inspiré pour sa théorie de l’attachement des travaux de Konrad Lorenz. Dans les années 1940-1950, cet éthologiste et zoologiste autrichien avait constaté que les poussins s’attachaient à leur mère et la suivaient partout. À partir de cette observation, il a montré que les canetons vont s’attacher au premier objet mobile qu’ils voient à leur naissance. Les images où des poussins suivaient une botte en caoutchouc comme si c’était leur mère ont fait le tour du monde. 7 Un bébé si attachant Les différents types d’attachement Mary D. Salter Ainsworth a mis au point en 1969 la « procédure de la situation étrange » (strange situation) pour évaluer la qualité de l’attachement pendant la petite enfance. Le bébé est en présence de sa mère et il est rassuré. Une adulte inconnue va alors entrer dans la pièce et la mère s’en va pour revenir trois minutes plus tard. L’expérience consiste à observer les réactions du bébé dans cette situation de séparation-retrouvailles. En fonction des signes d’inquiétude et d’alarme chez le bébé, on arrive à évaluer son type d’attachement. L’attachement insécurisant de type fuyant Le bébé évite la mère quand elle revient dans la pièce. Le contact n’est pas cherché, mais il n’est pas refusé non plus. Bien sûr, il éprouve le désir d’être proche de sa mère, mais il a fait des expériences frustrantes et négatives dans des situations analogues. Le bébé est dans une attente passive à distance. Cette réaction renvoie à un rejet systématique de la part de la mère quand le bébé est en détresse. L’attachement insécurisant de type ambivalent Le bébé cherche le contact avec sa mère quand elle revient, mais l’enfant se montre fuyant en même temps. Par exemple, quand la mère veut prendre le bébé dans ses bras, il proteste et quand elle veut le poser par terre, il proteste également. On peut trouver ce type d’attachement dans des relations mère-enfant quand la mère répond de façon imprévisible et incohérente aux signaux de son bébé. L’enfant s’agrippe souvent à sa mère, il se sent en insécurité et il aura des difficultés à s’en séparer, ce qu’il montre en particulier le soir quand il faut aller au lit. L’attachement insécurisant de type désorganisé Dans ce type d’attachement, le bébé prend des postures d’appréhension. Il semble être confus voire dépressif. Ces enfants courent un grand risque de psychopathologie. On observe ce type d’attachement, par exemple, chez des enfants victimes de maltraitance. Il est vivement conseillé de consulter un spécialiste. Il existe quatre types d’attachement : L’attachement sécurisant Le bébé cherche le contact avec sa mère sans ambivalence. Il arrive à communiquer ses sentiments de détresse et retourne après à la découverte du lieu. Même se regarder peut parfois suffire au bébé pour se calmer. On observe ce type d’attachement chez des bébés dont la mère répond systématiquement et de manière sensible aux signaux ou appels de détresse de son bébé. Un bon attachement permet à l’enfant d’explorer librement et sans peur son monde en se séparant de sa mère, et de la retrouver afin de satisfaire auprès d’elle ses besoins de proximité et de sécurité. L’enfant va jouer davantage et il entre plus facilement en contact avec d’autres enfants. Ce type d’attachement favorise donc l’autonomie de l’enfant. Au fur et à mesure, l’enfant peut supporter plus longtemps l’absence de sa mère, car il a intégré une image d’elle stable et bonne. 8 Un bébé si attachant Répondre à son bébé D’ailleurs, la relation mère-enfant se porte d’autant mieux, si la mère se sent soutenue par le père et s’il participe activement aux soins du bébé. Dans la société occidentale, on conseille souvent aux parents de laisser crier leur enfant pour qu’il apprenne à se calmer tout seul. On constate que les mères anglaises, américaines et hollandaises répondent seulement après des périodes de cris de 5-30 minutes. Dans ces pays, on souhaite aussi que l’enfant s’occupe tout seul. Le but serait de rendre l’enfant rapidement autonome. L’attachement de l’enfant à sa mère est d’ailleurs souvent vécu comme étouffant. Au Japon, les mères s’attachent beaucoup à leur enfant, mais elles n’arrivent pas à se séparer de lui. L’enfant ne peut pas explorer librement son environnement. Cette relation mère-enfant renvoie au concept de « Amae » qui fait référence à une dépendance affective mutuelle. Ainsworth a démontré, dans les années 1970, qu’un bébé est beaucoup plus autonome à l’âge d’1 an si la mère a toujours rapidement répondu à ses appels, qu’un bébé qu’on a laissé crier. L’enfant peut faire préalablement l’expérience que ses parents répondent de manière adaptée et sécurisante à ses appels et qu’ils seront là pour lui quand il se sent en danger. La relation d’attachement provoque finalement un tout autre comportement que le terme pourrait faire croire. L’enfant s’attache pour avoir la force de se séparer et pour devenir un individu autonome. Spitz R., « Anaclitic depression », Psychoanal Stud Child, 1946, 2, 31341. 2 Bowlby J., Attachement et perte, vol. 1 : Attachement, Paris, PUF, 1969. 1 Chez le bébé, la présence maternelle permet au début de la vie de satisfaire des besoins physiologiques et psychologiques du bébé. On pourrait comparer le bébé à une personne paralysée qui dépend entièrement de l’autre, ce qui augmente sa vulnérabilité. D’ailleurs, la séparation d’avec la mère ou de son substitut peut avoir des conséquences catastrophiques pour le nourrisson comme la dépression anaclitique (R. Spitz, 1946 1) et l’hospitalisme (J. Bowlby, 1976 1). Ses cris et ses pleurs ont, comme nous allons le voir dans le chapitre sur les cris, pour effet de maintenir la présence maternelle pour qu’elle allège la faim, la soif, etc., mais aussi ses besoins affectifs. Tout autre substitut pourrait remplir le rôle de la mère, d’un point de vue « satisfaction des besoins du bébé », s’il le fait avec suffisamment d’amour. Voilà un appel aux papas qui utilisent souvent l’excuse : « Vas-y toi, tu sais mieux le faire » pour ne pas se lever la la nuit quand le bébé n’arrive pas à dormir. nuit L’attachement • C’est une relation constante et émotionnelle avec une personne spécifique. • Cette relation est l’un des besoins primaires du jeune enfant, vital et nécessaire à sa survie. Elle lui confère des sentiments d’assurance, de protection, de consolation et de bien-être. • La perte ou la menace de perte de la mère ou de son substitut provoque des sentiments de stress intense chez le bébé. 9 Entretien avec le Professeur Alexandre Lapillonne, Service de néonatologie et de nutrition, Institut de Puériculture et de Périnatologie, Paris Le lait maternel constitue l’aliment par excellence du jeune enfant, le modèle vers lequel doivent tendre les laits artificiels. Le lait maternel est naturellement riche en acides gras polyinsaturés à longue chaîne et notamment en DHA. Ces acides gras sont importants pour la maturation de la vision et le développement cérébral car la rétine et le cortex cérébral sont les deux organes les plus riches en DHA. De ce fait, l'alimentation du nourrisson, via les apports en DHA du lait maternel, contribue très significativement à la maturation du cerveau et de la fonction visuelle. Le DHA est un acide gras de la famille des oméga-3. Il est important de savoir que les acides gras de la famille oméga-3 (voir encadré) jouent de multiples rôles métaboliques et constitutifs. Cependant, ils ne présentent pas tous le même intérêt : «Contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’acide alpha-linolénique, bien que précurseur de la lignée oméga-3, n’est pas le plus important dans le contexte de la maturation visuelle du nourrisson. Il faut que l’alimentation apporte aussi les dérivés, que sont les acides gras poly-insaturés à longue chaîne (AGPI-LC) comme l’acide docosahexaénoïque (DHA) car, chez l’homme, moins de 1 % de l’acide alpha-linolénique est converti », explique le Pr Alexandre Lapillonne, du service de néonatologie et nutrition de l’Institut de puériculture et de périnatologie à Paris. Et si les besoins de l’homme en DHA sont élevés, ceux du nourrisson le sont plus encore. Des besoins en DHA élevés chez le nourrisson Le spécialiste en détaille les raisons : « Le DHA est le composant que l’on retrouve en concentration la plus élevée dans le cortex cérébral et dans la rétine. Or, la croissance cérébrale est maximale au cours du dernier trimestre de la grossesse et tout au long des deux premières années de vie. Pour que la mère puisse répondre à ce fort besoin de mère puisse répondre à ce fort besoin de l’enfant, la nature a mis en place deux mécanismes. Le premier se retrouve pendant la grossesse au niveau du placenta qui va transporter préférentiellement le DHA par rapport aux autres acides gras mobilisés pour alimenter le fœtus. Le second concerne le lait maternel qui contient naturellement des AGPI-LC. La quantité de DHA est variable selon l’alimentation de la mère et représente en moyenne 0,3 % de l’ensemble des acides gras présents dans le lait. La concentration en acide arachidonique (ARA) varie moins et avoisine 0,5 à 0,6 % des acides gras. Ces doses sont celles que l’on considère comme optimales pour couvrir les besoins de tous les nourrissons, au moins durant leur première année de vie. » Se rapprocher de la teneur en DHA du lait maternel Les enfants nés à terme et nourris au sein disposent de tous les éléments pour un développement cérébral et visuel optimal, mais qu’en est-il de ceux nourris au lait artificiel ? « La mission d’un lait artificiel est d’assurer au mieux le développement de l’enfant en se rapprochant le plus 11 9 L’intérêt des acides gras polyinsaturés dans le développement visuel l’enfant en se rapprochant le plus possible de la composition du lait maternel. Or jusqu’à récemment le DHA et l’ARA n’étaient pas présents dans les laits artificiels. Les recommandations ont évoluées et il est maintenant recommandé que les formules de laits infantiles contiennent au moins 0,2 % des acides gras sous forme de DHA. Cet ajout ayant un coût, la plupart des industriels se sont limités à ces 0,2 %. Seul Enfamil Premium a été formulé pour contenir 0,3 % de DHA et ainsi se rapprocher au plus près de la composition moyenne du lait maternel. » Cette différence de concentration pourrait faire toute la différence sur le développement visuel de l’enfant, car l’effet du DHA semble dépendre de la dose apportée. « Deux études épidémiologiques se sont intéressées au développement visuel des enfants nourris au sein. Il en ressort que ceux recevant les laits maternels les plus riches en DHA présentaient, à 2 mois et à 1 an, une fonction visuelle supérieure à ceux dont les mères avaient un lait moins riche en DHA », indique le Pr Alexandre Lapillonne. C’est pourquoi, bien que le niveau minimum de DHA soit actuellement de 0,2 % dans les laits infantiles, l’EFSA confirme à présent qu’un niveau d’au moins 0,3 % contribue au développement visuel des nourrissons. Un effet prouvé sur la fonction visuelle Pour mettre en évidence une relation de cause à effet entre DHA et fonction visuelle, des études randomisées en double aveugle doivent toutefois être réalisées. Pour cela, les chercheurs constituent deux groupes de personnes, l’un recevant un aliment contenant le composant dont on souhaite étudier l’effet, l’autre recevant le même aliment sans le composant. « Ce type d’études réalisées avec des laits artificiels contenant ou non du DHA à 0,3 % ont toutes montré que les nourrissons ayant reçu le lait avec DHA présentaient, en plus d’une croissance staturo-pondérale adaptée et comparable à celle des enfants allaités, une meilleure acuité enfants allaités, une meilleure acuité visuelle que ceux ayant reçu le lait sans DHA. » Autrement dit, le lait contenant 0,3 % de DHA permet aux enfants de bénéficier des mêmes avantages, en termes de développements global et visuel, que ceux des enfants nourris au sein : ni plus, ni moins. Les enfants nourris avec un lait ne contenant pas de DHA sont-ils donc à risque de carence ? «Non, ils ne présentent pas de risque de carence, mais de déficience, répond le Pr Lapillonne. C’est à dire que leur taux de DHA dans le sang sera inférieur aux taux habituellement trouvés chez les enfants allaités et que, de fait, ils ont un risque d’avoir un moins bon développement visuel au moins temporairement. Ceci ne veut pas dire qu’ils auront des problèmes visuels pour autant mais il est possible que leur développement soit suboptimal en comparaison de celui des enfants nourris au lait maternel. » Du DHA jusqu’à deux ans Les enfants prématurés, en revanche, constituent un groupe à risque. Leurs besoins en AGPILC sont encore plus importants que ceux des enfants nés à terme, car ils n’ont pas bénéficié du transport placentaire élevé au cours des derniers mois de grossesse. « Pour ne pas créer de carence pouvant avoir des répercussions sur leur développement cognitif et visuel, il est capital que les enfants nés prématurément soient allaités ou, à défaut, reçoivent un lait riche en DHA, non seulement pendant leur hospitalisation, mais aussi tout au long de leur première année de vie », souligne le Pr Alexandre Lapillonne. Et d’ajouter : « Il s’agit de reproduire la réalité de l’allaitement, que l’on conseille de poursuivre au moins six mois et si possible jusqu’à un an dans les pays occidentaux, ce qui est également valable pour les enfants nés à terme. Et sachant que la croissance du cerveau est à son maximum pendant les deux premières années de vie, il n’est pas abusif de conseiller un apport en DHA jusqu’à un 12 10 L’intérêt des acides gras polyinsaturés dans le développement visuel conseiller un apport en DHA jusqu’à un L’acide arachidonique (ARA) comporte 20 an, voire jusqu’à deux ans. » atomes de carbone et appartient à la famille oméga-6, tandis que l’acide docosahexaRappel sur les acides gras poly- énoïque (DHA) en contient 22 et fait partie de insaturés la famille oméga-3. Ils sont tous deux issus de Les acides gras sont dits poly-insaturés réactions de conversion (élongation, désaquand ils possèdent plusieurs doubles turation) des acides gras précurseurs. De liaisons au sein de leur chaîne carbonée. nombreuses études ont mis en évidence leur Ceux ayant pour caractéristique com- rôle primordial dans le bon fonctionnement de mune d’avoir leur première double l’organisme, notamment en raison de leur liaison située à six carbones (n-6) et trois implication dans les processus inflammatoire carbones (n-3) de l’extrémité méthyle et immunitaire. sont respectivement regroupés dans les familles oméga-6 et oméga-3. Les acides Les acides gras oméga-6 et oméga-3 utilisent gras précurseurs de ces deux familles la même voie de synthèse (autrement dit, ils (autrement dit, ceux à partir desquels sollicitent les mêmes enzymes pour être tous les autres pourront être fabriqués via fabriqués à partir du précurseur), ce qui des réactions chimiques) sont respecti- implique qu’ils sont en compétition pour ce vement l’acide linoléique et l’acide système enzymatique. C’est pourquoi le alpha-linolénique. Ils sont dits « essen- rapport entre l’acide linoléique et l’acide tiels » car l’homme est dans l’incapacité alpha-linolénique influe sur la synthèse des de les synthétiser. acides gras polyinsaturés des deux lignées. 13 11
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