reveue43maici - Page 1 - "Clic Infirmier.com" "Numéro de mai 2011" Revue professionnelle gratuite réservée au milieu infirmier 1 wwwwww..cclliicciinnffiirrmmiieerr..ccoomm CCTTUUAALLIITTEESS OONNSSEEIILLSS DDEE PPRROOFFEESSSSIIOONNNNEELLSS UUJJOOUURRDD’’HHUUII SSOOIIGGNNAANNTTSS SSYYCCHHOOLLOOGGIIEE // PPSSYYCCHHIIAATTRRIIEE TTUUDDIIAANNTT EENN SSOOIINNSS IINNFFIIRRMMIIEERRSS AA QQUUEESSTTIIOONN DDUU MMOOIISS IITTTTEERRAATTUURREE EETT LLIIEENNSS NNNNOONNCCEESS N°43 mai 2011 2 N°18 octobre 2008 3 Je voudrais vous parler d'Isabelle. Elle avait 16 ans, c'était en 1979, son regard était pailleté d'or. J'avais 26 ans, j'étais infirmière en réanimation. Isabelle avait la maladie de Wilson. C'est une maladie génétique. Les atteintes hépatiques précèdent généralement de quelques années les atteintes neurologiques, l'un des signes visibles, est un cercle cuivré qui se forme autour de l'iris. Isabelle avait été greffée, son nouveau foie devait lui permettre de vivre. Les traitements anti rejet, la rendait vulnérable à toutes sortes d'infections. Isabelle requérait beaucoup de soins, je passais tout ce temps avec elle, et je partageais sa jeunesse, ses espoirs, ses projets. Elle me disait tout ce que son nouveau foie allait lui permettre de vivre : retourner au lycée, avoir un petit ami, faire du sport ? J'ai soigné Isabelle, pansements, injections, perfusions, je l'ai aussi lavée, coiffée et même maquillée, un petit peu, le dimanche, pour qu'elle soit belle pour ses visites.... Elle avait 16 ans, la greffe ne l'a pas sauvée, mais elle lui a redonné de l'espoir, du temps, la capacité de se projeter dans un avenir. Pour Isabelle ce ne fut pas beaucoup de temps, en 1979, je me suis même demandé si cela valait la peine. Depuis plus de 30 ans, j'ai rencontré bien d'autres patients greffés, différentes greffes, différentes pathologies, différentes histoires. Tous ont en commun, ce que j'ai vu chez Isabelle, cette étincelle dans le regard que donne la vie retrouvée, une nouvelle chance de faire des projets. Aujourd'hui je ne me pose plus la question, je sais que cela vaut la peine et c'est cette certitude que j'aimerais partager avec vous. Bonne lecture. . . H. Scagliola 5 N°43 mai 2010 EEDDIITTOO P 3 AACCTTUUAALLIITTEESS P 6 CONSEILS PROFESSIONNELS P 12 Enquête internationale sur les soins de stomie Les auto-piqueurs et le prélèvement de glycémie capillaire Thérapie par pression négative AAUUJJOOUURRDD’’HHUUII SSOOIIGGNNAANNTT P 25 Les infirmières améliorent l’accès à l’équité PPSSYYCCHHOOLLOOGGIIEE P 30 PPSSYYCCHHIIAATTRRIIEE,, SSOOCCIIEETTEE Thérapie par pression négative EETTUUDDIIAANNTT//EENNSSIIGGNNEEMMEENNTT P 34 La pose de sonde de nutrition par les infirmières : une technique bien maîtrisée ? AANNGGLLAAIISS MMEEDDIICCAALL P 36 Le personnel soignant LLEE TTHHEEMMEE DDUU MMOOIISS P 39 La transplantation hépatique chez l’adulte La transplantation hépatique se déroule en plusieurs phases La greffe de moelle osseuse Compétences et valeurs professionnelles / Réflexions autour de la greffe NNOOUUVVEEAAUUTTEESS P 47 La nouvelle poche Sensura® Mio FFOORRMMAATTIIOONNSS P 48 AANNNNOONNCCEESS P 52 Intérim Offres d’emploi Comité de rédaction Rédactrice en chef : Hélène Scagliola, Cadre supérieur Hopital Sainte Anne Paris Comité : Dunia Mutabesha cadre de santé en HAD de l'AP-HP, Annie Philoreau Cadre supérieur Hôpital Henri Mondor Créteil), Véronique Bachelet (cadre de santé CH Bordeaux), Viviane Delpech (directeur des soins Clinique St Martin Générale de Santé, Pessac), Sandrine Garcia (enseignante cadre IFCS de Montsouris CH Sud Francilien), Michèle Guyot (Présidente de l’association des stomathérapeutes), Marièle Kaiser (infirmière cadre, Maison spécialisée Alzheimer ), Arnaud Mocochain (infirmier d'éducation CH Cochin), Valérie Murzeau (cadre supérieur en psychiatrie CH Sud Francilien), Gilles Desserprit, (Directeur des formations cadres de santé Ecole Supérieure Montsouris). D. CLIC EDITIONS – 16, boulevard Saint Germain 75005 PARIS - RCS B 504 423 914 E-mail : contact@clicinfirmier.com Site : www.clicinfirmier.com Les articles sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs. 6 La Journée internationale de l'infirmière est célébrée dans le monde entier le 12 mai, jour anniversaire de la naissance de Florence Nightingale. C’est une occasion pour réaffirmer son attachement à vouloir améliorer les conditions de travail des professionnels de l'art infirmier. En effet, la pénibilité de ce métier, notamment dans les hôpitaux, est intenable au point que nombre d'infirmiers et d'infirmières quittent la profession au bout de quelques années, créant par là même, une réelle pénurie auprès du patient, ce qui aggrave encore les conditions de travail. Qui est Florence Nightingale ? Qui est Florence Nightingale ? Florence Nightingale a posé les bases de la profession infirmière contemporaine. Ses contributions sont nombreuses : elle a été la première personne à définir que chaque patient a des besoins individuels, que le rôle de l'infirmière vise à satisfaire ces besoins et elle a pris en compte les dimensions santé-maladie des soins infirmiers. Elle a fait des soins infirmiers une occupation respectée en établissant une formation, en soulignant l'importance d'une éducation continue, et en distinguant les soins infirmiers de la médecine. Elle croyait qu' "une bonne pratique infirmière ne grandit pas seule; elle est le résultat d'études, d'enseignement, d'entraînement, de pratique, qui se finalise dans une base solide qui peut se transférer dans tous les milieux, auprès de tous les patients Objectif Durant la Journée internationale de l’infirmière, la FSSS-CSN (Fédération de la santé et des services sociaux de la Confédération des syndicats nationaux), qui représente près de 100 000 syndiqué(es) du réseau de la santé et des services sociaux, souhaite qu’une meilleure organisation du travail dans les soins infirmiers diminue les surcharges de travail et les burn-out dont sont victimes, entre autres, les infirmières. Ces femmes représentent plus du tiers de la main-d’œuvre du réseau de la santé et travaillent dans des conditions difficiles en raison de la pénurie de main-d’œuvre. 7 Erreurs médicamenteuses : prévention et sécurisation de la prise en charge au cœur des préoccupations du ministère chargé de la santé Xavier Bertrand, ministre du travail, de l’emploi et de la santé et Nora Berra, secrétaire d’Etat chargé de la santé, ont signé le 6 avril dernier un arrêté visant à améliorer la prévention des erreurs médicamenteuses chez les patients hospitalisés. Ce texte matérialise l’engagement d’améliorer la qualité de la prise en charge médicamenteuse, pris à la suite de la survenue d’accidents dramatiques liés à des erreurs d’administration de médicaments en décembre 2008. Il s’inscrit également dans la logique de la loi « Hôpital, patients, santé, territoires » (HPST),qui favorise l’élaboration et la mise en œuvre, par les établissements de santé, d’une politique d’amélioration continue de la qualité et de la sécurité des soins, ainsi qu’une gestion avérée des risques. Très attendu par les professionnels, l’arrêté a été soumis à une large consultation auprès des agences sanitaires, des conférences et des fédérations hospitalières, des sociétés savantes, des syndicats et des ordres professionnels, des observatoires des médicaments, des dispositifs médicaux et des innovations thérapeutiques (OMEDIT), des agences régionales de santé (ARS) et des associations de patients. Nouveau référentiel en la matière, il prévoit : • l’étude des risques encourus par les patients liés à la prise en charge médicamenteuse, permettant d’élaborer des procédures prioritaires, notamment sur les patients et les médicaments à risque ; • la formalisation de l’organisation et des responsabilités au sein des établissements de santé ; • la planification des actions d’amélioration et la communication vis-à-vis notamment des personnels ; • l’analyse des accidents en vue d’actions futures d’amélioration ; • la mise en place d’actions de formation pour les professionnels. La mise en place du référentielau sein des établissements sera facilitée par un dispositif d’accompagnement. Celui-ci prévoit un appui aux régions via les structures régionales existantes, un renforcement de la formation, un appui à l’informatisation et la mise à disposition d’outils pour la mise en œuvre de l’arrêté. Par ailleurs, un accompagnement financier, prévu dans les lois de financement de la sécurité sociale 2010 et 2011, permettra de développer l’analyse des accidents, via le retour d’expérience et des réunions de concertation pluridisciplinaires. De même, une enveloppe du fonds pour la modernisation des établissements de santé publics et privés (FMESPP) est mise à disposition des directeurs généraux d’ARS, en vue du développement de l’informatisation de démarches de gestion des risques. Ce dispositif, dans la lignée de la nouvelle règlementation issue de la loi HPST, constitue un levier important pour améliorer la qualité de la prise en charge médicamenteuse. Des bénéfices sont attendus pour tous les acteurs de la prise en charge : pour les patients, par la traçabilité des médicaments dispensés et la sécurisation du parcours de soins, mais aussi pour les professionnels de santé, par une lutte favorisée contre l’iatrogénie médicamenteuse. La politique que le ministère entend porter en matière de sécurité et de qualité des soins doit être ambitieuse. Par la publication de cet arrêté, Xavier Bertrand et Nora Berra souhaitent soutenir et renforcer la confiance justifiée que les usagers placent dans le système de soins. 8 POLYARTHRITE RHUMATOÏDE : IMPLIQUER L’INFIRMIÈRE ET LE PATIENT DANS L’ÉVALUATION DE L’ACTIVITÉ DE LA MALADIE ET DES CO-MORBIDITÉS Évaluer l’intérêt d’un suivi standardisé comportant d’une part la recherche des co-morbidités de La polyarthrite rhumatoïde par l’infirmière et d’autre part l’auto-évaluation du DAS par le patient, tel est l’objectif de l’étude COMEDRA. Ce Projet Hospitalier de Recherche Clinique (PHRC), mis en place par le Pr Maxime Dougados, Chef du service de rhumatologie de l’Hôpital Cochin (Paris), avec le soutien institutionnel de Roche et de Chugai, implique les équipes infirmières de 20 centres français, qui formeront un millier de patients à l’auto-évaluation du DAS (« Disease Activity Score » ou « score d’activité de la maladie »). Les personnes atteintes de Polyarthrite Rhumatoïde (PR) présentent un risque accru d’infections, de maladies cardiovasculaires, de certains cancers et d’ostéoporose, du fait de la maladie rhumatismale elle-même, mais aussi de certains traitements, comme la cortisone. La prise en charge optimale repose sur la recherche et la prévention de ces maladies associées, mais également sur un suivi régulier de l’activité de la PR (état inflammatoire) et par la mesure du DAS. La mesure régulière du DAS est primordiale (1) En Europe, quatre essais thérapeutiques concluent à un meilleur pronostic des patients si leur rhumatologue base ses indications thérapeutiques sur une évaluation objective du patient, par la valeur du DAS, plutôt que sur des critères subjectifs (opinion du patient) … L’idéal étant une évaluation du DAS au moins mensuelle encas de maladie active, et au moins trimestrielle en cas de maladie moins active. « Or en pratique, la mesure du DAS est loin d’être systématique, la principale raison invoquée par les rhumatologues étant le temps limité dont ils disposent en consultation. La baisse d’au moins 30 % du nombre de rhumatologues à l’horizon 2030 ne va pas améliorer cette situation. Il est donc nécessaire d’impliquer davantage l’infirmière et le patient lui-même», estime le Pr Maxime Dougados, chef du service de rhumatologie de l’Hôpital Cochin (Paris) etPrésident de l’Eular (Ligue européenne contre le rhumatisme). (1 )Recommandations de la Société Française de Rhumatologie pour dépister ou prévenir les maladies associées aux rhumatismes inflammatoires chroniques (2010) Impliquer les infirmières et les patients Aux Pays-Bas et en Angleterre, l’avantage d’impliquer les infirmières dans le calcul du DAS est bien reconnu. Par ailleurs, plusieurs études ont montré que l’évaluation du DAS par le patient lui-même, préalablement formé, est aussi performante que celle effectuée par le rhumatologue. D’où l’idée d’évaluer l’impact de cette pratique, à travers l’étude COMEDRA. Cette étude prospective, randomisée, contrôlée, inclura 1000 patients souffrant de PR certaine en situation stable de leur maladie, dans 20 centres en France. Les patients seront répartis dans deux groupes : groupe « auto-évaluation de l’activité de la maladie » versus groupe « comorbidités», chacun étant le contrôle de l’autre. La durée de l’essai sera de 6 mois et le promoteur de cette recherche est l’AP-HP. Le recrutement des patients sera assuré par les rhumatologues travaillant en réseau avec les centres investigateurs. Les critères d’évaluation sont d’une part le pourcentage de malades chez lesquels le traitement de la PR a été intensifié durant les 6 mois de l’étude, et d’autre part le pourcentage de malades pour lesquels au cours des 6 mois un traitement a été initié et / ou une investigation menée en raison d’une co-morbidité. Demain, un rôle accru pour l’infirmière dans le suivi de la PR ? Les médecins investigateurs de tous les centres et les infirmières impliquées dans le projet se sont retrouvés en janvier dernier pour une formation de deux jours organisée à Paris, avec le soutien institutionnel de Roche et de Chugai. Initiée en janvier, l’étude durera 6 mois. « Les infirmières sont très motivées pour s’impliquer dans ce type de mission. C’est très intéressant et valorisant pour les infirmières, mais former chaque patient individuellement, rédiger le compte-rendu, tout cela prend beaucoup de temps. Pour pouvoir être généralisé à grande échelle, ce nouveau rôle devra être reconnu financièrement. Pour le rhumatologue, l’auto-évaluation du DAS est une information précieuse pour mieux ajuster sa prescription », estime Maryse Mézières, infirmière de recherche clinique en rhumatologie à l’Hôpital Cochin à Paris. Si l’étude est concluante, cette démarche pourrait être instaurée dans tous les centres hospitaliers et avoir un impact positif pour les patients, en les plaçant au coeur de l’équipe soignante pour améliorer leur prise en charge. Elle peut aussi contribuer à donner une place plus importante aux infirmières dans le traitement et le suivi de la polyarthrite rhumatoïde. 9 Le 14 juin 2011 à Paris, 250 infirmières libérales et hospitalières vont échanger sur leurs pratiques et dessiner ensemble leur avenir professionnel. Le colloque aura lieu sur une journée, à l’initiative des syndicats infirmiers SNPI (IDE salariées) et SNIIL (IDE libérales), sous la forme de tables rondes et échanges avec la salle, pour montrer ce qu’une IDE peut déjà faire aujourd’hui, et quelle sera l’IDE de demain, afin de positiver sur une profession infirmière en évolution : pratiques avancées, éducation thérapeutique, coopérations entre professions de santé, consultations infirmières, infirmières cliniciennes, infirmières spécialistes cliniques,… Il est urgent pour la profession de travailler ensemble sur les contours de notre métier, de construire des liens solides entre la ville et l’hôpital pour s’approprier de nouvelles compétences. Une trentaine de témoignages d’infirmières s’articuleront autour de cinq tables rondes qui laisseront une large place au débat, au travers de situations très concrètes : Nous avons une profession formidable, mais les conditions d’exercice sont telles que nous avons une usure prématurée des jeunes professionnelles, et une démotivation des plus anciennes. Pour assurer l’attractivité et la fidélisation, il convient de rénover l’exercice. "Avec l’arrivée des nouveaux rôles infirmiers, notre profession est à un tournant. L’objectif de ces « Etats Généraux des Infirmiers » est de nous préparer à cet avenir à la mesure de l’importance de notre profession (coopération entre professionnels de santé, pratiques avancées, consultations infirmières, éducation thérapeutique, infirmières cliniciennes ou spécialistes cliniques, etc.). Nous souhaitons faire entendre l’expertise infirmière, et affirmer une vision infirmière de la santé (prévention, éducation à la santé, accompagnement, relation d’aide)" indique Thierry Amouroux, le Secrétaire Général du SNPI CFE-CGC. Comme la montré le rapport Hénart (février 2011), la prise en charge des maladies chroniques représente l’avenir de la profession infirmière, au travers de la création d’un Master en Sciences Infirmières comprenant une première année commune, la deuxième année étant spécifique à l’option, entre infirmière clinicienne et infirmière spécialiste clinique dans une pathologie médicale (santé mentale, cardiologie, cancérologie, gastro-entérologie, hémodialyse, etc.). L’intérêt de ce schéma est de permettre de pouvoir se diriger vers d’autres pratiques au cours de sa vie professionnelle moyennant un complément de formation tenant compte de ses acquis professionnels. L’infirmière clinicienne analyse les situations complexes de soins, aide les équipes à prendre en charge des patients jugés difficiles du fait de leur pathologie ou des situations. Elle fait référence dans les domaines de l’éducation thérapeutique, de l’information et du suivi des personnes. Elle réalise des consultations infirmières d’éducation, de conseil, de suivi de pathologies chroniques. Chaînon manquant entre l’IDE et le médecin, l’infirmière spécialiste clinique participe au suivi en consultation des maladies chroniques suivant une procédure déterminée avec l’équipe médicale. Elle assure le lien entre le patient, la famille, le médecin et les autres professionnels. Elle se préoccupe davantage du contexte de vie du patient que le médecin. Elle apporte stabilité et cohérence, contribuant à la continuité des soins pour les patients. Face à la montée des soins aux personnes du quatrième âge avec perte d’autonomie, au développement de la prévention et du dépistage des maladies chroniques, le secteur de la santé posera des problèmes d’organisation et d’éthique toujours plus complexes. L’un des rôles de la profession infirmière sera de servir de garde-fou face à la tentation du contrôle économique entrainant des restrictions de soins individuels, au nom d’une vision macroéconomique des dépenses de santé publique, comme dans les pays anglo-saxons. Les personnes malades sont par définition plus vulnérables, aussi les infirmières doivent être en première ligne pour affirmer que seuls les besoins des malades doivent déterminer le type et le coût des traitements. Regards croisés entre salariés et libéraux Il est urgent pour la profession de construire des liens solides de travailler ensemble sur les contours de notre métier. En mobilisant les ressources, en partageant les savoirs pour faire reconnaître toute l’étendue des compétences infirmières et pour s’approprier, demain, de nouveaux roles en toute autonomie Face au vieillissement de la population, à la nécessité d’accompagner les patients chroniques, à la baisse « annoncée » de la démographie « médicale », l’infirmière occupe une place fondamentale dans le parcours de soins du patient : Elle est au cœur du système de santé. 10 Les guides - manuels - supports à lire... manuel de certification V2010 révisé 2011 La révision 2011 du manuel de certification V2010 permet d’introduire, en réponse aux attentes de l’environnement, des adaptations aux spécificités de l’HAD, de la santé mentale et de la biologie. Elle tient compte également de l’actualité réglementaire (loi HPST, décrets sur la gestion des risques, l’éducation thérapeutique…) et du retour d’expérience de la V2010 (questionnaires aux établissements, analyse des 1ères procédures de certification V2010…). La révision a pris en compte également le souhait de stabilité de l’environnement en introduisant au total un nombre restreint d’évolutions. *** Pour valider son auto-évaluation, l’établissement doit répondre à l’ensemble des éléments d’appréciation, dès lors qu’ils lui sont applicables. Les champs d’application sont, pour la plupart, définis par la Haute Autorité de Santé, dans le manuel de certification, au sein des cadres prévus à cet effet. Néanmoins, certains critères ou éléments d’appréciation peuvent apparaître non applicables aux établissements. La HAS met à disposition des établissements de santé un tableau récapitulatif des cas généraux de non applicabilité par critère et par type de prise en charge. Si l’établissement pense ne pas être concerné par un critère ou un élément d’appréciation, il doit en premier lieu consulter ce tableau. Pour toute question spécifique à son contexte, il doit interroger la Haute Autorité de Santé via pour obtenir une confirmation de son interprétation. Il ne s’agit pas de sélectionner « NA » dans l’auto-évaluation en lieu et place de « non » lorsqu’il n’y a aucune réponse à apporter. Dans tous les cas, à réception de l’auto-évaluation, la Haute Autorité de Santé procède à une analyse des éléments d’appréciation déclarés « NA ». Tous ceux qui ne sont pas validés seront investigués par les experts-visiteurs en visite. Quel sera demain le rôle des Gérontechnologies ? Robots assistants, téléphonie adaptée, télémédecine, e-santé... Les nouvelles technologies au service des aînés se développent de plus en plus et visent à l'amélioration de l'autonomie, du lien social, de la sécurité. Comment se développe et se structure ce secteur ? Quels réseaux de distribution, de prescription ? Faut-il considérer que ce marché doit être assisté ou privé ? Comment concrètement appliquer des règles éthiques ? Faut-il créer un label ? Pour plus d'informations visitez notre site : http://www.trophees-du-grand-age.fr/ 11 L’ÉTAT ET LES ORDRES PROFESSIONNELS RENFORCENT LEUR PARTENARIAT POUR LA SÉCURITÉ DES PROFESSIONNELS DE SANTÉ Les sept Ordres de Santé, particulièrement préoccupés de l’augmentation des actes de violence à l’encontre des professionnels de Santé, se félicitent de la signature du Protocole dit Santé-Sécurité- Justice-Ordres qu’ils réclamaient depuis longtemps, fruit d’une concertation fructueuse avec les trois ministères concernés. Ce protocole national n’est pas une fin en soi mais constitue le socle d’une démarche territoriale proactive forte initiée il y a une dizaine d’années par la création de l’Observatoire de la sécurité du Conseil National de l’Ordre des Médecins. Il engage les services centraux et déconcentrés des trois ministères, les Agences Régionales de Santé ainsi que les différentes instances territoriales des Ordres, sous l’égide et la coordination du représentant de l’Etat dans le département d’implantation et du Procureur de la République. Ce dispositif va permettre aux professionnels de santé et à leurs représentants de décliner de façon concertée et adaptée aux spécificités locales, en partenariat et en synergie avec l’ensemble des acteurs institutionnels, toutes les mesures propres à assurer une meilleure prévention et un meilleur suivi des violences faites aux soignants qui ne doivent pas rester impunies. Il y va de la qualité des soins, la délinquance étant aujourd’hui un facteur de désertification et de destruction du maillage des soins, aggravant une démographie de santé déjà préoccupante. Dès à présent, les Ordres de Santé, seuls interlocuteurs « institutionnels » des forces de Police et de Gendarmerie, entendent s’impliquer fortement dans la mise en place de ce protocole et dans la poursuite du travail de concertation partenariale nécessaire à l’émergence de tous les outils de proximité utiles à son efficience. Les Ordres se sont engagés depuis plusieurs années dans l’amélioration de la sécurité des professionnels de santé : cette démarche s'inscrit dans une volonté partagée d’assurer une offre de soins pérenne et de qualité, accessible à tous les usagers, sur tout le territoire, en accord avec les missions confiées aux Agences Régionales de Santé par la loi HPST. COMMUNIQUE DE L'ORDRE INFIRMIER ; www.ordre-infirmiers.fr
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