revue CI dec janvier 2011 - Page 1 - Clic Infirmier.com, le mensuel infirmier gratuit à destination des professionnels de santé wwwwww..cclliicciinnffiirrmmiieerr..ccoomm CCTTUUAALLIITTEESS OONNSSEEIILLSS DDEE PPRROOFFEESSSSIIOONNNNEELLSS UUJJOOUURRDD’’HHUUII SSOOIIGGNNAANNTTSS SSYYCCHHOOLLOOGGIIEE // PPSSYYCCHHIIAATTRRIIEE TTUUDDIIAANNTT EENN SSOOIINNSS IINNFFIIRRMMIIEERRSS AA QQUUEESSTTIIOONN DDUU MMOOIISS IITTTTEERRAATTUURREE EETT LLIIEENNSS NNNNOONNCCEESS N°39 d./janvier 2011 3 De Dickens au S.A.S… Avez-vous déjà entendu parler de Monsieur Pickwick et de son valet ? En 1837, Charles Dickens publie une série d’histoires qui mettent en scène M. Pickwick et son valet Fat Joe : « Sa tête était affaissée sur sa poitrine ; seul un ronflement continu et, de temps à autre, un bruit d’étouffement partiel, révélaient à l’ouïe la présence du grand homme » En 1956, CS Burwell compare la maladie de Fat Joe au syndrome d’obésité extrême associée à l’hypoventilation alvéolaire qu’il nomme : « Syndrome de Pickwick » Une majorité de personnes obèses présente des troubles respiratoires, la moitié des plus de 50 ans ronfle, une part d’entre eux, 10%, font des apnées du sommeil (SAS). Cela entraine une circulation de l’air difficile et un ronflement lié aux vibrations, ces apnées peuvent se reproduire jusqu’à plusieurs centaines de fois par nuit. Cette maladie peut avoir de lourdes conséquences, mais elle peut être dépistée et soignée de manière efficace. Cet édito vous a proposé un extrait du roman de Dickens, votre journal vous propose quelques textes pour mieux connaître le S.A.S Saurons-nous reconnaître les « Fat Joe » que nous rencontrons dans notre exercice professionnel et les orienter vers le diagnostic et le traitement ? Si on m’avait dit que la littérature pouvait sauver des vies … Enfin, en ces périodes suivant les traditionnelles fêtes de fin d’année, je suis heureuse de vous présenter tous mes meilleurs vœux pour 2011. Hélène SCAGLIOLA 5 N°39 d./janvier 2011 EEDDIITTOO P 3 AACCTTUUAALLIITTEESS P 5 L’Association Asthme & Allergies reçoit la médaille d’Or de l’Académie Nationale de Médecine La lutte contre la solitude, Grande Cause nationale 2011 Grippe Saisonnière - Evolution des recommandations de vaccination Conférence 2011 du Conseil International des Infirmières (CII) Préparer et conduire votre démarche de certification V2010 Révolution dans le traitement de l’hépatite C : 2 nouveaux médicaments accordés de façon précoce à 1300 malades en échec de traitements Suppression des prélèvements sanguins dans les cabinets infirmiers Des armoires de médicaments robotisées pour aider les IDE Le Conseil national de l’Ordre prend position sur de grands dossiers d’actualité de la profession, dont l’exercice infirmier en puériculture et en éducation thérapeutique CONSEILS PROFESSIONNELS P 14 Observatoire des pratiques en Stomathérapie AAUUJJOOUURRDD’’HHUUII SSOOIIGGNNAANNTT P 29 2011 : Année des patients et de leurs droits Présentation des trois axes des travaux préparatoires à l’année des patients et de leurs droits PPSSYYCCHHOOLLOOGGIIEE P 35 PPSSYYCCHHIIAATTRRIIEE,, SSOOCCIIEETTEE Stress et Infirmières EETTUUDDIIAANNTT P 38 Fiches LLEE TTHHEEMMEE DDUU MMOOIISS P 40 Le S.A.O.S, si on en parlait ? NNOOUUVVEEAAUUTTEESS P 46 LLIITTTTEERRAATTUURREE // LLIIEENNSS P 47 AANNNNOONNCCEESS P 48 Offres d’emploi Comité de rédaction Rédactrice en chef : Hélène Scagliola, Cadre supérieur Hopital Sainte Anne Paris comité : Dunia Mutabesha cadre de santé en HAD de l'AP-HP, Annie Philoreau Cadre supérieur Hôpital Henri Mondor Créteil, Françoise Aehbrard (Docteur en psychologie), Véronique Bachelet (cadre de santé CH Bordeaux), Viviane Delpech (directeur des soins Clinique St Martin Générale de Santé, Pessac), Sandrine Garcia (enseignante cadre IFCS de Montsouris CH Sud Francilien), Michèle Guyot (Présidente de l’association des stomathérapeutes), Marièle Kaiser (infirmière cadre, Maison spécialisée Alzheimer ), Arnaud Mocochain (infirmier d'éducation CH Cochin), Valérie Murzeau (cadre supérieur en psychiatrie CH Sud Francilien), Gilles Desserprit, (Directeur des formations cadres de santé Ecole Supérieure Montsouris). D. CLIC EDITIONS – 16, boulevard Saint Germain 75005 PARIS - RCS B 504 423 914 E-mail : contact@clicinfirmier.com Site : www.clicinfirmier.com Les articles sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs. 6 L’AssociL’AssociL’AssociL’Association Asthme & Allergies reçoitation Asthme & Allergies reçoitation Asthme & Allergies reçoitation Asthme & Allergies reçoit la médaille d’Or de l’Académie Nationale de Médecinela médaille d’Or de l’Académie Nationale de Médecinela médaille d’Or de l’Académie Nationale de Médecinela médaille d’Or de l’Académie Nationale de Médecine L’Association Asthme & Allergies, en la personne de son Président, le docteur Marc Sapène, a reçu, le 21 décembre 2010, la médaille d’or de l’Académie Nationale de Médecine. Cette grande institution a ainsi tenu à récompenser l’Association pour « sa triple mission d’information du public, d’éducation thérapeutique des patients et de formation des professionnels de santé ». Cette distinction intervient alors que l’Association Asthme & Allergies célébrera ses 20 ans l’année prochaine. 20 ans de mobilisation au service des malades, de leurs proches mais aussi des professionnels de santé. Informer, former, éduquer reste la vocation de cette association qui a permis, entre autres, la création des Ecoles de l’Asthme en France, a travaillé pour la reconnaissance de l’éducation thérapeutique, a contribué à améliorer l’accueil des enfants asthmatiques puis allergiques dans les écoles, a participé à des plans de prise en charge de l’asthme, a diffusé au cours de ces années une information scientifique de qualité, a mené des enquêtes innovantes et a toujours eu pour souci l’amélioration de la qualité de vie des malades. Tout ceci n’aurait pu être réalisé sans le concours des médecins et des patients bénévoles, des adhérents mais aussi des salariés et du réseau national des écoles de l’asthme. L’Association Asthme & Allergies remercie également ses partenaires qui lui apportent le soutien financier si précieux et nécessaire pour mener ses actions. La lutte contre la solitude, Grande Cause nationale 2011 Mercredi 22 décembre, François Fillon a officiellement lancé la Grande cause nationale 2011 : la lutte contre la solitude. Le Label a été attribué au collectif d'associations "Pas de solitude dans une France fraternelle", qui est fédéré par la Société Saint-Vincent de Paul. En faisant de ce thème la Grande cause nationale 2011, le Premier ministre a décidé de combattre un mal social qui porte atteinte aux valeurs de solidarité et de fraternité de notre pacte républicain. Concrètement, dès janvier 2011, sera présentée une campagne déclinée autour des différents visages de la solitude (SDF, enfants, handicapés...) et des actions de renforcement du lien social (la visite à domicile, le soutien scolaire...). Le Gouvernement prendra pleinement part à cette mobilisation, en poursuivant ou en lançant des chantiers autour de l'emploi, de l'hébergement pour les sans-abris et de la dépendance. www.gouvernement.fr Photo : Benoit Granier/Matignon www.gouvernement.fr Grippe Saisonnière - Evolution des recommandations de vaccination L’analyse des dernières données épidémiologiques (franchissement du seuil épidémique, co-circulation des virus A(H1N1)2009, A(H3N2) et B, augmentation du nombre d’hospitalisations et de formes graves – majoritairement liées au virus A(H1N1)2009 -, types de patients touchés), conduit la direction générale de la santé, sur la base des recommandations des experts formulées le 29 décembre 2010, à actualiser les recommandations de vaccination concernant la grippe saisonnière. Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) recommande désormais aussi la vaccination des femmes enceintes et des personnes présentant une obésité avec un indice de masse corporelle (IMC) supérieur ou égal à 30. Pour se faire vacciner, ces personnes sont invitées à se rendre chez leur médecin traitant. Il leur remettra à cette occasion un imprimé complété à leur nom, avec lequel elles pourront retirer gratuitement le vaccin en pharmacie d’officine. Dans l’hypothèse où le médecin ne disposerait pas d’imprimé vierge, elles pourront se le procurer auprès de leur caisse primaire d’assurance maladie. L’épidémie de grippe commence. Il est encore temps de se faire vacciner. La grippe est une maladie contagieuse qui en général guérit spontanément. Cependant, elle peut entraîner des complications et être dangereuse pour certaines personnes. La vaccination est le meilleur moyen de prévention pour se protéger contre la grippe. Enfin, l’importance du respect des mesures barrières (lavage des mains…) est également rappelée. Pour plus d'informations sur le sujet, n’hésitez pas à consulter www.sante.gouv.fr 7 CONFERENCE 2011 DUCONFERENCE 2011 DUCONFERENCE 2011 DUCONFERENCE 2011 DU CONSEIL INTERNATIONALCONSEIL INTERNATIONALCONSEIL INTERNATIONALCONSEIL INTERNATIONAL DES INFIRMIERESDES INFIRMIERESDES INFIRMIERESDES INFIRMIERES (CII)(CII)(CII)(CII) Publication du programme scientifique Le discours d’ouverture sera prononcé par Mme Mary Wakefield, responsable de l’Administration des ressources humaines et des services de santé du Gouvernement des Etats-Unis Genève, Suisse, le 21 décembre 2010 – Le Conseil international des infirmières (CII) publie ce jour le programme scientifique détaillé de sa prochaine Conférence internationale, qui se tiendra à La Valette (Malte), du 4 au 8 mai 2011. Le programme prévoit plusieurs séances plénières et principales, une série de réunions des Réseaux du CII et plus de 700 colloques, sessions parallèles et posters, sélectionnés parmi les 2063 résumés soumis par des infirmières de 74 pays. Le délai pour les inscriptions anticipées est fixé au 31 janvier 2011. Pour vous inscrire et obtenir des informations régulièrement actualisées sur le programme de la conférence, rendez-vous sur le site www.icn2011.ch. Oratrice principale, le Dr Mary Wakefield prononcera un discours portant sur le thème de la Conférence : L’infirmière, porte d’accès aux soins, à la qualité et à la santé. En octobre 2009, Mme Wakefield (RN, Ph.D.), a été nommée par le Président Obama à la tête de l’administration fédérale des ressources humaines et services de santé (Health Resources and Services Administration, HRSA), une institution dépendant du Département fédéral des services de santé. La HRSA assure les soins de santé des personnes vivant en marge des circuits économiques et de santé. L’agence utilise son budget annuel pour améliorer l'accès à des soins de qualité, en partenariat avec les prestataires de santé et les programmes de formation des professionnels de la santé. Le tableau synoptique du programme de la conférence, ainsi qu’une base de données recensant tous les colloques, sessions parallèles et posters, sont disponibles sur le site Internet de la Conférence : www.icn2011.ch. Les présentations des résumés se dérouleront parallèlement à vingt- cinq séances principales traitant de thèmes prioritaires tels que l’évolution des domaines de pratique, le financement de la santé, les ressources humaines, les environnements favorables à la pratique, la santé mentale, la sécurité des patients, l’épidémie de maladies non contagieuses, la déontologie des soins infirmiers, les catastrophes, les migrations, la tuberculose et le télénursing – entre autres. Un débat stimulant sera organisé autour des avantages et inconvénients de la vaccination obligatoire des professionnels de la santé. Outre la séance inaugurale consacrée au thème de la Conférence, d’autres plénières porteront sur le rôle des femmes dans la construction de nations en bonne santé et dans les mouvements sociaux au niveau international. Les Réseaux du CII se réuniront durant la Conférence de Malte pour évoquer les tendances et questions prioritaires actuelles. Le déjeuner de la Fondation internationale Florence Nightingale aura lieu le vendredi 6 mai. Les billets seront en vente sur le site Internet en février 2011. Les visites professionnelles se dérouleront le 8 mai. Pour de plus amples renseignements à ce sujet, consulter le site Internet (www.icn2011.ch) à l’approche de la Conférence. 8 L’évolution du dispositif de certification V2010 est portée non seulement par le manuel mais aussi par les éléments de procédure qui caractérisent la mise en œuvre de la certification. Cette évolution concerne toutes les étapes de la procédure avec un double objectif : renforcer l’efficacité de la démarche et alléger les contraintes formelles pour les établissements de santé. Elle se déploie dans quatre registres : 1. Contextualisation L’auto-évaluation, information purement déclarative, ne peut plus être la seule source dont les experts-visiteurs disposent en visite. La certification doit pouvoir bénéficier des résultats des démarches de contrôle d’inspection et d’évaluation diligentées par les autorités de tutelle et de tous les points d’éclairage sur le contexte d’un établissement que les représentants de l’Agence Régionale de Santé peuvent légitimement exposer en amont des visites. Identiquement, les décisions de certification doivent être intégrées dans le dialogue de gestion entre les établissements et les autorités de tutelle régionales, sur la base des dispositions qui qualifient le contenu des contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens : « Les contrats mentionnés à l’article L. 6114-1 définissent des objectifs en matière de qualité et de sécurité des soins et comportent les engagements d’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins qui font suite à la procédure de certification prévue à l’article L. 6113-3 » (extrait de l’article L. 6114-3 du Code de la Santé Publique). 2. Adaptation Une demande récurrente des établissements de santé est l’adaptation du manuel et de la procédure à leur spécificité : type, taille et activité. Si aujourd’hui, le manuel de certification est un manuel générique, des développements par type de prise en charge sont prévus dans le cadre du développement continu. Par ailleurs, la procédure poursuit l’objectif d’une meilleure prise en compte de la spécificité des établissements, notamment par le biais d’une personnalisation des visites et d’une définition plus complète, selon la catégorie d’établissement, des conditions d’application ou de non application des critères. 3. Simplification Demande constante depuis 2004, la simplification doit bénéficier aux établissements à toutes les étapes de la procédure et se traduire par un allègement des contraintes formelles qui lui sont liées. La nouvelle procédure permet la simplification de certaines étapes. 4. Pérennisation Deux effets sont aujourd’hui à déplorer : · L’effet « soufflé » qui consiste en une concentration du travail dans la phase allant de l’auto-évaluation à la visite puis à un ralentissement de la dynamique qualité jusqu’à la procédure suivante ; · Le relatif cantonnement de la préoccupation « qualité » à l’encadrement, le personnel de terrain se sentant souvent peu concerné, voire vivant la certification comme une contrainte et un dispositif de contrôle supplémentaire. La procédure doit donc créer les conditions d’une meilleure pérennisation et d’une plus grande appropriation de la démarche. Ces quatre axes ont présidé à la refonte des étapes de la procédure qui vous sont présentées dans le présent guide sous la forme de fiches thématiques. Couplé aux réunions d’information proposées aux établissements et à la plate-forme d’information mise en œuvre par le service de certification des établissements de santé, nous souhaitons qu’il soit un outil d’aide pour les établissements de santé dans la conduite de la troisième procédure de certification. Les fiches thématiques du guide préparer et conduire seront régulièrement actualisées sur le fondement du retour d’expérience mis en place par la Haute Autorité de Santé. Elles sont accessibles sur le site de la Haute Autorité de Santé (www.has-sante.fr). 9 L’Agence française de sécurité sanitaire et des produits de santé (AFSSAPS) vient de délivrer une Autorisation temporaire d’utilisation (ATU) - étape préliminaire à l’obtention de leur Autorisation de mise sur le marché (AMM) - à deux nouvelles molécules : le Bocéprévir de Schering- Plough, et le Télaprévir de Janssen-Cilag. Leur arrivée annonce une double révolution dans le traitement de l’hépatite C : l’avènement d’une nouvelle génération de molécules d’une part, et le passage aux thérapies combinées d’autre part. Le Bocéprévir et le Télaprévir sont des inhibiteurs de protéase qui agissent sur le cycle de multiplication du virus. L’importance des antiprotéases a été mise en valeur contre le VIH-Sida. Ces nouvelles molécules suscitent un vif espoir pour les malades porteurs d’un génotype 1 - qui est le sous-groupe du virus de l’hépatite C le plus fréquent en Occident, et principalement chez ceux dont les traitements antérieurs ont échoué. Des molécules fortement attendues car elles devraient augmenter les chances de guérison de 20 % à 30%. SOS hépatites se réjouit de l’accès à ces molécules très attendues. Encore en France 2600 personnes décèdent chaque année des suites du virus de l’hépatite C. Ces nouveaux médicaments sont donc un vrai progrès dans le traitement de la maladie. SOS hépatites se réjouit également que simultanément des essais cliniques soient menés en directions des personnes co- infectées par le virus de l’hépatite C et le VIH-Sida. Ces efforts seront néanmoins à suivre et à poursuivre. Toutefois cet enthousiasme est tempéré par plusieurs faits : En premier lieu ces nouveaux traitements ne concernent que le génotype 1 du virus. Les personnes concernées par les autres génotypes du virus ne bénéficieront pas de ce progrès. En second lieu, l’évaluation des besoins en traitements faites par SOS hépatites indique que le nombre de nouvelles molécules disponibles est inferieur à ces besoins. SOS hépatites souhaite une réévaluation rapide de l’accès à ces nouveaux traitements. En troisième lieu, aujourd’hui les patients addicts ont un accès marginal à ces nouvelles thérapeutiques. SOS hépatites souhaite à terme un accès généralisé aux traitements. Enfin SOS hépatites s’inquiète de l’absence de mesures d’accompagnement prises pour faire face aux enjeux de ces nouveaux traitements. D’une part ces médicaments nécessitent une prise en charge améliorée car ces médicaments présentent un risque de résistance du virus, et d’autre part nécessitent une attention particulière afin d’être bien maitrisés. A ce jour aucune mesure nouvelle n’a été prise, et les moyens accordés au plan national de lutte contre les hépatites restent indigent avec seulement 8 € par malade ! La mise en place de ces traitements nécessite donc que l’ensemble des équipes soignantes soient formées à l’accompagnement de ces patients nouvellement traités, et exige des moyens plus importants. Malgré un contexte économique difficile, des moyens à la hauteur de ces enjeux doivent être engagés. Il serait un non-sens d’investir dans ces médicaments sans s’assurer des moyens nécessaire pour accompagner et prescrire correctement ces traitements et pour garantir leur efficacité. Dans ces perspectives, SOS hépatites appelle à une mobilisation de tous afin d’alerter les responsables politiques sur l’importance des moyens alloués et à mettre en œuvre dans la lutte contre l’hépatite C. 10 Suppression des prélèvements sanguins dans les cabinets infirmiers La réalisation de prélèvements sanguins bientôt interdite au sein des cabinets d’infirmières et infirmiers libéraux ? La situation paraît incroyable… mais elle est pourtant d’actualité. En cause : un décret en Conseil d’Etat qui s’apprête à sortir et qui, comme le prévoit l’Ordonnance du 13 janvier 2010 relative à la biologie médicale, fixe la liste des lieux autorisés pour les prélèvements sanguins [1]. Or au sein de cette liste, les cabinets infirmiers ne sont pas mentionnés. Résultat : les cabinets d’Idels vont être automatiquement exclus… ce qui impliquera une interdiction légale de réaliser des prélèvements sanguins en leur sein, tandis qu’il sera toujours possible d’en effectuer au domicile des patients et, bien sûr, dans les laboratoires d’analyses médicales. A noter : il ne s’agit, apparemment, pas d’un oubli, mais d’un acte volontaire. La liste en question aurait été, en effet, réalisée sous la pression des biologistes qui souhaitent récupérer ces actes pour eux-mêmes et qui, pour ce faire, invoquent un argument prétexte : si les patients peuvent se déplacer jusqu’au cabinet infirmier, ils peuvent aller jusqu’au laboratoire... Face à cette situation, le Sniil a aussitôt réagi. Et a été reçu ce lundi 6 décembre dernier par le Pr Christian Thuilliez, nouvellement nommé conseiller technique auprès de Xavier Bertrand, Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé. Au cours d’un entretien de plus de 45 minutes, le Sniil a fait part au Ministère de l’absurdité de cette mesure, qui, non seulement, toucherait l’activité de très nombreux cabinets infirmiers mais, en plus, serait quasiment inapplicable en milieu rural et semi-rural où le laboratoire d’analyse est très souvent distant de plusieurs kilomètres. Attentif, le cabinet du Ministre a alors exprimé son intention d’agir dans les meilleurs délais pour réintroduire les cabinets infirmiers comme lieu de prélèvement autorisé. Une démarche qui, selon le Pr Thuilliez, ne devrait pas être aussi simple que cela puisqu’une « fenêtre législative » sera nécessaire pour l’effectuer. Prenant acte de cette prise de position, le Sniil continuera de veiller sur la question. http://www.syndicat-infirmier.com 11 Des armoires de médicamentsDes armoires de médicamentsDes armoires de médicamentsDes armoires de médicaments robotisées pour aider les IDErobotisées pour aider les IDErobotisées pour aider les IDErobotisées pour aider les IDE Quand les armoires de médicaments se robotisent, pour faciliter le travail de l’infirmière à l’Hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP) A l’hôpital comme ailleurs, le risque zéro n’existe pas. L’administration du médicament ne fait pas exception à la règle. Cela n’empêche pas l’AP-HP de multiplier les initiatives pour limiter au maximum les situations à risques et sécuriser les pratiques, à chaque étape du circuit du médicament. Les armoires informatisées et sécurisées sont un exemple. L’Hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP) est l’un des hôpitaux de l’AP-HP qui disposent d’un stockage de médicaments dans des armoires informatisées et sécurisées, projet de sécurisation du circuit du médicament est intégré dans le projet médical et soutenu par la direction et le coordonnateur général des soins, Alain Bentounsi. « En 2000, nous en avions acquis 10, contre 21 aujourd’hui. Il en faudrait 43 pour couvrir les besoins des services de soins », explique Brigitte Sabatier, pharmacienne à l’HEGP dans le service du Pr Patrice Prognon. Le principe est simple Après une identification par un mot de passe ou une reconnaissance digitale, l’infirmière sélectionne le patient puis le nom du médicament recherché. En quelques secondes, le tiroir, auparavant verrouillé s’ouvre et un repère lumineux identifie l’emplacement du médicament à prélever. Reste alors pour l’infirmière à vérifier s’il s’agit bien du bon produit. « C’est plus simple, on gagne du temps, car on ne cherche pas dans l’armoire », témoigne une infirmière du service de réanimation médicale. Autres atouts de ces machines automatisées : une meilleure gestion du stock, une traçabilité et une sécurité accrue pour les patients (risque d’erreur en baisse, meilleur contrôle des stupéfiants). « Une double armoire contient jusqu’à 420 références, soit 95 % des besoins des soignants. Pour le réapprovisionnement, la machine liste automatiquement les quantités manquantes. Auparavant, les infirmières géraient elles-mêmes la commande et le rangement », détaille Béatrice Dejean, préparatrice en pharmacie. La prochaine étape ? « La prescription médicale connectée à la machine permettant à l’infirmière un prélèvement rapide des médicaments sans saisie », avance Brigitte Sabatier. Source : Eric Allermoz - AP-HP Mag n°126 12 Le Conseil national de l’Ordre prend position sur de grands dossiers d’actualité de la profession, dont l’exercice infirmier en puériculture et en éducation thérapeutique. En session le 7 décembre 2010, le Conseil national de l’Ordre des infirmiers a pris position sur plusieurs grands sujets d’actualité de la profession : - l’évolution de l’exercice infirmier en puériculture ; - le rôle des infirmiers dans l’éducation thérapeutique ; - la médecine de proximité, à la suite du rapport du Dr Elisabeth Hubert ; Le CNOI a également adopté des dispositions pour : - la mise en œuvre de l’arrangement de reconnaissance mutuelle des qualifications des infirmiers français et québécois ; - les opérations liées à l’entrée dans le répertoire partagé des professionnels de santé (RPPS) ; - la mise à l’étude d’un observatoire des violences à l’encontre des infirmiers. Reconnaître l’expertise clinique de l’infirmier spécialisé en puériculture, dans une vision globale de l’intérêt de l’enfant et de l’adolescent. Au 1er janvier 2010, près de 15 000 infirmiers exercent en puériculture (source ADELI). Ils sont infirmiers diplômés d’État et ont suivi une formation spécialisée de 12 à 15 mois dans une école de puériculture. Ils dispensent des soins adaptés à l’enfant et à l’adolescent en tenant compte des dimensions biomédicale, cognitive, psychique, culturelle et sociale. Cette spécialité implique donc une démarche d’observation et d’analyse, la mise en oeuvre d’un raisonnement clinique, l’élaboration d’un projet de soins et d’accompagnement global, des interventions coordonnées avec les différents partenaires prenant en charge l’enfant. Aujourd’hui, l’attractivité de cet exercice spécialisé souffre de deux handicaps : d’une part, l’apport majeur de ces professionnels à la santé et au développement de l’enfant reste peu visible, donc méconnu ; d’autre part, ils ne peuvent exercer en libéral et leurs actes ne sont pas inscrits à la nomenclature. Le CNOI souhaite travailler au plus vite avec les pouvoirs publics et les organisations professionnelles compétentes pour faire reconnaître et promouvoir de manière effective l’expertise clinique et professionnelle des infirmières et infirmiers spécialisés en puériculture, dans le cadre d’une politique de santé publique efficiente en faveur des enfants et des adolescents. L’infirmier, acteur de premier recours pour l’éducation thérapeutique La formation conduisant au diplôme d’État assure à l’infirmier la compétence nécessaire pour concevoir et mettre en œuvre une démarche d’éducation thérapeutique. Cette compétence repose sur quatre unités d’enseignement, soit plus de 150 heures théoriques et pratiques réparties sur les trois années de formation. L’éducation thérapeutique du patient est très largement investie par la profession, au quotidien ou dans le cadre de programmes ciblés, et cela dans tous les lieux de vie des patients, en concertation avec les autres acteurs engagés. Toutefois, ce rôle infirmier se heurte trop souvent à une conception des soins, une organisation et un financement centrés sur le corps médical. En France, contrairement à la majorité des pays européens, l’infirmier est encore considéré comme étant essentiellement au service du médecin, et non pas comme un acteur de premier recours pour l’éducation thérapeutique. Pourtant, la plupart des actions à mettre en œuvre pour cette éducation ne nécessitent pas d’approche médicale au sens strict du terme. Puisque le cadre réglementaire français permet ces actions au titre du rôle propre de l’infirmier, il faut aujourd’hui lui donner toute son application.
revue CI dec janvier 2011 - Page 1
revue CI dec janvier 2011 - Page 2
wobook