revue31fevriermarsCPE - Page 1 - Revue gratuite destinée aux professionnels de l'enfance. 1 www.clicprofessionenfance.com OOTTEESS DDEE PPRROOFFEESSSSIIOONNNNEELLSS IICCHHEESS TTEECCHHNNIIQQUUEESS CCTTUUAALLIITTEESS NNCCAADDRREEMMEENNTT OOUUVVEEAAUUTTEESS HHEEMMEE DDUU MMOOIISS OOCCIIEETTEE février - mars 2011 3 En début de cette année 2011, l’Assurance Maladie a fait parvenir aux professionnels de la petite enfance une lettre d’information sur l’usage des antibiotiques : est-ce une extension de la campagne bien connue « les antibiotiques, c’est pas automatique » relayée par les médias depuis plusieurs années auprès du grand public ? Bien plus que cela… On y apprend plusieurs données épidémiologiques qui révèlent l’ampleur du problème, en France, chez les tous jeunes enfants : Les enfants de moins de 3 ans reçoivent 3 fois plus d’antibiotiques que les adultes. Il existe 2 fois plus de bactéries résistantes chez un enfant accueilli en collectivité que chez un enfant gardé chez une assistante maternelle ou à la maison. Durant l’hiver 2008/2009, chaque enfant de moins de 5 ans a reçu en moyenne 1,3 traitements antibiotiques, avec une tendance à la reprise de la consommation depuis 3 ans. Au-delà des bonnes pratiques de mesure d’hygiène dans nos lieux d’accueil et des gestes simples qui aident à soulager l’enfant (lavage de nez, apport plus régulier de boissons, position surélevée pour le repos), notre action sera surtout de rassurer les parents lors d’affections le plus souvent virales et de ne pas concourir à majorer leur inquiétude : éviter de solliciter trop tôt un rendez-vous médical en cas de fièvre ou de rhinopharyngite, rappeler les règles de bonne observance d’un traitement dans sa durée, accepter avec nos équipes que beaucoup de « petits nez » coulent en période hivernale et que certaines toux durent longtemps…et accompagner la famille dans la confiance du bon diagnostic effectué par le médecin qui suit régulièrement l’enfant. Bonne lecture CHRISTINE DELPEYROUX 5 N°31 février/mars 2011 EEDDIITTOO P 2 EENNCCAADDRREEMMEENNTT P 5 La doula, une accompagnante émotionnelle Pourquoi les enfants se conduisent-ils mal ? NNOOTTEESS DDEE PPRROOFFEESSSSIIOONNNNEELLSS PP 1100 Bio Gaia / Clinically Proven Probiotics Recommandations d’hygiène pour la préparation et la conservation des biberons AACCTTUUAALLIITTEESS P 21 La JCI Genève organise un débat sur le thème « Mère CEO / Père au foyer » 1er rassemblement des professionnels de la puériculture Journée de sensibilisation aux vécus d’enfants prématurés Allergies respiratoires : ne subissez plus, agissez ! TTHHEEMMEE DDUU MMOOIISS PP 2255 Apports nutritionnels et supplémentation chez l’enfant Le rôle du fer dans le développement de l’enfant PPSSYYCCHHOOLLOOGGIIEE PPSSYYCCHHIIAATTRRIIEE SSOOCCIIEETTEE PP 3322 Le don de soi SSOOCCIIEETTEE P 36 Le coin du pédo-psychiatre NNOOUUVVEEAAUUTTEESS P 39 Baba Me lance ses nouvelles couches Flip Chauffe-biberon expresse Tigex LLIITTTTEERRAATTUURREE // LLIIEENNSS P 40 Comité de rédaction Rédactrice en chef : Christine Delpeyroux , Sage- Femme Puéricultrice, Chargée de Missions Petite Enfance pour La Mutualité 64 Comité: Odile Bolle-Fouanon : pédopsychiatre CH Orsay, Michèle Géhant Billis : infirmière cadre de santé, Geneviève Laporte : éducateur spécialisé, Elisabeth Gasq : cadre supérieur pôle néonatologie, Raphaëlle Brillouet : professeur des écoles, Françoise Rudelle : puéricultrice PMI, Leslie Oderda : psychologue clinicienne. D. CLIC EDITIONS – 16, boulevard Saint Germain 75005 PARIS - RCS B 504 423 914 E-mail : contact@clicprofessionenfance.com Site : www.clicprofessionenfance.com Les articles sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs. 15 1026 17 Quand la faim est insatiable... 21 Le nouveau-né est alimenté avec des préparations pour nourrissons à base de protéines de lait de vache ou de soja, dont la composition répond aux normes définies au niveau communautaire. Ces produits sont stériles quand ils sont sous une forme liquide prête à l’emploi, mais ne le sont pas quand ils sont sous forme de poudre. Les conditions de préparation, de manipulation et de conservation sont essentielles pour éviter les contaminations microbiennes et leur multiplication, qui peuvent être à l’origine d’infections graves, voire de décès, de nouveau-nés et de jeunes nourrissons. A l’usage des collectivités Attention ! : - Ne pas conserver les biberons à température ambiante plus d’une heure après leur préparation. - Ne pas conserver les biberons en enceinte réfrigérée à une température inférieure ou égale à 4°C plus de 30 heures après leur préparation. - Ne pas dépasser un délai d’une heure pour la consommation du biberon. Lorsque le biberon a été réchauffé, ce délai est réduit à 30 minutes. - Ne pas réchauffer les biberons à l’aide d’un four à micro-ondes. - Ne pas oublier de vérifier que la température intérieure des enceintes réfrigérées est inférieure ou égale à 4°C, enregistrée et contrôlée quotidiennement, et qu’un étalonnage régulier de cette température est réalisé. - Ne pas transporter des biberons sur le site de consommation sans utiliser une armoire réfrigérée lorsque le transport dure plus de 10 minutes. - Ne pas dépasser une durée de conservation du lait de femme de plus de 48 heures au réfrigérateur à une température inférieure ou égale à 4°C, et de plus de 4 mois au congélateur à - 18°C. - Ne pas dépasser un délai de 4 heures entre la sortie de l’enceinte réfrigérée des liquides nutritifs non prêts à l’emploi pour alimentation entérale et le moment où ces liquides nutritifs sont entièrement consommés par l’enfant. Rappels : - Les préparations lactées sous forme de poudre ne sont pas stériles. - Les biberons peuvent être consommés à température ambiante. - Les traitements thermiques, en particulier la post-stérilisation des laits infantiles liquides entraînent chez les prématurés, des conséquences délétères sur le plan nutritionnel. - La traçabilité des biberons doit être assurée. Le thème de la préparation et de la conservation des biberons avait été identifié comme axe de travail prioritaire par le Comité d’experts spécialisé (CES) « Nutrition humaine » de l’Afssa lors de la détermination de ses objectifs pour la mandature 2003-2006. 22 1 1 3 1 22 La Jeune Chambre Internationale Genève, Commission Impulsion, avec le soutien de la Fédération des Entreprises Romandes (FER), a organisé le jeudi 30 septembre 2010, un débat public sur le thème «Mère CEO / Père au foyer». Madame BABETTE KELLER, CEO de la société Keller Trading SA, récompensée en 2009 par le Prix Veuve Clicquot suisse, qui distingue chaque année une femme d’affaires d’exception, Madame SALIKA WENGER, Styliste, conseillère municipale en Ville de Genève et membre du parti « A gauche toute », Monsieur ADRIEN GENECAND, employé de banque, Conseiller municipal en Ville de Genève et Co-président des Jeunes Libéraux-Radicaux genevois et Monsieur PASCAL PETROZ, Avocat, ancien Président du Grand Conseil ont été les intervenants de ce débat animé par Madame JUDITH REPOND, Journaliste. Devant une soixantaine de participants, les intervenants ont débattu du modèle traditionnel « mère au foyer, père CEO », tant celui-ci est encore trop ancré dans les fondements de notre société. Pendant près de trois quarts d’heure, il a notamment été question de parents, d’enfants, de droit, de quotas et de réduction du temps de travail. Chacun des intervenants s’est un peu livré en levant le voile sur une partie de son parcours de vie. L’un d’eux a fustigé la société actuelle, trop conservatrice. Il s’est déclaré en faveur de l’instauration de quotas dans les sociétés privées et publiques, comme c’est le cas en Suède Un autre exerce, par choix, une activité à temps partiel. Il s’est opposé à l’idée de quotas, trouvant ce système discriminatoire. Un autre a récemment mis fin à des obligations politiques pour disposer de plus de temps à consacrer à sa fille. Enfin, le quatrième nous a appris que sans la disponibilité de son conjoint il n’aurait pas pu travailler et organiser son temps pour accéder à la fonction qu’il occupe actuellement. Ce débat a été suivi par une série soutenue de questions, démontrant l’intérêt marqué par le public pour le thème de la soirée. La Jeune Chambre Internationale est une association de bénévoles, regroupant des jeunes femmes et hommes de 18 à 40 ans, absolument neutres du point de vue politique et confessionnel. Localement, la Jeune Chambre est constituée de commissions de travail, sur des thèmes très variés dans les domaines sociaux, économiques et culturels. Plus globalement, les séminaires, congrès, et événements en tous genres, sont l'occasion pour les membres du monde entier de se rencontrer, de se former et de créer de nouvelles impulsions tant locales qu'internationales. Site de la JCEG: http://www.jce-ge.ch/index.php 23 LLLeeesss JJJooouuurrrnnnéééeee NNNaaatttiiiooonnnaaallleeesss ddd’’’EEEtttuuudddeeesss 222333 eeettt 222444 jjjuuuiiinnn 222000111111 aaauuu TTTooouuuqqquuueeettt L’ANPDE, Association nationale des puéricultrices diplômées et des étudiantes, organise les 23 et 24 juin prochains ses Journées d’Etudes au Palais des congrès du Touquet. Grand rassemblement des professionnels infirmiers puéricultrices, les JNE s’organisent autour de deux journées de conférences présentant les dernières actualités santé et sciences sociales ainsi que les pratiques et techniques de soins à travers 5 thèmes majeurs : • La protection de l’enfant : point sur le secret professionnel et l’information préoccupante • La prise en charge de l’enfant en oncologie et en hématologie : le dispositif d’annonce, l’onco-esthétique et les pratiques avancées en cancérologie pédiatrique • L’allaitement maternel : l’impact économique de l’allaitement maternel • L’alimentation : quelle place pour l’enfant dans le plan PNNS 3 ? • L’universitarisation : le nouveau programme de formation des infirmières puéricultrices Journée de sensibilisation aux vécus des parents d’enfantsJournée de sensibilisation aux vécus des parents d’enfantsJournée de sensibilisation aux vécus des parents d’enfantsJournée de sensibilisation aux vécus des parents d’enfants prématurésprématurésprématurésprématurés SOS Préma organise une journée de sensibilisation aux vécus des parents de prématurés à l’espace Reuilly (21 rue Hénard, Paris 12ème), le jeudi 12 mai 2011, à destination exclusive du personnel soignant des services de néonatalogie. Après six années au service des parents d’enfants prématurés, l’association SOS Préma s’adresse au personnel soignant des services de néonatalogie et leur fait part des différents vécus et expériences. A travers le témoignage de huit parents et l’éclairage de psychologues, puéricultrices, et médecins, SOS Préma tentera d’apporter aux soignants quelques éléments de réflexion et contribuer ainsi, nous l’espérons, à faire avancer les choses : comment les parents vivent-ils l’hospitalisation de leur enfant ? Comment appréhendent-ils le transfert ? Pourquoi n’osent-ils parfois pas toucher leur enfant ou poser des questions aux soignants ? etc. Préinscriptions et précisions et demande du programme de la journée auprès de Pauline Loeuillet par mail inscription@sosprema.com ou par téléphone au 01.41.22.03.19. En France la prématurité (naissance avant 8 mois de grossesse) représente 65 000 naissances par an, soit 8,1% des naissances. SOS Préma est une association d’aide aux parents d’enfants prématurés, créée en 2004 par Charlotte Bouvard. Reconnue d’intérêt général et association d’usagers par le ministère de la Santé, l’association a plusieurs missions : accompagnement les parents, dialogue avec les équipes médicales, sensibilisation des pouvoirs publics, et enfin, prévention autour de la prématurité. 25 Christine DELPEYROUX - Puéricultrice Grâce à la réglementation, l’apport en nutriments est équilibré dans l’alimentation du jeune enfant, par l’ajout et la transformation de différents composants dans les préparations alimentaires, afin de se rapprocher des apports nutritionnels conseillés. Quels sont les besoins nutritionnels du jeune enfant ? Le besoin nutritionnel se définit comme la plus petite quantité qu’il faut absorber d’un nutriment pour assurer à l’organisme un maintient de son développement et un état de santé satisfaisant chez un sujet normal. Cette définition correspond à un apport alimentaire justement adapté et assimilable, suffisant pour couvrir le besoin physiologique, sans carence ni excès, avec un équilibre constant des moyens de régulation de l’organisme. Ces Apports nutritionnels conseillés (ANC) déterminent les quantités moyennes de chaque nutriment à être consommé. Pour l’enfant, comme pour tout être humain, l’apport nutritionnel sera nécessaire au maintien du métabolisme de base, aux mécanismes de la thermogénèse, au renouvellement cellulaire de l’organisme et à l’apport énergétique indispensable à l’activité physique. De plus, l’alimentation de l’enfant va lui permettre de répondre à sa croissance. Les besoins caloriques D’ordre quantitatif Le besoin est d’autant plus élevé que la croissance est rapide, en particulier dans les 3 premières années de vie. Le nourrisson accroît sa taille de 50 % et triple son poids en une année, avec une augmentation importante de sa masse grasse jusqu’à l’âge de 6 mois. D’ordre quantitatif Après la diversification, les apports recommandés doivent maintenir l’équilibre ci-après : - 12 à 15 % des calories protidiques ; - 30 à 35 % des calories lipidiques ; - 50 à 65 % des calories glucidiques. Les besoins protéiniques Les protéines sont indispensables au développement de l’enfant. Actuellement, la quantité de protéines dans les préparations pour nourrissons (laits 1er âge) tend à diminuer autour de 1,5g pour 100ml car il aurait été démontré qu’un abus de ces éléments au cours des 2 premières années favoriserait l’excès de graisse dans l’organisme vers l’âge de 4 ans. Parmi les acides aminés que contiennent les protéines, 8 sont appelés « essentiels » (AA essentiels) car ils ne peuvent être synthétisés par l’organisme et doivent donc être apportés par l’alimentation. Un pool protéique, renouvelé en permanence, doit être maintenu pour assurer la croissance. Chez l’enfant, la digestibilité d’une protéine, modifiée éventuellement par la cuisson ou des procédés industriels, est un élément important à prendre en compte. Les besoins en lipides Il faut retenir les deux Acides gras essentiels (AGE) non synthétisés par l’organisme parmi les triglycérides issus des graisses alimentaires : l’acide linoléique et l’acide linolénique. En cas de supplémentation alimentaire, l’équilibre d’apports des AG devra être respecté. Les besoins en glucides Ils apportent essentiellement la ration calorique nécessaire à l’organisme. Le lactose est le sucre du lait maternel. Sa présence est aussi majoritaire dans les laits artificiels pour nourrissons. Le galactose, produit de la digestion du lactose entre dans la constitution des cérébrosides du cerveau. L’alimentation fournit des polysaccharides variés 26 L’alimentation fournit des polysaccharides variés d’origine végétale dont la dextrine-maltose présente dans certaines préparations lactées pour nourrissons et l’amidon. Les besoins non énergétiques Ces différentes substances participent à un certain nombre de réactions de synthèse chimiques, individuellement ou en association, et sont indispensables au bon fonctionnement de l’organisme. Les minéraux - Le calcium : la croissance osseuse nécessite des apports quotidiens de 400 mg avant 6 mois et de 600 mg jusqu’à 1 an. Le rapport Ca/P doit être supérieur à 1 la première année de vie et l’apport de vitamine D suffisante pour permettre son absorption intestinale. - Le phosphore : son lien métabolique avec le calcium en fait un élément essentiel pour la croissance osseuse. Après 1 an, les apports calcium/phosphore peuvent être identiques. - Le magnésium : son action se situe surtout au niveau des cellules neuromusculaires. Les besoins sont évalués chez l’enfant à 50 mg/j chez le nourrisson puis 150 mg/j chez l’enfant plus grand. - Le sodium : même si la régulation par l’organisme de l’apport en sodium se fait aisément par l’excrétion urinaire et par les pertes cutanées et digestives, il est souhaitable de ne pas dépasser 900 mg d’apport quotidien chez le jeune enfant. Les vitamines - La vitamine D : Elle intervient dans l’absorption du couple calcium/phosphore. Apportée dans l’alimentation essentiellement par les poissons gras, elle est aussi synthétisée par l’organisme sous l’action des ultra-violets. En France, la supplémentation en vitamine D est autorisée dans les laits pour nourrissons et recommandée en apport pendant les 2 premières années de vie. - La vitamine C : souvent considérée comme la vitamine anti-infectieuse, elle intervient dans la synthèse des anticorps mais aussi dans le métabolisme de certains acides aminés. Elle joue un rôle dans la constitution des tissus de structures et dans le transport du fer. - La vitamine K : elle est nécessaire à la coagulation sanguine. Par précaution, au cas où les apports pendant la grossesse auraient été insuffisants, il est recommandé de donner un supplément à la naissance et pendant l’allaitement maternel. Les oligo-éléments Tous participent à des réactions biologiques de l’organisme nécessaires au développement de l’enfant. Le fer et le fluor retiennent spécialement l’attention chez le jeune enfant étant donné les besoins importants d’apport les 3 premières années. - Le fer : oligo-élément minéral indispensable à la constitution de l’hémoglobine érythrocytaire et à la myoglobine de la masse musculaire, le fer entre dans de nombreuses réactions enzymatiques nécessaires aux cellules. - Le fluor : les apports suffisants en fluor chez l’enfant sont de l’ordre de 0,25 mg/j la première année et de 0,5 à 1 mg/j de 1 an à 3 ans. La supplémentation doit tenir compte de la teneur en fluor de l’eau de boisson, du sel fluoré consommé dans les habitudes alimentaires et des produits d’hygiène bucco-dentaires utilisés.
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