revue44juinci - Page 1 - Clic Infirmier.com Revue professionnelle gratuite pour les infirmiers Numéro de Juin 2011 1 wwwwww..cclliicciinnffiirrmmiieerr..ccoomm CCTTUUAALLIITTEESS OONNSSEEIILLSS DDEE PPRROOFFEESSSSIIOONNNNEELLSS UUJJOOUURRDD’’HHUUII SSOOIIGGNNAANNTTSS SSYYCCHHOOLLOOGGIIEE // PPSSYYCCHHIIAATTRRIIEE TTUUDDIIAANNTT EENN SSOOIINNSS IINNFFIIRRMMIIEERRSS AA QQUUEESSTTIIOONN DDUU MMOOIISS IITTTTEERRAATTUURREE EETT LLIIEENNSS NNNNOONNCCEESS N°44 juin/juillet 2011 2 N°18 octobre 2008 3 Rien ne sert de courir....il faut savoir attendre ! Après 35 ans d'hôpital dont quelques dimanches de décembre aux urgences pédiatriques et quelques années en réanimation, je croyais tout savoir de l'urgence. Il manquait un élément important à mon expérience et j'y ai remédié l'hiver dernier, sous la première neige, je marchais vite et je me suis retrouvée sur le sol, avec une jambe hors service : direction les urgences les plus proches. . . Dans ce cas là, rien ne sert de courir, le temps s'arrête, il n'y a plus qu'à s'en remettre à ceux qui ont la compétence, il n'y a plus qu'à attendre. On commence par attendre l'ambulance, puis aux services des urgences on attend son tour, on est pas le seul à être là et même inquiet, même douloureux, on voit bien qu'il y a plus grave que soi, alors on attend mais cela devient vite pénible. Dans mon cas c'était assez simple, une première évaluation, puis direction le service de radiologie, retour dans le hall des urgences, on attend le chirurgien, puis on attend de savoir s'il y a une place, on attend aussi le brancardier....... Pendant tout ce temps, les professionnels s'agitent autour de vous, autour des autres, ils parlent un langage codé, du moins pour les non initiés, mais ils vous sourient, ils ont des gestes précis, ils semblent à leur aise dans ce hall encombré, c'est comme une chorégraphie autour des brancards, ils restent calmes, ils vous rassurent, ce sont des professionnels. Alors on s'en remet à eux, bien sûr, on n’a pas vraiment le choix, surtout avec une rotule en morceaux, mais on reste une personne, on se sent écouté, pris en charge et cela fait du bien, l'attente est longue mais le temps passe vite. Le personnel qui travaille en service d'urgence remplit une mission particulière, il vous accueille après un accident, on ne décide jamais d'être malade, mais dans ce cas précis on n’a pas eu le temps de se préparer, au traumatisme physique, s'ajoute celui de l'immersion dans un monde étrange pour le profane, un monde de technicité, de mouvement. Les professionnels qui accompagnent les malades dans ce moment particulier où ils se trouvent démunis, fragilisés, douloureux, angoissés au point d'en perdre une grande partie de leur "bonne éducation", vivent des moments très forts, ils ont peu de temps pour évaluer, agir, rassurer, calmer, quelques fois sauver. Au delà de la compétence, de l'efficacité, ils doivent faire preuve d'une grande maîtrise d'eux même, et d'empathie pour ces patients souvent impatients et pas toujours coopérants. C'est un rôle particulier pour un soignant que de prendre en charge le malade et de ne pas en assurer le suivi, de passer la main aux collègues des autres services après avoir établi un contact qui n'aura pas de lendemain. En rencontrer quelques uns m'a donné l'envie d'en savoir plus sur leur pratique et leur ressenti, c'est pourquoi je leur ai demandé de prendre la parole dans notre journal. Les vacances approchent, avant de partir vous reposer, partagez le vécu des équipes d'urgence au travers de ces pages, et soyez prudents, évitez de leur donner plus de travail ! Toute l'équipe de rédaction vous souhaite un excellent été. 5 N°44 juin/juillet 2011 EEDDIITTOO P 3 AACCTTUUAALLIITTEESS P 6 CONSEILS PROFESSIONNELS P 12 Quelques rappels sur le psoriasis AAUUJJOOUURRDD’’HHUUII SSOOIIGGNNAANNTT P 18 «« DDee ll’’aaccccoommppaaggnneemmeenntt dduu ssooiiggnnéé aauu ssooiiggnnaanntt »» EETTUUDDIIAANNTT//EENNSSEEIIGGNNEEMMEENNTT P 23 Les dispositifs médicaux utilisés dans la perfusion sous-cutanée AANNGGLLAAIISS MMEEDDIICCAALL P 27 L’élimination LLEE TTHHEEMMEE DDUU MMOOIISS P 30 La prise en charge du patient aux urgences La grande garde de Neurochirurgie En stage au SAMU 85 « Le doigt de porte » ou traumatisme de la dernière phalange par écrasement Appels d’urgence : réguler pour mieux orienter les patients Le CPOA, lieu spécifique de l’urgence psychiatrique NNOOUUVVEEAAUUTTEESS P 39 LLIIRREE P 41 FFOORRMMAATTIIOONNSS P 52 Comité de rédaction Rédactrice en chef : Hélène Scagliola, Cadre supérieur Hopital Sainte Anne Paris Comité : Dunia Mutabesha cadre de santé en HAD de l'AP-HP, Annie Philoreau Cadre supérieur Hôpital Henri Mondor Créteil), Véronique Bachelet (cadre de santé CH Bordeaux), Viviane Delpech (directeur des soins Clinique St Martin Générale de Santé, Pessac), Sandrine Garcia (enseignante cadre IFCS de Montsouris CH Sud Francilien), Michèle Guyot (Présidente de l’association des stomathérapeutes), Marièle Kaiser (infirmière cadre, Maison spécialisée Alzheimer ), Arnaud Mocochain (infirmier d'éducation CH Cochin), Valérie Murzeau (cadre supérieur en psychiatrie CH Sud Francilien), Gilles Desserprit, (Directeur des formations cadres de santé Ecole Supérieure Montsouris). D. CLIC EDITIONS – 16, boulevard Saint Germain 75005 PARIS - RCS B 504 423 914 E-mail : contact@clicinfirmier.com Site : www.clicinfirmier.com Les articles sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs. 7 Mercredi 1er juin 2011 : déclenchement du niveau de veille saisonnière du plan national canicule Conformément aux dispositions prévues par le plan national canicule, Xavier Bertrand, Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé et Nora Berra, Secrétaire d’Etat chargée de la Santé, ont déclenché le niveau de veille saisonnière le mercredi 1er juin. Cette veille saisonnière sera automatiquement désactivée le 31 août, sauf si des conditions météorologiques particulières justifient son maintien. CCee nniivveeaauu ddee vveeiillllee ssaaiissoonnnniièèrree ccoorrrreessppoonndd àà llaa mmiissee eenn œœuuvvrree,, aauu nniivveeaauu nnaattiioonnaall :: • du dispositif de veille biométéorologique, assuré par Météo-France et l’Institut de veille sanitaire, qui permet de détecter la survenue d’une canicule, • du dispositif d’information et de communication, avec notamment, le numéro vert activé par le ministère chargé de la Santé : 0 800 06 66 66 (appel gratuit depuis un poste fixe). LLee ppllaann nnaattiioonnaall ccaanniiccuullee ccoommppoorrttee ddeeuuxx aauuttrreess nniivveeaauuxx :: • le niveau de mise en garde et actions (MIGA), déclenché par les préfets de département concernés en cas d’alerte émise par Météo-France et l’Institut de veille sanitaire, • le niveau de mobilisation maximale, déclenché sur instruction du Premier ministre, sur avis conjoint du ministre chargé de l’intérieur et du ministre chargé de la santé, lorsque la canicule est aggravée par des effets collatéraux (rupture de l’alimentation électrique, pénurie d’eau potable, saturation des établissements de santé,…). LLee ppllaann ss’’aappppuuiiee ssuurr cciinnqq ggrraannddss ppiilliieerrss :: • La mise en œuvre des mesures de protection des personnes à risque hébergées en institutions (établissements accueillant des personnes âgées, établissements pour personnes handicapées) ou hospitalisées en établissements de santé. • Le repérage individuel des personnes à risque, grâce au registre des personnes fragiles ou isolées tenu par les communes. • L’alerte, sur la base de l’évaluation biométéorologique faite par Météo-France et l’Institut de veille sanitaire (InVS). • La solidarité vis-à-vis des personnes à risque, mise en œuvre grâce au recensement et aux dispositifs de permanence estivale des services de soins et d’aide à domicile et des associations de bénévoles. • Le dispositif d’information et de communication, à destination du grand public, des professionnels et des établissements de santé. A l’occasion de ce déclenchement du niveau de veille saisonnière, et bien qu’aucun épisode majeur de canicule n’ait été constaté depuis 2006 (hormis deux épisodes assez brefs en 2009 et en 2010), il est indispensable de rester mobilisé pour assurer efficacement la prévention et la gestion sanitaire de la période estivale, et de renforcer encore la solidarité entre les générations, principe majeur de ce plan. http://www.sante.gouv.fr 7 8 Renouvellement de la pilule par les infirmières et les infirmiers : la loi vient d’être modifiée La loi n° 2011-525 du 17 mai 2011 de simplification et d’amélioration de la qualité du droit (SAQD) comporte plusieurs dispositions modifiant le code de la santé publique. L’une d’elles concerne directement les infirmières et infirmiers puisqu’elle porte sur leur droit à procéder au renouvellement des prescriptions de traitements contraceptifs. Elle vise à simplifier le droit en la matière et à l’harmoniser avec les dispositions concernant les pharmaciens. Le législateur a estimé plus cohérent de prévoir l’établissement d’une liste comportant les médicaments contraceptifs non renouvelables, alors que dans la première rédaction du texte issue de la loi HPST du 21 juillet 2009, avait été prévu le principe d’une liste des contraceptifs renouvelables. Une liste négative présente moins de risque d’oubli et d’erreur. Cette liste est par ailleurs fixée sur proposition de l’AFSSAPS, et non plus après un simple avis de celle-ci. Dorénavant, l’infirmier est donc autorisé à renouveler les prescriptions, datant de moins d’un an, de médicaments contraceptifs oraux sauf s’ils figurent sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé de la santé, sur proposition de l’AFSSAPS. Cette disposition est applicable par tous les infirmiers y compris les infirmières des établissements scolaires du second degré, les infirmières des services de protection maternelle et infantile des conseils généraux et les infirmières des centres de planification et d’éducation familiale. En effet, le 4ème alinéa de l’article L. 4311-1 du Code de la Santé Publique est désormais rédigé comme suit : «L’infirmière ou l’infirmier est autorisé à renouveler les prescriptions, datant de moins d’un an, de médicaments contraceptifs oraux, sauf s’ils figurent sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé de la santé, sur proposition de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, pour une durée maximale de six mois, non renouvelable. Cette disposition est également applicable aux infirmières et infirmiers exerçant dans les établissements mentionnés au deuxième alinéa du I de l’article L. 5134-1 et dans les services mentionnés au premier alinéa de l’article L. 2112-1 et à l’article L. 2311-4.» L’arrêté du 25 mai 2010 fixant la liste des médicaments contraceptifs oraux visée aux articles L. 4311-1 et L. 5125-23-1 du code de la santé publique devra donc être abrogé et remplacé par un nouvel arrêté fixant cette liste des contraceptifs ne pouvant faire l’objet d’un renouvellement par l’infirmier. 9 QUALITÉ DE VIE AU TRAVAIL, LA HAUTE AUTORITÉ DE SANTÉ LANCE UN APPEL À EXPÉRIENCES Au-delà d’un enjeu de santé et de bien-être au travail des professionnels de santé, la qualité de vie au travail est une condition de la qualité des soins. Le 10 mai 2011, la HAS a lancé un appel auprès des établissements ayant déjà mis en place une démarche de promotion de la qualité de vie au travail afin de partager leur expérience. Ce lien avec la qualité des soins mais également avec la bien-traitance des patients, les attentes des professionnels de santé vis-à-vis de la certification des établissements de santé sur la question des conditions de travail, la montée en puissance de ce sujet dans l’ensemble des domaines d’activité et sa prégnance en santé ont conduit la HAS à en faire un thème de la certification. La HAS souhaite proposer une démarche et des outils aux établissements de santé afin qu’ils puissent se saisir dans les meilleures conditions de la question de la qualité de vie au travail. Ces outils seront élaborés pour partie grâce aux enseignements tirés d’expériences positives déjà menées par des établissements de santé. Pour proposer votre expérience, nous vous invitons à remplir le questionnaire sur le site de l'HAS et de le renvoyer avant le 15 juin 2011 à l’adresse suivante : qualitedevieautravail@has-sante.fr 10 Lors de la séance extraordinaire du 31 mai 2011, les membres du Conseil national ont adopté un plan de restructuration afin d’assurer la pérennité de l’Ordre. Les conseillers ordinaux du Conseil national, lors de la séance extraordinaire, ont adopté à l’unanimité les grands principes d’un plan de restructuration portant sur les 3 niveaux géographiques d’organisation de l’Ordre. Outre un plan d’économie de charges, notamment au niveau national, cette restructuration se traduit par une rationalisation des structures aux niveaux départemental et régional et intègre des mesures de réorganisation touchant à la fois l’architecture globale de l’Ordre, l’organisation de la gouvernance, mais aussi l’organisation des contrôles internes. Il prévoit également un plan de communication interne et externe visant à apporter une vision harmonisée et structurée des orientations prises par l’Ordre. Cette communication visera également à apporter aux professionnels une meilleure information sur les missions de l’Ordre. Une commission se réunira dans les prochains jours pour décliner ce plan en mesures concrètes à court, moyen et long terme afin de le présenter au Ministère au plus vite conformément aux engagements récemment pris vis-à-vis de ce dernier. Les conseillers nationaux se réuniront à nouveau le 28 juin pour adopter ce plan dans sa version détaillée. La majorité des conseillers nationaux ont par ailleurs renouvelé leur confiance à la Présidente pour continuer de mettre en œuvre les valeurs qui fondent l’Ordre national des infirmiers. Fort de cet important travail, l’Ordre national des infirmiers est plus que jamais déterminé à poursuivre son action afin de continuer à servir les infirmières et les infirmiers,. A travers cette restructuration, l’Ordre réaffirme sa volonté d’assurer ses missions de service public en faveur des patients et du système de santé en collaboration avec les autorités de santé et les organisations professionnelles. 11 L’Ordre national des infirmiers entend mettre en œuvre au plus vite le protocole d’accord Santé-Sécurité-Justice-Ordres afin de sécuriser l’exercice des infirmiers libéraux. Ce protocole renforce la coopération entre les conseils départementaux de l’Ordre des infirmiers et les services de l’État en matière de prévention de la violence et de la délinquance. Ce protocole, décliné dans chaque département pour tenir compte de l’environnement territorial propre à la profession, vise à prévenir les situations de violence et y mettre fin dans les meilleurs conditions. Les conseils départementaux sont ainsi les interlocuteurs des forces de police et de gendarmerie. Les professionnels qui le souhaitent pourront se voir délivrer des conseils de sûreté en faisant la demande à leur conseil départemental. Ces conseils de sûreté doivent permettre de répondre aux problèmes liés à la sécurité des déplacements, la sécurisation des lieux d’exercice, l’installation d’un dispositif d’alarme ou de vidéo protection. La profession infirmière semble de plus en plus exposée à la violence dans le cadre de leur exercice. Il est nécessaire non seulement de prévenir et de traiter la délinquance, mais également de répondre aux infirmières et aux infirmiers qui souffrent d’un sentiment d’insécurité et de faciliter leur démarche. L’ONI est très attentif à ce problème pour lutter contre ce sentiment d’insécurité que ressentent les infirmiers alors qu’ils doivent se rendre dans les domiciles, 7 jours sur 7, à toute heure du jour et de la nuit. L’Ordre a mis à l’étude la création d’un outil pratique, capable de rendre visible la violence faite à l’encontre des infirmiers et d’objectiver le problème d’insécurité auquel font face les infirmiers tous les jours. Par ailleurs, l’ONI a intégré l’Observatoire national des violences hospitalières. 17 * Stylos injecteurs inscrits sur la liste des produits et prestations remboursables, code 1132086. Tarif de responsabilité 45,74 €. Prix limite de vente 45,74 € ** Aiguilles inscrites sur la liste des produits et prestations remboursables, code 1138077. Tarif de responsabilité : 15,63 €. Prix limite de vente : 15,63 €.
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