revue cph 21 octobre novembre - Page 1 - www.clicpharmacien.com NFORMATIONS PROFESSIONNELLES OUVEAUTES ORMATION RDONNANCE EGLEMENTATION ILLE METIERS NGLAIS HEME DU MOIS NFOS PLANTES BJECTIF SANTE PUBLIQUE OUVELLES DONNEES DISPOSITIFS MEDICAUX N°21 octobre/novembre 2010 INFORMATIONS PROFESSIONNELLES NOUVEAUTES P4 P 20 Inauguration du centre de référence sur le jeu excessif Semaine Mondiale de l’Allaitement Maternel Qu'est ce que la SMAM ? La Semaine Nationale du Rein, pourquoi ? 13ème journées françaises de l’Epilepsie 11-13 novembre 2010, Grenoble « Grossesse et accueil de l’enfant » Vigi Diabète : mode d’emploi Recommandations de vaccination contre la grippe Précisions du Comité scientifique du GEIG sur le vaccin grippal saisonnier Dossier Pharmaceutique (DP) : le cap des 10 millions de Français ayant un DP vient d’être franchi Corega Polident® Une nouvelle gamme de fixatifs sans zinc Désomédine® Les antiseptiques pour un conseil officinal efficace FICHES MEMO Fiches : Les médicaments des dysfonctionnements thyroïdiens P 22 INFOS PLANTES L’aloès P 24 P 27 THEME DU MOIS Bases nutritionnelles pour un vieillissement réussi OBJECTIF SANTE P 36 INFORMATIONS PHARMACOVIGILANCE P 14 Point concernant les Mucolytiques, les antihistaminiques et les suppositoires contenant des dérivés terpeniques chez le nourrisson et le jeune enfant. Nouvelles modalités de prise en charge de la toux chez le nourrisson (enfant de moins de 2 ans) Santé Publique : Face à une suspicion de dénutrition, que faire ? La douleur : enjeu de santé publique MEDICAMENTS Nouveaux Médicaments : L’étude ZEPHyR Nouveau Dafalgan® 1g pelliculé : une innovation-clé P 16 LES DISPOSITIFS / MEDICAUX Le Dispositif Eveon P 44 FORMATIONS / PETITES ANNONCES Le Dispositif Eveon P 47 Directeur de la publication : Jean-François FOREST Comité de rédaction : Sylvie Piessard (enseignante pharmacien Faculté de Pharmacie CHU Nantes ), Françoise Brunier (pharmacien Clinique de l'Europe St Nazaire), Roger Leprêtre (pharmacien d'officine, Elise Verron : Maître de Conférences de Toxicologie Faculté de Pharmacie de Nantes SARL FORCOM – 33 av du Bois d’amour – BP 222 44505 LA BAULE CEDEX - RC n°518673488 E-mail : contact@clicpharmacien.com Site : www.clicpharmacien.com Les articles sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs. Inauguration du centre de référence sur le jeu excessif Les jeux de hasard et d’argent sont des activités très prisées des Français. Pourtant, on estime qu’environ 600 000 à 1,8 millions de joueurs auraient une pratique de jeu excessif, voire pathologique. Cette dépendance peut conduire à des situations d’endettement et d’isolement social graves. C’est pourquoi le CHU de Nantes, la Française des jeux et le PMU ont signé une convention en décembre dernier pour créer le premier centre de référence sur le jeu excessif en France. Localisé à l'hôpital Saint-Jacques, au sein du pôle universitaire d’addictologie et psychiatrie dirigé par le professeur Jean-Luc Vénisse, le centre de référence sur le jeu excessif (CRJE), est officiellement dédié à la recherche et à la prévention sur le jeu excessif et le jeu pathologique. Le centre de référence sur le jeu excessif est né d'une initiative conjointe du CHU de Nantes et de deux opérateurs privés, la Française des jeux et le pari mutuel urbain (PMU), dans le cadre du développement de leur politique du jeu responsable. Un espace de recherche, de formation et d’information à destination des chercheurs, des professionnels de santé et du social, et du grand public. Le centre constitue un espace ressource quant à l'amélioration des connaissances en matière de conduites de jeu. Il s'agit notamment de contribuer à une meilleure connaissance des facteurs de vulnérabilité et de risque pour le jeu pathologique. À ce titre, le centre a vocation à mener ses propres projets de recherche et promouvoir des actions et interventions dans les registres de la prévention du dans les registres de la prévention du jeu à risque et pathologique comprenant les jeux de hasard et d'argent, les jeux vidéos et les cyberaddictions. La structure comporte un centre de documentation. Il dispose d'un fonds d'ouvrages et articles de revues traitant des jeux de hasard et d'argent, des jeux vidéos, des cyberaddictions, du jeu excessif et pathologique, mais également des autres addictions comportementales : achats compulsifs, troubles alimentaires (anorexie - boulimie), dépendance au sport, dépendance sexuelle, dépendance sectaire et dépendance affective. Le centre a pour objectif de contribuer avec d'autres structures impliquées à la diffusion progressive par étapes à l'échelle de la région et du territoire national des modalités de repérage, d'évaluation et de traitement, ou d'orientation vers des structures plus spécialisées, des patients présentant des conduites de jeu problématique et nécessitant une prise en charge spécifique, dans l'esprit des préconisations de l'expertise collective Inserm publiée en juillet dernier 2008. Reconnaissance des addictions comportementales Car, si le CRJE apparaît aujourd'hui comme la première composante d'un projet plus vaste - le département pour la recherche et la formation sur les addictions comportementales (Drefac), d'autres centres sont amenés à se développer : le centre de référence sur les dépendances alimentaires et sportives d'une part et le centre de référence sur les dépendances sectaires, sexuelles et affectives d’autre part. L'inauguration marque également la mise en ligne du site internet du centre, qui sera effective à la mi-octobre : www.crje.fr Numéro 21 Clic Pharmacien.com 4 Semaine Mondiale de l’Allaitement Maternel Qu'est ce que la SMAM ? Depuis 1992, l'Alliance Mondiale de l'Allaitement Maternel (WABA) organise la Semaine Mondiale de l'Allaitement Maternel (SMAM). L'Alliance Mondiale pour l'Allaitement Maternel (World Alliance for Breastfeeding Action, WABA) a été formée en février 1991. C'est un réseau international d'organisations et d'individus qui pensent que l'allaitement maternel est un droit des femmes et des enfants, et qui souhaitent protéger, soutenir et encourager ce droit. WABA agit pour faire appliquer la déclaration d'Innocenti et travail en liaison avec l'UNICEF. et organise, tous les ans, la Semaine Mondiale de l'Allaitement Maternel. C'est l’occasion pour des organisations, des particuliers, à travers le monde, de soutenir, encourager et protéger l'allaitement maternel. A l'origine pour soutenir la déclaration d'Innocenti (1er août 1990), la SMAM se déroule encore dans de nombreux pays du 1er au 7 août. En France elle avait lieu depuis 1998, pendant la 40ème semaine de l'année (comme une grossesse), soit la 1ère semaine d'octobre. Mais, pour donner un peu plus de temps aux associations et aux professionnel(le)s pour organiser des manifestations ou des colloques autour de l'allaitement maternel, la SMAM a été reculé, depuis 2008, à la troisième semaine d'octobre. Chaque année sur ce site vous pouvez trouver de l'information sur les actions de nos adhérents, et des idées pratiques pour réaliser une action. Chaque année un thème international est choisi par WABA relayé par la CoFAM: 2010: L'allaitement Maternel: pas à pas La Semaine Nationale du Rein, pourquoi ? Lorsque les premiers symptômes des maladies rénales se manifestent, il est souvent trop tard car ce sont des maladies silencieuses. C’est alors la mise en dialyse et, dans le meilleur des cas, la greffe. Pourtant, dans beaucoup de cas, la survenue de l’insuffisance rénale terminale pourrait être retardée, voire évitée ! Grâce au dépistage, il est possible de détecter une insuffisance rénale à un stade très précoce et de prendre alors les mesures qui s’imposent (régime alimentaire, prise ou arrêt de certains médicaments, etc..). C’est ce constat qui a motivé voilà 6 ans la création de la Semaine Nationale du Rein. Cette campagne nationale vise en premier lieu à dépister gratuitement et anonymement le plus de personnes possible. On estime à 3 millions en France le nombre de personnes atteintes d’une maladie rénale à un stade plus ou moins avancé. Parmi elles, beaucoup ignorent leur maladie. L’an dernier, + de 15 000 personnes ont été dépistées Pour environ 0% d'entre elles le dépistage s'est révélé positif. LA FNAIR Créée en 1972, la Fédération Nationale d’Aide aux Insuffisants Rénaux compte aujourd’hui près de 11.000 adhérents Représenter et défendre les intérêts des malades sur le plan national Informer l - es patients et leurs proches, les écouter, les soutenir, les conseill dans les démarches administratives, faciliter leur réinsertion professionnelle… - Créer une solidarité entre toutes les personnes atteintes de maladies rénales. - Améliorer la qualité et la disponibilité des traitements, encourager et contribuer à la prévention, promouvoir la recherche, les techniques nouvelles. Informer l'opinion et sensibiliser les pouvoirs publics dans les domaines des maladies et de l'insuffisance rénale, de la dialyse et de la transplantation rénale, et promouvoir le don d'organes. Pour plus de renseignements : www.fnair.asso.fr Numéro 21 Clic Pharmacien.com 5 13ème journées françaises de l’Epilepsie 11-13 novembre 2010, Grenoble Grenoble accueille cette année les 13èmes Journées françaises de l'Epilepsie (JFE), qui réunira cette année plus de 500 professionnels (médecins, infirmiers, psychologues et chercheurs) impliqués dans le traitement et la recherche concernant cette maladie. L'épilepsie affecte près de 1% de la population mondiale (soit en France, environ 500.000 personnes) et constitue l’une des principales affections neurologiques, touchant tous les âges, bien que plus particulièrement l'enfant et la personne âgée. La maladie est définie par la survenue d'altérations brèves et transitoires du fonctionnement du cerveau (les crises épileptiques), susceptibles de se répéter plusieurs fois par jour dans certains cas. Ces altérations peuvent impliquer une population limitée de neurones dans le cerveau et se rendre responsable de modifications profondes des perceptions, des émotions ou du comportement du sujet. La singulière propriété de ces neurones a considérablement contribué à mieux comprendre le fonctionnement normal et pathologique du cerveau. En comprenant mieux l'épilepsie, on comprend mieux le cerveau, et réciproquement ! C’est pour cette raison que le thème générique choisi pour la 13ème édition des Journées Françaises de l’Epilepsie est : « Le cerveau à l’épreuve de l’épilepsie». Depuis les premières cartographies du cerveau réalisées par Wilder Penfield à Montréal dans les années 50 chez des patients épileptiques traités par chirurgie, de nombreux travaux ont permis de mieux comprendre le fonctionnement de la mémoire, du langage, voire, de la conscience, à partir d’études neurophysiologiques réalisées chez des patients dans le but de les guérir. Les modèles animaux d’épilepsie ont permis également de préciser les relations fonctionnelles ou pathologiques établies entre les différentes structures du cerveau, comme le circuit thalamo-cortical, impliqué dans les absences épileptiques mais dont le rôle apparaît également majeur au cours du sommeil. Enfin, l’impact d’une épilepsie de l’enfant sur certains aspects spécifiques de son développement nous a aussi renseignés sur les étapes importantes de celui-ci. Cette connaissance approfondie du cerveau, issue des travaux sur l’épilepsie et de ses corrélats neuroscientifiques, permet aujourd’hui d’améliorer les traitements et la prise en charge des patients épileptiques. « Grossesse et accueil de l’enfant » Outil d’intervention en éducation pour la santé des femmes enceintes conçu par et pour des professionnels de santé travaillant avec des femmes enceintes Extrait du livret : Valoriser les compétences du futur père et de la future mère Une démarche d’éducation pour la santé située dans une perspective d’empowerment (ou de promotion de la santé) cherche à permettre aux futurs parents de prendre conscience et d’utiliser toutes leurs ressources et compétences, éventuellement de les développer. Il s’agira pour le professionnel : ■ de renforcer leur sentiment de contrôle ; l’aide au choix y participe grandement ; ■ de renforcer leur capacité à faire face aux situations stressantes (peur de l’accouchement, pleurs de l’enfant, etc.) ou de résoudre positivement des conflits (désaccord au sujet des soins ou de l’éducation de l’enfant, de la répartition des tâches, etc.) ; ■ de les aider à renforcer leur réseau social et d’entraide, leur capacité à avoir recours de façon adaptée aux dispositifs sanitaires, sociaux ou associatifs ; ■ de les aider à prendre conscience du développement de leurs habiletés et à renforcer leur confiance en eux en nommant et en soulignant toutes les capacités qu’ils manifestent et leurs succès, même modestes. Ces habiletés ou capacités, en lien avec leur rôle parental, sont aussi appelées compétences parentales. Procurez vous le livret sur www.inpes.sante.fr www.lfce.fr Numéro 21 Clic Pharmacien.com 6 1. Vigi Diabète : mode d’emploi Une enquête nationale réalisée entre février et avril 2008 - Donnant la parole à 200 pharmacies et 1500 patients diabétiques - Offrant une vision globale des relations entre pharmacien et patient diabétique et exposant les perceptions et attentes de chaque partie quant à ces échanges. 2 questionnaires distincts Chaque pharmacie participant à l’enquête VIGI-Diabète s’est vue remettre deux questionnaires. Le premier questionnaire, adressé au pharmacien titulaire de l’officine ou à son adjoint, a permis de faire le point sur les profils de patients diabétiques fidèles à l’officine, la façon dont le pharmacien et son équipe vivent la relation avec ces patients, leur implication dans la prise en charge du diabète. L’autre questionnaire – distribué en plusieurs exemplaires – destiné aux patients diabétiques de l’officine, a révélé quels interlocuteurs le patient diabétique sollicite dans la prise en charge de sa maladie, quelles sont ses pratiques en matière d’ASG et quelles sont ses attentes vis-à-vis de l’équipe officinale. Des pharmacies aux profils divers Sur 200 pharmacies participantes, ont été comptabilisées : - 58% en zone urbaine ou suburbaine, 8% en centre commercial et un tiers en zone rurale ; - 2% de pharmacies situées en région parisienne, 12% dans des agglomérations < 2000 habitants, 86% dans des agglomérations de plus de 2000 habitants ; - 58% sont fréquentées par 100 à 200 personnes par jour ; - 49% ont une clientèle plutôt senior (> 60 ans), 47% ont une clientèle de 35 à 60 ans. Des patients diabétiques de type 1 et de type 2 Les patients répondant à l’enquête sont à 57% des patients diabétiques de type 2 et 38% des patients diabétiques de type 1. Ces chiffres diffèrent de ceux de la population générale, où le diabète de type 2 représente 90% des cas de diabète. On suppose que l’implication d’un patient diabétique de type 1 est encore plus grande que celle d’un patient diabétique de type 2 dans son traitement, et que ceux-ci se sont vus proposer de participer à l’enquête plus fréquemment. Parmi eux, les répondants sont : - 54% de femmes et 46% d’hommes ; - 17% de moins de 35 ans, 48% de plus de 65 ans et 35% de 50 - 65 ans ; - 61% de retraités, ¼ d’actifs, 10% d’étudiants ou sans profession. 2. Pharmacien et patient diabétique :une relation de qualité Rôle de choix assumé par le pharmacien Motivés en premier lieu par leur rôle pédagogique et leur rôle thérapeutique pour prendre en charge les patients diabétiques, les pharmaciens interrogés se disent également valorisés en tant que professionnels de santé à travers cette mission. Autres arguments cités pour s’impliquer auprès de leurs patients diabétiques : c’est une occasion de tisser des liens forts avec la clientèle, procurant une satisfaction aussi bien professionnelle que personnelle. Au total, le rôle d’éducateur de santé de l’équipe officinale auprès des patients diabétiques est totalement assumé. Contacts fréquents avec le patient diabétique Vers qui les patients diabétiques se tournent-t-il pour obtenir des informations sur leur maladie, leur traitement ou encore pour trouver un soutien psychologique ? Si le médecin traitant et le diabétologue sont les premiers à informer sur la maladie et le traitement, le pharmacien est lui aussi très impliqué : 37% des patients diabétiques de type 1 et 46% des patients diabétiques de type 2 disent avoir reçu son soutien pour Numéro 21 Clic Pharmacien.com 7 type 2 disent avoir reçu son soutien pour mieux comprendre leur traitement. Il offre aussi un soutien psychologique à près d’1/3 des patients. Il faut dire que le pharmacien est de loin le professionnel de santé le plus souvent consulté, comparativement au médecin traitant et au diabétologue. 2/3 des patients diabétiques disent aller voir leur pharmacien 1 à 2 fois par mois. Le médecin traitant, lui, n’est consulté que 4 à 6 fois par an par 49% des patients diabétiques de type 1 et par 55% des patients diabétiques de type 2. Environ 1 patient sur 4 seulement le consulte tous les mois. La visite chez le diabétologue est encore plus rare pour certains patients : 2/3 des patients DT1 et la moitié des patients DT2 le consultent 1 à 3 fois par an. Reste même 38% des patients DT2 qui ne se rendent jamais chez le diabétologue. Une relation jugée satisfaisante Les pharmaciens qualifient l’ensemble de leurs patients diabétiques de « fidèles », « à l’écoute », et « en confiance, rassurés ». Les patients diabétiques de type 1 sont dits également « très informés » (52% contre 14% pour les patients DT2). Globalement, les patients diabétiques de type 1 sont effectivement plus impliqués dans leur traitement que les patients diabétiques de type 2. Il est vrai que 2/3 des patients DT1 ont suivi une séance d’éducation au diabète en milieu hospitalier, contre seulement 1/4 des patients DT2. C’est toute la prise en charge du patient diabétique de type 1 qui est plus conséquente d’emblée, au moment de la découverte de la maladie, auprès des équipes hospitalières. Une donnée qui devrait inciter les équipes officinales à s’impliquer davantage auprès des patients diabétiques de type 2. Côté équipe officinale, la relation avec les patients diabétiques est jugée satisfaisante par 2/3 des répondants, très satisfaisante par 38%. Côté patients, l’enthousiasme est bien présent : 88% jugent leur pharmacie accueillante et chaleureuse, 67% précisent qu’ils peuvent y parler et qu’ils s’y sentent qu’ils peuvent y parler et qu’ils s’y sentent écoutés, 60% trouvent l’équipe officinale disponible, 58% disent trouver à l’officine des conseils et des explications liés à leur traitement. 3. Autosurveillance glycémique : soutien des officinaux ASG : réflexe de conseil acquis à l’officine L’importance de l’auto-surveillance glycémique, l’une des clés de la bonne prise en charge du diabète, a été intégrée par les équipes officinales. Environ 2/3 des pharmaciens interrogés disent avoir le réflexe de rappeler à leurs patients diabétiques l’intérêt de l’ASG pour mieux gérer l’équilibre glycémique. Ils sont 63% à insister sur l’ASG en vue de surveiller et d’adapter le traitement si nécessaire, 62% à aborder l’ASG afin que le patient adapte ses règles hygiéno-diététiques. Pratiques de l’ASG variables côté patients Les patients diabétiques interrogés sont 83% à pratiquer une auto-surveillance glycémique. Ils sont 98% parmi les patients diabétiques de type 1 et 73% des patients diabétiques de type 2. Parmi ceux qui ne la pratiquent pas, les raisons invoquées sont un diabète équilibré, récent ou encore une faible hyperglycémie qui ne nécessiterait pas d’ASG (39%), ou bien l’absence de prescription par le médecin (31%). Enfin, pour près d’un patient sur 5 ne pratiquant pas l’ASG, la démarche est jugée stressante, compliquée, douloureuse ou prenant trop de temps. Ceux-là pourraient sans doute franchir le cap, accompagnés par un professionnel de santé. L’auto-surveillance glycémique chez les patients diabétiques de type 1 doit être pluriquotidienne, et c’est le cas chez 95% de ces patients pratiquant une ASG. Les patients diabétiques de type 2 pratiquant une ASG sont 72% à le faire quotidiennement. Au total, les patients diabétiques jugent l’auto-surveillance glycémique utile à 96%. Les patients diabétiques de type 1 la voient - Numéro 21 Clic Pharmacien.com 8 Les patients diabétiques de type 1 la voient surtout comme un moyen d’adapter leur traitement (70% d’entre eux), tandis que les patients diabétiques de type 2 y voient un moyen d’ajuster leur régime alimentaire (42% le font). Un patient diabétique sur deux juge tout de même l’ASG contraignante, et un sur quatre la trouve douloureuse. Soutien et encouragement des professionnels de santé paraissent donc utiles à tout moment de la prise en charge du patient diabétique. Les plus trouvés à l’officine Les patients diabétiques affirment trouver auprès des équipes officinales un certain nombre de réponses, et un soutien à l’autosurveillance glycémique. Le pharmacien est le premier interlocuteur de santé cité au moment du choix du lecteur de glycémie (45%), devant le diabétologue et le médecin traitant. Pour expliquer au patient les aspects techniques du lecteur de glycémie, lui apprendre son fonctionnement, le pharmacien est très nettement en première ligne : dans 78% des cas, il est le professionnel qui a aidé le patient à maîtriser le fonctionnement du lecteur, dans 82% des cas, c’est lui qui est sollicité pour les questions techniques sur le lecteur. Le pharmacien et l’équipe officinale, souvent plus disponibles et accessibles que les médecins, peuvent en effet apporter des réponses quotidiennes aux patients diabétiques quant à l’ASG. Les patients ont mesuré cet avantage. 4. Demain : encore plus de conseils à l’officine Les officinaux veulent s’impliquer davantage Les pharmaciens répondant à l’enquête aimeraient améliorer la prise en charge de leurs patients diabétiques à l’officine. Pour cela, près de ¾ d’entre eux souhaiteraient pouvoir mieux former l’équipe pour offrir des conseils adaptés et développer le conseil associé. Un pharmacien sur deux aimerait aussi améliorer le suivi des patients et les motiver afin qu’ils soient plus observants. Les pistes de réflexion ne manquent pas pour gagner en implication dans la prise en charge du diabète à l’officine. Les pharmaciens interrogés disent être prêts à participer à des réunions avec d’autres professionnels de santé sur ce sujet (82%). Environ 2/3 sont prêt à intégrer un réseau de soins diabète et se disent prêts à proposer des entretiens thérapeutiques aux patients diabétiques potentiellement à risque. Dans cette optique, la création d’un « corner diabète » est envisagée par 60% des pharmaciens. Les initiatives proposées sont conformes aux exigences de la Haute Autorité de Santé, qui insiste sur l’importance d’organiser un suivi coordonné spécifique pour le patient diabétique. Les patients demandent plus de conseils personnalisés Côté patients diabétiques, la demande de conseils est toujours présente. Déjà satisfaits de l’accompagnement qui leur est proposé à l’officine, les patients diabétiques ont quelques idées pour rendre l’accompagnement officinal optimal. La majorité d’entre eux aimeraient recevoir à l’officine des conseils diététiques surmesure (61%). Un tiers des patients diabétiques demandent que l’intérêt de l’autosurveillance glycémique leur soit mieux expliqué. 31% apprécieraient d’être encouragés à pratiquer une activité sportive adaptée à leurs besoins. Entièrement en confiance avec le pharmacien et l’équipe officinale, qu’ils côtoient régulièrement, les patients diabétiques se montrent enthousiastes à l’idée de renforcer encore leurs liens avec ces derniers. Conclusion Au premier rang de la prise en charge du diabète, le pharmacien et l’équipe officinale se montrent très impliqués dans l’accompagnement des patients diabétiques. Ces derniers consultent leur Numéro 21 Clic Pharmacien.com 9 pharmacien plus fréquemment que leur médecin et viennent chercher à l’officine explications et conseils sur leur maladie et leur traitement. Les patients diabétiques sont jugés à l’écoute, en confiance par les pharmaciens ; l’équipe officinale est jugée chaleureuse, accueillante, disponible par ces derniers. Le duo fonctionne bien. Les patients diabétiques sont une majorité à pratiquer une auto-surveillance glycémique et jugent la démarche utile pour adapter leur traitement et leurs règles hygiénodiététiques. Pour le choix d’un lecteur de glycémie, l’apprentissage de son fonctionnement, les questions techniques liées à l’ASG, le pharmacien est clairement identifié comme interlocuteur n°1 et joue pleinement son rôle. Pharmaciens et patients diabétiques sont prêts à optimiser ces échanges en s’impliquant davantage encore. Une meilleure formation des équipes officinales pour un meilleur suivi des patients fait partie des objectifs visés par les pharmaciens. Quant aux patients diabétiques, ils sont demandeurs de plus de conseils diététiques personnalisés et d’explications supplémentaires sur l’intérêt de l’ASG RECOMMANDATIONS DE VACCINATION CONTRE LA GRIPPE - SAISON 2010-2011 D'après l’avis du 24 septembre du Haut Conseil de la santé publique. Personnes éligibles à la vaccination grippe saisonnière : Personnes âgées de 65 ans et plus. Enfants à partir de l’âge de 6 mois et adultes, y compris les femmes enceintes présentant des facteurs de risque pour la grippe saisonnière : - Affections bronchopulmonaires chroniques*, dont asthme, dysplasie bronchopulmonaire et mucovis-cidose. - Cardiopathies congénitales mal tolérées, insuffisances cardiaques graves et valvulopathies graves. - Néphropathies chroniques graves, syndromes néphrotiques purs et primitifs. - Drépanocytoses, homozygotes et doubles hétérozygotes S/C, thalassodrépanocytose. - Diabète insulinodépendant ou non insulinodépendant ne pouvant être équilibré par le seul régime. - Dysfonctionnement du système immunitaire. - Personnes âgées de 6 mois et plus infectées par le VIH, quels que soient leur âge et leur statut immunovirologique. Personnes séjournant dans un établissement ou service de soins de suite ainsi que dans un établissement médico-social d’hébergement, quel que soit leur âge. Enfants et adolescents (de 6 mois à 18 ans) dont l’état de santé nécessite un traitement prolongé par l’acide acétylsalicylique. Entourage familial des nourrissons de moins de 6 mois présentant des facteurs de risque de grippe grave ainsi définis : prématurés, notamment ceux porteurs de séquelles à type de bronchodysplasie et enfants atteints de cardiopathie congénitale, de déficit immunitaire congénital, de pathologie pulmonaire*, neurologique ou neuromusculaire ou d’une affection longue durée. http://www.grippe-geig.com/ 23° Rencontres sur la grippe et sa prévention jeudi 25 et vendredi 26 novembre 2010 Paris Numéro 21 Clic Pharmacien.com 10 Précisions du Comité scientifique du GEIG sur le vaccin grippal saisonnier Le vaccin contre la grippe saisonnière 2010/2011 est fortement recommandé à toutes les personnes âgées de 65 ans et plus, ainsi qu’aux personnes fragiles (affections de longue durée, asthme, BPCO) et aux professionnels de santé. Face aux interrogations des Français, concernant ce vaccin, le Professeur Bruno Lina, Président du Comité scientifique du GEIG répond aux questions les plus fréquemment posées : Pourquoi le vaccin saisonnier 2010/2011 contient-il une souche A(H1N1) ? Le vaccin saisonnier est toujours un vaccin trivalent comportant 2 souches A, [A(H1N1) et A (H3N2)] et une souche B. Ces souches sont choisies en fonction des données épidémiologiques collectées par l’OMS, et sont le reflet de l’évolution des virus circulant chez l’homme. Lorsque la composition du vaccin 2010/2011 a été arrêtée, la souche A(H1N1) était une des souches circulantes ; elle a donc naturellement été intégrée dans la composition du vaccin saisonnier 2010/2011. Point important, ces vaccins ont tous été fabriqués après la publication de la composition des souches par l’OMS qui a été communiquée en février 2010. En aucun cas la production 2010 de la souche A(H1N1) n’est issue des stocks restants du vaccin pandémique. Si l’on s’est fait vacciner l’hiver dernier contre la grippe A(H1N1), est-ce utile de se refaire vacciner contre la grippe saisonnière cet automne ? Il est impossible de prévoir aujourd’hui lequel ou lesquels des virus H1N1, H3N2 ou B vont circuler. Il est donc nécessaire de se faire vacciner à nouveau contre tous les virus de la grippe saisonnière. De plus, pour les personnes ayant reçu la vaccination H1N1 l’année dernière, les taux d’anticorps post-vaccinaux ont baissé dans l’organisme ce qui nécessite une revaccination (la durée habituelle de protection post-vaccinale maximale est de 12 mois). Le vaccin saisonnier de cette année est-il sûr? C’est le fondement même de la procédure d’autorisation de mise sur le marché (AMM) que de vérifier chaque année la sécurité du vaccin et son efficacité contre l’agent pathogène contre lequel il protège. En conséquence, les vaccins dotés d’une AMM, qui sont les seuls utilisés pour la vaccination, ont démontré leur efficacité pour protéger contre les virus potentiels de la grippe saisonnière. L’efficacité vaccinale dépend du sujet vacciné et de l’adéquation entre les composants du vaccin et les virus circulants. À titre d’exemple, cette efficacité mesurée a été de 76% chez les moins de 65 ans et de 57% chez les sujets plus âgés au cours de la grippe saisonnière en 2007/2008. De plus, la récente étude publiée par l’INED, Institut National d’Etudes Démographiques, démontre que depuis les mises en oeuvre des campagnes de vaccination, il y a 40 ans, le risque de décès lié à la grippe a été divisé par 10. www.grippe-geig.com Numéro 21 Clic Pharmacien.com 11
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