Fandom - Page 21 - Les mésaventures de l'édition dans le milieu SF français Je cède, mais ça dure. Je finis par y aller. Il y a plein de monde dans les allées du marché. Je marche vite mais j’entends : – Alain ! Te sauve pas comme ça ! Merde ! Je me retourne : – Anny ! Ah comment ça va ? Bon ! Je passe sur la conversation qui porte sur le PCF, la Ligue communiste, les abonnements à l’Huma etc. Une Arabe arrive qui lui parle d’un couscous. Je tente de profiter de l’intermède, mais elle me tient fermement par le bras malgré sa canne et son handicap. – Anny, j’ai un train à prendre ! Je dois partir… Elle me lâche avec regret. Je cours chercher mon avis d’arrivée de la carte bancaire et mon ancienne carte. Je recours vers la caisse d’épargne en essayant de ne pas trop déranger les femmes arabes voilées et les quelques autres. Je retrouve la fille de l’accueil de la caisse d’épargne. Je lui donne mon ancienne carte. Elle ne trouve pas ! Malgré ma décision de rester stoïque l’angoisse commence à poindre. Elle finit par comprendre que c’est une carte de compte pro. Cela la perturbe. Elle doit demander à un collègue. Qui lui confirme qu’elle doit continuer à chercher. Elle clique sur le clavier de l’ordinateur. – Elle est en fabrication votre carte ! – Ah bon ? Et pourquoi m’envoie-t-on cet avis ? – Je ne sais pas ! Je ressors, et comme à chaque fois que je suis venu ou reparti, une personne me retarde dans le sas de sécurité. 11 heures 30. Putain ! Mon train est à 13 heures à Lyon. Je ne suis pas rasé, j’ai pas déjeuné et j’ai pas fait ma valise. Je dois aller à Liège à la cour d’appel pour une sombre histoire de factures pas payées. JE VAIS RATER MON TRAIN !!!! Je remonte chez moi. Je me rase. Raymonde arrive. J’ai eu le temps de couper de fines lamelles des courgettes ramenées de la maison de campagne et de faire une omelette avec. On mange, je me rase et je me brosse les dents. Raymonde m’aide à faire ma valise. 12 heures 30. Je monte en voiture. Je suis dans les temps. Ouf. Je sors du parking souterrain. La rue est bloquée. Ça redémarre ! France-info me gueule dans les oreilles. Pétard ! Un camion de livraison rue Joseph Faure…. Je passe par la rue Emile Zola. La rue Longarini est complètement bouchée. Je prends la rue Bazin et tourne à gauche sur le quai même si c’est interdit. Je bombe à cent soixante à l’heure sur l’A7. Entrée de Lyon : gros bouchon. Je finis par arriver juste au parking de la gare de la Part-Dieu. COM-PLET ! Comme d’habitude. Je file vers le parking de La Vilette. Il n’y a des places libres qu’au huitième étage. J’AI RATE MON TRAIN BORDEL. Bon c’est pas grave. Il faut juste aller faire remplacer mes billets. Il y a un TGV à 14 heures et sûrement la correspondance avec le Thalys en gare du Nord. Je me dirige vers les guichets en fendant la foule. Purée, une queue de plusieurs dizaines de personnes à chaque guichet. Je patiente. Comme on est canalisé et que l’on fait plusieurs virages pour avancer dans le couloir fait de petites barrières fixes et que je prends à chaque fois l’intérieur du virage un jeune aux yeux gris, qui pousse son sac avec le pied m’interpelle en claquant les mots comme le tic-tac d’une montre : – Eh ! Quessquarrive ! Faitesquoa la ! – J’avance pourquoi ? – V’ette dvant moi-la ! – Ben oui, j’ai tourné à l’intérieur et vous à l’extérieur. Mais je passerai pas devant vous ! – Ch’vouzordonne d’paspasserdvantmoi ! 21 Putain. Commence à m’énerver le mec. Je le regarde droit dans les yeux avec mon regard le plus tueur, celui qui fait vraiment peur : – T‘as rien à m’ordonner je sais que je suis après toi, et même après madame. Et je montre une jeune Noire qui attend en silence, l’air indifférent devant l’altercation… Le jeune con de haute taille détourne ses yeux gris en silence… Quand c’est mon tour, heureux d’avoir passé tous ces obstacles… Je donne mes deux billets à la fille du guichet qui a pas l’air contente d’être là, mais pas du tout ! Elle les prend et jette l’un d’eux devant moi en disant : – Avec celui-là je peux rien faire ! – Comment ça vous pouvez rien faire ? – C’est un billet J8 non remboursable ! – Mais je vous demande pas de le rembourser, je vous demande de le remplacer j’ai raté mon train ! – Je ne peux pas dit-elle en s’énervant. Si je la mets dans la machine, elle voudra pas ! – Ben, cassez-la votre machine ! Ça recommence à dégénérer. Je m’énerve là cette fois, je craque ! – Allez me chercher quelqu’un, je veux mon billet ! Je me retourne : la queue a doublé de volume ! – Vous avez vu la queue qu’il y a que je lui dit !!! Elle se lève et s’en va. Un jeune type vient quelques secondes après. Je l’engueule ; il garde son calme, refuse, refuse et finit par me changer mon billet contre cinq euros dix. Il a dû faire un stage antistress face au public ce mec à voir comment il garde son calme devant ma pomme, excité comme je suis. Je m’excuse de l’avoir traité ainsi et je quitte les lieux. Je fais encore une queue pas possible au point argent (parce qu’il me manquait dix centimes pour acheter un magazine !) et j’attrape le TGV de 14 heures juste à temps. J’arrive et je trouve quelqu’un à ma place. Vous voyez le genre : jeune mec en costume gris et cravate avec un ordinateur portable… Je lui dis poliment qu’il doit être à ma place. Je vérifie sur mon billet. Il me dit qu’effectivement il a la place 77. Moi c’est 76. Pas grave la 77 est libre je m’y assois. Ouf, cette fois l’obstacle est surmonté facilement. Que dalle ! Un jeune allemand avec un sac à dos se pointe et interpelle le gars en face de moi : – Fouzavébrismablasse ! – Ben euh, j’ai la place 77 ! – Ach ! Chefouslavépienti ! Punaise, ça recommence. Le gars me jette un regard de détresse. J’ai bien envie de le laisser tomber. Mais je suis bonne pâte que voulez-vous ! Et j’interviens donc : – C’est moi qui ai la place 76, vous vous trompez ! – Eula estpien la foidure Houit ? – Non, c’est la voiture sept ici ! Le train part… L’Allemand s’en va vers la voiture houit… Ouf ! Gare du Nord le routeur de mes magazines m’appelle au portable : je n’ai soi-disant pas payé des factures et il ne veut pas envoyer mes magazines aux abonnés. La discussion fut rude. Il envoie quand même. Mais deux jours plus tard il m’envoie un état de factures non payées complètement faux. Dure journée non ? Demain je suis à 9 heures à la cour d’appel de Liège. * * * Alors que je commençais petit à petit à rétablir la situation (j’avais trouvé un régime de croisière non déficitaire pour le livre et je tendais vers l’équilibre pour le Sfmag car j’avais trouvé un imprimeur en Italie qui me faisait un prix intéressant) divers problèmes graves se présentaient de nouveau. Une grave dissension avec l’actionnaire principal le MNLE me conduisit à porter plainte contre lui pour abus de confiance. D’autre part, des créanciers de l’association présentaient leur 22 créance à la SARL et si c’était bien clair pour la plupart, pour d’autres cela l’était moins. Par exemple, je publiais une encyclopédie sur le nucléaire rédigé par Fidel Castro Diaz Balart (le fils du dictateur cubain…). Or le contrat avait été signé par l’association et la commande de la traductrice avait été faite par l’association. Je fis l’erreur de vouloir éditer ce livre sous l’égide de la SARL, me voyant mal expliquer que les éditions Naturellement association ayant été liquidées les éditions Naturellement SARL ne pouvaient pas éditer ce livre… Il va de soi que le livre se vendit très mal, que les subventions obtenues pour l’édition de ce livre avaient été mangées par le dépôt de bilan de l’association et que je ne pouvais dégager une ressource pour payer la traductrice. Vraiment, la faillite de Distique fut le départ d’une vraie cascade de dominos… Alors que la situation se rétablissait (même si je m’étais personnellement ruiné dans l’affaire) je serais contraint de déposer le bilan de la SARL au début 2003… Cette collaboration avec Fidel Castro Diaz Balart fut une expérience intéressante. Ce personnage ressemble énormément à son père. C’est un vrai spécialiste du nucléaire et il est assez dommage que son livre n’ait pas emporté plus du succès. C’est un homme aimable et souriant. J’organisai avec lui, mon ami (à l’époque il était encore mon ami…) Jean Yves Guezenec (ingénieur retraité de l’industrie nucléaire) qui m’avait apporté ce projet et qui était en quelque sorte le conseiller scientifique de l’éditeur (c’est-à-dire moi…), la traductrice et son époux. C’était en 2001. Fidel m’avait invité à la fête du livre annuelle de La Havane qui devait se dérouler en février 2002, le pays à l’honneur de cette édition 2002 devait être justement la France. Fidel Castro Diaz Balart comptait présenter l’édition française de son livre. Au début de 2002 je reçus un coup de fil de l’attachée culturelle de l’ambassade de Cuba me demandant si j’allais à La Havane. Je répondis que ce serait avec plaisir mais je n’avais absolument pas les moyens de financer ce voyage. Elle m’assura alors qu’elle obtiendrait une place pour moi dans la délégation française du ministère des affaires étrangères. Plus tard je reçus un appel d’un attaché de ce ministère qui me confirma que j’étais du voyage ! Je me fis du souci pour mon ami Guezenec et lui envoyai un e-mail pour lui expliquer la situation et lui demander s’il ne voyait pas un moyen de financer son voyage. Il me renvoya assez vertement à mes dossiers. J’en fus étonné. J’avais complètement oublié tout cela depuis longtemps (avec tous les soucis que j’avais, cela peut se comprendre) et je fus rattrapé par le temps : mon passeport n’était plus valable ! Je dus faire accélérer la demande je l’obtins deux jours avant de partir et me rendit à l’ambassade de Cuba à Paris pour obtenir le visa. Je fus donc prêt pour le départ. A l’aéroport Charles de Gaulle, la plupart des passagers parlait italien. Mais pas de Guézenec ! Je demandais à consulter la liste des passagers ; il n’y était pas… Plus tard à La Havane on me confirma que la majorité des touristes venaient d’Italie. La gentillesse du peuple cubain me subjugua par ainsi que la beauté des filles créoles. Je passais une semaine d’entière liberté pour visiter La Havane de fond en comble. A l’aéroport je fus accueilli par un représentant de l’ambassade de France. Mon bagage étant très lourd parce que j’y transportais des livres de Fidel Castro Diaz Balart fut donc fouillé par les douanes. Le jeune attaché d’ambassade tenta de faire accélérer les choses mais n’y parvient pas. Une odeur de kérosène flottait dans l’air et me poursuivis tout au long de mon séjour.… Une fois dans mon hôtel je fus surpris que personne ne prit contact avec moi avant plusieurs jours. Je visitai le centre de La Havane avec sa merveilleuse architecture coloniale espagnole aux immeubles très dégradés Il faut dire qu’au moment de la révolution, Fidel Castro avait appelé la population pauvre ) prendre possession de ces magnifiques palais et ils y sont restés mais ces immeubles n’engendrant pas de revenus ont été laissés à l’abandon. Cuba a eu la chance que le centre de La Havane fut classé patrimoine historique de l’humanité et ainsi peut bénéficier de subventions importantes. D’autre part, le régime ayant développé le tourisme de nombreux palais sont réhabilités en hôtels de luxe. Après quelques jours, alors que je prenais un verre à la terrasse du bar de l’hôtel, l’attachée culturelle de l’ambassade de Cuba me rencontra enfin pur me dire que monsieur Castro Diaz Balart souhaitais me rencontrer. Je lui répondis que je n’attendais que cela puisque j’avais trimballé quelques dizaines de kilos de livres pour lui. Elle me dit qu’elle me tiendrait au courant. Quelque temps plus tard je reçus un message écrit avec le rendez-vous. A la date prévue je me rendais donc à l’hôtel Nacional (le plus luxueux hôtel de La Havane) et en profiatis pour faire un petit tour dans ce quartier “bourgeois“ de la capitale. J’y rencontrais donc Fidel Castro Diaz Balart et, surprise ! Jean23 Yves Guezenec et son épouse ! J’appris plus tard qu’ils avaient été invités par Fidel Castro Diaz Balart, car Jean-Yves avait passé pas mal de temps en France pour organiser des visites pour Fidel et l’accompagner. Franchement, pourquoi m’avait-il laissé dans l’ignorance ? Fidel me proposa une date de présentation de son livre qui ne me convenait pas du tout car j’était alors de retour en France. Qu’à cela ne tienne il fit la présentation sans moi… Je fis également la connaissance de la fête du livre qui était organisée sur les hauteurs au-delà de la baie dans les anciennes fortifications, un site magnifique. Le public très populaire et très coloré ne fut pas ans me rappeler celui de la fête de lHuma à Paris… Je me rendais compte des limites de Bailly. Je guérissais petit à petit de ma dépression et sortais de mon état de faiblesse… Quand Richard Comballot prit contact avec moi, je saisis l’occasion. Il me proposa des publications de grande qualité : une vraie histoire de la SF française par la publication de nouvelles en trois tomes. L’anthologie s’est appelée Les enfants du mirage. Richard est un bon connaisseur, il a un vrai talent d’anthologiste. A la parution du premier tome j’eus d’énormes difficultés à imposer à Bailly d’en faire une publicité dans Sfmag. Il rechignait car il n’aimait pas voir de la concurrence. D’ailleurs il avait connu Richard dans le passé pour la rédaction de Phénix mais ce dernier était parti fâché. Malheureusement cette anthologie ne fit pas des miracles sur le plan des ventes. Richard bien sûr mit plus ou moins en cause l’éditeur, en disant que si c’était Gallimard qui la publiait cette anthologie aurait eu plus de succès. J’en publiais néanmoins le deuxième tome en limitant le tirage. Cette mauvaise vente n’arrangea pas mes rapports avec les auteurs. Je leur envoyais néanmoins cinq exemplaires du premier tome et un exemplaire du deuxième en leur expliquant la difficulté due aux mauvaise ventes. Ceci dit tout les écrivains concernés acceptèrent de participer, sauf… Jean-Claude Dunyach et son ami Johan Heliot qui, pourtant ne rechigna pas à se faire interviewer par Bruno Peeters dans Sfmag et quand je lui fis remarquer il me répondit qu’il avait refusé de participer à l’anthologie de Richard par solidarité avec Dunyach ! Solidarité pour quoi ? Je n’ai jamais eu affaire à Dunyach, sauf que c’est lui qui m’a soudain agressé sur le forum Sffranco (dirigé par le canadien Jean-Louis Trudel). Incompréhensible… (Voir mon site perso : http://www.alainpelosato.com) Dunyach était persuadé que j’étais malhonnête. Qui le lui avait fait croire ?. Je ne sais pas vraiment car je n’avais jamais eu à faire à lui. N’empêche, comme il l’a déclaré lui-même : « signaler les malhonnêtetés diverses qui nous accablent, nous autres auteurs, est une action de salut public. J'y souscris des deux mains et je contribue de mon côté à répandre les informations en ce sens… » Donc il a bien travaillé et je finis pas être obligé de faire le tour des forums dans lesquels on parlait de « Pelosato » à chaque fois que j’y lisais une calomnie à mon égard et de la relever pour intervenir fermement. Ce qui est curieux, c’est que les gens qui colportaient ce genre d’ignominie n’étaient pas du tout contents de mon intervention pour rétablir la vérité. Il en fut ainsi par exemple d’Olivier Paquet à qui je demandai de retirer ce qu’il avait dit sur moi dans un forum sous peine d’attaque en justice. Deux ans plus tard, alors que ma collaboratrice Sandrine Brugot lui demanda une interview pour notre numéro consacré à l’imaginaire français en littérature, il refusa tout net en racontant je ne sais encore quoi sur moi. Voilà comment de victime je deviens bourreau ! Heureusement que Sandrine accepta mes explications (ce qui ne fut pas le cas de tous les collaborateurs dans ce cas…) Il est assez amusant de reprendre quelques citations du jugement définitif de ce sacré Dunyach à mon égard. Alors qu’il était question de droits d’auteurs non payés et que j’avais expliqué que ma maison d’éditions était au bord de la faillite, voici ce qu’il répondait : « …essayez de commander une machine à laver et de ne pas la payer sous prétexte que "vous n'avez pas l'argent" ! Les prisons sont pleines de gens qui ont considéré en leur temps que la pauvreté était une excuse à l'escroquerie. » Vous noterez qu’il fait une comparaison osée entre un auteur et une machine à laver. D’autre part, il n’a jamais lu Les Misérables de Victor Hugo, œuvre dans laquelle Jean Valjean est envoyé aux travaux forcés pour avoir volé un pain car il n’avait pas d’argent. Cela ne doit pas nous étonner de la part de Dunyach qui écrit un peu plus loin dans son message : « La 24 bourgeoisie, dont je m'honore de faire partie, saisit très bien les questions d'argent et dispose également des moyens financiers nécessaires pour engager un avocat... » Eh bien voilà, c’est justement de cela qu’il est question dans Les Misérables de Victor Hugo, de l’ignoble politique de la bourgeoisie envers les plus pauvres… Allez ! Aux galères Pelosato ! Il avait également écrit dans le même message : « Les très petites maisons d'édition honnêtement gérées et, surtout, gérées AVEC PROFESSIONNALISME, s'en tirent. J'en connais de nombreux exemples. » Il faut savoir que depuis il a créé sa petite maison d’édition ISF (Imaginaires sans frontières) qui a déposé le bilan après quelques titres publiés dont le premier fut un titre de son ami Ayerdhal… Pas si professionnel que cela alors ? J’adore les donneurs de leçons. Un jour, je faisais le tri des manuscrits reçus et je tombais sur un pavé de J. L. Trudel : un recueil de nouvelles de plusieurs auteurs francophones. Malgré les mauvais traitements que j’avais subis sur sa liste je lui proposais de le publier car je trouvais cela intéressant. Je lui proposai un contrat (selon la législation française) il m’en proposa un autre selon la législation canadienne. Comme j’attachais peu d’importance à ce genre de détails (ce qui me valut souvent les foudres de certains) j’acceptais. Puis j’envoyais un exemplaire du contrat aux auteurs dont plusieurs résidaient au Canada. Tout ce travail commençait à me fatiguer et surtout l’autoritarisme de ce Trudel m’exaspérait. Il s’avéra que deux auteurs canadiens n’avaient pas reçu leur contrat. Trudel m’ordonna de leur en renvoyer. Je ne vois pas pourquoi ils l’auraient reçu la deuxième fois si on ne changeais pas quelque chose. Je décidai donc d’arrêter cette “collaboration“. Vous ne m’y reprendrez plus ! D’autre part, ni Richard, ni les auteurs eux-mêmes n’avaient géré les droits sur les textes publiés. Richard me fournit une liste d’éditeurs qui s’avéra obsolète car, les auteurs eux-mêmes n’avaient pas été informés des ventes de leurs doits entre maisons d’éditions. Les grandes maisons d’édition ont un service qui s’occupent des droits. Moi j’étais tout seul. Je me vis alors confronté chez Denoël à un service âpre au gain. Visiblement cette maison d’éditions qui a quasiment arrêté les livres de SF, semble vouloir faire de l’argent par la vente de ses droits. (voir pour cela la collection Folio SF chez Gallimard qui édite bon nombre d’anciens livres de Présence du futur de chez Denoël) Cela me coûta bien cher pour quelques nouvelles et je suis sûr que les auteurs concernés n’ont rien touché de la part de Denoël… Richard avait des projets d’une collection de SF d’auteurs français. J’avais déjà publié une œuvre de Jean-Pierre Andrevon dans une collection de Marc Bailly. J’avais de très bons contacts avec JeanPierre qui est un homme formidable dont j’apprécie l’œuvre. Je le rencontrais lors d’une manifestation littéraire à Romans et j’ai toujours gardé de très bons rapports avec lui. Ensuite, JeanPierre a réalisé les illustrations de couverture de ma revue Ecologie et progrès. Hélas, mille fois hélas, ma collaboration avec Richard cessa faute de combattants lorsque je déposai le bilan de la SARL éditions Naturellement. 25 Année 2003 : mort et renouveau ? Harcelé par les créanciers (un imprimeur vint même faire le siège chez moi), vilipendé par quelques auteurs et éditeurs, harcelé également par un ou deux sociétaires de la SARL, je n’en pouvais plus. J’ai un souvenir atroce de la dernière assemblée générale des sociétaires de la SARL éditions Naturellement. Pourtant comme je l’ai dit plus haut, je pensais m’en sortir. J’avais contracté un prêt de cinquante mille euros auprès d’une banque américaine, cette somme aurait été versée à la SARL qui aurait pu me rembourser partiellement des avances que j’avais réalisées (car je crevais littéralement de faim). Mais l’assemblée générale fut une vraie torture. D’abord le MNLE ne réunit pas son AG pour désigner un représentant. Je fus donc obligé de ne pas accepter Gérard Prince le trésorier du MNLE qui se présenta sans mandat. D’autres membres du MNLE se présentèrent mais en tant qu’associés privés. Au lieu de m’aider à construire des solutions financières ils ne firent que m’accabler. L’un d’eux même vota contre le prêt prétextant que cela aggraverait la dette de la SARL : il n’avait rien compris (il faut dire que ces individus ne comprenaient pas grand-chose) car ce prêt servait juste à compenser une autre dette de la SARL celle qu’elle avait envers moi. D’autre part, au départ j’avais réussi à obtenir du MNLE que la SARL édite la revue du MNLE qui s’appelle Naturellement (justement !). cela permit de mettre la revue en vente en kiosque . Mais le MNLE me retira cette possibilité et nomma un nouveau directeur de publication de Naturellement à ma place. Je sortis de cette réunion anéanti. Voyant que je ne pouvais absolument pas compter sur les autres associés, étant en situation de cessation de paiement (seule ma contribution personnelle ruineuse pour moi permettait de tenir le coup) je le déclarais au tribunal de commerce de Bobigny quelques semaines plus tard. Le tribunal prononça la liquidation judiciaire de la société le 3O avril 2003. Lorsque le président du tribunal me demanda : « Qu’attendez-vous de la part du tribunal ? » Je répondis : « La liquidation judiciaire. Je suis épuisé… » Entre temps, se déclencha la guerre en Irak…. Qu’est-ce que cela a à voir avec les éditions Naturellement ? Eh bien, les USA ne permettaient plus de transfert de fonds en France ! Le prêt que j’avais contracté ne pouvait plus être honoré… En compensation de l’énorme dette de la SARL à mon égard (pas loin de 170 000 euros ! si ! si !) j’exigeai des associés qu’ils me cèdent le titre pour un montant de 50 000 euros somme qui fut déduite de la dette de la SARL à mon égard, somme parfaitement virtuelle bien sûr. Ce qui fait que je suis désormais propriétaire du titre. Je créais une société à associé unique car une société de presse pouvait être créé avec 300 euros. C’est elle qui édite aujourd’hui Sfmag. Bien que très malheureux d’avoir été berné par Bailly, je n’avais pas l’intention de le laisser tomber. J’avais fait bien des calculs, des estimations (des business plans comme on dit…) et je lui proposai une formule financière. Je lui avais plusieurs fois indiqué que devant la baisse des ventes je ne pouvais plus le payer ainsi que Corthouts. Je dois rappeler que Bailly n’avait que cela à faire de toute la journée : rédacteur en chef de Sfmag. Ayant fait ce boulot bénévolement pendant longtemps ensuite je peux vous dire que la quantité de travail ne mérite pas un temps complet ! Il refusa toujours de reprendre son boulot à la sécu belge… Je lui proposai donc de le rémunérer au pourcentage des ventes de Sfmag. C’était bien lui le seul responsable des ventes puisqu’il avait toute latitude pour le réaliser je ne m’en mêlais pas, le découvrant comme els autres une fois qu’il était imprimé… Il refusa. Je ne reconduisis donc pas la convention avec lui pour la nouvelle société. Il eut alors une attitude très incorrecte montrant ainsi sa véritable nature : il ne me transmis aucun des éléments en sa possession, éléments pourtant propriétés de Sfmag… Si j’avais été procédurier je le mettais au tribunal et je le faisais condamner… Je me retrouvais alors tout seul avec la nécessité de créer une nouvelle équipe, de 26 réaliser la maquette en reprenant mes connaissances de X-press, Acrobat reader et photo shop, et tout cela en dehors des heures de travail à la mairie de Pierre Bénite. J’avais aussi posé la question à Christophe Corthouts : – Comptes-tu continuer avec moi ? – Et que fait Marc ? – Il ne m’a pas encore donné de réponse, mais je te dis franchement que j’en ai marre de faire l’assistante sociale avec Marc… – Ah oui ! Mais de toute façon sans moi, Sfmag ne peut pas tourner ! Et il refusa… Pire même Marc écrivit aux membres de la rédaction leur expliquant qu’il avait été licencié etc. Avec un effort de volonté incroyable je réussis tant bien que mal, tout seul, à sortir le N° 33. J’en reçus bien des reproches de bien des lecteurs : trop aéré, pas assez de contenu, etc. Je m’expliquai clairement avec eux. Mais tout cela ne facilita pas le redémarrage… Je reconstituais lentement l’équipe de rédaction avec l’aide d’anciens comme Jean-Pierre Fontana, Michael Espinosa, dont finalement, je m’aperçus plus tard, les objectifs n’étaient pas si clairs que cela… D’autres anciens sont toujours membres de la rédaction et je les en remercie comme JeanMichel Abrassart, Serge Perraud… J’arrivais en cette fin d’année 2003 complètement épuisé. Je réussis tout seul à publier douze numéros de Sfmag. Avez-vous jamais travaillé dans la presse périodique ? Editer un mensuel est un sacré travail. Le faire en bénévole avec une équipe de bénévoles est incroyablement ardu… Enfin, j’étais encore poursuivi par les retombées de mes faillites précédentes, avec notamment un imprimeur qui me réclame des sommes astronomiques au tire des créances de l’association éditions Naturellement dont le Tribunal de grande instance venait juste de clore la liquidation judiciaire ! En décembre 2003, usé par la fatigue, je craquais. Je proposais à ceux de l’équipe qui le souhaitaient de prendre la relève. J’élaborai même une solution : créer une association (elle aurait dû s’appeler les associés de l’Imaginaire – AI), celle-ci rachetait la maison d’éditions sfm éditions (coût : 300 euros : je n’étais vraiment pas exigeant !) mais je demandais que AI me rachète le titre. Comme personne ne voulait mettre d’argent, j’allais jusqu’à proposer une location vente du titre sur une période de 12 ans. On proposa à Jean-Pierre Fontana de devenir rédacteur en chef. Je demandais de rester directeur de la publication et gérant de la nouvelle société. Cela commençait à prendre tournure. Mais petit à petit les exigences des uns et des autres montèrent à la surface. Pour que cela fonctionne il fallait que je quitte complètement Sfmag, que mon nom n’apparaisse plus nulle part… Je refusai bien sûr. Et cela amena Fontana à démissionner ! Aurait-il voulu être seul maître à bord ? Il est vrai qu’il m’avait informé que Dunyach venait d’intégrer le jury du Grand Prix de l’Imaginaire… Dommage ! J’aimais bien Fontana. J’avais même publié trois nouvelles de lui dans Sfmag. Faut le faire non ? Avec lui toute une partie de l’équipe s’en alla, déçue de ne pas avoir eu le beurre, l’argent du beurre et le sourire du crémier. Du coup je fus obligé de prendre huit jours de congés pour refaire complètement le N° 42, car Fontana eut la même réaction que Bailly : il refusa de me transmettre quoi que ce soit. Toutes ces émotions et cette fatigue nouvelle m’ont de nouveau fait plonger et pour raison de santé je fus obligé d’interrompre la parution de Sfmag après le N° 43 d’avril. Et 2004… Entre temps j’acceptais le concours de nouveaux collaborateurs compétents dont deux correspondants aux USA. L’un d’eux Marc Sessego, apporta à Sfmag sa connaissance et ses relations à Hollywood. A l’heure où j’écris ces lignes nous avions publié quatre numéros de Sfmag en 2003, dont le fameux numéro 42 consacré à l’imaginaire français en littérature. Ce numéro eut pas mal de problèmes puisque Fontana l’abandonna en cours de route et qu’il m’interdit d’y publier les textes dont il était 27 l’auteur et particulièrement les interviews réalisés. Je suis désolé pour les intéressés mais qu’ils sachent que cette non parution n’est pas de mon fait. Ceci dit, ce dossier est particulièrement intéressant pour le sujet que je traite dans ce petit ouvrage que vous êtes en train de lire. Je voudrais donc relever ici un certain nombre de choses pour illustrer mes propos sur le fandom, car professionnel ou pas, tout le monde participe du fandom ! D’abord je voudrais régler son compte à une fausse idée. Beaucoup n’ont que le mot “professionnel“ à la bouche, car dans leur petite tête ce mot serait synonyme de qualité littéraire. Or cela n’a rien à voir ! Il y a beaucoup plus de créateurs professionnels dont la production est nulle que d’amateurs dont la production est de très haute qualité. Mais, que voulez-vous, ces gens ne rêvent que d’une chose : vivre de leur plume… Du coup ils en vivent très mal. La première chose que je note dans ce dossier de Sfmag c’est l’ego. Il y a des personnages qui ont un très fort ego. Ils l’ont si fort qu’ils réussissent à avoir une influence déterminante sur leur milieu. On connaît cela très bien dans le monde politique (voir le chapitre L’Appareil). La méthode est simple : comme on ne peut pas compter sur les autres pour parler de soi, il vaut mieux le faire soimême ou diriger des fanzines dans lesquels on met tout en œuvre pour être en avant. J’en parle tout à fait à l’aise car je peux m’honorer de ne jamais avoir fait de pub pour mes œuvres dans Sfmag, à tel point d’ailleurs que Léa Silhol s’en étonnait auprès de notre imprimeur commun… Eh bien figurez-vous que la question était posée aux auteurs et éditeurs de ce qu’était la science fantasy. Quel est le seul auteur qui, pour l’illustrer, a cité une de ses propres œuvres ? Jean Claude Dunyach… Quand je disais que beaucoup avaient à vendre et peu achetaient. Ainsi j’ai eu pas mal de discussions pénibles avec quelques uns qui étaient interviewés et qui exigeaient un numéro gratuit du magazine. J’avais beau leur dire que je n’avais pas les moyens de faire ce plaisir à tout le monde, ils n’avaient même pas 6 euros pour en acheter un exemplaire. Je fus même assassiné par Michael Espinosa qui m’a traité de tous les noms et m’a menacé d’un procès car j’avais arrêté de lui envoyer l’exemplaire gratuit des collaborateurs quand il avait brutalement et sans préavis abandonné sa collaboration avec Sfmag. Il y a longtemps que j’avais connu Michael : ce fut à l’occasion de la sortir de mon livre Le cinéma fantastique (1996) je l’avais envoyé au fanzine Slash auquel il collaborait et il en fit une chronique très méchante. C’est son droit, mais ce fut aussi le mien de lui donner mon opinion pour son travail et il le prit très mal… Par contre jamais je ne lui en ai tenu rigueur lorsqu’il collabora à Sfmag. Enfin quand on pose aux auteurs français la question : qui vous a influencé ou conseillé ? on n‘obtient pas vraiment de réponse… Ou alors on apprend que ces auteurs pour la plupart ne lisent pas de Sf française (mais certains d’entre eux ne manquent pas de réclamer des services de presse gratuits aux petits éditeurs…) Voilà : je vous le disais, ils vendent mais ils n’achètent pas… Enfin, quant à l’idée qu’on peut se faire d’un éditeur, que n’ai-je pas entendu (et entends-je encore…) d’un tas de gens qui, parce qu’ils avaient édité un livre ou deux, se permettaient de donner des leçons “professionnelles“. A propos des éditeurs, permettez-moi de citer une partie des réponses de Jean Pierre Andrevon dans mon interview publié dans ce numéro 42 : Ceci dit ( et ce n’est qu’un avis personnel ), à quoi servent les conseils (du directeur de collection NDLR) les plus avisés ? Un auteur, un créateur en général doit être un solitaire, capable de ne compter que sur ses seules forces (lire les autres étant un bon exercice musculaire). Que penses-tu des éditeurs de SF actuels ? Voir ci-dessus. J’ajoute un bémol : un "bon" éditeur, pour un auteur, est celui qui vous publie. Le reste est accessoire. Selon toi, la jeune SF française soutient-elle la comparaison avec l’anglo-saxonne ? Voir plus haut : je ne lis plus assez pour avoir un avis vraiment circonstancié. Mais trouve-t-on chez nous les équivalents d’un Simmons, d’un Silverberg ? Bordage, peut-être. Mais jeune veut dire jeune : on ne peut comparer un auteur entre 30 et 40 ans avec quelqu’un qui a 30 ou 40 ans de carrière. On en reparlera dans 20 ans ! 28 Voilà un avis que je partage à 100% ! Puisque Bordage est cité par J.P. Andrevon, reportez-vous à son interview dans ce numéro de Sfmag. To be continued 29 Conventions et prix “littéraires“ Beaucoup d’écrivains de SF francophones ont un double complexe d’œdipe : ils veulent faire comme leur Papa de la littérature générale (certains d’entre eux la définissent ainsi) ou comme leurs frères aînés des USA… Ainsi ils créent de nombreux et multiples “Prix“ dont je ne peux hélas vous fournir une liste exhaustive tellement il y en a… Ainsi par exemple (citation) : Voter au prix Rosny-Aîné est un devoir pour les amateurs de SF, déclare Joseph Altairac, secrétaire du prix, à la convention SF 2004 de l’Isle sur la Sorgue. Bon ben c’est parti nous voilà venus avec de la passion, l’idée de trouver du plaisir et nous voilà repartis avec un DEVOIR ! Ceci dit, cela montre à quel point tout cela est sans base solide : cet appel a quelque chose de pathétique (j’utilise la même expression que Stéphane Nicot à propos de l’appel à la souscription que j’avais lancé pour Sfmag) car visiblement ils manquent de participants… Comment fonctionne ce prix ? Eh bien il part bien sûr d’un bon sentiment et je n’ai absolument rien à reprocher aux organisateurs, c’est le principe même du prix littéraire en général que je n’approuve pas. Les organisateurs regardent ce qui se publie dans l’année dans le domaine de la SF au sens large du terme en dressent la liste et la publient sur Internet. Ensuite n’importe qui peut voter. Ce vote préalable constitue une première sélection. Ensuite, le jury (composé des organisateurs de la convention) désigne les lauréats parmi cette première sélection. Il va de soi que cette méthode d’attribution ouvre la porte à n’importe quelle organisation de votes puisqu’il n’y a quasiment aucune règle. Il est donc parfaitement simple de mobiliser ses fans pour être présélectionné… D’ailleurs, j’ai souvent noté des manifestations de mode, des jeunes écrivains qu’on encense brusquement comme par exmple Mélanie Fazi en 2004 qui recueille bien des récompenses. Jean Pierre Fontana, président du Grand Prix de l’Imaginaire dont il est le fondateur (voir mon interview de lui dans Sfmag…) – lorsqu’il était encore collaborateur de Sfmag – m’avait invité à chroniquer Trois pépins du fruit des morts de Mélanie Fazi, or je n’avais pas pu aller plus loin que le tiers du livre tant je me suis ennuyé. Qu’à cela ne tienne, Jean Pierre me proposa une chronique dithyrambique que j’acceptais de publier pensant (peut-être à tort ?) avoir été fatigué lors de la lecture de ce livre… Voilà qui donne une lourde responsabilité à Mélanie. J’en viens donc au “Grand Prix de l’Imaginaire“ (GPI). Pourquoi “Grand“, serait-ce qu’il y en a des petits ? J’ai raconté plus haut l’épisode de Michel Pagel à propos de ce prix qu’il aurait raté à cause de moi avec L’Ogresse. Qu’à cela ne tienne l’erreur est réparée avec d’autres éditeurs depuis Il y a un grand nombre de membres du jury, tous des personnages importants de la littérature SF en France. Il faut leur envoyer un exemplaire à chacun des livres publiés. Si vous ne le faites pas vous n’avez bien sûr aucune chance d’obtenir le prix. Donc un auteur en voudra à mort à son éditeur s’il n’a pas les moyens de le faire… Le mieux était de demander à son président ce qu’il en avait à dire. J’ai donc posé la question à Jean-Pierre Fontana (voir l’interview complet dans Sfmag) : Comment fonctionne ce jury ? Nous sommes une quinzaine de membres . Cela n’a pas toujours été le cas. Il y a eu des périodes de moindre quantité si je puis dire. Le jury actuel est composé de professionnels du genre : écrivains, directeurs littéraires, traducteurs, critiques, graphistes, journalistes... et d’un "simple lecteur" comme se qualifie lui-même Angelo Cosimano, rescapé en quelque sorte des membres "fondateurs" du Prix. Actuellement, le secrétariat est assuré par Cathy Martin-Le Gat et Jacques Baudou. Nous nous réunissons une fois l’an, en général à Paris - mais il y a eu des exceptions - et nous délibérons. A l’origine, le Grand Prix de la Science-Fiction Française - c’était sa dénomination d’alors - se limitait à couronner un roman et une nouvelle francophone. Depuis quelques 31
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