Fandom - Page 17 - Les mésaventures de l'édition dans le milieu SF français maigre, aussi procédurier soit-on, on ne peut pas aller bien loin… Ceci dit, je remportai une victoire mais cela n’arrangea pas mes rapports avec ces gens… Un des premiers associés de la SARL me fit faire la connaissance d’Elisabeth Piotelat, une petite jeune femme à lunettes très rondelette. Elle était très active au SETI, vous savez cet organisme international qui “écoute“ d’éventuels messages d’extraterrestres provenant du Cosmos. Je lui demandai d’écrire un article pour Sfmag ce qu’elle fit. Mais Bailly le trouva nul et ne le publia jamais sans m’en informer ! Aussi cette brave Elisabeth ne voyant pas son article sortir dans Sfmag, me voua une haine sans limites alors que je n’y étais pour rien… Mais je n’en restais pas là avec elle. En effet, longtemps auparavant, cet associé (Gilles Couty) m’avait présenté le manuscrit d’un psychanalyste âgé J. Sigward, manuscrit que j’avais dans un premier temps refusé. Il s’avérait que ce J. Sigward était associé aux activités “littéraires“ de Piotelat. Du coup, Gilles Couty me proposa une deuxième fois ce manuscrit. J’avais trouvé le texte un peu fasciste sur les bords mais enfin, je finis par décider de le publier dans ma collection “Fictions“. Malgré quelques épines que je sous-estimais, je finis par me mettre d’accord avec Sigward et lui envoyais son contrat. J’étais tellement sûr de mon coup (en effet qu’est-ce qui aurait pu s’opposer à cette publication ?), et comme je le faisais habituellement, j’informais mon diffuseur de la prochaine édition du livre, et ce denier en informa Electre (la base de données nationale des livres sortis) et donc tous les libraires furent informés de cette édition. Ainsi la FNAC et tous les libraires en ligne annoncèrent sa publication. Or Sigward ne me renvoya jamais son contrat, ne me dit jamais rien et ne justifia jamais sa non signature. Gilles Couty me dit qu’il déjeuna un jour avec lui mais je n’en sus pas plus… Cela suffit à exciter la haine de Piotelat qui annonça partout sur Internet que j’étais un escroc car je vendais le livre de Sigward sans avoir de contrat. Elle se fiait à l’annonce de la FNAC pour développer cette calomnie. Or le livre n’a jamais été tiré. Ce problème arrive à de nombreux éditeurs, ainsi des titres qui ne sont jamais sortis sont annoncés par Electre1… Que s’était-il donc passé ? Sigward avait déjà auto édité son livre. Or, un jour je reçus un coup de fil d’un membre du personnel d’une grande maison d’édition qui s’annonça comme un patient du psychanalyste et insista beaucoup pour que je publie le livre. Puis il me dit qu’il a réalisé la mise en page du livre auto édité et il me réclame 6000 FF pour cette mise en pages. Je refusais évidemment catégoriquement, car j’avais l’intention de réaliser moi-même cette mise en page qui était très facile à faire. Est-ce suite à ce refus que Sigward ne donna pas suite ? A l’époque ce vieil homme était très malade. Je ne sais pas ce qu’il est devenu. J’espère pour lui que sa santé a pu se rétablir. J’ai encore du mal à comprendre les réactions aussi violentes de Piotelat… Etait-elle amoureuse de Sigward, un phénomène de transfert psychanalytique ? Séréna était très amie (l’est-elle encore ?) avec une autre membre du fandom : Léa Silhol, “la tisseuse“. Je l’ai connue quand j’adhérai à son association vampirique (qui ne fit d’ailleurs pas de vieux os) car elle m’avait contacté pour parler de mon livre Ruines dans la revue de cette association “Requiem“ (en compagnie d’ailleurs de… Michel Pagel). Puis elle me proposa de publier une anthologie sur les vampires. Nous le fîmes, elle fit un excellent travail et le livre ne s’est pas trop mal vendu. Il faut comprendre que ce genre de livre demande un travail considérable. De mise en pages d’abord et de correction. De relation avec les auteurs ensuite (qui furent tous payés, ainsi que Léa), notamment les auteurs américains dont il fallait envoyer les droits par mandat international. Il fallait aussi trouver les traducteurs et les payer (ils le furent tous…) et pour cela je sollicitais Marc Bailly qui me proposa des traducteurs et les choses se passèrent mal entre Marc et Léa. Il faut dire que cette dernière a une manière de traiter les collaborateurs très spéciale, disons très brutale… Il faut dire aussi que Marc fut horriblement jaloux que je puisse réaliser une anthologie dans ma propre collection car, en fait, je commençais à m’apercevoir qu’il considérait les éditions Naturellement comme sa propriété personnelle… “Ce n’est pas donné à tout le monde d’être directeur de collection“ me déclara-t-il. Effectivement, ce n’était pas donné à Bailly… 1 Il m’est d’ailleurs arrivé la même mésaventure avec mon livre « Un siècle de cinéma fantastique » qui a été mis en vente en librairie sans que j’aie jamais signé de contrat et qui à l’heure où j’écris ces lignes (25/04/2005) ne fait toujours pas l’objet d’un contrat ! 17 Alors que j’étais déjà personnellement ruiné et que Léa avait fondé sa propre maison d’édition Oxymore, suite à ma demande, elle m’envoya son anthologie sur les anges et sa collaboratrice (Mlle Giordano) me réclama le prix de ce livre avec moult mots d’insultes (voleur, malhonnête, etc. Non ! je n’exagère pas…). Je demandais que ce livre soit considéré comme un Service de presse, moimême n’ayant jamais facturé un seul livre à Léa. Rien n’y fit et ces deux femmes exigeantes contribuèrent ainsi à participer aux diverses calomnies à mon encontre. Car quoi d’autre a-t-on à me reprocher du côté des éditions Oxymore, maison d’édition de Léa ? Récemment encore, dans le cadre de mes activités de directeur de Sfmag j’ai eu un message très violent et très méchant de Léa car j’avais mis trop de temps à lui envoyer un exemplaire de Sfmag dans lequel je faisais paraître son interview… Je pense que Léa a intérêt à se soigner les nerfs. Cela gâche beaucoup trop son talent… Pour le début de l’année 2000 j’avais préparé, avec Marc Bailly, une manifestation ambitieuse dans ma bonne commune de Givors. Tout était prêt même l’accord avec le cinéma Le Paris. Mais je tombai gravement malade : ma deuxième dépression. Je fus obligé d’annoncer partout que la manifestation était annulée. Je dois ici rendre hommage à Patrice Duvic qui a eu la gentillesse de me téléphoner pour me souhaiter un prompt rétablissement. Je n’ai pas eu le plaisir de l’avoir au téléphone, ce fut mon épouse qui lui répondit. J’étais moi-même dans un état qui ne me permettait pas de le rappeler ensuite. J’eus le plaisir de le rencontrer plus tard car il allait acheter aux éditions Naturellement Le Sphinx de Graham Masterton. Il avait aussi l’intention d’acheter un Mac Cammon mais la maison d’éditions déposa le bilan avant. Patrice Duvic est un charmant homme, un grand connaisseur des littératures de l’imaginaire. Avec une grande modestie il a créé (entre autres) une fabuleuse collection, la collection Terreur de chez Pocket. Normalement ce devait être Marc Bailly, en tant que directeur de collection, qui devait avoir des discussions avec lui. Mais Marc me fit savoir “qu’il était mal vu par Patrice Duvic“… Je me chargeais donc avec grand plaisir de rencontrer Patrice Duvic dans son appartement lyonnais. Avec Marc j’étais dans la même situation que le cocu de l’histoire : tout le monde connaissait ses incompétences sauf moi… Il faisait ce qu’il pouvait, mais ce que je pouvais lui reprocher c’est d’exagérer lui-même ce qu’il était capable de faire. D’ailleurs pourquoi avait-il besoin d’un adjoint relativement compétent, car, franchement n’avoir que cela à faire de la journée : sortir un magazine de cinquante quatre pages par mois, ne demande pas d’être deux ! Marc Bailly lui-même disait partout que Sfmag était « un fanzine de luxe ». Il ne pouvait pas mieux scier la branche sur laquelle il était. 18 Année 2001 : tentative de sauvetage 2001 fut l’année des élections municipales. Je me fâchais définitivement avec le maire de ma commune et l’équipe en place lorsqu’ils me placèrent en 26ème position sur la liste. Alors que j’étais maire-adjoint depuis 18 ans, président du syndicat de distribution de l’eau potable, vice-président du syndicat informatique, et président de la Mission locale pour la formation et l’insertion des jeunes. Je ne fis aucun commentaire public, je fus finalement élu (en dernier) à mon grand désappointement et finirais par démissionner en septembre 2003 coupant ainsi tous les ponts avec ces individus. Au début en 1995, j’étais resté pour donner un coup de main. En 2001 donc nous devions sauver les meubles en rachetant le stock de l’association éditions Naturellement qui devait ainsi pouvoir régler une partie de la créance chez l’imprimeur, l’autre partie étant abandonnée par celui-ci. Tout était prêt, mais tout était long à venir. Le prêt du centre national du livre n’arriva qu’en automne 2001 alors que l’association éditions Naturellement avait été déclarée en liquidation judiciaire par le tribunal de grande instance de Lyon depuis le 11 septembre 2001. En effet, le mandataire judiciaire de Distique bloquant l’actif de l’association (le stock de livres) elle se trouva en cessation de paiement et donc fut liquidée par le tribunal… Il ne fut donc plus possible pour la SARL de racheter le stock de livres de l’association. Il fallut trouver un autre distributeur, et bien que cela fut fait, le fait que la SARL portait le même nom que l’association n’arrangea pas les choses. Je dus me résoudre à reprendre les retours de l’association ce qui fut à moyen terme mortel pour la SARL… J’y reviendrai. En janvier 2001, après avoir réalisé de nombreuses simulations des ventes de Sfmag je proposais une réunion de la rédaction à Bruxelles. Mon souci était toujours de trouver les ressources pour faire vivre Bailly. Il fallait changer les choses car j’avais décidé de réduire considérablement la production de livres, de ne plus régler les 10000 FF de droits que me réclamait Bailly pour Phénix et de ne plus payer ses “prestations“ de “directeur“ de collection. Je proposais donc de diminuer la pagination et de passer en mensuel. Ce qui permit d’assurer à Bailly un revenu mensuel. Le maquettiste (un copain à Bailly) nous lâcha, ainsi que le rédacteur en chef d’alors (Michel Dufranne) qui sut avant moi évaluer le manque de compétences du rédacteur en chef. Bailly me proposa son copain Corthouts pour le remplacer et une société tenue par l’oncle de Corthouts pour la maquette. Il s’avéra d’ailleurs vite que les recettes ne furent pas suffisantes pour régler les factures somptueuses de ce maquettiste ce qui me valut un litige et quelques voyages au tribunal de commerce de Liège, patrie de Corthouts. Je dois dire que j’ai ignoré jusqu’à récemment les liens de famille entre Corthouts et cette entreprise. Je le compris quand la femme de Corthouts me traita d’escroc sur une liste de discussion, car en quoi pouvait-elle avoir des éléments pour se mêler de nos affaires ? Au printemps j’avais participé une dernière fois au salon du livre car les éditions Mnémos m’avaient proposé de partager leur stand en partageant les frais. Nous nous retrouvâmes donc à trois dans un tout petit stand de quatre mètres carrés, nous étions au fond du stand avec devant nous les éditions du Bélial. Je fis ainsi la “connaissance“ du responsable d’alors avec qui je tentai un échange sur la liquidation de Distique mais il me renvoya dans mes foyers en me disant qu’il s’en foutait car désormais il faisait affaire avec Denoël. Il était gentil avec moi car il me proposa de puiser dans sa bouteille en plastique de vin rouge qui l’accompagnait toujours. Je n’ai pas le cœur de reproduire ici les termes vulgaires et curieusement psychotiques qu’emploie à mon égard Gilles Dumay, aujourd’hui directeur de collection chez Denoël, avec certains de mes collaborateurs. A propos de Bifrost, les éditions Naturellement n’ont jamais eu aucun problème d’argent avec eux et je ne saisis pas vraiment les raisons de leur hostilité. Je me souviens déjà, avant que nous ne prenions en charge science fiction magazine, ce dernier était fort décrié par les “intellectuels“ du fandom francophone sur la liste de discussion Internet SFFranco. J’en étais fort étonné et je défendais toujours ce magazine car je trouvais que ce qu’il faisait avait toute sa place dans la culture française… Ensuite ce fut mon tour d’être décrié… A ce denier salon du livre auquel je participais je rencontrais également C. Delpierre (l’ancien directeur de Sfmag) qui me demanda des nouvelles de science fiction magazine. Je lui répondis que ça n’allait pas vraiment bien. Il me conseilla d’axer toutes mes ventes sur les abonnements. Aucune notion de gestion ce type ! 19 Année 2002 : la traversée du Styx et… Cerbère Une journée type d’un éditeur très fatigué Une Journée d’enfer ! Je me lève à 8 heures 10. Je repense aux contrariétés d’hier. Les NMPP ne me versent jamais ce que je crois obtenir par les ventes du magazine. J’ai eu une longue conversation au téléphone avec la comptable des NMPP qui a réussi, dans un premier temps, à noyer le poisson. Puis, à la réflexion, je lui ai envoyé deux fax avec le rappel de mes douloureux problèmes. En pyjama, avec une barbe de deux jours, je vais boire un café dans la cuisine. Ma charmante épouse vient juste de partir au travail dans sa mairie mal famée. Je bois toujours le café debout. Je lutte contre le retour de la dépression. La dépression c’est quelque chose de sournois : vous ne vous en apercevez pas, mais elle vous saisit petit à petit et vous déconnectez de la réalité. Parce que cette dernière est insupportable. Vous perdez de votre lucidité, vous voyez mal les choses (avec votre vue) vous les entendez mal. Si vous luttez et que vous essayez de mieux voir et de mieux entendre, souvent, ça n’arrange pas votre état… Je m’assois devant mon ordinateur et j’allume. Je viens d’installer windows XP avec plein de problèmes de compatibilités. Je me souviens que la dernière fois que j’ai fait une dépression c’était suite à une panne d’ordinateur, une nuit d’enfer avec les jeunes Arabes qui « faisaient la fête » en bas de chez moi pour la sortie de prison de l’un d’eux. Je suis descendu les bousculer. Mais que faire face à des jeunes de quatorze à dix-huit ans bourrés d’alcool, de shit et bien d’autres choses… – On fait la fête m’sieur ! Ouais, comme si c’était normal de se bourrer et de se chouter comme ça dans un endroit privé. Mais bordel, pourquoi ils viennent chez moi ? Pourquoi ils vont pas se chouter en bas de chez leurs parents ? Soyons pas naïf… Résultat, le lendemain, quand je vais jeter ma poubelle je dois patauger dans le dégueulis et enjamber une belle merde bien en spirale, une merde d’arabe mais une merde quand même… Enfin, revenons-en à nos moutons. Je vais voir les statistiques de mes sites. Pas manqué : il y en a un pour lequel elles sont en panne ! La journée s’annonce bien. Avec tous ces souvenirs en plus… 9 heures 30 je vais au garage où sont stockés mes livres pour honorer une commande. Je dois ouvrir et déplacer tous les cartons pour trouver ce que je cherche. .. De retour chez moi, le téléphone sonne. Je décroche : la comptable des NMPP (Nouvelles Messageries de la Presse Parisienne) n’est pas contente de mes fax ! 10 heures 30 je dois aller à la caisse d’épargne pour déposer des chèques. Je me rends à l’accueil pour demander le numéro de téléphone de la personne qui suit mon compte. La fille est au téléphone. A entendre les bribes de conversation, ce n’est pas un coup de fil professionnel. Je patiente. Aujourd’hui, je sais que ça va se passer mal. Donc je suis stoïque. Elle finit par raccrocher. – Oui ? Me demande-t-elle avec dans les yeux la satisfaction de la conversation qu’elle vient d’avoir… – Pouvez-vous me donner le numéro de téléphone de monsieur Pépinier ? – Monsieur Pépinier ? C’est qui monsieur Pépinier ? – Il s’occupe des comptes professionnels… – Ah ! Attendez je vais voir… Elle cherche, elle ouvre des répertoires, elle se lève et va ouvrir des tiroirs… Elle ne trouve pas… Il me vient alors à l’esprit que j’ai reçu hier l’avis d’arrivée de ma carte de crédit. Je profite du retour de la fille à la banquette d’accueil : – Je reviens pendant que vous cherchez ; je vais chercher mon ancienne carte de crédit pour avoir la nouvelle. – Non, non ! Je vais trouver ? Ne vous impatientez pas ! 20 Je cède, mais ça dure. Je finis par y aller. Il y a plein de monde dans les allées du marché. Je marche vite mais j’entends : – Alain ! Te sauve pas comme ça ! Merde ! Je me retourne : – Anny ! Ah comment ça va ? Bon ! Je passe sur la conversation qui porte sur le PCF, la Ligue communiste, les abonnements à l’Huma etc. Une Arabe arrive qui lui parle d’un couscous. Je tente de profiter de l’intermède, mais elle me tient fermement par le bras malgré sa canne et son handicap. – Anny, j’ai un train à prendre ! Je dois partir… Elle me lâche avec regret. Je cours chercher mon avis d’arrivée de la carte bancaire et mon ancienne carte. Je recours vers la caisse d’épargne en essayant de ne pas trop déranger les femmes arabes voilées et les quelques autres. Je retrouve la fille de l’accueil de la caisse d’épargne. Je lui donne mon ancienne carte. Elle ne trouve pas ! Malgré ma décision de rester stoïque l’angoisse commence à poindre. Elle finit par comprendre que c’est une carte de compte pro. Cela la perturbe. Elle doit demander à un collègue. Qui lui confirme qu’elle doit continuer à chercher. Elle clique sur le clavier de l’ordinateur. – Elle est en fabrication votre carte ! – Ah bon ? Et pourquoi m’envoie-t-on cet avis ? – Je ne sais pas ! Je ressors, et comme à chaque fois que je suis venu ou reparti, une personne me retarde dans le sas de sécurité. 11 heures 30. Putain ! Mon train est à 13 heures à Lyon. Je ne suis pas rasé, j’ai pas déjeuné et j’ai pas fait ma valise. Je dois aller à Liège à la cour d’appel pour une sombre histoire de factures pas payées. JE VAIS RATER MON TRAIN !!!! Je remonte chez moi. Je me rase. Raymonde arrive. J’ai eu le temps de couper de fines lamelles des courgettes ramenées de la maison de campagne et de faire une omelette avec. On mange, je me rase et je me brosse les dents. Raymonde m’aide à faire ma valise. 12 heures 30. Je monte en voiture. Je suis dans les temps. Ouf. Je sors du parking souterrain. La rue est bloquée. Ça redémarre ! France-info me gueule dans les oreilles. Pétard ! Un camion de livraison rue Joseph Faure…. Je passe par la rue Emile Zola. La rue Longarini est complètement bouchée. Je prends la rue Bazin et tourne à gauche sur le quai même si c’est interdit. Je bombe à cent soixante à l’heure sur l’A7. Entrée de Lyon : gros bouchon. Je finis par arriver juste au parking de la gare de la Part-Dieu. COM-PLET ! Comme d’habitude. Je file vers le parking de La Vilette. Il n’y a des places libres qu’au huitième étage. J’AI RATE MON TRAIN BORDEL. Bon c’est pas grave. Il faut juste aller faire remplacer mes billets. Il y a un TGV à 14 heures et sûrement la correspondance avec le Thalys en gare du Nord. Je me dirige vers les guichets en fendant la foule. Purée, une queue de plusieurs dizaines de personnes à chaque guichet. Je patiente. Comme on est canalisé et que l’on fait plusieurs virages pour avancer dans le couloir fait de petites barrières fixes et que je prends à chaque fois l’intérieur du virage un jeune aux yeux gris, qui pousse son sac avec le pied m’interpelle en claquant les mots comme le tic-tac d’une montre : – Eh ! Quessquarrive ! Faitesquoa la ! – J’avance pourquoi ? – V’ette dvant moi-la ! – Ben oui, j’ai tourné à l’intérieur et vous à l’extérieur. Mais je passerai pas devant vous ! – Ch’vouzordonne d’paspasserdvantmoi ! 21 Putain. Commence à m’énerver le mec. Je le regarde droit dans les yeux avec mon regard le plus tueur, celui qui fait vraiment peur : – T‘as rien à m’ordonner je sais que je suis après toi, et même après madame. Et je montre une jeune Noire qui attend en silence, l’air indifférent devant l’altercation… Le jeune con de haute taille détourne ses yeux gris en silence… Quand c’est mon tour, heureux d’avoir passé tous ces obstacles… Je donne mes deux billets à la fille du guichet qui a pas l’air contente d’être là, mais pas du tout ! Elle les prend et jette l’un d’eux devant moi en disant : – Avec celui-là je peux rien faire ! – Comment ça vous pouvez rien faire ? – C’est un billet J8 non remboursable ! – Mais je vous demande pas de le rembourser, je vous demande de le remplacer j’ai raté mon train ! – Je ne peux pas dit-elle en s’énervant. Si je la mets dans la machine, elle voudra pas ! – Ben, cassez-la votre machine ! Ça recommence à dégénérer. Je m’énerve là cette fois, je craque ! – Allez me chercher quelqu’un, je veux mon billet ! Je me retourne : la queue a doublé de volume ! – Vous avez vu la queue qu’il y a que je lui dit !!! Elle se lève et s’en va. Un jeune type vient quelques secondes après. Je l’engueule ; il garde son calme, refuse, refuse et finit par me changer mon billet contre cinq euros dix. Il a dû faire un stage antistress face au public ce mec à voir comment il garde son calme devant ma pomme, excité comme je suis. Je m’excuse de l’avoir traité ainsi et je quitte les lieux. Je fais encore une queue pas possible au point argent (parce qu’il me manquait dix centimes pour acheter un magazine !) et j’attrape le TGV de 14 heures juste à temps. J’arrive et je trouve quelqu’un à ma place. Vous voyez le genre : jeune mec en costume gris et cravate avec un ordinateur portable… Je lui dis poliment qu’il doit être à ma place. Je vérifie sur mon billet. Il me dit qu’effectivement il a la place 77. Moi c’est 76. Pas grave la 77 est libre je m’y assois. Ouf, cette fois l’obstacle est surmonté facilement. Que dalle ! Un jeune allemand avec un sac à dos se pointe et interpelle le gars en face de moi : – Fouzavébrismablasse ! – Ben euh, j’ai la place 77 ! – Ach ! Chefouslavépienti ! Punaise, ça recommence. Le gars me jette un regard de détresse. J’ai bien envie de le laisser tomber. Mais je suis bonne pâte que voulez-vous ! Et j’interviens donc : – C’est moi qui ai la place 76, vous vous trompez ! – Eula estpien la foidure Houit ? – Non, c’est la voiture sept ici ! Le train part… L’Allemand s’en va vers la voiture houit… Ouf ! Gare du Nord le routeur de mes magazines m’appelle au portable : je n’ai soi-disant pas payé des factures et il ne veut pas envoyer mes magazines aux abonnés. La discussion fut rude. Il envoie quand même. Mais deux jours plus tard il m’envoie un état de factures non payées complètement faux. Dure journée non ? Demain je suis à 9 heures à la cour d’appel de Liège. * * * Alors que je commençais petit à petit à rétablir la situation (j’avais trouvé un régime de croisière non déficitaire pour le livre et je tendais vers l’équilibre pour le Sfmag car j’avais trouvé un imprimeur en Italie qui me faisait un prix intéressant) divers problèmes graves se présentaient de nouveau. Une grave dissension avec l’actionnaire principal le MNLE me conduisit à porter plainte contre lui pour abus de confiance. D’autre part, des créanciers de l’association présentaient leur 22 créance à la SARL et si c’était bien clair pour la plupart, pour d’autres cela l’était moins. Par exemple, je publiais une encyclopédie sur le nucléaire rédigé par Fidel Castro Diaz Balart (le fils du dictateur cubain…). Or le contrat avait été signé par l’association et la commande de la traductrice avait été faite par l’association. Je fis l’erreur de vouloir éditer ce livre sous l’égide de la SARL, me voyant mal expliquer que les éditions Naturellement association ayant été liquidées les éditions Naturellement SARL ne pouvaient pas éditer ce livre… Il va de soi que le livre se vendit très mal, que les subventions obtenues pour l’édition de ce livre avaient été mangées par le dépôt de bilan de l’association et que je ne pouvais dégager une ressource pour payer la traductrice. Vraiment, la faillite de Distique fut le départ d’une vraie cascade de dominos… Alors que la situation se rétablissait (même si je m’étais personnellement ruiné dans l’affaire) je serais contraint de déposer le bilan de la SARL au début 2003… Cette collaboration avec Fidel Castro Diaz Balart fut une expérience intéressante. Ce personnage ressemble énormément à son père. C’est un vrai spécialiste du nucléaire et il est assez dommage que son livre n’ait pas emporté plus du succès. C’est un homme aimable et souriant. J’organisai avec lui, mon ami (à l’époque il était encore mon ami…) Jean Yves Guezenec (ingénieur retraité de l’industrie nucléaire) qui m’avait apporté ce projet et qui était en quelque sorte le conseiller scientifique de l’éditeur (c’est-à-dire moi…), la traductrice et son époux. C’était en 2001. Fidel m’avait invité à la fête du livre annuelle de La Havane qui devait se dérouler en février 2002, le pays à l’honneur de cette édition 2002 devait être justement la France. Fidel Castro Diaz Balart comptait présenter l’édition française de son livre. Au début de 2002 je reçus un coup de fil de l’attachée culturelle de l’ambassade de Cuba me demandant si j’allais à La Havane. Je répondis que ce serait avec plaisir mais je n’avais absolument pas les moyens de financer ce voyage. Elle m’assura alors qu’elle obtiendrait une place pour moi dans la délégation française du ministère des affaires étrangères. Plus tard je reçus un appel d’un attaché de ce ministère qui me confirma que j’étais du voyage ! Je me fis du souci pour mon ami Guezenec et lui envoyai un e-mail pour lui expliquer la situation et lui demander s’il ne voyait pas un moyen de financer son voyage. Il me renvoya assez vertement à mes dossiers. J’en fus étonné. J’avais complètement oublié tout cela depuis longtemps (avec tous les soucis que j’avais, cela peut se comprendre) et je fus rattrapé par le temps : mon passeport n’était plus valable ! Je dus faire accélérer la demande je l’obtins deux jours avant de partir et me rendit à l’ambassade de Cuba à Paris pour obtenir le visa. Je fus donc prêt pour le départ. A l’aéroport Charles de Gaulle, la plupart des passagers parlait italien. Mais pas de Guézenec ! Je demandais à consulter la liste des passagers ; il n’y était pas… Plus tard à La Havane on me confirma que la majorité des touristes venaient d’Italie. La gentillesse du peuple cubain me subjugua par ainsi que la beauté des filles créoles. Je passais une semaine d’entière liberté pour visiter La Havane de fond en comble. A l’aéroport je fus accueilli par un représentant de l’ambassade de France. Mon bagage étant très lourd parce que j’y transportais des livres de Fidel Castro Diaz Balart fut donc fouillé par les douanes. Le jeune attaché d’ambassade tenta de faire accélérer les choses mais n’y parvient pas. Une odeur de kérosène flottait dans l’air et me poursuivis tout au long de mon séjour.… Une fois dans mon hôtel je fus surpris que personne ne prit contact avec moi avant plusieurs jours. Je visitai le centre de La Havane avec sa merveilleuse architecture coloniale espagnole aux immeubles très dégradés Il faut dire qu’au moment de la révolution, Fidel Castro avait appelé la population pauvre ) prendre possession de ces magnifiques palais et ils y sont restés mais ces immeubles n’engendrant pas de revenus ont été laissés à l’abandon. Cuba a eu la chance que le centre de La Havane fut classé patrimoine historique de l’humanité et ainsi peut bénéficier de subventions importantes. D’autre part, le régime ayant développé le tourisme de nombreux palais sont réhabilités en hôtels de luxe. Après quelques jours, alors que je prenais un verre à la terrasse du bar de l’hôtel, l’attachée culturelle de l’ambassade de Cuba me rencontra enfin pur me dire que monsieur Castro Diaz Balart souhaitais me rencontrer. Je lui répondis que je n’attendais que cela puisque j’avais trimballé quelques dizaines de kilos de livres pour lui. Elle me dit qu’elle me tiendrait au courant. Quelque temps plus tard je reçus un message écrit avec le rendez-vous. A la date prévue je me rendais donc à l’hôtel Nacional (le plus luxueux hôtel de La Havane) et en profiatis pour faire un petit tour dans ce quartier “bourgeois“ de la capitale. J’y rencontrais donc Fidel Castro Diaz Balart et, surprise ! Jean23 Yves Guezenec et son épouse ! J’appris plus tard qu’ils avaient été invités par Fidel Castro Diaz Balart, car Jean-Yves avait passé pas mal de temps en France pour organiser des visites pour Fidel et l’accompagner. Franchement, pourquoi m’avait-il laissé dans l’ignorance ? Fidel me proposa une date de présentation de son livre qui ne me convenait pas du tout car j’était alors de retour en France. Qu’à cela ne tienne il fit la présentation sans moi… Je fis également la connaissance de la fête du livre qui était organisée sur les hauteurs au-delà de la baie dans les anciennes fortifications, un site magnifique. Le public très populaire et très coloré ne fut pas ans me rappeler celui de la fête de lHuma à Paris… Je me rendais compte des limites de Bailly. Je guérissais petit à petit de ma dépression et sortais de mon état de faiblesse… Quand Richard Comballot prit contact avec moi, je saisis l’occasion. Il me proposa des publications de grande qualité : une vraie histoire de la SF française par la publication de nouvelles en trois tomes. L’anthologie s’est appelée Les enfants du mirage. Richard est un bon connaisseur, il a un vrai talent d’anthologiste. A la parution du premier tome j’eus d’énormes difficultés à imposer à Bailly d’en faire une publicité dans Sfmag. Il rechignait car il n’aimait pas voir de la concurrence. D’ailleurs il avait connu Richard dans le passé pour la rédaction de Phénix mais ce dernier était parti fâché. Malheureusement cette anthologie ne fit pas des miracles sur le plan des ventes. Richard bien sûr mit plus ou moins en cause l’éditeur, en disant que si c’était Gallimard qui la publiait cette anthologie aurait eu plus de succès. J’en publiais néanmoins le deuxième tome en limitant le tirage. Cette mauvaise vente n’arrangea pas mes rapports avec les auteurs. Je leur envoyais néanmoins cinq exemplaires du premier tome et un exemplaire du deuxième en leur expliquant la difficulté due aux mauvaise ventes. Ceci dit tout les écrivains concernés acceptèrent de participer, sauf… Jean-Claude Dunyach et son ami Johan Heliot qui, pourtant ne rechigna pas à se faire interviewer par Bruno Peeters dans Sfmag et quand je lui fis remarquer il me répondit qu’il avait refusé de participer à l’anthologie de Richard par solidarité avec Dunyach ! Solidarité pour quoi ? Je n’ai jamais eu affaire à Dunyach, sauf que c’est lui qui m’a soudain agressé sur le forum Sffranco (dirigé par le canadien Jean-Louis Trudel). Incompréhensible… (Voir mon site perso : http://www.alainpelosato.com) Dunyach était persuadé que j’étais malhonnête. Qui le lui avait fait croire ?. Je ne sais pas vraiment car je n’avais jamais eu à faire à lui. N’empêche, comme il l’a déclaré lui-même : « signaler les malhonnêtetés diverses qui nous accablent, nous autres auteurs, est une action de salut public. J'y souscris des deux mains et je contribue de mon côté à répandre les informations en ce sens… » Donc il a bien travaillé et je finis pas être obligé de faire le tour des forums dans lesquels on parlait de « Pelosato » à chaque fois que j’y lisais une calomnie à mon égard et de la relever pour intervenir fermement. Ce qui est curieux, c’est que les gens qui colportaient ce genre d’ignominie n’étaient pas du tout contents de mon intervention pour rétablir la vérité. Il en fut ainsi par exemple d’Olivier Paquet à qui je demandai de retirer ce qu’il avait dit sur moi dans un forum sous peine d’attaque en justice. Deux ans plus tard, alors que ma collaboratrice Sandrine Brugot lui demanda une interview pour notre numéro consacré à l’imaginaire français en littérature, il refusa tout net en racontant je ne sais encore quoi sur moi. Voilà comment de victime je deviens bourreau ! Heureusement que Sandrine accepta mes explications (ce qui ne fut pas le cas de tous les collaborateurs dans ce cas…) Il est assez amusant de reprendre quelques citations du jugement définitif de ce sacré Dunyach à mon égard. Alors qu’il était question de droits d’auteurs non payés et que j’avais expliqué que ma maison d’éditions était au bord de la faillite, voici ce qu’il répondait : « …essayez de commander une machine à laver et de ne pas la payer sous prétexte que "vous n'avez pas l'argent" ! Les prisons sont pleines de gens qui ont considéré en leur temps que la pauvreté était une excuse à l'escroquerie. » Vous noterez qu’il fait une comparaison osée entre un auteur et une machine à laver. D’autre part, il n’a jamais lu Les Misérables de Victor Hugo, œuvre dans laquelle Jean Valjean est envoyé aux travaux forcés pour avoir volé un pain car il n’avait pas d’argent. Cela ne doit pas nous étonner de la part de Dunyach qui écrit un peu plus loin dans son message : « La 24 bourgeoisie, dont je m'honore de faire partie, saisit très bien les questions d'argent et dispose également des moyens financiers nécessaires pour engager un avocat... » Eh bien voilà, c’est justement de cela qu’il est question dans Les Misérables de Victor Hugo, de l’ignoble politique de la bourgeoisie envers les plus pauvres… Allez ! Aux galères Pelosato ! Il avait également écrit dans le même message : « Les très petites maisons d'édition honnêtement gérées et, surtout, gérées AVEC PROFESSIONNALISME, s'en tirent. J'en connais de nombreux exemples. » Il faut savoir que depuis il a créé sa petite maison d’édition ISF (Imaginaires sans frontières) qui a déposé le bilan après quelques titres publiés dont le premier fut un titre de son ami Ayerdhal… Pas si professionnel que cela alors ? J’adore les donneurs de leçons. Un jour, je faisais le tri des manuscrits reçus et je tombais sur un pavé de J. L. Trudel : un recueil de nouvelles de plusieurs auteurs francophones. Malgré les mauvais traitements que j’avais subis sur sa liste je lui proposais de le publier car je trouvais cela intéressant. Je lui proposai un contrat (selon la législation française) il m’en proposa un autre selon la législation canadienne. Comme j’attachais peu d’importance à ce genre de détails (ce qui me valut souvent les foudres de certains) j’acceptais. Puis j’envoyais un exemplaire du contrat aux auteurs dont plusieurs résidaient au Canada. Tout ce travail commençait à me fatiguer et surtout l’autoritarisme de ce Trudel m’exaspérait. Il s’avéra que deux auteurs canadiens n’avaient pas reçu leur contrat. Trudel m’ordonna de leur en renvoyer. Je ne vois pas pourquoi ils l’auraient reçu la deuxième fois si on ne changeais pas quelque chose. Je décidai donc d’arrêter cette “collaboration“. Vous ne m’y reprendrez plus ! D’autre part, ni Richard, ni les auteurs eux-mêmes n’avaient géré les droits sur les textes publiés. Richard me fournit une liste d’éditeurs qui s’avéra obsolète car, les auteurs eux-mêmes n’avaient pas été informés des ventes de leurs doits entre maisons d’éditions. Les grandes maisons d’édition ont un service qui s’occupent des droits. Moi j’étais tout seul. Je me vis alors confronté chez Denoël à un service âpre au gain. Visiblement cette maison d’éditions qui a quasiment arrêté les livres de SF, semble vouloir faire de l’argent par la vente de ses droits. (voir pour cela la collection Folio SF chez Gallimard qui édite bon nombre d’anciens livres de Présence du futur de chez Denoël) Cela me coûta bien cher pour quelques nouvelles et je suis sûr que les auteurs concernés n’ont rien touché de la part de Denoël… Richard avait des projets d’une collection de SF d’auteurs français. J’avais déjà publié une œuvre de Jean-Pierre Andrevon dans une collection de Marc Bailly. J’avais de très bons contacts avec JeanPierre qui est un homme formidable dont j’apprécie l’œuvre. Je le rencontrais lors d’une manifestation littéraire à Romans et j’ai toujours gardé de très bons rapports avec lui. Ensuite, JeanPierre a réalisé les illustrations de couverture de ma revue Ecologie et progrès. Hélas, mille fois hélas, ma collaboration avec Richard cessa faute de combattants lorsque je déposai le bilan de la SARL éditions Naturellement. 25 Année 2003 : mort et renouveau ? Harcelé par les créanciers (un imprimeur vint même faire le siège chez moi), vilipendé par quelques auteurs et éditeurs, harcelé également par un ou deux sociétaires de la SARL, je n’en pouvais plus. J’ai un souvenir atroce de la dernière assemblée générale des sociétaires de la SARL éditions Naturellement. Pourtant comme je l’ai dit plus haut, je pensais m’en sortir. J’avais contracté un prêt de cinquante mille euros auprès d’une banque américaine, cette somme aurait été versée à la SARL qui aurait pu me rembourser partiellement des avances que j’avais réalisées (car je crevais littéralement de faim). Mais l’assemblée générale fut une vraie torture. D’abord le MNLE ne réunit pas son AG pour désigner un représentant. Je fus donc obligé de ne pas accepter Gérard Prince le trésorier du MNLE qui se présenta sans mandat. D’autres membres du MNLE se présentèrent mais en tant qu’associés privés. Au lieu de m’aider à construire des solutions financières ils ne firent que m’accabler. L’un d’eux même vota contre le prêt prétextant que cela aggraverait la dette de la SARL : il n’avait rien compris (il faut dire que ces individus ne comprenaient pas grand-chose) car ce prêt servait juste à compenser une autre dette de la SARL celle qu’elle avait envers moi. D’autre part, au départ j’avais réussi à obtenir du MNLE que la SARL édite la revue du MNLE qui s’appelle Naturellement (justement !). cela permit de mettre la revue en vente en kiosque . Mais le MNLE me retira cette possibilité et nomma un nouveau directeur de publication de Naturellement à ma place. Je sortis de cette réunion anéanti. Voyant que je ne pouvais absolument pas compter sur les autres associés, étant en situation de cessation de paiement (seule ma contribution personnelle ruineuse pour moi permettait de tenir le coup) je le déclarais au tribunal de commerce de Bobigny quelques semaines plus tard. Le tribunal prononça la liquidation judiciaire de la société le 3O avril 2003. Lorsque le président du tribunal me demanda : « Qu’attendez-vous de la part du tribunal ? » Je répondis : « La liquidation judiciaire. Je suis épuisé… » Entre temps, se déclencha la guerre en Irak…. Qu’est-ce que cela a à voir avec les éditions Naturellement ? Eh bien, les USA ne permettaient plus de transfert de fonds en France ! Le prêt que j’avais contracté ne pouvait plus être honoré… En compensation de l’énorme dette de la SARL à mon égard (pas loin de 170 000 euros ! si ! si !) j’exigeai des associés qu’ils me cèdent le titre pour un montant de 50 000 euros somme qui fut déduite de la dette de la SARL à mon égard, somme parfaitement virtuelle bien sûr. Ce qui fait que je suis désormais propriétaire du titre. Je créais une société à associé unique car une société de presse pouvait être créé avec 300 euros. C’est elle qui édite aujourd’hui Sfmag. Bien que très malheureux d’avoir été berné par Bailly, je n’avais pas l’intention de le laisser tomber. J’avais fait bien des calculs, des estimations (des business plans comme on dit…) et je lui proposai une formule financière. Je lui avais plusieurs fois indiqué que devant la baisse des ventes je ne pouvais plus le payer ainsi que Corthouts. Je dois rappeler que Bailly n’avait que cela à faire de toute la journée : rédacteur en chef de Sfmag. Ayant fait ce boulot bénévolement pendant longtemps ensuite je peux vous dire que la quantité de travail ne mérite pas un temps complet ! Il refusa toujours de reprendre son boulot à la sécu belge… Je lui proposai donc de le rémunérer au pourcentage des ventes de Sfmag. C’était bien lui le seul responsable des ventes puisqu’il avait toute latitude pour le réaliser je ne m’en mêlais pas, le découvrant comme els autres une fois qu’il était imprimé… Il refusa. Je ne reconduisis donc pas la convention avec lui pour la nouvelle société. Il eut alors une attitude très incorrecte montrant ainsi sa véritable nature : il ne me transmis aucun des éléments en sa possession, éléments pourtant propriétés de Sfmag… Si j’avais été procédurier je le mettais au tribunal et je le faisais condamner… Je me retrouvais alors tout seul avec la nécessité de créer une nouvelle équipe, de 26
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