Lire un extrait de Traquée de P.C et Kristin Cast - Page 1 - Grand format - Pocket - Traquée-T5 - 140 x 225 - 11/4/2011 - 11 : 29 - page 2 LA MAISON DE LA NUIT Livre 1. Marquée Livre 2. Trahie Livre 3. Choisie Livre 4. Rebelle Livre 5. Traquée À paraître : Livre 6. Tentée (novembre 2011) Livre 7. Brûlée (2012) Livre 8 (2012) Grand format - Pocket - Traquée-T5 - 140 x 225 - 11/4/2011 - 11 : 29 - page 4 Directeur de collection : Xavier d’ALMEIDA Titre original : A House of Night Novel 5 Publié pour la première fois en 2009 par St. Martin’s Press LLC, New York. Loi no 49 956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse : juin 2011. Untamed. Copyright © 2009 by P. C. Cast and Kristin Cast. All rights reserved. Translation copyright © 2011 by éditions Pocket Jeunesse, département d’Univers Poche. ISBN : 978-2-266-20266-4 Grand format - Pocket - Traquée-T5 - 140 x 225 - 11/4/2011 - 11 : 29 - page 5 Ce tome est dédié à John Maslin, ancien étudiant et assistant de recherche, un type génial aux idées lumi- neuses qui présente une ressemblance frappante avec notre Damien… Grand format - Pocket - Traquée-T5 - 140 x 225 - 11/4/2011 - 11 : 29 - page 7 CHAPITRE UN L e rêve commençait par un battement d’ailes. Avec le recul, je me rends compte que j’aurais dû y voir un mauvais présage, les Corbeaux Moqueurs étant désormais en liberté. Mais ce n’était qu’un bruit de fond, comme le ronronnement d’un ventilateur, ou la télévision allumée sur les télé-achats. Je me tenais au milieu d’une prairie magnifique. Il faisait nuit ; l’énorme lune qui flottait au-dessus des arbres projetait une lueur bleu argenté tellement forte qu’il y avait des ombres. J’avais l’impression d’être dans l’eau, les herbes hautes agitées par la brise caressaient mes jambes nues telles des vagues léchant le rivage. Mes épais cheveux, doux comme de la soie, se soule- vaient sur mes épaules dénudées. Jambes nues ? Épaules dénudées ? Je baissai les yeux et poussai un petit cri de surprise. Je portais une robe blanche en daim franchement courte. Un grand V y était découpé à l’avant comme à l’arrière, révélant ma peau. C’était une robe superbe, décorée de franges, de plumes et de coquillages. Elle semblait luire 7 Grand format - Pocket - Traquée-T5 - 140 x 225 - 11/4/2011 - 11 : 29 - page 8 au clair de lune. Des perles formaient des dessins com- plexes, incroyablement beaux, sur toute sa longueur. J’ai une imagination vraiment trop cool ! Cette robe me rappelait quelque chose, mais je ne cherchais pas à savoir quoi. Je n’avais pas envie de me casser la tête – je rêvais ! Je me mis à danser dans la prairie, me demandant si Zac Efron, ou même Johnny Depp, allait apparaître soudain pour flirter avec moi. Je tournoyais et me balançais au gré du vent quand je crus voir les ombres vaciller de façon bizarre entre les arbres. Je m’arrêtai, essayant de percer l’obscurité. Alors, il apparut. À la lisière de la forêt, une forme s’était matérialisée. La lune éclairait les lignes fluides de son corps nu. Nu ? Mon imagination commençait-elle à dérailler ? Je n’étais pas vraiment d’humeur à batifoler dans un pré avec un inconnu. — Tu hésites, mon amour ? Je frissonnai. Des ricanements moqueurs s’échappè- rent d’entre les branches. — Qui êtes-vous ? lançai-je en espérant que ma voix ne trahissait pas ma peur. Il rit. Ce son, profond et beau, était pourtant effrayant. Presque visible, il remplissait l’air. — Tu prétends ne pas savoir qui je suis ? Sa voix caressait ma peau, me donnait la chair de poule. — Si, je le sais. Je vous ai inventé. C’est mon rêve. Vous êtes un mélange de Zac et de Johnny. 8 La Maison de la Nuit Grand format - Pocket - Traquée-T5 - 140 x 225 - 11/4/2011 - 11 : 29 - page 9 Malgré ma nonchalance apparente, mon cœur battait la chamade, car il ne faisait aucun doute que ce type n’était pas une combinaison des deux acteurs. — Ou alors, vous êtes Superman, ou le Prince Char- mant. — Je ne suis pas un produit de ton imagination. Tu me connais. Ton âme me connaît. Sans le vouloir, je m’avançai vers lui, comme hypno- tisée. Je levai les yeux… Kalona ! Je l’avais su dès qu’il avait ouvert la bouche. J’avais simplement refusé de l’admettre. Un cauchemar ! C’était un cauchemar, pas un rêve. Son corps nu n’était pas complètement solide : il tremblait et se transformait au rythme du vent. Derrière lui, dans les ombres vertes, j’apercevais les silhouettes de ses enfants, les Corbeaux Moqueurs. Ils s’accrochaient aux arbres avec des mains et des pieds d’homme et me fixaient avec des yeux humains plantés dans des têtes d’oiseaux mutants. — Tu prétends toujours ne pas me connaître ? « Même si c’est un cauchemar, c’est le mien, pensai- je. Je peux me réveiller. Je veux me réveiller ! Je veux me réveiller ! » Mais je ne pouvais pas. C’était Kalona qui avait le contrôle. Il avait construit ce rêve effrayant, cette prairie ténébreuse, et m’y avait emmenée, je ne savais com- ment, avant de claquer derrière nous la porte de la réalité. — Qu’est-ce que vous voulez ? lâchai-je. — Tu sais ce que je veux, mon amour. Je te veux, toi. — Je ne suis pas votre amour ! 9 Grand format - Pocket - Traquée-T5 - 140 x 225 - 11/4/2011 - 11 : 29 - page 10 — Bien sûr que si, dit-il en s’approchant si près que je sentais le froid qui émanait de son corps sans subs- tance. Tu es mon A-ya. A-ya était le nom de la vierge que les Femmes Sages du peuple cherokee avaient créée, des siècles plus tôt, pour le piéger. La panique m’envahit. — Je ne suis pas A-ya ! — Tu commandes les éléments. — C’est un don de ma déesse. — Autrefois déjà, tu les as commandés. Tu es née pour m’aimer. Ses grandes ailes noires se déplièrent et il les referma autour de moi dans une étreinte spectrale. — Non ! Vous me confondez avec quelqu’un d’autre. Je ne suis pas A-ya. — Tu as tort, mon amour. Son cœur bat en toi. Ses ailes se pressèrent contre moi, m’attirant à lui. Malgré la forme volatile de l’apparition, je sentais leur contact, doux et frais. La brume glaciale qui enveloppait son corps me brûlait la peau, propageait en moi des courants électriques, m’enflammant d’un désir contre lequel j’essayais désespérément de lutter. J’avais tellement envie de me noyer dans son rire séduisant ! Je me penchai en avant, les yeux fermés, et je haletai quand son souffle m’effleura. Des sensations douloureuses et pourtant délicieuses me faisaient perdre la tête. — Tu aimes cette souffrance. Elle te donne du plaisir. Ses ailes me pressèrent plus fort, son torse devint encore plus froid. 10 La Maison de la Nuit Grand format - Pocket - Traquée-T5 - 140 x 225 - 11/4/2011 - 11 : 29 - page 11 Des volutes d’une fumée noire et glaciale s’enrou- laient autour de moi, insistantes… — Rends-toi à moi, dit-il de sa voix magnifique, irré- sistible. J’ai passé des siècles dans tes bras. Cette fois, c’est moi qui vais être maître de notre union, et tu t’en délecteras. Libère-toi des chaînes de ta déesse lointaine et viens à moi. Laisse-toi aller, entièrement, et je t’offrirai le monde ! Le sens de ces mots transperçait lentement la brume de douleur et de plaisir dans laquelle je baignais, tel le soleil chassant la rosée. Peu à peu, je retrouvai ma volonté. Je m’ébrouai comme un chat agacé par la pluie. — Non ! Je ne suis pas votre amour. Je ne suis pas A-ya. Et je ne tournerai jamais le dos à Nyx ! En prononçant le nom de la déesse, je me réveillai. Je me redressai, haletante. Lucie dormait à poings fermés à côté de moi. Nala, elle, grognait doucement. Le dos arqué, les poils hérissés, elle regardait un point au-dessus de moi. — Oh, non ! hurlai-je, et je bondis du lit. Je m’attendais à voir Kalona sous le plafond de ma chambre, telle une énorme chauve-souris. Il n’y avait rien. Je pris Nala dans mes bras et me rassis. Les mains tremblantes, je la caressai en répétant : — Ce n’était qu’un cauchemar… Ce n’était qu’un cauchemar… Ce n’était qu’un cauchemar… Cependant, je savais que c’était faux. Kalona existait vraiment, et il pouvait entrer dans mes rêves.
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