Lire un extrait des Petites Guerres - S. Jones - Page 1 - Lire un extrait des Petites Guerres, de Sadie Jones Du même auteur aux Éditions 10/18 LE PROSCRIT, n° 4367 Titre originalÞ: Small Wars ©ÞSadie Jones, 2009. Extrait de The Waste Land © Succession de T.S. Eliot et reproduit avec l’aimable autorisation de Faber et Faber. Extrait de «ÞFor the FallenÞ» par Laurence Binyon. La Société des Auteurs est le représentant littéraire de la succession de Laurence Binyo. ©ÞÉditions 10/18, Département d’Univers Poche, 2012, pour la traduction française. ISBN 978-2-264-05307-7 174544CDK_GUERRES_Fm7.fm Page 6 Mardi, 13. décembre 2011 3:28 15 11 Prologue Sandhurst, juilletÞ1946 Un fin crachin anglais tombait sur les instruments de l’orchestre et les uniformes vert olive des musiciens et des élèves officiers qui défilaient. Les gouttelettes se déposaient sans un son sur les parapluies des familles de l’assistance, sur les chapeaux de feutre des hommes comme sur les mains gantées des femmesÞ; elles délavaient le vert et le gris de la campagne environnante et enjolivaient tout de perles d’eau. L’orchestre joua Auld Lang Syne. Les ordres qui cla- quaient et la cadence des bruits de pas semblaient augurer pour ces élèves officiers un avenir radieux, fondé sur l’amour de la patrie et la discipline, le premier se nourris- sant de la seconde. Armés de fusils, en tenue de campagne, ils manœu- vraient entre le petit orchestre installé devant le long bâti- ment blanc à colonnes de l’académie et leurs familles qui se pressaient sur une dizaine de rangs le long de la place d’armes. La laine épaisse de leurs uniformes était gorgée d’humidité. Les évolutions au pas, les fusils, les mouve- ments de tête étaient si coordonnés que les mères avaient du mal à différencier leurs petits les uns des autres et elles en avaient un peu honteÞ; toutefois, elles étaient aussi fières de voir leur fils trouver sa place sans déparer au sein d’un ensemble plus grand. 174544CDK_GUERRES_Fm7.fm Page 11 Mardi, 13. décembre 2011 3:28 15 12 Certains de ces parents avaient déjà assisté au défilé de promotion d’autres fils et bon nombre de pères se rappe- laient encore le leur. Même si, à l’image de l’Angleterre elle-même en 1946, la cérémonie manquait de faste, elle n’était pas sans une austère solennité. Elle n’avait rien des rieuses parades d’apparat en période de paix prolongéeþ; c’était un événement empreint de sérieux, de résolution, comme si ces hommes, à l’instar de ceux qui les avaient précédés quelques mois plus tôt, devaient immédiatement être expédiés au front. Il n’y avait pas à rougir d’être émuÞ: tout était fait pour et nul n’y restait indifférent. La seule fois où Hal Treherne avait vu son père suffoqué par l’émotion, c’était lorsque ce dernier lui avait décrit sa propre revue du Souverain. Hal, lui, n’était pourtant pas suffoquéÞ: il éprouvait seule- ment son envie habituelle de bien faire, ainsi qu’une fierté immense, quasi physique, et un intense désir de prendre l’avenir à bras-le-corps. Mais ce n’était pas ce qui occupait ses penséesÞ; ce qui occupait ses pensées, c’était l’exécution rigoureuse d’une toute petite partie de son entraînement, répétée et rerépétée jusqu’à la perfection. Ce n’était qu’après coup, alors qu’ils attendaient – muets, le fusil calé contre l’épaule, regardant droit devant eux – d’être inspec- tés par la princesse Élisabeth, que Hal avait soudain res- senti une sorte de trop-plein, et qu’il avait dû cligner des paupières et s’appliquer à fixer les arbres au loin. Dans un silence presque total, l’assistance suivit des yeux la jeune héritière du trône qui longeait les élèves officiers alignés. Hal entendit approcher ses pas. La princesse Élisa- beth était l’incarnation de l’Angleterre et il avait la convic- tion d’agir au mieux pour lui faire honneur et qu’il en serait toujours ainsi. Il songea à Dieu – son humble et vague conception de Dieu – et se prit à espérer pouvoir aussi Lui faire honneur. Flanqué, entouré de ses pairs, Hal pensa brièvement à son père, qui l’observait dans le public, à toutes les batailles que ce dernier avait derrière lui, et à sa mère, à côté de son 174544CDK_GUERRES_Fm7.fm Page 12 Mardi, 13. décembre 2011 3:28 15 13 mari, tranquille, satisfaite. Puis ses pensées se reportèrent sur l’instant présent. Le groupe composé d’officiers, d’atta- chés et de la princesse apparut en périphérie de son champ de vision, le traversa, mais le regard de Hal ne vacilla pas. Il entrevit indistinctement le sommet d’un chapeau crème. La princesse marqua un court temps d’arrêt, le dépassa et poursuivit sa progression le long de la rangée, imitée par sa suite. Clara Ward, la bonne amie de Hal, qui serait sa cavalière au bal du Souverain ce soir-là, se trouvait aussi dans l’assis- tance, avec ses propres parents ainsi que son frère cadet. Clara était la sœur de James, un ami chez qui Hal avait effectué plusieurs séjours dans le Buckinghamshire, à l’occasion desquels il avait fait la rencontre de Clara. La famille de Clara et James habitait une demeure villa- geoise trapue en briques rouges, dont la porte, le portail et les huisseries étaient peints en blanc. Le grand jardin au gazon bien entretenu comportait un lilas, des pommiers, des rosiers et un ruisselet qu’enjambait un petit pont. C’était là que Clara et ses deux frères avaient grandi, effec- tuant les allers et retours entre leurs écoles respectives et la maison, dont la balançoire tordue ou les tapis usés por- taient les petites cicatrices de leur enfance. C’était un cadre propice aux Noëls comme aux étés, aux vacances scolaires comme au cheval à bascule ou à la vari- celle, qui avait vu se succéder les jouets en bois, les hochets, les cartables et les cirés, puis les tenues de soirée ou les sacs ornés de perles abandonnés sur les chaises de l’entrée par Clara et James, fatigués au retour de telle ou telle fête. Hal avait vu Clara pour la première fois un week-end, lors de ses premières semaines de formation. James et lui étaient arrivés le samedi après l’heure du thé. Comme James devait parler d’argent avec son père, Hal avait préféré sortir fumer dans le jardin afin de ne pas être dans leurs pattes. 174544CDK_GUERRES_Fm7.fm Page 13 Mardi, 13. décembre 2011 3:28 15 14 Le crépuscule bleuté s’installait et, alors que Clara péné- trait dans le salon, les bras chargés de fleurs humides, Hal avait failli lui rentrer dedans en voulant éviter un guéridon. Il s’était excusé et tous deux s’étaient serré la main avec gaucherie. Celle de Clara était mouillée à cause des fleurs. —ÞVous devez être la sœur de James, avait hasardé Hal. —ÞOui, Clara. Elle avait prononcé son prénom comme son frère –þ«ÞClareÞ», en le faisant rimer avec «ÞlumièreÞ» ou «ÞfièreÞ». —ÞSeriez-vous HalÞ? —ÞOui, c’est bien moi. La voix et l’allure de Clara l’avaient privé de la parole et il n’avait rien trouvé à ajouter. Ils s’étaient croisés et il était allé griller une cigarette dans le jardin, tandis qu’elle allait mettre ses fleurs dans l’eau à la cuisine, mais son image était restée gravée dans l’esprit de Hal. Elle avait le teint pâle, les cheveux d’un brun tirant sur le rouge, de la couleur d’une châtaigne ou d’un alezan, et les yeux bleu outremer. Elle avait dix-sept ans, lui dix-neuf. Hal avait résolument entrepris de la revoir et, durant les quelques mois de leur formation, il s’était joint à James chaque fois qu’ils avaient eu droit à un week-end. Les parents de Hal vivaient près de Warminster, dans le Somerset, non loin de Stonehenge. Leur maison avait une façade gris sombre, bien proportionnée, tandis que des dé- pendances plus anciennes et plus tarabiscotées s’imbri- quaient les unes dans les autres et se rattachaient au corps de logis à l’arrière. L’habitation endurait stoïquement le vent de la plaine de Salisbury qui faisait vibrer ses fenêtres victoriennes. Hal était toujours heureux de retrouver ces vastes pièces glaciales à l’écho familierÞ; les tableaux dans leurs cadres dorés, les coloris mornes et la froideur des lieux le vivifiaient. Il n’avait même jamais remarqué leur aspect lugubre avant de rendre visite aux Ward et l’in- confort du domicile familial était pour lui d’un bien plus grand réconfort que la riante demeure villageoise de ses hôtes. Mais si sa prédilection allait aux repas silencieux et 174544CDK_GUERRES_Fm7.fm Page 14 Mardi, 13. décembre 2011 3:28 15 15 aux planchers nus de la maison du Somerset, son besoin d’être auprès de Clara était tel qu’il s’accommodait sans mal de la famille joviale et turbulente de celle-ci. Hal et Clara s’étaient écrit – des lettres au ton plus intime que lorsqu’ils étaient face à face. Il la surnommait «Þsa belle rouge, blanc, bleuÞ» – par référence à ses cheveux, son teint et ses yeux – et, même s’il n’y avait rien de surprenant qu’il l’ait invitée à la revue et au bal du Souverain, le geste n’en possédait pas moins une certaine portée. Aux côtés de ses parents et de son frère cadet, Clara, debout sur la pointe des pieds pour voir par-dessus les gens devant eux, s’efforçait de repérer Hal et James parmi les élèves officiers alignés, tandis qu’au premier rang, à quel- ques mètres de là, Arthur et Jean Treherne en faisaient autant. Arthur Treherne et George Ward n’auraient pu être plus différents. George était un homme débonnaire et méticu- leux, plutôt courtaud. Ses jambes de pantalon étaient plis- sées à la cheville et son pardessus évoquait des bureaux dans la pénombre ou quelque portemanteau familial dans un couloir. James était le premier membre de la famille à s’engager dans l’armée et c’était avec un sentiment proche de l’appréhension que les siens avaient observé son assimi- lation dans ce monde. George était fonctionnaireÞ; il quittait chaque matin sa maison de briques rouges du Buckinghamshire pour aller travailler et y retrouvait chaque soir Moira, Clara et ses deux fils. Il avait brièvement combattu durant la Première Guerre mondiale. Cela avait été – et demeurait – un trau- matisme sans pareil dans sa vie. Il ne comprenait pas qu’on puisse choisir la carrière de militaire et était vivement cons- cient que ses aspirations à une paix mondiale durable découlaient en grande part du désir que ses fils n’aient pas à accomplir les mêmes actes que lui, et que sa fille n’ait pas à être la femme d’un soldat. Et pourtant, il était là, en 174544CDK_GUERRES_Fm7.fm Page 15 Mardi, 13. décembre 2011 3:28 15 16 proie à un dégoût – et à une peur – violent, mêlé à une fierté quasi irrépressible. Arthur, le père de Hal, avait été, restait et resterait à jamais, en tous lieux, en toutes circonstances et à tous égards, un soldat. Il avait la même taille et les mêmes traits que Hal, même si sa chevelure blond vénitien grisaillait et si son ossature affleurait davantage, pareille à une char- pente apparente en acier. Contrairement aux Ward, c’était sans la moindre ambivalence qu’il avait assisté au défilé, pressant de ses doigts gantés la main de son épouse qui reposait sur son bras. Il n’éprouvait nulle angoisse, nul regret – rien qu’une fierté simple et profonde à l’endroit de son fils, dont le parcours à ce jour, prévu et prévisible, n’était qu’une première étape vers un brillant avenir. Lorsque la revue s’acheva et que les oiseaux se remirent à chanter, la pluie n’était plus qu’une bruine chargée d’effluves d’herbe mouillée et de cordite. Les nouveaux officiers et leurs familles se rassemblèrent en groupes sur la place d’armes. Autour d’eux, les grands arbres indistincts du parc avaient recouvré leur indifférence après les sèches salves de coups de feu. Les femmes frissonnaient dans l’air estival frisquet et tenaient le bras de leur mari. Timidement réfugiée auprès de son frère James, Clara Ward le taquinait en espérant que Hal viendrait les saluer. Hal, lui, était en compagnie de son père et de sa mère, qui n’avaient pas grand-chose à lui dire, au-delà des félicita- tions de rigueur. Il se tordit le cou pour jeter un coup d’œil par-dessus son épaule à Clara et à sa famille et se demanda soudain avec inquiétude de quoi ils allaient bien pouvoir discuter toute la soirée. Il avait envie d’être seul avec elle. Il ne voulait pas apprendre à la connaître, démarche intimi- danteÞ; il aurait voulu déjà la connaître. À l’issue de la revue du Souverain, les Ward regagnèrent le Buckinghamshire pour passer leurs habits de soirée en vue du bal. Les Treherne, eux, se rendirent à l’hôtel qu’ils avaient déniché à Godalming, car ils vivaient trop loin pour 174544CDK_GUERRES_Fm7.fm Page 16 Mardi, 13. décembre 2011 3:28 15 17 rentrer chez eux, et tandis que ses parents buvaient un gin- tonic tiède au bar du rez-de-chaussée, Hal monta dans sa chambre, qui donnait sur la route. Il disposa sa ceinture et sa veste sur le lit et se mit à faire les cent pas en songeant à Clara. Elle était pour lui similaire à une contrée étrangère – mais une contrée qu’il avait le sentiment d’avoir toujours connue, à l’instar de celles colo- riées en rose dans l’atlas, qui lui étaient familières depuis l’enfance. Une terre lointaine, riche en trésors et en épices, qui pourtant demeurait anglaise et attendait sa visiteÞ: ses Indes à lui. La robe de Clara était bleu nuit, assortie à ses yeux. Elle était dépourvue de bretelles et la jupe, un déferlement de tulle, était parsemée de perles transparentes. Clara, qui trouvait sa gorge bien blanche et dénudée, s’adonnait à divers essais avec une étole pour se couvrir. James et Bill chahutaient sur le palier et faisaient vibrer le plancher. Bill avait quatorze ans et il aurait dû être trop vieux pour ces gamineries – sans parler de James, avec ses vingt ans, qui était encore en tenue de campagne. Clara s’assit sur son lit, dans sa robe de soirée, et prêta l’oreille à leurs rires et à leur chahut. Elle éprouva une intense nostalgie. Sous peu, ils auraient tous quitté la mai- son. Tout changerait. Elle avait l’impression de pouvoir toucher du doigt son enfance, que celle-ci l’entourait, bien vivace. Elle posa doucement les mains sur le bord du lit et écouta sa mère gravir l’escalier et s’arrêter à la hauteur de ses fils. —ÞVous voulez bien vous calmerÞ! Ça suffitÞ! Moira Ward pénétra dans la chambre de Clara et prit place à côté d’elle, soulevant le dos de sa jupe de manière à ne pas la froisser. Victime de la débauche de voilages de sa fille, elle en avait été réduite à exhumer une robe de taffetas vieille de sept ans, raide et tirant sur le marron, dont elle espérait que ce serait la dernière apparition. —ÞQuels idiots, lâcha Clara. 174544CDK_GUERRES_Fm7.fm Page 17 Mardi, 13. décembre 2011 3:28 15 18 Sa mère lui prit la main. —ÞOn s’occupe de tes cheveuxÞ? Clara hocha la tête, mais ni l’une ni l’autre ne se levaÞ; elles restèrent là, en silence, écoutant les garçons se bagar- rer et une palombe roucouler dans le jardin. Au bal, si toutes les femmes étaient en robes de soirée, la moitié des hommes seulement étaient en smoking, car les jeunes officiers, eux, arboraient l’uniforme d’apparat de leurs nouveaux régiments, qui ressortait nettement par rapport aux tristes vestons noirs de leurs pères et des autres invités. Hal avait patienté à la porte de la salle de bal jusqu’à ce qu’il aperçoive Clara et, à son approche, il succomba de nouveau à l’étrange mutisme dont il était toujours frappé en sa présence. Il ne s’agissait pas uniquement de trac ou de nervosité, même s’il y avait de ça – c’était plutôt comme s’il avait le souffle coupé. Clara était accompagnée de sa famille. Les parents de Hal, eux, étaient déjà à l’intérieur. Arthur Treherne, qui, à l’autre bout de la salle, s’était joint à un vaste groupe d’offi- ciers, tant retraités qu’en service, ne faisaient pas attention à son fils, ni aux personnes avec qui celui-ci se trouvait, mais les Ward s’attardèrent un instant tandis que Hal et Clara se dévisageaient. —ÞVous savez où ils vont vous envoyerÞ? s’informa George Ward à brûle-pourpoint. —ÞClara nous l’a déjà dit, George, intervint Moira. Elle échangea un sourire avec Clara. George, lui, conti- nua à fixer Hal. Hal avait le désagréable sentiment que ce brave homme ne l’aimait pas. Même s’il ne paraissait pas le genre de père à protéger jalousement sa fille, Hal discernait que son inté- rêt pour Clara lui déplaisait. Hal n’avait jamais discuté avec quiconque de sa façon de penser et, a fortiori, de celle d’autrui. Dans sa famille, la conversation se limitait aux chiens, aux obligations sociales de la maisonnée et aux 174544CDK_GUERRES_Fm7.fm Page 18 Mardi, 13. décembre 2011 3:28 15 19 arrêts d’Arthur Treherne sur la guerre ou la politique, ce qui n’avait en rien préparé Hal à démêler les subtilités des interactions humaines. Il n’était pas en mesure d’appréhen- der les raisons de l’aversion de George à son égard et se figurait simplement que, s’il s’en tenait à un comportement correct – comme il en avait l’intention –, la situation se résoudrait d’elle-même. Derrière Hal, James affichait un large sourire, à l’affût d’une occasion de les tarabuster. —ÞFiche le camp, JamesÞ! râla Clara. Les Ward entraînèrent leur aîné avec eux et laissèrent Hal et Clara ensemble. —ÞTout va bienÞ? s’enquit Hal. —ÞOh, oui, lui assura Clara. Il remarqua qu’elle portait du rouge à lèvres, une pre- mière depuis leur rencontre. Cette élégance lui allait bien, mais, alliée à la robe, le déroutait aussi. —ÞVous voulez du punchÞ? proposa-t-il. —ÞOui, où est-ilÞ? —ÞLà-bas. Venez. Ils s’avancèrent parmi les invités et avisèrent un serveur avec un grand plateau. —ÞOu un cocktailÞ? aventura Hal. Il baissa les yeux vers elle, le sourcil froncé. —ÞPeu importe, répondit Clara. —ÞTrès bien. Il prit deux verres de punch et lui en tendit un. —ÞAucune idée de ce qu’il y a dedans. Sans doute quel- que chose d’affreux, vu la nourriture ici. —ÞJe suis certaine que ce sera très bien. Il y eut un bref silence, chargé d’une insoutenable ten- sion. —ÞOn ne croise pas beaucoup de filles dans les parages. Je ne suis pas très doué pour la causette. Clara sembla soulagée. —ÞVous vous en sortez à merveille. C’était plus facile à la maison, heinÞ? 174544CDK_GUERRES_Fm7.fm Page 19 Mardi, 13. décembre 2011 3:28 15
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