Lire un extrait de Hunger Games t. 2 - S. Collins - Page 1 - Lire un extrait du tome 2 de Hunger Games, de Suzanne Collins Grand format - Pocket - Hunger games T2 - L’embrasement - 140 x 225 - 23/3/2010 - 8 : 38 - page 1 587_00_i-vi_r6ss.indd i II. L'EMBRASEMENT Grand format - Pocket - Hunger games T2 - L’embrasement - 140 x 225 - 23/3/2010 - 8 : 38 - page 2 Grand format - Pocket - Hunger games T2 - L’embrasement - 140 x 225 - 23/3/2010 - 8 : 38 - page 3 II. L'EMBRASEMENT S U Z A N N E C O L L I N S Traduit de l’anglais (États-Unis) par Guillaume Fournier Grand format - Pocket - Hunger games T2 - L’embrasement - 140 x 225 - 23/3/2010 - 8 : 38 - page 4 Directeur de collection : Xavier d’Almeida Titre original : The Hunger Games Publié pour la première fois en 2009 par Scholastic Press, un département de Scholastic Inc., New York. Suzanne Collins écrit depuis près de vingt ans des scénarios de programmes de télévision pour la jeunesse. C’est la rencontre d’un auteur de livres pour enfants qui l’a poussée à se lancer elle aussi dans cette voie. Après plusieurs livres de fantasy, elle connaît un immense succès international avec le premier tome de sa série Hunger Games. Elle travaille à présent à l’écriture du troisième tome et au script d’une adaptation de la trilogie au cinéma. Suzanne Collins vit aux États-Unis, dans le Connecticut, avec sa famille et plusieurs chats un peu sauvages, trouvés dans son jardin. Déjà paru : Hunger Games, I À paraître : Hunger Games, III (2011) Loi no 49 956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse : mai 2010. Copyright © 2009 by Suzanne Collins. © 2010, éditions Pocket Jeunesse, département d’Univers Poche, pour la présente édition. ISBN : 978-2-266-18270-6 Grand format - Pocket - Hunger games T2 - L’embrasement - 140 x 225 - 23/3/2010 - 8 : 38 - page 7 L'ÉTINCELLE PREMIÈRE PARTIE Grand format - Pocket - Hunger games T2 - L’embrasement - 140 x 225 - 23/3/2010 - 8 : 38 - page 9 1 J e serre la flasque au creux de mes mains, même si la chaleur du thé s’est dissipée depuis longtemps dans l’air glacé. J’ai les muscles raidis par le froid. Si une meute de chiens sauvages me tombait dessus en cet instant, il y aurait peu de chances que je réussisse à grimper à temps dans un arbre. Je ferais mieux de me lever, de marcher un peu, de me dégourdir les jambes. Mais je reste immobile, assise sur cette pierre, face à l’aube qui éclaire peu à peu la forêt. On ne peut pas lutter contre le cycle du soleil. Je me contente de l’observer, impuissante, tandis qu’il me précipite dans une journée que j’appréhende depuis des mois. À midi, tout le monde débarquera chez moi, au Village des vainqueurs. Journalistes et cameramen seront venus en force du Capitole. Il y aura même Effie Trinket, mon ancienne hôtesse. Je me demande si elle aura toujours la même perruque rose, ou si elle aura choisi une autre couleur tout aussi ridicule pour notre Tournée de la victoire. De nombreuses personnes m’attendront également : du per- sonnel qui sera aux petits soins pendant toute la durée du voyage, une équipe de préparation pour me pomponner lors de mes apparitions publiques ; et mon styliste et ami, Cinna, le créateur de ces tenues à couper le souffle qui 9 Grand format - Pocket - Hunger games T2 - L’embrasement - 140 x 225 - 23/3/2010 - 8 : 38 - page 10 m’ont tout de suite valu l’attention du public dans les Hunger Games. Si cela ne tenait qu’à moi, j’essaierais d’oublier complè- tement les Jeux. Je n’en parlerais plus jamais. Comme si tout cela n’avait été qu’un mauvais rêve. Mais c’est impos- sible, à cause de la Tournée de la victoire, qui se déroule, traditionnellement, à mi-chemin entre deux éditions des Jeux. C’est une manière pour le Capitole de raviver et d’alimenter l’horreur des Hunger Games au sein des dis- tricts. Non seulement ils se rappellent à nous chaque année, mais on nous oblige en plus à célébrer l’événement. Et cette fois-ci, je suis la reine de la fête. Je vais devoir voyager d’un district à l’autre, recevoir les acclamations des foules secrè- tement hostiles, contempler le visage des familles dont j’ai tué les enfants… Comme le soleil persiste à monter dans le ciel, je décide de me lever enfin. Toutes mes articulations protestent. Ma jambe gauche est restée engourdie si longtemps que la cir- culation sanguine met plusieurs minutes à se rétablir. Je suis dans les bois depuis trois heures, mais faute d’avoir vraiment chassé, je risque de rentrer bredouille. Cela n’a plus d’importance pour ma mère ni pour ma petite sœur, Prim. Elles ont les moyens d’acheter de la viande chez le boucher, à présent, même si nous aimons toujours autant le gibier. Mais mon ami Gale Hawthorne et sa famille ont besoin de se nourrir. Pas question de les laisser tomber. J’entame le circuit d’une demi-heure le long de notre ligne de collets. Quand nous étions à l’école, nous consacrions nos après-midi à chasser, à relever nos pièges et à cueillir des fruits ; et il nous restait encore assez de temps pour rentrer faire un peu de troc en ville. Mais maintenant que Gale travaille dans les mines de charbon, et que je n’ai rien d’autre à faire de mes journées, je m’en charge seule. 10 H U N G E R G A M E S Grand format - Pocket - Hunger games T2 - L’embrasement - 140 x 225 - 23/3/2010 - 8 : 38 - page 11 À cette heure-ci, Gale a sans doute déjà pointé à la mine. Après être descendu dans les profondeurs de la terre à bord d’un ascenseur vertigineux, il doit piocher dans une veine de charbon. Je sais à quoi ressemble une journée, là-dessous. Chaque année, avec l’école, notre classe venait visiter les mines. Gamine, je trouvais ça désagréable, sans plus : les galeries suffocantes, l’air rance, l’obscurité poisseuse… Mais, après la mort de mon père et de plusieurs autres mineurs dans un coup de grisou, je ne voulais même plus monter dans l’ascenseur. La visite annuelle devenait une source d’anxiété abominable. Deux fois, je me suis rendue malade au point que ma mère m’a gardée à la maison, persuadée que j’avais attrapé la grippe. Je pense à Gale, qui n’est heureux que dans la forêt, avec de l’air frais, du soleil et de l’eau pure. Je ne sais pas comment il fait pour tenir le coup. Enfin… si, je sais. Il serre les dents, parce que c’est la seule manière de nourrir sa mère, ses deux jeunes frères et sa petite sœur. Dire qu’aujourd’hui j’ai de l’argent à la pelle, largement de quoi faire vivre nos deux familles, et qu’il refuse la moindre pièce ! Il rechigne même à accepter la viande que je leur apporte. Pourtant, il aurait sûrement subvenu aux besoins de ma mère et de Prim, si j’étais morte au cours des Jeux. Je lui raconte que je fais ça pour moi, que je deviendrais cinglée à rester assise toute la journée sans rien faire. Néan- moins, je m’arrange toujours pour passer déposer le gibier en son absence. Ce qui n’est pas bien difficile vu qu’il travaille douze heures par jour. Je ne le vois que les dimanches, quand nous nous retrouvons dans la forêt pour chasser ensemble. Ça reste pour moi le meilleur jour de la semaine, même si ce n’est plus comme avant, à l’époque où on se disait tout. Même ça, les Jeux l’ont gâché. J’espère qu’avec le temps on pourra 11 L ' E M B R A S E M E N T Grand format - Pocket - Hunger games T2 - L’embrasement - 140 x 225 - 23/3/2010 - 8 : 38 - page 12 retrouver notre complicité d’autrefois, mais, au fond de moi, je sais bien que ça n’arrivera pas. On ne revient jamais en arrière. Ma tournée des collets est fructueuse : je ramasse huit lapins, deux écureuils, et un castor qui s’est empêtré dans une nasse en fil de fer confectionnée par Gale. Gale est le roi des pièges. Il les accroche à des branches repliées qui, quand elles se détendent, hissent le gibier hors de portée des prédateurs ; il sait disposer des rondins en équilibre sur des baguettes fragiles qui se brisent au moindre frôlement, ou tisser des paniers sans issue dans lesquels les poissons viennent se prendre. Je relève les pièges l’un après l’autre, en les retendant avec soin. Je sais que je n’aurai jamais son œil, son instinct pour deviner avec précision le passage du gibier. C’est plus que de l’expérience. Il a un véritable don. Comme celui qui me permet d’abattre mes proies d’une seule flèche, dans une obscurité quasi complète. Le temps que je regagne le grillage qui entoure le district Douze, le soleil est déjà haut. Comme toujours, je prends un moment pour écouter, mais on n’entend aucun bour- donnement électrique dans les maillons. Ce n’est pratique- ment jamais le cas, même si le grillage est censé rester sous tension en permanence. Je me faufile par-dessous et je me retrouve dans le Pré, à quelques pas de mon ancienne maison. Nous avons pu la conserver, car, officiellement, c’est toujours là qu’habitent ma mère et ma sœur. Si je mourais aujourd’hui, elles seraient obligées d’y retourner. Mais pour l’instant elles profitent de ma nouvelle maison au Village des vainqueurs, et je suis la seule à me servir de cette minuscule bicoque où j’ai grandi. Il n’y a que là que je me sente vraiment chez moi. Je m’y rends pour me changer. Troquer le vieux blouson en cuir de mon père contre une veste de laine fine un peu 12 H U N G E R G A M E S Grand format - Pocket - Hunger games T2 - L’embrasement - 140 x 225 - 23/3/2010 - 8 : 38 - page 13 trop serrée aux entournures. Enlever mes bottes de chasse assouplies par les ans pour enfiler une coûteuse paire de chaussures, que ma mère juge plus appropriée à mon statut. J’ai déjà caché mon arc et mes flèches dans un tronc creux de la forêt. Bien que je ne sois pas en avance, je m’attarde quelques minutes dans la cuisine. Avec son poêle éteint et sa table sans nappe, l’endroit a l’air abandonné. Je regrette un peu notre ancienne vie. Nous avions du mal à joindre les deux bouts, mais au moins je savais qui j’étais, je me sentais à ma place. Avec le recul, j’étais beaucoup plus en sécurité qu’aujourd’hui, où je suis riche, célèbre et haïe par les autorités du Capitole. Un miaulement à la porte de derrière me fait sursauter. Je vais ouvrir à Buttercup, le vieux matou de Prim. Il déteste presque autant que moi notre nouvelle maison. Dès que ma sœur part à l’école, il en profite pour se sauver. Nous qui n’avons jamais été fous l’un de l’autre, voilà qui nous rapproche. Je le laisse entrer, je lui tends un bout de lard de castor, je le caresse même un moment entre les oreilles. — Tu es vraiment vilain, tu sais ? dis-je. (Buttercup quémande encore quelques caresses, mais il faut qu’on parte.) Allez, amène-toi. Je l’attrape sous le ventre, saisis ma gibecière et sors de la maison. Le chat m’échappe et disparaît sous un buisson. Mes chaussures me font mal aux pieds tandis que je m’éloigne le long de la rue charbonneuse. En coupant par les ruelles et les arrière-cours, j’arrive chez Gale en quelques minutes. Sa mère, Hazelle, m’aperçoit par la fenêtre. Elle est penchée au-dessus de l’évier de la cuisine. Elle s’essuie les mains sur son tablier et vient m’ouvrir la porte. J’aime bien Hazelle. J’ai du respect pour elle. Le coup de grisou qui a emporté mon père a également tué son 13 L ' E M B R A S E M E N T
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