Newsletter OJD 7 - Page 1 - Newsletter OJD 7 Numéro 7 • Avril 2010 La vérité des chiffres édito 20 OBSERVATOIRE DE LA PRESSE : OÙ EN SOMMES-NOUS ? E En 20 ans, la population Française a progressé de 11,5 %, passant à 64,6 millions d’individus (versus 58 millions). Au regard de cette progression, quelques chiffres pour dire que la presse se porte bien. Des chiffres vrais ! Ainsi, la presse magazine a progressé de 21,7 % à 1 890 000 000 exemplaires (vs 1 180 000 000), et ne sont bien évidemment pas pris en compte tous les grands lancements récents des six derniers mois. La presse féminine a augmenté de 33 %, la presse économique de près de 22 % ! Stéphane Bodier, Président de l’OJD 20e observatoire de la presse En 2009, la Presse Payante française c’est Certes la presse quotidienne nationale a baissé en semaine de 7,21 %, mais les quotidiens nationaux du 7e jour enregistrent une hausse de 38 %. La presse vit, certains titres meurent, d’autres naissent, mais la vérité des chiffres est là, malgré la télé, malgré Internet, malgré le mobile, la presse française est en bien meilleure forme aujourd’hui qu’il y a 20 ans ! +de4,31mds d’exemplaires contrôlés par l’OJD. Tous les résultats page 4 avec les commentaires de Sébastien Danet, Président de ZenithOptimedia. sites internet Pre sse Pre Qu otid Pre ien ne sse sse He Qu bd Pre otid sse ne Rég Pre om ien Ma Na ga zin Vers une mesure hybride site centric et user centric ? e Stéphane Bodier l’a annoncé à l’occasion de l’Observatoire 2010 : l’OJD discute avec Comscore et Médiamétrie pour améliorer la mesure des sites Internet. L’association et les deux instituts envisagent de créer une mesure hybride réconciliant les deux types d’études ayant cours sur le marché : site centric (la mesure de l’OJD) et user centric (celle de Comscore et de Médiamétrie). ion ale Qu ad sse et aire pa tion ion Dé Rég rte ale ale le r otid ien ne me Site du nta 7e s In te jou rne t… 15 t itres et 6 sites se p appli Smartphones C’est parti ! Pour un coût modique – moins de 500 € – l’OJD met en place, dès ce mois d’avril, une version bêta afin de contrôler les applications de type iPhone ou Blackberry des marques de presse. Le lancement de la version définitive est envisagé pour le mois de septembre. 21 é artagent toile s Les meilleures progressions en 2009 Récompensant les plus fortes augmentations de la Diffusion Payée de la Presse et de la Fréquentation des Sites Internet en 2009 versus 2008, les Étoiles 2010 de l’OJD ont, pour la plupart, été remises à des habitués du palmarès. Ainsi, côté presse, Aujourd’hui en France, obtient sa 14e étoile en 19 ans, devant La Manche Franz-Olivier Giesbert Directeur de la publication du Point Libre (12), Le Télégramme (6), La Dordogne Libre (5), Public, Batirama, Oise Hebdo (4), Les Échos (3) Vie Pratique Gourmand, Régal et Le Phare Dunkerquois (2). Pour les sites, pris en compte pour la deuxième fois, Lemonde.fr, Caisse-epargne.fr et Agriaffaires.com ont reconduit leur exploit de l’année passée. >>Le palmarès completpage 8 d’honneur de l’OJD >>lire page 7 Invité 20 ans d’Observatoire et 90 milliards d’exemplaires certifiés L’Observatoire fête ses 20 ans. Eh oui déjà ! On n’a pas vu le temps passer… Vingt années d’observation du marché, d’évolutions des familles de presse, avec des hausses, des baisses et des moments de quasi-stabilité, toujours regardés au travers d’un indicateur fiable : la Diffusion France Payée de chacun des titres. E ntre 1990 et 2009, l’évolution à périmètre courant est de + 3 %, et de -21 % à périmètre constant, mettant en évidence une lapalissade : les nouveaux titres sont un élément de dyna- misme du marché. En même temps, ces chiffres conduisent à s’interroger sur la durée de vie moyenne d’un titre aujourd’hui, même si celle-ci est trop dépendante de son concept, de sa famille et de sa périodicité pour pouvoir en tirer des moyennes significatives. Sur les 1 370 titres analysés en 20 ans d’Observatoire de l’OJD, 310 titres forment le tronc commun du périmètre constant. Ils représentaient 89 % de la DFP en 1990, pour seulement 68 % en 2009. Pour en finir avec les chiffres, ces 1 370 titres ont représenté 770 992 parutions, et surtout, durant ces vingt ans, 90 milliards d’exemplaires ont été certifiés. Qui dit mieux ? Les plus belles progressions en 20 ans 20 ans, c’est aussi l’occasion de regarder la presse de façon positive, au travers des familles et des titres qui ont su faire progresser leur Diffusion France Payée. dynamisme dont font preuve, sur le long terme, certaines familles (ou sous-familles) de presse. Ainsi, la presse magazine a progressé de 21,7 %, durant ce temps, grâce notamment à de nombreux lancements. La presse féminine connaît une augmentation de 33 %, la presse économique de 22 % et la presse quotidienne du 7e jour de 38 %. Et si la presse people n’était pas trop récente pour figurer dans le classement, elle viendrait étayer ces chiffres en progression. E n ouvrant le 20e Observatoire de l’OJD, Stéphane Bodier, son président, a rappelé, chiffres à l’appui, que “la presse française se porte beaucoup mieux aujourd’hui qu’il y a 20 ans”. L’évolution 2009 versus 1990 de la DFP montre le Si on regarde maintenant les familles à périmètre constant sur 20 ans, les chiffres sont forcément moins optimistes. Pour autant, la presse cuisine a progressé de 81,49 % et la presse news de 26,69 %. Enfin, l’évolution de la DFP sur 20 ans montre aussi que même en cas de tendance baissière, chaque famille peut générer des champions. Pour preuve : la performance des Échos dans la presse quotidienne nationale : + 40,6 % (– 7,21 % pour la famille, ce qui, soit dit en passant, correspond à une érosion lente et non à un cataclysme). LES TOP PAR FAMILLE PQN Les Échos L'Équipe Édition Générale PQRD La Dordogne Libre Nord Littoral Le Journal de Saône et Loire PQ DU 7EME JOUR L'Alsace Lundi-Le Pays Lundi Dernières Nouvelles d'Alsace-Lundi PHR Le Patriote Beaujolais La Voix-Le Bocage Le Bonhomme Picard ACTUALITES Le Monde Diplomatique Le Nouveau Détective NEWS Le Point Le Nouvel Observateur FEMININS Psychologies Magazine Vogue Paris L'Officiel de la Couture ECONOMIE Alternatives Économiques Mieux Vivre Votre Argent TELEVISION Télérama Télé Z MAISON Ad-Architectural Digest Elle Décoration Maisons & Décors Méditerranée CUISINE Cuisine & Vins De France Cuisine Actuelle Guide Cuisine (2009 vs 1990) évolution 2009 vs 1990 40,60 % 6,02 % évolution 2009 vs 1990 51,02 % 44,76 % 31,83 % évolution 2009 vs 1990 8,79 % 2,88 % évolution 2009 vs 1990 88,90 % 37,33 % 29,38 % évolution 2009 vs 1990 50,59 % 33,80 % évolution 2009 vs 1990 53,30 % 35,27 % évolution 2009 vs 1990 461,97 % 190,16 % 180,39 % évolution 2009 vs 1990 173,71 % 71,83 % évolution 2009 vs 1990 24,29 % 12,14 % évolution 2009 vs 1990 213,11 % 56,90 % 56,30 % évolution 2009 vs 1990 145,08 % 120,90 % 72,24 % témoignage Christine David PRENDRE LE RISQUE DE LA VÉRITÉ Pourquoi les éditeurs font-ils le pari de la vérité et de la transparence de leurs chiffres de diffusion en les faisant certifier par l’OJD ? Ce mois-ci, nous avons posé la question à la Directrice déléguée de la régie du groupe Motor Presse. La Vérité des chiffres : Pour quelles raisons le groupe Motor Presse a-t-il choisi de faire certifier la diffusion de ces titres, y compris ceux qui sont installés sur des niches ? Christine David : Nous avons fait depuis de nombreuses années de la certification des diffusions de nos titres à l’OJD un véritable atout. Dans les familles de presse ne disposant pas d’outils de médiaplanning traditionnels et où sont présents certains de nos magazines, comme la moto (Moto Journal), les loisirs (CampingCar Magazine, Camping-Caravaning Le Caravanier), le sport “ Garantir l’exactitude de nos performances (Jogging International, Le Cycle) ou le nautisme (Bateaux), certifier ses données auprès de l’OJD, c’est garantir l’exactitude de nos performances et donc la véracité de nos propos auprès du marché. C’est également légitimer les investissements publicitaires de nos annonceurs en assurant leur transparence. C’est enfin prendre le risque de la vérité, mais cette position est assumée et s’avère payante, dans la mesure où la justification des performances est de plus en plus au cœur des investissements de nos clients. ” 02 NEWS nouveau venu L’indépendance, Nathalie Ayache en parle comme d’une , fière de “tenir le coup, et plutôt bien, face à des mastodontes. Nous améliorons tranquillement nos chiffres de vente, notre chiffre d’affaires publicitaire est stable, le groupe gagne de l’argent”, déclare-telle, reconnaissant toutefois que 2009 a été une année difficile. Nous devons être encore plus fait entrer Questions respectueux envers de femmes à l’OJD nos lecteurs, leur PDG du Groupe Alain Ayache donner une (créé en 1971), Nathalie Ayache en a pris les rênes à la disparition de son mari, en février information vérifiée 2008. Elle reste farouchement attachée à l’indépendance. qui ne soit pas ‘googelisée’ “sacro-sainte valeur” Nathalie Ayache “ ” Réponse à tout fait peau neuve L’actualité du moment c’est Réponse à tout, qui a sorti sa nouvelle formule le 26 mars dernier, pour son 20e anniversaire.“Nous avons refait le magazine entièrement, explique Nathalie Ayache, de la couverture à la maquette en passant par l’organisation du journal ; seuls restent les fondamentaux : la défense du consommateur. L’audience du titre est en progression et nous comptons monter la diffusion, avec cette nouvelle formule”, ajoute-t-elle. Elle accompagnera le développement de la marque, avec l’arrivée d’une nouvelle version du site Internet (en avril-mai,) une application mobile et une émission de télé. “Développé en partenariat avec France Télévisions, qui s’intéresse à la marque, le site Reponseatout.com n’est pas un copier-coller du magazine, poursuit-elle, il répond à une volonté de créer une vraie communauté.” La nouvelle formule de Réponse à tout est soutenue par un investissement publi-promotionnel de 2M€ jusqu’à fin 2010 ; le prix de vente au numéro baissant de 3 € à 2,50 €. en aura toujours, prédit-elle, mais nous devons être plus respectueux envers eux, travailler l’éditorial, leur donner une information vérifiée, qui ne soit pas ‘googelisée’.” Elle parle aussi de la nécessité d’avoir une répartition “un peu harmonieuse entre le lecteur et la pub”, rappelant qu’Alain Ayache ne voulait pas être dans la dépendance vis-à-vis des annonceurs. “Je ne crache pas sur la pub, précise-t-elle, mais il faut que ce soit la cerise sur le gâteau.” Elle s’avoue aussi “consternée par ce qui se passe au niveau de la distribution, qui porte préjudice à tous les éditeurs”, appelant Presstalis à régler ses problèmes. “Il nous faut améliorer les relations avec les dépositaires, revaloriser les marchands de journaux, créer du contact, du lien, des échanges avec eux et enfin nous adapter aux mutations en cours, donc réfléchir au devenir du papier”, résume-t-elle. Tout un programme… Nouvelle formule pour Questions de femmes en septembre Questions de femmes, le féminin (1/3 people, 1/3 actu sur l’époque, 1/3 vie quotidienne) lancé en avril 1996 sortira aussi une nouvelle formule en septembre prochain. D’ici là, pour la première fois, le titre sera contrôlé par l’OJD, le jeudi 7 avril. Nathalie Ayache souhaite en effet développer sa collaboration avec l’OJD, y compris jusqu’au P-V de Marque. “Nous y cherchons une forme de crédibilité, explique-t-elle. Nous savons que nos magazines sont lus et appréciés, mais aujourd’hui, alors qu’ils ont grandi, cela ne suffit plus. Les temps ont changé depuis que mon mari disait : ‘Je n’ai pas besoin d’avoir des chiffres vérifiés, je ne dépends de personne, sinon de mes lecteurs.’” Des lecteurs dont elle estime important qu’ils retournent au kiosque. C’est pourquoi elle salue “les nouveaux lancements qui créent de la dynamique”, même si elle s’étonne que “la presse mode/people fasse varier son prix de vente quasiment à chaque numéro.” À l’entendre, on sent qu’elle aime les choses carrées. “Des lecteurs, il y Et Internet ? Dans l’immédiat, Réponses à tout est le seul titre à avoir son site Internet, le groupe s’étant aussi déployé sur le Web (depuis 2008) dans le domaine des jeux avec le site Ludojeux.com. Nathalie Ayache se dit intéressée, notamment pour Numéro, le féminin haut de gamme du groupe : “Internet, nous observons que tout le monde s’y précipite, nous l’étudions, mais nous n’irons pas tant que nous n’aurons pas trouvé le bon modèle économique, déclare-t-elle. En revanche, il est possible que nous avancions plus rapidement sur les applications iPhone, mais l’in- formation doit être payante, c’est ma position philosophique, je suis contre la gratuité.” Pour autant Reponseatout.com est un site gratuit, preuve que philosophie et pragmatisme ne font pas toujours bon ménage. Numéro apparaît comme un phénomène, dans un groupe qui compte davantage sur les recettes lecteurs que sur celles du marché pub. Dans le Groupe Alain Ayache, la publicité réalise en effet moins de 10M€ sur un CA total de l’ordre de 40M€. “Sur Numéro, l’année a été commercialement assez dure, car nous n’avons pas voulu toucher à notre PMP (prix moyen de page), déclare Nathalie Ayache. Dans la mesure où nous avons construit une marque, c’était aussi une façon de la travailler que de ne pas la brader et cela a payé car nous avons une vraie crédibilité dans l’univers du luxe.” Le magazine se développe à l’étranger sous forme de licences : une au Japon, une en Corée et bientôt une en Chine. Nathalie Ayache vise, à terme, une présence dans six pays. Depuis 2007, le Groupe Alain Ayache surfe aussi sur la vague porteuse de la presse cuisine, avec Cuisinez comme un chef, un titre sur lequel le chef leader s’appelle Joël Robuchon et qui se décline, selon les numéros, avec d’autres ténors de la gastronomie. “La presse cuisine se développe car on est dans une période de repli sur soi, explique Nathalie Ayache. Cela passe, entre autres, par la cuisine. Mais ce n’est pas le même cocooning bourgeois qu’il y a deux ou trois ans : les gens ont été frappés par la crise.” Dont acte… G Après le Maroc, l’OJD exporte son expertise du dénombrement en Algérie… 03 La Presse Payante accentue sa mue… Petit à petit, le PFPP (Paysage Français de la Presse Payante) s’ajuste compte tenu des nouvelles propositions médias. En 2009, les 898 journaux et magazines payants contrôlés par l’OJD ont représenté une Diffusion France Payée de 4,3 milliards d’exemplaires, en baisse de 3,3 % par rapport à 2008. Dans le même temps, les visites Internet sur les sites de la Presse Payante ont atteint 9 milliards, en augmentation de 12,6 %. La tendance est au portage L’évolution 2009/2008 n’affecte pas la hiérarchie des familles. La Presse Grand Public représente 98,8 % des exemplaires contrôlés. Au sein de cette famille, la presse quotidienne pèse 48,4 % et la presse magazine 43 %. En revanche, la répartition par canal de diffusion évolue. L’achat fidélisé prend le pas sur l’achat impulsion : – 1,5 % pour la vente au numéro, alors que les abonnements individuels se stabilisent et que le portage se développe (+ 1 point en un an, + 4 points en six ans) et devrait continuer à le faire, en raison des aides de l’État. D’où un avantage : l’abonnement permet de modérer la baisse (c’est le cas pour la PQR, dont le taux de réabonnement est très important). Et un risque : les lecteurs, en se rendant moins dans les points de vente, fragilisent des familles qui ont une part majeure de vente au numéro dans leur diffusion, telles la presse people, la presse masculine (89 %)… P our la première fois, Sébastien Danet, Président de ZenithOptimedia, a présenté l’Observatoire de la presse, en montrant, en parallèle, l’évolution de la diffusion de la presse et les chiffres de visites sur Internet.“Cela ne cache pas la tendance baissière du papier (en partie mécanique, 19 titres n’étant plus contrôlés), mais cela permet de mettre en avant la puissance et la mutation de la presse.” En 2009, la Presse Payante Française c’est donc à la fois 4 313 975 991 exemplaires papier contrôlés par l’OJD (en baisse de 3,3% par rapport à 2008) et 9 037 923 659 visites Internet (+12,6% à périmètre constant). On peut interpréter ces chiffres de deux façons : Façon optimiste : ce n’est pas le bouleversement annoncé par les Cassandre, la Presse Payante tient le choc. Et ces chiffres confirment que les Français sont attachés à leurs journaux et à leurs magazines, même si un certain transfert s’opère de l’objet papier à la marque digitale. Façon pessimiste : le transfert du papier au numérique, qui devrait s’accentuer avec le développement des smartphones et des tablettes multimédias, met à mal les finances des éditeurs, qui ont une rentabilité moindre sur le Net. Toutefois, un espoir se dessine, le numérique nomade étant l’occasion de faire payer les contenus. RÉPARTITION PAR CANAL DE DIFFUSION 2004 2009 Ventes N° individuelles Abonnements individuels Portage à domicile Diffusion par tiers & différée La Presse Payante Grand Public Avec ses 726 titres, la Diffusion France Payée de la Presse Grand Public a été de 4, 26 Mds d’exemplaires, continuant une décroissance limitée (– 3,23 %) mais régulière depuis 2004. Néanmoins, les 169 titres en hausse cette année se répartissent dans chacune des familles, même si la presse magazine (104 titres) et la PHR (51) réalisent l’essentiel des progressions. La presse quotidienne Chaque jour de la semaine plus de 6,5 M de quotidiens sont vendus en France, ce qui représente une baisse de 2,3 % versus 2008 (s’y s’ajoutent près de 3, 2 M de quotidiens gratuits, pour les 30 titres contrôlés par l’OJD). Avec ses 52 titres, la Presse Quotidienne Régionale représente plus de la moitié des exemplaires, tandis que la PQN (21%) et la Presse gratuite (17%) tendent à se rapprocher. En ce qui concerne la PQN, le rapport varie de 1 à 10 entre le papier et les sites (1,77 M d’exemplaires pour 18 titres ; 1,85 Md de visites, en augmentation de 20,2 % en un an). Ce rapport est différent concernant la PQR&D (5 M d’ex. avec 52 titres ; 337 M de visites), ses éditeurs étant partis plus tardivement sur le digital, d’où un phénomène de rattrapage et une accélération des visites (+ 53,3 %). La Presse Quotidienne du 7e jour (4,4 M d’ex.) est restée stable ; sa progression de 4% étant liée à la prise en compte de titres supplémentaires. La presse hebdomadaire régionale Avec ses 189 titres contrôlés, elle pèse plus de 85 M d’exemplaires, soit environ 1,64 M par semaine, dont 64 % de vente au numéro. La presse magazine Avec 424 titres contrôlés, elle représente 1,856 Md d’exemplaires (en baisse de 4,45 % versus 2008) et quasi la même masse sur Internet (1,884 Md de visites ; + 12,2%). Elle conserve une répartition entre ses familles assez stable depuis 2004, alors que les lancements 2009-2010 des hebdos Grazia, Envy et Be devraient favoriser la part de marché de la presse féminine, l’an prochain. On notera que les hebdomadaires continuent à moins subir la crise que les mensuels (– 3,8 % versus – 8,3%). Représentant 40 % du marché de la presse magazine avec ses 764 millions d’exemplaires (et 41 % avec ses suppléments), la presse télévision fait aussi mieux que la tendance du marché (– 3,1 %) ; les quinzomadaires résistant mieux que les hebdos. La Presse Technique et Professionnelle En pleine restructuration depuis plusieurs années, elle sort des baisses à deux chiffres, mais connaît encore, avec 53,1 M d’exemplaires, une évolution négative (– 6,6 %). Sur ses 172 titres, 33 titres (20,5 %) présentent des DFP à la hausse et 11 sont stables. La PTP, ce sont aussi 141 468 481 visites Internet contrôlées par l’OJD en 2009 (+ 2,2 % versus 2008). La Presse Gratuite d’Information En plus des 494,5 M d’exemplaires des quotidiens et des 16,5 M des hebdos nationaux, l’OJD a certifié 61, 3 M d’exemplaires d’hebdomadaires et de mensuels locaux, qui ont particulièrement souffert. Sur ces 108 titres locaux, le colportage (44 %), associé au portage (16 %), sont les moyens les plus utilisés pour la mise en distribution, devant les présentoirs (33 %). LA PRESSE CUISINE SOUS UNE BONNE ÉTOILE La presse cuisine est la seule famille en progression en 2009 (+ 6,1 %). Sa bonne santé éclate depuis 2001 (même si elle a connu une année de stabilité en 2006), alors qu’ont fleuri les émissions de télévision, les sites Internet, les blogs… “Apprendre à cuisiner est devenu un loisir, au même titre que prendre des cours de guitare ou s’inscrire dans une salle de sport”, écrit Pascale Hébel dans une étude récente du Credoc, et nombreux sont ceux qui se sentent l’âme d’un grand chef. Mais en 2009, retourner aux fourneaux s’affirme aussi comme une obligation pour des classes moyennes qui perdent du pouvoir d’achat. Sur cette catégorie, 78 % des achats de magazines se font en vente au numéro ; les poids lourds étant vendus aux caisses des supermarchés. Internet En cinq ans, le nombre de certifications a été presque multiplié par huit ; 219 sites et groupes étant aujourd’hui contrôlés par l’OJD pour un total de 16 027 204 381 visites (versus 10,232 Mds l’an passé pour 184 sites). Comme l’an passé à une décimale près, 98,4% des visites concernent le grand public. Tous les détails sur le site “observatoire.ojd.com” 04 20e observatoire grand témoin Sébastien Danet Pour le Président de ZenithOptimedia, l’heure est plus que jamais à l’évolution des sources de revenus, car il est illusoire de penser que la publicité financera l’information. Pour sortir de la crise, il persiste et signe : “La presse a mis un pied dans le numérique, elle doit surtout continuer dans cette voie.” La presse doit accélérer sa mutation technologique ! “ ” C haque année, Sébastien Danet recadre les résultats de diffusion de la presse dans une analyse prospective. Qualifiant 2009 d’“année difficile”, le Président de ZenithOptimedia a montré que la presse s’employait à réagir sur tous les fronts : l’éditorial (avec quelques lancements majeurs et une forte activité en matière de relancements), le développement de l’offre digitale (via les sites Internet, les applications smartphones et demain l’iPad…) et le marketing et la communication (pour adapter les offres et les promouvoir). Ainsi, côté lancements, il a fait remarquer combien la Presse Quotidienne s’était mobilisée en 2009 et continuait à le faire en 2010, avec les nouvelles formules et/ou produits éditoriaux du Figaro, de Libération, du Parisien, du Monde… Sans oublier le relancement en cours de France Soir (au prix de 50 cts d’€, avec un objectif ambitieux de 150 000 exemplaires) et l’annonce faite par le Groupe Bolloré du lancement d’un nouveau quotidien payant avant la fin de l’été. Néanmoins, les 1,773 million d’exemplaires de la PQN contrôlés par l’OJD en 2009 comprenant encore dans leurs 18 titres des quotidiens sportifs, disparus en 2010, il a craint “une baisse mécanique de la DFP l’an prochain”. Concernant la PQR, il a rappelé que “18 titres ont évolué sur les quinze derniers mois”, en investissant dans de nouvelles rotatives, en changeant de maquette… (derniers en date : La Dépêche du Midi et L’Est Républicain). Sans oublier une offre Web nouvelle avec Presseregionale.fr qui regroupe 39 sites éditoriaux et donne accès à l’ensemble des sites de la presse régionale et aux différentes Unes du jour. Enfin, la PGI n’a pas été en reste avec Direct Matin, qui a changé d’imprimerie, et Metro, qui a fait évoluer sa formule en septembre 2009. Quant à 20 minutes, il prévoit une édition supplémentaire sur Nice en 2010. Côté magazines, Sébastien Danet a mis l’accent sur cinq familles : les news, la presse féminine, la presse people, la presse masculine et la presse cuisine. Si la presse cuisine fait office de bon élève avec une diffusion qui continue de progresser (indice 108 sur trois ans), c’est la presse féminine qui fait l’actualité avec trois lancements d’hebdomadaires en six mois ; Be (Lagardère Active) étant venu rejoindre, en mars de cette année, Envy (Groupe Marie Claire, lancé en février) et Grazia (Mondadori, présent depuis août 2009). Dans cette bataille pour conquérir le lectorat des jeunes femmes, Stéphane Danet a repéré les bons ingrédients qui aident à faire prendre la sauce : “Une périodicité adaptée au mode de consommation des trentenaires, des lancements qui s’adaptent à leur consommation média au travers du papier et du numérique (mais aussi de la radio et la TV pour Be) et des stratégies marketing affûtées. Les magazines ont en effet été testés de nombreuses fois, ils font l’objet d’une stratégie de prix offensive et disposent de budgets de lancement importants (20 M€), intégrant un film télévision”, a-t-il expliqué. Concernant la presse news, il a souligné “la complémentarité avec le numérique (avec des sites Internet qui enregistrent entre 200 000 et 400 000 visites par jour) ainsi que le dynamisme éditorial et commercial (avec notamment des délais de bouclage raccourcis et des offres commerciales ‘push’)”. Sur la presse people, dont certains titres marquent, pour la première fois, des signes d’essoufflement, il a également souligné l’importance de plus en plus grande du Web : 73 M de visites au total, + 261 % versus 2008 à périmètre constant, avec un nouvel entrant Voici.fr et une accélération pour Closermag.fr (+ 261% en un an). Dans le même temps, le papier fait sa mue, adoptant une dimension plus féminine et plus mode, et se déclinant en petit format. Quant à la presse masculine, elle est en pleine mutation, démarrant doucement sur Internet (28 M de visites). Si plusieurs titres ont cessé de paraître, deux magazines – GQ et L’Optimum – drivent le marché, tous deux venant de faire évoluer leur formule (GQ ayant aussi lancé son site Web). Le numérique : des pistes pour élargir et faciliter la diffusion Pour Sébastien Danet, la presse, qui a comme atout d’avoir des marques fortes et de garder une valeur de référence en matière d’information, se doit d’accélérer sa mutation technologique. Là encore, il a proposé des bonnes pratiques numériques. Il s’agit bien évidemment de cerner la pratique des consommateurs et de comprendre leurs desiderata pour travailler au mieux sur les contenus, les contenants et leurs formes, afin de proposer une lecture adaptée à chacun des supports. Il a ainsi cité le pôle R&D du groupe Bonnier, qui, au sein d’une structure de six personnes, intègre un Responsable technologie et futurs médias et un Responsable de l’expérience utilisateur, et a déjà développé son prototype de magazine digital : Mag+. Car les nouveaux supports sont l’occasion de proposer “de nouvelles expériences de lecture, et ainsi d’élargir l’audience” a-t-il rappelé. La flexibilité du numérique via la personnalisation des contenus, la modulation des abonnements au gré de son mode de vie et de ses envies, la facilitation les achats à partir d’un simple mot clé tapé sur un kiosque numérique (voire l’accès à des offres illimitées d’abonnements comme sur Lekiosque.fr), sont aussi une aide à la diffusion. Les grands éditeurs américains l’ont bien compris : News Corporation, Condé Nast, Time Inc., Hearst et Meredith créant une joint-venture pour distribuer leurs versions électroniques. L’autre idée est de développer des offres à valeur ajoutée, notamment des services adaptés aux attentes de mobilité. Certes, l’attitude des consommateurs face aux versions numériques semble s’infléchir dans le sens du paiement pour de l’information spécifique, et il y est conduit par des offres “pack” innovantes (telle l’offre découverte à 19,90 € pour accéder aux contenus du Monde sur l’ensemble des supports), pour autant, la presse est loin d’y trouver un modèle économique. Et elle ne peut plus compter sur la seule publicité pour financer les nouveaux médias. Toute la difficulté de l’enjeu actuel – réussir le passage vers de nouveaux systèmes de diffusion et de monétisation – est qu’on n’en connaît pas encore les perspectives. G 05 Stéphane Bodier Dans son discours introductif, le Président de l’OJD a parlé de l’avenir du dénombrement, rappelant qu’il y a 20 ans, Jean Miot faisait déjà remarquer qu’il ne pouvait y avoir de calculs d’audience sérieux sans comptage. La presse est le média le mieux mesuré, le mieux contrôlé “ S 06 “ ’il y a bien quelque chose de changé depuis 20 ans, c’est la technologie, a déclaré Stéphane Bodier, et la technologie permet de tout compter ! Aujourd’hui le nombre d’exemplaires d’un payant, d’un gratuit, le nombre de visiteurs d’un site, d’une application iPhone ou Blackberry, demain le nombre de téléspectateurs de la télé, le nombre d’auditeurs d’une Web radio…” Prônant qu’en certifiant la vérité des chiffres, l’OJD est non seulement “un outil de défense et de l’illustration de l’écrit, mais encore un outil de développement de la presse”, il a exhorté les annonceurs et les agences à “ne plus dire que la télé est le média le mieux mesuré”, rappelant que la consommation télé de près de 65 millions de Français est mesurée au travers de 4 000 foyers audimétrés. “4 000, ce n’est pas le nombre d’exemplaires vendus tous les jours par un kiosque parisien ou sur une semaine par une maison de la presse de Cahors ! 4 000 versus 3 milliards de pub net en télé, cela fait 750 000 € l’audimètre, alors qu’au même moment 16 millions de foyers sont abonnés au câble ou au satellite et 11 millions ont l’ADSL… L’échantillon n’est-il pas suffisant pour faire du dénombrement ?” Affirmant qu’aujourd’hui, à travers l’OJD et ses études d’audience, “la presse est le média le mieux Patrick Bartement et Philippe Larroque mesuré, le mieux contrôlé, celui qui profite à plein de la convergence numérique”, il a prédit qu’elle retrouverait demain toute sa vigueur. En attendant, il a rappelé qu’elle s’est considérablement développée en 20 ans (lire l’édito page 1), et acté que “pour sortir de cette plus grande crise que le monde moderne ait connu, elle a su se réinventer encore plus qu’elle ne le fait chaque jour, et travailler à toujours plus de transparence pour démontrer aux annonceurs et aux agences ses forces”. En 2009, en effet, les éditeurs ont continué à “prendre des risques en changeant de formule, de format, de prix, à travers une application iPhone, une version Internet payante… À prendre des risques tout simplement en croyant à la presse comme les 30 nouveaux titres qui, en moins de deux mois, viennent de se lancer et d’adhérer à l’OJD”. G ” Retour en images sur les gagnants LE PHARE DUNKERQUOIS (Groupe Société Nouvelle Nord Littoral / La Voix du Nord) OISE HEBDO (Société de Presse de l’Oise) VIE PRATIQUE GOURMAND (Groupe Axel Sringer) ELLE (Groupe Lagardère Active) TERRE DE VINS (Société Journaux du Midi/ Groupe Sud-Ouest Midi Libre) RÉGAL (Groupe Uni Éditions) LES ÉCHOS (Groupe Les Échos) LA DORDOGNE LIBRE (Groupe Sud-Ouest) LE TÉLÉGRAMME (Groupe Télégramme) l’invité d’honneur des ÉTOILES DE L’OJD 2010 Franz-Olivier Giesbert C’est à un auditoire attentif que le Directeur de la publication du Point a fait partager ses réflexions sur le média presse. Il a appelé à ne pas battre en retraite sans livrer bataille et à se mobiliser, notamment sur le terrain de la distribution et de la préservation des contenus. Le Waterloo du papier n’est pas une fatalité ! “ ” “ L ongtemps, j’ai dit et répété que rien ne remplacerait jamais le papier et que nous aurions toujours besoin de son contact charnel, sinon sensuel… jusqu’à ce que je me rende compte, il n’y a pas si longtemps, que je commençais à ressembler à ces fabricants de carrosse qui expliquaient, au XIX e siècle, que les machines à vapeur ne marcheraient jamais, les automobiles pas davantage” a reconnu Franz-Olivier Giesbert, assurant toutefois que “l’écrit gardera une place, dans le monde qui vient […] car l’histoire de l’humanité est faite de ruptures, d’accélérations, de volte-face aussi”. Considérant donc que “l’écrit n’a pas dit son dernier mot”, il a déclaré que la profession “aurait tort de battre en retraite sans livrer bataille. S’il est annoncé, le Waterloo du papier n’est pas encore une fatalité, Grouchy va peut-être venir nous sauver, mais à condition, bien sûr, de lui préparer le terrain. Pour cela, nous devons d’abord nous battre pied à pied pour aider le réseau de diffusion à résister”. Rendant hommage à Rémy Pflimlin, le Directeur général de Presstalis, pour la revitalisation du réseau, il a rappelé l’importance stratégique de la vente au numéro : “C’est notre vitrine, notre sang, notre oxygène. Même au temps de l’iPad, nous aurons besoin d’elle, pour vivre, nous montrer, être mis en main.” Il a également mis en garde “contre certains vieux réflexes, ceux des économies administrées, qui consistent à tendre la sébile et à demander des aides, pour les restructurations des imprimeries, pour la modernisation, pour le développement de sites en ligne. De ce point de vue, nous sommes bien lotis, a-t-il assuré : la presse française est l’une des plus aidées …” Rappelant que “le bien le plus précieux d’un journal ou d’un groupe de presse, c’est l’indépendance, il a insisté : de grâce, ne la galvaudons pas en demandant l’obole aux pouvoirs publics. C’est une illusion de penser que la solution peut venir d’eux. Au lieu de rechercher des subsides auprès de l’État, nous devons d’abord commencer par nous aider nous-mêmes. En nous préparant au monde de demain, celui d’une information dématérialisée qui suivra le lecteur ou le client partout. En rationalisant et réduisant nos coûts, comme l’a fait le New York Times, qui vient de renouer avec le profit, malgré une baisse substantielle de ses ventes et une chute de près de 25 % de ses recettes publicitaires.” Une autre preuve qu’il n’y a pas de fatalité. réel retour sur investissement. Du coup, nous semblons creuser notre propre tombe.” D’un autre côté, il a affirmé qu’“Internet ne serait pas grandchose sans nous […]. C’est nous, gens du papier et de l’écrit, qui lui donnons la rigueur et la crédibilité.” Et de rappeler, avec l’exemple de Wikipédia, que l’information interactive, partagée et gratuite du Net est “souvent approximative…, quand elle n’est pas fausse, totalement fausse, ridiculement fausse”. D’où sa conclusion : “Si on veut être sûr de ce qu’on lit, rien ne vaut les bonnes vieilles marques d’autrefois.” Et pour preuve que les Internautes “ont besoin d’une information tamponnée, certifiée, sous le label d’un grand journal”, il a rappelé que selon le bilan Zeitgeist, les recherches les plus souvent saisies sur Google à la rubrique “Actualités”, l’an dernier, ont été les mots clés “Le Monde”, “Le Figaro”, “Le Parisien” ou “Libération”, bien avant ceux de “Sarkozy” ou “Obama”… “C’est dire si nous avons des armes pour affronter la mutation qui a commencé. Les armes du sérieux, de l’expérience, du professionnalisme et de l’identité.” “ Grouchy va peut-être nous sauver, à condition de lui préparer le terrain Pour Franz-Olivier Giesbert, l’exacerbation de la concurrence avec les lancements de Grazia, d’Envy puis de Be – dont on voit bien qu’ils élargissent le marché des féminins – est bien la preuve qu’il ne faut pas baisser les bras. C’est même, a-til dit “une leçon à méditer”. Un poil provocateur, il a rappelé : “Notre profession n’aime pas la concurrence. Elle préfère les chasses gardées. Or le malthusianisme, maladie sénile de la presse française, n’aura jamais été plus néfaste et plus nuisible que dans cette période de mutation totale. Cessons de nous enfermer dans des positions acquises, ces bastions dont nous avons fait des Bastille. Saluons, au lieu d’en avoir peur, tous ces nouveaux titres qui mettent de la vie dans les linéaires et remplissent les kiosques. Ne nous tournons pas vers l’État pour boucher nos trous : nous ne sommes ni la sidérurgie, ni les charbonnages. Pensons d’abord au réseau, créateur de lien social, qui est à la peine, mal rémunéré et écrasé, à cause de la loi Bichet, sous une avalanche de périodiques.” ” C’est nous, gens du papier et de l’écrit, qui donnons la rigueur et la crédibilité à l’Internet Il a conclu sur le principal défi pour l’avenir : “Ne plus nous faire voler nos contenus, comme c’est le cas aujourd’hui, et les monétiser en diversifiant nos modes d’accès vers nos lecteurs. Ce qui permettra, du coup, de diversifier aussi nos recettes. Ce défi, nous le relèverons en nous unissant contre les Google, les Microsoft ou les Ask.com qui pillent sans les payer les contenus de qualité qui nous ont coûté cher à produire”, a-t-il précisé dans un appel à l’unité des groupes de presse. Et décochant un coup de patte aux États Généraux de la Presse “qui n’ont pas servi à grandchose, sinon à nous garantir quelques subventions supplémentaires”, il a conclu : “Plutôt que de nous accrocher à nos vieilles lunes comme la loi Bichet, nous devons réfléchir ensemble, au plus vite, au meilleur moyen de défendre nos intérêts autour d’un nouveau modèle économique, avec des ‘marques globales’, face à ceux que j’ai déjà cités. Rien ne nous oblige à nous laisser encore longtemps tondre la laine sur le dos !” G “ ” Prônant que “le monde qui arrive aura toujours besoin de journalisme et de journalistes, il a insisté : Rien ne pourra remplacer notre métier, ce métier qui nous permet d’expliquer aux autres ce qu’on ne comprend pas toujours soi-même, mais qui est en même temps une école de la rigueur et de la vérification. Certes, Internet est un mode d’information de plus en plus utilisé. L’an dernier, 42 % des Américains se sont servi d’Internet pour s’informer, y compris en lisant les journaux. Dans le même temps, 33 % seulement, contre 50 % il y a 6 ans, ont choisi la presse écrite pour s’informer. Nous pourrions peut-être faire face, si Internet était rémunérateur. Or il ne l’est pas. Et nous vivons tous le même paradoxe : nous rentabilisons le papier, oui, mais pour quoi faire ? Pour basculer nos profits vers le Net qui, pour l’heure, ne nous permet pas d’espérer un 07 15 titres et 6 sites L E PA L M A R È S 2 0 1 0 (Chiffres 2009) se partagent 21 étoiles GAIN + 1 008 ex. (VA) + 524 ex. (VA) + 0,64 % + 4 576 ex. (VA) C AT É G O R I E GRAND PUBLIC Presse quotidienne P.Q.N. P.Q.R.D. TITRE Les Échos Le Télégramme La Dordogne Libre La Nouvelle République P.Q. DU 7e JOUR du Centre Ouest Dimanche Oise Hebdo Le Phare Dunkerquois Les Étoiles de l’OJD sont l’occasion de retrouver des habitués. Le cru 2010 ne déroge pas à la tradition : 11 des titres récompensés et 3 sites figuraient déjà dans les palmarès antérieurs. 4 titres entrent dans le palmarès – La Nouvelle République du Centre-Ouest Dimanche, Elle, Terre de Vins, Le Moci – et trois sites : Closermag.fr, Envionnement-online.com et Batiactu.com Presse hebdo régionale + 829 ex. (VA) + 14,83 % + 11 686 ex. (VA) + 7,25 % + 45 074 ex. (VA) + 39,61 % Presse Quotidienne • Les Échos. Une Étoile pour le quotidien cette année, une pour le site l’an passé. Nicolas Beytout, le PDG du groupe (lire l’interview ci-contre), y voit la preuve que “les deux médias peuvent croître l’un et l’autre, car nous avons continué à progresser sur Internet”. Pour Henri Gibier, Directeur de la rédaction des Échos, cette Étoile vient récompenser “un journal, qui a toujours privilégié l’investissement sur les contenus et qui croit aux journalistes, la rédaction en comptant près de 200”. Dans l’immédiat, les Échos se mobilisent sur l’iPad. • Le Télégramme. Cette 6e Étoile (en 7 ans) entérine la progression régulière du quotidien breton, notamment à l’est de sa zone de diffusion, dans le Morbihan et les Côtes d’Armor, où progresse aussi Le TélégrammeDimanche. Désormais à la 10e place des quotidiens français (et à la 7e des quotidiens régionaux), la montée en puissance du Télégramme est suivie sur le site qui, avec 2,2 M de visites par mois en 2010, a quasi doublé sa fréquentation en un an. En décembre, Le Télégramme a lancé Tébéo, une télévision locale sur la TNT. • La Dordogne Libre. 5e Étoile (1993, 2003, 2005, 2009 et 2010) pour l’un plus petits quotidiens de France avec ses quelque 6 500 exemplaires. Elle récompense “le choix assumé par le quotidien de privilégier trois fondamentaux : la vie locale, le sport local et l’info pratique locale”, expose son directeur Stéphane Vacchiani . Sa zone géographique – Périgueux et son agglomération – ne limite pas les ambitions du titre, qui vient de lancer sa nouvelle formule en février, avec des papiers plus courts, davantage d’entrées par page et une maquette plus moderne. La rédaction, en train de devenir bi-média, poste d’ores et déjà de l’info sur le mur Facebook du journal et “twitte” avant d’être sur le blog DL. • La Nouvelle République du Centre-Ouest Dimanche a connu un succès en deux temps. Lancée en novembre 2006, avec un format tabloïd et une formule plus magazine que quotidien du 7e jour, elle décroche l’Étoile grâce à son repositionnement, en mars 2009, sur une fonction plus en phase avec son ADN originel : l’actualité et le local. Elle vend désormais chaque weekend plus de 40 000 exemplaires. “Trois ans après son lancement, cette (suite page 12) Presse magazine HEBDOMADAIRES Elle Vie Pratique Gourmand Régal Terre de Vins MENSUELS Constance dans le succès (5 ans) P.Q. P.H.R. PRESSE MAGAZINE Aujourd’hui en France La Manche Libre Public + 23 780 ex. (VA) + 3 159 ex. (VA) + 81 988 ex. (VA) TECHNIQUE & PRO Constance dans le succès (5 ans) Batirama Le Moci + 3 457 ex. (VA) + 29,69 % INTERNET Sites grand public Sites techniques & pro (évolution 2009 versus 2008) caisse-epargne.fr + 61 086 451 visites closermag.fr + 261,11 % agriaffaires.com + 5 215 270 visites environnement-online.com + 136,80 % (évolution 2009 versus 2006) Sites grand public Sites techniques & pro lemonde.fr + 206 584 998 visites batiactu.com + 4 864 170 visites Les étoiles 2010 récompensent les meilleures progressions de diffusion réalisées en 2009 (France individuelle payée pour la presse grand public et totale pour la Presse technique et professionnelle). Pour les sites, c’est le cumul des visites annuelles qui est pris en compte 08 ÉTOILES DE L’OJD 2010 Nicolas Beytout Il est normal de faire payer la valeur ajoutée de l’information, selon le PDG des Échos, qui explique les raisons de la progression du quotidien économique. Tout en insistant sur la valeur de la marque... La Vérité des Chiffres : Comment expliquez-vous la progression des Échos? Nicolas Beytout : Nous progressons à la fois en diffusion et en audience et selon l’étude Epiq nous sommes même le seul quotidien à progresser en audience. J’y vois deux raisons : tout d’abord, la qualité du journal. Nous avons continué à investir sur la rédaction des Échos en qualité et en nombre de journalistes ainsi que sur la pagination et la valeur ajoutée des informations. Ensuite, nous avons été portés par une actualité assez favorable sur le plan économique et financier, mais cela n’explique pas tout, sinon tous les quotidiens en auraient profité ! On avait plutôt l’impression que vous aviez licencié ou non remplacé des journalistes… Nous n’avons pas fait de plan social. Nous avons eu des départs à la suite de l’ouverture de la clause de session que nous sommes en train de remplacer. Mais, et c’est important, à périmètre comparable, nous avons quasiment maintenu les effectifs. Par exemple, le supplément des Échos week-end a été réintégré dans le quotidien et comme nous en avons réduit la pagination, les journalistes qui travaillaient sur ces pages ont été placés sur d’autres rubriques. L’une des voies stratégiques de sortie de crise pour la presse, c’est d’être capable de générer de l’information qui ne soit pas quelconque et disponible gratuitement un peu partout, et parfois n’importe où. C’est pourquoi il est important de miser sur la qualité de la rédaction ! De ce fait, je pense que même sur une info lambda, la force de la rédaction des Échos et la force de la marque lui donnent une valeur qui permette de la vendre. Quel regard portez-vous aujourd’hui sur le débat site payant/site gratuit ? Je pense qu’il faut faire payer chaque fois que c’est possible et ce principe sous-tend notre stratégie. Nous avons opéré une fusion des rédactions il y a 18 mois ; il n’y a plus de rédaction papier et de rédaction Internet, mais une rédaction unique mul- Il faut faire payer chaque fois que c’est possible “ rogression Meilleure p PQN bsolue : En valeur a plaires em + 1 008 ex timédia, avec une nouvelle organisation. Nous avons créé des postes d’éditeurs Web dans la rédaction, mis en place une nouvelle grille de salaires, signé un nouvel accord sur les droits d’auteur conformément à la loi Hadopi et pour l’instant, nous sommes les seuls à l’avoir fait. Nous avons demandé aux journalistes d’accepter un avenant à leur contrat de travail avec cession des droits d’auteur : nous n’avons eu qu’1 % de refus sur 200 journalistes. Enfin, depuis décembre dernier, nous vendons de façon très strictement couplée la version papier + Internet à un prix supérieur à celui du quotidien seul. Et dès lors que vous êtes abonné, vous avez accès aux Échos sur tous les supports numériques, y compris l’iPhone, sur lequel nous n’avons pas voulu que l’information soit gratuite. Vous avez qualifié l’année 2009 d’“épouvantable” pour le groupe. La faute à la pub ? En un an, la publicité qui représentait 60 % de notre revenu a baissé de 25 %. Et même si aujourd’hui, nous avons quelques signaux d’une très légère reprise de l’activité publicitaire, nous avons construit notre plan stratégique à trois ans extrêmement prudemment, en nous calant sur un retour très lent de la publicité. Vous insistez sur la valeur de la marque… La marque Les Échos agit comme un point de référence. Elle induit un journal de qualité dans un univers où l’on a connu l’irruption de multiples médias concurrents. L’un des aspects le plus important du travail d’un éditeur aujourd’hui, c’est de développer la valeur de sa marque sur le papier pour la rendre visible et forte sur Internet. C’est aussi de la décliner sur des produits dérivés, pour autant qu’ils restent dans l’univers de la marque principale. ” CA additionnel sur les produits dérivés et sur le numérique, notamment en modifiant le réglage entre ce qui est payant et ce qui est gratuit. Selon vous, que reste-t-il aujourd’hui des États Généraux de la Presse écrite ? Depuis les États Généraux, le contexte a radicalement changé. Il s’est dégradé de façon brutale et profonde. On peut interpréter leur effet de diverses façons. La première consiste à imaginer ce qui se serait passé s’ils n’avaient pas eu lieu : à cet égard, beaucoup de situations seraient aujourd’hui catastrophiques ! On peut aussi se dire que, malheureusement, ce qui a été prévu est désormais insuffisant si l’on considère que les États Généraux avaient avant tout pour objectif de remettre à niveau la capacité du secteur économique à gagner de l’argent. Pour ma part, j’y vois aussi un décalage. Il y a un an, les pouvoirs publics comprenaient qu’il fallait aider la presse écrite à survivre dans la révolution numérique. Or parallèlement, de nombreux sites pure players ont été aidés à financer leur croissance. Aujourd’hui, alors que la crise s’est accélérée, il est probable que le coup de main donné aux journaux pour aider leur mutation est insuffisant, mais que les aides données à des sites Internet sont excessives, car ils sont, eux, portés par l’évolution du marché vers le numérique. Voyez-vous des raisons d’être optimiste ? Oui, parce qu’une période comme celle que nous vivons voit certes une fragmentation des contenus, mais aussi la naissance de nouvelles activités. Si les grands médias ne sont pas trop maladroits, ils peuvent grandir encore plus vite. Et pour peu que nous ne nous trompions pas dans la stratégie consistant à faire payer nos contenus parce qu’ils ont une valeur ajoutée, nous pouvons espérer être dans ce mouvement ascendant, dans cette économie où les cycles sont aujourd’hui beaucoup plus courts. G les gagnants... Le retour à l’équilibre est annoncé pour 2011. Comment comptez-vous y parvenir ? Nous allons le faire en progressant légèrement au niveau du chiffre d’affaires sur le quotidien, en réduisant encore quelques coûts et en générant du LA NOUVELLE RÉPUBLIQUE DU CENTREOUEST DIMANCHE (Groupe NRCO) Environnement-online.com Agriaffaires.com Closermag.fr (Groupe Mondadori) 09 Nous investissons à la fois en croissance externe et organique “ en travaillant notre structure d’audience. Cette décision était prévue de longue date ; elle est la dernière étape du projet global élaboré pour Elle en 2006. Il prévoyait auparavant de créer davantage de proximité (nous l’avons fait à travers les éditions régionales), puis d’événementialiser le journal (nous avons augmenté les thématiques et été plus réactifs à l’actualité), enfin, de rajeunir le contenu (d’où de nouvelles rubriques). Vous venez de lancer Be, quelle est votre politique en matière de croissance ? En 2008, nous avions acquis le groupe Massin et finalisé l’acquisition de Psychologies. Aujourd’hui, nous lançons Be. Notre stratégie de développement est d’investir à la fois en croissance externe et organique. Dans notre axe de portefeuille, nous ne sommes pas en défensive mais en croissance. Ainsi, Art et Décoration a repris une diffusion à la hausse, Maison et Travaux aussi, Psychologies a stabilisé sa diffusion en 2009 et se relance en 2010. spécificités : Public n’est pas un magazine de révélation, mais de scénarisation, qui délivre une actualité people de façon positive, avec du recul et de l’humour. Quelle complémentarité magazine/site Internet ? Public a un lectorat jeune, très consommateur du Net et il a été un précurseur en matière de sites. Il a créé dès 2007 une Web TV, Publictv.fr, et a été parmi les premiers à intégrer de l’animation vidéo… En 2008, Public.fr a rejoint Premiere.fr, le portail entertainment qui est au cœur d’une stratégie plus globale de Lagardère Active, qui rassemble aussi le cinéma, la télévision et la musique. Aujourd’hui, nous nous posons la question de savoir comment faire émerger la marque Public au sein de ce portail, sachant qu’elle représente 1,5 million de VU sur les presque 4M de VU de Premiere.fr. Plus globalement, comment s’est passé 2009 ? Dans un marché assez chahuté, 2009 a été une bonne année pour nous. Dans tous les univers de presse nous avons gagné des parts de marché ou été dans la tendance du marché. Depuis plusieurs années, notre stratégie tourne autour de trois axes : le féminin, l’art de vivre et les grands hebdos. Justement, vous avez aussi gagné une étoile pour Elle… C’est la quatrième année que Elle progresse en diffusion, en particulier sur la vente au numéro, ce qui nous réjouit particulièrement. Vous avez fait passer le prix à 2 €, avez-vous vu un effet prix ? Oui, car Elle est actif sur le marché des jeunes femmes, très guidé par le prix, et dernièrement le prix de marché des féminins haut de gamme s’est orienté vers 2 €. Le fait d’avoir un prix adapté nous permet de progresser en diffusion – et la progression du magazine s’accélère encore en 2010 – tout Comment avez-vous orchestré le lancement de Be dans le réseau ? En nous déplaçant, en faisant un tour de France du réseau auquel nous sommes allés présenter la marque et ses différentes expressions. Nous avons expliqué les différentes séquences : le lancement du site Internet, de l’appli iPhone, puis du magazine et des autres expressions de la marque. Nous avons été extrêmement soutenus par l’ensemble du réseau de la vente qui a bien compris la cohérence et le sens de notre démarche, et qui apprécie que des éditeurs poussent une cible jeune à fréquenter les kiosques. Nous avons eu une grosse présence promotionnelle au point de vente et nous avons fait un partenariat avec l’enseigne H&M, consistant à une distribution limitée dans des quantités raisonnables du numéro 1, la veille de son lancement (35 0000 exemplaires sur les 500 000 mis en place). Que disent les premiers chiffres de vente ? Nous les publierons bientôt, une fois qu’ils auront été déclarés à l’OJD. Nous ferons des Déclarations Déposées, tous les mois. Comment la presse magazine peut-elle tirer parti de ses faiblesses et de ses atouts ? On parle toujours de la presse en général, or il est difficile de globaliser ce métier. Dans notre stratégie de groupe, nous intégrons le fait que lorsque la presse a simplement une utilité, un service, un usage, elle a fort à faire avec la concurrence d’Internet et des gratuits. Les titres qui ont cette valeur de service ont intérêt à travailler à une mutation plus importante sur le numérique. Quand un contrat de presse est plutôt une relation, un capital d’image et d’émotion qui dépassent une simple utilité, on a un vrai potentiel de croissance, et il est possible de développer une marque média sur cette valeur de relation. G Lesouëf ” Bruno Quelques jours après le lancement de Be, le Directeur général des publications presse magazine France de Lagardère Active a reçu deux étoiles, l’une pour Public, l’autre pour Elle. C’est l’occasion de faire le point sur l’actualité magazines du groupe. La vérité des Chiffres : Public remporte sa 4e étoile, la deuxième pour la “Constance dans le succès”. Néanmoins, l’année 2009 a été difficile pour la presse people… Bruno Lesouëf : Entre 2003 (date du lancement de Public) et 2008, le marché de la presse people avait quasiment doublé. Après cette progression spectaculaire, il était assez logique qu’il connaisse un léger tassement. Le people, c’est une nouvelle écriture, des concepts plus futiles assumés par une nouvelle génération de lectrices et, en fait, cela annonçait l’arrivée de nouveaux concepts féminins. Public a connu la meilleure évolution dans son univers et, en 2009, il est passé deuxième, se situant sensiblement au-dessus du leader historique (Voici). Quelle a été votre politique sur ce titre ? Public a maintenu un investissement significatif en communication, avec une baisse de prix environ une fois par mois. Ces baisses correspondent à des moments stratégiques et sont soutenues par un investissement en télévision. Mais surtout, Nicolas Pigasse, le directeur de la rédaction, a fait évoluer la formule éditoriale en intégrant de nouvelles rubriques sur la mode, la beauté, le look, accentuant le côté déjà très féminin du magazine. Ce travail sur la dimension féminine du titre, qui est notre axe prioritaire, s’est aussi traduit par le lancement de “Public Look”, qui est paru deux fois en 2009. Par ailleurs, nous continuons à travailler nos les gagnants... Caisse-epargne.fr LE MOCI BATIRAMA (Groupe BIP Information Professionnelle) AUJOURD’HUI EN FRANCE (Groupe Amaury)
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