Magazine Femmes pour toujours Numéro d'avril 2011 - Page 1 - raS le bol deS régimeS ! la mauvaiSe haleine Spondylarthrite ankyloSante Avril2011 Dossier Hormones & ménopause Santé et Bien-être de la Femme et du Couple Édito Le printemps est là avec les premiers rayons de soleil. L’hiver a été rude et nous sommes bien décidés à déclencher le plan « Remise en forme ». La plupart de nos chers magazines féminins publient chaque année à grand renfort d’exemples significatifs et de publicités « alléchantes », (Je n’ai pas dit mensongères) les tous derniers « top régimes » : Perdez 5 kg en 8 jours et retrouvez votre silhouette de jeune fille pour arpenter avec fierté les plages de vos vacances ! Notre rubrique « Vestiaire pour femmes & hommes » nous apporte la preuve de l’aversion pour la plupart d’entre nous pour ce terrorisme anti kilos. Alors, si nous ne sommes pas maigrissimes et si notre cellulite est indélogeable, soyez rassurée, les hommes nous aiment ainsi. Une enquête de trottoir a clairement exprimé leurs aspirations : "une jolie femme avec des rondeurs, rien de tel pour nous inspirer l’Amour". Nanties de ces bonnes nouvelles, n’en profitons pas pour courir avaler un énorme éclair au chocolat si cher à notre estomac. Nous savons désormais de source sûre en lisant l’article du Dr Jean Michel Lecerf que les régimes peuvent avoir des conséquences délétères pour notre belle santé. Nous ferons désormais de ces affirmations notre cheval de bataille et allons apporter la bonne parole à nos bonnes copines. Avec beaucoup plus de gravité, il nous est apparu nécessaire d’aborder ce mois- ci, le sujet bien trop méconnu de la redoutable spondylarthrite ankylosante, douloureusement vécue, et qui suscite de la part des patients un sentiment d’exclusion et pire encore, l'incompréhension fréquente de son entourage. Plein feu sur cette maladie qui touche en France plus de 300 000 personnes de tout sexe et âge confondus et sur l’association qui en a fait son combat quotidien. Et puisque l’été approche, petites robes légères oblige, privées pour quelques mois de nos leggings « cache-misère », ne manquez pas de vous imprégner des toutes dernières techniques du traitement des jambes lourdes. Vive le printemps ! Amicalement vôtre. Françoise Nicole-Kremer Rédactrice en chef Présidente fondatrice de Femmes pour toujours Comité SCientifique La présence du Conseil scientifique symbolise pour l'association « l’éthique » quant aux informations qu'elle souhaite diffuser et aux actions qu'elle doit mener. Pr Marie-Claude AUMONT Cardiologue Pr. Etienne Emile BAULIEU Professeur au Collège de France Pr. Alain BELLAVOIR Chirurgien maxillo-faciale Pr. Yves CATONNE Chirurgien orthopédiste Pr Patrice FARDELLONE Rhumatologue Pr. Michel FAURE Dermatologue Pr. Françoise FORETTE Gériatre Pr. André GORINS Gynécologue oncologue Pr. François HAAB Chirurgien urologue Pr. Gilbert LAGRUE Tabacologue Pr. Patrice LOPES Gynécologue Pr. Robert MARTY Anatomo-cytopathologiste Pr. Maurice MIMOUN Chirurgien esthétique - Plasticien Pr. Patrice MOREL Dermatologue Pr. Gisèle SOUBRANE Ophtalmologiste Pr. Claude SUREAU Membre de l'Académie de Médecine Dr. Françoise BAIGTS Nutritionniste Dr. Daniel BENITAH Chirurgien dentiste Dr. Philippe BRENOT Psychiatre et anthropologue Dr. Catherine CORMIER Rhumatologue Dr. Daniel DELANOE Psychiatre - Anthropologue Dr. Anne DUCELLIER-ORLOWSKA Radiologue en gynécologie Dr. Evelyne DRAPIER-FAURE Gynécologue Dr. David ELIA Gynécologue Dr. Patrick GEPNER Rhumatologue Dr. Jean-Claude HAGEGE Chirurgien plasticien et esthétique Dr. Michèle LACHOWSKY Gynécologue et psychosomaticienne Dr. Philippe LEBAR Radiologue Dr. Sylvain MIMOUN Gynécologue Andrologue et psychosomaticien Dr. Alain TAMBORINI Gynécologue Dr. Frédéric VIN Angéiologue Fondée et présidée par une femme non médecin en septembre 1998, l'association Femmes pour toujours s'est donné pour voca- tion d'être un trait d'union entre les Femmes, le Corps médical, les Sociétés savantes et les Pouvoirs publics. Le Magazine Femmes pour toujours est une publication éponyme de l'association Femmes pour toujours, agréée par le Ministère de la santé. Présidente-Fondatrice : Françoise Nicole-Kremer Magazine Femmes pour toujours BP 172 - 94305 VINCENNES cedex 08 26 62 31 95 N° indigo Internet : www.femmes-pourtoujours.com Ecrivez-nous : courrierdeslecteurs@femmes- pourtoujours.com Directrice de la publication Rédactrice en chef : Françoise Nicole-Kremer Ont participé à la rédaction de ce numéro : Alanne Delon, Roxanne Ducellier, Anne-Laure Demezuck, Martine Dos Santos, Ornella Guarnieri, Amina Djedidi…. Maquette : Antoine Falligan Source photos : FPT - Getty images – Fotolia Les manuscrits insérés ou non, ne sont pas rendus. Toute reproduction est interdite. N° de commission paritaire : N° 1011 G 89975 Comité éditorial iste du n° d’Avril 2011 Dr Françoise Baigts, Dr Marianne Buhler, Dr Véronique Narboni, Pr André Gorins, Pr Etienne-Emile Baulieu, Pr Philippe Bouchard, Pr, Pr Saddek Laoussadi, Dr Daniel Benitah, Dr Jean Michel Lecerf, Dr Jean François Uhl, Yvon Dallaire, Hervé Julien, Gil Mennetrey, Pierre Pallardy, Association ACSAC Santé et Bien-Être de la femme et du couple De nombreux spécialistes font également partie du Conseil scientifique des délégations régionales. La liste n'est pas exhaustive. Vous souhaitez donner votre avis et faire part de votre expérience quant aux difficultés que vous avez pu rencontrer dans le traitement d’une maladie, les effets indésirables provoqués par un médicament ou un problème de communication avec votre médecin, Vous souhaitez témoigner anonymement et exposer votre cas dans le cadre d’interviews dans notre magazine. Écrivez-nous : Magazine Femmes pour toujours ServiceTémoignages - BP 172 - 94305 Vincennes cedex Courriel : redaction@femmes-pourtoujours.com Exprimez-vous ! Sommaire avril/mai Votre médecin et vous 6 La spondylarthrite ankylosante - En partenariat avec l'association ACSAC France 15 Jambes lourdes ? Connaît pas ! - Dr Jean François UHL et Hervé JULIEN 21 Le printemps arrive : Gare aux allergies - Dr Véronique NARBONI 24 Perte des cheveux : Tout est encore possible ! - Dr Gil Mennetrey 30 Mammectomie, et alors ? - Pr André GORINS Psychologie 33 Dysfonctions érectiles : Pas de panique - Yvon Dallaire DOSSIER 38 Hormones et déclin cognitif - Pr Etienne-Emile Baulieu 41 Les œstrogènes sont-ils le traitement du déclin cognitif ? - Pr Philippe Bouchard 44 Traitements de la ménopause quoi de neuf ? - Dr Marianne Bulher Nutrition 49 Dès que le printemps revient...Ras le bol des régimes - Dr Françoise Baigts 52 Les régimes condamnés ? 54 Recettes de nos lectrices Beauté et esthétique 56 Mauvaise haleine - Dr Daniel BENITAH 60 L'huile d'Argan - Roxane Ducellier 64 Les petits secrets et rituels de beauté de l’Orient - Alanne Delon Bien-être et forme 70 Gymnastique de préparation au sport - Pierre Pallardy Zoom sur… 76 Une association à la une : l’ACSAC 77 Banc d'essai 78 Quoi de neuf ? 79 Nouveaux produits – Nouvelles techniques - Amina Djedidi Reportages et témoignages 73 Exprimez-vous ! 74 Vestiaire pour femmes 75 Vestiaire pour hommes Sommaire Loisirs et détente 80 A ne rater sous aucun prétexte ! - Anne- Laure Demezuck « disponible gratuitement sur internet » www.femmes-pourtoujours.com 6 - www.femmes-pourtoujours.com - avril 2011 - Femmes pour toujours Deuxième des grands rhumatismes inflammatoires chroniques par sa fré- quence et sa gravité, la spondylarthrite ankylosante est dix fois moins fréquente que la polyarthrite rhumatoïde. Elle représente tout de même 85% des rhuma- tismes des hommes de moins de 30 ans, le sujet présentant dans 90 % des cas l'an- tigène HLA B27. Femmes pour toujours a souhaité apporter un éclairage sur cette maladie qui attein- drait de 0,2 à 0,5 % de la population avec plus de 300 000 malades en France. La spondylarthrite ankylosante, qu’est ce que c’est ? La Spondylarthrite Ankylosante (SA) est une forme inflammatoire chronique d’arthrite (appelé aussi de rhumatisme) qui touche principalement les arti- culations de la colonne vertébrale. L’inflammation, l’enflure et l’irritation provoquent des douleurs et une rigidité dorsales. Au fil du temps, les personnes qui souffrent de SA ont tendance à être voûtées, ce qui provoque une courbure du dos. Dans les cas graves, les vertèbres peuvent se souder les unes aux autres et causer le raidissement de la colonne. Il en résulte une perte majeure de mobilité. L’inflammation des tendons et des ligaments qui relient et soutiennent la colonne vertébrale peut occasionner des douleurs et une sensibilité dans les côtes, les omoplates, les hanches, les cuisses, les tibias, et le long de l’épine dorsale. Toutefois, le principal problème causé par la SA se situe dans les articulations du bas du dos (qu’on appelle les articulations sacro-iliaques), à la jonction de la colonne vertébrale et du bassin. Souvent associée à une autre spondylarthropathie comme les MICI (maladies inflammatoires chro- niques de l’intestin) ou le psoriasis, il est difficile de donner le nombre exact de personnes malades. Les statistiques sont difficiles à établir du fait d'un diagnostic long et parfois compliqué. De plus, il existe des formes mélangées où la SA n'est peut-être pas la plus importante. Le diagnostic de la SA est difficile, long et com- pliqué (HLA B27 négatif ou arthrite réactionnelle engendrée par une infection « cachée » par les traitements). A titre s’exemple, une personne présentait une infection au niveau d'un sinus provoquée par une La spondylarthrite ankylosante On n’en parle pas suffisamment… Votre médecin et vous Femmes pour toujours - avril 2011 - www.femmes-pourtoujours.com - 7 remontée de pâte dentaire dans le sinus, au cours d’un soin chez le dentiste ; ceci générait une arthrite réactionnelle qui s'ajoutait à la SA; Le sinus soigné, cette personne est passée du fait de ne plus pouvoir faire de nombreux actes de la vie courante seule et conduire sa voiture, à une vie presque normale. Ses causes Elles ne sont pas totalement connues mais on croit qu'elles sont, au moins en partie, attribuables à un facteur de prédisposition génétique. En Scandinavie septentrionale (Laponie), 24 % des gens sont HLA-B27 positifs alors que 1,8 % sont atteints de spondylarthrite ankylosante. Un terrain génétique prédisposant (HLA B27 ou autre) et un déclencheur lié à l'environnement sont nécessaires: infection mais aussi stress, choc émo- tionnel voire physique. Dans le cas du gène HLA B27, il subit une modifica- tion par l'ajout d'une protéine dans une partie du gène bien adaptée à cela (forme de selle de cheval disent les généticiens). Ce gène ne recon- naît plus son organisme et le prend pour un agresseur, d'où lutte du HLA B27 (gène du système immunitaire) pour exterminer ce qu’il considère comme un intrus (l'organisme). La transmission génétique est compliquée et le terrain génétique peut sauter une génération. Si les 2 parents sont B27 positif, ils transmettent aux enfants mâles le B27, mais pas forcément la maladie. La SA frappe plus communément les personnes ayant des antécédents familiaux de cette affec- tion. En ce qui concerne les personnes dont les gènes les prédisposent à la SA, les spécialistes croient qu’elle est « déclenchée » par quelque chose dans leur entourage, possiblement une infection. Le système immunitaire répond à ce déclencheur en produisant des substances chimiques qui causent l'inflammation de la colonne vertébrale et d'autres articulations du corps. Il n'y a aucune évidence, toutefois, qu'une infec- tion est à l'origine de l'affection. On sait aussi que les personnes qui ont, sur la surface de leurs cel- lules, une molécule désignée HLA B 27, courent un plus grand risque de contracter la SA. La HLA B 27 peut se transmettre des parents aux enfants et bien qu’elle augmente le risque de SA, toutes les personnes qui en sont porteuses n'en seront pas forcément atteintes. Ses symptômes Ils varient d’une personne à l’autre. Certains patients n’ont que des épisodes occasionnels de douleurs dorsales. D’autres souffrent de douleurs dorsales chroniques plus graves qui peuvent, au fil du temps, entraîner une rigidité de la colonne. Presque tous les cas de SA sont assortis d’épisodes de douleurs sévères et de périodes de rémission lorsque le problème s’estompe. La spondylarthrite ankylosante débute entre 20 et 40 ans par des douleurs au bas des reins (lombalgies) Dans 10 à 20% des cas, la maladie est associée à une autre affection “ “ 8 - www.femmes-pourtoujours.com - avril 2011 - Femmes pour toujours ou des douleurs dans les fesses, dans la moitié des cas. Les douleurs ne sont pas calmées par le repos mais au contraire sont plus importantes la nuit et le matin au réveil et résistent à l'aspirine. Se cambrer vers l’arrière peut alors devenir doulou- reux et inconfortable. Aussi, les personnes qui souffrent de spondylarthrite ankylosante ont tendance à dormir en boule parce que cette position leur semble plus confor- table. Au fur et à mesure que la SA évolue, le cou peut lui aussi être touché, et les personnes atteintes peuvent alors avoir du mal à regarder par-dessus leur épaule. Dans 10 à 20% des cas, la maladie est associée à une autre affection : Un syndrome oculo-urétro-synovial (OUS), affec- tion chronique caractérisée par l'association d'inflammations oculaire, urétrale ou digestive et articulaire), Une maladie intestinale chronique, Un rhumatisme psoriasique... D'autres fois, les symptômes révélateurs sont : Une sciatique, Des douleurs rachidiennes, Une arthrite périphérique, Une douleur inflammatoire du talon. Les personnes atteintes de SA peuvent aussi éprouver de la fatigue et subir une perte de poids et d'appétit. Les symptômes de cette maladie ont tendance à apparaître et à disparaître, aux périodes dépour- vues de symptômes succèdent des poussées d'inflammation intense. Son évolution Elle est variable, mais plus la maladie se déclenche jeune, plus elle risque d'être évolutive. Le problème est que le temps moyen de diagnostic est de 7 ans. Bilan: certains sont diagnostiqués très vite surtout en cas de forme familiale, d'autres sont assimilés au "mal de dos" (mal du siècle) et parfois jamais réel- lement diagnostiqués (rhumatisme psoriasique diagnostiqué à 70 ans alors que tous les symp- tômes existaient depuis longtemps). Il existe différentes évolutions de la maladie. Elle peut : ELIANE – 50 ans - Paris Biensûr,depuismaintenant4ans que la SPA (Spondylarthrite Ankylosante),estmonquotidien, je réalise a posteriori, que des tas de signes d’« avant » s’expliquent. Comme pour beaucoup de malades, le diagnostic de la maladie n’est pas toujours évidentetc’estunelonguecroisadequis’imposeànousdès que les premiers signes se manifestent. Pour moi ils datent de … 25 ans environ ! On a tout recherché et tout envisagé pour expliquer les symptômes douloureux : croissance, dépression, grossesse, trop de sport, pas assez… Bref le portrait même de l’hypocon- driaque ! Alors pouvoir enfin mettre un nom sur mes douleurs géné- ralisées, a été un soulagement. J’ai navigué entre de nombreux spécialistes, essayé de m’adapter à l’ensemble des thérapies existantes, en fonction des effets bénéfiques ou délétères. Seul le patient arrive à bien cerner les molé- cules qui lui conviennent le mieux. Aujourd’hui, les rhumatismes sont si invalidants que j’ai dû prendre un congé de longue maladie, je l’accepte comme un bienfait. Avoir pour moi tout le temps pour me soigner, me reposer et même vivre, et non pas survivre. Et pourquoi pas… démarrer une nouvelle vie ? témoignage C’est une longue croisade “ “ Votre médecin et vous Femmes pour toujours - avril 2011 - www.femmes-pourtoujours.com - 9 Soit se faire sous forme de poussées inflammatoires totalement régressives qui ne s’accompagnent jamais de complication (pas d’ankylose, ni d’atti- tude vicieuse pour l’atteinte axiale, pas d’atteinte cartilagineuse en cas d’arthrite périphérique, pas de trouble de la vision en cas d’uvéite), C’est la forme la plus fréquente, Soit se faire sous forme de poussées évolutives avec complications pour certaines localisations, Soit sous forme d’une maladie inflammatoire chronique sans période d’accalmie. Existe-t-ildesdifférencesentrelaspondylarthrite del’homme,delafemmeetdel’enfant? Oui, mais entre l’homme et la femme, il y a assez peu de différence. La spondylarthrite de la femme se manifeste le plus souvent par des arthrites péri- phériques ; le diagnostic de l'atteinte axiale est souvent plus long à faire. La spondylarthrite chez l'enfant n'est pas rare puisque 15 à 20 % des spon- dylarthrites débutent avant l'âge de 16 ans. La maladie débute alors autour de 10-12 ans et touche préférentiellement les articulations périphé- riques (pieds, genoux, hanches). À l'âge adulte, 40 % de ces spondylarthrites restent évolutives. Quelle est l’espérance de vie d’un patient souffrant de spondylarthrite ? Le caractère bénin de cette affection se traduit le plus souvent par une espérance de vie similaire à celle de la population générale. Bien entendu, en cas de maladie sévère, et notamment en cas d’atteinte cardiaque ou pulmonaire. Dans ce cas là, l’espérance de vie peut alors être diminuée. Le traitement Bien que l'on ne puisse pas guérir la SA, on peut la prendre en charge au moyen de médicaments, de la chirurgie, de la physiothérapie et/ou de l'exercice afin d’améliorer son état et de soulager la douleur. MATHIEU G. 24 ans Caen LaSPAatotalementchangémavie. Plus jeune, j’étais sportif à très bon niveau, je pratiquais quotidiennement. La SPA m’a fait tout abandonner. J’ai tout de mêmedûattendre4ansetunedépression,avantqu’onme la diagnostique, et ce, le jour où j’ai changé de médecin... J’avais alors 21 ans. Depuis, j’ai vécu des périodes de crises aigües et des périodes sans douleurs. Au-delà des douleurs purement physiques, l’impact psy- chologiquedûàunesouffrancequotidienneestimportant. J’ai toujours beaucoup de mal a en parler autour de moi. Encequiconcernelaprisedemédicaments,lesanti-inflam- matoires n’ont souvent aucun effet si ce n’est sur mon estomac… Depuis 3 mois j’en ai changé 5 fois sans aucun résultatpositif.Jesuissoulagétemporairementparlesantal- giques. Auquotidien… Combiendefoism’est-ilarrivédemeréveillerenpleinenuit à cause d’une douleur ? Combien de nuits ai-je passé à essayer de dormir sans y arriver ? J’ai toujours une angoisse à chaque fois que je vais me coucher car si ce n’est pas en pleine nuit c’est au réveil que les choses se compliquent. En effet, il y a une chose que les médicaments ne calment pas chez moi, c’est le dos bloqué ou raide, et les douleurs au lever, c’est très difficile à gérer. Mais la SPA vous apprend à vous battre, chaque jour ! Je ne me laisse pas abattre et je fais du sport presque quoti- diennementmêmesic’estparfoisdifficile.Etsurtout,jevais beaucoup mieux depuis que je fais du sport… témoignage 10 - www.femmes-pourtoujours.com - avril 2011 - Femmes pour toujours Votre médecin et vous Le traitement repose sur le repos, la rééducation fonctionnelle et les médicaments. Le repos est indispensable, en particulier au moment des poussées, La kinésithérapie active avec gymnastique respiratoire et posturale est également très importante pour éviter des déformations. Ainsi, certains exercices permettent d’améliorer sa souplesse et d’accroître ses forces et sa mobilité, Les médicaments sont quant à eux déterminants dans le traitement de la crise et éventuellement dans le traitement de fond de la maladie. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont utilisés en première ligne lors des poussées. Une association antalgique de paracétamol et de dextropropoxyphène est parfois prescrite en com- plément lorsque les AINS seuls sont insuffisants pour réduire la douleur due à l'inflammation. Un traitement local sous forme d'infiltration (injec- tion intra-articulaire) de corticoïdes ou une synovitorthèse (injection intra-articulaire de subs- tances chimiques visant à détruire la membrane synoviale enflammée) sont aussi parfois pratiqués. Dans certains cas (cas très sévères ou pathologie associée : psoriasis, rectocolite hémorragique, etc.), un traitement de fond peut être prescrit. Pour les formes de la maladie qui sont très défor- mantes et ankylosantes, un recours à la chirurgie orthopédique peut s'avérer nécessaire. La chi- rurgie peut s’utiliser pour réparer le dommage aux articulations ou mettre en place une prothèse pour remplacer des zones endommagées. Par exemple, certaines personnes souffrant de SA peuvent avoir besoin d'une prothèse de hanche. Robert X, 60 ans, Languedoc Roussillon Les douleurs de dos me réveillent régulière- ment. Les médecins parlent d'arthrose, mais une usure à 30 ans ? En pleine nuit, je suis obligé de m'asseoir dans le lit car couchée la douleur est insupportable, et finalement, la fatigue l’emporte et je m’endors assis. Les AINS sont efficaces, et personne ne sait mettre un nom surceproblèmejusqu’àunebanaleradio7ansplustardoù l’on note des syndesmophytes: j’ai une spondylarthrite ; durant ces années je suis passé doucement de l’annonce, à l'acceptation de ma maladie. 30 ans plus tard, je consomme des AINS et des antalgiques enfonctiondesdouleursetjefaisdelarééducationchezun kinésithérapeute régulièrement, mais la maladie est calme. Mis à part une légère raideur en haut du dos, une capacité thoraciquediminuéede30%,laviecontinueetjesuisarrivé à60ansetlaretraite.Plusderéveilnocturne,etilya20ans, j'ai même fait des travaux de force dans ma maison en construction: béton, carrelage, jardinage, déplacement de mobiliers, mais avec précaution. Depuis plusieurs années, je pratique 1 heure de tennis de tableenloisirchaquesemaineavecmonépouse,entrainéà cela au début par notre fils aîné. Le seul problème: un père et une mère HLA B27, tous les 2 atteints de spondylarthrite ont donné 2 garçons qui ont déclenchélamaladievers18ans,maisdiagnostiquérapide- ment. Alors en parents responsables, nous avons les yeux surlesenfants,guettantlesignerévélateurd'uneévolution de leur maladie. témoignage “Bien que l'on ne puisse pas guérir la SA, on peut la prendre en charge au moyen de médicaments, de la chirurgie, de la physiothérapie et/ou de l'exercice afin d’améliorer son état et de soulager la douleur“ Votre médecin et vous Femmes pour toujours - avril 2011 - www.femmes-pourtoujours.com - 11 3 questions au Professeur Saddek LAOUSSADI Pr Saddek LAOUSSADI, Médecin des Hôpitaux de Paris. Adjoint du Chef de Service de Rhumatologie A de l’Hôpital Cochin, AP-HP (1987-2008. Coordonnateur du Consortium Européen de Recherches sur la SPA et Secrétaire Général d’EUROAS association loi 1901, dont l’objet social est de promouvoir la recherche sur les spondylar- thropathies. Fondateur du site « euroas.org » et de son forum destiné à répondre à toutes les questions des malades. Quel est l’impact social et familial de la SPA ? La souffrance du patient est importante dans la journée comme dans la nuit. Elle perturbe le sommeil et détériore la qualité de vie. A la longue, elle peut même provoquer une véritable dépression réactionnelle et détruire la vie personnelle, professionnelle, sociale et familiale. Il est fréquent de constater que l’entourage ne comprend pas la maladie car elle ne se voit pas. Et, tout ce qui n’est pas vu est suspect. C’est là, un autre fardeau très important de la maladie. D’autant que le diagnostic de la maladie est souvent posé avec retard. Dans l’intervalle, nombre de malades se sont entendus dire que leurs douleurs étaient d’ordre psychologique ! Dans ce type de pathologie, il est important que le patient puisse bénéficier d’écoute et de soutien efficaces, qu’il puisse échanger en confiance avec ses proches ou ses thérapeutes. Des associations de malades sont aussi là pour faire le lien, expliquer et soutenir les patients. Ma fille atteinte de Spa, envisage une grossesse : quels risques encourt t’elle et quelles seront les conséquences pour le bébé ? Les rapports grossesse et spondylarthrite se font dans les deux sens : La grossesse peut influencer la vie du malade. Pour 1/3 des cas elle l’améliore, pour 1/3 elle n’en change pas l’évolution et pour un dernier tiers il peut se produire une poussée, en particulier après l’accouchement. La spondylarthrite n’influence pas la grossesse. En effet, il n’y a pas de stérilité chez la femme atteinte de spondylarthrite. En cas de grossesse on n’ob- serve pas de fausses couches spontanées, ni d’accouchements prématurés. Cependant, les traitements de la spondylarthrite peuvent influencer la grossesse. Seuls les AINS, qui peuvent être utilisés jusqu’à la fin du cinquième mois, la salazopyrine, et la cortisone, par voie orale ou en injection intra-articulaire, sont autorisés.
Magazine Femmes pour toujours Numéro d'avril 2011 - Page 1
Magazine Femmes pour toujours Numéro d'avril 2011 - Page 2
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