Ecrire pour les imbeciles - Page 1 - Ecrire et éditer des livres après la fin du roman Ecrire pour les imbéciles « Quiconque écrit pour les imbéciles ne manquera jamais de lecteurs » - Schopenhauer - Stratégie des Lettres, stratégie du Livre Le roman français fait penser au Titanic juste après l’iceberg, quand chacun se congratule, s’éponge le front en essayant de conserver un air supérieur, croyant tout danger écarté, tandis que le bâtiment, silencieusement, a déjà entamé son naufrage. Depuis que les avant-gardes ont été prudemment reléguées aux oubliettes au prétexte un peu court de formalisme excessif (comme si la forme n’était pas le sens), c’est le roman « pompier » qui partout triomphe : en pile dans les gares, les supermarchés et, plus graves, chez les libraires euxmêmes – jusque dans la critique, dont on ne sait plus trop ni ce qu’elle est ni à quoi elle sert. J’appelle (pour rire, car il faut rire) « roman pompier » tout récit sans audace, tape à l’oeil, convenu, complaisant envers son auteur comme envers l’industrie dont il est le produit. Force est de le constater : jamais la marquise n’est autant sortie à cinq heures, même si les substances dont elle se repoudre le nez ont passablement changé depuis le roman bourgeois du XIXème. Pourtant le
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