Ecrire pour les imbeciles - Page 2 - Ecrire et éditer des livres après la fin du roman surproduction. Si publier est devenu aisé diffuser est aujourd’hui un véritable casse-tête (Internet ni ses Web-Shops n’ont pas pour l’instant apporté de solution réellement satisfaisante). Et même chez de grands éditeurs, un quart des nouvelles parutions passe totalement inaperçu. Quelle autre industrie pourrait se permettre un tel taux d’échecs ? Quel autre secteur d’activité pourrait se satisfaire du niveau d’incompétence structurelle que nécessitent de telles « contre-performances » ? Aussi, à défaut de remédier à ce gâchis en portant avec soin chaque livre vers son public véritable, cherche-t-on fatalement ce « coup » commercial dont le succès tirera tout le reste : culture du « best-seller ». Tous écrivains ! Il faut également tenir compte d’une mutation sociologique considérable, qui fait de chaque individu un auteur potentiel : compétence culturelle (80% d’une classe d’âge obtient désormais le bac), facilité temporelle (dans la société des loisirs, chacun dispose matériellement d’assez de temps pour écrire un livre), aisance rédactionnelle (traitement de texte), facilité de recherche (avec Internet vous maîtrisez un vocabulaire spécialisé en cinq minutes et enrichissez sans effort l’effet de réalité de votre récit, là où autrefois de fastidieuses recherches s’avéraient nécessaires), ... A cette facilité grandissante pour écrire puis publier
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