BSC NEWS MAGAZINE DE JUILLET 2009 - Page 1 - BSC NEWS MAGAZINE - Juillet 2009 - Avec Abha Dawesar, Abad Boumsong, Sian Pottok, Eve Marie, Alexandra G - Votre magazine littéraire et culturel gratuit sur internet Alexandra G. Abad Boumsong JAZZ MUSIQUE ABHA DAWESAR PHOTOS Nouveauté Le premier épisode de la BD Son Roman Crédit photo/ Couverture Arnaud Février NUMÉRO 18 - JUILLET 2009 Siân Pottok L’AMOUR N’EST PAS UNE ÉMOTION SIMPLE L’interview de UNE NOUVELLE FAÇON DE LIRE ET DE CONSERVER LE BSC NEWS Ce mois-ci, nous innovons afin de vous offrir un confort de lecture du BSC NEWS MAGAZINE décuplée avec de nouvelles options pour profiter pleinement de votre magazine littéraire culturel. Cette page vous présente les nouvelles fonctionnalités que vous avez désormais à votre disposition. Affichez le BSC NEWS en plein écran Envoyez le BSC NEWS à vos amis en un seul clic !Téléchargez et imprimez gratuitement le BSC NEWS en un seul clic sur votre ordinateur ! Sélectionnez une page et téléchargez-la en un clic sur votre ordinateur ! Visionnez notre sommaire interactif Recherchez une page, un article, un mot ou une expression Moteur de recherche dédié au contenu de ce numéro ! Trouvez ce qui vous intéresse ! EDITO Lorsque la découverte correspond étrangement au plaisir Je ne vois qu’un thème officieux et valable à ce 18 ème numéro du BSC NEWS MAGAZINE : la découverte. Sans le vouloir et finalement sans chercher à suivre ce mois-ci un fil rouge, nous avons empilé avec envie des découvertes agréables, de celles qui vous séduisent et que vous vous surprenez à cajoler avec le temps. Pour commencer, nous avons le plaisir d’accueillir ce mois-ci Abha Dawesar qui nous gratifie d’une réflexion prenante sur l’amour, sur ces multiples déclinaisons et sur ses travers. Vient l’interview d’Abad Boumsong, un garçon de ma génération, celle que j’aime à appeler »les trentenaires désabusés«. Abad Boumsong a quelque chose de fascinant dans cette conquête culturelle qu’il s’est lancée, imprégné d’un prosélytisme presque touchant pour convertir l’individu à la culture et lui permettre ainsi de s’épanouir. Puis, je vous invite à vous plonger dans la musique profonde et sensuelle de Sian Pottok.Cette jeune chanteuse, tout juste à quelques encablures de son quart de siècle, nous propose un premier album étonnant, presque envoûtant. De par ses origines, elle se situe au carrefour des cultures et à la croisée des identités. Et sa musique apparaît comme un véritable épanouissement d’émotions et de plaisirs. Je gage dans ce numéro que sa renommée sera bientôt à la mesure de son talent, grande. Et je n’oublie pas de remercier Alexandra G. pour sa contribution exceptionnelle dans ce numéro où ses photos gravitent entre le langoureux et la spontané.Et ce travail nous a plu. Mais un édito ne suffirait pas à tenter de vous convaincre que ces découvertes représentent, chacune dans leur style ou dans leur genre, une bruine de plaisir sous laquelle, j’en suis sûr, vous ne manquerez pas de vous prélasser. Car, lorsque la découverte correspond étrangement au plaisir, il n’y a pas meilleur exutoire que d’y succomber. Je vous laisse sur ces mots découvrir ce numéro avec joie et allégresse. Nicolas Vidal. W W W . B S C N E W S . F R photo D.CRESPIN ABHA DAWESAR NÉE EN 1974 EN INDE, À DELHI, ABHA DAWESAR EST DIPLÔMÉE DE HARVARD. ELLE A TRAVAILLÉ DANS LA FINANCE À NEW YORK AVANT DE SE CONSACRER À L'ÉCRITURE. ELLE VIT ENTRE DELHI ET PARIS ET A ÉTÉ ÉLUE PAR INDIAN TODAY, LE PREMIER MAGAZINE DU PAYS, COMME L'UNE DES VINGT-CINQ PERSONNALITÉS DE L'ANNÉE. DÉCOUVREZ ABHA DAWESAR DANS UN INTERVIEW SINCÈRE ET SENSIBLE AU SENTIMENT LE PLUS PROFOND, L’AMOUR PAR NICOL AS VIDAL / PHOTOS ARN AUD FEVRIER Qu’est ce qui vous a poussé à écrire Abha ? Chaque roman vient de ses envies propres et de ses impulsions dont certaines p o u r r a i e n t s e u l e m e n t m ’ a p p a r a î t r e é v i d e n t e s longtemps après. Dans un sens, l'écriture de chaque roman est la découverte de ma progression en tant qu’écrivain. Q u a n d a v e z - v o u s commencé à écrire? J'ai composé mes deux premières poésies entre sept et huit ans mais je les ai composées oralement d'abord avant de les écrire. Lorsque j’ai eu 11 ans, j'ai écrit un essai pour une compétition nationale concernant l’amélioration d u s y s t è m e d'enseignement. Ma première fiction était probablement pour le magazine scolaire . Puis pendant les vacances d'été alors que j’avais quatorze ans j'ai rédigé une fiction d'environ 120 pages. Comment êtes vous parvenue à publier votre premier livre? J'ai écrit mon premier roman tandis que je travaillais à plein temps à New York donc je n'ai pas vraiment essayé de trouver un agent littéraire, qui est pourtant une démarche normale ici. Après deux ou trois lettres, ici et là, j’ai envoyé mon manuscrit à une petite maison d’édition en Californie qui m'a contacté trois mois après pour me dire qu’ils étaient en train de lire mon texte avec un certain enthousiasme. Ouvrir un «Dernier été à Paris», c’est comme lire une fabuleuse déclaration d’amour ? Est-ce un thème privilégié pour vous, Abha? A mon sens, le livre est avant tout une écriture et une créativité intimement liées et nécessaires pour aimer et désirer. Dans ce sens, le sujet me tient à coeur. Cependant avec chaque livre, je recherche des choses différentes. Mes nouvelles, Valeurs Familiales ("L'Inde en Héritage") sont d'autres formes d'amour aussi nobles que corrompues. Cette première relation virtuelle entre Prem Rustum et Maya est finalement très répandue. Pensez-vous que l’amour peut se propager via internet ? Oui. Je pense que l’amour se propager sur l'Internet, sur des sms, et même sur twitter. Je pense que finalement l'amour se repose au delà de la logique et de la raison. Nous nous donnons de nombreuses raisons quand nous aimons mais je pense qu'au f o n d , l ’ a m o u r e s t mystérieux lorsqu’il n’est pas dénaturé par le milieu dans lequel il se produit, la distance à travers laquelle il se propage ou même les barrières linguistiques à travers lesquelles il a lieu. Quelle place prend P a r i s d a n s v o t r e écriture ? Pour moi, il était évident que si j'écrivais un roman au sujet de l'écriture; il devait forcément avoir lieu à Paris parce que la ville était ainsi reliée à ma propre vie en tant qu'auteur. Tandis que je finissais mon deuxième roman Babyji j'ai corrigé mes preuves à Paris et j’ai commencé à passer beaucoup de temps ici. J'ai également appris le français. Apprendre une nouvelle langue en tant qu’adulte est une expérience très profonde. Le cerveau doit s’habituer à cette nouvelle langue et doit s’exercer à appréhender différemment le temps, les particularités, les différences et toutes les choses qui découlent de la linguistique. Toute ceci est traité très clairement dans «cet été à Paris » aussi bien d a n s s o n modèle que d a n s s o n rythme. D a n s v o t r e livre, l’amour est décliné de f a ç o n t r è s diverses. Est- ce le moyen d’approfondir ce sentiment noble ? Je ne pense pas que l'amour soit une émotion simple. C'est un mot qui signifie beaucoup de choses à différents moment et différemment pour chacun d’entre nous. Je n'ai fait aucune tentative délibérée pour peser les nuances du mot. Mais puisque le livre traite du désir, de la créativité, de la mortalité, de la perte, de la littérature, de la portée de l'art et de l'amour dans ses diverses couleurs, tout ceci s’est tressé dans la trame. L’histoire entre Maya et Prem redonne au personnage m a s c u l i n u n e s e c o n d e jeunesse. Est-ce que la littérature transcende cet homme et lui offre une seconde jeunesse. Se sentir jeune est un sujet de la vie omniprésent de nos jours. La rencontre avec Maya permet à Prem de se sentir encore jeune, de connaître un nouvel élan, même s’il pense toujours à son passé. Je pense que nous passons tous par des moments où nous vivons davantage dans le passé ou le futur plutôt que le présent. Et c’est exactement ce qui animait Prem pendant longtemps. Son meilleur ami, P a s c a l , v o i t e t c o m p r e n d c e l a mieux que Prem; il comprend que le futur les amène vers la fin et il souhaite profiter du temps présent. Travaillez-vous déjà s u r d ’ a u t r e s nouvelles ? O u i . « L’ i n d e e n héritage» sortira en France en septembre aux Editions Héloïse d’Ormesson. Que diriez-vous aux lecteurs du BSC NEWS MAGAZINE pour les inciter à lire votre livre? Mon nouveau livre traite de la société et de la corruption de l'amour. Le personnage principal est un jeune garçon qui voit sa famille se déchirer. L’étiolement de cet amour familial se reflète dans la société, la ville, et la nation. Le garçon vit une vie protégée avec ses parents dans un appartement minuscule où son contact principal avec le monde reste son écran de télévision. Cependant la télévision engloutit sa famille et nous constatons que les choix faits par les individus sont intrinsèquement liés à une p o r t é e b e a u c o u p p l u s importante. Propos recueillis par Nicolas Vidal ACHETEZ CE TITRE DIRECTEMENT EN LIGNE EN CLIQUANT ICI ABAD BOUMSONG SERGE « ABAD » BOUMSONG EST UN JEUNE CRÉATEUR, QUI A PUBLIÉ UN RECUEIL DE POÉSIE « LE LIVRE DU NÉANT». PASSIONNÉ, ENGAGÉ, POÉTIQUE, AMBITIEUX, IL EST AU FOUR ET AU MOULIN DE LA CRÉATION. IL EST L’UN DES LEADERS CULTURELS D’UNE GÉNÉRATION QUE L’ON DIT DÉSABUSÉE, CELLE DES JEUNES TRENTENAIRES. NE VOUS LAISSEZ PAS BERCER PAR SON NOM DE FAMILLE ! CAR TOUT AUSSI BIEN QUE SON FRÈRE, JOUEUR DE FOOTBALL CONNU, IL MAÎTRISE TRÈS BIEN LE DRIBBLE CULTUREL ET IL APPARAÎT DÉJÀ COMME UN SOLIDE DÉFENSEUR DE LA LITTÉRATURE. PAR NICOLAS VIDAL Abad, qu'est ce qui vous a poussé à écrire? La poésie est le langage de l’âme ; je suis arrivé à un stade où celle-ci avait envie de communiquer et de s’exprimer ; de ce fait le langage approprié, celui qui m’est apparu instinctivement c o m m e l e m o y e n d e locomotion de ce message était l’écriture. Quand cette passion pour l'écriture s'est déclenchée en vous ? Très tôt, je lisais déjà plus ou moins correctement dès l’âge de 4 ans ; A dix ans je commençais à griffonner ; mais c’est bien plus tard que j’ai rencontré la poésie en seconde, je devais avoir quinze ans. Mais j’en faisais déjà sans savoir ce que c’était. Dans votre ouvrage " Le livre du néant", il est question d'humanisme et d'un monde urbain en mouvement ? Qu'est ce qui vous tient à cœur dans ces deux thèmes ? Je suis né au Cameroun et j’y ai passé une bonne partie de ma jeunesse car je suis arrivé en France à l’âge de 16 ans ; mais je suis devenu un homme en France, et en grande partie au sein d’un environnement urbain. Il est bien difficile d’évoluer dans un tel milieu sans en être affecté, sans être bousculé. Le monde urbain m’a beaucoup fasciné par sa dichotomie, sa lutte incessante entre l’ombre et la lumière, entre la chute et l’élévation. Il est le reflet le plus c r i a rd d e n o s p ro p re s tourments, de notre bataille intérieure. « Le livre du néant « parle donc de mon combat contre moi-même, de celui du monde urbain, de celui de l’humanité tout en essayant de faire ressortir une valeur qui peut transcender toutes ces luttes : L’Amour sous le prisme de l’humanisme. Qu'est ce qui vous a poussé à écrire ce livre ? Je n’ai pas écrit ce livre, il s’est construit tout seul en moi. Il est le fruit d’une é r u c t a t i o n , d ’ u n accouchement ; je pourrais même dire que « le livre du néant » est parfois plus mon auteur que je ne suis le sien. Quels sont les messages que vous souhaitez diffuser à travers vos textes ? En tant qu’artiste, je me considère comme le vecteur d’un certain message que je m e d o i s d ’ e s s a y e r d e transmettre aux hommes ; je ne suis même pas maître de ce message, je n’ai fait que le capter pour le révéler à tous. Chacun y trouvera je l’espère quelque chose susceptible d’améliorer son champ de vision. Pour ma part, j’espère à travers mes textes élargir la conscience des hommes et les révéler à eux-mêmes. Je veux tenter de remettre l’humanisme au centre de nos i d é a u x e t d e n o s préoccupations. Parce que l’humanisme ne rapproche pas seulement l’homme de l’homme mais de l’univers tout entier. Vous avez crée un collectif "Ensemble pour un autre regard". Quelle est la portée de cette association de comédiens et de votre poésie ? Nous essayons juste de véhiculer un message positif et de pointer du doigts nos propres errements sans s’exempter nous-mêmes à travers un langage qui reflète notre propre vérité :la poésie . EPUAR essaye de rassembler au moment où beaucoup essaient de nous diviser ; cependant on tente de le faire à travers l’art la poésie avec moi et le septième art avec mon cousin Sébastien Onomo Quel a été l'accueil de ces comédiens lorsque vous les avez sollicités ? L e a r t i s t e s s o n t généralement favorables à de tels projets où l’art ouvre les barrières, surtout quand il s ’ a g i t d ’ u n a r t a u s s i particulier que la poésie ; je remercie dont ceux qui ont pu et voulu y participer ; quant à ceux qui ne l’ont pu d ’ a u t r e s p r o j e t s l e u r d o n n e r o n t s û r e m e n t l’occasion d’aider à leur tour. Quels sont vos projets à l'avenir Abad ? Faire tourner ma troupe de théâtre « la force du verbe » qui interprète des textes du « livre du néant » et mis en scène par Ydire Saîdi ; nous e s p é r o n s f a i r e d e s représentations autour de la rentrée prochaine et si possible faire une tournée ; d’autre part, je prépare un album musical avec des textes de mon livre et d’autres inédits ; le projet est encore embryonnaire mais d’ici la fin de l’année je pourrais en dire plus. Je prépare aussi un livre, un recueil de nouvelles dont je finirais le manuscrit bientôt Vos auteurs préférés Abad? En poésie sans nul doute Victor Hugo même si je respecte Césaire, Dante et Milton ; j’ai un faible pour Hugo. Sinon j’aime aussi d’autres auteurs de genres différents ; Asimov Dick, Anne Rice, Bernard Werber, Sembene Ousmane,etc…. Votre livre de chevet ? « Les contemplations » de Victor Hugo ; un chef d ’ œ u v r e , j ’ e s p è r e l’approcher un jour. Propos recueillis par Nicolas Vidal
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