BSC NEWS FEVRIER 2010 - Page 40 - INTERVIEWS Cheeky " Le Kama Sutra de Poche" Jérôme Attal "Grosse pagaille" Géraldine Levasseur " Ados, la fin de l'innocence" Julien Hodara - Wormee Jean-Jacques Pauvert " Ma conversion ou le libertin de qualité" Frédéric Clément "Bel Oeil" Phil SPÉCIAL ÉROTISME NUMÉRO 23 - FÉVRIER 2010 Rencontre Jérome Attal Interviews Frédéric Clément Les portfolios érotiques de Glenn Michel et de Juan Carlos Hernandez PAGAILLE MONSTRE Cheeky Le Montréal des livres Philippe DuboéLaurence Photo Couverture / Glenn Michel L’éclat du diamant 7 pages érotiques dans ce numéro Une sélection d’ouvrages pour éveiller vos sens MICHEL GLENN Glenn Michel, Suisse, né le 31 mars 1965, marié, 2 enfants de 5 et 9 ans, vit à Nyon en Suisse. Suite à un stage chez Cyril Torrent en 2007, je renoue avec ma passion première, la photographie… mon style de prédilection et le noir blanc en studio. Je fais surtout du portrait et du nu artistique. En janvier 2001 je me marie, je décide de me mettre à mon propre compte en tan que typographe/graphiste, et je mets la photo de côté. Je crée l’atelier “Pointif” à Nyon. En 2003, j’agrandis la structure et déménage à Esp’Asse, toujours à Nyon, pour créer un pool d’indépendants “espasse105b” (trois graphistes à ce jour).Je participe aussi à l’organisation d’événements culturels locale (festival Rock and Beat "Les Hivernales" à Nyon, etc.). Photographe de presse auprès du journal La CÔTE à Nyon de 1995 à 1997. Dès novembre 1994, membre créateur du magazine ROCKSESSION, magazine de rock vendu dans toute la Suisse romande, succédant à L’INTERSTICE. De 1991 à 1993, membre créateur du magazine L’INTERSTICE, magazine rock et jazz distribué dans toute la Suisse romande. Responsable de la reproduction lithographique, de la photographie, de la prise de vue et du laboratoire photo. crédit photo / ©www.josimoes.com JUAN CARLOS HERNANDEZ Né en 1971, Juan-Carlos Hernandez fait ses premiers pas de photographe dans les années 80. Dès 2004, pris de passion pour le jazz, il arpente les scènes européennes et américaines en tant que photographe amateur. Trois ans plus tard, il décide de se consacrer entièrement à sa passion et devient photographe professionnel. Établi à Genève, de nature curieuse et ouverte, il élargit son éventail. De photographe de jazz, il devient photographe de scène (musique classique, danse, théâtre, cinéma…) Il est également journaliste-photographe de presse RP (inscrit au Registre Professionnel) et membre de l'association de renommée internationale US Jazz Journalist Association. Il pratique par ailleurs tous les genres de travaux photographiques, de l’événementiel aux portraits. Il reste malgré tout centré sur ce qui lui tient le plus à cœur : une documentation exhaustive, artistique et, sur le long terme, le vaste monde du Jazz. Ses travaux « jazzistiques » sont publiés dans divers journaux et magazines du monde entier tels que New-York Times , Downbeat ,Jazzman, Drummer Magazine ,Jazzwise ; Le Temps, 20 mn ,l'Hebdo . Il collabore régulièrement avec des musiciens de renommée mondiale tels que le trompettiste Dave Douglas et des légendes vivantes comme les saxophonistes Ornette Coleman ou Sonny Rollins. Avec ce dernier il publie, en exclusivité mondiale, un calendrier unique à tirage limité. Ses travaux photographiques plus personnels attirent l’attention de galeries ou de périodiques tels que le magazine Centre Culturel Neuchâtelois en Suisse. crédit photo / ©www.josimoes.com C H R O N I Q U E D É C A L É E Il était une fois la perte du désir... Il était une fois la jeune génération... celle du téléphone portable, du MP3, de l'ADSL, de MSN, de Facebook, de la sur-communication perpétuelle. Il était une fois la perte du désir: ne plus savoir ce qu'est l'attente, plus de lettre qui tarde à caresser la boîte aux lettres, plus d'interdiction dû à l'âge... Et peu à peu se dénature la si jolie fraîcheur des adolescents en fleurs qui déclinaient l'espoir et la candeur sous toutes ses formes tendres. Je caricature l'histoire? Par Julie Cadilhac / Illustrations Arnaud Taeron J'entends des rumeurs de désapprobation qui vont m'accuser de pudibonderie. Mais laissez donc vos o re i l l e s c u r i e u s e s glisser dans le cercle des adolescents de 2010 ! Traversez donc la barrière des Eastpack e t entendez leurs propos crus, forts de ce progrès "extraordinaire" qu'est l'accès facilité à des sources audio et vidéo riches en contenus hautement spirituels où le sexe est présenté sous son aspect le plus vil et le plus crasse. Faîtes mijoter dans vos oreilles quelques images de lèvres pubères formuler des mots tels que "éjaculation faciale", "troncher", "baise anale" et.... méditez sur les bienfaits contemporains de l'accessibilité à tout. La pornographie est à portée de main de n'importe quelle souris: faut-il s'en réjouir? Ce qui est regrettable dans le monde contemporain, c'est que la pornographie est devenue un lieu de perversion. A l'origine, la Pornographie était la déshabillée, l'effrontée qui venait taquiner le subtil Erotisme aux éveils discrets. Aujourd'hui, elle n'est plus simplement la catin généreuse et triviale, elle est un monstre sadique ou masochiste, écoeurant en tous cas car elle semble avoir perdu toute estime de soi. Ce qui l'a sali ? Son penchant pour l'obscénité qui a pris des proportions actuelles irrécupérables... Il ne faut pas, en grenouille de bénitier, hurler sur le sexe brut. Dire "Beurk, le sexe, c'est crade et P O L I T I Q U E dégueulasse!". Le lit de chacun doit être un lieu libéré de réserve et de retenue pudique. Mais lorsque le sexe conquiert la sphère publique, il ne devrait pas tout se permettre. S'il est un sujet de plaisanterie, personne ne s'en sentira offensé. S'il s'annonce comme un lieu de perversion où les êtres qui y gesticulent perdent toute intimité, le sexe devient pathologique et sans intérêt. Parce que tout montrer ôte toute magie. Tout donner ôte toute envie. L'érotisme et la pornographie sont des représentations artistiques du sexe et de la sexualité. La différence est au départ bien nette: la pornographie nous met au rang d'animal sexuel, déclenche des réactions mécaniques semblables à celles des chiens qui se frottent sur vos jambes. L'érotisme est censé, lui, éveiller l'imagination, être dans la sphère de "ce qui ne se dit pas". L'érotisme est une exaltation des corps, transcendée par un regard artistique: une sublimation du désir. Comprendre que l'érotisme travaille sur le sous-entendu tandis que la pornographie affiche délibérément est essentiel. L'érotisme place le fantasme comme ressort du désir. Le fantasme permet toutes les libertés... Il autorise l'imaginaire à prendre le pas sur la réalité et même si l'on n'a pas l'audace d'aller jusqu'à la concrétisation, il nous ouvre une fenêtre de dérives psychiques. La pornographie le tue puisqu'elle concrétise le fantasme. Elle violente par sa crudité car elle nous confronte à son illustration en chair et en cris . Si l'érotisme semble recueillir mon assentiment, il est un point sur lequel je la condamne au même titre que sa consoeur malsaine. Illustration / Arnaud Taeron Toutes deux placent la domination masculine comme essentiel ressort jouissif et cela a des conséquences sociologiques: il n'est pas rare d'entendre les jeunes adolescentes affirmer que la soumission aux caprices de son partenaire est la clé assurée pour le garder. On comprend pourquoi les féministes continuent d'être si virulentes; ayant essayé d'éduquer leurs mères, elles se voient face au même échec avec la génération suivante. Les adolescentes d'aujourd'hui semblent être piratées par les désirs des hommes et lorsque l'on observe les clips de Britney Spears à la télé ou - pire que l'on intercepte dans les cours de lycée les descriptions impudiques des cajoleries qu'elles sont fières de distribuer à leurs hommes, on reste perplexe. La femmeobjet reste un poncif des représentations sexuelles... et qu'on ne me parle pas des récits de femmes initiatrices! Ils demeurent des phénomènes mineurs... et d'ailleurs, souvent, ces femmes matures manipulant de jeunes esthètes finissent elles aussi par se retrouver sous le joug du phallus. La pornographie est évidemment la première au banc des accusés: elle affiche avec outrecuidance des hommes manipulateurs assouvissant leurs désirs primaires et des femmes- poupées désarticulées aux gémissements téléphonés. La pornographie a été inventé par des gens sans imagination si l'on exclue l'aspect gymnastique.... Il n'y a guère que des abrutis testéronés (espérant en secret pouvoir fesser des courges aux cuisses liposucées ) pour se satisfaire de cette mascarade de plaisir rugissant ou bien des adultes qui cherchent à compenser leurs P O L I T I Q U E manques sexuels. Et c'est là que le "bas" blesse.... s'il n'émoustille plus. Aujourd'hui l'adulte parent se complaît souvent dans l'immaturité et cherche ainsi à s'afficher comme le complice libéré face à ses gamins: alors qu'il joue le jeu jusqu'au bout! S'il expliquait à ses mouflets bouillonnants de leurs premières émotions hormonales sur quoi repose une sexualité épanouie? Qu'il libère sa langue puisqu'il est tant affranchi des tabous de ses parents! Qu'il ne régresse pas ! Qu'il parle aux gosses de l'utilité, pour le sexe, de COMMUNICATION, TENDRESSE, PARTAGE, ENVIE DE DONNER, RECIPROCITE. Qu'il leur apprenne que le sexe est un art, que la femme n'est pas un objet et que ses désirs sont aussi importants que ceux des mâles. Qu'il leur fasse lire le Kama Sutra qui rappelle à quel point les conditions et le cadre durant lequel naissent les ébats sont primordiaux! Au lycée, on devrait prescrire l'amant de Duras. Pour réaliser le plaisir trouble de l'évocation, pour comprendre que le sexe n'est pas une pancarte que l'on brandit comme un trophée mais bien une quête de plaisir subtile... et périlleuse. L'érotisme accompagnait les anciens: Le saviezvous? On trouvait souvent de larges phallus à l’entrée des habitations romaines car le phallus était signe de chance. En Grèce antique, le Herma, petite statuette composée d’une tête sur un socle rectangulaire d’où se dressait un phallus, était un objet courant et une amulette de protection. En Asie, la peinture érotique sévit depuis le moyen-âge. Les grecs initiaient leurs hommes aux premiers plaisirs et à la sexualité... l'éraste, homme adulte, prenait en charge un adolescent, l'éromène et la pédérastie désignait à l’origine une institution morale et éducative bâtie autour de la relation particulière entre un homme mûr et un jeune garçon. Il y avait dans les civilisations anciennes ce souci de l'épanouissement sexuel. Or aujourd'hui, à part les sexologues, plutôt là pour guérir que pour initier, qui prétend apprendre la sexualité? La sexualité, c'est inné? Allez dire cela sur la place publique! Vous serez étonnés! Evidemment qu'à voix haute, personne ne vous contestera! mais en confidence, combien se plaindront de leurs partenaires... cunnilingus, fellation, masturbation, morsures, caresses, baisers... voilà des mots dont on rit beaucoup en soirée et dont on se gausse mais dans l'intimité... allez hop, entrée, sortie, entrée, sortie.... ah ah ah ah ah a...ttention chérie, je ne tiens plus et pschlitttttttt....terminado....ça valait le coup de passer... Aujourd'hui, à l'ère de la libération des moeurs et du sexe, on s'aperçoit que les tabous sont restés et les incompatibilités sexuelles sont le joug de tout un chacun. Mais, même si l'on ne pratique pas plus (et pas mieux) que ses parents, la modernité c'est qu'on parle de sexe, on regarde du sexe. L'érotisme aujourd'hui est affaire de mode. Il est chic d'écrire cru, et de l'avouer haut et fort, la bisexualité est fashion et les réunions tupperware version godes ultra tendance. Les corps nus pleuvent en peinture, au théâtre même, à la télé. L'érotisme se vend bien; il faut lui reconnaître cela. Quand on promet de la fesse chaleureuse, les regards se tendent et les porte-feuilles se font plus lâches... c'est vieux comme le monde l'idée que le sexe dirige le monde... J'avoue que traiter d'érotisme ce mois-ci m'a été d'une grande difficulté...ma fibre féminine s'est sentie blessée. L'érotisme est un thème qui pourrait ne pas créer de notion d'inégalité sexuelle. Mais force est de constater qu'il reste encore un lieu de domination masculine prégnant. J'aurais aimé trouver de beaux nus masculins pour accompagner cette galerie de portraits de femmes parées de noir et blanc. Enfin... j'ai quand même choisi d'en parler a u s s i . . . . h i s t o i re d ' ê t re a u s s i b ê t e m e n t conformiste que les autres? Une dernière pensée: On s'insurge contre ceux qui voilent. On a raison. Mais on s'insurge peu contre ceux qui dévoilent. Pourtant.... dans les deux cas, on parle de femmes soumises. A bon entendeur. Julie Cadilhac En partenariat avec L’Autre Edition, le BSC NEWS MAGAZINE vous fait profiter dans ce numéro des meilleures feuilles érotiques du succès de John Marcus, pour L’éclat du diamant. Martine et ses bouquins par Martine Bréson La neige est blanche comme une page blanche, une page pour laisser aller son stylo. Les traces fines de la bille, le sillon noir de la plume qui filent sur le blanc de la page impriment une marque comme les pas dans la neige. Les lignes noires qui défilent sur la page blanche laissent une empreinte parfois indélébile dans l'esprit de celui qui les parcoure. L'hiver serait-elle la saison de la lecture ? Lecture au coin du feu, collé à son radiateur, sous sa couette, lecture qui réchauffe le coeur et fait bouillonner le cerveau, qui provoque des sueurs froides. A vous de choisir votre décor, votre ambiance , votre atmosphère... A vous de choisir votre livre. La forêt des damnés de Carrie Ryan aux éditions Gallimard Jeunesse A partir de 14 ans ( 15,50 euros) Ce roman a des accents de science fiction mais il va vous paraître aussi réaliste et inquiétant que Le Village, un film qui a fait couler pas mal d'encre il y a quelques années. A l'époque où vit l'héroïne Marie, un futur pas si lointain , il y a deux mondes côte à côte : celui des damnés, des êtres malades, diformes, violents et avides de chairs humaines qui vivent dans la forêt et celui du village, une communauté protégée de ces zombies par un très haut grillage . Ce village est administré par des religieuses et les règles de vie y sont très strictes. C 'est un monde clos dont on ne peut s'échapper et pourtant Marie rêve de le quitter pour aller vers cet océan incroyable dont lui a parlé sa mère. Tout oppose la jeune fille à cette communauté qui ne se pose plus de questions. Marie ne peut se résoudre à cette vie sans surprises. La curiosité , la soif de connaissance, le non conformisme, ce sont toutes ces notions qui sont défendues par ce roman. L'être humain doit-il se contenter de ce qu'on lui offre même si c'est le confort d'une petite vie tranquille. Pour l'auteur, il faut aller au bout de ses rêves quitte à prendre des risques. Il faut se battre contre ceux qui veulent vous empêcher de penser par vous meme. Il faut faire ses propres expériences. Après de nombreuses péripéties, ce roman se termine bien et tant mieux car une fin dramatique aurait tué l'espoir, cette étincelle présente dans tout le roman, et cela aurait été dommage. Poil au nez de Cécile Chartre aux éditions Le Rouergue collection doAdo (6,50 euros) Vous comprendrez ce drôle de titre seulement si vous allez au bout de cette histoire poignante qui raconte comment un père disparu peut malgré tout guider son fils dans la vie. Juste avant sa mort, le père d'Angel lui confie une boite en carton et il lui demande de la garder 10 ans sans l'ouvrir . Quand arrive le jour J, l'adolescent ouvrira la boite et pourra commencer une vie nouvelle, sa vie. Il faut couper le cordon, ce cordon qui lie parfois de façon si serré un parent à son enfant, c'est le message de cette histoire. Pour Angel, son père est l'homme parfait qu'il faut imiter jusqu'à se laisser pousser cette petite moustache pourtant parfaitement incongrue sur le visage d'un ado du 21ème siècle. Imiter ce père mort, c'est le ressusciter mais il faudra bien, un jour, faire le deuil. Pour Angel, cela va prendre 10 ans et une boite. Cette très belle histoire montre la difficulté de se trouver, de s'accepter tel qu'on est , de révéler Vachement moi de Emmanuel Bourdier aux éditions Nathan poche / humour A partir de 10 ans Sans aucun doute, l'auteur a une dent contre les machines, scanners, ordinateurs et cartes à puce de toute sorte qui permettent de nous suivre et de nous ficher. Et il a choisi l'humour pour faire passer son message. Dans l'école de Paul, tout le monde s'est fait tatouer un code barre qui permet de vous reconnaître. Mais un jour, après une chute qui lui blesse la main, la machine indique que Paul n'est plus un enfant mais une vache. Et comme, c'est bien connu, les machines ne peuvent pas se tromper, tout le monde, directeur, ami et parents se rangent du côté du scanner et traitent Paul comme une vache. Seul Paul décide de se battre pour prouver qu'il est bien un enfant. Mais rien ne fonctionne comme il le voudrait... C'est vraiment un texte très rigolo, dans les situations mais aussi dans l'écriture, avec des jeux de mots et des expressions clin d'oeil qui font sourire. C 'est un beau plaidoyer contre l'absurdité de l'administration aveugle et l'avènement des machines toute puissantes qui empêchent de penser de réfléchir, d'avoir du bon sens. Après ce petit livre, vous risquez de vous méfier peut être un peu plus de votre carte à puce. Il fait glagla de Christian Lamblin et Aurélien Débat aux éditions Nathan poche / premières lectures A partir de 6 ans ( 5,50 euros) Ce petit livre-album très illustré pourrait largement prendre sa place dans le monde imaginaire et décalé de Claude Ponti ( c'est un énorme compliment et si vous ne connaissez pas l'univers de cet auteur jeunesse, jetez vous sur ses albums) "Il fait glagla" est un livre de saison. Sur une planète où il fait chaud, une énorme pierre bleue tombe du ciel en faisant frôaaa....et le lendemain la terre est dure et quelqu'un glisse en faisant zioup. On appellera donc cette terre la zioup ( la glace). De la pluie blanche tombe et quand on marche dedans cela fait cre cre. On 'appellera donc cela de la cre cre ( neige) et on marche dans la cre cre et on peut faire des boule de cre cre. Voilà quelques unes des trouvailles de l'auteur qui crée un nouveau langage que vous adopterez peut être pour rire tout simplement. Il faut absolument lire ce livre à haute voix , c'est ici que le texte prend toute sa dimension hilarante. L'imagination débridée de l'auteur vous emmène dans un monde complètement surréaliste et drôle. Ne ratez pas ce petit livre génial et n'hésitez pas à le partager avec des ados ou même des adultes qui, s'ils ont un petit grain de folie, devraient l'adorer. Rouge ! De Alice Brière-Haquet et Elise Carpentier aux éditions Motus A partir de 4/5 ans (11 euros) Ce petit album rouge va à l'essentiel. Les dessins en noir rouge et blanc, aux traits épais, très simples, sont d'une efficacité redoutable. L'histoire prend à contre pied tout ceux qui glorifient les vieux et c'est plutôt réjouissant. Les papis et mamies sont charmants mais parfois en dehors du monde d'aujourd'hui. Pas toujours facile de comprendre les plus jeunes alors pourquoi toujours vouloir leur donner ce qu'ils ne vous demandent pas. Il faut parfois savoir rester à sa place , ne pas trop les protéger car on peut obtenir l'effet inverse. Dans cet album, l'humour est grinçant mais pas méchant. La mamie tricoteuse qui veut faire plaisir à sa petite fille, se trompe chaque fois un peu plus et s'enfonce dans ses erreurs . Cela fera rire les plus petits et sûrement réfléchir les adultes. Le chat qui aboyait de Gérard Moncomble et Pawel Pawlak aux éditions Milan Jeunesse A partir de 3 ans Un album pour les petits sur la tolérance à travers une histoire de chiens et de chats, c'est une belle idée et ça fonctionne parfaitement. Les chiens sont les seuls à pouvoir aller à l'école car dans ce monde, les chats sont considérés comme définitivement stupides. Cachou, le chat, va leur prouver le contraire. Sous son masque de chien, il montre que non seulement il peut apprendre mais qu'il est aussi futé et courageux. Pourquoi y aurait-il d'un coté les gens bêtes et de l'autre les gens intelligents , d'un coté les beaux , de l'autre les moches , d'un coté les riches , de l'autre les pauvres : on peut aller très loin dans cette "mise en case" montrée du doigt par cet album qui peut servir de support à u n e g ra n d e d i s c u s s i o n q u a s i philosophique. Quand aux illustrations faites à partir de découpages et de collages, elles sont pleines de surprises et donnent un vrai cachet à cet album pour les tout petits. Par Martine Bréson
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