BSC NEWS FEVRIER 2010 - Page 37 - INTERVIEWS Cheeky " Le Kama Sutra de Poche" Jérôme Attal "Grosse pagaille" Géraldine Levasseur " Ados, la fin de l'innocence" Julien Hodara - Wormee Jean-Jacques Pauvert " Ma conversion ou le libertin de qualité" Frédéric Clément "Bel Oeil" Phil SPÉCIAL ÉROTISME NUMÉRO 23 - FÉVRIER 2010 Rencontre Jérome Attal Interviews Frédéric Clément Les portfolios érotiques de Glenn Michel et de Juan Carlos Hernandez PAGAILLE MONSTRE Cheeky Le Montréal des livres Philippe DuboéLaurence Photo Couverture / Glenn Michel L’éclat du diamant 7 pages érotiques dans ce numéro Une sélection d’ouvrages pour éveiller vos sens P O L I T I Q U R « Et pourquoi pas un Grenelle du cul ? » L’Assemblée Nationale examine depuis début février le projet de loi Grenelle 2 qui vise à mettre en musique les dispositions votées lors de Grenelle 1. Valérie Létard veut lancer la déclinaison sociale du Grenelle. Luc Chatel prépare un Grenelle de la sécurité à l’école en avril. A moins que ce ne soit des Etats généraux. Indigeste ? Vous n’avez encore rien vu… Par Neila Latrous "Et pourquoi pas un Grenelle du cul ?" La phrase serait de Roselyne Bachelot et nous a été rapportée par l’édition du 6 mai 2009 du Canard Enchaîné. 29 avril 2009 à l’Assemblée Nationale, quelques minutes avant Questions au Gouvernement, Roselyne Bachelot lance à Nadine Morano : "Qu'est-ce que j'en ai marre de ces Grenelle qui ne servent à rien". La ministre de la Santé venait d’installer cinq jours plus tôt le Grenelle des ondes, censé répondre aux inquiétudes de la population quant à l'impact des ondes sur la santé. Roselyne, jamais la dernière pour faire une bonne blague, ajoute alors : "On devrait plutôt faire un Grenelle du cul". Je vous fais grâce de l’échange pas très fin qui s’en suit pour en venir à ce questionnement : le gouvernement n’en fait-il pas trop avec tous ces Grenelle ? Et que penser alors des Etats Généraux, des assises, des tables rondes et des plans Marshall ? Et quelle différence au fond entre tous ces rassemblements où des messieurs en cravate et des filles en tailleur parlent à des gens pas contents tandis que d’autres abondent dans leur sens ? La politique de ces deux dernières années nous a quasi-quotidiennement abreuvés de ces chefs d’œuvre de sémantique et de communication destinés à nous faire prendre conscience que le gouvernement agit. Agit, mais sans obligation de résultat ? Le Plan Marshall pour les banlieues, officiellement baptisé "Dynamique Espoir Banlieues" en est à ses balbutiements depuis deux ans. Lancé le 22 janvier 2008 par Nicolas Sarkozy, il fixe alors trois priorités : l’éducation, l’emploi-formation et la rénovation urbaine via le désenclavement des quartiers. Sur le volet éducation, quelques avancées visibles : le premier internat d’excellence a ouvert ses portes en septembre 2009 à Sourdun, en Ile de France, et dix nouveaux seront créés dans le cadre du Grand Emprunt. Cette année, 12 000 jeunes devraient être accueillis dans les écoles de la 2e chance. 250 partenariats entre établissements d'enseignement supérieur et lycées de quartiers prioritaires sont attendus pour fin 2010. P O L I T I Q U E Mais du chemin reste à parcourir sur les autres volets. Sur les 45 000 contrats d’autonomie prévus par exemple, seuls 10 000 étaient signés en novembre dernier. Dans les Zones Urbaines Sensibles, le taux de chômage s’établit à 16,9% de la population contre 7,7% pour d’autres quartiers des mêmes agglomérations. A tel point que des conseillers de l’Elysée comme Henri Guaino estiment que ce plan "n’a pas abouti" ou que "c’est une dépense inutile". Un discours tellement éloigné de celui que tenait un certain candidat en mars 2007. Invité de la radio Skyrock, le futur président de la République plaidait pour "un plan Marshall pour former les jeunes de ces quartiers, pour que les jeunes aient une chance". Ensuite, les pays aidés étaient obligés de consommer américain et les Etats-Unis créaient ainsi un marché et des débouchés pour leurs entreprises mises à rude épreuve par la Seconde Guerre Mondiale. Le géopoliticien Bruno Colson voit ainsi dans le plan Marshall une subvention à l'exportation des produits américains. L’historienne Annie LacroixRiz y voit l’expression d’un impérialisme économique américain, qui sous prétexte d'apporter une aide financière soumettait les Européens à des mesures coercitives tant sur le plan financier que commercial, visant à écouler leur surproduction chronique. Enfin et surtout, le Plan Marshall participait à la lutte contre la précarité et la pauvreté, considérés par les Américains comme le terreau du communisme. Combattre ces deux plaies revenait à endiguer et Avez-vous déjà essayé de chercher "Grenelle de" ou "états généraux" sur Google ? Les résultats… D’ailleurs, qu’est-ce vraiment un "Plan Marshall" ? L’expression vient de la Seconde Guerre Mondiale, ou plus précisément de l’après-guerre. Elle renvoie au plan mis en place par les Etats-Unis pour aider à la reconstruction de l’Europe occidentale. Il consistait alors en un investissement massif sous forme de prêts remboursés par la consommation et l’achat de produits américains. Ce plan rompt avec la tradition qui voulait que jusqu’ici, le vaincu payait le lourd tribut de la reconstruction. "Le plan Marshall" reposait sur plusieurs trouvailles. Tout d’abord, il mettait en place une coopération économique entre les pays à reconstruire, au sein de l’OECE chargée de répartir les crédits accordés par les Etats-Unis. De quoi influencer et préfigurer le type d’économie qui allait se développer en Europe occidentale. contenir une idéologie supposée radicale, voire terroriste à l’entrée de la Guerre Froide. Voilà ce qu’est un Plan Marshall. Un mix entre realpolitik et opportunisme économique. Faut-il alors se demander si le plan pour les banlieues poursuit les mêmes objectifs ? On pourrait y voir le moyen d’endiguer un islamisme supposé s’y développer, tout en allant chercher des points de croissance à travers la réduction du chômage. Mais je n’ai pas assez mauvais esprit pour le penser sérieusement. En revanche, la dénomination "Plan Marshall" laisse à penser que les banlieues sont aujourd’hui dans le même état que l’Europe après la Seconde Guerre Mondiale et qu’absolument tout doit y être reconstruit. Est-ce parce que la situation de la planète est moins préoccupante que celle des banlieues française que le Plan Marshall Environnement est devenu un Grenelle ? En France, les accords de Grenelle Illustration / Fanny Michaëlis P O L I T I Q U E renvoient dans l’imaginaire collectif à la fin des années 60. Ils intervenaient en pleine crise de mai 1968 et aboutissaient sur une augmentation des salaires. Historiquement, ces accords ont échoué à mettre fin à la contestation et sont à ce titre moins glorieux que d’autres accords, comme ceux de Matignon. Toutefois, le terme désigne depuis cette époque soit une consultation publique sur un sujet majeur, soit une conférence entre l’Etat et les partenaires sociaux. D’où plusieurs observations qui à titre personnel me font sourire. D’une part, il est plutôt cocasse que Nicolas Sarkozy, qui souhaitait liquider l’héritage de 68 dans les premiers mois de son quinquennat, ait repris à son compte cette dénomination. D’autant que l’un des négociateurs des accords de Grenelle était un jeune ministre des Affaires sociales du nom de Jacques Chirac. D’autre part, sachant que ces accords n’ont pas réussi à stopper la crise, est-ce à dire que l’ensemble des Grenelle organisés aujourd’hui ont vocation à discuter, négocier, convenir d’un accord, mais sans aucun effet sur leurs objets ? Le Monde annonçait mi-février un nouveau Grenelle qui concernerait la sécurité à l’école suite à de nombreuses agressions et violences en milieu scolaire. Joint par notre rédaction, le ministère de l’Education est formel : ce seront des Etats Généraux et non un Grenelle. La différence ? "Ce ne seront pas des négociations pour aboutir à un accord, ce sera davantage des discussions, différentes acteurs réunis pour faire le point et réfléchir à l’amélioration de la sécurité à l’école" nous dit-on. Seront invités autour de la table les représentants des collectivités locales, les sociologues, l'Observatoire de la délinquance, l'Observatoire de la violence à l'école, les syndicats de professeurs, les associations lycéennes, etc. Cela ressemble effectivement à la définition d’Etats Généraux. On le sait moins, mais ce genre de réunions remonte à l’Ancien Régime. Le roi convoquait alors de manière exceptionnelle les représentants des trois ordres – clergé, noblesse, tiers état – pour débattre des problèmes du pays. Ces réunions n’avaient aucun rôle législatif ou juridictionnel. Les derniers, ceux de mai 1789, avaient abouti sur la Révolution Française. Là encore, que de paradoxes et que de traits d’esprits, voire de mauvais esprit, il serait possible de faire ! De nos jours, les Etats Généraux sont convoqués ou du moins organisés par le gouvernement. L’Etat a remplacé le roi ("L’Etat, c’est moi ! ", se serait écrié Louis XIV). Ils regroupent politiques, acteurs et observateurs. Vont-ils aboutir à une (contre-)révolution et signer le retour de la particule nobiliaire ? Voilà qui serait bien cocasse ! Espérons dans un premier temps une révolution sémantique. A moins d’envoyer au bûcher le prochain qui osera proposer un Grenelle, un Marshall ou autres Etats Généraux. 1- Plan annoncé à l’université de Harvard en 1947 par le général George Marshall, qui était alors Secrétaire d'État des États-Unis 2 - OECE : Organisation européenne de coopération économique 3 - Signés en 1936, ils ont amené de grandes avancées sociales et symbolisent en partie le Front Populaire MICHEL GLENN Glenn Michel, Suisse, né le 31 mars 1965, marié, 2 enfants de 5 et 9 ans, vit à Nyon en Suisse. Suite à un stage chez Cyril Torrent en 2007, je renoue avec ma passion première, la photographie… mon style de prédilection et le noir blanc en studio. Je fais surtout du portrait et du nu artistique. En janvier 2001 je me marie, je décide de me mettre à mon propre compte en tan que typographe/graphiste, et je mets la photo de côté. Je crée l’atelier “Pointif” à Nyon. En 2003, j’agrandis la structure et déménage à Esp’Asse, toujours à Nyon, pour créer un pool d’indépendants “espasse105b” (trois graphistes à ce jour).Je participe aussi à l’organisation d’événements culturels locale (festival Rock and Beat "Les Hivernales" à Nyon, etc.). Photographe de presse auprès du journal La CÔTE à Nyon de 1995 à 1997. Dès novembre 1994, membre créateur du magazine ROCKSESSION, magazine de rock vendu dans toute la Suisse romande, succédant à L’INTERSTICE. De 1991 à 1993, membre créateur du magazine L’INTERSTICE, magazine rock et jazz distribué dans toute la Suisse romande. Responsable de la reproduction lithographique, de la photographie, de la prise de vue et du laboratoire photo. crédit photo / ©www.josimoes.com JUAN CARLOS HERNANDEZ Né en 1971, Juan-Carlos Hernandez fait ses premiers pas de photographe dans les années 80. Dès 2004, pris de passion pour le jazz, il arpente les scènes européennes et américaines en tant que photographe amateur. Trois ans plus tard, il décide de se consacrer entièrement à sa passion et devient photographe professionnel. Établi à Genève, de nature curieuse et ouverte, il élargit son éventail. De photographe de jazz, il devient photographe de scène (musique classique, danse, théâtre, cinéma…) Il est également journaliste-photographe de presse RP (inscrit au Registre Professionnel) et membre de l'association de renommée internationale US Jazz Journalist Association. Il pratique par ailleurs tous les genres de travaux photographiques, de l’événementiel aux portraits. Il reste malgré tout centré sur ce qui lui tient le plus à cœur : une documentation exhaustive, artistique et, sur le long terme, le vaste monde du Jazz. Ses travaux « jazzistiques » sont publiés dans divers journaux et magazines du monde entier tels que New-York Times , Downbeat ,Jazzman, Drummer Magazine ,Jazzwise ; Le Temps, 20 mn ,l'Hebdo . Il collabore régulièrement avec des musiciens de renommée mondiale tels que le trompettiste Dave Douglas et des légendes vivantes comme les saxophonistes Ornette Coleman ou Sonny Rollins. Avec ce dernier il publie, en exclusivité mondiale, un calendrier unique à tirage limité. Ses travaux photographiques plus personnels attirent l’attention de galeries ou de périodiques tels que le magazine Centre Culturel Neuchâtelois en Suisse. crédit photo / ©www.josimoes.com C H R O N I Q U E D É C A L É E Il était une fois la perte du désir... Il était une fois la jeune génération... celle du téléphone portable, du MP3, de l'ADSL, de MSN, de Facebook, de la sur-communication perpétuelle. Il était une fois la perte du désir: ne plus savoir ce qu'est l'attente, plus de lettre qui tarde à caresser la boîte aux lettres, plus d'interdiction dû à l'âge... Et peu à peu se dénature la si jolie fraîcheur des adolescents en fleurs qui déclinaient l'espoir et la candeur sous toutes ses formes tendres. Je caricature l'histoire? Par Julie Cadilhac / Illustrations Arnaud Taeron J'entends des rumeurs de désapprobation qui vont m'accuser de pudibonderie. Mais laissez donc vos o re i l l e s c u r i e u s e s glisser dans le cercle des adolescents de 2010 ! Traversez donc la barrière des Eastpack e t entendez leurs propos crus, forts de ce progrès "extraordinaire" qu'est l'accès facilité à des sources audio et vidéo riches en contenus hautement spirituels où le sexe est présenté sous son aspect le plus vil et le plus crasse. Faîtes mijoter dans vos oreilles quelques images de lèvres pubères formuler des mots tels que "éjaculation faciale", "troncher", "baise anale" et.... méditez sur les bienfaits contemporains de l'accessibilité à tout. La pornographie est à portée de main de n'importe quelle souris: faut-il s'en réjouir? Ce qui est regrettable dans le monde contemporain, c'est que la pornographie est devenue un lieu de perversion. A l'origine, la Pornographie était la déshabillée, l'effrontée qui venait taquiner le subtil Erotisme aux éveils discrets. Aujourd'hui, elle n'est plus simplement la catin généreuse et triviale, elle est un monstre sadique ou masochiste, écoeurant en tous cas car elle semble avoir perdu toute estime de soi. Ce qui l'a sali ? Son penchant pour l'obscénité qui a pris des proportions actuelles irrécupérables... Il ne faut pas, en grenouille de bénitier, hurler sur le sexe brut. Dire "Beurk, le sexe, c'est crade et P O L I T I Q U E dégueulasse!". Le lit de chacun doit être un lieu libéré de réserve et de retenue pudique. Mais lorsque le sexe conquiert la sphère publique, il ne devrait pas tout se permettre. S'il est un sujet de plaisanterie, personne ne s'en sentira offensé. S'il s'annonce comme un lieu de perversion où les êtres qui y gesticulent perdent toute intimité, le sexe devient pathologique et sans intérêt. Parce que tout montrer ôte toute magie. Tout donner ôte toute envie. L'érotisme et la pornographie sont des représentations artistiques du sexe et de la sexualité. La différence est au départ bien nette: la pornographie nous met au rang d'animal sexuel, déclenche des réactions mécaniques semblables à celles des chiens qui se frottent sur vos jambes. L'érotisme est censé, lui, éveiller l'imagination, être dans la sphère de "ce qui ne se dit pas". L'érotisme est une exaltation des corps, transcendée par un regard artistique: une sublimation du désir. Comprendre que l'érotisme travaille sur le sous-entendu tandis que la pornographie affiche délibérément est essentiel. L'érotisme place le fantasme comme ressort du désir. Le fantasme permet toutes les libertés... Il autorise l'imaginaire à prendre le pas sur la réalité et même si l'on n'a pas l'audace d'aller jusqu'à la concrétisation, il nous ouvre une fenêtre de dérives psychiques. La pornographie le tue puisqu'elle concrétise le fantasme. Elle violente par sa crudité car elle nous confronte à son illustration en chair et en cris . Si l'érotisme semble recueillir mon assentiment, il est un point sur lequel je la condamne au même titre que sa consoeur malsaine. Illustration / Arnaud Taeron Toutes deux placent la domination masculine comme essentiel ressort jouissif et cela a des conséquences sociologiques: il n'est pas rare d'entendre les jeunes adolescentes affirmer que la soumission aux caprices de son partenaire est la clé assurée pour le garder. On comprend pourquoi les féministes continuent d'être si virulentes; ayant essayé d'éduquer leurs mères, elles se voient face au même échec avec la génération suivante. Les adolescentes d'aujourd'hui semblent être piratées par les désirs des hommes et lorsque l'on observe les clips de Britney Spears à la télé ou - pire que l'on intercepte dans les cours de lycée les descriptions impudiques des cajoleries qu'elles sont fières de distribuer à leurs hommes, on reste perplexe. La femmeobjet reste un poncif des représentations sexuelles... et qu'on ne me parle pas des récits de femmes initiatrices! Ils demeurent des phénomènes mineurs... et d'ailleurs, souvent, ces femmes matures manipulant de jeunes esthètes finissent elles aussi par se retrouver sous le joug du phallus. La pornographie est évidemment la première au banc des accusés: elle affiche avec outrecuidance des hommes manipulateurs assouvissant leurs désirs primaires et des femmes- poupées désarticulées aux gémissements téléphonés. La pornographie a été inventé par des gens sans imagination si l'on exclue l'aspect gymnastique.... Il n'y a guère que des abrutis testéronés (espérant en secret pouvoir fesser des courges aux cuisses liposucées ) pour se satisfaire de cette mascarade de plaisir rugissant ou bien des adultes qui cherchent à compenser leurs P O L I T I Q U E manques sexuels. Et c'est là que le "bas" blesse.... s'il n'émoustille plus. Aujourd'hui l'adulte parent se complaît souvent dans l'immaturité et cherche ainsi à s'afficher comme le complice libéré face à ses gamins: alors qu'il joue le jeu jusqu'au bout! S'il expliquait à ses mouflets bouillonnants de leurs premières émotions hormonales sur quoi repose une sexualité épanouie? Qu'il libère sa langue puisqu'il est tant affranchi des tabous de ses parents! Qu'il ne régresse pas ! Qu'il parle aux gosses de l'utilité, pour le sexe, de COMMUNICATION, TENDRESSE, PARTAGE, ENVIE DE DONNER, RECIPROCITE. Qu'il leur apprenne que le sexe est un art, que la femme n'est pas un objet et que ses désirs sont aussi importants que ceux des mâles. Qu'il leur fasse lire le Kama Sutra qui rappelle à quel point les conditions et le cadre durant lequel naissent les ébats sont primordiaux! Au lycée, on devrait prescrire l'amant de Duras. Pour réaliser le plaisir trouble de l'évocation, pour comprendre que le sexe n'est pas une pancarte que l'on brandit comme un trophée mais bien une quête de plaisir subtile... et périlleuse. L'érotisme accompagnait les anciens: Le saviezvous? On trouvait souvent de larges phallus à l’entrée des habitations romaines car le phallus était signe de chance. En Grèce antique, le Herma, petite statuette composée d’une tête sur un socle rectangulaire d’où se dressait un phallus, était un objet courant et une amulette de protection. En Asie, la peinture érotique sévit depuis le moyen-âge. Les grecs initiaient leurs hommes aux premiers plaisirs et à la sexualité... l'éraste, homme adulte, prenait en charge un adolescent, l'éromène et la pédérastie désignait à l’origine une institution morale et éducative bâtie autour de la relation particulière entre un homme mûr et un jeune garçon. Il y avait dans les civilisations anciennes ce souci de l'épanouissement sexuel. Or aujourd'hui, à part les sexologues, plutôt là pour guérir que pour initier, qui prétend apprendre la sexualité? La sexualité, c'est inné? Allez dire cela sur la place publique! Vous serez étonnés! Evidemment qu'à voix haute, personne ne vous contestera! mais en confidence, combien se plaindront de leurs partenaires... cunnilingus, fellation, masturbation, morsures, caresses, baisers... voilà des mots dont on rit beaucoup en soirée et dont on se gausse mais dans l'intimité... allez hop, entrée, sortie, entrée, sortie.... ah ah ah ah ah a...ttention chérie, je ne tiens plus et pschlitttttttt....terminado....ça valait le coup de passer... Aujourd'hui, à l'ère de la libération des moeurs et du sexe, on s'aperçoit que les tabous sont restés et les incompatibilités sexuelles sont le joug de tout un chacun. Mais, même si l'on ne pratique pas plus (et pas mieux) que ses parents, la modernité c'est qu'on parle de sexe, on regarde du sexe. L'érotisme aujourd'hui est affaire de mode. Il est chic d'écrire cru, et de l'avouer haut et fort, la bisexualité est fashion et les réunions tupperware version godes ultra tendance. Les corps nus pleuvent en peinture, au théâtre même, à la télé. L'érotisme se vend bien; il faut lui reconnaître cela. Quand on promet de la fesse chaleureuse, les regards se tendent et les porte-feuilles se font plus lâches... c'est vieux comme le monde l'idée que le sexe dirige le monde... J'avoue que traiter d'érotisme ce mois-ci m'a été d'une grande difficulté...ma fibre féminine s'est sentie blessée. L'érotisme est un thème qui pourrait ne pas créer de notion d'inégalité sexuelle. Mais force est de constater qu'il reste encore un lieu de domination masculine prégnant. J'aurais aimé trouver de beaux nus masculins pour accompagner cette galerie de portraits de femmes parées de noir et blanc. Enfin... j'ai quand même choisi d'en parler a u s s i . . . . h i s t o i re d ' ê t re a u s s i b ê t e m e n t conformiste que les autres? Une dernière pensée: On s'insurge contre ceux qui voilent. On a raison. Mais on s'insurge peu contre ceux qui dévoilent. Pourtant.... dans les deux cas, on parle de femmes soumises. A bon entendeur. Julie Cadilhac En partenariat avec L’Autre Edition, le BSC NEWS MAGAZINE vous fait profiter dans ce numéro des meilleures feuilles érotiques du succès de John Marcus, pour L’éclat du diamant.
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