BSC NEWS FEVRIER 2010 - Page 2 - INTERVIEWS Cheeky " Le Kama Sutra de Poche" Jérôme Attal "Grosse pagaille" Géraldine Levasseur " Ados, la fin de l'innocence" Julien Hodara - Wormee Jean-Jacques Pauvert " Ma conversion ou le libertin de qualité" Frédéric Clément "Bel Oeil" Phil SPÉCIAL ÉROTISME NUMÉRO 23 - FÉVRIER 2010 Rencontre Jérome Attal Interviews Frédéric Clément Les portfolios érotiques de Glenn Michel et de Juan Carlos Hernandez PAGAILLE MONSTRE Cheeky Le Montréal des livres Philippe DuboéLaurence Photo Couverture / Glenn Michel L’éclat du diamant 7 pages érotiques dans ce numéro Une sélection d’ouvrages pour éveiller vos sens Photo D.CRESPIN / Copyright L’idée me trottait dans la tête depuis quelques temps déjà de faire paraître un BSC NEWS MAGAZINE centré sur l’érotisme. Mais le sujet aussi vaste que brûlant révèle bien des surprises lors que l’on s’intéresse de près à ce qui fait la sphère culturelle de cette notion. On commence par réfléchir à ce que cela représente, à ce que cela appelle en nous et à ce que cela induit. Ce numéro tente de définir les frontières sensibles de l’érotisme et de ses attributs. Nous avons donné la parole à des passeurs d’érotisme afin qu’ils vous proposent une vision, des idées et leur sentiment sur ce sujet. Nous sommes également partis à la recherche de photographes qui, pour nous, respectaient le grain de l’érotisme. Nous cherchions un travail délicat à même le sillon fécond de la photo et du corps. Notre rencontre avec Glenn Michel a été un véritable coup de foudre tant son travail sur la femme et la suggestion du corps dans son intimité nous a paru pertinente et gracieuse. Nous y avons associé également le travail de Juan Carlos Hernandez, un habitué du BSC NEWS MAGAZINE qui nous propose cette fois-ci sa patte érotique avec talent. C o n c e v o i r l a c o u v e r t u re d ’ u n magazine est toujours le berceau fécond des hésitations, des titres racoleurs et parfois le procédé d’une drague dure envers les lecteurs pour certains médias en manque de contenus. Depuis que je dirige le BSC NEWS MAGAZINE, je n’ai jamais éprouvé une certitude si évidente pour le choix d’une couverture. Je flânais sur le site de Glenn Michell et je suis tombé sur cette photo. Elle m’a laissé bouche bée tant elle incarne la candeur d’un érotisme pur et sans défaut. Et je crois bien que si je n’avais pu, par malheur ou malchance, la publier en Une, j’aurais changer le thème de ce numéro. Je remercie très chaleureusement Glenn Michel pour ce cliché de bonheur et de... suggestions. Pour finir, j’ai bon espoir que ce nouveau numéro rallie vos suffrages culturels. Et ceux qui attendent ardemment des pages foncièrement coquines sans profondeur et d’une dévotion franche pour le porno chic seront vraisemblablement déçus. Je suis intiment convaincu que l’érotisme est culturel à l’inverse de la pornographie qui incarne le marché du sexe et la place boursière et malsaine des frustrations. Je vous souhaite une excellente lecture et je vous remercie une nouvelle fois de votre fidélité pour notre magazine. Vous êtes tous les mois plus nombreuses et nombreux à nous suivre. Nicolas Vidal « L’érotisme est culturel à l’inverse de la pornographie qui incarne le marché du sexe et la place boursière et malsaine des frustrations» Sommaire Février 2010 Cheeky P.4 Jérôme Attal Grosse pagaille P.26 Julien Hodara Le boss de Wormee P.13 Géraldine Levasseur L’interview P.21 Frédéric Clément Le butineur d’instants P.32 Le Montréal des livres Philippe Duboé-Laurence P.69 P.40 érotiques Les portfolios Cahier photos central Crédits Photos mentionnés par article et en fin de magazine de Glenn Michel et de Juan Carlos Hernandez Le Kama Sutra en poche Cheeky, vous venez de publier Kama Sutra, le guide poche. Quelle est l'idée de départ de ce manuel ? Depuis 3 ans, en ayant créé mes BD et le personnage de Cheeky, je suis un peu devenue la coach en séduction avec une touche d’humour ! En effet, j’anime des chroniques à la radio, écris des articles avec les conseils de Cheeky. Il me paraissait donc évident de choisir le thème du Kama Sutra coquin et un peu humoristique comme premier titre pour mes petits livres cadeaux ! ce qui, à mon avis, est la définition d’une vie de couple! et d’une vie sexuelle épanouie. Ce guide correspond-il à tous les couples qui souhaitent pimenter leur intimité amoureuse ? Oui, mais de manière soft et jamais vulgaire… (les fans de soirées « château et donjon » ne trouveront pas leur compte dans ce petit guide). Parler de choses coquines de manière mignonne, c’est la base de tout ce que je fais avec mon personnage de Cheeky qui endosse des costumes de pin-up différents pour chaque position, que ce soit la Cheeky infirmière, la Cheeky hôtesse de l’air ou la Cheeky policière. Les positions restent praticables même si certaines demandent un minimum de souplesse, d’ailleurs je les ai toutes testées et approuvées ! Et il y a le fameux jeu des positions inclus dans le livre. En choisissant une combinaison de lettres et de chiffres vous obtiendrez au hasard une position dans le guide, c’est un moyen d’amener un peu de fantaisie dans le couple, de briser la monotonie, d’explorer de nouvelles choses… d’oser! Il y a un côté très ludique et décalé à l'inverse du Kama Sutra autour de Cheeky Girl et de Cheeky Boy. Ce sont un peu la Barbie et le Ken du Kama Sutra ? Exactement ! Le but est de créer un manuel de poche, que l’on peut emporter partout, pour suivre les prouesses acrobatiques de Cheeky Boy et Cheeky Girl. Le Kama Sutra classique, bien que très intéressant, est extrêmement complexe ; bref, vous risquez de perdre votre excitation après avoir essayé de comprendre une position ! Le Cheeky Kama Sutra est facile à lire, il suffit de suivre les conseils et de passer à l’action. En fait, je trouve très important d’amener une touche ludique, un côté « jeu » à intégrer dans le couple. A mon avis, à partir du moment où l’on arrive à intégrer cette notion de jeu, cela prouve que l’on arrive à un degré de complicité et de confiance en l’autre optimal; Quelles ont été les premiers retours depuis la sortie de ce livre de la part des lecteurs ? Ce qui plaît, c’est le côté mignon, il ne choque pas. Il donne envie de jouer et les filles se disent tout de suite qu’avec son petit format (12x12cm pour 128 pages de positions et de conseils sexy), elles peuvent le mettre dans le sac à main. On me dit aussi souvent que c’est le livre de Kama Sutra que l’on ose offrir en cadeau à sa copine, les dessins restant très soft ; en résumé il amuse beaucoup ! Et puis l’autre argument choc, c’est le petit prix, à 3.90 euros… on peut se faire du bien sans faire de mal au porte-monnaie ! Vous déclariez récemment dans une interview " Certains jeunes de 20 ou 25 ans deviennent de plus en plus prudes ! Ca me fait peur ... peut-être par réaction au porno chic ?'. Qu'en est-il de cette préoccupation aujourd'hui ? Je pense que l’on traverse une période où tout va trop vite et où l’on reçoit beaucoup trop d’informations en même temps. Les jeunes en particulier sont nés dans une société qui vous vend du sexe partout, à toutes les sauces, (de bon ou de mauvais goût), et en cela internet a complètement démocratisé la pornographie, devenant gratuite et facile d’accès. La pub s’est emparée du phénomène avec le porno chic… Bref, on perd justement le côté « beau » du sexe et de l’amour (n’oublions pas que l’acte d’amour en soi est juste la plus magnifique des choses qui existe sur cette terre… c’est même essentiel. Finalement, c’est grâce à un acte d’amour que l’on est là pour en parler aujourd’hui!). Du coup, je trouve effectivement que certains jeunes deviennent très prudes, j’interprète cela comme une réaction de défense. Le but de ce genre de petit livre est aussi de permettre à ces jeunes de s’amuser en découvrant leur sexualité, dans le respect de l’autre, hors de l’image trop crue et parfois vulgaire véhiculée sur le net ou d’autres médias. Cheeky, que représente pour vous l'érotisme de nos jours ? J’ai une vision de l’érotisme, empreinte des pin-up des années 50, qui n’a strictement rien à voir avec les images pornographiques que l’on nous montre aujourd’hui. Pour moi l’érotisme, le vrai, c’est l’art de suggérer et non pas de tout montrer, mettre en valeur la beauté du corps ; en cela, les pin-up des années 50 peintes par Gil Elvgreen (de même que certaines toiles de Jack Vettriano, des femmes comme Bettie Page ou aujourd’hui Dita Von Teese, en passant par le Crazy Horse), représentent pour moi une vision idéale de l’érotisme. Est ce que votre guide du plaisir en est une déclinaison ? Dans un certain sens oui, le personnage dessiné de Cheeky ayant ce côté pin-up ! Il répond également à une manière un peu décomplexée et naturelle de parler de sexualité, entre copines, à la manière de Sex and the City. Quelle est l'origine de Cheeky ? Cheeky, c’est à la fois moi et mon personnage dessiné, on a le même look ! Est-ce une manière de fantasmer ma vie sur papier glacé ? Mystère ! J’ai fait différentes choses en tant que Cheeky. J’ai écrit des « comic strips », puis des chroniques TV et radio, ainsi que pour la presse, toujours sur le thème de la séduction. Mais comme mon métier de base est illustratrice, je prends énormément de plaisir à dessiner mon personnage de Cheeky, lui donnant un style à la fois pin-up et manga; deux univers qui me plaisent particulièrement! Cheeky, travaillez-vous sur un autre projet éditorial de ce type en ce moment ? Oui, l’expérience éditoriale avec le « Cheeky Kama Sutra » est très satisfaisante et je souhaite continuer à conjuguer amour et humour à travers mes petits guides de Cheeky. Le prochain livre, au même format de poche, est prévu pour le mois de mai. Il donnera des conseils de drague, toujours sur un ton décalé… et mettra encore plus en avant le travail d’illustratrice avec mon personnage dessiné de Cheeky ! Propos recueillis par Nicolas Vidal Rebecca Wengrow Le Désespoir des heures de pointe ( Ed. BSC PUBLISHING) « Un Bijoux! » Gérard Collard « Un livre somptueux ! » Le coup de coeur des libraires Après le succès d’une Étoile cousue main, Rebecca Wengrow revient avec Le Désespoir des heures de pointe. Ce sont sept nouvelles. Une urgence à dire comme il faut se dépêcher de vivre. Comment trouver un semblant de liberté quand le mécanisme du quotidien vous écrase, quand le souvenir est trop fort, quand la justice vous accable, que les ados sont à dos de mère et que l’armée rend les soldats fous… d’amour. « Un immense écrivain » Le magazine de la Santé Commandez l’ouvrage de REBECCA WENGROW en cliquant ici VOTRE PUB EN VIDÉO SUR LE BSC NEWS MAGAZINE ! PROFITEZ D’UNE VISIBILITÉ EXCEPTIONNELLE EN INTÉGRANT VOTRE VIDÉO DE CLIP, DE PROMOTION, TEASING OU AUTRES DIRECTEMENT SUR UNE PAGE DE BSC NEWS MAGAZINE ELLE EST ANNONCÉE PAR LE LOGO INTERACTIF ET SE LANCE IMMÉDIATEMENT EN PLEIN ÉCRAN ! UNIQUE ! CONTACTEZ-NOUS POUR DE PLUS AMPLES RENSEIGNEMENTS ALYSSIA.RIVALDI@BSCNEWS.FR La mariée mise à nu Un roman cruellement féminin. Rose et cynique. Nikki Gemmel y fait un portrait brûlant de l'insatisfaction féminine et son énonciation, qui vient récupérer souvent le pronom personnel "vous", violente encore davantage la lectrice qui se sent viscéralement visée. "Le besoin de réfléchir visite rarement les gens satisfaits". Un roman dérangeant à ne recommander qu'à celles qui oseront affronter les problématiques qui y sont soulevées: peut-on être heureuse en couple? Comment avoir une sexualité épanouie? Les désirs féminins sont-ils contradictoires et impossibles à combler? On y parle ( beaucoup) de sexualité au travers de divers angles: le quotidien affligeant des câlins conjugaux, la passion éphémère de l'amant parfait, la folie de l'épouse qui assouvit ses fantasmes au prix de sa sérénité et de sa dignité. Le roman est chapitré sous forme de leçons façon Aubade et s'amusent à réciter les soidisants clichés de la bonne épouse. L'histoire? Terriblement banale. Une femme londonienne; un mari, Cole; un amant, Gabriel; une amie castratrice, Théo; une mère (toujours trop ou pas assez) présente. Et tout tourne autour du nombril de la jeune femme perdue dans ses envies et ses manques. Alors? La Mariée Mise à Nu m'a d'abord séduite par la sémantique plurielle de son titre et je n'ai pas été déçue. Erotisme et psychologie s'affrontent au fil des pages. L'auteur décrit les tribulations psychiques d'une femme ambivalente qui évolue dans un univers sentimental, familial, amical déstabilisant et inconfortable. Le résultat? La perte de contrôle de ses émotions. Nikki Gemmel montre avec justesse la lente dérive d'une femme obnubilée par ses désirs contradictoires: celui d'être blottie dans des bras rassurants, celui d'être un objet de désir, celui de se sentir libre, celui d'être maman. Au travers du récit d'une héroïne déséquilibrée par les sursauts peu maîtrisables de ses désirs, la réflexion sur les notions de besoin et de désir devient omniprésente et salvatrice. "A l'origine, La Mariée Mise à nu a été publié anonymement [...] j'avais parfaitement l'intention de faire figurer mon nom sur la couverture en commençant le livre, mais je me suis bien vite rendue compte que je me censurais. Effrayée des réactions possibles de mes proches, effrayée à l'idée de les faire souffrir, n'ayant pas tout à fait le courage de me dévoiler avec une aussi complète nudité." Peut-on parler de roman sulfureux, profondément érotique? Je ne pense pas. Le sexe est un lieu d'illustration idéal des malentendus d'un couple et des absurdités d'une personnalité. Certes,le roman ne manque pas de passages coquins où l'auteur-femme s'exprime sur ses attentes érotiques et délivre des leçons fort pertinentes que tout homme avisé ne devrait pas hésiter à appliquer. Mais l'intérêt de ces scènes érotiques n'est pas que "stimulant"... Nikki Gemmel cherche d'abord à nous faire réfléchir et montre ainsi une épouse pour laquelle le sexe est une question de soumission, de compromis et de non-dits qui finissent par enlaidir le rapport sexuel au lieu d'en faire un objet de plaisir. C'est un livre d'expérience - et c'est toute sa saveur- qui montre combien la négligence de tous les jours provoque des s i t u a t i o n s d e s o u ff r a n c e quotidiennes inimaginables. Un livre qui rappelle qu'au début, "vous êtes pleine d'amour pour lui, pleine jusqu'à ras bord" et puis, ensuite, lorsque l'état de "limérence» ( terme de psychologie désignant un amour de type obsessionnel) s'éteint, vous vous sentez dépossédée de tout ce que vous donniez avant avec générosité. Assurément non, La Mariée Mise à Nu n'est pas un livre r é vo luti onnaire: vou s n 'y découvrirez pas de solution miracle. D'abord parce que l'héroïne est trop égoïste et excessive pour que l'on puisse n e t t e m e n t s ' y i d e n t i fi e r. Cependant, ce portrait exacerbé détone des romans de midinette que les collections féminines aiment à nous servir. Ici on crûment et tant mieux! parle C'est ainsi un roman agréablement dérangeant. Par sa folie. Par ses excès. Par ses insatisfactions et ses doutes et par cette sensation d'autobiographie qui soutient les mots en filigrane. "Vous aimez Cole d'une façon que vous n'avez jamais pratiquée auparavant. Calmement. C'est un amour qui ne fait pas d'étincelles, il luit plutôt comme une chandelle. vous l'aimez même quand il s'endort tout en vous faisant l'amour. Vous n'aviez jamais aimé calmement avant, quand vous n'aviez pas encore trente ans. C'était l'époque de l'amour avide, plein d'exaltation et de terreur; quand il vous arrivait de dire "Je t'aime", vous aviez toujours l'impression d'être dépouillée; jamais vous n'avez eu l'impression que l'amour pouvait être un sauvetage." Par Julie Cadilhac Titre: La mariée mise à nu Auteur: Nikki Gemmel Traduit de l'anglais par Alfred Boudry. Editeur: Au Diable Vauvert Prix: 22 euros Julien Hodara Propos recueillis par Nicolas Vidal toujours de la guitare, chaque j o u r. Puis c o m m e beaucoup, j'ai tout fait pour écouter le plus de musique possible, chez les copains, chez les disquaires, puis via des mixtapes. Tout Julien Hodara, le fondateur de cela m'a mené Wormee.com (photo DR) chez War ner Music chez qui, de 2000 à 2006 j'ai travaillé sur J u l i e n , q u e l l e e s t v o t r e ce qu'on appelait à l'époque le histoire personnelle et intime "New media", soit tout ce qui n'était pas le support avec la musique ? " h a b i t u e l " ( C D , R a d i o , T V, C ' e s t u n e h i s t o i r e q u i a Presse). J'y ai beaucoup appris, commencé très jeune, avec des en créant les premiers outils cours de piano classique, la CRM, en passant commençant à Marche Turque, puis l'envie de vendre des sonneries, des logos jouer de la guitare après avoir et des titres en téléchargement. écouté “Sultans of Swings» de J'ai même eu la chance d'y créer Dire Straits et le solo de Mark mon premier site de streaming: le Knopfler. Je joue d'ailleurs s i t e Warnermusic.fr W a r n e r m u s i c . f r d e 2 0 0 3 permettait d'écouter 1'30 (et non 30 secondes) de chaque titre du catalogue Warner digitalisé. Le concert de Tony Joe White au New Morning fut-il un déclic pour la suite de votre cheminement ? Non, pas nécessairement un déclic, mais c'était vraiment un moment exceptionnel. Mettez vous à la place du fan à qui l'idole demande la chanson qu'il voulait entendre. Elle n'était pas sur la setlist et pourtant Monsieur Tony Joe White s'est exécuté avec élégance. Le streaming en musique sur le net fait parler de lui en ce moment, comment avez-vous réagi après la mise en l'écart de l'un des cofondateurs de D e e z e r, Jonathan Benayassa ? Je ne suis pas actionnaire de Deezer, je ne sais pas s’il a été vraiment mis à l'écart. Je n'ai pas
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