BSC NEWS MAGAZINE - JANVIER 2010 - Page 1 - BSC NEWS MAGAZINE - Janvier 2010 - Jil is Lucky, l'interview, Rébecca Dautremer, Pascal Bontizer, Eric BlackBurn, Jean-Simon Desrochers, Charlotte Marin, Julien Cottereau, Damien Luce NUMÉRO 22 - JANVIER 2010 L’INVITÉ JIL IS LUCKY Julien Cottereau PhotoCouverture/RaphaëlLugassy Charlotte Marin Damien Luce ERICK BLACKBURN Les coulisses d’une librairie québécoise Rencontre avec Pascal Bonitzer Interviews Eve Ensler Marion Aubert RÉBECCA DAUTREMER L’interview de JEAN-SIMON DESROCHERS Fous ! ... mais littéraires par Eric Poindron «L’Art seul nous sépare de l’animal» Photo D.CRESPIN / Copyright Voilà une année 2010 qui commence sur les chapeaux de roue pour notre magazine. Le 19 décembre, nous avons eu la joie immense d’apprendre que le célèbre moteur de recherche de Moutain Valley, GOOGLE, acceptait de r é f é r e n c e r l e s a r t i c l e s d u BSCNEWS.FR aux côtés des grands sites de presse nationaux et internationaux. Ce cap franchi par notre média est la reconnaissance de votre fidélité et de notre volonté pugnace à décortiquer, à présenter et à vous transmettre une certaine conception de la Culture. Vous étiez hier 25 000 à nous suivre tous les mois. Ce mois-ci, nous atteignons la barre des 40 000 lecteurs mensuels. Et c’est pourquoi, pour ce premier mois de l’année 2010, nous vous proposons un BSC NEWS MAGAZINE très copieux en interviews avec plus de 10 invités et invitées qui nous semblent caractériser au mieux l’actualité culturelle de ce début d’année. Vous retrouverez le phénomène de la Pop Française, Jil Is Lucky qui ne devrait pas tarder à faire irruption dans vos oreilles. Rébecca Dautremer, l’illustratrice hors norme qui nous accorde une très large interview et nous offre quelques croquis de son travail. Julien Cottereau (Molière 2007) pour son talent exceptionnel dans le registre du clown. Vous rencontrerez au gré des pages, Diastème, Damien Luce, un face-à-face avec Pascal Bontizer, Marion Aubert ou encore la pétillante Charlotte Marin. Une nouvelle fois, les 20 journalistes de la rédaction du BSC NEWS ont fait délibérément le choix de la multiplicité des talents, des registres et des artistes. Ce credo anime la ligne éditoriale de votre magazine depuis ses débuts en décembre 2007. Et nous la suivrons scrupuleusement pour cette nouvelle année 2010. Car le succès est une chose, le talent, une autre. Je vous invite donc à vous plonger dans ce nouveau numéro avec enthousiasme qui vous réserve bien des surprises, des découvertes, des coups de coeur et vous mettra sur la voie des nouvelles figures culturelles de cette année 2010. Celles qui compteront dans quelques semaines et qu’il sera difficile d’éviter parce qu’elles ont tout simplement du ... talent. Toute la rédaction du BSC NEWS MAGAZINE se joint à moi pour vous présenter nos meilleurs voeux pour cette année 2010. Nicolas Vidal « Ce numéro vous réserve bien des surprises, des découvertes, des coups de coeur et peut-être même les nouvelles figures culturelles de cette année 2010» Jil is Lucky P.5 Rébecca Dautremer P.9 Julien Cottereau P.15 Diastème P.22 Pascal Bonitzer P.26 Eve Ensler P.29 Damien Luce P.24 Charlotte Marin P.32 Marion Aubert P.38 Sommaire Janvier 2010 Jean-Simon Desrochers P.62 Crédits Photos mentionnés par article et en fin de magazine PAR NICOL AS VIDAL / PHOTOS : RAPHAËL LUGASSY L’INVITÉ Jil is LUCKY Jil is lucky, le phénomène de la POP française L’interview Par Nicolas Vidal / Photos : Raphaël Lugassy Lorsqu'on consulte attentivement la genèse de Jil is Lucky, il ne faut que peu de temps pour comprendre que le voyage est omniprésent et la route permanente ? Qu'en est-il? Le voyage est indispensable pour moi, pour me décaler et prendre du recul. Je continue de voyager des que je peux car cela m’inspire. Au-delà de l’inspiration artistique, c’est le positionnement barbare ou le fait d'être déstabilisé qui me redonne envie d'écrire. JIL IS LUCKY Vous avez récemment déclaré que "le voyage m'a fait comprendre à quoi servait ma guitare." Est- elle alors l'outil pour transcender sa musique et son expérience propre d'exister ? M o n o u t i l p r i n c i p a l p o u r composer et entrer en vibration avec le cosmos. L'art seul nous sépare de l'animal. La guitare me p e r m e t d o n c d ' e n t re r e n résonance avec le reste du monde, avec mes propres codes, soit ceux de la musique pop. C'est une manière de me coller joue contre joue avec l'étranger. Jim Morrison a crée sa propre musique à Venice Beach sur le toit des immeubles. Le Ghetto de Prague a été, d'après vous, une révélation. D'où vous est venue cette révélation : de l'exil, de votre état d'esprit à ce moment-là ou à quelque de peut-être plus mystérieux et introspectif ? C'est un lieu chargé en émotion et profondément ancré dans les racines de l'Europe. Encore une fois, j'ai senti que j'entrais en communion totale avec les murs de cette ville qui m'a bouleversé . Votre musique vous vient de la Route comme le sont venus pour Jack Kerouac ses livres. Etes-vous d'accord avec cette impression ? Ainsi, s'il n'y avait pas eu de voyages, y aurait-il eu un patte musicale aussi percutante ? Je ne sais pas. Probablement. C’est dur de dire ce qu'auraient été les choses ou comment aurait sonné un album. En effet c’est un premier disque emprunt de divers parfums, de voyages entre autres. Tant mieux si cela se ressent. Cela reste très pop cependant. L'album est passionnant par son timbre, sa rythmique mais également par la diversité de ces morceaux. A t-il été composé grâce à la diversité des pays traversés durant vos périples ? Je ne pense pas, car on traverse un pays comme vous dîtes. On reste le même au final. Ce qui nous a construit nous colle a la peau. La musique n'est qu'une interprétation de «Ma guitare est une manière de me coller joue contre joue avec l’étranger» sentiments comparatifs en fait. Ce qui veut dire par exemple que les couleurs en Amérique du sud sont souvent plus vives qu'ici en France. Cela nous parait donc plus vivant, donc cela nous inspire quelque chose.... Mais au final ce n'est qu'une comparaison d'une norme à une autre. Comment a commencé la musique pour vous ? Tout a commencé avec une vieille guitare et un disque de nirvana quand j'étais très jeune. Puis j’ai enchaîné très vite dans un groupe de rock en tant que bassiste, puis les concerts dans les bars... Quand avez-vous commencé à prendre la route ? J ai pris la route quand j' en ai eu marre des bars et des études, du train train anxiogène de cette société. J ai décidé que je ne me ferais pas avoir. Les passions sont comprimées dans le carcan carrièriste et le vortex des ambitions. J'en prend le contre pied total. Et à quel moment, la musique pour vous devint indissociable du voyage ? En fait, je ne sépare pas la musique du voyage ou l'art de la vie. L'art n'est pas un passe temps. Je chante dans ma tête, je n'ai pas besoin de micro ou de guitare pour composer, c'est présent en moi du matin au soir. Qu'avez-vous appris du voyage et que vous ne pourrez jamais retranscrire dans un morceau ? J ai appris a me taire Jane est très présente dans votre album. Qui est Jane ? Nous partageons l'Album en effet entre autres... Avez-vous un livre culte et un livre de chevet ? Minima moralia en livre culte, les Contes d'Andersen en livre de chevet. L'espoir le plus fou de Jil is Lucky pour 2010 ? Arriver a faire du moonwalk en cheval . Propos recueillis par Nicolas Vidal www.jilislucky.fr Les illustrations de cet article sont issues de l’Art Book de Rébecca Dautremer avec son aimable autorisation D'où est partie l'idée de ce Artbook? Et quelle définition en feriez-vous? Cette compilation- plaisir de vos projets déjà édifiés ou en cours? Cherche-t-elle à faire un portrait exhaustif de vos activités? Ou voulait-elle surtout montrer à vos lecteurs que d'autres arts que l'illustration vous tiennent à coeur? Rien d'exhaustif dans ce bouquin- là. J'avais envie, comme je l'avais fait précédemment dans le cadre d'une petite exposition où j'avais fait publier un petit catalogue, de montrer, en dehors des illustrations que l'on peut découvrir dans mes albums et qui sont déjà publiés, mon travail de dessous du bureau si vous voulez. Des croquis, des photos, des travaux personnels qui font aussi partie de mon travail. J'avais envie de mettre en regard les illustrations publiées dans certains albums que les gens connaissent bien et un travail plus personnel qui donne un sens différent. Je l'ai fait pour le plaisir, c'est un portfolio. Illustratrice, graphiste et photographe? Qu'est-ce qui vous attire dans chacune de ces disciplines? RÉBECCA DAUTREMER Un matin, en service de presse, un cadeau inattendu: l'Art Book de Rébecca Dautremer! Un livre magnifique dont je me suis saisie avec la main aussi fébrile qu'une enfant qui découvre un trésor. Au fil des pages ont fleuri des émotions opposées. Des rires provoqués par l'humour espiègle de l'illustratrice. De l'admiration devant la perfection du trait. De la tendresse pour les personnages croquignolets qui peuplent son univers onirique. Et soudain, aussi, de la nostalgie face au visage d'une jeune fille lointaine et songeuse qui m'a braqué l'estomac en un coup de cuillère à pot. Car, sur le papier glacé, je venais de retrouver une vieille connaissance scotchée longtemps au dessus de mon bureau estudiantin. Alors devant tant de génie de pinceau, de crayon, de collages, d'objectifs, ma curiosité grandissante a dévalisé Google de ses informations et j'ai constaté toute l'ampleur du travail de la jeune femme! Déjà consacrée d'un portfolio, c'est trop d'honneur, m'a-t-elle confiée. J'aurais ici l'audace publique de la contredire: cet ArtBook consacre l'évidence du talent! Il récompense la créatrice -d'un Cyrano oriental, d'un Petit Poucet , d'une fleur de Kenzo, d'une Baba Yaga, d'amoureux, de princesses toutes plus excentriques et magiques - mémorables! Et aujourd'hui d'un film d'animation nouveau-né en salle, «Kerity et la maison des contes», à voir absolument! Sachez-le: Rébecca Dautremer, c'est de l'incontournable! Elle conquiert petits et grands avec un égal succès! La preuve en mots et en images.... Par Julie Cadilhac A R T & I L L U S T R A T I O N S Alors moi je suis vraiment illustratrice, pas photographe. Graphiste, c'est un terme un peu générique qui me convient pas mal aussi mais je ne prétends pas être photographe ou, en tous cas, très amateur. Ce que j'aime de façon générale, c'est faire de l'image: peu importe qu'elle soit photographique ou peinte ou collée ou scotchée! Si j'avais pu pouvoir m'exprimer par la photo, je l'aurais fait mais la technique est très lourde et finalement on est bien plus libre dans l'illustration et l'image peinte. C e t A r t b o o k s e m b l e un portrait personnalisé où se mêle vie privée et création artistique? Est-ce pour matérialiser sur la page le fait que, dans votre vie, les deux domaines sont intimement liés? Je n'ai pas vraiment fait de théorie là-dessus. Ma vie, c'est mon travail et ma famille... enfin, c'est un ensemble. Je n'ai pas l'impression d'exercer un métier ou d'aller au boulot le matin, vraiment pas. Et je travaille chez moi donc tout est extrêmement mélangé. Après, je n'avais pas besoin de le montrer mais c'est un fait. C'est là. L'art semble éclabousser toute votre vie.... Mon travail se mélange à ma vie de tous les jours, je n'ai pas forcément de week-ends. Mon cerveau ne s'arrête pas lorsque je sors de mon bureau par rapport à mon travail, c'est quelque chose qui m'habite tout le temps. Cet artbook se suit comme un livre interactif... dont vous êtes l'héroïne? Dont le lecteur est un décideur actif? Dont il prend plaisir à aborder de façon capricieuse et aléatoire les pages du livre? C'est ça... quand on fait un Artbook, il faut choisir une façon d'ordonner les images et les éléments. On peut les ordonner chronologiquement mais bon, je n'ai quand même pas une carrière de quarante ans derrière moi, ça aurait été un peu absurde et puis je trouvais ça ennuyeux... j'aurais pu les ordonner par thèmes aussi ou bien mettre les livres d'un côté, la pub de l'autre, l'animation encore d'un autre côté, ça me semblait aussi assez embêtant donc j'ai préféré faire ça par association d'idées plus ou moins loufoques, plus ou moins logiques et puis, oui, je voulais que le lecteur se perde... comme s'il fouillait dans le bureau de quelqu'un et qu'il tombait sur quelque chose et ça l'amène à autre chose... oui, c'est vraiment ça. C'est une invitation libre à fouiller. La première de couverture est un auto- portrait émouvant. Comment s'y prend- on pour aborder son autoportrait? Qu'est-ce qui prime, pour Rebecca Dautremer, la réalité physique ou les aspirations et goûts de l'intérieur? Diriez-vous qu'un auto-portrait, c'est le portrait transperçant et juste qu'une photographie ne fera jamais? Alors ce n'est pas vraiment un auto- portrait. Je n'ai pas cherché à me dessiner. D'abord je suis nulle pour faire des portraits, je n'y arrive pas. Et si vous relisez la page de garde du Artbook, vous verrez qu'au départ je me suis dit "tiens, est-ce que je fais un auto-portrait?" puis ça me gênait, en fait, je trouve ça très gênant de faire un auto-portrait donc c'est vrai que j'ai fait un profil qui ressemblait un peu au mien et puis après je me suis dit "non, il faut que ce soit plus ambigu que ça" donc j'ai tiré vers un portrait d'un homme. Je voulais quelque chose d'un peu androgyne, qui accroche l'oeil, oui, faire simplement le portrait de quelqu'un qui fasse tourner la tête. C'est vraiment tout. Après le fait est qu'il y a certains gens qui me reconnaissent, d'autres pas. Mais c'est un mélange entre un homme et une femme. Moi, je suis tout à fait blanche, lui est assez typé. Voilà ,après j'ai la même coupe de cheveux mais...c'est un mélange: un auto-portrait non assumé. Ce "book" commence par une interview amusée de vous par votre mari. C'est un autre auto-portrait porté par un regard qui vous est cher. Une envie de jouer? avec des oui qui s'égrènent et montrent par là votre pudeur?..... un jeu amoureux? Lui, il a pris ça comme ça, comme un jeu. Pour moi, il est difficile de faire un auto- portrait qui soit peint ou écrit: c'est difficile de parler de soi, j'ai du mal à écrire "je" par exemple dans les phrases, oui, oui, par pudeur, c'est certain. Aussi, de façon détournée et avec un peu d'humour, on arrive à parler de soi sans trop se mettre en avant quand même. Ce livre semble être à déchiffrer comme si vous n o u s d o n n i e z d e s renseignements sur vous dans un jeu de piste en énigme....je me trompe? Très bien, si c'est cela votre perception, ça me va. Tant pis si les gens ne comprennent pas tout. Parce que je n'ai pas envie de faire de théorie sur moi-même et par sincère modestie - je n'ai pas à raconter ma vie, elle ne mérite pas plus que ça d'être racontée - je préférais que ce soit un peu sensible et poétique et que les gens ne sachent pas trop à qui ils ont à faire. Il y a des éléments très privés mais j'ai 38 ans pas 85 donc je n'ai pas de leçon à donner. J'ai fait ça plutôt avec des infos un peu cachées, avec de l'humour et juste pour le plaisir d'inviter quelqu'un chez soi et puis on découvre la personne, on s'y plaît ou on s'y plait pas mais.. c'est une rencontre quoi. A R T & I L L U S T R A T I O N S L'amour est-il un moteur essentiel de votre créativité? Chacun de vos dessins est porté par un souffle particulier et par une irrépressible envie de sublimer. Est-ce le résultat d ' u n r e g a r d p e r s o n n e l fondamentalement optimiste? Ah ben ça alors! C'est vrai que moi les gens m'intéressent tous, même les méchants! Donc après, à vous de voir ce que ça veut dire mais je trouve les gens très beaux, tous, souvent et même les très méchants ...enfin, c'est rare en même temps de trouver des gens sans intérêt. Bon, en même temps, je n'ai jamais rencontré de vrais méchants dans ma vie. "Ce n'est pas parce que c'est inventé que ça n'existe pas». Est-ce un peu votre philosophie? Oui, il se trouve que oui. Ce n'est pas moi qui l'ai inventé mais oui, ça me convient bien. Ce n'est pas parce que ça n'existe pas qu'on ne doit pas s'y plonger. Vos travaux s'adressent d'abord aux enfants? Cet artbook ne semble pourtant pas cibler les enfants.... S'adresse-t-il à des gens qui ont gardé l'espièglerie de leur enfance? Comme vous? C'est un fait, je ne suis pas la seule dans ce cas... il y a beaucoup d'auteurs de livres pour enfants qui travaillent d'abord à destination des enfants: ce sont les paramètres de départ. On travaille avec des éditeurs pour enfants pour mettre les bouquins dans les rayons pour enfants mais la moitié au moins, voire plus, de ces livres-là sont achetés par des adultes, des gens qui s'intéressent au travail de l'image des illustrateurs et qui ne peuvent pas trouver l'équivalent dans les rayons pour adultes tout simplement. Les livres illustrés, les images de ce type-là, elles ne sont destinées, commercialement et en théorie, qu'aux enfants. Pour les adultes, il y a les bandes dessinées mais c'est un autre domaine. Les romans illustrés ou les livres illustrés pour adultes , ça n'existe pas ou c'est très très rare. Si ça ne se fait pas, c'est que, commercialement parlant, ça ne doit pas fonctionner, je ne sais pas, mais en tous cas le fait est qu'il y a un public adulte qui est demandeur de ça et moi quand je suis en dédicace, je pense que 60 à 70 % de mes bouquins sont vendus pour les adultes. Donc j'ai conscience qu'il y a ce public-là qui existe et j'ai plaisir à pouvoir parler de mon travail avec des plus grands, de parler de sujets qui touchent moins les enfants. Ce livre-là est donc ostensiblement dédié aux adultes, aux plus grands en tous cas... pas forcément besoin d'être très vieux. Comment illustre-t-on pour des enfants? Votre travail de création s'entreprend-t-il différemment selon le public visé? Non, pas particulièrement. Comme j'illustre des textes qui sont a priori destinés aux enfants , je suis amenée à m'intéresser à ce public-là mais je mets les images que j'ai envie de mettre et les enfants prennent ce qu'ils ont envie de prendre et les grands aussi. Mes images sont des dessins qui sont clairs, lisibles et faciles à comprendre après chacun y met ce qu'il veut. Je ne me dis pas "Attention, je travaille pour les enfants!". Pas du tout. Je ne mets pas de barrière moi, entre les enfants et les parents. Je fais des images pour les gens, après... C'est un portfolio qui ne manque pas d'humour. Rire est-il un moyen de pallier votre dimension relative au rêve, une façon de revenir un peu sur terre et de vous montrer plus accessible? Oui, il faut vraiment pas se prendre au sérieux, ça, c'est certain. Et puis j'ai eu la chance de faire ce livre-là. L'éditeur me l'a proposé et c'est quand même une opportunité qui n'arrive pas tous les jours... Je voulais prendre ce livre sur un ton un peu léger parce que je n'ai ni l'âge ni la carrière derrière moi pour justifier de tout ça et puis c'est vrai que quand on fait des choses très poétiques, très oniriques , de temps en temps on a besoin de marcher un peu dans les flaques et d'éclabousser l'ensemble. C'est bien que ce soit onirique et poétique mais il faut que ce soit rigolo aussi. Sinon, ça devient niais. Ainsi, pour montrer que Rébecca Dautremer adore la dérision, elle affirme dans son Artbook que l o r s q u ' e l l e d e s s i n e d e s fi l s électriques, elle pense d'abord à l'esthétique avant de théoriser... Ben voilà, il ne faut pas faire de grandes théories fumeuses... ça me plaît d'être simple. Oui, j'aime tourner en dérision ces choses-là et puis si on croit trop aux choses du rêve, ça devient ridicule , ça devient niais; C'est bien d'y croire mais... Vous affirmez ( dans un interview que j'ai lu sur le net) que vous êtes plutôt grand format: pourquoi? Est-ce parce que vous n'aimez pas être limitée? Alors ça, sur le net , méfiez vous... A R T & I L L U S T R A T I O N S
BSC NEWS MAGAZINE - JANVIER 2010 - Page 1
BSC NEWS MAGAZINE - JANVIER 2010 - Page 2
wobook
BSC NEWS MAGAZINE, le 1er magazine culturel ONLINE et francophone