Oksa Pollock tome 2 A. Plichota C. Wolf - Page 1 - Extrait du tome 2 d'Oksa Pollock, d'Anne plichota et Cendrine Wolf Précédemment… dans Oksa Pollock, tome 1, L’Inespérée Oksa Pollock, 13Þans, vient d’emménager à Londres. Dotée d’un caractère vif et d’un solide sens de l’humour, elle est aussi très sensible et attachée à ses prochesÞ: ses parents Marie et Pavel, son excentrique grand-mère Dragomira, son meilleur ami Gus. Bref, Oksa est une jeune fille comme tant d’autres. C’est du moins ce qu’elle croit jusqu’au soir où tout change… L’incroyable événement survient le jour de la rentrée à St Proximus, son nouveau collège. Ses parents accaparés par leur travail, c’est vers sa grand-mère qu’Oksa se précipite pour raconter sa première journéeÞ: les collégiens sont très accueillants – parmi eux Merlin et Zelda deviennent vite des amis – et, bonheur, Gus est dans la même classe qu’elleÞ! Mais Oksa ne dit rien du profond malaise qui l’a envahie lorsque monsieur McGraw, le glacial professeur de maths et de sciences, s’est adressé à elle… Le soir même, il arrive à Oksa un phénomène incompréhensibleÞ: dans l’intimité de sa chambre, elle parvient à faire bouger des objets par sa seule volontéÞ! Elle qui a toujours rêvé d’être une ninja, voilà qu’elle se découvre des dons surnaturelsÞ! Perdue et terrifiée, elle se garde bien d’en parler à quiconque. Et ce n’est pas fini. Soudain apparaît sur son ventre une mystérieuse empreinte. Cette fois, Oksa met sa grand-mère dans la confidence. C’est alors que Dragomira lui révèle le secret de ses originesÞ: la famille Pollock vient d’Édéfia, un monde invisible caché quelque part sur Terre. Dragomira en était la Jeune Gracieuse, c’est-à-dire la jeune fille promise à le diriger. Mais à la suite d’un complot mené par un Félon, plusieurs dizaines d’entre eux ont été éjectés de ce monde il y a une cinquantaine d’années. Réunis sous le nom de Sauve-Qui-Peut, ils forment une communauté solidaire et secrète qui tente de localiser Édéfia pour y retourner. Parce qu’elle a reçu l’empreinte sur le ventre, Oksa est la nouvelle Jeune Gracieuse. Elle est aussi pour tous ces exilés le seul espoir de retrouver Édéfia. Ainsi Oksa découvre des choses incroyables sur sa familleÞ: au dernier étage de leur maison, sa grand-mère abrite d’étranges créatures venues d’ÉdéfiaÞ! Notamment les Foldingots, deux petits êtres à l’allure attendrissante et à la façon de parler insolite. Au collège, les choses ne s’arrangent pas avec le professeur McGraw. Bientôt, Oksa se rend compte qu’il est au courant pour ses pouvoirs. Pourquoi s’intéresse-t-il à elleÞ? 9 Pour son anniversaire, Oksa reçoit ses premiers ustensiles de Jeune GracieuseÞ: un Curbita-peto, petit bracelet vivant qui l’aidera à contenir ses impulsions, et une Crache-Granoks, sorte de sarbacane à usage défensif et offensif. D’ailleurs, Oksa va pouvoir s’entraîner sérieusementÞ: pendant les vacances, elle part au pays de Galles avec Gus, chez son grand-oncle Léomido. C’est dans cet endroit magnifique que tout basculeÞ: Léomido, Oksa et Gus sont attaqués, et l’agresseur n’est autre que McGrawÞ! Oksa, luttant contre la terreur, utilise pour la première fois sa Crache-Granoks et parvient à lui échapper. Cette agression entraîne la tenue d’une réunion des Sauve-Qui-Peut. À cette occasion, Oksa fait vraiment la connaissance de Naftali et Brune Knut, deux exilés de la première génération, et de leur petit-fils Tugdual, un beau et énigmatique jeune homme, avec une émotion qui la surprend… Mais l’heure est graveÞ: le professeur McGraw n’est autre qu’Orthon, fils du grand Félon. Les Sauve-Qui-Peut sont sous le choc. Il est évident que McGraw veut lui aussi retourner à Édéfia, et qu’il veut utiliser Oksa pour cela. Une nouvelle phase se met en place pour Oksa. En apparence, la jeune fille continue de vivre sa vie de collégienne ordinaire, mais en réalité, elle est l’objet d’une surveillance constante de ses parents alors que McGraw multiplie les provocations. Bientôt le Félon remporte une victoire atroceÞ: Marie Pollock, la douce mère d’Oksa, est paralysée par un mal inconnu qui ronge son système nerveux. Dragomira réussit à stabiliser son état mais une grande inquiétude subsiste. Or c’est d’un savon offert par Zoé, une camarade de classe, pour l’anniversaire d’Oksa que vient la paralysie de MarieÞ: Zoé serait en fait la fille d’Orthon McGraw. Le Félon ne laisse aucun répit à OksaÞ: un soir il la piège et l’isole dans le collège désert. L’attaque est terrible. Les coups magiques pleuvent. Oksa finit par avoir le dessus pendant un court instant qui lui permet de se sauver. Mais à quel prix… Elle a reçu un Putrefactio – la redoutable Granok qui fait pourrir les membresÞ! Gus, qui est présent, sauve Oksa in extremis. La pauvre mademoiselle Crèvecoeur, la professeur préférée des deux collégiens, tombée par hasard au milieu de la scène, sombre dans la folie. La catastrophe ultime a lieu quelques jours plus tardÞ: Dragomira se rend chez Orthon McGraw, seule. Apprenant cela, Oksa fonce avec Gus au domicile du FélonÞ: ils se retrouvent face à deux Dragomira strictement identiques, si ce n’est que l’une des deux est une «ÞcopieÞ» qui masque le dangereux Félon. Une nouvelle et terrible bataille s’ensuit pendant laquelle Oksa doit faire appel à tout son courage pour sauver sa grand-mère. Heureusement, elle n’est pas seule et Gus, une fois de plus, va l’aider avec ses simples pouvoirs d’humain. Par une intervention ultime, Abakoum, le sage parrain de Dragomira, clôt ce triste chapitre. Il lance sur McGraw la Granok que Dragomira n’a pas la force d’utiliser, la terrible Crucimaphila qui engloutit Orthon McGraw dans un trou noir sans fond. Sans fondÞ? VraimentÞ? 1 Un répit de courte durée L’uniforme débraillé et la cravate dénouée, les collégiens s’en donnaient à cœur joie, courant et criant à tue-tête dans la cour de St Proximus. C’était le dernier jour de classe. EnfinÞ! Cette année scolaire avait été interminable aux yeux d’Oksa Pollock et de Gus Bellanger et les vacances arrivaient à point. Il s’était passé tellement de choses… Entre la révélation des origines mystérieuses d’Oksa et la pulvérisation d’Orthon McGraw, l’ennemi du clan des Sauve-Qui-Peut, les derniers mois avaient été aussi riches en découvertes qu’en épreuves. Oksa secoua la tête pour chasser ces pensées qui noircissaient son esprit et entraîna Gus vers la fontaine, au centre de la cour dallée. Le garçon tenta de résister en riant. —ÞSi tu crois que je n’ai pas compris ton petit jeu diaboliqueÞ! lança-t-il. —ÞUn bon bain pour fêter ce jour béni, tu ne peux pas refuser çaÞ! s’exclama Oksa en tirant de toutes ses forces le bras de son ami. —ÞTu as tort de vouloir me forcer, ma vieilleÞ! Tu oublies que je suis celui que rien ni personne ne peut soumettreÞ! À ces mots, il rejeta sa longue mèche brune en arrière dans un geste faussement hautain. Hilare, Oksa lâcha prise… et s’écroula de tout son long contre la margelle de la fontaine. —ÞAÏEÞ! gémit-elle. Mon coudeÞ! Sa chemise, déchirée, commençait à se maculer d’une auréole rouge. —ÞAh, c’est malinÞ! maugréa-t-elle. RegardeÞ! Je suis toute cradoÞ! Gus lui tendit la main pour l’aider à se relever. Une fois debout, elle se contorsionna pour retirer la petite sacoche qu’elle portait en bandoulière. 11 —ÞTiensÞ! s’exclama-t-elle en la lui tendant. Tu peux garder ça pendant que je me nettoieÞ? —ÞMmhh… Les accessoires magiques de la Jeune GracieuseÞ? C’est un honneurÞ! Oksa lui adressa un sourire et fit volte-face en direction du cloître de pierre grise. Gus la suivit des yeux jusqu’à ce qu’elle disparaisse dans l’ombre de l’escalier qui s’enfonçait dans la somptueuse bâtisse. Vingt minutes plus tard, Gus était toujours au même endroit, adossé contre un muret. —ÞGusÞ! cria un collégien blond comme les blés. ViensÞ! On va faire un basketÞ! —ÞNon merci, MerlinÞ! J’attends Oksa. Patient mais désœuvré, il tapota la sacoche et sentit une masse ronde et molle. Le Culbu-gueulard… Pourvu qu’il reste calmeÞ! Comme s’il lisait dans ses pensées, le Culbu précisaÞ: —ÞNe vous inquiétez pas, Jeune Maître. La maîtrise de soi est mon mot d’ordre car, savez-vous, frénésie et camouflage ne font pas bon ménage. Amusé par cette devise excentrique, Gus sourit. —ÞBon, Oksa… Qu’est-ce que tu fabriquesÞ? grommela-t-il au bout de quelques secondes. —ÞJe peux indiquer que la Jeune Gracieuse se trouve actuellement aux lavabos du premier étage, à cinquante-six mètres de ce lieu, direction nord-nord-ouest, ne put s’empêcher d’indiquer la petite créature d’une voix étouffée. Gus frémit, inquiet à l’idée que quelqu’un puisse être témoin de cette singulière discussion. Mais tout le monde était bien trop occupé à se défouler pour faire attention à lui. Il finit par se lever et se dirigea à son tour vers l’escalier. En traversant le couloir désert, il ne percevait plus que la rumeur qui s’élevait de la cour et le bruit de ses pas sur le sol. Une drôle d’impression l’envahit, lui rappelant les terribles événements survenus quatre mois plus tôt… Oksa blessée, McGraw démoniaque, MlleÞCrèvecœur… En passant devant le labo, il ne put s’empêcher de jeter un coup d’œil. Au même moment, il entendit un chant. Un chant triste et lent qui ressemblait à un pleur. Intrigué, il tourna la poignée de la porteÞ: le labo était 12 ouvert. Gus entra et regarda autour de lui. Il n’y avait personne et, pourtant, il entendait pleurer comme si quelqu’un gémissait tout près de lui. Il ouvrit le sac d’OksaÞ: le Culbu-gueulard se tenait tranquille, ce n’était pas lui. —ÞQu’est-ce que ça veut direÞ? Qu’est-ce que c’estÞ? Il fit le tour de la salle en serrant la sacoche d’Oksa contre lui. Il inspecta sous chaque bureau, ouvrit la porte du cagibi, puis celle de la grande armoire. Rien… Et pourtant, la lamentation, douce et poignante à la fois, résonnait toujours dans ses oreilles. Il arrêta sa fouille et resta debout au milieu de la salle, attentif, les sens à l’affût du moindre indice. Au milieu des pleurs qui l’enveloppaient, il pouvait maintenant entendre formuler des mots qu’il avait du mal à identifier. —ÞQue dites-vousÞ? Où êtes-vousÞ? bredouilla-t-il en scrutant tout autour de lui malgré son appréhension. Une voix lui parvint, lointaine et proche à la foisÞ: —ÞJe suis là, devant vous, j’ai besoin d’aide, venez me libérer… S’il vous plaîtÞ! Le chemisier encore humide, Oksa s’apprêtait à rejoindre la cour quand elle entendit l’écho d’une corne de brume. —ÞTiensÞ! On dirait le portable de GusÞ! Quand elle passa devant le labo du premier étage, la sonnerie s’amplifia, puis s’arrêta. Oksa stoppa net et attendit quelques secondes. Avec un sourire, elle entendit l’indication qu’elle attendaitÞ: la voix essoufflée de Dark Vador signalait que quelqu’un venait de laisser un message sur le répondeur de Gus. Oksa ne s’était pas trompéeÞ! Sans hésiter, elle ouvrit la porte du labo et entra. —ÞGusÞ! Tu es làÞ? Aucune réponse. Oksa regarda autour d’elle et chercha sous les bureaux. Son ami n’était pas du genre à lui faire ce type de farce, mais savait-on jamais ce qui avait pu lui passer par la tête… Tout à coup, elle aperçut le téléphone sur le sol. —ÞMais qu’est-ce que son portable fait làÞ? marmonna-t-elle en fronçant les sourcils. Elle le ramassa, regarda encore autour d’elle d’un air intrigué et sortit de la salle pour rejoindre les autres. —ÞTu n’aurais pas vu GusÞ? 13 Zoé leva les yeux et Oksa vit une ombre soucieuse voiler son beau visage. Confuse d’avoir pu l’effrayer sans raison, Oksa se reprit aussitôtÞ: —ÞC’est vraiment un Insuffisant… Regarde, il a perdu son portableÞ! Avec sa spontanéité habituelle, elle saisit la main de Zoé et l’entraîna avec elle. —ÞViens, je suis sûre qu’il est planqué dans un coinÞ! On va le débusquer, tu vas voir çaÞ! Depuis que Zoé habitait chez les Pollock, Oksa avait découvert le bonheur d’avoir une amie. Une véritable amie. La pitié qu’elle avait d’abord éprouvée, née du vécu atroce de Zoé, avait fini par laisser la place à un attachement sincère et réciproque qui les avait surprises autant l’une que l’autre. Aujourd’hui, un lourd secret les unissait et leur amitié était solide comme un roc. —ÞIl ne perd rien pour attendre… pesta Oksa. Les deux amies étaient revenues à leur point de départ après une demi-heure de vaines recherches et se sentaient plus inquiètes qu’elles ne voulaient se l’avouer. L’après-midi arrivait à sa fin et les collégiens commençaient à quitter le bâtiment. —ÞTu devrais appeler à la maison, suggéra Zoé, le front barré d’un rictus qui renforça l’anxiété d’Oksa. Quand Pierre Bellanger et Pavel Pollock apparurent dans la cour, l’angoisse des deux filles avait décuplé. Pendant près d’une heure, le collège fut une nouvelle fois fouillé de fond en comble avec une fébrilité croissante. —ÞIl n’est pas à Bigtoe Square, ni chez nous… annonça Pierre en repliant son téléphone portable. Puis le concierge referma les lourdes portes de St Proximus et il fallut se rendre à l’évidenceÞ: GUS AVAIT DISPARUÞ! Oksa et Zoé s’entreregardèrent, les yeux noyés de larmes. Décidément, le calme des derniers mois n’avait été qu’un répit de courte durée… Les Sauve-Qui-Peut étaient sous le choc. Par solidarité, Brune et Naftali Knut, les impressionnants Suédois, ainsi que Léomido, le frère de Dragomira, n’avaient pas tardé à rejoindre la maison des Pollock. La nuit était tombée depuis longtemps et alourdissait 14 l’atmosphère déjà atrocement pesante. Pierre, le visage creusé par l’angoisse, soutenait Jeanne, sa femme, qui pleurait en silence sans pouvoir s’arrêter. Dragomira s’approcha pour les serrer dans ses bras tout en cherchant les mots qui pourraient les rassurer ou les consoler. Mais elle n’en trouvait aucun. Debout derrière le fauteuil roulant de Marie, les yeux fixés sur Oksa, Pavel sentait l’anxiété se répandre dans son esprit comme un poison sournois. —ÞIl faudrait peut-être prévenir la police… suggéra Oksa d’une voix éraillée. —ÞNon, Oksa, c’est impossible, lui répondit Abakoum, le protecteur des Sauve-Qui-Peut. De toute façon, nous savons tous qu’on nous parlerait de fugue… —ÞGus n’est pas un fugueurÞ! Il a été enlevéÞ! s’écria Jeanne, éperdue d’angoisse. «ÞMais par quiÞ?Þ» se demandèrent-ils tous sans oser l’exprimer. Seule Oksa s’enharditÞ: —ÞVous croyez que ça pourrait être un FélonÞ? Orthon McGraw n’était sûrement pas le seul à être sorti d’Édéfia… Qu’est-ce qui nous dit qu’il n’y en a pas d’autresÞ? Tous la regardèrent avec une certaine reconnaissance. De toutes les possibilités, c’était celle qu’ils souhaitaient le plus envisager. Car, si c’était le cas, Gus serait alors une monnaie d’échange et il ne lui serait fait aucun mal tant que les négociations n’auraient pas été engagées. Mais s’il ne s’agissait pas d’un FélonÞ? Mieux valait ne pas y penser. Toute la nuit, les yeux rivés sur la porte d’entrée, portables à portée de main, ils veillèrent en échafaudant mille théories et mille probabilités. C’est vers cinq heures du matin, effondrée sur un canapé aux côtés de Zoé qui était restée prostrée depuis la veille, qu’Oksa découvrit ce qui allait s’avérer un début de piste. Elle avait gardé avec elle le téléphone de Gus et écoutait pour la centième fois le dernier message ayant déclenché le signal qui avait attiré son attention. C’était un message de Jeanne. «ÞGus, je n’arrive pas à te joindre. Ton père passe te chercher d’ici une heure. À tout à l’heureÞ!Þ» Étonnée de ne pas y avoir pensé plus tôt, Oksa regarda en détail tout ce que son ami avait pu enregistrer. Du côté des messages, rien à signaler. Mais du côté des fichiers d’images, il y avait quelque chose de bizarreÞ: juste avant 15 de recevoir l’appel de sa mère – l’horloge du portable le confirmait –, Gus avait pris une photo étrange. —ÞRegardezÞ! Oksa montra la minuscule photo qui apparaissait sur l’écran du portable. —ÞQu’est-ce que ça peut bien êtreÞ? Aussitôt, Pavel alluma son ordinateur pour faire un agrandissement et tout le monde se groupa autour de lui. Dès que l’image apparut, Zoé s’écriaÞ: —ÞMais c’est ma grand-mèreÞ! C’est RéminiscensÞ! —ÞTu es sûreÞ? s’exclama Dragomira. —ÞOuiÞ! Tous fixèrent l’écranÞ: un tableau représentait le portrait d’une femme d’environ soixante-dix ans dont on n’apercevait que la moitié supérieure du corps. Elle regardait droit devant elle, ses pâles yeux bleus écarquillés de désespoir et de crainte. Elle était mince, vêtue de sombre, et son visage fin inspirait une compassion poignante. —ÞC’est ma grand-mère… ajouta Zoé d’une voix enrouée par la fatigue et l’émotion. Stupéfaits, Dragomira et Abakoum se regardèrent. Un éclair de compréhension rompit soudain leur silence et ils s’écrièrent en chœur sans se quitter des yeuxÞ: —ÞL’ENTABLEAUTEMENTÞ!
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