journal automne 2008 - Page 3 - journal de florian rentrée culturelle 2008 ... de Page en p@ges L E LA MÉDIATHÈQUE automne 2008 8 > J O U R N A L D E L A M É D I A T H È Q U E F L O R I A N - R A M B O U I L L E T http://www.floriandepageenpages.fr andepa n nd e ET SES RELAIS Editorial impressions p expressions express ons expressions portraits t it le billet de l’historien l h istori en hist orien magie magie des mots g s l le conte t évènements Florian les ateliers Emulation et synergie… Il y a dix ans, votre médiathèque donnait naissance à Rambouillet, à un concours de création poétique, ouvert à toutes les tranches d’âges, auquel des poètes de toute la France ont participé. Ce concours nous a permis de nous ouvrir à un plus large public ; grâce à lui et après lui, nous pouvons aujourd’hui emprunter d’autres voies pour faire découvrir et aimer la poésie, en initiant de nouvelles actions culturelles. C’est donc avec le plus grand plaisir que nous voyons l’association « Arts et lettres » reprendre le flambeau et organiser ce concours, à notre suite. Dans le même temps, Rambouillet a vu s’ouvrir deux nouvelles librairies en ville qui au fil des mois s’inscrivent elles aussi dans une démarche culturelle en proposant des manifestations en tous genres. Nous avons fait le choix de nous associer avec les librairies de notre ville, pour organiser certaines rencontres – lectures, rencontres avec des éditeurs, des auteurs, des illustrateurs…- et ouvrons ensemble la voie à de nouveaux partenariats. Les acteurs de la vie culturelle se trouvent répartis dans différents secteurs : économique, associatif, institutionnel ; les actions des uns viennent élargir et renforcer celles des autres et il n’est pas rare que votre médiathèque soit au cœur de l’émulation et de la synergie. Cette place qui est la nôtre, nous la revendiquons et l’assumons avec la plus grande des satisfactions. Impressions Expressions Pour explorer les liens qui nous attachent au livre et à la lecture, il faut effectuer une plongée en soi-même et accepter de se livrer un peu. Nous entamons une série de rencontres avec des personnalités locales, dessinant peut-être alors les portraits inédits de ceux que nous croyons pourtant déjà connaître. A tout seigneur, tout honneur, commençons par la première des personnalités. Jocelyne Bernard Conservateur Directrice de la médiathèque et de ses relais L A MÉ DI A THÈ QUE MÉDIATHÈQUE FLORIAN 5, rue Gautherin 78120 Rambouillet tél : 01 61 08 61 10 - fax : 01 34 83 02 55 courriel: mediatheque.florian@rambouillet.fr site h ttp ://fl o ri a n .ra m b o u il l et.fr blog h ttp ://w w w.fl o ri a n d e pageenpages.fr ET SES RELAIS ,, Cette « suspension du temps » que nous accorde la lecture... La lecture, c’est la découverte d’un monde, c’est une histoire, c’est aussi parfois un apprentissage, c’est la beauté d’une langue, de son vocabulaire, de sa richesse. La lecture vous transporte, vous anime d’émotions. La littérature classique nous refait traverser l’Histoire, la littérature moderne nous fait découvrir des talents. Je ne vous cache pas mes penchants pour quelques auteurs, Maupassant en raison de mes racines normandes, Vialar pour ma passion de la chasse ou encore Khalil Gibran pour la profondeur de ses écrit dans Le Prophète ; ce sont des auteurs que ue je ne me lasse jamais de lire et de relire. Maire de Rambouillet Sénateur des Yvelines Ancien ministre Et puis il y a le contact personnel avec le livre. Un vieux livre retrouvé sur une étagère qui a une odeur si particulière, le livre ancien où l’on doit encore découper les pages, le livre de poche, notre compagnon de tous les jours... Oui, la lecture est merveilleuse et rien ne pourra remplacer ce plaisir, cette tte suspension du temps que nous accorde le bonheur de lire. Gérard Larcher Portraits Tidiane SY est « slameur ». Il écrit et dit des textes en les « slamant», Le Slam, c’est quoi ? Le Slam est un mouvement poétique né à la fin des années 80, à Chicago, USA. Mark Smith, ouvrier et poète, décide de faire de la poésie un spectacle, en réaction aux cafés littéraires ou salons de lecture, qu’il juge trop élitistes. Il s’associe au gérant du bar le Green Mill (devenu depuis « la Mecque » du Slam), et propose une fois par semaine ces étranges compétitions de poésie durant lesquelles les poètes s’affrontent tandis que le public manifeste ouvertement. C’est cette participation active que Mark Smith cherche à développer. Il souhaite une implication totale des deux parties en présence, les poètes comme le public. Il institue un certain nombre de règles, jetant ainsi les bases officielles du mouvement Slam : - Une inscription obligatoire auprès du MC, avant de passer en scène - Aucun instrument - Aucun accessoire - Un temps de passage limité, avec pénalités si dépassement - Un jury tiré au sort dans le public Les scènes Slam sont ouvertes à tous. Les textes scandés par les slameurs sont libres pour le fond et pour la forme et c’est donc la performance du poète slameur qui compte. Ayant trouvé sa forme définitive, le mouvement s’étend à travers tous les Etats-Unis puis effectue sa traversée de l’Atlantique, vers le milieu des années 90, pour atteindre les côtes de l’Europe. En France, c’est d’abord à Paris, dans les 18ème et 20ème arrondissements, qu’il se développe avant de prendre un essor qui le mène depuis la capitale dans pratiquement toutes les grandes villes de l’Hexagone. Il se pratique de deux manières bien distinctes : - La première est fidèle à l’esprit qui a présidé à sa naissance et met l’accent sur le côté performance du mouvement en en reprenant les règles et le fonctionnement. Elle donne lieu chaque année à des tournois dont les principaux sont : le « Slam United » et le « Grand Slam National » - La seconde manière de slamer constitue ce que l’on appelle « l’exception française ». En effet, à l’opposé de cet esprit compétitif, elle consiste à ne garder du mouvement originel que l’aspect convivial. Le principe en est énoncé par la formule « Un verre à boire contre un vers à pied». Les slameurs n’y sont pas notés et des libertés y sont prises quant aux différentes règles. avec un immense talent et une incontestable présence scénique. Il s’attache à promouvoir dans la région et aussi à Rambouillet ce mouvement poétique, le slam, né à la fin des années 1980, à Chicago. Cette expression artistique qui consiste à scander les textes, à les faire claquer, repose sur la liberté et la performance de l’interprète. Tidiane Sy a animé cette année plusieurs ateliers à Florian en collaboration avec Yvan 538, conteur en résidence artistique à la Médiathèque (Coopération Florian - Maison des jeunes et de la Culture). Tidia Syne Etes-vous un homme des villes ou un homme des champs ? Je suis un être humain. Aussi, plus je suis proche de la nature, mieux je me porte! La ville est pour moi un endroit plutôt agressif dans lequel je ne me trouve qu’en cas de besoin. souterrain de nos forces inconscientes, qui nous permet de «renaître» après chaque épreuve marquante. Trois mots définiraient votre activité professionnelle, lesquels ? Création : Un esprit ouvert, un regard curieux, un savoir-faire ; qu’elle touche au domaine artistique ou culturel, la création est ma raison d’être ; elle est en moi et je lui appartiens ! Ecriture : C’est ma matière première. Ma glaise. C’est à cette glaise, après l’avoir modelée en texte, que j’insuffle la vie. Médiation : Parce que je suis 1’intermédiaire entre l’univers artistique que je ressens, et que je porte en moi, et le public. Si vous deviez ne retenir qu’un mot de la langue française ? «Conscience». La conscience est ce qui nous rend humains. Y a-t-il une maxime qui vous soit chère ? «Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort». Tout est dit dans cette phrase de Nietzsche ! Elle signifie que si l’on s’accepte tel que l’on est, on peut arriver à tout ce que l’on souhaite. Elle permet aussi la résilience, élément essentiel dans la construction et l’épanouissement personnels. Avez-vous des musiciens ou des chanteurs préférés ? J’ai écouté et je continue à écouter tant de belles musiques ! Cela va du heavymetal au didgeridoo, en passant par les musiques traditionnelles du monde entier. Musicien moi-même, je reste ouvert à tous les genres, même si je privilégie les musiques amplifiées. Je dirai que Jimmy Hendrix fait partie de mes intouchables, il est celui qu’on ne peut atteindre. Mais l’immense vivier d’artistes anciens ou contemporains est passionnant et si riche ! Vous devez emporter deux livres dans le désert, à quels auteurs ou œuvres importants renoncezvous alors ? Si je me retrouve dans le désert, ce sera très certainement pour y rechercher une méditation profonde. Le désert est ce lieu qui le permet. Loin de l’agitation, accablés de chaleur le jour, de froid la nuit, assoiffés en un rien de temps, on y ressent plus que partout ailleurs l’urgence de la vie. On y redevient humble. Je ne pense donc pas y avoir besoin d’ouvrage et je renoncerai à Tous les auteurs ou à Toutes les oeuvres car en lui (en moi ?) se trouve déjà la totalité, l’essentiel. Cela dit, je vis avec mon temps, et il serait bien étonnant que je n’emporte pas un ordinateur portable, des batteries solaires et une connexion haut débit en lieu et place des deux livres auxquels j’ai droit! internet est la plus grande médiathèque au monde Le Slam, c’est qui ? Un film vous aura marqué ? Deux plus précisément : «2001, Odyssée de l’espace» : mon entrée dans l’adolescence, la découverte et la maîtrise des interdits, l’évasion par la science-fiction, dont je suis grand fan «Akira» : une autre vision du monde. La vision nippone. Encore l’occasion de découvrir une façon différente de transmettre un message. Le mouvement Slam est représenté en France par deux grandes figures : Tsunami MC1 et Pilote le Hot2. Le premier propose des scènes ouvertes dans l’esprit convivial, tandis que le deuxième est porteur du flambeau américain. Le marché du disque s’est emparé du mouvement pour en créer un phénomène capable de générer des ventes. Il propose depuis deux ans le travail, notamment, de deux artistes issus de la scène Slam parisienne : Grand Corps Malade et Souleymane Diamanka, avec le succès que l’on sait pour le premier. Le Slam, c’est où? Quelle activité aimez-vous le moins au monde ? Je suis ce que Victor HUGO appellerait un «contemplatif». Donc en règle générale, je ne ressens aucune affinité particulière avec les activités manuelles. Le Slam se pratique dans tous les lieux publics pouvant réunir poètes et auditeurs : cafés, MJC, salles de spectacles, cinémas, bars mais aussi, et de plus en plus, dans des lieux non prévus au départ pour le spectacle : hôpitaux, prisons, établissements scolaires, etc… Définitions - Slam (du verbe anglais to slam = claquer une porte) : « claquer » un texte - Scène ouverte : espace où se déroule une rencontre poète / public - MC : Maître de Cérémonie. Il coordonne les différents aspects d’une scène ouverte Slam, dont il est le référent absolu. Quelle est votre saison préférée ? L’Automne. Certainement parce que je suis né en octobre et que les premières lueurs que j’ai vues étaient celles du feu rougeoyant du soleil de l’été de la SaintMartin. Cette saison symbolise pour moi la puissance et la magie du travail FLORIAN de Page en p@ges 3 Le billet de l’historien Ça s’est passé à Rambouillet en ... ,, I 4 FLORIAN Dorland, qui fut professeur à l’école militaire préparatoire, a découpé et collé dans des cahiers des articles tirés du « Progrès de Rambouillet », entre 1913 et 1939. Ces cahiers sont aujourd’hui conservés à Florian. Leur lecture nous fait faire un voyage dans la vie quotidienne passée de notre cité. Nous avons pris le parti de publier à nouveau in extenso les articles qui ont un lien avec la vie culturelle ou l’actualité. C’est savoureux et vivant. 1934 A l’école maternelle La cantine scolaire L’écho du «Progrès de Rambouillet» - avril 1934 Hermand leur distribuera de façon libérale. Les uns ont déjà fini que d’autres arrivent encore. Ce sont les punis de retenue, qui ont récolté 20 minutes ou une demi-heure pour une leçon non sue, ou un bavardage intempestif. Mais leur part ne fut pas perdue, bien que de jeunes convives, pleins d’appétit aient redemandé soupe et haricots. Chaque jour change le menu, toujours succulent. Aux haricots succède le « rata » de pommes de terre, le risotto ou la purée de pommes qui est particulièrement bien accueillie par toute la jeune clientèle. Un tour au robinet, dans la salle même procure une boisson sans danger. Pendant quelque temps c’est un pépiement d’oiseaux entre deux bouchées ; mais la salle peu à peu se vide. M. Chaufour, qui chaque jour surveille le repas, donne aux enfants l’habitude de ne rien gaspiller, et leur enseigne les règles élémentaires de la politesse et de la bonne tenue, s’en va lui aussi . Il est satisfait d’avoir vu tous ses jeunes clients pleins d’appétit et de gaieté. Mme Hermand et ses filles n’auront plus qu’à procéder au nettoyage de la salle et de la vaisselle. ls étaient trente petit bons hommes et petites femmes sagement assis à une table de Lilliput. De bonnes faces rondes et roses, au regard candidement dirigé d’un air curieux, sur le visiteur imprévu que je représente, ou qui suit avec intérêt les allées et venues de M. Chaufour, le diligent directeur de la cantine scolaire, et surtout celles de Madame Hermand qui, tout à l’heure, viendra distribuer la bonne soupe aux légumes suivie d’un bon abondant plat de ragoût dont la nature varie chaque jour. Devant eux une vaisselle simple et solide : de grands quarts de soldat pour les plus petits ; des assiettes creuses avec un marli pour les plus grands et des cuillers. Ni couteaux ni fourchettes ; ainsi, nul accident à redouter . Ce sont les petits de l’Ecole Maternelle qui attendent patiemment le repas de midi, j’allais dire la becquée, car ils font penser à de jeunes oiseaux, le bec ouvert... Donc, ils attendent la venue de Mme Hermand et de ses marmites Sur d’autres tables plus hautes sont des assiettes, en métal aussi, contenant toutes un morceau de pain. Tout à l’heure viendront s’y asseoir les grands des écoles de garçons et de filles. Mme Hermand paraît. Elle commence par les plus petits. D’une louche experte et rapide, elle donne à chacun la ration qui calmera son appétit. Durant ce temps, les grands arrivent. En entrant, chacun retire son béret ; c’est une marque de politesse que leur enseigna M. Chaufour et à laquelle chacun se soumet de façon toute naturelle. Quand on eut le plaisir d’assister à un tel tel e déj déjeuner, de voir des enfants soignés avec tant de sollicitude, on ne peut que louer le conseil municipal, le Bureau de Bienfaisance d’avoir fait les frais de cette cantine scolaire si utile, qui fonctionne tout l’hiver. Et l’on ne trouve pas exagérée la dépense mensuelle de 250 kilogs de pain, et la dépense annuelle de 1800 kilogs de pommes de terres , sans compter riz, pommes et autres frais Mais on ne saurait oublier la part revenant, dans cette bonne œuvre, à M. Chaufour qui s’y dévoue de façon bénévole, et à Mme Hermand dont le concours lui est si précieux. En attendant que la soupe leur soit ser vie, ils s’attaquent au morceau de pain, et, tout à l’heure, pour accompagner la dégustation des savoureux haricots, ils en réclameront un nouveau que Melle Annie de Page p@ges de Page en p@ges s Les ateliers d’écriture animés par Bernard Musseau, artiste en résidence à Florian. n. Les ateliers d’écriture proposés par la Médiathèque et animés par Berernard Musseau ont rencontré un grand succès à la fois dans les écoles es s et à la résidence de personnes âgées «Les Sapins Bleus». Moment de créativité ludique et conviviale, ils ont permis aux jeunes et aux moins jeunes de se familiariser avec l’écriture et surtout d’exprimer des envies, des joies, des peines, des rêves, des projets, des réalités. Bref ce qui fait une vie. Les enfants ont apprécié cet espace de liberté pendant lequel ils ont pu exprimer leurs sentiments ou émotions. Pour certains, un « déblocage » s’est produit. L’écriture qu’ils trouvaient contraignante, ennuyeuse, scolaire s’est révélée au final ludique, créative, drôle. Quelques enfants ont commencé un journal intime. D’autres ont écrit de petites histoires. Tous ont admis qu’ils en avaient tiré un enseignement notamment et surtout - la capacité à écrire. Pour certains, écrire c’était compliqué. Et soudain c’est devenu plus facile. Même si la peur de la page blanche s’est parfois manifestée, aucun ne s’est découragé. Bien au contraire. A l’issue de la remise des livrets dans les écoles, nous avons pu constater leur enthousiasme d’avoir pu participer à ces ateliers et la fierté de recevoir un livret contenant leurs propres textes. Au sortir de ces ateliers un message fort semble être passé : tout un chacun peut écrire dès lors qu’il en ressent l’envie ou le besoin. Dans les écoles Aux Sapins Bleus Les personnes âgées ont quant à elles é été surprises de leur capacité à écrire malgré leur âge ou parfois leurs difficultés physiques. Le fait même de tenir un crayon, ce qu’ils nir ne pensaient plus pouvoir faire – a été l’occasion pour eux de occasion se réhabituer à des gestes quotidiens oubliés. L’envie - parfois bliés. l’effort - de se souvenir, de retrouver les mots, de faire des es phrases, d’exprimer des souvenirs, de réfléchir à ce que l’on éfl souhaite exprimer a permis l’élaboration de textes émouvants et poétiques parfois nostalgiques. Aidés et ostalgiques. guidés par Bernard Musseau, les participants sseau, ont retrouvé les mots, ont joué avec, se sont mis à réécrire, se sont souvenus. L’espace t d’un cycle d’ateliers, ils ont su reprendre une activité créative qu’ils pensaient avoir oubliée. ensaient Ils ont pu exprimer leurs joies, leurs peines, rs leurs rêveries. Reste un agréable moment ucoup passé ensemble et beaucoup d’émotion lors de la remise du livret Vagabond’âge illustré par l’un des résidents. Chaque participant a lu son texte aux autres. Jocelyne de Lanty a lu ceux des absents. Loin d’être un moment empreint de cérémonie, ce fut au contraire un moment joyeux où l’espace d’un instant, nous avons pu partager à travers leurs textes un petit peu de cette vie qui passe. C.D. POURQUOI LA MER EST-ELLE SALÉE ? Il y a bien longtemps, la mer n’était pas salée. On récoltait le sel dans de très grands arbres qui poussaient sur la plage. Mais un jour, un petit garçon maladroit alla récolter du sel. Il prit un très grand seau, grimpa à l’arbre, récolta le sel et le mit dans le seau. Mais il était tellement maladroit qu’il fit tomber le seau rempli de sel à la mer. C’est depuis ce jour que la mer est salée. Le chien est monté sur le canapé qu’il garde sérieusement. Il est surveillé par une étagère garnie de pots anciens. La fenêtre éclaire cette pièce avec un rideau transparent. Les coussins bariolés réchauffent la patte du chien qui ronronne de plaisir. Alphonse Chevalier La porte mystérieuse ressemble à une porte d’étable ou d’écurie, mais aussi à une habitation avec une longue table de ferme. Autour est assise une famille qui prend son repas dans des écuelles en terre. Au milieu de la table une grande soupière remplie de lait dans laquelle trempent des tranches de pain bis. En ouvrant la porte doucement, nous voyons la famille réunie autour de la table, très sagement, amicalement, un jeu de cartes tout neuf à la main. Ce devait être le jeu de cartes du Nain Jaune avec lequel j’ai beaucoup joué avec mon amie d’enfance Odette. Alphonse Chevalier Eva POURQUOI LE GUÉPARD COURT-IL VITE ? Il y a bien longtemps, le guépard courait très lentement et il faisait des courses avec la gazelle, l’éléphant, le chameau et tous les animaux. Mais un jour, c’était un beau jour de course, le soleil frappa très fort l’échine du guépard avec ses rayons. Le guépard accéléra alors pour la course car cela le brûlait et il gagna ! C’est depuis ce temps là que le guépard court vite. Nelly Montaigne Comme par magie, le soleil est revenu après l’averse provoquant la naissance de mille couleurs chatoyantes dans le jardin. C’est lui le magicien qui chaque jour illumine nos journées ou bien les fait disparaître dans la grisaille. Quelle chanteuse va glorifier cet exploit ? Sans doute la petite merlette qui, du haut de son arbre lance mille trilles. Et qui danse sur les branches du marronnier ? la petite goutte d’eau, danseuse éphémère ! Denise Jessel Eloïse FLORIAN de Page en p@ges 5 5 Magie des mots moins fréquenté des rayons de nos bibliothèques et ces ouvrages, de loin aussi, les moins empruntés par les adhérents. Cependant plusieurs dizaines de maisons d’édition existent en France qui diffusent la poésie contemporaine, de Seghers -sans doute la plus connue- à Cheyne éditeur. Ces publications sont le plus souvent très soignées : le papier et sa couleur, la typographie hie sont de grande qualité ; les tenir en main constitue déjà un plaisir... le premier sans doute avant la découverte des textes. L e rayon des recueils Les y de poésie est de loin le associations la poésie de poètes font florès ; les concours de poésie aussi, initiés par ces associations ou par les collectivités territoriales. Dans le métro, depuis plusieurs années, des citations poétiques ou des vers sont affichés à l’intérieur des rames. Les grands média -radios et télévisions- sont redevenus plus timides, mais depuis la création nationale du « printemps des poètes», la poésie avait sa place sur les antennes, de façon l s modeste certes, mais néanmoins oins significative. Quelques réflexions autour de La personnalité du poète, rêveur et créatif, n’est pas un mythe ; j’en connais personnellement plusieurs à Rambouillet qui savent aussi militer activement pour cette Muse. Il semblerait enfin que beaucoup d’entre nous aient, au moins une fois dans leur vie, écrit un poème... Alors pourquoi cette aspiration ? Ce n’est pas seulement la chair qui est faible ! Les mots courants, ceux de la vie ordinaire, le sont aussi ! Dire : « la terre est ronde et elle tourne» n’est pas comparable à dire : « la terre est bleue comme une orange». Dans le premier cas, la phrase est un constat banal ; dans le deuxième cas, c’est un monde qui s’ouvre devant notre intelligence et devant notre imagination. Evidemment Un tel manque d’intérêt pour la poésie en bibliothèque pourrait laisser penser qu’elle est moribonde et que notre société - décidemment prosaïque - a perdu tout lien avec elle... A mieux observer les choses, force est de constater que la poésie tient une place non négligeable dans la vie culturelle : il existe à Paris deux Maisons de la poésie et plusieurs autres en France, la plus proche de nous se situant à Guyancourt en ville nouvelle. Chaque année se tient à Paris, en juin, le Marché de la poésie qui propose à la fois une très grande librairie à ciel ouvert, et aussi des lectures et des rencontres professionnelles (éditeurs, libraires, bibliothécaires). q u ’ u n e orange n’est pas bleue ! Evidemment : une orange est bleue ! Il y a là une fulgurance, une trouvaille géniale du poète. Comment décrire notre planète, après cela, sans tomber dans la platitude la plus extrême. Comment mieux dire le mystère et la fascination qui entourent la vie des planètes et comment mieux exprimer notre impossibilité à décrire la chose et notre relation à la chose ? Si jamais vous me dites un jour : « de deux choses l’une (lune) », je vous répondrais aussitôt, au risque éminemment i oli de impoli vous interrompre : « l’autre c’est le soleil» et si je n’ose le prononcer, je le penserais de toute façon très fort. On ne peut avoir lu Prévert et ce vers, me semble-t-il, sans le voir surgir à tout moment comme un petit drapeau de couleur, joyeux, qui aide à la distanciation et fait plonger l’auditeur -ou le locuteur, car rien n’empêche de le dire ou de le penser par devers soi quand on a la parole- ... et fait plonger l’auditeur, donc, dans une petite échappée poétique. La poésie permet de dire des choses ordinaires de façon extraordinaire. Nul n’ignore le fameux « t’as de beaux yeux, tu sais » prononcé par Jean Gabin, mais nul ne saurait oublier 6 FLORIAN de Page en p@ges Magie des mots après l’avoir lu ou entendu, le très beau vers : « tes yeux rendent jaloux le ciel d’après la pluie, le verre n’est jamais si bleu qu’à sa brisure... », écrit par Louis Aragon en hommage à Elsa Triolet, sa compagne. Comment mieux dire à la fois ce que dit Gabin et aussi davantage que ce qu’il dit : «t’as de beaux yeux» et le bleu de tes yeux est « le » bleu ; il n’y a pas d’autre bleu, il n’y a pas de plus beau bleu ? La poésie est dans l’unicité de la formule, dans le génie de la formulation. Tout se dit en poésie : le meilleur comme le pire, l’amour et la jeunesse ou la déportation vers les camps de concentration, depuis «Mignonne, allons voir si la rose...» jusqu’à : « ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers, nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants, ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent... ». Qu’elle chante les éléments déchaînés avec Victor Hugo ou la Liberté, en écrivant son nom, la poésie touche à tous les sujets pour exprimer jusqu’à l’indicible. C’est sa force, c’est son talent. Elle peut être tristesse ou bonheur, renoncement ou acceptation. Nous sommes en 1968, l’heure est à la révolution sociale et culturelle, la minute est à l’affrontement et à la violence et - petit miracle - le rêve, la douceur, la nature posent LA note de poésie là où personne ne l’attend ni a fortiori ne la cherche. Et les montres molles de La poésie c’est une façon de Salvador Dali : inattendues et incroyables, folles et poétiques! regarder le monde et une Du cinéma je retiens Jacques façon de le décrire ; une façon Tati et son inénarrable monsieur Hulot dans « Mon oncle » ou de le vivre aussi. Une façon dans « les Vacances de monsieur Hulot»; le comportement décalé d’être au monde sans doute. du personnage, hors temps, hors mode, hors action sont inoubliables. Qu’il traverse la ville sur son vélo solex ou qu’il n’a que peu de marge. Comme toute parole, la parole traverse la plage, il est toujours à poétique gagne en liberté de sens côté : tendre et rêveur, étourdi et ce qu’elle perd dans la liberté de la approximatif. C’est le décalage, le contraste entre le modernisme et forme. Il y a dans la douceur tranquille l’organisation avec la façon d’être de ces deux vers de Verlaine une ou de ne pas être de monsieur grande poésie née probablement Hulot qui est hautement poétique. de la contrainte préalablement En fait c’est le regard de Jacques évoquée et choisie par le poète : Tati qui l’est. «le ciel est par dessus le toit, si bleu, si calme Un arbre par-dessus le toit La poésie c’est une façon berce sa palme ». de regarder le monde et une façon de le décrire ; une façon de La poésie est dans les livres et dans le vivre aussi. Une façon d’être au les mots et elle est aussi dans les monde sans doute. gestes du quotidien et puis dans les images, les illustrations, les Parce que c’est un art, la poésie tableaux et les films. Qui ne se est dépassement, transcendance, rappelle le fameux « sous les pavés, la sublimation du réel. Elle participe plage » et sa puissance d’évocation ? de la quête humaine pour la beauté, Qui peut avoir oublié l’étudiante pour l’Harmonie. tendant une fleur aux C.R.S. armés J.B et qui brandissent leurs boucliers. Le poète est libre et tout puissant, comme tout artiste, tout créateur. Et cependant les poèmes adoptent souvent une forme contraignante, le nombre de pieds et les rimes fixant un cadre dans lequel le poète La poésie est libre, dans son vocabulaire, dans ses formules : «d’hippocampéléphantocamelos » à «abracadabrantesque», elle innove ! Elle peut se passer de verbe pour dire une action et mélanger les mots. Petit (tout petit) référentiel : « La terre est bleue comme une orange », Paul Eluard. « De deux choses lune... », Jacques Prévert dans « le Paysage changeur ». « Hippocampéléphantocamélos » : Edmond Rostand ; Cyrano de Bergerac, acte I. « Abracadabrantesque » est un mot inventé par Arthur Rimbaud. « T'as de beaux yeux », Quai des brumes, Marcel Carné. « Tes yeux rendent jaloux... », Louis Aragon, Les yeux d'Elsa, 1942. « Mignonne allons voir si la rose... », Pierre Ronsard. « Ils étaient des milliers... », Jean Ferrat. « Liberté...j'écris ton nom », Paul Eluard. « Le ciel est par-dessus le toit », Paul Verlaine, 1881. La Muse de la poésie lyrique est Polymnie, l’une des neuf divinités gréco-romaines des arts et des lettres. FLORIAN de Page en p@ges 7 Le conte Contes pour les tous petits ( 2 et 5 ans ) Mercredi 24 sept. / 10h30 Mercredi 22 oct. / 10h30 Samedi 19 nov. /10h30 Mercredi 17 déc. /10h30 Samedi 20 déc. /16h00 Contes pour tous publics ( 8 ans et + ) Samedi 15 nov. /15h00 en rés id ence a eF rtistique à la Médiathèqu lor A la Sarigue Contes pour tous publics Samedi 20 sept. /15h00 (caravane du conte) Jeudi 11 déc. /17h00 (conte de noël) Le Jeu de l’oie, modèle du temps Dans le cadre de sa résidence d'artiste, Yvan538, conteur, nous a permis de renforcer les actions et les partenariats avec plusieurs associations et services de la ville. Pendant deux mois, il présentera au Musée du Jeu de l'oie un conte-conférence au cours duquel il reconstituera pièce à pièce un jeu de l'oie tout en racontant La Barbe bleue, l'un des huit contes en proses de ma Mère-l'Oie. Au programme : conte, histoire, géométrie, philosophie, politique et humour ! Pour adultes, mais les enfants motivés de plus de 10 ans sont les bienvenus. A 15h, les samedis 18 et 25 octobre, 8, 22 et 29 novembre et 6 décembre. Réservation recommandée au 01 30 88 73 73 La Caravane du conte Le conteur avec le bibliobus dans votre quartier Entre le 20 sept. et le 15 oct. Calendrier complet en page 9 Nouveau à Florian Pour un regard curieux et passionné sur le monde Vous trouverez désormais chaque mois en nouveauté dans votre médiathèque une sélection d’ouvrages d’analyse et de réflexion en prise directe avec les grands faits de société et les questions d’actualité nationale et internationale. Retrouvez tous les mois les titres achetés pour aider à mieux comprendre l’actualité politique, économique et sociale de notre monde. Une bibliographie sur support papier est disponible aux différents postes d’accueil, ainsi que sur le blog http://www.floriandepageenpages.fr Un poste internet dédié à la jeunesse Aujourd’hui, la médiathèque Florian propose aux jeunes de moins de 18 ans un accès Internet : situé à côté du poste de prêt, proche des livres et du poste de renseignement jeunesse, un ordinateur leur est destiné en priorité. Munis de leur autorisation parentale, ou accompagnés par un adulte, ils peuvent surfer sur la toile en toute liberté. Un filtre parental est installé pour que l’accès à certains sites soient interdits. Les enfants peuvent ainsi venir faire leurs exposés à la médiathèque où ils trouveront les documentaires et l’accès Internet pour un travail complet. La première 1/2 heure est gratuite. L’impression est possible (0.15€ la page). Il est également possible de réserver à l’avance une plage horaire par téléphone 01 61 08 61 10. 8 FLORIAN de Page en p@ges n Yvan538 Conteur ia http://www.naturaconte.com A Florian La Caravane du conte «L’émotion à votre porte» ioorn d1itct b e ebréau 5 o èmtem e 2 20 sep du D evant le succès rencontré lors de la première édition en 2007, la médiathèque Florian reconduit cet automne la Caravane du conte pour une deuxième édition. Le Bibliobus va se déplacer dans tous les quartiers de la ville, comme à son habitude, mais cette fois accompagné de notre conteur en résidence artistique à Florian, Yvan 538. Que ce soit sous un arbre, au milieu d’une place ou sur un morceau de gazon, il offrira une heure de conte aux habitants des quartiers de Rambouillet -enfants et adultes tous réunis. La méd iat hèque F lorian présen ne vante a car co 2008 La dumne o aut atan t te conteur ane a caravonte L duutcmne 2008 a o -Spectacle gratuitdans votre quartier avec le bibliobus « Un véri table enchante ment...» LA MÉDIATHÈQUE «Tr Trop op bien ! Gén ial ! ...» en résidence à la médiathèque Florian « Un grand m oment de plaisir pour les petits et les gr ands...» sB ope BRE e de l’Eur ue du Clo r c TEM SEP e - 1 Pla bois, 0 rigu lair DI 2 ole C SAME La Salairière - éc E tte 0 l’Yve rre BR La C 15h0 ie e de ome TEM SEP - angle ruP. Damp oi de R 7h15 1 I 24 vière / rue is du R D u CRE Pala liers MER5 La Lo in du onvil h4 Jard Gren 14 E s le e de nc BR Dan éside TEM 0 6 SEP s - 23 R 16h3 DI 2 onvillier idou RE omp es P VEND Gren BRE ue Georg 0 R r CTO 17h0 1E O ubert - 28 e Saint Louis EDI RCR Saint-H y - Squar ME Curie ssa 0 marie Grou 11h0 E re et 0 OBR - rue Pier CT 13h3 I8O teur ’eau RED rie-Pas au d ERC E Cu M hâte OBR OCT sirs du C 6h00 1 5 Juin DI 1 e de loi d’eau chal CRE t MER0 Cendr Châteaeunue du Maré u v rue 15h0 ir 7 a Bel A 1 10 5 08 6 s.fr 17h1 e 1 61 MÉDIATHÈQUE FLORIAN 5 rue Ga http://florian.rambouillet.fr et http://www.floriandepageenpages.fr ET SES RELAIS Tél : 01 61 08 61 10 - mediatheque.florian @rambouillet.fr ue.florian@rambou illet.fr utherin 78120 Rambouillet Avec le soutien de la Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Ile-de-France - Ministère de la Culture et de la Communication a , , , REN , , , Et pui m http:/ sl ian ! si est ausnée à Flor , c’ l’an npag e conte .:0 TS EN i t NEM .flor illet.fr e que u athe n.rambo edi SEIG tél epagee d t orian uille mbo p://www.fl ra htt an@ toute /floria FLORIAN de Page en p@ges 5 9 Les évènements de votre médiathèque Conférence Lire en fête 2008 Thierry Magnier, éditeur Jeanne Benameur, auteur EN PARTENARIAT AVEC LA LIBRAIRIE LABYRINTHES Lecture Evelyne LEVER EN PARTENARIAT AVEC LA SHARY Société historique et archéologique de Rambouillet et de l’Yveline Contes de la forêt de Rambouillet EN PARTENARIAT AVEC GRRR...ART ÉDITEUR Dans le cadre des Journées européennes du patrimoine des 20 et 21 septembre sur le thème national : «Patrimoine et création» samedi 11 octobre à 15h00 Nous fêterons le 20e anniversaire de Lire en fête placé sous le signe de la jeunesse avec une formidable rencontre : Thierry Magnier, éditeur, et Jeanne Benameur, auteur et directrice de collection. samedi 29 novembre à 15h V Evelyne LE ation de confirm de cet vènement enue à L’é la v automne :l’historienne Florian de Sous réserve samedi 20 septembre à partir de 15h00 L’éditeur Grrr...art a sollicité des Rambolitains pour qu’ils écrivent des contes en lien direct avec la forêt de Rambouillet. Il s’agit donc d’une production éditoriale entièrement originale, et les auteurs sont tous des Rambolitains. A l’occasion de la sortie du recueil de ces contes, les comédiens du Théâtre de la Forge vous en Bruno de Saint-Riquier font découvrir quelques morceaux choisis en avant-première. Des rencontres avec les auteurs sélectionnés et une séance de dédicace auront lieu à l’issue de la séance de lecture. Ne les manquez pas : la littérature jeunesse sera en fête ! ER Le siècle des Lumières et la monarchie française n’ont pas de secret pour elle : Evelyne Lever, historienne, chercheur au CNRS est spécialiste incontestée du XVIIIème siècle. Elle a consacré de nombreux ouvrages à Marie-Antoinette et a été contactée par Sofia Coppola pour la conseiller avant le tournage de son dernier film, «Marie-Antoinette». Elle a également dirigé l’édition complète de la correspondance de Marie-Antoinette, parue chez Tallandier en 2005. Evelyne Lever a notamment publié Louis XVI (1985), Louis XVIII (1988), Philippe Égalité (1996) et Madame de Pompadour (2000). Elle a consacré à la reine deux biographies, Marie-Antoinette (1991), C’était MarieAntoinette (2000 et 2006), un ouvrage illustré, MarieAntoinette, la dernière reine (2000), un récit historique, MarieAntoinette, journal d’une reine, (2002) et L’Affaire du collier (2004). La réservation pour cette après-midi sera indispensable au 01 61 08 61 10 Exposition Paysans et forestiers Thierr y Magnier a créé en 1998 la maison d’édition du même nom. Il participe de l’ouverture et de la rénovation du panorama de l’édition jeunesse française. Depuis 10 ans, il est source d’innovation. L’une de ses premières collections «Tête de lard » en est l’exemple même. Ces albums invitent le tout-petit (dès la naissance) à entrer dans la littérature dont les illustrations et le texte auront été pensés pour lui : un travail de création formidable. Jeanne Benameur quitte l’Algérie à l’âge de cinq ans pour s’installer avec sa famille à La Rochelle. Professeur de lettres, elle exerce ce métier avec passion. Dans ses romans, elle parle de la vie quotidienne. Elle utilise les relations entre ses personnages pour aborder les thèmes qu’elle souhaite mettre en valeur. En 2007, elle crée sa collection aux éditions Thierry Magnier : Photoroman. Cette collection est née d’une rencontre entre une femme qui écrit et un photographe. L’idée de Photoroman est simple. Un photographe confie une série de 12 images, vision intime d’un univers. Un écrivain les reçoit sans aucune information. La contrainte est alors de les intégrer au cœur d’un récit : elles doivent bouleverser la vie du personnage principal. Elles alterneront avec le texte, selon un rythme défini par l’auteur. en Yveline : 1920 à 1939 en salle du conseil de l’hôtel de ville et au Palais du Roi de Rome Exposition réalisée dans le cadre de la fête de la Saint-Lubin par la médiathèque Florian pour la Ville de Rambouillet, en collaboration avec la Parr (Patrimoine et avenir de Rambouillet et de sa région). Pour la 10e Saint-Lubin, Rambouillet met à l’honneur la ruralité du Pays d’Yveline : la forêt, le blé, l’élevage, les vieux métiers agricoles... Exposition de documents d’archives et de nombreux objets de la vie quotidienne... du 23 sept. au 4 oct. 10 FLORIAN de Page en p@ges Evènements de votre médiathèque Chanson Les spectacles de votre médiathèque nquer ! pas ma A ne Théâtre Théâtre Fab’M et Fabrice Amelin EN PARTENARIAT AVEC L’USINE A CHAPEAUX - MJC « L’assemblée des femmes » Comédie d’après Aristophane «L’étrange défaite» de Marc Bloch EN PARTENARIAT AVEC LE THEATRE LE NICKEL mercredi 15 octobre 19h00 Fab’M Fabrice Amelin Croquons l’automne en chanson ! Du 11 au 18 octobre Chanso’tone va nous régaler les oreilles. Des concerts dans les bars, dans les écoles, à la médiathèque, au conservatoire, au théâtre et à l’Usine à Chapeaux rythmeront votre semaine de chansons aux mille saveurs : une farandole de chansons douces-amères, un tourbillon de talents aux univers acidulés. Florian accueillera deux artistes talentueux en pleine ascension, des jeunes pousses en devenir : Fab’M, jeune musicien de Rambouillet et Fabrice Amelin. samedi 13 septembre 16h00 par vendredi 7 novembre 20h30 par le Théâtre de la poursuite Direction d’acteurs : Christian Larrivaud avec Périhan Bakir, Gérard Bourdon, Jean-Jacques Dubrul, Valérie Fortin, Léo Lars, Claire Leluc, Jacky Pailloux, Valérie Perrin, Isabelle Reigner, Catherine Travert. le Théâtre Averse Adaptation pour la scène de l’œuvre de Marc Bloch. Adaptation et mise en scène de Jean Quercy, avec Eric Auvray. L’étrange défaite Fab’M chanson folk Issu de la scène Rock, Fab’M se tourne vers une musique Folk où les textes sont à l’honneur entre poésie et jeux de mots mais surtout emprunts d’une sincère émotion, aussi à l'aise en anglais qu'en français, Fab’M a ainsi su créer un univers bien à lui, qu’il nous livre sur scène et dans lequel il mêle à la perfection ses influences rock à ses mélodies acoustiques. www.myspace.com/fabmzik Il y a 23 siècles, à Athènes, Aristophane imaginait la prise du pouvoir par les femmes, et le faisait savoir par le moyen du théâtre ( invention de la démocratie athénienne ). Il s’agissait bien sûr d’une comédie, ou plutôt d’une farce. Mais à cette utopie, comment les personnages réagissent-ils ? Les femmes elles-mêmes ? Et les hommes leurs maris, leurs amants ? Car le pouvoir, perdu ou gagné, révèle les caractères… En 1940, Marc Bloch rédige son témoignage de la débâcle. Il analyse avec une clairvoyance douloureuse « la sclérose d’une France commandée par des vieillards, le délitement moral de notables, le dogmatisme de tous bords qui confond militarisme et patriotisme, parlementarisme et démocratie, syndicalisme et démagogie, profit et valeurs nationales. (…) (Joëlle Chevé, Historia, N°644, avril 2002) Eric Auvray, comédien d’une grande sobriété, redonne au texte toute son humanité. Marc Bloch Né en 1886, Marc Bloch fut un historien renommé dont les ouvrages sur la période médiévale font encore autorité aujourd’hui. Malgré son âge et ses cinq enfants il est mobilisé à sa demande en 1939, et assiste à la débâcle de l’armée française. Exclu de la fonction publique à cause de ses origines juives, il est ensuite réintégré « pour services scientifiques exceptionnels rendus à la France » . Il rejoint la résistance mais est arrêté et torturé par la gestapo. Il est fusillé parmi d’autres résistants le 16 juin 1944. Fabrice Amelin chanson intimiste Posés sur des mélodies envoûtantes, ses textes sont le fidèle reflet de son ressenti de la vie, une représentation de ses émotions les plus profondes. Telles sont les images qu’il tente de nous faire partager, afin que nous puissions goûter à ce qu’il y a en nous de plus vrai, de plus universel. www.myspace.com/fabriceamelin FLORIAN de Page en p@ges 11
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