actuel 124 - Page 1 - Actuel est un magazine hebdomadaire marocain francophone, appartenant au groupe « Logique Presse ». Des sujets très variés y sont abordés (économie, politique, société, culture...). Ce magazine généraliste se veut le porte-parole d'un Maroc moderne, dynam actuelN° 124 - du 14 au 20 janvier 2012 - 15 DH- 3 € المغرب Morocco Mall Le petit commerce résiste p.26 Spécial agadir Ces Soussis qui font bouger la ville p.47 Can 2012 36 ans qu’on attend la coupe p.40 LA CONTESTATION SOCIALE ? BENKIRANE PEUT-IL ENRAYER Le Maroc bouillonne… ss Le M20 s’essouffle… C ertaines informations ne retiennent l’attention des médias, et par ricochet du grand public, que par leur côté sen- sationnel. Ainsi, au cours de la seule semaine écoulée, un mari a découpé son épouse, enceinte de trois mois, en petits mor- ceaux, après l’avoir ligotée sur le lit conjugal, à Midar. Un jeune a assassiné son père à Youssoufia et un adolescent a tué sa sœur à Mohammédia, pour une histoire de zapping. A Tanger, c’est une simple prise de bec entre un supporter du Barça et un autre du Real qui s’est soldée par le décès de l’un des protagonistes, « planté » avec un couteau dans la poitrine. Le point commun de tous ces criminels ? La consommation de drogue ! Sur le plan juridique, toute la difficultéestd’établirleliende causeàeffetentrel’absorption de psychotropes et le crime, mais dans la plupart de ces drames,lescoupables,unefois l’effet de la drogue estompé, ne supportent pas la portée de leurs actes et certains demandent carrément à être exécutés… Des psychotropes dont la consommation est étroitement liée à la misère sociale ou affective, et qui transforment l’individu en animal. Les benzodiazépines, ces substances vendues dans les quartiers populaires ou devant les lycées chic, ont un effet désinhibant, sédatif, hypnotique ou anxiolytique. Les consommateurs sont alors plongés dans un état d’euphorie qui entraîne des hallucinations, des délires paranoïaques ou des troubles psychotiques. Certains deviennent amnésiques sur-le-champ, s’automutilent, rumi- nent des idées suicidaires ou tout simplement meurtrières. Pour les chiffres officiels, il faut une fois encore repasser. Les seules données chiffrées qui paraissent crédibles sont celles de la société civile. A l’image de l’association Nassim qui, outre l’aide aux toxicomanes, gère une base de données sur les études épidémiologiques liées à la toxicomanie au Maroc. Selon les dernières données disponibles, 2,8% de la population âgée de plus de quinze ans est dépendante de substances psycho-actives, alors que le taux atteint 15,4% entre 20 et 29 ans et 11,5% entre 30 et 44 ans ! Face à la puissance de feu de ces petits compri- 3Edito Unfléaumeurtrier actuel més aux couleurs chatoyantes, le petit joint des soixante-huitards ressemblerait à du sucre d’orge. D’où vient la drogue ? Il est établi que le Maroc a laissé proliférer sur son territoire des mafias organisées qui se sont tournées aujourd’hui vers des drogues plus lucratives. La cocaïne ne traverse plus seulement le Royaume pour inonder le marché européen, elle est aussi consommée sur place. En témoignent les saisies de plus en plus importantes dans toutes les villes du pays. Quant aux psychotropes, une partie non négligeable du trafic provient des chaînes de fabrication de l’Algérien Saïdal. Selon un rapport rendu public en Algérie, le Diazépam, commercialisé par Saïdal sous le nom de Valzépam, très prisé des jeunes, occupe la troisième place après le cannabis et la cocaïne dans le top ten des drogues consommées au Maroc. Le trafic de drogue est un commerce de plus en plus lucratif, avec une demandetoujoursenhausse, et cible aujourd’hui toutes les couches de la société. Sa consommation est à l’évi- dence le reflet du malaise profond d’une société. Alors que le recours aux drogues se généralise, il constitue un véritable défi pour la police et plus encore pour les pou- voirs publics. Si rien n’est entrepris, la drogue deviendra sans tarder un véritable problème de santé publique. Or la toxicomanie peut être évitée et maîtrisée. Il suffit d’intensifier les efforts qui visent à réduire la demande. C’est là le plus grand défi, car si la demande baissait, les trafi- quants n’auraient pas à risquer aussi gros pour de moindres bénéfices. Benkirane s’attaquera- t-il sans tarder au fléau qui touche des milliers de jeunes en perdition ? Il lui suffirait pour cela de créer une Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie, à laquelle il reviendrait de mettre en œuvre un Plan gou- vernemental de lutte contre les drogues et les toxicomanies. Il ne s’agit pas d’un « si… » mais bien d’une réelle volonté politique. ■ Benkirane s’attaquera-t-il au fléau qui touche des milliers de jeunes en perdition ? actuel / Semaine du 14 au 20 janvier 2012 Sommaire écrivez-nous à courrier@actuel.ma actuel / Semaine du 14 au 20 janvier 2012 4 n°124 - du 14 au 20 janvier 2012 Il n’y a pas de fumée sans feu La guerre des nerfs La lampe de tous les espoirs 1976, où es-tu ? 14 26 36 40 58 Sauvez le soldat Mzora SActualités 06 nouvelle génération | Rabii El Ouafoudi 08 la semaine en images 10 décryptage 12 dernière heure SDossier 14 politique | Contestation Le 20-Février s’essouffle... mais le Maroc bouillonne SEconomie 26 mall | Morocco Mall, les petits commerces imperturbables 30 transport maritime | Tempête sur le pavillon marocain SPolitique 36 rabat/ankara | Il y a PJD et PJD 37 affaires étrangères | La diplomatie marocaine s’extravertit SSociété 40 can 2012 | Remettez-nous ça ! 42 can 2012 | Groupe C Qui sera le roi d’Afrique ? 45 procès | L7a9ed est-il mal défendu ? SSpécial Agadir 48 urbanisation | Une ville en pleine crise de croissance 50 mécénat | Ces Soussis qui font bouger la ville 52 halieutis | La stratégie piétine SMonde 53 chronique des deux rives 56 nigeria | Bonne chance Jonathan ! 57 yémen | Saleh obtient l’impunité SCulture 58 patrimoine | Le site archéologique de Mzora cherche protecteurs 60 agenda STendances 62 auto | Range Rover Evoque, compact et raffiné 62 festival | Dubaï, capitale mondiale du shopping 64 nouveaux produits, nouveaux marchés 66 les choix de... | Richard Berry, grand prince photo de couverture afp actuel actuel est édité par Logique Presse. SARL. Capital social : 15 millions DH. Directeur et éditeur : Henri Loizeau Directeur de la publication : Abdellatif El Azizi Directeur commercial : Moulay Ahmed Alami Directeur de la rédaction : Eric Le Braz Rédactrice en chef adjointe : Mouna Kably Assistante de la rédaction : Meriem Zraidi Tél. 05 22 95 18 15 / 16 05 29 00 20 02/ 30 03 Fax. 05 22 95 18 14 SRéDACTION Chefs de service : politique : Abdellatif El Azizi économie : Mouna Kably culture : Amira-Géhanne Khalfallah Rédacteurs : Yanis Bouhdou, Zakaria Choukrallah, Ali Hassan Eddehbi, Khadija El Hassani, Fatim Ezzahra El Hajji, Abdelhafid Marzak. Chroniqueurs : Fouad Benseddik, Pascal Boniface, Driss Jaydane. Correspondants : Cyril Bonnel (Paris), Gaëlle Lucas (Madrid), Maud Ninauve (Tanger), Salima Yacoubi Soussane (New York). Photographe : Brahim Taougar Ont collaboré à ce numéro : Mohamed Mouhim, Layal Rhanem, Zineb Ochfy, Slimane Ammor. SéDITION Rédactrice en chef technique : Keiko Catala Secrétaire de rédaction : Ferdinand Demba Révision : Laila Lebbar Directrice artistique : Fadoua Damiri Maquettiste : Youssef El Moutassaddik, Conception graphique : Studio Baylaucq & Co. SPUBLICITé Tel : 05 22 36 77 02 / 79 01 Directeur commercial : Moulay Ahmed Alami ma.alami@actuel.ma Responsable commerciale : Ghizlane Malki g.malki@actuel.ma Chefs de publicité : Safaa Aqraou s.aqraou@actuel.ma Karima El Afi k.elafi@actuel.ma Assistante commerciale : commercial@actuel.ma IMPRIMERIE Idéale, Casablanca DISTRIBUTION Sochepress Imprimé au Maroc – Printed in Morocco. Tous droits réservés. Reproduction interdite sauf accord de l’éditeur. Tirage : 20 000 ex Sactuel 1, bd Abdellatif Benkaddour 20050 Casablanca, Maroc Dépôt légal : 2010PE0042/ L’optimiste Rabii El Ouafoudi SActeur associatif, militant de gauche, cadre ministériel… Rabii El Ouafoudi a plusieurs cordes à son arc. onnomnevousditrien ?Paséton- nant,carRabiiElOuafoudipréfère poursuivre son petit bonhomme dechemindiscrètement,sansfaire de vagues. Né il y a 35 ans à Béni Mellal,« loindesembouteillagesetdesbous- culades », ce membre du comité central du PPSestactuellementchargédemissionau ministère des Affaires économiques et gé- nérales et planche, en compagnie d’autres têtesbienfaites,surl’undesdossierslesplus importants de ce département : l’amélio- ration du climat des affaires au Maroc. Un job qui lui prend du temps et de l’énergie sanspourautantl’empêcherdes’intéresser àl’associatif,sondomainedeprédilection. Après le baccalauréat, ce fils d’enseignant quitte sa ville natale pour se rendre à Pa- ris où il prépare un diplôme d’ingénierie en mathématiques-informatique. Il opère ensuiteunviragedanssonparcoursenop- tant pour un master en économie, puis un doctorat qu’il poursuit encore. Maghreb United Durantsapériodeestudiantinedansl’Hexa- gone, « au lendemain de la chute du mur de Berlin… et de l’amorce du processus d’al- ternance au Royaume », il se découvre une fibre pour la chose publique. Il rencontre d’autres jeunes « épris du Maghreb », étu- diants ou issus de la diaspora, et ils s’unis- sentautourd’unprojetquidonneral’Union desjeunesEuromaghrébins.Unestructure créée il y a dix ans, qui est à cheval entre lethinkthanketlemilitantismeassociatif. « Nous organisons des conférences dans les différents pays du Maghreb, avec des parti- cipantsenprovenancedescinqpays,ensuite nous essayons d’aboutir à des recomman- dations adressées, entre autres, aux chefs d’Etatsmembres »,expliqueRabiiinsistant surlefaitquecetteactivitén’obéitàaucun calcul politique. « Nous ne disons jamais à quelqu’un qu’il a tort car la désunion est le grand tort. » Pour lui, depuis 1994 déjà, il était temps d’en finir avec l’approche inef- ficiente de l’UMA. « L’institutionnalisation nesertàrientantqu’onnes’attaquepasau fondduproblèmequiestd’abordlaquestion du Sahara... autrement les structures ma- ghrébinesexistantesresterontdescoquilles vides »,dit-il.Etc’estdanscetteoptiquequ’il croit que le meilleur moyen d’accélérer l’édification maghrébine est de « donner davantaged’importanceàl’implicationso- ciétale… il faut d’abord que le Maghreb soit pacifié mentalement ». Autrement dit, fa- voriser le rapprochement entre les jeunes Maghrébins pour que ceux-ci puissent faire entendre leur voix dans leur pays ou leur parti. « Les négociations avec l’UE, par exemple, doivent se faire avec le Maghreb unietpasparpays »,espère-t-il.Saufqu’on en est encore trop loin ! Social-démocrate dans l’âme C’est Ismail Alaoui, ancien secrétaire gé- néral du PPS, rencontré en France en 2005, qui repère l’oiseau rare et le ramène au bercail. Deux ans plus tard, quand il rentre au pays, après un parcours pro- fessionnel de sept ans dans l’Hexagone, il rejoint le cabinet de Nouzha Skalli pour une première expérience avant d’atterrir dans le département des Af- faires économiques, aujourd’hui conduit par le pjdiste Najib Boulif. A ce propos, un néo-coco et un barbu peuvent-ils faire bon ménage ? A en croire Rabii, c’est oui. Lors du vote hou- leux sur la participation au gouverne- ment de Abdelilah Benkirane, Rabii nous confie – non sans fierté – avoir voté en faveur de l’Alliance avec Ben- kirane. Et ce n’est pas par manque de foi dans les valeurs de son parti : « Je ne pourrais pas être de droite. Ma tête est fabriquée social-démocrate… Si jamais je quitte le PPS, je ne rejoindrai aucun autre parti », promet-il. Il a soutenu cette entrée au gouvernement « pour la simple et unique raison que l’alliance gouvernementale est une coalition de programme et non pas d’idéologie… et puis, il faut bien quelqu’un pour le faire ! » Car actuellement, poursuit ce technocrate, « le Maroc ne peut pas se payer le luxe d’une guerre idéologique », ajoutant que « sur le plan organisationnel, le paysage politique national n’est pas encore prêt pour une guerre des pôles. Déjà, la droite ou le centre n’existent pas au Maroc et, durant notre histoire politique, les forces d’opposition ont été les partis de gauche… avec l’Istiqlal ». Pragmatique, il va droit au but et assure que la question essentielle est de savoir si la participation au gouvernement peut apporter quelque chose de concret au pays. Une question à laquelle il est en- core prématuré de répondre, mais Rabii se dit optimiste. Pourquoi ? « C’est avant tout un trait de caractère », rétorque-t-il, sourire aux lèvres. Ali Hassan Eddehbi Nouvelle génération ©DR actuel / Semaine du 14 au 20 janvier 2012 Actualités8 A Casablanca, on est déjà à l’heure de Libreville. La Bodega, qui retransmettra les matchs sur écrans géants, a commandé une fresque face au restaurant sur le marché central pour soutenir les Lions de l’Atlas. Ils ne manque que quelques grigris ! n La police madrilène a saisi, ce 8 janvier, 400 kg de haschisch va- lant un million d’euros. Le butin se trouvait dans la camionnette d’un Marocain ayant été arrêté après avoir grillé un feu rouge. La police a également trouvé une liste d’acheteurs potentiels. n Le 6 janvier 2012, les cardinaux assistent assidûment à l’Eucha- ristie pour célébrer l’Epiphanie à la basilique Saint-Pierre au Va- tican. Le pape Benoît XVI préside la cérémonie et invite à médi- ter sur ses saints propos. ça médite fort ! n CAN 2012 Bodega... bon ! Saisie Un butin stupéfiant Vatican Le roupillon sacré sUne chute de 111 m Lors d’un saut à l’élastique, une Australienne de 22 ans saute de 111 mètres du haut d’un pont et termine sa chute dans l’eau suite à la rupture de l’élastique. La jeune fille a dû regagner la rive en nageant malgré de multiples ecchymoses. vu sur la toile InondationsauxPays-Bas.Defortespluiess’abattentsurlarégion de Groningen, depuis une semaine. Les vents empêchent l’eau de s’écoulerverslamer.Certainshabitantsattendentlessecourspour être évacués, et d’autres contemplent les forces de la nature. n Pays-Bas L’homme et la mer sTatouage : plaisir permanent ? Un jeune Iranien de 24 ans décide de se faire tatouer le prénom de sa copine sur… son pénis ! La démarche romantique se termine en queue de poisson. Suite à certaines complications, le jeune homme devra vivre avec une érection permanente. Qui s’en plaindrait ? ©BrahimTaougar/actuel ©AFP©AFP ©AFP actuel / Semaine du 14 au 20 janvier 2012 9Actualités / La semaine en images Dans un quartier residentiel de Guwahati, un léopard adulte at- taque et blesse un homme de 40 ans. La bête a pu être maîtrisée et transportée au zoo le plus proche. Le blessé se remet lentement de ses blessures, le choc psychologique reste plus difficile à effacer ! n Et de 3 ! A 24 ans, l’attaquant argentin du FC Barcelone remporte le Ballon d’Or pour la troisième année consécutive. Après Michel Platini, Messi est le deuxième joueur de l’histoire du football à s’inscrire dans la trilogie du trophée. n 32 922 étrangers ont été expulsés de France en 2011. Le ministre de l’Intérieur,ClaudeGuéant,sefélicitedecerecordetprévoit35 000 expulsions en 2012. « Ce chiffre est supérieur de 5 000 à celui de 28 000 initialement fixé », claironne le ministre de l’expulsion. n Inde Pas félin pour l’autre ! Ballon d’Or Le retour du Messi 3 Roms Le géant de l’expulsion Passation de pouvoir entre Nouzha Skalli, ancienne ministre du Développement social, de la Famille et de la Solidarité, et la pjdiste Bassima Hakkoui, seule représentante féminine du gouverne- ment. Passation de pouvoir ou passage à une « nouvelle » ère ? n Gouvernement Deux femmes, deux styles sLafidélitén’apasd’âge Antonio et Rosa battent le record du divorce le plus tardif ! 77 ans après leur mariage, l’époux demande le divorce pour adultère, après être tombé sur des lettres d’amour que sa femme aurait reçues 70 ans aupa- ravant. Mieux vaut tard que jamais ? sSois belle et mystérieuse La femme est la plus grande énigme de l’univers. Selon Stephen Hawking, astro- physicien anglais, « les femmes représen- tent un mystère complet ». La complexité de la gente féminine n’a pas fini d’intri- guer les plus grands chercheurs et de faire l’objet d’études approfondies ! ©AFP ©AFP ©AFP ©AFP actuel / Semaine du 14 au 20 janvier 2012 Actualités / décryptage10 Istiqlal : Abbas El Fassi « démissionne » ● les Faits Plaidant une grosse fatigue, Abbas El Fassi laisse entendre qu’il serait bien soulagé de quitter le secrétariat général de l’Istiqlal. ● le commentaire Pour ceux qui connaissent bien le patron de l’Istiqlal, la ficelle est trop grosse. Abbas El Fassi n’a aucunement l’intention de quitter la direction du parti de son plein gré mais, vu le nombre de voix qui demandent son départ, l’ex-Premier ministre veut se ménager une sortie honorable. Pour une fois, l’ire des caciques du parti coïncide avec la colère des militants de base. Pour les premiers, El Fassi n’a pas tenu ses promesses de réserver un ministère pour un proche ou un protégé alors que les seconds considèrent que le secrétaire général de l’Istiqlal n’a rien fait pour faire taire les critiques de la rue qui accuse ce parti d’être aux mains d’une poignée de familles. Des responsables comme Hamid Chabat vont jusqu’à appeler à un remaniement imminent pour corriger les erreurs d’El Fassi, notamment dans sa décision de ne présenter aucune femme dans son équipe. La fronde n’a pas épargné les intellectuels du parti, dont le rédacteur en chef d’Al Alam, Abdellah Bakkali, dont la plume a déserté la une du quotidien. ● Et demain Même si la succession dynastique reste une marque de fabrique du parti, la bonne foi des perdants, qui auraient aimé voir les leurs au pouvoir, est pour le moins sujette à caution. A.E.A. ● les Faits La capitale économique peut enfin souffler ! Le bras de fer entre le maire de la ville et ses élus s’est finalement relâché. Et le conseil de la ville, qui n’a pu tenir aucune session depuis près d’un an, s’est réuni, in extremis, mercredi dernier. ● le commentaire Retour à la normale au sein du conseil de la ville. Au terme de multiples tractations, Mohamed Sajid a fini par lâcher du lest. Les députés qui lui reprochaient de faire cavalier seul dans la gestion de la ville ont finalement eu gain de cause. Un mémorandum, signé mardi dernier à la veille du conseil de la ville, édicte de nouvelles règles de gestion. Celles-ci font la part belle à une démarche participative, incluant toutes les formations politiques du conseil de la ville. Elles recommandent aussi la création de commissions ad hoc pour le suivi et la gestion des projets de la ville. Il est aussi question de la délégation de signature pour les groupes en charge des projets. Les deux parties, élus et maire, se sont également accordées sur des points relatifs à la gestion locale, avec en particulier une augmentation du budget des arrondissements. ● Et demain Ce dénouement, in extremis, serait-il annonciateur d’une nouvelle ère dans la gestion de la ville ? Trop tôt pour se prononcer. En revanche, cela ne dispense pas le gouvernement Benkirane de se pencher, d’urgence, sur ce dossier épineux et surtout d’aller jusqu’au bout, au risque de bousculer certains intérêts. K.E.H. ▲ Mairie de Casa Le bout du tunnel ? ©DR ©B.Taougar/actuel L’ONE enterre ses polycliniques ▲ ● les Faits Quatre polycliniques des électriciens de Casa émanant de l’ONE ferment leurs portes, après une opération de départ volontaire ciblant 300 salariés. Une trentaine de « résistants » sont abandonnés à leur sort. ● le commentaire En mai 2011, les salariés sortent dans la rue pour réclamer une régularisation des cotisations CNSS et CIMR non payées par l’employeur, mais ils se verront proposer une prime de départ « volontaire ». La plupart s’y soumettent, à l’exception d’une trentaine de salariés âgés de plus de 55 ans. Le 2 janvier, les portes des polycliniques sont cadenassées. Pour le personnel, c’est un licenciement abusif. Paradoxe, ces polycliniques sont dirigées par les pontes de l’UMT, syndicat censé défendre leurs intérêts ! Après constat de l’huissier, l’affaire est, aujourd’hui, entre les mains de l’inspection du travail. On récolte les fruits d’une gestion opaque. Ces polycliniques tirent leurs ressources des cotisations des salariés de l’ONE et des subventions de la direction. Mais leur gestion est confiée aux représentants de l’UMT, sans dispositif de contrôle. Très vite, se pose le problème de gouvernance. ● Et demain La direction a utilisé ce dispositif opaque pour choyer les syndicats et tuer dans l’œuf toute revendication sociale. Les pouvoirs publics ont failli à leur devoir alors que la loi sur la mutualité de 1963 impose le contrôle de l’Etat et la reddition des comptes. Aujourd’hui, c’est l’effet boomerang de plusieurs années de laxisme. M.K. ©B.Taougar/actuel ▲ actuel / Semaine du 14 au 20 janvier 2012 11Actualités / décryptageActualités / décryptage ● les Faits L’ancien ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, s’est fendu, le 10 janvier, d’une nouvelle tribune dans le quotidien Al Bayane, sur cinq colonnes à la une, intitulée « A-t-on le droit de dire n’importe quoi ? » afin de réfuter les arguments d’inconstitutionnalité brandis par l’opposition. ● le commentaire Il ne se passe plus une semaine sans que le dirigeant PPS ne prenne la plume pour défendre le gouvernement... comme s’il ne pouvait se résoudre à ne plus être ministre de la Communication ! Et quand il ne publie pas dans Al Bayane en français, il pige pour la version arabophone. Ses interventions étant ensuite reprises par l’édition francophone à la une. Le pigiste de luxe des quotidiens du PPS intervient essentiellement sur des aspects juridiques. Il a ainsi pointé les contradictions des opposants à l’élection d’un ministre au perchoir... proférées par des députés eux-mêmes ministres. Cette semaine, il s’attaque avec brio aux critiques contre l’inconstitutionnalité du nouveau gouvernement. Ses arguments sont convaincants et défendus avec maestria. ● Et demain Cet avocat est d’abord un excellent constitutionnaliste. On ne regret- tera pas le pitbull qui officiait au ministère de la Communication, mais on apprécie d’avoir un nouvel expert constitutionnel sur la place. E.L.B. ▲ Lanouvellevie deKhalidNaciri ©B.Taougar/actuel ▲ Eva Joly : l’appel du mouton ● les Faits La candidate écolo à la présidentielle française déclenche à nouveau la polémique, en proposant que Kippour et l’Aïd El Kebir deviennent des jours fériés en France. ● le commentaire « La France a des racines chrétiennes », martèle la droite. « Il faudrait qu’Eva Joly se souvienne du principe de laïcité », renchérit la gauche. Et sur le web, les internautes brocardent son origine étrangère... Les arguments contre cette reconnaissance officielle des religions minoritaires ne sont cependant pas tous dénués de fondements. Alors qu’il y a moins d’un million de juifs, pourquoi ne pas avoir un jour férié pour les bouddhistes qui sont en nombre comparable ? La différence, c’est que les juifs comme les six millions de musulmans sont présents en France depuis plusieurs générations. Eva Joly reprend d’ailleurs à son compte une proposition du rapport du centriste Bernard Stasi qui, au nom du principe de laïcité, proposait que ces jours soient chômés dans les écoles pour maintenir un principe d’égalité entre les religions. ● Et demain Créditée de moins de 5% des intentions de vote, Eva Joly espère ainsi se relancer en ciblant des votes communautaires. Mais elle risque aussi de braquer une partie de son électorat libertaire... dont certains voudraient purement et simplement supprimer toutes les fêtes religieuses ! E.L.B. ©DR Un mathématicien à la culture ▲ ● les Faits Le mathématicien Mohamed Amine Sbihi a été nommé à la tête du ministère de la Culture. Ce membre du comité central du Parti du progrès et du socialisme (PPS) est un docteur d’Etat en sciences mathématiques, spécialisé en statistiques. ● le commentaire Ce natif de Salé est diplômé de l’université de Montréal au Canada, et a été maître de conférence à la Faculté des sciences de Rabat. Pourquoi avoir nommé Sbihi à la tête du ministère de la Culture ? Tout le monde se pose la question. Toutefois, il faudrait peut-être préciser que parmi les différentes fonctions qu’il a occupées, le nouveau ministre a été conservateur de la bibliothèque Sbihi à Salé. Cette expérience justifie-t-elle pour autant de le placer à la tête d’un tel ministère ? En tout cas, même s’il est légitime de se poser la question, il suffit de se rappeler le désastre de Himmich pour comprendre que le salut de la culture ne vient pas forcément d’un homme de lettres. Peut-être qu’un mathématicien, rationnel, qui a l’habitude de gérer plusieurs inconnues à la fois, pourra administrer ce qui reste du ministère de la Culture au Maroc ! ● Et demain Si monsieur Sbihi a été nommé ministre pour ses compétences de mathématicien, on espère qu’il défendra le budget de son ministère qui représente moins de 1% de celui de l’Etat ! A.G.K. actuel / Semaine du 14 au 20 janvier 2012 ©AicPress Actualités12 « Majliss Al-Irchad », l'organe exécutif d'Al Adl Wal Ihsane a adressé une missive au se- crétariat général du PJD et au Mouvementunicitéetréforme (MUR), le bras idéologique du parti. Dans cette lettre, Al-Adl répond aux vœux exprimés récemmentparAbdelilahBen- kirane. Le Premier ministre verrait d'un bon œil que la Jamaâ accepte de « travailler à l'intérieur des institutions ».Dansun stylefraternel,lesadlistesrappellentaux pjdistes leurs divergences, notamment le caractère non-démocra- tique de la Constitution et estiment que la participation au jeu po- litique « n'est favorable qu'au despotisme ». n Escroquerie Justice pour le MRE spolié Benaïssa Friekh, un MRE vivant en France, avait acquis un terrain il y a 35 ans pour ses vieux jours. Venu en prendre possession le 13 décembre dernier, il découvre qu’on érige un immeuble de deux étages sur sa propriété. Un entrepreneur a acquis le même terrain auprès d’un autre propriétaire aujourd’hui introuvable ! C’est le choc, et le MRE succombe à un œdème pulmonaire. Les proches de Friekh ont fait un sit-in le 10 janvier devant la commune de Ben Souda à Fès. Ils réclament justice et l’arrêt des travaux. Deux procédures sont en cours mais les travaux continuent. n Miss Maroc 2012 Versionsoft… Pour l’instant, les castings pour désigner la plus belle femme du Maroc se poursuivent dans toutes les villes du Royaume. L’objectif est d’élire douze jeunes filles pour la soirée finale, qui aura lieu le 4 février. Cette grande soirée de l’élection de Miss Maroc sera organisée par la société de production Night Star Maroc au Mazagan Beach Resort d’El Jadida. Ceux qui espèrent se rincer l’œil en seront pour leurs frais, puisque les trois défilés se feront en robe du soir, puis en costume traditionnel de chaque région et enfin en tenue de ville. n Informatique Apis Engineering au Maroc Le Français Apis Engineering, spécialisé dans la conception et la réalisation de centres informatiques de nouvelle génération, s’implante au Maroc en créant une filiale à Casablanca. Le bureau d'études pilote déjà plusieurs projets stratégiques au Royaume, dont le data center Arche, basé à Benguerir, sur une superficie de 5 000 m2 . n ©DR SLe regard de Mouhim l Un grand mouvement de walis, gouverneurs et autres agents d’autorité devrait avoir lieu en février. La liste, déjà prête, doit juste être validée par le nouveau patron des lieux, Mohand Laenser. l Jawad Ziyat, directeur général du pôle Haut standing (Prestigia) du groupe Addoha serait sur le départ, après deux ans passés auprès d'Anas Sefrioui. l Contrairement aux rumeurs évoquant une hospitalisation en urgence de Abderrahmane Youssoufi, l’ancien Premier ministre, qui vient de regagner sa résidence à Cannes, se porte comme un charme. l Après avoir quitté le Rassemblement national des indépendants, Aziz Akhannouch aurait donné au parti un délai de trois mois pour trouver un autre bailleur de fonds qui serait prêt à financer Achourouk, le quotidien du RNI. l Mohamed Ouzzine aurait fait part à la direction de son parti de ses inquiétudes concernant les irrégularités qui auraient entaché des marchés conclus par son prédécesseur à la tête du ministère de la Jeunesse et des Sports. l Mohamed Regraga, le gouverneur à la wilaya de Rabat, chargé des affaires générales, est mis au placard, suite au « désordre » des diplômés- chômeurs. Ces derniers avaient envahi les locaux du ministère de la Culture à Rabat. n Les bruits du village PatrimoineHimmichversusToufiq La guéguerre concernant la paternité de certains sites, qui avait démarré avec Mohammed Achaari, et continué avec Bensalem Himmich, a été remportée par Ahmed Toufiq. La bi- bliothèque de la Karaouiyine, les medersas Sahrij et Mesbahia de Fès... sont revenues dans le giron des Habous. n AlAdl Lettre aux « frères » du PJD actuel / Semaine du 14 au 20 janvier 2012 Dernière heure 13 [ lu dans la presse arabophone ]Radio DahbiàMedi1 Le journaliste Omar Dahbi vient d’être nommé directeur de la rédaction de Radio Méditerranée Internationale (Medi 1). Journaliste depuis près de vingt ans, Omar Dahbi a dirigé la rédaction du quotidien Aujourd’hui Le Maroc. Analyste politique spécialisé dans les affaires de géopolitique régionale, il est l'auteur d’un livre révélation sur les dessous de la crise diplomatique entre le Maroc et l’Espagne, durant la décennie allant de 2000- 2010. L'ouvrage s'intitule Maroc-Espagne : La guerre des ombres. ProfitWarning Diswayemboîte lepasàHPS Après HPS, c’est au tour de Disway, le spécialiste de la distribution de matériel informatique et télécom, d’annoncer un profit warning, tardif, sur ses résultats 2011 avec une baisse de 20% de son chiffre d’affaires. Le marché s’attend à d’autres profit warnings dans les jours à venir. Le Printemps arabe et la crise internationale sont passés par là. n Aérien ByebyeJet4you ! TUI Travel annonce l’intégration de Jet4you dans sa filiale Jetairfly, qui sera suivie d’une fusion, pour doper son activité et chercher de nouveaux relais de croissance. Il faut s’attendre à la suppression d’une quarantaine d’emplois. Mais aucune suppression de lignes n’est prévue dans l’immédiat. Jet4you dessert 22 destinations dont la moitié en France et au Maroc. Pour mémoire, depuis son lancement en 2006, la compagnie marocaine à bas coût n’a jamais dégagé de bénéfices. Cette fois-ci sera- t-elle la bonne ? n Syrie QuefaitlaLigue arabe ? Ils l’ont échappé belle. Deux parmi les dix Marocains membres de la mission d'observation de la Ligue arabe en Syrie, qui se rendaient lundi à Lattaquié, ont dû rebrousser chemin vers Damas, après avoir subi des attaques aux cailloux par les partisans du régime. Deux Koweïtiens et un Emirati ont, eux, été légèrement blessés. Contactés pour s’enquérir de la situation en Syrie, les membres affirment avoir fait le serment de ne rien dévoiler avant la publication du rapport final de la Ligue arabe. Silence, on tue. n Gouvernement Leswomense rebiffent « On ne peut pas rester les bras croisés, c’est un scan- dale. » Selwa Benabdallah, de l’association Women’s Tribune, qui a soutenu le PJD pendant la campagne est consternée par la place accordée aux femmes dans le gouvernement Benkirane. Les membres du Women’s Tribune, présidé par Fatiha Bennis, rédigent en ce mo- ment une lettre ouverte au chef du gouvernement pour exprimer « leur stupéfac- tion et leur amertume » et demander une meilleure représentativité des femmes lors des prochaines nomina- tions. n A khbar Al Youm annonce que le ministre de la Justice et des Libertés, Mustapha Ramid, a rencontré les associations et les fa- milles des détenus salafistes qui croupissent toujours en prison. Le quotidien s’interroge sur les capacités de Ramid, un des principaux défenseurs des salafistes avant sa nomination, à permettre la relaxe de ces dé- tenus d’opinion arrêtés dans le sillage des attentats du 16 mai. Le journal révèle que les salafistes ont, de leur côté, suspendu leur mouvement de grève, suite à une visite de Mohamed Sebbar, secrétaire général du CNDH, et atten- dent un retour d’ascenseur du nouveau gouvernement. Des sources informées ont déclaré au quotidien que le dossier des salafistes figurait en tête des préoccupations du ministre qui leur a consacré sa première sortie en tant que garde des sceaux. Les coordinations de défense des salafistes ont aussi sollicité Abdelilah Benkirane. Elles espèrent un entretien avec ce dernier pour lui présen- ter les dossiers des déte- nus, dont ceux des cheikhs idéologues. Le quotidien nous apprend que les conditions de détention des salafistes se sont quelque peu améliorées depuis la visite de Sebbar. Ces derniers ont droit à des visites plus longues de leurs familles ainsi qu’à un allégement des procédures de fouille à l’en- trée des pénitenciers. n Akhbar Al Youm Ramids'ouvreauxsalafistes ©AicPress LA question de la semaine sur La question de la semaine prochaine Retrouvez-nous sur notre page fan facebook.com/actuelmaroc Quel résultat pour le match Maroc-Tunisie ? Le protectorat pour vous, c'était n Un mal nécessaire n La bonne époque n Le pillage du pays n L'origine de notre schizophrénie69 % 6 % 25 % actuel / Semaine du 14 au 20 janvier 2011
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