Actuel 89 - Page 1 - Actuel est un magazine hebdomadaire marocain francophone, appartenant au groupe « Logique Presse ». Des sujets très variés y sont abordés (économie, politique, société, culture...). Ce magazine généraliste se veut le porte-parole d'un Maroc moderne, dynam w w w . a c t u e l . m a actuelN° 89 - du 9 au 15 avril 2011 - 15 DH- 3 € maroc MAIRIE DE CASABLANCA Sajid dans le collimateur de la Cour des comptes P.38 INDIGNEZ-VOUS ! Chaque semaine, actuel ouvre un nouveau débat. P.14 RUBYsexe, mensonges etvidéo! ENQUÊTE Supplém entMode 52 pages actuel ouvrel ﻫﺬاﻣﻨﻜﺮإناﻟﻠﻬﻢ Karima El Mahroug La Marocaine qui peut faire tomber Berlusconi… D esdossiersenveux-tuenvoilà,desper- sonnalités publiques jetées en pâture à la presse, des élus de seconde zone et deslampistespoussésàlabarrepourde menuslarcins.Quecacheceramdam?A chaqueépoqueseshommespolitiques,àchaque homme politique ses méthodes. Basri nous concoctait chaque année, à la même période, un scandale à la mesure des attentes: la campagne d’assainissement, l’affaire Tabit, etc. Hamidou Laânigriaétéchargédefabriquerdescellulesterro- ristesselonunagendaimaginéàWashington,qui visaitàenterrerlesislamistes. Des cellules dormantes pour endormirl’opinionpublique. L’idée est peut-être géniale maisilvafalloirimaginerune nouvelleIERavantderelâcher danslanaturecesmilliersd’is- lamistesquirêventdésormais d’en découdre avec l’Etat. Ladéfinitiondel’immobilisme (refusdelatransformation,du progrès...) correspond parfai- tementàlapériodequenousvivonsaujourd’hui. Le vent de liberté qui souffle sur le Royaume se heurte aujourd’hui à l’opposition plus ou moins résolue de ceux qui se sont longtemps «sucrés» grâce à des monopoles et des avantages acquis. Politiques et affairistes confondus. Combiend’erreursmanagérialesontétéimputées àlathéorieducomplotouencoreàlaconjoncture, déresponsabilisant ainsi ceux qui les avaient commises? Une façon commode de faire oublier l’incapacité des «élites» à prévoir et à composer aveccesbouleversementspolitiquesmajeursqui secouent le monde arabe. Pourquoi cela paraît-il plusdangereuxaujourd’huiquejadis?Toutsim- plement parce que ces transformations et autres révolutionssontdevenuespluscomplexes,etque 3Édito actuel / Semaine du 9 au 15 avril 2011 Manager lechangement actuel le temps nous est compté. Que des politiciens braquent un œil sur les grondements de la rue et l’autre sur leur carrière, qui pourrait le leur reprocher? Mais que la jeunesse du 20-Février cultivelarechercheduboucémissaire,lecultede l’opinionpubliqueàl’étatbrut,qu’ellesecontente decaresserlepopulismeambiantdanslesensdu poil, voilà qui nous fait redouter des succédanés pires que le vide politique actuel. Lesdérivessontpalpables:decetappelà«stopper les transferts de devises vers le Maroc» lancé par le président de la Plateforme intercontinentale des MRE à l’accusation de complotbrandieparlesjeunes du 20-Février en passant par le boycott des festivals sous prétexte qu’on y gaspillerait l’argent du peuple. On parle dumouvementarabecomme d’une révolution. Soit. Sauf que la bataille pour les droits del’homme,réduiteàdesslo- gansincantatoires,n’ajamais apportélapreuvequ’ellepou- vait déboucher sur un modèle de société viable. Dans ce cas de figure, les rapports sont envisagés exclusivement en choc des radicalités. A un mo- ment où nous avons le plus besoin de réinvestir la nation, non pas contre, mais avec elle. Le pays ne peut s’en sortir que si le 20-Février fait corps avec la nation, et se dote d’une identité progressiste claire, d’une feuille de route précise, conçueenaccordaveclesautrespartenairespoli- tiques.Ilapourcelal’énergiequ’ilfaut,cetélanqui peut faire du Maroc de demain une valeur sûre.■ On ne défend pas les droits de l’homme en se défoulant sur des boucs émissaires. Sommaire ÉCRIVEZ-NOUS À courrier@actuel.ma4 N°89 - DU 9 AU 15 AVRIL 2011 A Vienne, elle mène le bal. Sajid déchaîne les passions. Il doit sortir. Têtes de terroristes! 16 38 44 60 70 SActualités 06 LA SEMAINE EN IMAGES 08 DÉCRYPTAGE 12 DERNIÈRE HEURE 14 INDIGNEZ-VOUS ! | Le pays qui ne s’aimait pas SDossier 16 RUBY | Sexe, mensonges et vidéo! SÉconomie 28 SOCIAL | Dialogue social Bienvenue au moussem 30 CDVM | La justice ira-t-elle jusqu’au bout? 32 TRAMWAY DE CASABLANCA | La cadence s’accélère 34 LA BOURSE POUR LES NULS SPolitique 36 20-FÉVRIER | Manifester global et revendiquer local 38 MALVERSATIONS | Sajid à l’heure des comptes SSociété 44 DÉTENU POLITIQUE | Il faut sauver le militant Chakib 46 EXPLOIT | Marathon des sables SMonde 54 CÔTE D’IVOIRE | Les défis de Ouattara 55 JAPON | Vaste opération de nettoyage 56 CHRONIQUE DES DEUX RIVES SCulture 60 CINÉMA | Du rire aux larmes 62 INTERVIEW | Jamel Abdennasser: «La mode, c’est un art» 64 FESTIVAL | La révolution de jasmin, c’est rock! 68 COUP DE CŒUR | De grands mots sur les maux 69 AGENDA STendances 70 VOYAGE | Benslimane, ode à la nature 74 HI-TECH | Jeux vidéo, action en 3 dimensions 76 VOITURE | Range Rover Sport HSE, So British… 78 DÉCO | Radisson Blu Hôtel Aux Champs-Elysées 80 NOUVEAUX PRODUITS, NOUVEAUX MARCHÉS 82 LES CHOIX DE... | Karim Bennani Le généreux actuel / Semaine du 9 au 15 avril 2011 PHOTO DE COUVERTURE GIUSEPPE ARESU /AFP L’Irlande à deux pas de Casa. FP actuel est édité par Logique Presse. SARL. Capital social : 12,5 millions DH. Directeur et éditeur: Henri Loizeau Directeur de la publication: Abdellatif El Azizi Directeur de la rédaction: Éric Le Braz Rédacteur en chef-adjoint: Tarik Qattab Assistante de la rédaction: Meriem Zraidi Tél. 05 22 95 18 15 / 16 05 29 00 20 02/ 30 03 Fax. 05 22 95 18 14 S RÉDACTION Chefs de service: POLITIQUE : Abdellatif El Azizi ÉCONOMIE : Mouna Kably SOCIÉTÉ : Tarik Qattab CULTURE : Bahaa Trabelsi Rédacteurs: Yanis Bouhdou, Amanda Chapon, Zakaria Choukrallah, Khadija El Hassani, Charlotte Hennebique (chef de rubrique), Meriama Moutik, Fatim Ezzahra El Hajji Chroniqueurs: Fouad Benseddik, Pascal Boniface Correspondants: Cyril Bonnel (Paris), Gaëlle Lucas (Madrid), Maud Ninauve (Tanger) Photographe: Brahim Taougar Ont collaboré à ce numéro: Paola Abboud, Inès Asensi, Zineb Bennouna, Béatrix Grégoire, Mohamed ElHamraoui, Mohamed Mouhim, Salima Yacoubi Soussane S ÉDITION Rédactrice en chef technique: Keiko Catala Directrice artistique: Fadoua Damiri Maquettistes: Youssef El Moutassaddik, Rachid Agouzoul Iconographe: Mehdi Mariouch Révision: Laila Lebbar Conception graphique: Studio Baylaucq & Co. S PUBLICITÉ Tel : 05 29 00 40 04/50 05 05 22 36 77 02 Directeur commercial: Moulay Ahmed Alami ma.alami@actuel.ma Responsable commerciale: Ghizlane Malki g.malki@actuel.ma Chefs de publicité: Imane Abda i.abda@actuel.ma Safaa Aqraou s.aqraou@actuel.ma Taoufik Benattia t.benattia@actuel.ma Assistante commerciale: Hanane Ben Izza h.benizza@actuel.ma S ADMINISTRATION Responsable administratif et financier: Younes Machhour IMPRIMERIE Idéale, Casablanca DISTRIBUTION Sochepress Imprimé au Maroc – Printed in Morocco. Tous droits réservés. Reproduction interdite sauf accord de l’éditeur. Tirage: 20000 ex S actuel 1, bd Abdellatif Benkaddour, 20050 Casablanca, Maroc Dépôt légal : 2010PE0042/ Dossier presse : 19/09 actuel Actualités6 La nouvelle égérie de Berlusconi, Ruby, n’a pas vraiment la cote à Fkih Ben Salah, sa ville d’origine (voir dossier). Les habitants de cette petite localité, qui connaît une forte immigration vers l’Italie, préfèrent la fantasia aux fantaisies du Cavaliere! ■ Cette «Honda» transporte un véritable mont Rushmore de man- nequins nus en plastique! Un véhicule qui n’est pas passé inaperçu à Derb Ghallef, d’autant que les boutiques se voient obligées de couvrir les mannequins pour éviter les foudres conservatrices. ■ Fkih Ben Salah Tbourida vs Rubygate Insolite Mannequins Pride à Derb Ghallef Yes he can et il l’a fait. Malgré les accusations de fraude, Michel Martelly, dit «Sweet Micky», est devenu le président de Haïti en remportant le second tour des élections avec 65,7% des voix. Le chanteur populaire devrait prendre ses fonctions le 16 mai. ■ Sweet Micky Second séisme à Haïti SGoogle tourne la Page Larry Page, le cofondateur de Google est redevenu PDG de la so- ciété avec un objectif: renouer avec l’esprit start-up des débuts. Google sera sûrement plus innovante maintenant que les ingénieurs sont aux commandes! VU SUR LA TOILE actuel / Semaine du 9 au 15 avril 2011 SRazanGate La célèbre animatrice arabe Razan Al Maghribi fait face à une véri- table chasse aux sorcières depuis qu’elle est apparue sur une vidéo jugée «hot» (seuls ses propos l’étaient). Choquée, l’animatrice est victime d’une dépression. BrahimTaougar/actuel BrahimTaougar/actuelHectorRetamal/AFP Noursoultan Nazarbaïev a été réélu à la tête du Kazakhstan… avec plus de 95% des voix! Un score benaliesque que la rue ka- zakhe n’a d’ailleurs pas attendu pour sortir manifester contre le dictateur. ■ Kazakhstan Effluves de jasmin neutralisées! VyacheslavOseledko/AFP 7Actualités / LA SEMAINE EN IMAGES Le prince Charles a visité le Maroc et a pris part à un dîner orga- nisé en son honneur par le roi Mohammed VI. Le prince britan- nique a aussi assisté à un spectacle soufi, visité la bibliothèque Al-Qaraouine, des musées, etc. Un pré-voyage de noces! ■ Au lieu de représenter la réalité sur une toile, il la peint sur lui. Le Chinois Liu Bolin, l’as du camouflage, s’est fait remarquer en se dissimulant sur les marches du Grand Palais à Paris. L’homme invisible existe! ■ Visite Marhaba Sidi Charles! L’habit fait la toile Tenue de camouflage Ce n’est pas une voiture piégée qui a explosé, juste le décor d’un exercice international de simulation d’un acte malveillant, avec utilisation de matières radioactives, que le Maroc a organisé du 22 au 25 mars à Rabat. ■ C’est pour de faux Terrorisme nucléaire à Rabat SLe 20-Février en live Tapez ustream.tv et cherchez «chakir-tv». Un jeune militant du 20-Février, Aboubakr, a eu l’idée de génie de «live-streamer», soit transmettre en direct sur Inter- net, les marches de protestation et les réunions des jeunes. actuel / Semaine du 9 au 15 avril 2011 SElle buzze encore ! Zahia Dehar continue de buzzer comme une bête! Moins trash que celle de Ruby, sa nouvelle vidéo publiée sur son site Zahia.com fait sensation. Elle s’effeuille dans un striptease sobrement intitulé «The Cat Cave». BertrandLanglois/AFP AbdelhakSenna/AFP L’actrice et ambassadrice de bonne volonté Angelina Jolie s’est rendue la semaine dernière à Ras Jedir, pour mettre du baume au cœur des réfugiés qui ont fui la Libye. Assaillie par la foule enchantée de voir Lara Croft, l’actrice a dû écourter son séjour. ■ Libye Angelina trop Jolie JasonTanner/AFP DR Actualités / DÉCRYPTAGE8 Guantanamo Le bagne de la honte ● LES FAITS Khaled Cheikh Mohammed et quatre autres personnes suspectées d’avoir organisé les attaques terroristes du 11-Septembre 2001 seront jugés devant un tribunal militaire à Guantanamo. Washington revient ainsi sur son intention de les faire juger par un tribunal de droit commun à New York. ● LE COMMENTAIRE Annoncée à grand renfort de slogans progressistes, la fermeture de ce bagne de la honte n’est donc plus à l’ordre du jour. Barack Obama, qui a raté l’occasion de se défaire de cette image «d’ennemi de l’islam» qui colle à l’Amérique, va donner en pâture au tribunal militaire des personnes dont certaines n’ont rien à voir avec le terrorisme. Une vingtaine de Marocains, la plupart arrêtés sur les routes d’Afghanistan ou à Tora Bora en 2001, ont eu également le malheur de connaître la torture. Depuis, tous ceux qui ont été acquittés et transférés au Maroc ont été rejugés avant de revenir à la case prison. Sur injonction américaine, ils ont été poursuivis par la justice marocaine dans un procès d’intention flagrant, les accusations portant sur de simples présomptions. ● ET DEMAIN Avec la non-fermeture de Guantanamo, et les histoires de soldats américains qui tireraient sur des civils afghans «pour s’amuser», Obama a montré qu’il ne valait pas mieux que son prédécesseur, sur ce point. L’Amérique qu’on aime, ce n’est pas pour demain. A.E.A. ● LES FAITS Un code de la presse «basé sur les référentiels démocratiques». C’est ce qu’a promis le ministère de la Communication aux journalistes, représentés par le SNPM (Syndicat national de la presse marocaine). ● LE COMMENTAIRE Le débat sur la liberté d’expression est passé à la vitesse supérieure dès le début de la vague de protestations: sit-in devant les chaînes publiques, présentation par le SNPM d’un mémorandum à l’Etat, etc. Ces dernières années, la liberté d’expression a été malmenée à coups de procès, de boycotts publicitaires et de sermons sur les fameuses «lignes rouges» à ne pas franchir (Sahara, monarchie et islam). Pendant un moment, l’Etat a bien joué l’apaisement à travers une «commission de dialogue» dont les travaux, qui ont duré un an et demi, n’ont toujours pas débouché sur la moindre avancée. Cette fois-ci semble être la bonne. Le simple fait de sortir des oubliettes le fameux «code de la presse», enterré depuis l’arrivée de Khalid Naciri au ministère, est en soi un événement. ● ET DEMAIN De leur côté, les journalistes s’organisent. Sur Facebook, tendance oblige, c’est à travers le «Cercle des journalistes indépendants» et la future «association des jeunes journalistes marocains» que le débat est lancé. Principales revendications: le droit d’accès à l’information, la fin des lignes rouges et des peines privatives de liberté. Z.C. ▲ Les journalistes veulent s’affranchir DR BrahimTaougar/actuel Justice: les juges font de la résistance ▲ ● LES FAITS Dans les propositions des partis sur la réforme de la Constitution, le débat sur l’avenir du Conseil supérieur de la magistrature figure en bonne place. ● LE COMMENTAIRE Le débat n’a pas échappé aux magistrats dont certains n’ont pas hésité à monter au front pour défendre la mouture actuelle dudit Conseil. Dans son édition du lundi, Assabah a donné la parole à Abdelhak El Ayassi, président de l’Amicale Hassania des magistrats du Maroc, qui a tiré à boulets rouges sur les propositions des partis, et notamment celle qui concerne l’ouverture du Conseil à d’autres corps de métiers que celui des juges. Le procureur du roi du tribunal de commerce de Casablanca a argué du fait qu’une telle instance signifierait la politisation du Conseil et par là même, la fin de son indépendance. D’après la Constitution, le Conseil supérieur de la magistrature est présidé par le roi; et ses membres, dont le ministre de la Justice, sont tous des magistrats nommés par dahir, sur proposition du Conseil lui-même. ● ET DEMAIN Pour dépasser ce «corporatisme» au sein du CSM, il suffirait de s’inspirer de la réforme constitutionnelle française qui a revu, en janvier dernier, la composition et le fonctionnement de cet organe judiciaire clé. Pour la première fois, vont siéger, auprès des magistrats, des personnalités extérieures désignées par le président de la République. A.E.A. DR ▲ actuel / Semaine du 9 au 15 avril 2011 Actualités / DÉCRYPTAGE10 ● LES FAITS Toute sa vie, il a porté une moustache comme papa. Mais quand Bachar El Assad a prononcé un discours au Parlement le 30 mars, après plusieurs jours d’émeutes en Syrie, il était presque glabre. ● LE COMMENTAIRE En fait, il avait laissé quelques poils de deux jours sous le nez. Comme pour nous dire: j’ai changé, mais pas trop. Car le système pileux des dictateurs est un message politique à lui tout seul. Comme si l’homme voulait exhiber sa virilité d’une manière bien précise. La barbe désordonnée de Castro ou de Ben Laden ne sied pas aux tyrans autocrates avides d’ordre. Tandis que la moustache est comme un signal négatif placé entre bouche et nez. Le très sérieux site de la revue Foreign Policy a ainsi recensé les plus emblématiques des dictateurs moustachus: Mustafa Kemal Atatürk, Franco, Hitler, Staline, Saddam Hussein, Mugabe, Aleksandr Lukashenko. Raser sa moustache est un acte fort. Le jeune François Mitterrand, militant d’extrême droite, était moustachu. En devenant démocrate, il a sacrifié ses poils. ● ET DEMAIN Tous les moustachus ne sont pas des tyrans. Mais la moustache reste un signe disctinctif pour asseoir son autorité. En quittant son poste au ministère de l’Intérieur, Chakib Benmoussa a rompu avec son passé de sécuritaire: c’est le seul moustachu repenti d’envergure que nous connaissons au Maroc. On attend avec intérêt les évolutions pileuses de Khalid Naciri, Fahd Yata, Hamid Chabat… E.L.B. ▲ La moustache de Bachar El Assad DR ▲ Un commissaire en flagrant délit ● LES FAITS Un commissaire de police, qui a en charge la gestion de la circulation à Casablanca, vient d’être arrêté. Il est poursuivi en justice pour… conduite en état d’ébriété. Une fois n’est pas coutume, le concerné devra répondre de ses actes. ● LE COMMENTAIRE Cette information anecdotique cache mal une réalité bien établie, celle voulant que les personnes censées donner l’exemple, en étant des modèles d’irréprochabilité, sont les premières à enfreindre toutes les règles, qu’elles soient morales, éthiques ou judiciaires. Il y a la griserie du pouvoir... Mais aussi et surtout un sentiment d’impunité qui règne à tous les niveaux de responsabilité, et qui, pour peu qu’on en ait, fait que l’on se permet tout ce dont on n’hésite pas à s’offusquer dans les salons et les meetings. Nos politiques, ceux-là mêmes qui appellent à la transparence et à la méritocratie, n’hésitent pas à bénir des candidats dont l’intégrité est loin d’être prouvée. Et certains de ces mêmes hommes d’affaires, qui crient au monopole et autres irrégularités dans la passation des marchés, sont aussi ceux qui redoublent d’intelligence pour ne pas s’acquitter de leurs impôts. ● ET DEMAIN De tels comportements ne peuvent être circonscrits que s’ils sont systématiquement punis. Et un Etat de droit, c’est aussi celui qui veille par tous les moyens nécessaires à faire respecter la loi, envers et contre tous. T.Q. AicPress Logement social, CGI monte en puissance ▲ ● LES FAITS Nouveau départ pour la CGI. La filiale immobilière du groupe CDG veut renforcer sa présence dans le logement social. Dès 2014, son rythme de production devrait passer à 10000 unités par an. ● LE COMMENTAIRE Comme ses principaux concurrents déjà positionnés sur le segment du logement social, la CGI adapte sa force de frappe. La filiale de la CDG emboîte donc le pas, via sa filiale Dyar Al Mansour, à Addoha et Alliances qui misent sur ce segment où le déficit dépasse plus d’un million d’unités. La CGI prévoit ainsi la réalisation de 100000 logements économiques d’ici 2020 et annonce le lancement, avant la fin de l’année, de 13000 nouvelles unités. Ce qui ne l’empêche pas de continuer sur sa lancée dans les segments haut et très haut standing. La CGI livrera ainsi, avant fin 2011, une nouvelle tranche de Casa Green Town à Bouskoura. L’opérateur lorgne aussi du côté du moyen standing où l’offre reste très en deçà de la demande. Son offre sera déclinée en résidences principales et secondaires adaptées à ce segment de la population. ● ET DEMAIN Sachant que le foncier constitue l’épine dorsale de tout projet immobilier, la CGI reste confiante quant à sa capacité à se positionner sur l’ensemble de ces segments. Son atout? Une réserve foncière de plus de 3600 hectares. Sans oublier son adossement au groupe CDG qui lui assure un accès privilégié au foncier public et un financement aux meilleures conditions. K.E.H. actuel / Semaine du 9 au 15 avril 2011 AicPress Actualités12 actuel / Semaine du 9 au 15 avril 2011 Ayant brillé par son absence depuis qu'il a été nommé ministre chargé desRelationsavecleParlement,Driss Lachgarrenoueavecsestonitruantes sorties. Mardi, lors d’un débat, le di- rigeant USFP a vertement critiqué le ministredesAffairesétrangères,Taïeb FassiFihri,quiavaitaffirméqueladi- plomatieetl’arméeallaientresteraux mainsduroi.«Lesministèresdesouve- rainetédoiventapparteniraupassé», a affirmé Lachgar. Décidemment, on ne pourra jamais le calmer! ■ Débat Lachgar,le retour Les «vingtfévrieristes» ne baissent pas la garde. Le 20 avril, ils vont manifester pour la libération des détenus politiques. Et ils annoncent une marche aussi importante que celle du 20mars, le 24 avril prochain. Ils pourront y entonner le nou- veau morceau que vient d'enregistrer Hoba Hoba Spirit pour les soutenir: Iradat al hayat. La chanson sera disponible sur le Web la semaine prochaine.■ 20-Février Une marche et une chanson Drôle de voyage Moulay Hicham en Arabie saoudite Connu pour ses positions hostiles aux régimes arabes autoritaires, Moulay Hicham a pourtant fait un déplacement intrigant… en Arabie saoudite. Il a été reçu par le roi Abdellah Ben Abdelaziz, mais l’objet du déplacement a été maintenu secret. Affaire à suivre. ■ Minurso Les droits humains intégrés? Le site Lakome.com a mis la main sur le projet de rapport du secrétaire général de l'ONU sur le Sahara. On peut y lire que Ban Ki-moon est favorable à la mise en place d’un mécanisme pour veiller au respect des droits humains tant au Sahara qu’à Tindouf. Il ne s’agit que d’une première mouture, le rapport final sera présenté le 14 avril.■ Air Arabia Toujours plus haut La compagnie low cost Air Arabia devrait recevoir d’ici 2013 quelque 44 avions A320. 28 d’entre eux seront équipés de dispositifs pour réduire la consommation de carburant. C’est dire que la concurrence sera encore plus rude.■ Lachgar refait des siennes! ● Le roi a refusé de jouer au médiateur avec Mouammar Kadhafi pour le compte de Nicolas Sarkozy. C’est du moins ce que rapporte le journal libanais Addiar Loubnania, qui précise que «Mohammed VI a toujours refusé de fréquenter des personnages comme Kadhafi, quel qu’en soit le motif». ● La grogne des agents de l’Intérieur n’a pas dépassé les murs du ministère. Soumis à des rythmes infernaux à cause des manifestations à répétition, contraints de rendre compte à leur hiérarchie 24h/24, beaucoup d’agents ont craqué. Noureddine Benbrahim, wali directeur des affaires générales du ministère, a été obligé de réunir les caïds à Meknès pour leur remonter le moral. ● Des cadres du PJD figurent dans la liste des candidats à de hauts postes officiels. Après Jamaâ Moatassim, Abdelali Hamidine et Abdallah Baha attendent leur tour. Les postes ne manquent pas, notamment au Conseil de la communauté des Marocains à l’étranger. ● Le mouvement de nomination des nouveaux directeurs centraux de la DGSN est toujours en stand-by, dans l’attente d’un dahir. Ces nouvelles nominations concernent des départements clés comme la direction centrale du renseignement, la direction de la police judiciaire et la direction des ressources humaines.■ AicPress SLe regard de Mouhim Les bruits du village Melilia Imbroda désespéré Le maire-président de Melilia, Juan José Imbroda, revient à la charge pour tenter de «protéger» la ville du Maroc. Relevant le taux de chômage important dans l’enclave, le séna- teur du Partido Popular a de nouveau brandi l'épouvantail de la dé- pendance commerciale de la ville vis-à-vis du Maroc et de la montée du radicalisme reli- gieux. Tout cela pour finalement en appeler à un effort non seule- ment de l’Espagne, mais de toute l’Europe afin de «sauver» le préside. ■ Dernière heure 13 [ LU DANS LA PRESSE ARABOPHONE ]Scandale Pugilat marocain en Russie Le vol inaugural de la RAM vers Moscou, effectué le 15 mars, a été fort mouvementé. Au cours d’un dîner bien arrosé dans un grand restaurant de Moscou, Ouadie Lebbar, fils du président du CRT (Centre régional du tourisme) de Fès, Aziz Lebbar (député PAM), et Khalil Hachimi Idrissi en sont venus aux mains. Après avoir reçu un coup de poing du patron d’Aujourd’hui le Maroc dans la figure, le jeune Lebbar a fait le mort. Résultat: la police est intervenue et a embarqué Hachimi qui a passé 48 heures en garde à vue avant que Hamid Chabat, le maire de Fès, et l’ambassadeur du Maroc ne fassent jouer leur entregent.■ Marina Mégaprojet en vue La future marina de Casablanca abritera un nouveau centre commercial aux normes internationales sur une superficie de 40700m2 . La gestion et le développement du centre, qui abritera 130 magasins, seront confiés au spécialiste portugais, Sonae Sierragère. Celui-ci vient de conclure un accord avec Marjane et Foncière Chellah du groupe CDG.■ Culture choc Nejmi viré Hassan Nejmi n’est plus directeur du livre au minis- tère de la Culture. Ainsi en a décidé le ministre qui l’a fait remplacer par Hassan El Ouazzani. La décision n’est somme toute pas une surprise, Nejmi n’ayant jamais caché son opposition à la «vision» de Himmich. Il figurait d’ailleurs parmi les mécontents ayant critiqué le dernier salon du livre.■ Gouvernement Partira,partirapas? Les rumeurs sur un remanie- ment ministériel refont sur- face. C’est ainsi que le Pre- mier ministre aurait confié à des membres influents de l’Istiqlal qu’il démissionnerait de ses fonctions, ainsi que son équipe, dans trois ou quatre mois. Et ce, pour lais- ser place à un gouvernement technocrate d’unité nationale qui devra gérer la période séparant le référendum sur la future Constitution et les législatives à venir. ■ Grande évasion Sekkaki (re) condamné Le Belgo-Marocain Ashraf Sekkaki a été condamné à Oujda à une peine de prison de 12 ans alors que son complice, Mohamed Johri, a écopé de 10 ans. Ashraf Sek- kaki s'était évadé en hélicop- tère de la prison de Bruges, le 23 juillet 2009. Sekkaki et Johri ont réussi à rejoindre le Maroc, mais ont été repris deux semaines plus tard. Les évadés ont été condam- nés pour la prise d'otage du pilote de l'hélicoptère, leur évasion et l'ensemble des méfaits qu'ils ont commis par la suite, dont notam- ment un vol de voiture. ■ Dans ses propositions concernant la réforme de la Constitution, l’Istiqlal a demandé que la charia soit source de législation au Maroc. Pour ce parti, le ré- férentiel islamique doit être présent à l’esprit dans toute réforme constitutionnelle ou politique qui se doit d'être fondée essentiellement sur la religion de la nation. Au cours de la présentation des propositions de réformes, Mhammed Khalifa, membre du bureau politique, a insisté sur cet impératif, surtout au moment où certaines parties cherchent à combattre ce socle de l’identité nationale. «C’est pour cela qu’il s’avère urgent de constitutionnali- ser la référence islamique à un moment crucial de l’histoire du Maroc» a-t-il ajouté. Notons que l’Istiqlal milite pour la préservation de l’article19 qui stipule que «le Roi, Amir Al Mouminine, Représentant Suprême de la Nation, Symbole de son unité, Garant de la pérennité et de la continuité de l'Etat, veille au respect de l'Islam et de la Constitution». ■ BrahimTaougar/actuel Attajdid L’Istiqlal prône la charia Al-Mounataf Lamortdes marchés«types» Censée résorber la problé- matique des marchands ambulants, la politique de création d’espaces mar- chands dédiés se meurt en silence. «Sitôt un marché créé, d’autres, plus infor- mels, moins organisés, mais garantissant une meilleure activité commer- ciale naissent», lit-on dans le quotidien. Moralité, au lieu de vouloir maquiller le phénomène, il faut en traiter les causes, la pauvreté en premier. ■ AkhbarAlYoum Lesnominations deladiscorde Sitôt arrivé, le nouveau directeur d’Al Omrane suscite déjà de nombreuses interrogations. D’abord sur les récentes nominations de certains de ses proches. Ensuite parce qu'il a passé commande d’un diagnostic sur l’état de l’établisse- ment… pour 5 millions de DH. Toutes ces questions ont été au cœur d’un débat au Parlement, lundi 4 avril. ■ Assabah Suicide etmystères Ayant appris qu’un de ses amis et codétenus, en garde à vue pour constitution d’une bande criminelle, venait d’être libéré, un jeune de 24 ans s’est donné la mort dans la prison de Oukacha à Casablanca. Contrairement à ses présumés complices, il ne souffrait d’aucun déséquilibre psychologique et ne s’adonnait à aucune drogue. ■ actuel / Semaine du 9 au 15 avril 2011 actuel / Semaine du 9 au 15 avril 2011 INDIGNEZ-VOUS! C’ est sans conteste le best-seller duXXIe siècle.Indignez-vousde Stéphane Hessel en est à plus d’unmilliond’exemplairesven- dusenFranceetdéjàquelques milliers dans le Royaume. C’est dire que l’engouement et l’intérêt de l’injonction dépassentlesfrontièresetinterpellentau- tant ici qu’ailleurs. À la fois profondément humaniste et ci- toyen du monde, l’auteur, qui a vécu avec passion tous les tournants de l’Histoire, communique avec force son courroux maîtrisé, et appelle à une indignation sans violence. Selon Hessel, «les raisons des’indignerpeuventparaîtreaujourd’hui moins nettes ou le monde trop complexe. [...] Mais dans ce monde, il y a des choses insupportables. Pour le voir, il faut bien regarder, chercher.» Pourmontrerquenoussommesnousaussi autant capables d’enthousiasme que d’in- dignation, nous avons décidé d’exposer, à partir de ce numéro, des raisons valables de s’indigner. Car les motifs d’indignation ne manquent pas.Despoliticiensvéreuxquirègnentsans partageàlatêtedemairies,portantunpré- judice à tous les citoyens; le populisme ambiant qui promet des postes à tous les diplômés,deslogementspourtous,desre- venusàviepourlespauvres,toutendénon- çant les salaires des ministres; l’explosion de violence dans les rues, une criminalité anxiogène et des flics muets; l’exécution del’hôpitalpublicsurl’auteldulibéralisme sauvage, des gens qui meurent aux portes des CHU et des praticiens avides de profit; despatronsquinepayentpasleursimpôts; lacorruptiondanslesmarchéspublics,etc. Dans une société de passe-droits, où l’éco- nomiederenten’estpaslaplusscandaleuse des injustices, où l’incivisme le dispute à l’insulte,oùlahainedel’autreestmasquée parl’hypocrisie,lesMarocainsconsidèrent désormais ces aberrations comme un élé- ment de l’identité nationale. Or rien n’est plus faux, et nombreux sont nos concitoyens qui appellent à descendre dans l’arène de l’actualité. De même, le devoir d’interpellation est souvent revendiqué par ceux-là mêmes qui participent à la gabegie. Ce n’est pas une leçon de moralisme, même si le souci de la morale n’en est pas exempt. Quand la morale peut li- bérer la société de ses démons intéri- eurs et par là même protéger autrui, pourquoi pas? Il reste certes difficile de remettre en cause des valeurs ou principes moraux dont l’universa- lité n’est plus à démontrer. Mais tout le reste peut être discuté, toutes les indignations sont possibles: géné- rales comme particulières, celles qui concerne l’individu comme les coups de gueule qui s’insurgent contre le panurgisme ambiant. Comme le conformisme et la résignation sont le pire ennemi de la conscience éthique, que «l’essentiel est sans cesse menacé par l’insignifiant» (René Char), on ne se privera pas de recourir au «principe de publi- cité» hérité du siècle des Lumières. Et si nous ouvrons le bal au hasard, les lecteurs sont invités à prendre le relais. Evidemment, direz-vous, s’indigner c’est bien beau, mais au-delà de l’émotion, il fau- dra bien parvenir à trouver une réponse à une question essentielle: «Que devons- nous faire?» L’injonction n’aura ainsi de sens que si elle débouche sur des propo- sitions empiriques. Ce sera l’objet d’un numéro spécial destiné à clore la série. Abdellatif El Azizi Vous avez des motifs d’indignation? Vous souhaitez les partager? Ou encore vous vous indignez de nos indignations? Alors indignez-vous en nous écrivant sur les groupes actuel de Facebook ou sur courrier@actuel.ma ■ courrier@actuel.ma quée èrent n élé- eux nt à lité. est mes me, est li- ri- ui, e u a- t s - Et si ﻫﺬاﻣﻨﻜﺮإناﻟﻠﻬﻢ Etsionrâlait?S Comme les raisons de s’indigner ne manquent pas, chaque semaine, actuel proposera un motif d’indignation. Avant de recenser les solutions.
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