Actuel42 - Page 1 - Bourse Mouvements suspects sur les titres ONA-SNI actuelN° 42 - du 10 au 16 avril 2010 - 15 DH- 3 € maroc Affaire Belliraj Révélationssur leschiites marocains enBelgique Le ministre qui se prenait pour un écrivain Un scandale en béton!GCM/Tamesna André Der Krikorian, ex-PDG de General Contractor Maroc Nabil Kerdoudi, membre du directoire d’Al Omrane Taoufiq Hejira, ministre de l’Habitat, ministre de tutelle Mustapha Bakkoury, ex-PDG de la CDG Himmich L’ opinion publique est obtuse, mais versatile. Elle a besoin de causes claires et de messages simples, avec des gentils et des méchants. Mais les rôles peuvent s’inverser… Souvenons-nous du Vietnam. Pendant dix ans, la sympathie du plus grand nombre se portait spontanément vers le pauvre peuple nord-viet- namien victime des bombes démocratiques de l’oncle Sam. En perdant la guerre des opinions, les États-Unis finirent par perdre la guerre tout court. Mais en 1976, un an à peine après la chute de Saigon, les premiers migrants tentèrent de fuir la valeureuse République démocratique du Vietnam. Ils embarquèrent sur des rafiots surchargés, bravant les garde-côtes, les pirates et les tempêtes pour échapper à la répression communiste. On appelait ces courageux réfugiés de la mer des boat people, premières stars huma- nitaires d’un monde émotif qui a toujours eu besoin de héros. En France, ils réussirent même à réconcilier Sartre et Aron, les deux philosophes éternellement rivaux, enfin réunis pour plaider leur cause sur le perron de l’Élysée. Comparaison n’est pas raison, mais ce précédent pourrait nous inciter à réfléchir sur l’image émise par le Maroc. Globalement, disons-le tout net, le Sahara ne passionne pas les médias du reste du monde. Et le peu d’intérêt qu’ils accordent à ce dossier se polarise très vite sur l’habile intox séparatiste. Le Polisario connaît ses classiques. Il sait que les opinions occidentales se rangent spontanément du côté du plus faible. Éprouver de l’empathie pour une minorité agissante plu- tôt que pour une majorité silencieuse, c’est le karma des démocraties. On a envie de protéger le Tibétain contre le Chinois, le Kurde contre le Turc, et, tant qu’elle ne se fait pas exploser en burqa dans le métro, la Tchétchène contre le cosaque. Avec Aminatou Haidar, les polisariens ont réussi un coup de maître en inventant une Ghandi des sables, victime de l’arbitraire. Ils veulent aujourd’hui rééditer le coup avec la grève de la faim des séparatistes détenus à Salé. Pour répli- quer face aux manips des indépendantistes, le Maroc a longtemps matraqué avec ses gros sabots une propagande peu exportable. Le silence qui prévaut face aux nouveaux grévistes de la faim est, pour l’instant, une attitude plus adroite. Mais le véritable contre-feu face au Polisario sur le terrain des droits de l’Homme,c’estbiendemontrer son véritable visage. Jusqu’à présent, le story telling (l’art de raconter des histoires et de les vendre au plus grand nombre) que propage le Maroc à travers le monde est celui d’un pays qui emprisonne ses bloggeurs, qui expulse de braves religieux qui s’oc- cupaient d’orphelins et qui provoque des grèves de la faim... Les opinions ignorent que d’autres violations des droits de l’Homme bien plus terribles se déroulent en ce moment même de l’autre côté de la frontière. Les 91 Sahraouis qui se sont échappés du camp de Tindouf ces dernières semaines sont pourtant une opportunité réelle pour le Maroc de montrer que l’oppresseur n’est pas toujours celui que l’on croit. Les échappés de Tindouf ont risqué leur vie pour quitter le camp des séparatistes. Ils ont bravé les dangers du désert, les champs de mines et les patrouilles du Polisario pour rejoindre le Royaume. Ce sont d’authentiques héros, des desert people. ■ 3Édito actuel / Semaine du 10 au 16 avril 2010 «Desertpeople» esert people. ■ actuel Le véritable contre-feu face au Polisario, c’est bien de montrer son véritable visage. SDirecteur général & Editeur: Henri Loizeau Directeur de la publication: Abdellatif El Azizi Directeur de la Rédaction: Eric Le Braz Assistante de la rédaction: Meriem Zraidi Tél. 05 22 95 18 15 / 16 Fax. 05 22 95 18 14 RÉDACTION Directeur de la rédaction: Eric Le Braz Chefs de service: POLITIQUE/INTERNATIONAL : Abdellatif El Azizi ÉCONOMIE : Mouna Kably SOCIÉTÉ : Tarik Qattab CULTURE : Bahaâ Trabelsi Rédacteurs: Yanis Bouhdou, Amanda Chapon, Zakaria Choukrallah, Khadija El Hassani, Sabel Da Costa, Dina Alami (Tendances) Correspondants: Sofia Amara (Beyrouth), Cyril Bonnel (Paris), Maud Ninauve (Tanger) Photographe: Brahim Taougar Ont collaboré à ce numéro: Alix, Inès Asensi, Malika Guillemain- Loudifa, Meriama Moutik,Nabil Maleki, Mohamed Mouhim. ÉDITION Rédacteur en chef technique : Driss Douad Directrice artistique: Fadoua Damiri Secrétaire de rédaction : Keiko Catala Maquettiste : Youssef El Moutassaddik Iconographe : Mehdi Mariouch Révision: Laila Lebbar Conception graphique: Studio Baylaucq & Co PUBLICITÉ Directeur commercial: Moulay Ahmed Alami ma.alami@actuel.ma Chef de publicité: Fatim Ezzahra El Hajji Assistante commerciale: Hanane Ben Izza IMPRIMERIE Idéale, Casablanca DISTRIBUTION Sochepress Imprimé au Maroc – Printed in Morocco. Tous droits réservés. Reproduction interdite sauf accord de l’éditeur. Tirage: 20 000 ex actuel est édité par Logique Presse. SARL. Capital social : 10 millions DH. Directeur général : Henri Loizeau Directeur de la publication: Abdellatif El Azizi. 155 Boulevard d’Anfa, 20050 Casablanca, Maroc Tel : 05 22 95 18 15 / 18 16 Télécopie : 05 22 95 18 14 Dépôt légal : 2010PE0042 Dossier presse : 19/09 actuel Sommaire ÉCRIVEZ-NOUS À courrier@actuel.ma actuel / Semaine du 10 au 16 avril 2010 4 N°42 - DU 10 AU 16 AVRIL 2010 Tamesna n’en finit pas Mabrouk Almazar! Clerix : il a les espions à l’œil Stupeur et tremblements de terre 155 Boulevard d Anfa, 20050 Casablanca, Maroc Tel : 05 22 95 18 15 / 18 16 Télécopie : 05 22 95 18 14 Dépôt légal : 2010PE0042 Dossier presse : 19/09 Himmich: ministre... oui, écrivain... non ! 14 22 34 48 67 SActualités 06 LA SEMAINE EN IMAGE 08 DÉCRYPTAGE 12 BREVES ACTU SDossier 14 TAMESNA | GCM, un scandale en béton! SÉconomie 22 DISTRIBUTION | Almazar sur les chapeaux de roue 26 URBANISME | Hejira face aux députés 28 AGROALIMENTAIRE | France: le halal emballe 32 BOURSE | Le MASI confirme la reprise SPolitique 34 INTERVIEW | Belgique, «des centaines de Marocains se sont ‘‘convertis’’ au chiisme» 38 RENCONTRE | Albert Mallet, influences méditerranéennes SSociété 44 SOLIDARITÉ | Réfugiés, des microprojets pour mieux s’en sortir 48 REPORTAGE | Tremblement de terre, les sismologues veillent sur nous 50 ENTRETIEN | Khalil Hachimi Idrissi, président de la FMEJ: «L’autorégulation est toujours à l’ordre du jour» 51 CARNET | Bougrine, la mort d’un homme libre 52 FAIT DIVERS | Le crachat qui tue SMonde 56 ARRÊT SUR IMAGE 60 ASIE | État d’urgence en Thaïlande 61 MOYEN-ORIENT | Turquie-Israël Crise au sommet 62 CHRONIQUE DES DEUX RIVES SCulture 64 HISTOIRE | Exclusif, on a retrouvé la première pièce alaouite! 66 CRITIQUE | Himmich, le ministre qui se prenait pour un écrivain 67 EXPO | Géométries ibériques 68 MUSIQUE | Jazz made in Casa 70 AGENDA STendances 72 TOURISME | En route pour Rotterdam 74 SPORT | Marathon des sables, et c’est reparti! 78 SHOPPING | Deux roues moteur, les it-accessoires 80 STARS | Henri Leconte : «Je suis un saint-bernard» 81 PEOPLE | Le pire et le meilleur de Momo 82 LES CHOIX DE... Patrick Bauer, marathon man Expo : coup de cœur espagnol 66 Illustration couv : AIC PRESS et DR Actualités6 Lesparentsetprochesdes35détenusliésàl’affaireBellirajontma- nifesté devant le Conseil des droits de l’Homme à Rabat pour de- mander leur libération. Un geste courageux mais pas forcément porteur de résultats… ■ Despluiestorrentiellesontentraînéplusieurséboulementsdeter- raindanslavilledeNiteroi(à25kilomètresdeRiodeJaneiro)ainsi que le décès d’une centaine de personnes, vivant pour la plupart dans des favelas. ■ Le couple le plus glamour de la planète s’est rendu cette semaine dans une ville du Monténégro afin de rendre visite à des réfugiés de guerre. L’actrice, également ambassadrice de bonne volonté pourleHCR,apus’entreteniravecplusieursfamillesbosniaques ■ Rabat «Relâchez-les» Inondations au Brésil Glissements de terrain Brad et Angelina en Bosnie Soutien aux déportés SLe foot ou le voile La FIFA vient d’interdire aux foot- balleuses de l’équipe iranienne de participer aux Jeux olympiques de la jeunesse tant qu’elles porteraient le voile. La fédération n’a pas hésité à les remplacer par les Thaïlandaises, plus décontractées, elles… VU SUR LA TOILE actuel / Semaine du 10 au 16 avril 2010 Àl’occasiondelarencontreartistiqueprévueenoctobreprochain dans la ville ocre, les responsables de l’événement ont animé une conférence de presse pour en présenter le programme. Les ama- teurs ont dû apprécier cet avant-goût. ■ Marrakech Art Fair Vivement le lancement! SBourde à l’américaine www.collateralmurder.com/vient de publier un enregistrement montrant l’exécution en Irak d’une douzaine de personnes (dont deux journalistes) par des GI améri- cains. Ces derniers les auraient pris pour des terroristes… AbdelhakSenna/AFP AmelEmric/AFPB.Taougar/actuel AntonioScorza/AFP 7Actualités / LA SEMAINE EN IMAGES Suiteauxviolentsaffrontementsentrepartisansdel’oppositionet forces de l’ordre, le président Kourmanbek Bakiev a été contraint de quitter la capitale pour se réfugier en lieu sûr. Les émeutes ont d’oresetdéjàfaitunequarantainedemortsetprèsde400blessés.■ Pour fêter la halte du paquebot italien au port de Casablanca, le commandant de l’Andrea Doria a convié plusieurs personnes à bord pour un cocktail dinatoire. La semaine a plutôt bien com- mencé pour certains…■ Malgré le cachet solennel de la cérémonie, l’heure n’était pas à la langue de bois. Pour un premier bilan d’étape, le ministre de l’In- dustrie,AhmedRédaChami,afaitpreuved’objectivitéenmettant lalumièresurlesavancéesmaisaussisurlesretardsetdifficultés. ■ Kirghizstan État de crise Escale de l’AndreaDoria Réception à bord! Assises de l’industrie Pas de langue de bois Lepaysacommémoré,mercredi,l’épisodeleplusmeurtrierdeson histoire. La cérémonie s’est déroulée au stade d’Amahoro à Kigali, en présence du couple présidentiel et du secrétaire d’État français chargé de la Coopération et de la Francophonie, Alain Joyandet.■ Génocide rwandais 16 ans après SFou de 007 Un adepte de l’agent 007 a cus- tomisé son scooter en le dotant d’un lance-flamme similaire à celui du véhicule de l’agent se- cret. Son engin peut maintenant projeter du feu sur une distance de 3m50. Chaud devant! actuel / Semaine du 10 au 16 avril 2010 SFrench hero! Après avoir sauvé une fillette de la noyade, Julien Duret, un Fran- çais de 29 ans, est devenu «the» célébrité aux États-Unis. Son geste héroïque lui a valu de figurer dans toute la presse américaine. Stan- ding ovation! VyacheslavOseledko/AFP BertrandGuay/AFP B.Taougar/actuel AbdelhakSenna/AFP Actualités / DÉCRYPTAGE8 Quand Othman Benjelloun craque ● LES FAITS «Qu’avez-vous à vous agglutiner autour de moi comme des mouches. Disparaissez de ma vue!» Ainsi s’est adressé Othman Benjelloun aux photographes au cours de la présentation des résultats de la BMCE. ● LE COMMENTAIRE Un photographe dépêché par sa rédaction n’a rien d’un paparazzi; la plupart de ces professionnels de presse s’acquittaient plutôt d’une corvée mais il semblerait que Othman Benjelloun était sous pression. Il y a de quoi: la BMCE est dans le rouge. Que ce soit au Maroc ou à l’étranger, la contribution des filiales dans RNPG est partout en baisse. BMCE Bank SA a vu la sienne tomber de 596,4 MDH à 191,6 millions (-67,9%), tandis que pour les activités filialisées, cette contribution n’a été que de 80,8 millions au lieu de 175,7 millions (-54%) attendus. Mais le stress n’explique pas tout, l’homme a l’habitude des écarts de langage. En off, ses collaborateurs avouent que l’homme a l’insulte facile et la colère prolixe. De plus, pour acquérir une légitimité dans la banque, les diplômes comme l’efficience ne suffisent pas, mieux vaut être avant tout adoubé par le patron… ● ET DEMAIN Benjelloun, un patron d’un autre siècle? C’est loin d’être aussi simple mais ce qui est sûr, c’est qu’avec la concentration de tous les pouvoirs et un management solitaire de la banque, Benjelloun ne trouvera plus personne pour le mettre en garde contre des pratiques à contre-courant de la gouvernance d’entreprise. A. E. A. ● LES FAITS Tous les médias algériens se sont autoproclamés porte-parole «de nombreuses familles algériennes possédant des propriétés au Maroc, expropriées par le Royaume en 1973, et qui n’arrêtent pas de demander d’être rétablies dans leur droit, soit par restitution, soit par indemnisation». ● LE COMMENTAIRE Il y a quelques semaines, l’Algérie avait décidé à travers la loi de Finances de l’année en cours d’exproprier les Marocains victimes de l’expulsion de 1975. À l’époque, des dizaines de milliers de Marocains avaient été expulsés par Boumediene avant de geler la jouissance de leur biens immobiliers. À la publication récente de la loi de Finances algérienne, un appel a été lancé par l’Association des Marocains victimes d’expulsion arbitraire d’Algérie (ADEMA) pour arrêter l’expropriation des biens des Marocains. Ils réclament l’ouverture des frontières, la restitution des biens à leurs propriétaires et le dédommagement moral et matériel des victimes de ces expulsions.Les autorités algériennes ont pris contact avec des habitants de l’extrême ouest du pays, leur demandant de «leur remettre tous les documents en leur possession prouvant le droit de propriété de leurs terres dans le gouvernorat d’Oujda sur la frontière maroco-algérienne». ● ET DEMAIN La question des propriétés appartenant à l’une ou l’autre des parties ne connaîtra pas d’issue tant que le dossier du Sahara qui empoisonne les relations entre les deux pays ne sera pas réglé. A. E. A. ▲ Rabat/Alger : propriétés en jeu B.Taougar/actuel DR Assurances Encore trop discrètes! ▲ ● LES FAITS Au moment où la publication des résultats bat son plein, un secteur stratégique brille par son extrême discrétion: celui des compagnies d’assurance. ● LE COMMENTAIRE À l’exception des trois compagnies cotées à la Bourse de Casablanca, à savoir Agma Lahlou Tazi, Atlanta et Wafa Assurance, les autres, et non des moindres, ne sont toujours pas tenues, sur le plan réglementaire, de publier leurs performances. Pourtant, ce secteur des plus stratégiques a réalisé pas moins de 20 milliards de dirhams de CA en 2009, en hausse de 7% par rapport à 2008. Et même si leur activité reste largement dominée par l’assurance non-vie et en particulier par l’assurance automobile, les compagnies constituent un moteur essentiel à la mobilisation de l’épargne longue. Pour preuve, la bancassurance a littéralement explosé ces dernières années ainsi que les assurances vie. Par ailleurs, le contrat-programme qui sera adopté dans les prochaines semaines, devrait prévoir des mesures incitatives pour doper de manière durable cette branche. Les assureurs militent fortement pour la suppression de la taxe de 3,45% sur les produits de capitalisation, le prélèvement libératoire à 30% et les abattements au-delà de 8 ans. ● ET DEMAIN En contrepartie, le grand public est en droit d’exiger plus de transparence sur la politique de placement et l’emploi de ces fonds massivement levés à travers le réseau bancaire entre autres. M. K. AICPRESS ▲ actuel / Semaine du 10 au 16 avril 2010 Actualités / DÉCRYPTAGE10 actuel / Semaine du 10 au 16 avril 2010 ● LES FAITS Cela se passe à Sefrou. Bahia, âgé de 36 ans, une femme perturbée mentalement était enfermée depuis 25 ans dans une cage à poule installée sur le toit de sa maison. Sa mère lui offrait un repas par jour. Une enquête a été ouverte par la justice. La mère de Bahia et ses voisins sont entendus par la police, selon Al Ahdath Al Maghribia. ● LE COMMENTAIRE Durant ces 25 dernières années, Bahia criait et gesticulait dans sa cage. Ni les voisins, ni sa famille n’y ont prêté attention. Il aura fallu que le directeur d’un journal local s’intéresse à son cas pour que l’affaire éclate au grand jour. Pire, ce genre de maltraitance n’est pas sans précédent. Au- delà des conditions inhumaines de détention qu’a connues cette femme, l’existence de ce genre de comportement a une autre explication. Au Maroc, nous disposons de peu de centres en mesure d’accueillir des patients atteints de troubles mentaux. Résultat: les fous courent les rues, commettent des crimes sans être inquiétés ou subissent des sévices sans que personne ne réagisse. ● ET DEMAIN Ne pas disposer de structures d’accueil psychiatrique suffisantes est aberrant pour un pays où 48,9% de la population souffre de maladies mentales à divers degrés. Nous pouvons condamner le traitement infligé par la mère de Bahia à sa fille, mais nous nous élevons davantage contre le manque de volonté politique pour assainir un tant soit peu cette situation. Z. C. ▲ On met toujours les fous dans les cages DR ▲ Échanges La peur du Chinois ● LES FAITS Le 1er mars, les droits de douane pour les véhicules européens ont encore baissé de 6 points pour s’établir à 6,5% contre 27,5% pour les marques asiatiques. Ils seront de 0% pour les Européens à l’horizon 2012, alors que pour les Asiatiques, ils ne baisseront pas en-deçà de 17,5% à la même date. ● LE COMMENTAIRE Dans le même registre, les hommes d’affaires chinois se plaignent des difficultés à obtenir un visa pour le Maroc. Pourquoi la Chine fait- elle si peur? En pleine expansion, la République populaire s’empare de marchés entiers, amasse d’énormes réserves financières et menace des pans entiers de l’économie. Mais vouloir résister au rouleau compresseur chinois par des décisions aussi peu réfléchies équivaut à se mettre à dos un partenaire économique important et à se priver d’une force extraordinaire de l’économie de demain. Certes le yuan, non convertible, permet aux autorités chinoises d’ajuster la valeur de leur monnaie pour inonder la planète de marchandises made in China déjà avantagées par de faibles coûts de main-d’œuvre, mais la croissance du PIB y est trois fois plus importante qu’ailleurs. ● ET DEMAIN Pourquoi ne pas faire des affaires en Chine et avec les Chinois à partir du moment où ceux-ci veulent prendre pied au Maroc pour pénétrer les marchés africain et européen ? La Chine qui soutient l’option marocaine au Sahara pourrait bien influer sur les décisions de l’ONU. A.E.A. AICPRESS Les provocations du Polisario ▲ ● LES FAITS Le Polisario multiplie les sorties ces derniers jours. Dernière en date, l’appel lancé aux ONG internationales par le chef du Front mardi 6 avril. Mohamed Abdelaziz (photo) a demandé de «sauver la vie» de plus de trente séparatistes grévistes de la faim. La veille, le troisième groupe de militants pro-séparatistes à s’être rendu aux camps de Tindouf, a remis un «testament» aux autorités algériennes. Il sera publié, «en cas de représailles du régime du Maroc», apprend-on par la presse algérienne. ● LE COMMENTAIRE Depuis l’affaire Aminatou Haidar, le Polisario casse du sucre sur le dos du Maroc. Pour faire pression sur le Maroc, le Front surfe allégrement sur les droits humains. La condamnation pour « intelligence avec l’ennemi » du groupe de Ali Salem Tamek est pain bénit pour le Polisario. Depuis le 18 mars, le groupe de Tamek est en grève de la faim. Et de plus en plus de militants séparatistes le suivent dans ce mouvement. L’utilisation des droits de l’Homme est une stratégie réfléchie et efficace. Elle permet de médiatiser la cause des séparatistes en mal d’arguments depuis la proposition marocaine d’autonomie. ● ET DEMAIN Côté marocain, le silence radio est une attitude très sage. Il semble que nos responsables aient pris de la graine après la bourde de Aminatou Haidar. Jouer la prudence en ignorant les provocations est la meilleure attitude à adopter. Surtout la semaine où une centaine de jeunes s’évadent de Tindouf pour rejoindre le Royaume ! Z. C. DR Actualités12 actuel / Semaine du 10 au 16 avril 2010 Au cours de la semaine précédant l’annonce de la fusion, le marché a enregistré des volumes inhabituels sur les titres ONA et SNI, avec une nette accélération durant les trois derniers jours pour atteindre le pic pendant la séance du 25 mars. Ainsi, au cours de cette journée, plus de 87 000 titres ONA ont changé de mains, contre une moyenne de 6700 titres depuis le début de l’année. Idem pour la SNI qui en- registre un volume exceptionnel de 36 000 titres pendant la séance du 25 mars, contre une moyenne de 1 300 titres le reste de l’année. En revanche, les cours n’ont pas subi de fluctuation notable. On ne peut pas en dire autant de l’action At- tijariwafa bank qui, elle, subit une pression à la baisse de son cours, dès l’annonce, le 19 février dernier, de ses résultats, pourtant bons. Contre toute attente, l’action tombe de 288 à 275 dirhams le 25 mars. A l’annonce de l’augmentation imminente de son flottant, Attijariwafa bank grimpe à 290 dirhams, puis gagne 3 dirhams le 31 mars. Mais elle n’échappera pas, une fois de plus, à un mystérieux mouvement vendeur qui ramènera son cours à 288 dirhams. Des pratiques qui devraient susciter la curiosité du CDVM et diligenter une enquête. ■ BourseMouvements louches sur les titres ONA/SNI Urbanisme: fini les dérogations ! «Nous sommes contre le système de dérogations et ferons en sorte que son élimination soit définitive», vient d’annoncer le ministre de l’Habitat. Instauré en 2003, il octroyait aux walis le pouvoir d’accorder des dérogations aux promoteurs immobiliers pour construire sur des zones non couvertes par des documents d’urba- nisme. Une mesure censée contourner le retard pris dans la mise en œuvre des schémas d’aménagement de plusieurs villes, dont Casablanca. Mais elle a donné lieu à plusieurs abus. ■ Mouatassim Belghazi, président de l'ONA. Fatwa Sus aux gynécos mécréants!Le PJD et l’extrême gauche sont à couteaux tirés à cause « d’une fatwa » parue dans le journal Attajdid et qui «interdit à une femme de se faire examiner par un ou une gynécologue non musulmans sauf en cas d’urgence». Moha- med Sassi, un leader du Parti socialiste unifié (PSU), est monté au front pour fusti- ger «une fatwa» du même type que celles promulguées par les talibans. ■ Les bruits du village ● Les Espagnols de Covirán Retail Supermarket sont décidés à promouvoir l'internationalisation de leurs activités avec l’ouverture cette année de 25 supermarchés au Portugal et au Maroc, où ils ont acquis des terrains. Le numéro deux de la distribution en Espagne a bouclé avec 471 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2009 et espère s’établir au Maroc progressivement avant 2013. ● Tout semble s’arranger pour notre confrère Al Jareeda Al Oula qui était menacé de fermeture. Al Jarida Al Oula est en passe de régler ses dettes à l’amiable. «Un quart des impayés dus à l’imprimeur et qui s’élèvent à 2 millions de dirhams ont été payés et nous espérons régler le reste dans les plus brefs délais », explique l’un des actionnaires du journal. ● Depuis son éviction de Medi 1 sat en novembre 2009, la rumeur d’un départ définitif de Casalta du Maroc a pris de l'ampleur. Son départ serait, cette fois-ci, imminent. Aucun nom ne circule sur son éventuel remplaçant. ● Mohamed Naciri a ordonné l’ouverture d’une enquête sur la construction récente de nombreux tribunaux ainsi que sur des contrats d’équipement conclus par la direction de l’Equipement, qui était confiée jusqu’à une date récente à Mohamed Amine Mouline. DR C’est le nombre de voyageurs qui ont utilisé les trains durant les dernières vacances scolaires (du 26 mars au 4 avril). SLe chiffre 1million 13Dernière heure [ LU DANS LA PRESSE ARABOPHONE ] actuel / Semaine du 10 au 16 avril 2010 Foot Gerets convaincu ? Sous contrat avec le club saoudien d’Al-Hilal, Erik Ge- rets aurait donné son accord pour diriger la sélection na- tionale du Maroc. Selon RMC, les décisionnaires marocains auraient trouvé un accord avec l’ancien entraîneur de Marseille, à qui on a proposé un contrat de quatre ans avec comme objectifs la CAN 2012 et le Mondial 2014. ■ Aérien Avions fantômes sur Nador La compagnie aérienne espagnole Andalus Lineas Aereas, qui assure des vols directs entre Malaga et les villes de Nador et de Mar- rakech, a de gros problèmes de trésorerie. Le plus grave c’est que la compagnie aérienne qui a loué à GECAS (General Electric Capital Aviation Services), le 11 juin 2009, deux avions Embraer ERJ 145MP continue à utili- ser ces deux appareils sur le Maroc, « sans titre légal, et refuse de les restituer », ont confié au journal El Confi- dencial des sources au sein de GECAS. ■ Microfinance Nasri et le prophète du microcrédit Zoulikha Nasri et Muham- mad Yunus, le prix Nobel de la paix, fondateur de la Grameen Bank au Bangla- desh ont tenu une réunion de travail en marge du 14e som- met Afrique-Moyen Orient sur le microcrédit, mercredi à Nairobi. La conseillère royale a abordé avec le pro- moteur de la microfinance dans le monde les opportu- nités de coopération entre le Royaume et la Grameen Bank en matière de dévelop- pement durable et d'in- tensification des échanges d’expériences. ■ Affaire Jettou D’où vient le terrain ? Soupçonné d’abus d’in- fluence pour redessiner le schéma directeur du Grand Casablanca après avoir négocié l’achat d’un terrain appartenant à la famille Had- dioui, Driss Jettou fait l’objet d’une enquête judiciaire. Selon des sources bien infor- mées, les investigations de- vraient déterminer comment et dans quelles conditions ce terrain de 81 hectares qui appartenait à un colon français a été acquis. ■ Seconde Chambre Bakkoury confirmé Abdeslam Bakkoury garde sa place à la Chambre des conseillers. Ainsi en a décidé le Conseil constitutionnel. Bakkouri a été élu dans le cadre du collège électoral composé des représentants de la Chambre d'agriculture de la région de Marrakech- Tensift-El Haouz. ■◗ El Himma a dras- tiquement limité ses fameuses sorties, son parti ne fait plus l’actualité comme ce fut le cas au début et il est loin de susciter la polémique. Serait-ce le début de la fin du parti «du roi» ou de la formation politique ap- partenant à «l’ami du roi» ? s’interroge l’hebdo- madaire marocain El Hayat. Que s’est-il passé pour que ce parti perde de sa viru- lence au point que les chefs de partis et autres leaders ne voient plus l’utilité de se prémunir contre ce redou- table prédateur politique ? Depuis quelques mois, le PAM s’est mis aux abon- nés absents, ses attaques frontales contre les forma- tions partisanes en place, PJD en tête, ont quasiment disparu et les déclarations tonitruantes de ses leaders ont déserté les colonnes des journaux. Le polito- logue Mohamed Madani explique ce recul par la prise de conscience du danger de déstabiliser un paysage politique national déjà bien fragile. « Une des conséquences de l’inter- ventionnisme du PAM a été le rapprochement entre le PJD et l’USFP, qui s’apprê- taient à faire front commun pour résister au nouveau venu. Ce qui n’arrange pas les affaires du PAM, créé justement pour stopper la montée des islamistes », explique-t-il. D’où la prise de conscience des décideurs au plus haut niveau de l’État que l’activisme du nouveau venu risquait d’avoir des conséquences inattendues sur le champ politique natio- nal et qu’il fallait à tout prix rectifier le tir. La nomination de Driss Lachgar à la tête du ministère chargé des Relations avec le Parlement répondait au souci de couper les ponts entre la gauche et le PJD; car Lachgar me- nait un lobbying actif pour concrétiser ce rapproche- ment. Dans la foulée, le parti d’El Himma a remisé l’ar- tillerie lourde et arrêté ses attaques contre les autres partis. Il a mis un bémol à ses initiatives régionales, laissant le champ libre à d’autres acteurs notamment ceux de la société civile, comme il a abandonné l’idée de phagocyter les autres partis de l’administration qui devaient en principe former un pôle «libéral ». Que gagne alors le parti de « l’ami du roi » dans cette pacification? Pas grand chose si on sait que le PAM ne peut être un parti comme les autres au risque de disparaître aussi vite qu’il est né. Malgré ses armées de députés et de conseillers, le PAM n’a aucune existence sur le terrain. Son atout reste Fouad Ali El Himma, le seul leader qui peut rassem- bler ses troupes quand il se montre à un meeting.■ Mohamed Elyazghi, mi- nistre sans portefeuille, s’est indigné, le 7 avril, que la France et les Etats-Unis ne rendent pas «publics les documents officiels concer- nant l’affaire», indiquant notamment que la «CIA refuse toujours de déclas- sifier les documents offi- ciels, alors que la loi améri- caine l'y autorise après 30 ans seulement». Cela fait 45ans que Mehdi Ben Barka a disparu, enlevé à Paris avec la complicité de policiers et de truands français : qui cherche-t-on à couvrir s’interroge le n°2 de l’USFP ? El Hayat Est-ce la fin du parti de «l’ami du roi»? Affaire Ben Barka Elyazghi s’indigne Dossier14 actuel / Semaine du 10 au 16 avril 2010 GCM AICPRESS Ahmed Taoufiq Hejira, ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement de l’espace, ministre de tutelle de la ville nouvelle Tamesna et du holding Al Omrane.
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