actuel 81 - Page 1 - Actuel est un magazine hebdomadaire marocain francophone, appartenant au groupe « Logique Presse ». Des sujets très variés y sont abordés (économie, politique, société, culture...). Ce magazine généraliste se veut le porte-parole d'un Maroc moderne, dynam w w w . a c t u e l . m a actuelN° 81 - du 12 au 18 février 2011 - 15 DH- 3 € maroc Dossier spécial RéVOLUTIONS 7 • Pourquoi ce faux départ de Moubarak ? • L’islam est-il soluble dans la démocratie ? • La paix au Proche-Orient est-elle compromise ? • Est-ce un camouflet pour la realpolitik occidentale ? • Les révolutions vont-elles s’exporter ? • Y a-t-il une exception marocaine ? • Comment la rue marocaine vit-elle les révolutions ? Questionsclés L’onde de choc salon du livre Du manuscrit à la censure p.58 exclusif Les nouvelles ambitions internationales d’Alliances p.32 fondations Charité pas toujours bien ordonnée p.28 Q ui peut encore nier que l’intifada au par- fum de jasmin et les soulèvements de la place Tahrir sont avant tout des révolu- tions numériques ? La prise de la Bastille a eu lieu d’abord sur le Net avant de s’étendre à la rue. Pas de complot étranger, aucune officine n’ayant l’honneur de semer le trouble, juste des jeunesrévoltésparlachapedeplombpolitiqueet socialeetquidécidentdecrier« basta » !Envérité, le monde a beaucoup changé, et l’histoire de la liberté d’expression aussi. Des voix qui s’élèvent sansmuselière,çainquièteforcémentlesrégimes qui ont quelque chose à se reprocher. Les voix discordantes sont d’habitude suivies à la trace. Pour une fois, les autoroutes de l’information ont brouillé lafilature.Boucémissairedes politiques et de sécuritaires enpanned’idées, lalibertéde paroleatoujoursétél’ennemi àabattre.Lesgoulagsdelapen- sée sont désormais le fait des chargés de com de dictateurs en déroute. L’erreur de trop a été d’étendre ce simplisme au Net. En égypte, le régime deMoubarakatrouvél’agent double de la crise. Les internautes en réseau sont d’abordaccusésd’avoirconduitlepaysauborddu gouffre. Puis d’avoir provoqué le chaos. Inconnu du grand public il y a juste quelques jours, Waël Ghonim est devenu une star après avoir raconté sesdeuxsemainesdedétention,lesyeuxbandés, dans les geôles des services secrets égyptiens. Le crime de ce cybermilitant ? Ce chef du marketing deGooglepourleMoyen-Orientavaitadministré une page Facebook à la mémoire de Khaled Said, militant battu à mort par la police. Par ricochet, Googles’estvuattribuerparVigeounrelèvement importantdesanotationdansledomainedures- pectdesdroitshumains.Cetexperteuropéendela « performanceresponsable »considèrel’initiative 3édito actuel / Semaine du 12 au 18 février 2011 Intifadanumérique actuel de Google comme une contribution de l’entre- prise à la promotion de la « liberté d’expression dans la société, dans un contexte où cette liberté est gravement entravée par les pouvoirs publics ». Au Maroc, on peut se gargariser d’une liberté d’expressionquin’apassonpareildanslemonde arabe. Les journalistes placent le curseur là où ils veulent, les échanges sur les réseaux font rage et, en cas de pépins, on est sûr de passer d’abord par letribunalaulieud’allerdirectementdanslacase prison. Un léger bémol cependant : déployer des trésorsdediplomatieetunepointed’intimidation pour faire lâcher prise aux médias espagnols est inopérant. Penser que Zapatero a le pouvoir de tirerlesoreillesdupatrond’El Pais pour le faire revenir à de meilleurssentimentsvis-à-vis duRoyaumerelève,aupirede la myopie, et au mieux d’une méconnaissance flagrante des rouages de la démocratie en Europe dont la liberté de la presse est l’un des piliers essentiels. Il faut reconnaître que pour nos pouvoirs, gérer la li- berté d’expression est une entreprise compliquée. Rompus à la tentation facile de serrer les vis, les hommes politiques doivent néanmoins défendre l’évolution de cette liberté de parole ouverte à ceux qui acceptent des règles du jeu fixées par les lois. Criminaliser l’expression de messages qui dérangent revient à masquer les symptômes au lieu de diagnosti- quer la maladie. Ce qui alimente les extrêmes et prive la société des débats qu’elle ne pourra pas ignorer indéfiniment. ■ La censure alimente les extrêmes et prive la société des débats qu’elle ne peut ignorer. actuel est édité par Logique Presse. SARL. Capital social : 12,5 millions DH. Directeur et éditeur: Henri Loizeau Directeur de la publication: Abdellatif El Azizi Directeur de la rédaction: Éric Le Braz Rédacteur en chef-adjoint: Tarik Qattab Assistante de la rédaction: Meriem Zraidi Tél. 05 22 95 18 15 / 16 05 29 00 20 02/ 30 03 Fax. 05 22 95 18 14 SRÉDACTION Chefs de service: POLITIQUE : Abdellatif El Azizi ÉCONOMIE : Mouna Kably SOCIÉTÉ : Tarik Qattab CULTURE : Bahaa Trabelsi Rédacteurs: Yanis Bouhdou, Amanda Chapon, Zakaria Choukrallah, Sabel Da Costa, Khadija El Hassani, Charlotte Hennebique (chef de rubrique), Meriama Moutik, Adam Berrada, Fatim Ezzahra El Hajji Chroniqueurs: Fouad Benseddik, Pascal Boniface Correspondants: Cyril Bonnel (Paris), Gaëlle Lucas (Madrid), Maud Ninauve (Tanger) Photographe: Brahim Taougar Ont collaboré à ce numéro: Inès Asensi, Mohamed ElHamraoui, Mohamed Mouhim SÉDITION Rédactrice en chef technique: Keiko Catala Directrice artistique: Fadoua Damiri Maquettiste: Youssef El Moutassaddik, Rachid Agouzoul Iconographe: Mehdi Mariouch Révision: Laila Lebbar Conception graphique: Studio Baylaucq & Co. SPUBLICITÉ Tel : 05 29 00 40 04/50 05 Directeur commercial: Moulay Ahmed Alami ma.alami@actuel.ma Responsable commerciale: Ghizlane Malki g.malki@actuel.ma Chefs de publicité: Imane Abda i.abda@actuel.ma Taoufik Benattia t.benattia@actuel.ma Nadia El Ouafi n.elouafi@actuel.ma Assistante commerciale: Hanane Ben Izza h.benizza@actuel.ma SADMINISTRATION Responsable administratif et financier: Younes Machhour IMPRIMERIE Idéale, Casablanca DISTRIBUTION Sochepress Imprimé au Maroc – Printed in Morocco. Tous droits réservés. Reproduction interdite sauf accord de l’éditeur. Tirage: 20000 ex Sactuel 1, bd Abdellatif Benkaddour, 20050 Casablanca, Maroc Dépôt légal : 2010PE0042/ Dossier presse : 19/09 actuel Sommaire ÉCRIVEZ-NOUS À courrier@actuel.ma4 N°81 - DU 12 AU 18 FÉVRIER 2011 Non, non, il ne s’est pas immolé Les ambitions d’un groupe marocain Coktails explosifs sur ordonnance Que fait-il pour le livre au Maroc? 14 32 44 58 72 SActualités 06 LA SEMAINE EN IMAGES 08 DÉCRYPTAGE 12 DERNIÈRE HEURE SDossier 14 MONDE ARABE | Révolutions: Les 7 questions clés SÉconomie 28 MÉCÉNAT | Fondations d’entreprises: une charité pas toujours bien ordonnée 32 STRATÉGIE | Cap 2014, la révolution Alliances 34 SOCIAL | Mornatex, lueur d’espoir pour les grévistes 37 BOURSE SPolitique 38 VISA MÉDICAL | Aïcha Mokhtari: les «j’accuse» du frère 40 SAHARA | À chacun ses élus SSociété 44 SANTÉ | Qui contrôle nos médicaments? 48 GÉNOCIDE | À Auschwitz, des Marocains confrontés à la Shoah 50 FAIT DIVERS | Shit: un trafic qui fait pschitt SMonde 54 SOUDAN | Le Sud se dessoude 55 TUNISIE | L’heure des comptes 56 CHRONIQUE DES DEUX RIVES SCulture 58 DOSSIER | SIEL 2011 Misères et émergence 70 COUP DE CŒUR | Abysses: plongée à couper le souffle 71 AGENDA STendances 72 VOYAGE | Les journées folles de Cologne 76 HI-TECH | Lecteur DVD portable 78 DÉCO | Hôtel Andalucia Un design mâle 82 LES CHOIX DE... Jacques Villeglé, le Breton qui déchire actuel / Semaine du 12 au 18 février 2011 Sa cathédrale, son eau, son carnaval Actualités6 Entouré par Zakhele Mnaquyi de Umhlathuze (Afrique du Sud), Joe Davis de Milwaukee (USA) et Jim Doumas de Washington, Boubker Mazoz de Casablanca a lancé Sister Cities Africa pour le jumelage de ces villes. ■ Le patron des islamistes «light» du PJD, Abdelilah Benkirane (g.) a manifesté en chapka pour le peuple égyptien, à Rabat. À ses côtés, le leader syndical Noubir El Amaoui était également de la partie ainsi que nombre de militants associatifs. ■ Jumelages United Colors of Casablanca Manifestation Solidarnosc camarade Benkirane Un bébé médicament a vu le jour sur le sol français. Issu d’une fécondation in vitro, Umut-Talha (c’est son nom) va aider à soi- gner son frère aîné, avec qui il est génétiquement compatible, grâce à une greffe de sang. Lourde responsabilité. ■ Suite aux affrontements entre le Cambodge et la Thaïlande, des centaines de villageois cambodgiens ont cherché refuge dans un campdelaCroix-Rouge.Devantl’ampleurdesdégâts,lesreprésen- tants des deux États sont convoqués au siège des Nations unies. ■ France Premier bébé médicament Cambodge/Thaïlande Guerre frontalière STamer Housni intouchable Le chanteur égyptien s’est fait moles- ter puis expulser de la place Tahrir par des manifestants en raison de ses déclarations «pro-Moubarak». Le chanteur a affirmé plus tard avoir été forcé de tenir ce discours. Mais oui… VU SUR LA TOILE actuel / Semaine du 12 au 18 février 2011 SCopinedegeek.com Vous êtes en couple avec un fana- tique de high-tech? Pas de pro- blème: copinedegeek.com vous apprend à gérer les situations les plus ambiguës, sans avoir à passer par la case rupture. Ces dames apprécieront sûrement… BrahimTaougar/actuel BrahimTaougar/actuelEricFeferberg/AFP TangChhinSothy/AFP 7Actualités / LA SEMAINE EN IMAGES Le7février,RabiaaEchchahed,AbdelkaderLaarajetAbdenbiAmine Demnati ont présenté à Québec, lors de la 39e édition de l’Interna- tional de sculpture sur neige, une œuvre intitulée La paix, repré- sentant une colombe et un globe terrestre. ■ Treize personnes ont été blessées le samedi 5 février lors de l’explosion d’une bouteille de gaz butane dans un café à Casa- blanca. L’accident serait dû à une mauvaise utilisation. Un drame malheureusement très répandu lié au manque de vigilance. ■ Insolite Défi de glace Bonbonnes tueuses Un drame trop fréquent Glamour comme Rita Hayworth, rock comme Rita Mitsouko, voici Rita Laaroussi, le premier bébé de la rédaction. On lui souhaite d’avoir le caractère de sa maman, notre directrice artistique, et la gentillesse de son papa. Mabrouk! ■ L’épouse du roi Abdallah vient de faire l’objet d’une pétition cosi- gnée par les dignitaires de tribus bédouines de Jordanie. Elle serait coupable, selon eux, d’utiliser les deniers publics à des fins per- sonnelles. Il lui est demandé de cesser toute activité politique. ■ A star is born Le premier bébé d’actuel Rania de Jordanie Mise à l’index SCyrano aurait aimé Les Japonais viennent d’inventer un accessoire pouvant modifier le nez sans recourir à la chirur- gie. Porté 3 minutes par jour, le dispositif enverrait des ondes à l’os pour en modifier la forme à la longue. Prix: 100 euros. actuel / Semaine du 12 au 18 février 2011 SSuper mamie Une vidéo qui montre une vieille dame donnant une bonne raclée à des cambrioleurs fait le buzz. Grâce à son courage, les malfrats, qui venaient de dérober une grande quantité de bijoux, ont fini par être maîtrisés. Bravo mamie! MAP MAP KhalilMazraawi/AFP BrahimTaougar/actuel Actualités / DÉCRYPTAGE8 Les mots croisés de Moulay Hicham ● LES FAITS Le thème de l’émission Mots croisés du 7 février, «Les révolutions arabes et nous», était fort intéressant mais, une fois n’est pas coutume, le débat fut plat et les invités plutôt mal inspirés. ● LE COMMENTAIRE Égal à lui-même, Alain Finkielkraut nous a resservi la fameuse rengaine d’un «Israël menacé par une transition de tous les dangers en Égypte». Hubert Védrine veut envoyer plus de touristes en Tunisie pour soutenir la révolution. Le refus de Pierre Lellouche de se prononcer sur une Alliot-Marie convoyée en jet privé pour des vacances à Tunis n’a rien de louche puisqu’il est toujours secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur. Mais c’est peut-être Moulay Hicham El Alaoui, présenté en tant que «chercheur en sciences politiques à l’Université de Stanford et cousin du roi du Maroc» qui a le plus détonné dans l’émission. À ses interlocuteurs qui lui donnaient de l’altesse à tout bout de champ, le prince a donné l’impression de ne pas maîtriser le sujet. Il y avait certainement le handicap de la langue de Molière mais l’intellectuel semblait néanmoins avoir découvert que «le Maroc aurait aussi son évolution et non une révolution dans le cadre d’une monarchie parlementaire». ● ET DEMAIN Le seul à avoir vraiment réussi à recadrer le débat était l’écrivain égyptien Alaa El Aswany. Certainement parce qu’il était le seul à être sur le terrain: au lieu d’inviter des «experts», invitons plutôt des acteurs. A.E.A. ● LES FAITS Il aura fallu deux révolutions pour que la fille du dirigeant d’Al Adl Wal Ihsane et porte-parole de la Jamaâ, Nadia Yassine, sorte de son mutisme. C’était dans des propos recueillis par le quotidien espagnol El Pais. ● LE COMMENTAIRE Tout Nadia Yassine y était. Il y avait d’abord la Nadia provocatrice: «Si jamais il y a des sorties populaires au Maroc, pacifiques et civilisées, nous les soutiendrons avec tous les moyens dont nous disposons.» Il y a eu ensuite l’intellectuelle et l’analyste politique: «Si exception marocaine il y a, c’est parce que le pays continue de recevoir des touristes [Ah bon?, ndlr] et qu’il dispose d’une monarchie basée sur des bien-fondés religieux, en plus de l’ouverture politique légitimée par l’intégration des islamistes dans le champ politique.» Ce que Nadia Yassine semble avoir omis, c’est que les deux révolutions en Tunisie et en Égypte n’ont, a priori, rien à voir avec l’islamisme. C’est plutôt ce dernier qui est venu s’y greffer. Il y eut, enfin, Nadia la malhabile puisque, pour elle, les deux soulèvements précités tenaient à des facteurs plus sociaux et économiques qu’à des motivations politiques. ● ET DEMAIN Notons que tout ce que demande Nadia Yassine aujourd’hui, c’est une réforme de la Constitution et que l’État lutte contre le clientélisme et la corruption. Des revendications somme toute sensées et partagées. T.Q. ▲ Le retour de Nadia Yassine DR DR Crise à l’OFPPT: pour qui roule Bencheikh? ▲ ● LES FAITS La crise des contractuels de l’OFPPT qui oppose les formateurs à l’administration n’est que l’arbre qui cache la forêt. ● LE COMMENTAIRE Derrière ce bras de fer aux relents syndicaux, on relève l’échec patent du système Bencheikh. L’homme qui trône à la tête de l’Office depuis 2001, après avoir sévi à la direction des Ports au ministère de l’Équipement, est connu pour mettre le feu partout où il passe. Dès son arrivée, il demande à ses équipes de réaliser du chiffre au détriment de la qualité de la formation. Conséquence, l’Office s’engage dans une spirale de construction de centres qui ne trouvent pas de candidats à former. Il s’attaque au passage au statut des enseignants avec un dégraissage massif et le recrutement de contractuels en lieu et place des fonctionnaires. Entre-temps, tous les ministres de tutelle vont tenter vainement de mettre fin à ses agissements. L’un d’eux, Saïd Oulbacha, ira jusqu’à l’accuser «d’insuffisances graves dans la gestion de l’Office, de tentatives de détournement de deniers publics et d’irrégularités des marchés publics», sans que Larbi Bencheikh ne soit le moins du monde inquiété. ● ET DEMAIN L’inamovible patron de l’OFPPT peut continuer tranquillement à produire de futurs chômeurs. Et à susciter le mécontentement de ses salariés. Il sait pertinemment que ni lui ni d’autres patrons d’office n’ont de comptes à rendre. A.E.A. AICPRESS ▲ actuel / Semaine du 12 au 18 février 2011 Actualités / DÉCRYPTAGE10 ● LES FAITS Depuis le 1er février, le CDVM impose de nouvelles règles aux sociétés cotées qui recourent aux opérations de rachat de leurs propres actions pour régulariser le cours en Bourse. ● LE COMMENTAIRE La circulaire n°01/11 du 1er février 2011 précise les circonstances dans lesquelles la société cotée est habilitée à intervenir pour régulariser le cours de son titre. Parallèlement, elle introduit de nouvelles dispositions pour professionnaliser cette pratique. Ainsi, une seule et même société de Bourse est désormais habilitée à exécuter le programme de rachat. Au préalable, celle-ci doit se doter d’une organisation adéquate, et garantir son indépendance pour gérer ses interventions sur le marché. Mais l’objectif ultime de la circulaire de l’autorité de marché est de mieux encadrer le programme de rachat, en limitant les volumes d’intervention, en encadrant les prix d’intervention et en imposant le passage exclusif par le marché central. La circulaire n°01/11 précise en outre des périodes d’abstention. ● ET DEMAIN Devenu indispensable pour contrecarrer les abus des sociétés cotées qui soutiennent de façon artificielle leur cours en Bourse, ce réaménagement réglementaire était en gestation depuis plusieurs mois. Maintenant que les règles du jeu sont clarifiées, il incombe au CDVM de veiller à leur respect et de prononcer des sanctions pour donner l’exemple. M.K. ▲ Rachat d’actions Attention aux abus! AICPRESS ▲ Guerre du Rif: des excuses espagnoles ● LES FAITS C’est le portail espagnol Alerta Digital qui a été le premier à rapporter l’information, dans son édition du vendredi 4 février: l’Espagne s’apprête à présenter des excuses aux victimes des gaz toxiques utilisés contre les civils rifains entre 1921 et 1927. ● LE COMMENTAIRE De nombreuses victimes s’en souviennent encore. À cette époque, l’Espagne coloniale voulait à tout prix s’adjuger le nord du pays. Face à la résistance acharnée qu’on lui oppose, l’armée n’hésite pas à utiliser des gaz toxiques et autres armes chimiques (fosgeno, difosgeno, clorociprina et, surtout, le gaz moutarde) dans ses bombardements contre le Rif. Résultat, à ce jour, 16% des cas de cancer au Maroc sont concentrés entre Nador et Al Hoceima. Mieux vaut tard que jamais, la ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Trinidad Jiménez, aurait assuré que l’Espagne compte verser une compensation financière aux victimes et à leurs familles. Des hôpitaux spécialisés dans le traitement des cancers pourraient voir le jour dans le Nord grâce à des financements ibériques. ● ET DEMAIN Cela suffira-t-il à faire oublier le massacre? Rien n’est moins sûr. Mais le geste espagnol serait clairement un pas en avant vers un apaisement des relations entre les deux pays et une forme de justice rendue à des populations qui y ont bien droit. Mieux vaut tard que jamais. T.Q. DR Baisse de résultats Le CIH anticipe ▲ ● LES FAITS Le CIH vient d’annoncer un profit warning relatif à son résultat net 2010. Annoncé en avril prochain, il devrait enregistrer une baisse significative, pour la deuxième année consécutive. Pour autant, le top management, qui a fait preuve de réactivité, se veut rassurant: cette contreperformance est étroitement liée aux efforts déployés pour assainir la banque publique. ● LE COMMENTAIRE Depuis deux ans, la filiale de la CDG semble engagée sur la bonne voie. Pour la première fois depuis l’éclatement des scandales passés, les dossiers litigieux sont pris à bras le corps: cession de 7 actifs hôteliers à la CDG, règlement de dettes fiscales pour un montant de 240 millions de DH suite au redressement portant sur la période 2000/2007 et effort soutenu de provisionnement des créances en souffrance dont les dossiers sont entre les mains de la justice. Le CIH peut espérer recouvrer, tout au moins, une partie de ces montants. Et sur le plan commercial, que ce soit au niveau de la collecte des ressources ou de la distribution des crédits, la banque publique commence à sortir la tête de l’eau. Ce qui devrait se refléter favorablement sur son résultat d’exploitation 2010. ● ET DEMAIN Le choix du CIH prouve que les sociétés cotées commencent à adopter les bons réflexes. Le rappel à l’ordre de Sonasid par le CDVM, en décembre 2010, y est sans doute pour beaucoup. M.K. actuel / Semaine du 12 au 18 février 2011 BrahimTaougarpouractuel Actualités12 actuel / Semaine du 12 au 18 février 2011 Le tonitruant dirigeant du PAM, qui nous a habitués à des sorties média- tiques spectaculaires, notamment contre le PJD, aurait été gentiment prié de se « tenir à carreau » par sa formation. Cause de sa disgrâce : des propos peu conciliants tenus lors du démantèlement du camp de Gdim Izik à Laâyoune. Affaire à suivre. n PolitiqueIlyasEl Omarinongrata Gisement de gaz Et de trois ! L’Irlandais Circle Oil vient d’annoncer la découverte d’un gisement de gaz dans le bassin du Gharb, la troisième en un mois. Ce puit présente le débit le plus important, soit près de 152 000 m3 standards par jour. L’estimation des réserves est tou- jours en cours. Circle Oil ambitionne, à l’horizon 2013, de porter sa capacité de production quotidienne de gaz au Maroc à 16 millions de mètres cubes. L’explorateur irlandais a d’ores et déjà programmé la construction d’infrastructures pour permettre l’exploitation du gaz et un pipeline pour assurer son transfert. n Diaspora Polémique Zakya Daoud vient de publier chez Séguier La diaspora marocaine en Europe. C’était une commande du CCME (Conseil consultatif des Marocains à l’étranger). Sauf que sur la publication, le CCME est inexistant. Inter- rogés, l’auteure et le CCME n’ont pas voulu faire de commentaire. Pas d’accord sur le contenu ? n Tourisme Petit décalage Programmés les 9 et 10 février, à Marrakech, les états généraux du tourisme – Vision 2020 – sont reportés au 4 mars. Ce report a été décidé à la demande de plu- sieurs opérateurs de Tanger, Marrakech, Agadir et de représentants de fédérations métiers. n Se « tenir à carreau » n'est pas dans les habitudes d'Ilyas El Omari. l Après le retour du géné- ral Belbachir en tant que conseiller auprès de l’ins- pecteur général de l’armée marocaine, le général Ab- delaziz Bennani, on parle de nouvelles fonctions pour le général Hamidou Laânigri. Le controversé patron des Forces Auxiliaires pourrait retourner à ses premières amours, à la tête du service action de la DGED. l L’ex-ministre de l’énergie et des Mines algérien aurait quitté l’Algérie en catimini. Viré du gouvernement, le 28 mai 2010, Chakib Khelil s’est rendu aux USA où il aurait pour mission de li- quider une partie des biens immobiliers de la nomen- klatura algérienne. l Le séjour du roi Abdel- lah à El Jadida est une aubaine pour le Mazagan Beach Resort. Le monarque saoudien, qui poursuit sa convalescence au Maroc, après deux mois passés à New York, où il a été opéré fin novembre d’une hernie discale, a réservé la quasi- totalité du palace jusqu’au 22 février. l Le Maddof de Rabat, qui a escroqué un grand nombre de bijoutiers et d’hommes d’affaires marocains, a été arrêté par la police cana- dienne. Ce sont des juifs marocains installés à Mon- tréal qui se sont mobilisés pour retrouver la trace de l’escroc. Comme il n’existe pas d’accord d’extradi- tion entre le Maroc et le Canada, les victimes, qui ne souhaitent pas que l’affaire s’ébruite, cherchent juste à récupérer leur dû. n AICPRESS millions d’euros par an, c’est le nouveau montant de l’aide européenne au Maroc. L'aide de l'UE en Afrique du Nord devrait at- teindre 580 millions d'eu- ros entre 2011 et 2013. SLe chiffre 200 SLe regard de Mouhim Les bruits du village Médias Benkirane défend la monarchie Sortie remarquée de Abdelilah Benki- rane sur la chaîne satellitaire islamiste Al-Hiwar. Face à un interlocuteur particu- lièrement véhément à l’égard du statut d’Amir Al Moumi- nine du souverain, le dirigeant Pjidiste n’a pas manqué d’argu- ments de défense. Des arguments d'abord religieux : le Maroc étant un pays musulman, le roi est forcément « Amir » de ses citoyens... Le tout, sur un ton très convaincant. Pas mal comme révision ! n Dernière heure 13 [ LU DANS LA PRESSE ARABOPHONE ]Le clou du SIEL Shamablanca Cette année au SIEL (cf p.58), un livre va faire l’événement. Écrit par une jeune Marocaine, il fait tache dans la production littéraire marocaine d’expression française d’ici et d’ailleurs. Un extrait pour preuve: «Dieu est le seul monarque qui ne peut être renversé. Il est aimé et craint, tyran- nique et miséricordieux, juste et sans droit à l’erreur. Il a mis KO le prince de Ma- chiavel. Il a tout compris. Il a divisé pour mieux aveugler.» Shamablanca est un livre de Sonia Terrab aux éditions Séguier. Signature prévue au Salon du livre ce lundi. ■ Le coup du SIEL Les écrivains boy- cottent Himmich L'Union des écrivains du Maroc, la Maison de la poé- sie Beit Achi'r et l'Alliance marocaine pour la culture et les arts boudent le SIEL. Motifs: leur mise à l’écart lors de la préparation de l’événement, la réduction de l’aide financière et la lenteur de la procédure d’adoption du statut de l'artiste.■ Protestation Bab Berred: suite et faim? Suite à notre dossier sur Bab Berred (actuel n°80), le conseiller municipal d’oppo- sition E. Abdallah a annoncé qu’il entamerait une grève de la faim à partir du 17 fé- vrier pour «exiger de réelles commissions d’enquête» du ministère de l’Intérieur et de la Cour des comptes. L’élu de Bab Berred proteste également contre la destruc- tion de nos photos lors du reportage. ■ Tanger Il y a du rab Le CRT de Tétouan a dégagé en 2010 un excédent de 36 millions de DH. La dernière session ordinaire du Conseil, coprésidée par Rachid Talbi Alami et Mohamed Hassad, a décidé d’affecter cet excé- dent et celui du budget 2011 au financement de partena- riats avec l’Agence du Nord et la Caisse de financement des routes rurales. ■ Hôtellerie Solazur ouvrira, ouvrira pas? Les travaux de rénovation de l'hôtel Solazur à Tanger sont presque achevés, mais l’on parle déjà d’un retard de sa réouverture. La faute au bras de fer entre la Direction régionale des impôts et la Libyan Arab and Foreign In- vestment Company (Lafico), accusée d’avoir acquis So- lazur, en 2008, pour plus de 320 millions de dirhams. ■ Cette année au SIEL Devises Trafic à Bab Sebta Le trafic de devises se fait dans les deux sens. Les douaniers de Bab Sebta ont saisi 300000 euros non déclarés qu'un ressor- tissant marocain tentait d'introduire au Maroc. Ce directeur d'une entreprise à Casablanca a effectué un aller-retour dans la journée à Sebta, muni de cette somme dissimulée dans le coffre de sa voiture. ■ E n 1972, furent exécutés le général Oufkir et plusieurs officiers. Dix ans après, en 1983, l’exécu- tion de Dlimi sonnait le glas d’une élite militaire de haute facture. Ce dossier a des relents politiques certains, beaucoup plus que ne laisse penser le témoignage de son neveu dans actuel du 8 janvier 2011 et qui réduit cette exécution à une simple his- toire de règlement de compte. En fait, Dlimi, qui n’avait jamais caché ses orientations politiques, avait marqué son refus de l’organisation d’un référendum au Sahara en même temps que Abderrahim Bouabid. Et cela au moment même où Hassan II venait d’annoncer, dans un discours à Nairobi en 1981, que le Maroc acceptait l’idée d’un référendum. Le leader de la gauche est immédiatement jeté en prison alors que Dlimi qui avait chargé, quelques jours auparavant, le com- mandant Bouattar d’alerter Hassan II sur les agissements douteux de Médiouri, va don- ner à ce dernier l’occasion de concocter un dossier fabriqué de toutes pièces, accusant le général de préparer un coup d’État en collaboration avec la CIA. Quant à cette fameuse soirée du 23 janvier 1983, il semble que Dlimi, qui s’était rendu au palais royal pour voir le roi, a été prié par Mou- lay Hafid Alaoui de patienter dans un salon avant que l’on n’entende trois coups de feu tirés par des personnes différentes. ■ DR Al Ousboue Quand Dlimi virait à gauche Al Maghribia Hommage à Aïd Mouhoub Le journal a tenu à rendre un hommage chaleureux à feu Aïd Mouhoub, «un véri- table monstre du cinéma, de la télévision et du théâtre» au Maroc, décédé à 81 ans. Sa disparition est qualifiée de «perte», Mouhoub ayant été non seulement un grand acteur, mais aussi une «ré- férence» pour de nombreux artistes qu’il n’hésitait pas à conseiller. ■ actuel / Semaine du 12 au 18 février 2011 S Précision Mehdi Trabelsi, gérant de la société Omega Distribution et de l’enseigne Lacoste en Tunisie, a, sur la foi de documents émanant de la Confédération suisse, été associé, à tort, au clan Trabelsi, dans notre dossier «Secrets d’un clan» (actuel n°78). Mehdi Trabelsi n’a en réalité aucun lien de parenté avec la famille du dictateur déchu. Le département fédéral des Affaires étrangères a ainsi retiré son nom d’une ordonnance instituant des «mesures à l’encontre de personnes originaires de Tunisie». Nous présentons nos excuses à Mehdi Trabelsi ainsi qu’à nos lecteurs. ■ DossierDossier14 FethiBelaid/AFP BulentKilic/AFP
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