Actuel n° 109 - Page 1 - ctuel est un magazine hebdomadaire marocain francophone, appartenant au groupe « Logique Presse ». Des sujets très variés y sont abordés (économie, politique, société, culture...). Ce magazine généraliste se veut le porte-parole d'un Maroc moderne, dynami w w w . a c t u e l . m a actuelN° 109 - du 24 au 30 septembre 2011 - 15 DH- 3 € المغرب e-Recrutement Attention aux cyber- escrocs p.30 ISLAMISTES Après les révolutions... demain la charia ! p.36 Lahcen Daoudi Nasser, de Gaulle et moi p.66 Un office à la dérive Aéroports ONDA, enquête choc Radars en panne, chantiers à l’abandon, gabegie générale... Après l’ère Benallou, petits scandales et grosses combines sont toujours d’actualité Abdelhanine Benallou et Dalil Guendouz Q uel dommage et quel gâchis. Le 19 sep- tembre, Omar Balafrej a mis en ligne un article sur sa page Facebook annon- çant qu’il renonçait à se présenter aux élections législatives. Balafrej, c’est une des consciences de la gauche marocaine, un social démocrate authentique. Pourtant, ce « grand frère » du Mouvement du 20 février affirme dans sa lettre à ses amis politiques qu’« on ne peut pas se limiter à proclamer des idées. Il faut s’engager, militer, faire campagne... » Et donc se présenter aux élections. Mais il y renonce. Car, écrit-il, « le jeu politique est totalement fermé ». Au même moment, le PSU annonçait qu’il boy- cotterait les élections. Ce parti avait participé au précédent scrutin, sous une Constitution qui, reconnaissent même ses détracteurs,étaitmoinsavancée quel’actuelle.Lesargumentsdes boycotteurssontsanssurprise,ils reprochent en vrac « le manque detransparence »etunministère de l’Intérieur au « lourd passé de fraudes et de trucage des élections ». Pourtant, jamais aucune élection au Maroc n’aura été aussi transparente. Le vote se déroulera sous l’œil d’obser- vateurs étrangers comme d’ONG locales. Quant au ministère de l’Intérieur, on peut toujours lui faire des procès d’intention ; mais jusqu’à maintenant, on ne peut nier le fait qu’il a pris les devants pour éradiquer les plus corrompus parmi les sortants, et faire valser les représentants des autorités locales quelques semaines avant le scrutin afin d’éviter qu’ils prennent attache. Derrière le discours convenu, il y a d’autres raisons plus politiciennes. En esquivant les urnes, le PSU évite de se compter. Mais il pourra se féliciter d’un tauxd’abstentionauquelilauraparticipé...etc’estle meilleur moyen pour contester un Parlement dont la légitimité tient d’abord au nombre de votants. C’est de bonne guerre. Et en même temps, c’est désastreux. Car en ne participant pas au scrutin, le PSU et des personnalités comme Omar Balafrej rendent aussi orphelins les sympathisants du 20-Février qui pensent que la politique ne se limite pas à des sorties dominicales et que le débat ne se réduit pas aux slogans. Le boycott, c’est surtout laisser le champ libre à ceux qui restent. C’est accroître les chances d’une victoire d’un pôle PJD-Istiqlal ou de l’alliance libé- rale (RNI-PAM-UC-MP) qui sont aux antipodes de ce que défendent les boycotteurs. Quant à la gauche... les députés les plus compétents comme Khalid El Hariri ne se représentent pas. Et on imagine mal un vingtfévrieriste accorder sa voix au parti de Abdelwahed Radi ou à celui de Khalid Naciri. Alors que le PSU séduisait... Le boycott, c’est la politique du pire. Avec quel but ? Que les manifs grossissent ? Malgré les sorties régulières dans les quartiers populaires, le 20-Fé- vrier fait du surplace. Certes, on peut toujours tabler sur la déception que le nouveau gouvernement ne manquera pas de susciter. Et espérer que les manifs se transforment en émeutes. La politique du pire, encore... Le paradoxe, c’est que ce qui pourrait maintenant arriver de mieux à la gauche, c’est de perdre ces élections et surtout d’en accepter les conséquences : en renouvelant ses élites et en ne diluant pas ses valeurs dans une koutla qui a fait son temps. La démocratie, c’est d’abord l’affrontement d’idées, pas le consensus mou. On peut regretter que ceux qui réclament à cor et à cri la démocratie refusent de la pratiquer et de la mettre à l’épreuve. On peut aussi souhaiter que ce scrutin redéfinisse des lignes de partage claires entre les islamo-conservateurs, les libéraux et une gauche régénérée. La politique du pire accoucherait alors du meilleur. ■ 3Edito actuel / Semaine du 24 au 30 septembre 2011 Le boycott, c'est d'abord laisser le champ libre à ceux qui restent. Lapolitiquedupire actuel Sommaire écrivez-nous à courrier@actuel.ma actuel / Semaine du 24 au 30 septembre 2011 4 n°109 - du 24 au 30 septembre 2011 « Dis papa... c’est quoi un hub ? » Low cost tout confort Quel Maghreb demain ? Besoin de personne en Harley... 16 32 40 44 62 Résolument Citroën ! SActualités 06 nouvelle génération | Charafat Afailal 08 la semaine en images 10 décryptage 14 dernière heure SDossier 16 Gouvernance | L’ONDA Grosses tensions et petites combines SEconomie 28 enquête | L’OCE dans la tourmente 30 cyber-escroquerie | e-recrutement, attention aux arnaques ! 32 low cost | Hôtellerie, cap sur l’économique 35 bourse | Un nouvel indice de confiance SPolitique 36 islamisme | Printemps arabe, demain la charia ? 40 alliances | Maghreb, vive la révolution ! SSociété 44 parade | Harley Davidson on the bitume 46 en bref SMonde 48 monde | Palestine, l’espoir d’un Etat 49 monde | Al Jazeera Le départ de Khanfar 50 représentativité | David Douillet, le ministre des Français à Rabat 52 chronique des deux rives SCulture 54 lobbying | La politique de la chaise… rouge 56 expos | Mica : le plastique, c’est éclectique ! 58 Foire | Marrakech Art Fair 2012 STendances 62 automobile | Nouvelle Citroën C3, résolument urbaine 64 nouveaux produits, nouveaux marchés 66 les choix de... | Lahcen Daoudi L’islamo-gaulliste actuelactuel est édité par Logique Presse. SARL. Capital social : 15 millions DH. Directeur et éditeur : Henri Loizeau Directeur de la publication : Abdellatif El Azizi Directeur commercial : Moulay Ahmed Alami Directeur de la rédaction : Eric Le Braz Rédactrice en chef adjointe : Mouna Kably Assistante de la rédaction : Meriem Zraidi Tél. 05 22 95 18 15 / 16 05 29 00 20 02/ 30 03 Fax. 05 22 95 18 14 SRéDACTION Chefs de service : politique : Abdellatif El Azizi économie : Mouna Kably Rédacteurs : Yanis Bouhdou, Amanda Chapon, Zakaria Choukrallah, Khadija El Hassani, Charlotte Hennebicque (chef de rubrique), Fatim Ezzahra El Hajji, Meriama Moutik, Jiane Benslimane (stagiaire). Chroniqueurs : Fouad Benseddik, Pascal Boniface, Driss Jaydane. Correspondants : Cyril Bonnel (Paris), Gaëlle Lucas (Madrid), Maud Ninauve (Tanger), Salima Yacoubi Soussane (New York). Photographe : Brahim Taougar Ont collaboré à ce numéro : Slimane Ammor, Lamia Berrada- Berca, Abdelhafid Marzak, Mohamed Mouhim, Youssef Roudani, Sanaâ Chrif, Paola Abboud. SéDITION Rédactrice en chef technique : Keiko Catala Secrétaire de rédaction : Ferdinand Demba Révision : Laila Lebbar Directrice artistique : Fadoua Damiri Maquettiste : Youssef El Moutassaddik, Conception graphique : Studio Baylaucq & Co. SPUBLICITé Tel : 05 29 00 40 04/50 05 05 22 36 77 02 Directeur commercial : Moulay Ahmed Alami ma.alami@actuel.ma Responsable commerciale : Ghizlane Malki g.malki@actuel.ma Chefs de publicité : Safaa Aqraou s.aqraou@actuel.ma Karima El Afi k.elafi@actuel.ma Assistante commerciale : Kenza Benelkaid commercial@actuel.ma SAdministration Responsable administratif et financier : Abdelghani Bennani IMPRIMERIE Idéale, Casablanca DISTRIBUTION Sochepress Imprimé au Maroc – Printed in Morocco. Tous droits réservés. Reproduction interdite sauf accord de l’éditeur. Tirage : 20 000 ex Sactuel 1, bd Abdellatif Benkaddour, 20050 Casablanca, Maroc Dépôt légal : 2010PE0042/ photo de couverture brahim taougar Pionnièredelajeunesse Charafat Afailal SLes dinosaures ont fait leur temps et la relève arrive. Chaque semaine, actuel présente les futurs leaders du pays... 39 ans, je ne suis plus jeune. Pour moi, la jeu- nesse s’arrête à 35 ans. Il faut laisser la place aux vrais jeunes ! », martèle Charafat Afailal qui en est à son troisième mandat au sein du bureau politique du Parti du progrès et du socialisme (PPS). Elle se remémore sa première entrée au bureau poli- tique, à l’âge de 28 ans, un record à l’époque. « J’étais confuse, je n’arri- vais pas à prendre la parole et je ne me sentais pas du tout préparée à intégrer ce qui représentait pour moi le sommet du pouvoir décisionnel au sein du parti », explique-t-elle. Depuis, la jeune militante, au- jourd’huimèrededeuxfilles,agagné ses galons. Elle bataille désormais pour une plus large représentation des jeunes et s’attelle à enrichir sa formation de cadres dynamiques car elle « croit en l’avenir ». Ingé- nieur à l’ONEP, cette ancienne élève modèle de l’Ecole Mohammédia des ingénieurs (EMI) a conquis le PPS, réputé friand de profils calés. Mao, mon idole… Malgré un CV bien rempli, cette militante socialiste a la modestie de ceux qui ont fait leurs classes politiques à partir de la base. Née en 1972 à Tétouan, Charafat Afailal tombe dans la marmite du mili- tantisme grâce à son père. A 8 ans, elle distribue des tracts dans les rues ainsi que le journal du parti, Al Bayane, lors des défilés du 1er mai. Elle fera ses classes au sein de l’Organisa- tion des pionniers, qui se transformera en Jeunesse marocaine du progrès et du socialisme, où elle gravit progressive- ment les échelons. « C’était une époque assez difficile où militer menait en pri- son. Voir une fillette prendre part à la po- litique était incompréhensible dans un milieu aussi conservateur que celui où je vivais », se rappelle-t-elle. Une rencontre à Chefchaouen la marquera, celle de Ali Yata, fondateur du parti. Il était heureux et surpris de voir une jeune fille de Té- touan militer aussi activement. Des années 1980, elle garde le souvenir des réunions clandestines organisées à la maison après les émeutes de 1984, et sur- tout cet idéal socialiste de barrer la route aux injustices sociales, étant elle-même issue d’un milieu modeste. De toute la famille, c’est elle le porte-étendard et un peu la fierté du père, qui a décidé de prendre sa retraite politique. Socialiste jusqu’à la moelle, ses idoles, selon ses propres termes, sont Ali Yata, Aziz Be- lal et Mao Tsé-Toung. Le PPS à la primature ! En 1997, elle effectue un voyage à Cuba où, même dans la précarité, les gens conservaient une joie de vivre et où la justice sociale restait, à ses yeux, tout de même sauvegardée. Mais Cha- rafat Afailal insiste sur le fait qu’elle ne plaide pour aucun modèle, encore moins l’exemple cubain. A l’image de son parti, elle se réclame d’un socia- lisme marocain qui passe d’abord par la démocratie. Elle estime que le Maroc a fait du chemin, grâce au sacrifice de tous ses militants, et cela s’illustre no- tamment par les débats actuels sur les libertés individuelles et la démocratie. Sur le mouvement de contestation repré- senté par le 20-Février, elle avoue avoir eu des réticences au début à cause de la présence d’Al Adl et de « nihilistes ». Aujourd’hui, elle est plus confiante car elle croit en les jeunes et ne pense pas que la « déstabilisation » l’emportera. Charafat Afailal sent aussi que les idées de gauche reviennent à l’ordre du jour, grâce à ce vent de révolte, et espère la réunification de la gauche marocaine, son grand rêve. Cependant, bien que forte de sa légitimité et de sa compétence, Charafat Afailal ne sait pas si elle se présentera aux élections. Elle nourrit davantage une ambition col- lective de voir son parti gagner en poids que des desseins personnels. D’ailleurs, elle déclare être « à la disposition du parti » et reste très solidaire de sa formation et des décisions de la nouvelle présidence assu- rée par Nabil Benabdellah.. A l’entrée du siège du parti, elle nous confie, non sans humour : « On aura un plus grand local quand on sera à la primature. » Zakaria Choukrallah Nouvelle génération BrahimTaougar/actuel actuel / Semaine du 24 au 30 septembre 2011 Actualités8 La princesse Lalla Khadija a fait sa première rentrée scolaire. Pour l’occasion, son papa, le roi Mohammed VI, l’a accompagnée à l’école le matin du samedi 17 septembre. Plus officiellement, il s’agissait de la cérémonie d’ouverture de l’année scolaire. n DSK s’est enfin exprimé. Et il s’est très bien exprimé. Trop bien même. Un exercice de communication minutieusement préparé et calqué sur les déclarations de Bill Clinton. Mais cela n’a pas empêché ses détracteurs d’en remettre une couche. n Burhanuddin Rabbani, sur qui le nouveau pouvoir afghan basait tous ses espoirs pour négocier avec les talibans, a été assassiné par un kamikaze au turban explosif. Sa mort fait craindre un durcissement des positions et éloigne les perspectives de paix. n Famille royale Lalla Khadija à l’école France Un mea culpa qui sent la com’ Afghanistan Le turban de la mort siPhone 5 en octobre Le 4 octobre Apple présentera l’iPhone 5. Au menu de cette mise à jour : un appareil plus fin, plus léger, avec un meilleur appareil photo et un système d’exploitation évolué. vu sur la toile La nouvelle apparition du président vénézuélien Hugo Chavez, lors d’un meeting avec Evo Morales, renseigne sur son état de santé. Le leader vénézuélien souffre d’un cancer et, désormais, ça se voit. n Venezuela Chavez se montre chauve sBelhaj et gouvernator Ali Belhaj, le président de la région de l’Oriental, a reçu des mains d’Arnold Schwarzenegger, gouverneur de Californie, « le prix de l’environnement », qui récompense les régions les plus eco-friendly du monde. MAP AFPAFP AFP actuel / Semaine du 24 au 30 septembre 2011 7Actualités / La semaine en images 9 La Grèce est obligée d’adopter un nouveau plan de restriction budgétaire, ce qui ne fait que raviver la tension dans la rue. Le 16 septembre, un manifestant a tenté de s’immoler mais a pu s’en tirer sans brûlures graves. n Shane Bauer et Josh Fattal ont pu quitter leur prison de Téhéran. Ces deux Américains avaient été jugés et incarcérés par le tribunal révolutionnaire iranien pour « espionnage », avant d’être libérés après le paiement par les Américains d’une amende au régime. n Ce militant égyptien est sorti manifester pour mettre en garde contre la contre-révolution dans son pays. En effet, depuis la chute de Moubarak, la loi d’urgence n’est toujours pas levée et les jugements de civils devant la Cour militaire se sont multipliés. n Grèce SurlavoiedeBouazizi ? Iran Bons baisers de Téhéran Egypte La révolution n’est pas finie La cinquième édition du Festival du film de Salé a pris fin le 24 septembre. Moment fort : ce vibrant hommage à la réalisatrice et militante turque Gümer Halime, fondatrice du Festival du film de femmes d’Ankara. n Festival de Salé Honneur aux femmes sSouffrir pour être belles En Thaïlande, des femmes optent pour une nouvelle méthode de « soins » esthétiques. Exit le bistouri, et place aux coups destinés à redessiner le visage, à augmenter la taille des seins, etc. sL’amour, pas la guerre ! Aux Philippines, les femmes du village Dado ont trouvé les moyens d’en finir avec les bagarres de leurs maris. Comment ? En les privant de sexe. La recette a fonctionné. AFP MAP AFP actuel / Semaine du 24 au 30 septembre 2011 AFP Actualités / décryptage10 ● les Faits Farida Sou, une Marocaine de 43 ans vivant en France, se trouve sous le coup d’une mesure d’expulsion après avoir porté plainte pour violence conjugale alors que son visa avait expiré depuis six mois. Lundi 19 septembre, le tribunal administratif de Bastia a confirmé son expulsion. ● le commentaire Farida Sou arrive en Corse en octobre 2010, où elle projette de se marier avec son compagnon français d’origine marocaine. Mais cette union est refusée par la mairie de Biguglia en mars 2011, période à laquelle son visa européen a expiré. Il y a deux semaines, elle se rend au commissariat en vue de porter plainte contre son conjoint pour « violences conjugales ». Mais les policiers, qui découvrent que son visa a expiré, la placent en garde à vue. Une affaire qui rappelle singulièrement celle de Najlae Lhimer, lycéenne en situation irrégulière, expulsée en février 2010 après avoir porté plainte contre son frère qui la maltraitait. La médiatisation de l’affaire a poussé le président Sarkozy à autoriser son retour. Si la situation de Farida semble moins désespérée que celle de la lycéenne, elle est néanmoins inquiétante pour les femmes victimes de violence, et de nombreuses associations dénoncent la décision du tribunal. Car celle-ci risque de dissuader les femmes sans papiers de porter plainte en cas de violences pour ne pas risquer l’expulsion. ● Et demain A quand un traitement humanitaire (et au cas par cas) des sans-papiers au pays des droits de l’homme ? A.C. ▲ L’esprit de la République ? Manifs « Les »20-Février ● les Faits Le divorce entre les jeunes du 20-Février et la tendance islamiste du mouvement semble avoir atteint son comble avec le refus des premiers de «collaborer » avec les services américains. ● le commentaire Après avoir tenu une réunion le 14 septembre dans la ville du détroit, « la coordination tangéroise du 20-Février » a refusé l’invitation à rencontrer un diplomate américain, exprimant par la même occasion son indignation « quant aux pra- tiques douteuses d’un pays qui se dit défenseur des libertés ». Par contre, le refus de l’intervention américaine dans les affaires du M20 n’est pas du goût des adeptes du cheikh Yassine qui, eux, continuent à faire feu de tout bois pour parvenir à leurs fins. D’où les prémices d’implosion du mouvement qui se traduisent par une divergence de vue sur des questions précises, comme le refus ou non de l’aide étrangère, mais aussi dans les revendications qui ne sont plus aussi homogènes qu’elles l’étaient au début. En effet, à Casablanca, le mouvement a préféré se focaliser sur des revendications sociales aussi triviales que le droit au logement ou la cherté de la vie. Alors que la manifestation de Tanger, dimanche dernier, a vu l’apparition de slogans d’une rare violence visant le régime. ● Et demain L’avenir du mouvement dépendra forcément de sa capacité à se transformer en force de proposition, quitte à se regrouper au sein de nouvelles formations politiques. Et tant pis pour la marche dominicale hebdomadaire. A.E.A. B.Taougar/actuel DR Législatives:àlare- cherched’uncandidat ▲ ● les Faits La liste de candidats ripoux, répartie à parts égales entre les partis, a créé la zizanie dans la plupart des formations politiques qui ne savent que faire de ces brebis galeuses dont la nuisance n’a d’égal que leur puissance. ● le commentaire La liste concoctée par le ministère de l’Intérieur sur la base d’enquêtes fouillées a permis de dresser un large panorama de futurs candidats ou d’ex-élus qui traînent des casseroles. Barons de la drogue, trafiquants en tout genre ou encore des individus maniant l’achat de voix avec dextérité. Pourquoi en est-on arrivé là ? Ces ripoux sont pour la plupart des rescapés de l’ère Driss Basri, qui ont réussi à se maintenir dans le circuit grâce à des arguments en espèces sonnantes et trébuchantes. A l’époque, ce contingent de ripoux faisait partie de cette vaste armée de réserve formée de députés qui obéissaient au doigt et à l’œil aux instructions du Makhzen. Une première tentative de les éjecter du circuit a bien été entreprise en 2009, en vain. Les candidats, à qui l’Intérieur avait conseillé de ne pas se présenter, avaient pour la plupart eu recours à la justice, qui avait estimé le procédé peu démocratique et carrément anticonstitutionnel. ● Et demain Les partis sont pris dans un dilemme : s’ils se débarrassent de leurs candidats ripoux, ils perdent leurs principaux bailleurs de fonds, et s’ils les maintiennent, ils risquent tout simplement d’être lynchés par la rue. A.E.A. DR ▲ actuel / Semaine du 24 au 30 septembre 2011 Actualités / décryptage12 actuel / Semaine du 24 au 30 septembre 2011 ● les Faits Le Conseil de Bank Al-Maghrib (BAM) a décidé de maintenir son taux directeur à 3,25%. Une initiative jugée en ligne avec l’objectif de stabilité des prix à moyen terme et une orientation à la baisse de la balance des risques. ● le commentaire Prévisions plutôt optimistes de Bank Al-Maghrib qui n’a pas jugé nécessaire de modifier son taux directeur, lequel a été maintenu à 3,25%. En effet, en dépit de la hausse de l’inflation qui s’est située à 2,2% en août contre 1,8% en juillet, la Banque centrale reste sereine. La surchauffe est surtout liée aux fluctuations ponctuelles des prix des produits alimentaires. Par ailleurs, en dépit des incertitudes et des risques liés à la détérioration des perspectives de croissance dans les pays développés, notamment dans la zone euro, la Banque centrale soutient, qu’au niveau national, l’orientation favorable de la demande intérieure s’est poursuivie. Selon l’institut d’émission, la croissance globale et celle du PIB non agricole devraient se situer entre 4,5% et 5,5% en 2011. Cette tendance, qui devrait se poursuivre en 2012, est toutefois conditionnée par une amélioration graduelle de l’environnement international. ● Et demain En 2012, la Banque centrale s’attend à un taux d’inflation de l’ordre de 2%. L’inflation sous-jacente devrait rester modérée, ne dépassant pas 2%. Malgré les messages rassurants du gouverneur de BAM, le panier de la ménagère devrait renchérir et le pouvoir d’achat accuser le coup. K.E.H. ▲ BAM Jouahri optimiste BrahimTaougar/actuel ▲ Démocafé : réaction à la Basri ● les Faits Samedi 17 septembre, une rencontre-débat organisée dans un café rbati par l’association Cap Démocratie Maroc (Capdema) est interrompue quand le gérant de l’établissement demande aux participants « de quitter les lieux au plus vite », ajoutant que cette décision ne dépend pas de lui. Les organisateurs comprennent alors qu’elle émane d’un moqadem et d’un commissaire, qui se tiennent à l’entrée du café. ● le commentaire Comment expliquer que ce « Démocafé » somme toute inoffensif, réunissant de « jeunes Marocains qui œuvrent pour la promotion des droits humains et de la démocratie » ait pu susciter une telle réaction ? Etait invité Ahmed Assid, membre de l’Institut royal de la culture amazighe, pour discuter « des lois organiques relatives à l’amazigh, prévues par la nouvelle Constitution ». Rien d’alarmant. Mais de quoi éveiller les inquiétudes d’un caïd ou d’un moqadem dont les esprits, formatés sous Basri, n’ont visiblement pas été affectés par le changement d’ère, de roi, de Constitution… Or, ces mentalités « réac », héritées des années de plomb, et que l’on retrouve encore un peu partout au Royaume, pèsent autant que les réformes de la Constitution, empêchant toute véritable démocratisation du Maroc. ● Et demain Loin de se laisser abattre, Capdema organise une série de Démocafés, à Paris, Rabat, Bruxelles ..., samedi 1er octobre, pour discuter des enjeux des élections législatives anticipées. A.C. DR BCP/MCMA Un mariage en vue ▲ ● les Faits Le groupe BCP aligne les performances à fin juin. Malgré la récession, la banque publique tire son épingle du jeu et lance même de nouveaux projets de développement. ● le commentaire A fin juin, le groupe Banque Centrale Populaire a réussi à augmenter de 26% son résultat net part du groupe (RNPG), à 966 MDH. Depuis 2008, il a réussi à le multiplier par deux. Son produit net bancaire connaît une croissance plus modérée avec 4,95 MMDH. Les dépôts clientèle ont gagné 5,6% à 177,4 MMDH face à une moyenne sectorielle de 0,6% seulement. La recette du groupe est bien connue et la stratégie commerciale rodée : proximité de la clientèle, extension du réseau... Malgré la montée en puissance de Barid Bank, le groupe BCP a conquis plus de 250 000 nouveaux clients, portant son portefeuille global à 3,6 millions de personnes. Autre segment prolifique : les Marocains du monde. La BCP a réalisé le meilleur score du secteur en drainant des dépôts de 70 MMDH et en contrôlant 54% du marché. Sur les crédits à l’économie, le groupe n’a pas démérité puisqu’il a amélioré de 7,5% ses volumes à 154,6 MMDH. En revanche, le taux des créances en souffrance reste limité à 3,4%. A signaler une provision de 800 MDH pour garantir un développement sécurisé du groupe. ● Et demain La BCP envisage de se rapprocher dans les prochains mois de la MCMA pour créer un groupe banque / assurance. Une ambition enfin réalisée. K.E.H. BrahimTaougar/actuel Actualités14 C’est officiel. La compagnie aérienne Royal Air Maroc bénéficiera du sou- tiendel’Etatpoursarestructurationet son développement. Un contrat- pro- grammevientd’êtresignéentrelePre- mier ministre, Abbas El Fassi, et Driss Benhima,PDGdeRAM.Ainsi,l’Etatva accompagner la RAM dans son ambi- tieuxprogrammed’investissementde 9,3MMDHdurantlapériode2011-2016, à travers une contribution au capital de 1,6 MMDH. Ce qui devrait exclure l’option de privatisation qui était re- venuedernièrementavecinsistance. n RAM L’Etatmetla mainàlapoche Mauvaise nouvelle pour les propriétaires de grosses cylindrées. A partir de janvier prochain, la vignette appliquera des montants à la hausse sur les voitures dont la puissance fiscale dépasse 11 chevaux. Ainsi, pour les automobiles de 11 à 14 CV, les tarifs atteindront 3 000 DH pour les motorisations à essence, et 6 000 DH pour les véhicules diesel. Les prix doublent pour les véhicules à puissance supérieure ou égale à 15 CV allant de 8 000 DH à 20 000 DH. Une solution de facilité pour un gouvernement qui n'a pas eu le courage de s’attaquer à une vraie réforme fiscale ! n Vignette :l'Etat pompe Fès Chabatse paielesjuges Le maire de Fès a encore frappé. Et cette fois-ci, il a jeté son dévolu sur une magistrate qu’il a accusée, lors d'une réunion de son parti dimanche dernier, d'organiser des parties fines pour sa hiérarchie. Ces déclarations ont provoqué l’ire du Club des magistrats du Maroc. Son président, Me Younès Mkhalli, a adressé un courrier au ministre de la Justice lui demandant d'ordonner « l'ouverture d'une enquête suite à ces déclarations qui portent atteinte à l'honneur de la magistrate [...] et à l'ensemble du pouvoir judiciaire. » n Chômeurs AlHoceimasous tension Al Hoceima a connu de violentes altercations entre les chômeurs et la police, faisant une quinzaine de blessés des deux côtés. Les échauffourées ont éclaté après l’assaut donné par les forces de l’ordre pour déloger quelque 700 chômeurs qui étaient en sit-in permanent, depuis des jours, au siège du centre de formation des enseignants de la ville. n Driss Benhima, PDG de RAM. l Saïd Rahmouni, le prési- dent du Conseil régional de Nador, a déposé une plainte devant le parquet de Rabat contre le député Tarek Yahia. Celui-ci a accusé le gouverneur de Nador de résider dans la propriété de Rahmouni, « un person- nage douteux qui avait déjà eu maille à partir avec le ministère de l’Intérieur ». Rahmouni est d’autant plus furieux que la scène s’est passée devant Taïb Cherkaoui au cours d’une séance de questions orales au Parlement. l Des chasseurs de trésors ont été appréhendés par la gendarmerie royale de Sidi Bouzid, alors qu’ils étaient en train de creuser le sol, dans la nuit du lundi, à proximité de Jorf Lasfar. Les individus, qui agissaient sur ordre de personnalités influentes, circulaient dans des 4x4 avec de faux maca- rons de police. l Ça chauffe dans les coulisses entre les futurs patrons potentiels de la Boutchichia à mesure que l’état de santé du cheikh Hamza se détériore. l Dans le dernier classe- ment, établi par la CIA, des dix pays africains à fort taux de croissance, figurent le Maroc, l’Algérie et la Tunisie. La Tanzanie, le Mozam- bique, l'Ethiopie, la Zambie, le Nigeria et le Zimbabwe sont cités comme disposant d'une forte économie. l La commune urbaine de Tétouan a lancé une enquête publique relative au plan d’aménagement de la ville, qui recueillera les propositions des citoyens jusqu’au 14 octobre 2011. n BrahimTaougar/actuel SLe regard de Mouhim Les bruits du village Toufiq vs Benkirane Pour couper l’herbe sous le pied à de nombreux prédicateurs qui émargent au PJD, Ahmed Toufiq n’a pas hésité à adresser une circulaire musclée à tous les imams des mosquées marocaines, leur intimant la neutra- lité durant les cam- pagnes des législatives. « Ceux qui veulent se présenter aux élections, ou participer à des campagnes électorales pour des organisations politiques ou syndicales, devront déposer leur démission dans un délai d’un mois avant le début du dépôt des candi- datures », explique la circulaire. n actuel / Semaine du 24 au 30 septembre 2011 Dernière heure 15 [ lu dans la presse arabophone ]New York Une princesse contre la cigarette « Ayant conscience de la gravité du mal et du devoir de s'y attaquer au nom des valeurs humaines qui nous animent, il est impératif de conforter la réunion de haut niveau de l'ONU, par la créa- tion d'un fonds international pour le traitement et la pré- vention du cancer, à l'instar de ce qui a été fait en ce qui concerne le Sida », a martelé Lalla Salma. La présidente de l'Association Lalla Salma pour la lutte contre le cancer (ALSC) a lancé cet appel lors d'une réception offerte par le roi Mohammed VI, en marge de la 66e session de l'Assemblée générale des Nations unies. Pour rappel, l'Association a lancé récem- ment un plan national de lutte contre le tabac dans les établissements scolaires, les entreprises et les structures hospitalières.n Casa Finance City Le road show maintenu Pas de changement dans le calendrier de la place finan- cière de Casablanca (CFC). Cette dernière, réagissant à des informations qui ont circulé dernièrement sur un éventuel report de son road show, affirme que le programme de ses tournées internationales a démarré comme prévu en 2011, à travers une série de ren- contres ciblées avec des institutions internationales. En revanche, un événement majeur, qui devrait voir la participation d’acteurs mon- diaux de haut niveau, a été reporté au premier semestre 2012. Concernant la liste des pre- mières entreprises bénéfi- ciant du statut CFC, elle sera communiquée avant la fin de cette année. n Haschich Le gang de Sebta La Garde civile espagnole a mis un terme à une grosse opération de trafic de drogue à Sanlúcar de Barrameda (Cadix), saisissant plus d'une tonne de haschisch. Sur les 29 personnes arrêtées, parmi lesquelles figurent les principaux responsables du réseau, on trouve nombre de Marocains. Le Centre d'in- telligence contre le crime organisé (CICO) a coordonné les enquêtes ouvertes par la police nationale sur ce réseau spécialisé dans la distribution d’importantes quantités de drogue par le fleuve Guadalquivir à Séville. n Budget 2012 BancopourMezouar Finalement, le ministre des Finances Salaheddine Mezouar aura obtenu gain de cause. Comme il n’a cessé de le réclamer, l’examen du projet de loi de Finances 2012 est reporté jusqu’à nouvel ordre. C’est ce qu'a annoncé le ministre de la Communication, Khalid Naciri, à l’issue du Conseil de gouvernement de jeudi dernier. Le projet de budget n’a donc pas été examiné comme prévu lors de la session extraordinaire des Chambres des représentants et des conseillers qui devait se tenir jeudi dernier. n 15 supporters du Wydad ont passé un bien mau- vais quart d’heure dans les souterrains des services al- gériens le mercredi dernier. Les jeunes étaient présents pour assister au match qui a mis aux prises l’équipe phare de Casablanca avec le MC Alger vendredi dernier à Alger, dans le cadre de la sixième et dernière journée du groupe B de la phase de poules de la Ligue des champions d’Afrique de foot- ball. Trois des jeunes ont été présentés au procureur qui les a condamnés à trois mois de prison avec sursis et 3 000 DH d’amende. Leur crime ? Ils étaient rentrés en Algérie par la frontière terrestre, convoyés d’Oujda à Tlemcen par des passeurs algériens. Mohamed Fenan, une fi- gure célèbre des supporters du Wydad, explique que les agents du contre-espionnage les ont soumis à un interro- gatoire serré sur la situa- tion sociale et politique du Maroc. « Quand ils nous ont demandé pourquoi on baisait la main du roi, on a crié à l’unisson : ‘‘Allah, Al Watan, Al Malik’’, ça les a complète- ment déstabilisés » ! n AFP Assabah SaletempspourdesWydadis AkhbarAlYoum LePSUàl’USFP ? Les détracteurs de l’appel au boycott des élections récemment décidé par le PSU se dirigeraient vers la réintégration de l’USFP. C’est en tout cas ce qu’affirme le quotidien Akhbar Al Youm qui précise que le métronome de l’opération serait Driss Lachgar. Plus de vingt membres dirigeants de la petite formation de gauche seraient concernés. n Assahrae AlMaghribia Cesenfants abandonnés Selon les déclarations de Aicha Ech-Chenna, présidente de l’association Solidarité féminine, quelque 27 199 naissances d’enfants de mère célibataire ont été répertoriées, entre 2003 et 2009, dans la ville de Casablanca seulement. Sur tout le territoire, le « score » culmine à 500 000 enfants abandonnés ! n Attajdid Impossiblescrutin Le calendrier de révision des listes électorales est à présent dévoilé. Mais même dans le cas où ce calendrier serait scrupuleusement respecté, il sera impossible de tenir le délai du 25 novembre. Une nouvelle date devra être retenue, sauf si l’on considère cette révision des listes comme une simple formalité sans rapport avec la transparence du processus électoral. n actuel / Semaine du 24 au 30 septembre 2011
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