Actuel33 - Page 1 - actuelN° 33 - du 6 au 12 février 2010 - 15 DH - 3 € maroc Sahara Les chefs de tribu à couteaux tirés Mahi BineBine DeSidiMoumenà sonatelierparisien Les ambitions d’Upline Amine Belkeziz salaires dufoot Les EXCLUSIF Une star à 14 millions de dirhams par an... au Maroc C ent mille euros par mois! Plus de 14millions de dirhams par an, hors primes et avantages divers. Qui dit mieux?...HeureuxChamakhquinefait passeulementrêverlesaccrosdufoot! OublionsChamakhdontlesalaire–commecelui desgrandesstarsdufoot,oudusportmondial– pourrait être considéré comme une insulte au bon sens. S’ils en rêvent, nos footballeurs sont confrontésàunetoutautreréalité.Lesressources desclubsdemeurentencore modestes et leur politique salarialetrèsendeçàdecelle pratiquéecheznosvoisins méditerranéens les plus proches.L’enquêteexclusive réalisée cette semaine par actuel démontre à l’envi que le sort de nos stars du ballonrond–exceptionfaite de quelques joueurs– ne ressembleenrienàceluide leurshomologuesétrangers. Faut-il s’en étonner? Il en est, après tout, des footballeurscommedesautressalariés.Lanotion de salaire est fragile. Une fragilité universelle selon que l’on se place du côté de l’employeur, ou de l’employé. D’un salaire, on attend d’abord qu’ilsoitjuste.C’est-à-direqu’ilcorresponde,au minimum,aumarché.Etqu’ilprenneencompte les éléments de qualification, d’expérience, d’ancienneté. Et, à l’évidence, l’environnement économique où s’inscrit tel ou tel secteur d’ac- tivité. Bref, qu’il ne soit susceptible de souffrir d’aucun soupçon d’iniquité. Les entreprises marocaines ont amplement progressésurcettevoieaucoursdecesdernières années.Etlesnouvellesdirectionsdesressources humainesdesgrandesentreprises,industrielles ou de services, s’appliquent à mettre en œuvre des politiques en phase avec les meilleures pra- tiques internationales. Il n’est pas sûr toutefois quecesbonnespratiquessoientcommunément partagées par la majorité de nos entreprises. Et lesdébatsquitraversentlespartenairessociaux ont parfois de quoi surprendre. Troisexemplesnourrissentcesjours-cilaquestion des salaires. On est ainsi en droit de s’interroger sur le comportement de ces employeurs qui se sont refusés à répercuter la baisse de l’IGR. Quandlegouvernements’attachelààsoutenirle pouvoird’achatdessalariés,singulièrementdes plus modestes, on n’attend pas des employeurs qu’ilsenconserventlebénéfice pour améliorer leurs marges! De même peut-on regretter de voir se multiplier les cas de ces employeursqui,prétextantune baissedel’IGR,s’affranchissent detouterevalorisationdesalaire. Enfin, tout salaire impliquant cotisationssociales,onrestepar- foisconfondudevantlenombre desmanquementsobservés,au détriment qui de la CNSS, qui delacaissederetraite,quidela mutuelle… C’est avoir une bien piètre idée de sa responsabilitésociale–àl’égarddesorganismes sociaux comme des salariés– que de manquer à cette obligation. Or, force est de constater que nos entreprises n’hésitent pas parfois à s’en affranchir, souvent en toute impunité. Le débat engagé sur l’idée d’un smic régional ou sectoriel ne manque pas également de sur- prendre. Certes, certains acteurs économiques peuvent être tentés de surfer sur le thème très tendance de la régionalisation. Mais la Nation peut-elle s’assujettir à une disparité salariale fondée sur le seul lieu de résidence? C’est toute la cohésion sociale, déjà fragilisée, qui serait alors menacée. ■ 3Édito actuel / Semaine du 6 au 12 février 2010 Le débat engagé sur l’idée d’un smic régional ou sectoriel ne manque pas de surprendre. Cohésionsociale l / d actuel SDirectrice de la publication: Meriem Lahrizi Éditeur, conseiller de la rédaction: Henri Loizeau Assistante de la rédaction: Meriem Zraidi Tél. 05 22 95 18 15 / 16 Fax. 05 22 95 18 14 REDACTION Directeur de la rédaction: Eric Le Braz Chefs de service: POLITIQUE/INTERNATIONAL : Abdellatif El Azizi ÉCONOMIE : Mouna Kably SOCIÉTÉ : Tarik Qattab CULTURE : Bahaâ Trabelsi Rédacteurs: Yanis Bouhdou, Amanda Chapon, Zakaria Choukrallah, Khadija El Hassani, Sabel Da Costa, Dina Alami (Tendances) Correspondants: Sofia Amara (Beyrouth), Cyril Bonnel (Paris) Photographe: Brahim Taougar Ont collaboré à ce numéro: Alx, Inès Asensi, Malika Guillemain- Loudifa, Meriama Moutik, Mohamed Madani, Othmane Lazim. ÉDITION Rédacteur en chef technique : Driss Douad Directrice artistique: Fadoua Damiri Secrétaire de rédaction : D.D. Maquettiste : Youssef El Moutassaddik Iconographe : Mehdi Mariouch Révision: Laila Lebbar Conception graphique: Studio Baylaucq & Co PUBLICITE: Directeur commercial : Moulay Ahmed Alami ma.alami@actuel.ma Chef de publicité: Imane El Haddad imaneelhaddad@gmail.com IMPRIMERIE Idéale, Casablanca DISTRIBUTION Sochepress Imprimé au Maroc – Printed in Morocco. Tous droits réservés. Reproduction interdite sauf accord de l’éditeur. Tirage: 20 000 ex actuel est édité par Logique Presse. SARL. Capital social : 10 millions DH. Directrice générale: Meriem Lahrizi. 155 Boulevard d’Anfa, 20050 Casablanca, Maroc Tel : 05 22 95 18 15 / 18 16 Télécopie : 05 22 95 18 14 Dépôt légal : en cours Dossier presse : 19/09 actuel Sommaire ÉCRIVEZ-NOUS À courrier@actuel.ma actuel / Semaine du 6 au 12 février 2010 4 N°33 - DU 6 AU 12 FÉVRIER 2010 Buuuuuuut... et jack-pot! Upline fonce tous azimuts Human Rights au secours de Khyari Casablanca d’hier et d’aujourd’hui 15 / 18 16 2 95 18 14 cours 19/09 Quand les caftans côtoient le glamour 14 24 32 58 66 SActualités 06 LA SEMAINE EN IMAGES 08 DÉCRYPTAGE 10 ACTU POLITIQUE SDossier 14 BOTOLA | Combien gagnent nos joueurs SÉconomie 24 ENTREPRISE | Lesnouveaux appétits d’Upline 26 ÉCONOMIE | Benallou débarqué de l’ONDA 28 ÉCONOMIE | RAM Express déploie ses ailes 29 SOCIAL | Réforme de la retraite : la CDG avance ses pions 30 BOURSE | Les volumes au plus bas SPolitique 32 PROCÈS | Droits de l’Homme: Human Rights s’empare du cas El Khyari 34 RÉGIONS | Sahara La guerre des chefs SSociété 36 RÉGIONS | Dakhla à la croisée des chemins 40 TECHNOLOGIES | Internet: le Maroc peut mieux faire! 42 FAIT DIVERS | Bébés à vendre 46 ARRÊT SUR IMAGE SMonde 50 DIPLOMATIE | Bras de fer sino-américain 51 ASIE | Iran, la dictature a la vie dure 52 MOYEN-ORIENT | Yémen: un cessez-le-feu fragile 54 CHRONIQUES DES DEUX RIVES SCulture 56 ZOOM | Mahi BineBine, un Parisien de cœur 58 LIVRE | Casablanca, mon amour 62 EXPOSITION | Des canons et des caftans! 64 SORTIR | Casa in the air cette semaine STendances 66 VOYAGE | Sri Lanka, perle de l’océan Indien 68 VOITURE | Chevrolet Captiva 2.0 l LTZ : le prestige à portée de main 70 DÉCO | Riad Alegria, la médina sous un autre jour 74 SHOPPING | Saint-Valentin ou sans Valentin 76 PEOPLE | Hit Hit Hit, hourra! Momo est content 78 LES 7 PÉCHÉS CAPITAUX DE... | Zakya Tahiri gourmande number one 80 PEOPLE | Le pire et le meilleur de Abdelkader Moutaâ 82 LES CHOIX DE... | Fadila El Gadi: «Du style plutôt qu’un style» Sri Lanka ou le sourire de Bouddha 62 Actualités6 Le premier chèque de remboursement des soins ambulatoires a été versé le premier février dernier à Casablanca. La Caisse natio- nale de sécurité sociale a en effet procédé à l’extension du panier des soins remboursés. ■ Deux millions d’hindous résidant en Malaisie se sont livrés aux rituels de pénitence au festival de Thaipusam. Ce volontaire se fait planter des crochets à même la peau pour y suspendre des fruits destinés aux pèlerins. Même pas mal! ■ La marche de plus d’une centaine de pèlerins chiites vers Kerbala a viré au tragique lorsqu’une kamikaze a fait sauter les explosifs dont elle s’était armée, lundi dernier. À seulement un mois des lé- gislatives, cette attaque laisse présager le pire… ■ Assurance maladie L’ambulatoire enfin remboursé! Kuala Lumpur La pénitence portera ses fruits Attentats en Irak Les femmes s’y mettent S Carrément dragueur Venu faire la promotion de son film au 20 heures de TF1, Jim Carrey n’a pas hésité à courtiser Claire Chazal. La journaliste a eu droit à force galanteries et œillades humides de la part de l’acteur. Quelle veine! VU SUR LA TOILE actuel / Semaine du 6 au 12 février 2010 La deuxième édition du salon Aeroexpo qui s’est tenue du 27 au 30 janvier à Marrakech, a été un succès. En quatre jours, l’événe- ment a accueilli 40000 visiteurs, 40 délégations et plus de 400 exposants dont les géants EADS et Lockheed Martin. ■ Aeroexpo 2010 L’aéronautique a le vent en poupe S Un jeu télépathique Un jeu vidéo contrôlable par la pensée vient d’être développé pour le modèle Nokia N97. Le Brain Maze permet de déplacer une balle dans un labyrinthe par le seul contrôle du cerveau. Un peu comme de la télépathie! B.Taougar/actuel AhmadAl-Rubaye/actuelAICPRESS SaeedKhan/AFP DR DR 7Actualités / LA SEMAINE EN IMAGES Après LA soirée people à l’inauguration du Mazagan Beach Resort, le projet de Sol Kerzner continue de créer l’événement. Cette fois grâce aux « Mazagan Nights », des soirées las-végassiennes en plein El Ja- dida. Invitée le 29 janvier: Elissa. ■ Neuf citoyens américains ont été placés en garde à vue par les forces de l’ordre haïtiennes. Travaillant toutes pour la même association caritative, ces personnes avaient été découvertes alors qu’elles tentaient de quitter l’île avec 33 enfants. ■ Mazagan Beach Resort Les mille et une Nights Trafic d’enfants Des Américains arrêtés en Haïti S Que pense-t-on de vous? Ce site en cours de lancement va permettre à ses adhérents de savoir ce que leurs amis pensent d’eux. Les commentaires seront déposés sur les profils des intéressés sans qu’ils puissent en connaître la provenance. Susceptible s’abstenir… actuel / Semaine du 6 au 12 février 2010 S Hitler en Führer À en croire certains spots publici- taires, l’iPad en aurait déçu plus d’un. Le dernier en date met en scène un Hitler complètement remonté par «les points faibles» du gadget. De quoi saper le moral d’Apple... Alors qu’ils fêtaient une victoire de football, 16 adolescents ont été tués par un commando et 17 autres blessés. La ville de Ciu- dad Juarez (nord du Mexique) qui en est à sa troisième fusillade en cinq mois, ferait apparemment les frais d’un règlement de compte entre dealers de drogue. ■ Ciudad Juarez Un carnage de plus JesusAlcazar/AFP Le dimanche 31 janvier dernier était un grand rendez-vous pour les amateurs du 42 km. Cette 21e édition a été remportée haut la main par les Éthiopiens. Chez les femmes: Gelaw Tsega (2:32:01) et chez les hommes: Yared Daganw Sharew (2:10:16). ■ Marrakech 5 000 marathoniens dans la rue AICPressFredDufour/AFP DR DR B.Taougar/actuel Actualités8 Affaire Skah La Norvège avoue ● LES FAITS Le gouvernement norvégien a finalement admis qu’un de ses diplomates et deux militaires ont bel et bien été impliqués dans l’enlèvement et la sortie illégale des deux enfants -de mère norvégienne- de l’ancien athlète Khalid Skah. ● LE COMMENTAIRE La version marocaine sur l’implication de l’ambassade de Norvège vient d’être reconnue, et sans équivoque, par la voix de Ragnhild Imerslund, porte-parole du ministère norvégien des Affaires étrangères. L’excuse avancée par les autorités de ce pays est que les personnes impliquées ont agi sur leur temps libre, en raison du comportement supposément menaçant de Khalid Skah. Le ministère marocain, dans un communiqué, a affirmé à juste raison que l’ambassade de Norvège s’est, dans cette affaire, érigée en partie prenante pour «se faire justice elle-même». Le tout sur le territoire d’un État souverain, dans une affaire privée, en dehors de toute règle et éthique et sans même alerter les autorités du pays. Les responsables doivent répondre de leur acte devant la justice. Mais la diplomatie norvégienne continue d’invoquer le sacrosaint principe de l’immunité diplomatique pour blanchir le principal inculpé, à savoir l’attaché de police chargé de l’immigration à l’ambassade, Stein Haugen. ● ET DEMAIN Au final, le Maroc ne demande que l’application de ce qui est prévu dans le droit international. En attendant, le sort des deux enfants, Selma et Tarik, demeure inconnu. T.Q. ● LES FAITS Il y a quelques semaines, la police judiciaire a mis la main sur un réseau de contrebandiers qui acheminaient le carburant subventionné à partir des villes du Sud pour le stocker dans un entrepôt en périphérie d’Agadir, avant qu’il ne soit revendu au détail. Le tribunal de première instance d’Agadir devrait rendre son verdict le 10 février sur cette affaire. ● LE COMMENTAIRE Plus de 65 tonnes de carburant saisies dans un hangar! Le carburant, distribué dans le Sahara, était vendu à moitié prix par les distributeurs qui s’en remettent à la Caisse de compensation pour récupérer le reliquat. La démarche n’est pas nouvelle. Une telle bizarrerie remonte à l’ère Basri qui avait convaincu HassanII d’accorder un régime spécial au Sahara pour encourager la sédentarisation des populations. Résultat: depuis la Marche verte, au Sahara, l’État ne récolte ni TVA, ni TIC, sur la majorité des produits de première nécessité, dont le carburant. Et pas d’IR ou d’IS non plus, alors que ses fonctionnaires perçoivent des majorations de salaire allant de 50 à 75 % selon les provinces. Ce qui vaut à la fameuse Caisse de compensation une charge de plus de 500 millions de dirhams par an au titre de ces subventions. ● ET DEMAIN D’après les professionnels de la route, ces opérations de lutte contre la contrebande de carburant ne seraient que «poudre aux yeux» parce que ce trafic implique des protections haut placées dans la hiérarchie sécuritaire. Il y a donc peu de chance que cela cesse. A. E. A. ▲ Contrebande Le fuel aussi! CorneliusPop/AFP AIcPress Alcool: la guerre des fatwas reprend ▲ ● LES FAITS La «Chabiba islamiya» a violemment chargé Ahmed Raïssouni, l’accusant d’émettre une fatwa sur la vente d’alcool, au service des intérêts du «makhzen qui en reste le premier bénéficiaire». ● LE COMMENTAIRE Un dirigeant islamiste rigoriste désapprouvé par d’autres salafistes, le fait est plutôt rare. C’est pourtant ce qui est arrivé à Ahmed Raïssouni, le théoricien de la charia et président du mouvement islamiste Attawhid wal Islah, qui avait le 7 janvier dernier «recommandé aux musulmans de ne pas faire leurs courses dans les grandes surfaces qui vendent de l’alcool» ! D’où l’accusation de la Jeunesse islamique qui voit dans cette fatwa une «tentative de faire porter la responsabilité de la hausse des ventes d’alcool aux acheteurs alors que ce sont les producteurs et l’État qui devraient être pointés du doigt». Pris en tenaille entre les partis laïcs qui militent pour la dépénalisation de l’alcool et les salafistes radicaux qui l’accusent plutôt de rouler pour le makhzen, Raïssouni n’en est pas à une fatwa près. En 2003, il avait dû quitter le Maroc après s’être opposé publiquement au fait que le chef de l’État soit également responsable des affaires religieuses. ● ET DEMAIN Officiellement, si l’instance scientifique du Conseil des oulémas est la seule habilitée à produire les fatwas au Maroc, cela n’empêchera pas des figures charismatiques de l’islamisme marocain d’avoir un impact réel sur une bonne partie des Marocains. A.E.A. AICpress ▲ actuel / Semaine du 6 au 12 février 2010 9Actualités / DÉCRYPTAGE ● LES FAITS Le président de la commission d’enquête mise en place par la junte guinéenne sur le massacre du 28 septembre à Conakry a affirmé que le capitaine Moussa Dadis Camara, actuellement en convalescence au Burkina-Faso, n’avait aucune responsabilité dans la tuerie. ● LE COMMENTAIRE Cette commission nationale, émanation de la junte, contredit ainsi la commission d’enquête de l’ONU qui avait pointé «une responsabilité pénale individuelle» du chef de la junte, de son ex-aide de camp, le lieutenant Aboubacar Chérif Diakité dit Toumba, et du commandant Tiegboro Camara. Plus encore, elle va à l’encontre des préconisations de l’ONU qui accuse les hautes autorités guinéennes de crimes contre l’humanité justifiant la saisine de la Cour pénale internationale. «Des gens doivent être poursuivis devant les juridictions guinéennes car ce sont des infractions de droit commun», a soutenu le procureur de Conakry. Elle a par ailleurs recommandé une «amnistie générale» pour les leaders de l’opposition qui avaient appelé à la manifestation du 28 septembre. Il est vrai que parmi ces leaders figurait… l’actuel Premier ministre de transition, Jean-Marie Doré. ● ET DEMAIN Il n’est pas sûr que la conclusion de cette commission d’enquête, subordonnée à la junte, satisfasse la communauté internationale. Toute la question est de savoir si le sort de Dadis Camara pèsera plus lourd que l’enjeu d’élections libres pour tourner la page de la junte. Y.B. ▲ Guinée Camara blanchi DR ▲ Code: la grève du 8 février maintenue ● LES FAITS Les professionnels du transport ayant annoncé une grève contre le projet de Code de la route n’en démordent pas. Le débrayage prévu le 8 février est maintenu et le nombre des syndicats grévistes ne cesse de croître. 60 associations professionnelles monteront au créneau. ● LE COMMENTAIRE Pendant ce temps, le ministre de l’Équipement et du Transport mène tambour battant une énième campagne médiatique pour justifier le bien-fondé du nouveau Code et de ses dispositions, à même de faire cesser l’hécatombe sur nos routes. Laquelle hécatombe a fait, en 2009, 3946 morts, soit une nouvelle hausse de 6,45% par rapport à 2008. Pour autant, les grévistes ne veulent rien savoir. «La campagne en cours ne fait que nous rassurer sur la perte de crédibilité du ministre de tutelle», dit Mohamed Mahdi, tête de pont des mécontents. Mieux encore, les syndicats mènent également leur offensive. Des photocopies des dispositions les plus pénalisantes pour les conducteurs sont distribuées à très large échelle. De quoi susciter les craintes de plus d’un professionnel. ● ET DEMAIN Le lobby des transporteurs de voyageurs et de marchandises étant désormais acquis au Code, la grève n’aura sans doute pas de grandes répercussions pour l’économie. Le pire, c’est une fois encore nos concitoyens qui risquent de le vivre dans leurs déplacements quotidiens. T.Q. AicPress Akhchichine et les enseignants ▲ ● LES FAITS La rencontre, vendredi 29 janvier, entre le ministre de l’Éducation nationale, Ahmed Akhchichine, et les représentants des syndicats d’enseignants les plus en vue, a mis fin à une tension qui dure depuis trois mois et à plusieurs menaces de grève. ● LE COMMENTAIRE Le principal acquis réalisé par les enseignants à l’issue de cette rencontre a été la garantie d’une promotion qui prendrait en compte leurs diplômes. Le plus consternant, c’est que la réforme de l’enseignement et le débat attendu sur le plan d’urgence en la matière n’ont eu droit qu’à un accord… pour la mise en place d’une méthodologie pour un dialogue à venir. Ceci, à un moment où le plan d’urgence est censé être enclenché, et que ses résultats sont d’ores et déjà une réalité. Que des syndicats défendent les intérêts des personnes qu’ils représentent, cela est parfaitement compréhensible. Mais que le projet de tout un pays et l’avenir de nos jeunes générations en soient otages, voilà qui ne rend service à personne. ● ET DEMAIN Alors que le Maroc peine à sortir d’une situation d’illettrisme avérée (elle concerne 40% de la population), on constate que ce sont toujours les intérêts corporatistes qui l’emportent. À quand des enseignants qui montent au front pour dénoncer non pas leur propre situation sociale, mais les maux dont souffrent leurs élèves? T.Q. BrahimTaougar/actuel actuel / Semaine du 6 au 12 février 2010 Actualités / POLITIQUE10 afamilledudisparuHoucineManouzi a tiré à boulets rouges sur le rapport ayant trait à la mise en œuvre des recommandations de l’IER, publié le 14 janvier 2010 par le CCDH. Comme ce rap- port fait état des résultats des investigations menées depuis 2005 pour dévoiler le sort des 66 citoyens disparus, la famille Manouzi considère que rien de nouveau n’a été révélé dans le cas de ce mécanicien d’avion, syndi- caliste et militant politique, enlevé de Tunis le 29 octobre 1972 et détenu au secret au Ma- roc. Son sort a été classé parmi les 9 cas non résolus. Il est ainsi reproché au CCDH d’avoir conclu au décès de Manouzi en l’absence to- tale de preuves, ce qui dénote « une volonté avérée de brouiller les pistes ». La famille suggère au CCDH de procéder à une nouvelle audition du responsable des surveillants du centre PF3, qui est encore en vie, pour avoir plus de précisions sur l’enlève- ment de leur proche durant sa séquestration dans ce centre secret de la DGED, au début du mois d’août 1975. Elle exige par ailleurs « la clarification du rôle de la gendarmerie royale puisque c’est une de ses brigades qui avait de nouveau arrêté le fugitif, le 19 juillet 1975, après son évasion du PF3 ». «Comment peut-on se conformer aux principes de la justice transitionnelle dans un Maroc qui veut se démocratiser sans tenir compte des pro- messes formulées par les plus hautes autorités de l’Etat?», s’interroge la famille du disparu. ■ DroitsCherchedisparudésespérément e tribunal de Salé, chargé des affaires du terrorisme, a condamné le 28 janvier dernier, à des peines allant d’un an à dix ans de prison ferme, plusieurs personnes poursuivies dans le cadre d’un réseau de recruteurs pour l’AQMI et l’Irak. Le cerveau du réseau dénommé, Aziz Den- kir, a écopé d’une peine de dix ans de prison ferme assortie d’une amende de 500 000 dirhams. D’autre part, Anas Lakhnichi, élève ingénieur à l’INSEAS, et Abdelkarim Hakou, instituteur, ont été condamné à huit ans de prison ferme et à une amende de 500000 dirhams. Ils projetaient de se rallier à des groupes terroristes pour ensuite regagner l’Irak. ■ TerrorismeFin du procès des recruteurs de l’AQMI SDisparition Azzedine Laraki n’est plus Tout le gotha politique de Rabat, conduit par le prince Moulay Rachid, s’est rendu aux obsèques de Azzedine Laraki, ex-Premier ministre décédé lundi à l’âge de 81 ans. Azzeddine Laraki avait été nommé à la primature sous les couleurs de l’Istiqlal, par Hassan II, le 3 septembre 1986, pour un mandat qui devait le mener jusqu’au 11août 1992. Ce professeur en médecine a également occupé le poste de ministre de l’Education entre 1977 et 1986. Son passage avait donné lieu à une politique d’arabisation jugée «catastrophique » pour l’avenir de l’enseignement au Maroc. ■ S Algérie Les produits marocains interdits L’Algérie a dressé une liste négative de 1141 produits dont elle veut interdire l’importation auprès des pays membres de la Zone arabe de libre-échange (Zale) pour une durée de 3 à 4 ans. La moitié de ces produits viennent du Maroc. Les chiffres parlent d’eux- mêmes : à la fin août 2009, le Royaume a exporté près de 706 millions de dirhams, soit 46% de plus qu’à la même période en 2008. ■ [ INFOS EXPRESS ] SDagja Lachguar enliberté provisoire Dagja Lachguar, la seule femme détenue à la prison de Salé avec le groupe Tamek, a été libérée jeudi dernier pour raisons de santé. Des personnalités proches du PAM tentent de faire office de médiateur dans le cas des sept activistes du Polisario, interpellés le 8 octobre dernier à l’aéroport de Casablanca, après leur retour de Tindouf. Incarcérés à Salé, ils doivent être jugés par le tribunal militaire. Il y a deux semaines, ces médiateurs ont essayé d’organiser une rencontre entre Lghalia Djimi, vice-présidente de l’ASVDH (Association sahraouie des victimes des violations graves des Droits de l’Homme), une association non reconnue, et Dagja Lachguar. ■ [ GROUPE TAMEK ] L L actuel / Semaine du 6 au 12 février 2010 AbdelhakSenna/AFP La famille Manouzi s’interroge sur le sort de Houcine, enlevé à Tunis en 1972. AICPRESS A la sortie du tribunal de Salé. En médaillon, Anas Lakhnichi condamné à 8 ans de prison. AicPress Actualités / POLITIQUE12 actuel / Semaine du 6 au 12 février 2010 ans une atmosphère bon en- fant, Mohamed Cheikh Bia- dillah a présenté le bilan des activités de la Chambre au cours de la session d’automne de l’an- née législative 2009-2010. On apprend ainsi que les conseillers ont posé plus de 264 questions orales au gouverne- ment sur des sujets qui préoccupent l’opinion publique. Sur la question de l’absentéisme des députés, Biadillah a indiqué qu’il s’agit d’un phénomène qui porte atteinte à la crédibilité de l’action parlementaire, et la responsabilité incombe aux partis qui les ont accrédités. Concernant les ressources humaines, la Chambre a pro- cédé à la signature d’une convention avec l’Institut supérieur d’administration pour la mise à niveau des cadres censés devenir Chambredesconseillers Biadillahfaitsonshow a mort de l’am- bassadeur algé- rien au Maroc risque d’impac- ter sérieusement les re- lations déjà tendues entre les deux pays. Homme de l’ombre, influent, le géné- ral Larbi Belkheir qui est décédé jeudi 28 janvier, à l’âge de 72 ans, avait dis- paru de la scène diplo- matique à cause d’une longue maladie. Le géné- ral qui faisait partie des principaux décideurs au sein du pouvoir algérien avait soufflé le chaud et le froid sur les relations maroco-algériennes, mais avec un sens de la mesure. En réalité, Belkheir, qui prenait son rôle d’ambassadeur au sens premier du terme, n’a pas ménagé ses efforts pour tenter de rapprocher le maître du Palais d’El Mouradia avec les Marocains, en dépit de la haine viscérale vouée par le général Mohamed Médiène (alias Toufik), chef de la Sécu- rité militaire, au Royaume. « L’ambassadeur du Royaume à Alger » disparu, il est à craindre que la mainmise de la Sécurité militaire algérienne ait définitivement raison du peu de progrès qu’ont connu les relations bilatérales entre le Maroc et l’Algérie.■ DécèsdeBelkheir Le Maroc perd «son ambassadeur» algérien SUPM Sarkozy lance sa télé La COPEAM, présidée par Emmanuel Hoog, PDG de l’Ina organisera la Conférence permanente de l’audiovisuel méditerranéen (COPEAM) du 8 au 11 avril 2010 à Paris. Le projet parrainé par Sarkozy devrait aboutir à la concrétisation de trois projets phares adoptés en avril 2009 lors de sa conférence du Caire. Au menu, une chaîne pour la Méditerranée : première chaîne de télévision méditerranéenne, multiculturelle et multilingue, diffusée par satellite ; un portail Internet sur le patrimoine audiovisuel méditerranéen et le lancement de l’Université audiovisuelle de la Méditerranée : premier réseau d’universités et d’écoles d’enseignement audiovisuel et de cinéma du bassin méditerranéen. ■ D AbdelhakSenna/AFP Mohamed Cheikh Biadillah lors de sa conférence. de véritables conseillers juridiques pour les parlementaires. Le président a aussi appelé au renforcement de la coordination entre les deux chambres du Parlement, précisant qu’une commission spéciale s’y attelle. ■ Les bruits du village ● Le poste de premier président de la Cour suprême laissé vacant depuis le départ de Taieb Cherqaoui devrait revenir à Mustapha Maddah, procureur général du roi auprès de la même cour. ● La DGSN se prépare à une grande valse de ses directeurs centraux. La liste des nouveaux directeurs a été validée par Charki Draiss. Ils devraient remplacer Jamal Hilal à la direction des finances, Abdelazizi Samel, le DRH, Khalid Snouni, le patron des RG et Bouchaïb Khayat à la tête du cabinet de Draïss. ● Les services consulaires du Maroc dans les pays du Golfe vont connaître un vaste mouvement qui va toucher un grand nombre de fonctionnaires, après les scandales à répétition concernant des Marocaines victimes de réseaux de prostitution particulièrement actifs dans ces pays. ● Le nouveau directeur général de la Mamounia collectionne les bourdes depuis la réouverture de l’hôtel. Après avoir remercié tous les anciens de l’hôtel, il a fait comprendre aux habitués de l’établissement qu’ils ne bénéficieraint plus des attentions dont ils jouissaient auparavant. Il a aussi interdit l’entrée au SPA à un célèbre homme des médias français au motif qu’il n’était pas résident à l’hôtel. Il a par ailleurs imposé une interdiction générale de fumer dans l’enceinte de l’hôtel, y compris au Lounge Bar où l’on avait l’habitude de déguster de bons cigares! Voilà un directeur en sursis… MAP L Larbi Belkheir. Dossier14 S Ayant enregistré une inflation sans précédent ces dernières années, les salaires des joueurs sont, toujours, « secret défense » au sein des clubs de foot marocains. Une opacité qui ne nous a pas empêchés de fouiller dans les poches de nos footballeurs. Enquête. AFP Marouane Chamakh qui évolue à Bordeaux cette saison, gagne 100000 euros par mois.
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